ASIE OCCIDENTALE
calcaires semi-crislallins provenant d'une chaîne de collines qui se conlinoe jusqu'à 7 ou 8 milles au nord de ce ))oint.
M. Âinsworth (p. 101) pense que la ruche qu'il nomme brèche du Taurus, et qui s'étend presque depuis la source de l'Euphrate jusqu*à son embouchure, n'a pas été produite par le déluge de Noé, parce qu'il y a des preuves d'un cataclysme plus récent, tandis qu'il n'y en a point qu'un phénomène du même genre ait eu lieu après le déluge de Noé ou après la fondation de Réhoboth (Rahabah). L'époque caractérisée par les brèches à ossements est également antérieure au déluge biblique. Des grès bruns et des minerais de fer paraissent être du même âge que la brèche à ossements et l'argile à septaria du haut pays.
Après avoir comparé le texte de la Genèse avec ce qn*il a pu observer sur les lieux , l'auteur conclut (p. 106 ) que le transport des matériaux provenant du Taurus et les brèches osseuses ne sont pas dus au déluge de Noé, et qu'entre eux et la fondation de la tour de Babel il y a eu un laps de temps suffisant pour permettre l'accumulation d'une alluvion fort considérable au-dessus de ces dépôts détritiques anciens. Les sommets les plus élevés des collines tertiaires des chaînes persannes sub-apennines (chaînes d'Hamerum,d'Hamerins ou d'Hamerin), qui s'étendent du N.-O. au S.-Ë. à Test du Tigre , sont recouverts de cailloux roulés en couches horizontales.
M. Ainsworth divise les dépôts récents de la Babylonie en deux assises ; l'une, qui est la plus ancienne, est antérieure à la réunion des premières familles sur les bords de l'Euphrate, après le déluge mosaïque ; l'autre est postérieure aux migrations le plus anciennement connues. La première comprend les dépôts qui se prolongent jusqu'à 70 milles au nord de Babel ou Babylone, et dont l'étendue ne permet pas d'admettre qu'ils se soient formés seulement entre le déluge de l'Écriture et la fondation de la tour de Babel , c'est-àdire dans un laps de 500 ans; aussi est -il plus probable qu'ils résuK tent en partie de l'action de ce déluge ou même d'un phénomène antérieur.
L'auteur a sans doute compris toute l'importance d*unc question qui consiste à rattacher le dernier anneau des temps géologiques au premier phénomène dont les traditions historiques nous ont conservé le souvenir , question à laquelle vient se lier aussi l'apparition de l'homme sur la terre; mais les rapports qu'il a essayé d'établir laissent encore beaucoup à désirer. Les dif- H. . ^21
à2'1 ASIE MÉUmiONALE.
ficultés de ce genre d'étude ne peuvent guère être sonnontées par un seul voyageur, et Tobscurité des teïies, comme les caractères peu tranchés, ou plus ou moins effacés de cataclysmes passagers , envelopperont |)eut-être longtemps encore d'une grande incertitude ce point intéressant des annales de la nature.
M. R. Hamillon (1) a doimé quelques détails sur les alluvions anciennes depuis la Babylonie jusqu'au golfe Persique, alluvions composées de cailloui de quartz, de gypse et d'argile ou de sable, et ^ la surface desquelles se montrent des efflorescences de sel marin et de salpêtre.
$ 4. Asie méridionale.
Pi«>qiinie M. J.-O. Herbert, dans son Happart sut* le relevé minéraiogique «Mci»ijMiiaie j^^ montagnes de l' Himalaya , situées entf^ le Setiedge et la rin i«. JCalée (2) , décrit , le long de la bande de grès qui forme au sudouest la dernière pente de la chaîne , un dépôt non stratifié de gravier et de sable a\ec des blocs arrondis. Il occupe une surface de 192 milles sur 50, et s'étend sans doute plus loin en accompagnant les grès , de l'indus au Burlia.n|)ooter ( Brahmapoutre ou Bralmiapouitra ).
Un grand phénomène de dénudation |)araît avoir suivi les convulsions dont le sol de l'Inde centrale a été le théâtre, et cette catastrophe soudaine aurait suffi, dit M. Mac Clelland (3) , pour lui donner ses caractères actuels et ensevelir les ossements d'éléphants sinomhrt'ux dans les détritus ddu viens. D'après M. R.-B. Smith (/i), le sondage eiécuté ^ Fort -William, dans le delta du Gange , a rencontré, à 15 mètres, une ancienne tourbière et des fragments d'arbres; puis au-deU di^ argiles calcarifères , des argiles siliceuses vertes avtc des lits et des rognons aplatis de calcaire ( hmker ) , des argiles sableuses, des marnes, des grès peu solides, des conglomérats , dis sables et des grès ferrugineux , etc. Â 116"',33, on a trouvé uue argile noire et du charbon de bonne qualité , des lits de
(4) Esif misse ^(oto^îgae tlu ùfissin situé entre le Tigre et l'£uj/àrate [Soc, //Vr//. tf Edimbourg y 3 avril 4 844. — BibL unip, de CV//rir. vol. XXXVl, p. 418.)
(2) Joufn. asiat. Soc. oj Bengat . vol. XI, p. 605. 1842.
(3) Report of a Committee , etc., p. 39. Calcutta, 4 838.
(4) On the strmiurey etc. Sur la structure du delta du Gange démontrée par le sondage du Fort^if^illium.
gravier renfermant des os de Sauriens et de Tortues , et jusqu'à 166'", 50 , la masse traversée était entièrement composée de débris de roches primaires. De 106*", 66 à l/i6°*,20, les assises paraissent correspondre à celles que M, Caulley a signalées sur les pentes inférieures de THimalaya, et que nous rangeons, quant à présent , dans le terrain tertiaire. A Benarès, une fouille moins profonde a montré des sédiments analogues à ceux du forage de Calcutta (1), et à Sahrunpore, une ville ancienne a été trouvée ensevelie sous une alluvion de S"*,!? d'épaisseur, qui appartient à Tépoque actuelle.
M. Newbold (2) a nommé alluvion caicieime certains lits de gravier et de sable couverts accidentellement par le regur et qui , à cause de leur position, ne peuvent être attribués aux agents actuels. Au reste, la formation erratique, telle qu'elle est caractérisée en Europe et dans les deux Amériques, n'aurait pas, d'après ce géologue, de véritable représentant dans la presqu'île occidentale et méridionale de rinde. Le gravier diamantifère de Cuddapah a une épaisseur de 0",60 à 1", 80 ; il est recouvert d'une couche de regur ^ et repose sur le calcaire diamantifère, dont il reiàferme des fragments ainsi que des cailloux arrondis de trapp , de granité , de schistes transpoi tés d'une distance de 20 à 60 milles, de quartz , de jaspe, de silex, de grès et des calcaires environnants. On y trouve des diamants brisés ou roulés. Quelquefois ces matériaux sont cimentés, à la partie supérieure , par du carbonate de cbaux tufacé ( kunker ), et alors il ne s'y rencontre jamais de diamants (3).
A Wakoory , sur le territoire de Nizam,.des couches analogies « cimentées par le kunker, renfermaient des os de Mastodonte. Les accumulations d'ossements, dans le bassin de la Jumna , ont été découvertes sons les argiles, avec kunker de la Dooab, à 50 mètres audessus de la surface du sol. Le sable et le gravier des couches ossifères des collines Sewalik et des bords de la Nerbuddah sont cimentés, comme le gravier de Wakoory, par une infiltration calcaire. A Barotch , sur celle dernière rivière , on voit des sables jaunâtres, micacés, avec des nodules de calcaire concrétionné, et qui se prokm-
(4) Geological jcatures of the Himalaya mountain (extrait de l'ouvrage de M. Royl, Journ. de Madras , n"27, p. 223. 4 840.)
(2) Summary oj the geo[ogy\ etc. Résumé de la géologie de rinde méridionale. 4 845
(3) Soc. asiat, de Londres, 4, 4 8 et 26 juin 4 842. — Tlie Athenœum , 4 4 juin , etc. 4 842.
3*24 ASIE MÉHlDlOiNALU.
gent à une grande distance dans les terres (l). Des dépôts de gravier, situés au dessus des eaux actuelles, se trouvent aussi dans ies vallées de la Kisinah , de la Bimali , de la Tumbuddra , etc. Sur les sommets des INilgherries , à 1828 mètres d'élévation , on a signalé des traces de courants diluviens , et les graviers qui forment la base du dépôt y sont surmontés d'une couche vaseuse, légère , d'environ 1 mètre d'épaisseur.
Pondichéry est bâtie sur une alluvion qui recouvre des argiles marines, grises ou bleu foncé, se continuant à l'intérieur des terres jusqu'au pied des collines Rouges. Il en est de même au sud de Nellore et sur plusieurs autres points de la côte de Coromandel. Ces argiles avec des coquilles qui vivent encore dans le voisinage sont à 6 ou 7 mètres au-dessous des sables modernes. La partie moyenne de Madras repose aussi sur les mêmes argiles. Au sud de la ville, au-delà de l'Adyar, les coquilles sont tellement nombreuses qu'elles sont exploitées pour faire de la chaux et imiter les beaux marbres qui ornent les temples et les autres édifices de Madras. Les puits artésiens forés dans cette ville, et qui ont atteint le granité à 13",68 , ont traversé des argiles noires , des argiles bleues avec des sables calcaires , et au contact même du grauite une seconde couche d'argile avec du gravier et des coquilles marines.
Ces dépôts , que M. Newbold compare à ceux des bords de la Baltique , auraient été émergés par des mouvements semblables à ceux de la presqu'île Scandinave et à peu près à la même époque. L'auteur a recueilli en outre de nombreuses preuves d'abaissement et de soulèvement sur les côtes est et ouest de la presqu'île. Ainsi le Pont-d'Adam, qui joignait l'île de Ceylan au continent, fut brisé au XV» siècle par une tempête ; c'était le prolongement des collines de grès de la péninsule. Toute la côte du Malabar aurait été exhaussée comme l'a été l'île de Vaypi, près de Cochin , en 1341. Le sol de cette dernière , semblable à celui des parties plates du Malabar , est composé d'argile sableuse coquillière. Mais ces traditions , de même que celles de l'ancienne ville de Calicut, aujourd'hui submergée , auraient besoin d'être soigneusement vérifiées, pour qu'on pût attribuer l'état actuel des choses à sa véritable cause. KuD^er. Le kunker {kunkar , kankar ou kunkur) constitue des nodules
(1) Voyez G. Spilsburg, Note sur les mammifères fossiles de la Nerbuddah (bœuf, buffalo, etc.) (/o//r/?. nsiat. Soc. of Brngal , vol. XIV, p. 765. i 844).
de calcaire concrétionné ou tufacé. Il paraît être de i'époque quaternaire, plus récent que le tomVe que nous regardons comme tertiaire et plus ancien que le regur ou terreau noir, dont nous parlerons ci-après. Nous avons déjà dit [antè, vol. I, p. 311 ) , que , par rapport à Tâge , on pouvait distinguer deux sortes de kuuker, l'un moderne que nous avons décrit et l'autre quaternaire produit par des causes qui , quoique moins actives , ne paraissent pas avoir entièrement cessé. Il est assez difficile de reconnaître à leurs caractères minéralogiques le kunker des diverses époques; on remarque cependant que le kunker récent est plus blanc , plus tendre et présente une structure plus rayée que Tancien.
Ces nodules calcaires, sur lesquels l\I. Newbold (1) a rassemblé beaucoup de documents , sont irrégulièrement disséminés. On en trouve presque partout et jusqu'à 1219 mètres d'altitude. Il n'y en a point cependant sur les Niigherries. Le kunker abonde principalement dans les districts traversés de dykes basaltiques et oi!i les métaux se sont formés en plus grande quantité. On le trouve remplissant, en tout ou en partie, les fissures des roches sous-jacentes, sous forme de masses noduleuses et sous celle de concrétions friables dans les argiles et les graviers; puis encore en lits irréguliers. On en a rencontré jusqu'à la profondeur de 31 mètres au-dessous de la surface du sol , et il existe également dans les cavités des granités , des schistes et des grès diamantifères comme dans celles du calcaire et du latérite.
La couleur du vieux kunker est brun clair, rougeâtre ou gris cendré. Sa structure est massive ou compacte , mais plus ordinairement noduleuse , tufacée , pisiforme , botryoïde ou en forme de choux-fleurs. A l'inlcrieur, il est quelquefois cloisonné ou vésiculaire , rarement rayonné. A l'état compacte , il ressemble aux anciens travertins de Rome et de l'Auvergne. Il est employé comme pierre à bâtir grossière ou comme moellon , mais il est plus particulièrement consacré à la confection de la chaux. Il ne paraît pas renfermer de débris organiques, tandis que dans le kunker récent on rencontre des os de mammifères et des coquilles fluviatiles et terrestres qui vivent encore dans le pays , puis des fragments de poteries, et d'autres traces de l'indiislrie humaine. La composition normale de ce dépôt serait la suivante :
(î) Suniinary of ihc Geology of soathcrn India, Résumé de la géologie de l'Inde mcridionalej 1845.
326 ASIE MÉRIDIONALK.
Eau d'absorption 4,4
Carbonate de chaux 72,0
Id. de magnésie 0,4
Silice 15,2
Alumine et oxyde de fer 11,0
M. Newbold le regarde comme le produit de sources souvent thermales, chargées diacide carbonique et déposant le calcaire tenu eu dissolution , à mesure que la température s'abaisse en se rapprochant de la surface du sol. En général, sa structure doit être regardée comme concrétionnée , et les lois mécaniques aussi bien que les lois cristallines ont contribué à faire prendre au kunker les divers aspects sous lesquels il se présente. Contrairement à l'opinion de M. Christie (1), Fauteur ne |>ense pas que cette roche, non plus que le regur, provienne de la décomposition des trapps ni du calcaire spathique qu'ils renferment, puisque le kunker est déposé par des sources sortant de toutes les espècesde rocheset dans des espaces considérables où il n'y a pas de trapp. Quoi qu'il en soit, il ne paraît pas être plus ancieri que le travertin de Rome ({ui , comme on l'a vu , renferme des coquilles fluviatiles et terrestres d'espèces rivantes et des ossements d'éléphant. Malgré ce qu'il avait dit précédemment, M. Newbold cite des débris de Mastodonte dans le kunker d'Hingoli et dans un conglomérat du même calcaire concrétionné près de Nursingapore. La présence des Mastodontes pourrait faire naître quelque doute sur l'âge de ces dépôts , s'il était démontré que dans l'Inde ces animaux ne vivaient plus pendant l'époque quaternaire (2).
Entre Madras et Bombay (3) , on voit fréquemment le kunker exploité pour la fabrication de la chaux. Sur le territoire de Kurnool (4), un mille à l'est du village de Lunjabunda (15" 30' lat. N.; 78" 3' long. E. ). on remarque un calcaire lacustre avec Mélanies etPianorbcs, dû à une source qui a aussi déposé un kunker plus
{\\ Madras Journal. 1836.
(2) Voyez aussi : Voyage autour du monde de la corvette la Bonite, géolofrje et minéralogie , par M. E. Chevalier, p. 327, iu-8. 1844. L'auteur y rapporte l'opinion de M Hardie sur l'origine du kunker.
(3) Newbold , N tires géologiques recueillies entre Bellary et Bijapore.
(4) Id., Journ. asiat. Soc. of Bengal , vol. Xlll , p. 313. 1844.
ASi£ MERlDlOiNALK. 327
compacte et plus dur que celui des euviroiui. Dans le calcaire lacustre , les plantes suni bleu conservées , et h test des coquilles est tapissé de chaux carbonatée et de quartz hyalin ; quelquefois il est complètement remplacé par Tune ou Tautre de ces substances. La source dépose actuellement une sorte de vase remplie de Paludines, et au dessous de laquelle se trouve un lit de kuuker assez différent de celui qui accompagne le calcaire lacustre précédent D'après les traditions locales , la température de la source se serait abaissée graduellement , et Ton peut croire qu'anciennement Teau dissolvant plus ou moins de silice donna lieu au premier dépôt de kunker qui est très d^r et très siliceux.
Les plaines et les vallées de Tlnde sont souvent recouvertes d'une couche de calcaire concrétionné , dont l'épaisseur atteint jusqu'à 21 mètres. On en trouve dans des endroits où il n'a jamais pu être déposé par des rivières ni par des ruisseaux , et où il n'y a point d'eau. Sur les bords des dykes de trapp, on remarque des amas de kunker semblable à celui que les sources abandonnent aujouid'hui, mais il ne reste aucune trace des eaux qui ont pu les former. Les points où il existe encore quelques minces filets d'eau, derniers représentants de celles qui ont déposé le vaste amas de kunker de riiide, sont précisément aussi ceux où le kunker ancien se montre en plus grande quantité.
La caverne de Billa-Soorgum (Inde méridionale), ouverte dans un calcaire diapiianiifère , a présenté , comme celles d'Europe , une couche de limon recouverte de stalagmite , et de plus une brèche osseuse (1). M. James Franklin (2) , en décrivant une partie du pays situé au nord de la chaîne de Windhya , a signalé, entre le Gange et Mirzapour , des alluvions reposant sur le kunker, ou inti-imement liées avec lui. Dans le voisinage des collines, le calcaire concrétionné recouvre des grès horizonlaux secondaires , formant ainsi la première rangée de collines. Autour de Nagpour , près des dernières roches de trapp , du côté de l'est , les concrétions calcaires sont très répandues. Les nodules, dit i^L Jenkins (3), sont petits, noirs, durs, et donnent une chaux d'un blanc pur. Aux environs de Goodiepoit , le kunker est également très développé , et
i) Jnur/i. aslat. Suc. oj Ben gai, vol. XIV, p. 6iO. 4844,
2) J.siatii rcsemchcs , vol. XVIH , p. 23.
3) lbi(l.,so\. XVIII, p. 4 95.
a'28 àS1£ MKHIDIONALE.
M contioue daus la directiou de Mysore. Quelquefois il forme une sorte de brèche, ou bien il est épars en petits fragments à la surface du sol. M. J. Clark (1) décrit aussi une substance blanche , dont la structure réticulée ressemble à celle des os. Elle est siliceuse et se rapproche beaucoup d*une espèce de demi-opale en partie décomposée. Le nom à'QSurhai\ qui lui a été donné , avait été appliqué à un corps assez semblable , mais calcaréo-siliceux , trouvé près de Bellary (2).
ft«gur. Le regiar ( terre ou argile noire à coton, black cotton clay^ black
eotUm soil ou cotton ground) (3) est un dépôt tout particulier qui recouvre le tiers au moins de l'Inde méridionale, principalement les plateaux élevés, le pays d'Hydrabad, de Nagpour et le sud des Mahrattcs, comprenant ainsi tout le plateau de Deccan (Dekban ). On en trouve en outre des lambeaux plus ou moins étendus sur une infinité d'autres points. On l'observe rarement sur les plaines de la Carnatic , et il ne parait pas exister au-dessous de l'escarpement occidental des Ghatcs, sur les côtes du iMalabar, deSatara , de Ganara et de Travancore. Les plaines qu'il occupe sont horizontales et semblables à une mer tranquille. La végétation qui le caractérise est l'arbrisseau nommé Jatropus glandulifei^a et le Nuth grass. Un limon noir analogue au regur occupe aussi les plaines de la province de Martaban , dans le royaume des Bir* mans(6).
Le regur recouvre le kunkcr, et parfois des lits de gravier. En général il est à la surface du sol, mais, vers ses bords, il est masqué par l'alluvion moderne. Il s'étend d'ailleurs indistinctement sur toutes les roches, depuis le granité jusqu'au latérite et au kunker ancien. La variété la plus pure est ordinairement noir-bleuâtre, verdâtre ou gris foncé; sa cassure varie du brillant au terreux , bigarrée de brunâtre ou de vert noirâtre. La terre noire fait pâte avec Teau et laisse dégager une odeur argilouse. Sa composition a présenté :
(1) Geology ofBangalore , etc. Géologie de Bangalore et de quelques parties du Mysore [Joiirn. de Madras, n" 22, p. 89. 1 839).
(2) Journ, asiat. Soc. o) Bengal , déc. 1835. — /^., oct. 1836. — MM. Banza et Cole , Journ, de Madras,
(3) Newbold, SummaTy of the Geology of snuthern India. 1845. (i) Low, Asiatïc researches ^ vol. XVIII , p. 128.
Silice 48,2
Alumine 20,3
Carbonate de chaux 16,0
M. de magnésie 10,2
Oxyde de fer 1,0
Eau et matière végétale 4,3
La culture du sol que forme le regur n'est pas moins remarquable que ses caractères. Ainsi il ne reste qu'accidentellement en jachère , n'est labouré qu'une fois par an , ne reçoit jamais d'engrais et donne des récoltes depuis deux mille ans , d'après une rotation triennale composée de coton, de juari et de froment ou hajri. Il absorbe l'humidité d'une manière notable et justifie ce principe de H. Davy , que le pouvoir absorbant d'un sol donne la mesure de sa fertilité , ou , en d'autres termes , que plus un sol absorbe d'humidité dans un temps donné et plus il est fertile. Ainsi la meilleure terre d'Ecosse , préalablement desséchée, a absorbé en une heure 18 grains d'eau sur mille; le regur , dans les conditions les plus favorables, en a absorbé, après quelques semaines jf^. Pendant la saison chaude, après la moisson, le sol se dessèche et se crevasse en tous seqs; dans les temps humides, il forme une boue tenace. Son épaisseur varie depuis 1 mètre jusqu'à 6 ou 7 mètres. Quelquefois on y remarque des indices de stratification; mais on n'y a point encore rencontré d'autres fossiles que les coquilles fluviatiles et terrestres qui vivent dans le pays.
D'après sa couleur et le verre foncé qu'il donne au chalumeau , MM. Voysey et Christie regardaient le regur comme provenant de la destruction des trapps ; cependant M .Newbold pense que cette opinion est contraire aux faits , et que la terre noire n'est pas plutôt le résultat de la décomposition des roches en place que celui d'un sédiment transporté par des courants fluviatiles. Le limon du Nil offre une certaine analogie avec le regur; ses éléments constituants sont les mêmes, mais les proportions en sont très différentes, et d'ailleurs ce que nous en avons dit {mte^ vol. I, p. 343), d'après les observations de M. Newbold lui-même , ne permet aucune comparaison rigoureuse. La matière végétale du limon du Nil paraît provenir des affluents qui descendent des grands lacs marécageux du plateau deTAbyssinic (1). Quant au regur, il semble impossible d'assigner
[\) Voyez, sur l'hydrographiç et l'orographie du plateau de TAbys-
XM) ASIE M£KlDlONALh.
encore Toriginc de la matière charbonneuse qui lui donne sa teinte foncée , non plus que les roches qui ont fourni ses éléments constituants. De plus l'auteur a été frappé de la ressemblance de la terre noire à coton de l'Inde avec le terreau noir (tschornoïzem) du midi de la Russie, dont M. Murchison lui avait montré des échantillons , et dont la position , la répartition et les propriétés sont, comme on Ta vu {caUè^ p. 297), à très peu près les mêmes.
Dans son voyage de .Masulipataii à Goa , le même savant (1) a signalé le regur sur plusieurs points , de même qu' 'utre Bellary et Bijapore (2). M. fleyne attribue une beaucoup plus grande étendue encore à ce dépôt et ci oit qu'il occupe les Zi/5 de la péninsule de rinde. iU. J. Clark (6) a remarqué que souvent le sol devenait rouge sans que Ifs roches sous-jacenles ou environnantes fussent changées. Il croit le regur principalement composé de chaux et de fer, et différant assez par conséquent de la substance dont nous ve« nous de rapporter l'analyse ; mais il est probable que la composition varie plus ou moins suivant les divers points , et que la présence du kunker au-dessous influe beaucoup sur la quantité de calcaire que la terre noire renferme. C'est d'ailleurs celle qui en contient le plus qui est la plus favorable à la culture du coton , et M. Clark partage l'opinion de M. Yoysey sur ^on origine , qu'il -attribue à la décomposition des variétés de trapp contenant le plus de chaux.
Aiiiivions M. Cautley (U) a décrit les lavages de sables aurifères des bords de la Gumti , dans le détroit de Nahun , et Fréd. Burr a publié des remaniues sur les dépôts aurifères de l'Inde, considérés principalement sous le |)oint de vue de leur valeur économique (5).
Nous dirons aussi quelques mots des alluvions de la presqu'île
«•i4fiui«> Malaye , dont une partie remonte sans doute à une époque anté- \ tM.ic. Heure à la nôtre. Le platine a été trouvé en grains dans les alluvions aurifères du royaume d'Ava. Il y était associé à d'autres substances,
•mirûres.
|S4*««tM'ii«i
dinio, ('. ï. Beko [Hrjwrt \^^^ Meet. brit. Àss. at Southampum, iMiti (London 1847). p. 71 des Notices.
(\) Ji'ur/i. r/.wV/r. Soi\ nJ'Brngai, vol. XïV, p. 984. 1844.
li) y^irx jjii/ttfjjdiiy frcoln^iatl^ etc. Notes principalemeut géolii}>i(pM*s sur W pays (Mitre Bellary et Bijapore.
fil) (it'oétt^y nf Htin^alnn' ^ etc. [Vadms Jonrn.^ n" 22, p. 89
t!.;ii»)
[\\ Jomn, (i.sitti. Sor. of Bcn^al y vol. IV, p. 279. ^H) MtttitmJotmt., n***38, p. :J0.
telles que Tiridium qui y est plus ré|)andu que dans les minerais de rOura) ou de l'Amérique du sud (1).
Dans la province de Mergui , Fétain était autrefois exploité par Aiiuvions le lavage des alluvions formées sur les bords des ruisseaux, et Faction qui a déposé le métal pendant une si longue période semble se continuer encore. M. Tremeneere cite particulièrement la rivière de Teugdau , qui descend des montagnes primaires situées, dans le voisinage immédiat de la mine de houille de la grande rivière de Tenasserim ; puis il décrit les gisements du gravier stannifère , souvent placé sous la terre végétale même, leur mode d'exploitation et les divers cours d*eau ajflluents du Tenasserim , qui tous proviennent des collines granitiques (2).
A Kahan, ville située à onze milles de Mergui , Tétain se trouve dans un gisement très différent. C'est le point le plus élevé d'une chaîne de collines formées d'un grès blanc, tendre et friable, dont la partie supérieure est altérée. Le métal se présente cristallisé dans un granité décomposé qui forme un filon d'un mètre de large , encaissé dans le grès. Le minerai d'étain de ces divers gisements est toujours à l'état de peroxyde natif.
Les provinces anglaises de la côte de Tenasserim sont bornées au nord et au sud par des montagnes de granité et de gneiss , et certaines portions du nord et du centre offrent des schistes de transition et des calcaires (3). M. Illfer a découvert l'étain près du lac Loadut, et le pays situé au nord de la rivière Pachan serait , d'après lui , le district le plus riche de toute la province de Tenasserim. Le minerai se trouve dans des débris de roches primaires , et la chaîne d'où ils proviennent paraît être le prolongement des districts stannifères siamois de Rinowng. Les collines inférieures des environs de l\lalacca sont formées de conglomérats avec des argiles ferrugineuses semblables au latérite. Il y a plusieurs sources thermales, et l'étain est exploité dans des dépôts d'alluvion au pied des collines granitiques. L'or s'y trouve associé en quantité assez notable pour être exploité en même temps. Les minerais sont en
(i) J, Princeps {Asiat. researches ^ vol.XVIII, part. 2, p. 279).
(2) Report on thc Tin ^ etc. Rapport sur rétain de la province de Mergui [Roy. geol. Soc, oj Cornwall ^^'^'^ nnn. rep., 1842, p. 6^. Introduction par M. Ch. Lemon).
(3) On die mines of Tenasserim , etc. Sur les mines de la province de Tenasserim , par M. Royie [Procced, geol. Soc. of London, vol. IV, p. 165.
veines horizontales fort étendues , de O^.IS à 0'",32 d'épaisseur, et situées à une profondeur variable. La péninsule de Malacca fournit annuellement ^325000 livres d*étain.
Toute la côte occidentale , le long de la chaîne granitique qui court N., S., est occupée par des alluvions stannifères jusqu'au 15° lat. N. Au delà on n'a point encore rencontré de gisements d'étain ; mais il est probable, dit M, ï.ow (1), que ce métal serait découvert beaucoup plus loin si des recherches avaient lieu dans cette direction. Dans leThampé (20" lat. N. et 99° long. E. ) on extrait le minerai par des puits de 3 à 5 mètres de profondeur et quelquefois par de petites galeries latérales. Le minerai est généralement en masses arrondies ou oblongues avec des cristaux bien formés et enveloppées dans une gangue de quartz, ou dans des fragments qui ressemblent à du granité décomposé , quoique très dur. Le développement que prennent les exploitations d'élain de la presqu'île de Malacca est, d'après M. Lefèvre (2), un sujet d'un grand intérêt pour le pays. On compte déjà cinquante mines en exploitation et plusieurs ont été ouvertes dans le voisinage des Jakuns, qui guident volontiers les recherches des mineurs à travers les jungles. Suivant d'autres personnes, rétain dans la péninsule n'aurait point encore été trouvé dans sa gangue, mais à Banca on le rencontre associé au fer, en veines dans le granité et à la jonction du granité et du grès. Quoique les» sables stannifères proviennent en général d'alluvions déposées par les cours d'eau , il paraît y avoir des exploitations dans des sables résultant de l'altération de la roche immédiatement sous-jacenie. Aucune cause diluvienne, proprement dite, n'a d'ailleurs concouru à l'accumulation de ces dépôts.
A la Cochinchine , l'or est exploité principalement dans les sables des rivières (3). Quant aux principales mines d'or et d'argent, elles se trouvent dans le royaume de Tonkin , où il existe aussi beaucoup de mines de cuivre, de fer, de plomb, d'étain et de zinc. Archi cl ^'^'® ^® Banca , à l'extrémité orientale de Sumatra , est le plus céindien. lèbrc dcs giscmeuts d'étain (4). Elle est formée de petites chaînes granitiques bordées par d'autres plus basses dans lesquelles abonde un minerai de fer rouge. L'étain se rencontre dans les alluvions qui
\) Àsiat.researches, vol. XVIII, p. 128.
2) Journ. nf thc Indian archipeUigo , n° M , p. 77. Août 1817.
(3) Ibid., p. 54.
(4) Royle, loc. cit.'
couvrent la base des collines de granile et h 7 mètres au dessous de la surface du sol. Le minerai est à Tétai de peroxyde, donnant 60 °/, et même 80 "ja de métal. L'île fournit annuellement au commerce 3000000 liv. d'étain. Celles de Lingaetde Sinkep, situées à la pointe méridionale de la péninsule de Malacca , produisent aussi de Tétain, comme plusieurs districts de Tîle de Sumatra. Ce n'est qu'en 1709 que l'étain fut découvert par hasard dans Hle de fiança, qui aujourd'hui fournit, d'après d'autres documents , une quantité de métal double de celle de la Péninsule dont la surface est dix-huit fois plus considérable. Cette circonstance ne tient pas cependant à une plus grande richesse des gisements , mais à ce que les Chinois y sont protégés et encouragés par un gouvernement qui a des intérêts directs dans leurs exploitations (1).
A Bornéo, la chaîne des monts Ratoos, qui atteint plus de 1000 mètres d'élévation, est composée de serpentine , de diorite et de gabbro^ et est dirigée N. , S. Dans les ravins de la partie méridionale il y a une couche d'argile rouge renfermant de nombreux fragments de quartz qui forment un litde 0"*,25àl°*,25 d'épaisseur, etoû l'on rencontre des paillettes d'or, du fer magnétique, du platine, de l'osmium et de l'iridium; le tout reposant sur la serpentine. Le gisement du diamant, situé sur la pente occidentale de la même chaîne, est aussi dans la couche d'argile rouge dont l'épaisseur est de 10 à 13 mètres, et qui recouvre des fragments de syénite et de diorite. Les substances métalliques indiquées ci-dessus s'y trouvent également. Un quartz noir avec pyrites et feuilles de platine, annonce toujours la présence des diamants, et, d'après M. Louis Horner (2), ce quartz semble provenir des filons qui traversent la serpentine.
L'île de Telango n'est pour ce voyageur qu'un récif de corail soulevé à 6 mètres au dessus de la mer, et dont les polypiers (Astrées et Méandriues) sont identiques aux espèces vivantes du voisinage. La côte de l'île de Madura , séparée de la précédente par un canal étroit, est aussi un calcaire composé de polypiers. Il est dur, jaune, compacte à l'intérieur des masses, et semblable à un calcaire
(1 ) Esquisse de la géographie physique et géologique de la péninsule Malaye, (Journ. of the Indian. archlpelagn^ vol. II, p. 83. Singapour, 1848.)
(2) Soc. scient, do Batavia [rerhandelinghen van het Batal'iaasch, Vite, vol. XVII, p. 284. 1839. — Neu. Jahrb., 1838, p. 1. — De Humboldt, Jsie centrale, vol. HI, p. 534. — L'Institut ^ 4 4fév. 1844).
334 ASIE MKRIDIONALK.
jurassique. Ces îles ont une forme tabulaire , comme les tles de coraux modernrs. La partie nord de Java est également formée de bancs de coraux récemment soulevés. Les falaises de Tîle de Timor, comme nous l'apprend M. J.>B. Jukes (1), paraissent être aussi un récif soulevé. On y trouve des Astrées, des Méandrines, des Pontes avec de nombreuses coquilles, entre autres, des Tridacnes de 0,60 de diamètre , dont les valves réunies et fermées sont encaissées dans la roche , absolument comme dans les bartcs de polypiers actuels. Ces couches calcaires de 50 à 70 mètres d'épaisseur s'étendent au loin dans le pays et entourent la base des montagnes probablement volcaniques qui en occupent le centre.
Les tles Samou, Sandaiwood et Sumbawa, offrent des dépôts sem» blables , stratifiés et horizontaux, de calcaires blancs qui atteignent jusqu'à 600 mètres d'élévation au dessus de la mer. L'île de Lambock, dont le cône volcanique n'a pas moins de 3/!»6b mètres d'altitude^ est entourée par ces mêmes calcaires. L'île de Madura, dont nous venons de parler, est formée de deux terrasses ou plateaux superposés et h bords esc^pés. Les calcaires à polypiers de la côte septentrionale de Java sont tantôt terreux, tantôt cristallins, à cassure blanche , mais noircissant très rapidement à l'air. Le long de la côte sud de l'extrémité orientale de la même île , de grandes assises de calcaire avec fossiles avaient déjà été indiquées par M. Horsfield dans sa carte géologique de Java. !VJ. Jukes conclut qu'une vaste formation tertiaire peu ancienne et constituant un récif frange (2) soulevé entoure les pentes de toutes les îles volcaniques , depuis l'extrémité orientale de Timor jusqu'à la portion occidentale de Java. La forme étroite et allongée de ces îles fait que leur région volcanique est aussi très resserrée, et leurs produits ignés, comme leur élévation, sont d'une époque très récente, pendant laquelle existait déjà la faune actuelle; aussi avons-nous cm devoir les rapporter au terrain quaternaire.
Chine. Dcs traccs de phénomènes diluviens ont été signalées par I\l. Cal-
lery (3) sur toutes les montagnes qui dominent les côtes autour de Macao , où l'on remarque des blocs erratiques occupant les
[\) Notice; oj somc tertiary rochs , etc. Notice sur quelques roches tertiaires dans les îles qui s'étendent de Java à Timor [Rep, 46**> Meet. brir. Assoc, at Soathampton^ 4 846 (Londres, 4 847) p. 67 des 'Notices.
(2) Voyez antè, vol. ï, p. 371.
(3) BulU, vol. VIII, p. 237. 4 837.
sommets les plus élevés. Ces blocs de granité arrondis forment des amas de l'aspect le plus bizarre et sont souvent d'un volume énorme. Il n*en existe point dans les vallées , et il résulterait des renseignements obtenus sur Tintérieur du pays, que presque toute la Chine et même la Tartarie offrent des blocs semblables à ceux des environs de [\lacao. Cependant , M. E. Ciievalier (1) conteste Topinion de M. Callery, et, suivant lui, les blocs, soit isolés, soit disposés en traînées , sont vn place et nullement erratiques. Ce sont des masses du granité sous-jacent qui auraient résisté à la décomposition des parties qui les entouraient; ces masses sont en outre recouvertes d'un enduit noirâtre d'hydrate de fer et de manganèse concrétionné.
Nous terminerons l'exposé des phénomènes de l'époque quaternaire de l'Asie en indiquant quelques faits puisés par M, £d. fiiot dans les Annales historiques de la Chine (2) , et dont nous avons déjà eu occasion de parler {antè\o\, I, p. 664). Il résulte de ces recherches que des mers intérieures ont existé dans le désert actuel de Gobi et aux environs du lac Ho-ho-noor. L'une de ces mers a dû se déverser sur la Chine basse par un affluent du fleuve Jaune, et l'autre par la gorge de Tsy chy. Le déluge d'Yao ( vingtquatre siècles avant Jésus-Christ ) aurait été occasionné par le soulèvement simultané ou peu éloigné de deux grands systèmes de montagnes, dirigés l'un de Tai-tong-fou à Cang-sy, à la pointe méridionale delà province de Yun-nan, l'autre de la pointe du Leao-tong à l'extrémité de l'île de Hai-nan. Le soulèvement du premier système barra le fleuve Jaune qui coulait à l'ouesi , le rejeta au sud , où il rejoignit la vallée de la rivière Oney du Chensy. Le soulèvement du second système barra le cours du grand Kiang, couvrit de lacs et de marais la Chine centrale, et concourut avec le précédent à modifier le cours du Chang-tong et celui du Pe-tche-ly.
Ainsi, dans tout l'ancien continent, depuis l'ouest de l'Europe jusqu'aux régions les plus nculées de l'Asie orientale , et même daOs les îlots perdus au milieu de l'Océan Paciû(]ue (îles Sandwich), partout les traditions des peuples ont conservé le souvenir de grandes perturbations de la surface du sol. Faut-il y voir la preuve que
(4) Foyaoc de la corvette la Bonite. Géologie et mincralogle ^ p. 244, in-8. 4844.
(2) Compt. rend., vol VIII. p. 683. 4 839.
rhomme a paru , en effet , avant l'extinction de la faune quaternaire , ou bien seulement des événements plus récents , partiels, indépendants et distincts du phénomène général qui , sur tout le globe , semble avoir mis fm à Tépoque dont nous nous occupons? C'est là sans doute une question du plus haut intérêt, mais pour la résolution de laquelle nous possédons encore trop peu de do~ cuments.