TERRAIN QUATERNAIRE DE L'AFRIQUE
Plus on s'éloigne des pays qui ont été le mieux étudiés , plus il règne d'incertitude sur l'âge des dépôts de l'époque quaternaire, et plus il est difficile de les distinguer, d'une part de ceux du terrain tertiaire supérieur, et de l'autre de certaines couches des premiers temps de l'époque moderne. Ainsi dans l'Asie méridionale nous n'avons pas pu indiquer la limite, si même elle existe, entre les dépôts dont nous avons parlé et les argiles sableuses avec lits de cailloux roulés et ossements de mammifères éteints, du bassin de la Jumna, de l'île de Périm, etc. , qui semblent se rattacher aux collines soushimalayenues si riches également en vertébrés fossiles, et dont nous traiterons dans la seconde partie. De même aussi , dans le peu que nous avons à dire du continent africain nous hésiterons sur le classement définitif des couches que nous devons mentionner.
M. Ruppell (1) a fait quelques observations sur les but ds de la Afiique mer Rouge , où des bancs de coraux se voient à /l ou 5 mètres audessus de son niveau et se continuent jusque vers le 26* degré de latitude, prouvant ainsi un soulèvement récent de cette partie de la côte. Des accumulations de cailloux diluviens occupent le fond des dépressions le long de la mer Rouge , du golfe de Suez et de la Basse-Egypte, d'après M. Russegger (2), et viennent affleurer de chaque côté des alluvions modernes et des terres cultivées qui se trouvent dans les parties les plus basses. M. Newbold (3) comprend , sous le nom de drift : l°les sables et les graviers salins d u désert, provenant en grande partie des grès avec bois fossiles ; 2° les lits de gravier qui recouvrent les plages élevées de coraux de Goséir et les falaises calcaires des bords de la mer Rouge;
{h\ BulL de la Soc. de géographie, vol. XIII , p. 68.
(2) Keisen in EuTopa, etc. Voyage en Europe, en Asie et en Afrique, carte géogn. de l'Egypte. ^842.
(3) Proceed. geol. Soc, ofLondoiiy vol. III, p. 782.
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30 les détritus qui recouvrent le plateau du désert libyen , près de Dendérab, et qui sont compoiés des diverses roches sédimentaires ou ignées des pays environnants.
Ativium ^^^^ I3 province de Constantine , il y a des dépôts de transport «i>tcotrkMi«. jj.^ considérables. Ainsi les collines de Condent-Aty sont formées par ane accumulation de près de 300 mètres d'épaisseur de sable , de gravier et de galets avec quelques blocs de plusieurs mètres cubes. Boblaye (1) les regarde plutôt comme résultant d'une grande alluvion que d'un phénomène brusque ou analt^oe à celui qui a transporté les blocs erratiques. Les gros fragments qui se trouvent au milieu du sable et du gravier ont roulé sur les flancs des vallées pendant que le dépôt se formait.
Plus à l'ouest, un calcaire , avec coquilles apathiques, grès et argile rouge, postérieur aux couches subapennines de Goléah au mont Chénouan, paraît être du même âge que les brèches osseuses, les travertins, etc. La ville de Miliana est bâtie à 800 piètres d'alli* tude, sur une terrasse de travertin ancien, et toutes les sources sont à une haute température sur le revers opposé de la montagne (2).
M. Renou (3) décrit, entre la Galle et Qran , des argiles rccop^*' vertes par un grès calcaire , plus ou moins calcarifère ou sableuK , suivant les lieux , ordinairement poreux et percé de Uqus cylio-^ driques verticaux. Les coquilles marines ou terrestres qu'on y trouve vivent encore aux environs. A la Galle , ce grès poreux est à 100 mètres au-dessus de la mer ; il repose sur un grès dépendant de la formation crétacée et s'étend jusqu'à 3 kilomètres du rivage. ABône il atteint de 110 à 120 mètres d'élévation et recouvre le calcaire saccharoïde et les schistes talqueux. À Djidjel , la superposition est la même qu'à la Galle. Au cap Malifou et à Alger, on observe les deux assises ; l'inférieure constitue des argiles exploitées pour les poteries et les briques , et la supérieure un calcaire très coquillier. Ghercbel est bâtie sur ces dépôts que l'on voit boule* versés dans les hauteurs voisines. A Oran , à Arzéou et MostaganeiPi ils surmontent les couches crétacées pour se prolonger ensuite vers l'ouest. Au-dessus vient la brèche osseuse qui appartient à la même époque et qui renferme des fragments d'une roche ignée très peu
(1) Compt, rend., vol. Vil, p. 239. 1838.
(21 Compt. rend., vol. XI . p. 348. 1840.
(3) Aperçu sur la constitution géognostifjue de l'Algérie (Ann, des mines, 4* sér., vol. IV, p.^528).