‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 64 sur 87 · DBS ÉTATS-UNIS DU NORD · texte numérisé non relu

DBS ÉTATS-UNIS DU NORD

côtes de Norwège , était alors beaucoup plus froid qu'aujourd'hui.

Ainsi ces coquilles fossiles du nord de l'Amérique appartiennent à des espèces qui vivent depuis le /i8* degré lat. N. jusqu'au cercle polaire, dans les mers du Groenland, de l'Islande et de la Norwège, et elles s'accordent avec des variétés ou des espèces trouvées dans tes dépôts quaternaires de l'Ecosse, de la Scandinavie , etc. D'un autre côté , beaucoup d'espèces , très abondantes à présent dans le golfe Saint-Laurent , n'ont pas encore été signalées dans les lits de sable , de gravier et d'argile qui le bordent. La faune de Beauport et des autres dépôts de la même époque se rapproche donc plus de celle des réglons arctiques de nos jours que de celle des côtes du Canada , et il y avait aussi plus de ressemblance entre les coquilles qui vivaient dans ce dernier pays et sur le littoral de la Norv^ège , ou des deux côtés de l'Atlantique , qu'on ne l'observe actuellement , car 17 espèces seulement sont communes sur un nombre total infiniment plus considérable (1). Plus tard , le même savant a donné une coupe du ravin du Beauport, d'après ses propres observations, et la liste de 33 espèces de coquilles qu'on y a recueillies (2).

Partout où , sur les bords du Saint-Laurent, M. Lyell (3) a pu observer les roches en place (granité, grès dePostdam, calcaire de Trenton ) , débarrassées du dépôt superficiel d'argile et de gravier qui les recouvrait , il a trouvé leur surface usée, polie et sillonnée. La direction des sillons et des stries est N.-Ë., S.-O. , différant, sous ce rapport , des traces analogues de la Nouvelle-Angleterre qui sont dirigées N.-N.-O. , S.-S.-E. Dans les deux pays les blocs ont été transportés vers le S. en suivant ces mêmes sillons , ce que l'auteur croit ne pouvoir être expliqué que par des montagnes de glace flottantes. A la montagne de Montréal la Saxicava rugosa et la Tellina groenlandica sont dans un lit de gravier recouvert par une assise de blocs et de gravier. Ce lit est à 158", 47 au-dessus de la rivière, et à 16/!i™,55 d'althude, par conséquent à 93",23 au-dessus du lac Ontario, c'est-à-dire presque.au niveau du lac ]Èrié, dont l'élévation absolue est de 172 mètres.

{i] On a vu [antê, p. 4 35) que le nombre de ces espèces communes est bien plus élevé, car M. Forbes en admet 66.

(2) Travels in North America^ vol. II , p. 4 47.

(3) Ibid,,ip. 4 35 et 4 42.

352 DÉPÔtS MARINS £T LACUSTRES

Dépôu M. T. Roy (1) , qui a étudié les terrasses des bords du lac On-

temuet tarlo , assuro que leur plus grande hauteur au dessus du lac est de ^adTiacs. 232 mètros, ou leur altitude de 303™,58. Ainsi les eaux de cette mer intérieure atteignaient au moins 305 mètres au dessus de rocéan actuel, et auraient été bornées à Fouest par les montagnes qui s'étendent de la plaine de Mexico au UT lat. ; au nord, par la barrière ou ligne de partage des eaux des lacs et de celles des rivières arctiques; à Test, par les montagnes qui traversent les États-Unis jusqu'au golfe du Mexique; enfin, au sud, par une chaîne de montagnes aujourd'hui détruite. La surface occupée par cette vaste Caspienne n'aurait pas été moindre de 960000 milles carrés.

Le plateau qui sépare le lac Ontario du lac Simcoa , élevé de 231",53 au dessus du premier, et de 85", 86 au dessus du second, est formé par des argiles bleues surmontées d'une masse très considérable d'argile et de sable mélangés. Vers le centre et le nord de ce plateau on trouve une grande variété de blocs de roches primaires ou de transition , les uns arrondis, les autres anguleux.

M. Schoolcraft (2) attribue la formation des terrasses qui bordent les grands lacs de l'Amérique du Nord aux actions combinées des eaux sur les roches sédimentaires du rivage et du fond avec celles des vents et des mouvements successifs d'élévation et d'abaissement. Suivant M. J.-A. Lapham (3), les dépôts qui annoncent une plus grande extension des lacs sont tout à fait distincts du véritable drift sur lequel ils reposent , par l'uniformité et la régularité de leurs couches, par une texture plus fine et plus uniforme des matériaux qui les constituent, et par l'absence de blocs et de lits irréguliers de sable et de gravier. Ils sont composés d'une argile de 5 à 6 mètres d'épaisseur et qui s'est formée dans la période de calme qui a suivi celle du drift. Ils sont horizontaux ou à très peu près, fort développés autour de l'extrémité occidentale du lac Érié et ne renferment point de fossiles.

Les digues ou traînées de sable et de gravier qui entourent les lacs , et dont plusieurs sont parallèles entre elles , se prolongent

(4) Proceed. geoL Soc, of London , vol. II, p. 537. 4 837. — Bull., vol. IX, p. 95.

(2) Rep, K'îf^ Meet, brit. Assoc, at Manchester, 4 842, p. i2 (Londres, 4 843).

(3) Amer,Journ.^ 2« sér., vol. III, p. 90. 4 847.

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d'une manière coiiliuue sur plus de 100 milles de loug (1). Leur élévation varie de 3 h 20 mètres ; souvent fort étroites au sommet , elles ont de 50 à 200 mètres de largeur à ia base. On y remarque fréquemment une stratiQcatlon oblique, et elles reposent sur l'argile avec blocs. Des masses de granité ou d'autres roches du nord se voient quelquefois à la surface des terrasses que M. Lyell compare aux œsars de la Suède, formés, comme on Ta dit, par des bancs de sable accumulés sous la mer, puis émergés plus tard. La base de ces terrasses, à l'est et à l'ouest de Cleveland , est légèrement inclinée , et l'on n'y trouve point de coquilles; mais on observe à leur pied des blocs de granité provenant de l'autre côté du lac dans la direction du N. (p. 85).

Quant à la série des changements qui ont eu lieu dans la région des lacs Érié et Ontario, le célèbre géologue que nous venons de citer rapporte à une première période d'émersion l'excavation des lignes d'escarpement, telle que celle de Queenstown et le ravinement des vallées , comme celle de Saint-Davids ; puis à une période d'abaissementou d'immersion le remplissage partiel ou total de ces mêmes dépressions et des lacs actuels par les dépôts marins avec blocs ; enfin une nouvelle élévation du sol amena au jour les terrasses et ledépôt des blocs en partie dénudé. Pendant ce dernier mouvement les limites des lacs ont été successivement tracées, et un canal de la mer doit avoir occupé la vallée originaire du Niagara, laquelle a été convertie en estuaire et parcourue ensuite par une simple rivière.

Le lake-ridge ou ridge-road , dit M. Hall (2), est une longue digue qui s'étend de l'est à l'ouest, du comté de Wayne au Niagara et au delà. Elle s'élève à /i8 mètres au dessus du lac Ontario , dont elle est éloignée de 8 milles , et en suit parallèlement le bord. La largeur de sa base est de 20 à UO mètres. Elle est composée de sable, de gravier et de cailloux, tous semblables à ceux qui forment les bords actuels du lac dont elle paraît indiquer Tancien rivage. Des fragments de bois pourris, des branches et des troncs d'arbres^ des Unio et quelques autres coquilles lacustres y ont été trouvés.

Les bords de la rivière Saint-John, dans le nouveau Brunswick, New-Brunwick

(1) Lyell, Proceed. geol. Soc. oj London, vol. IV, p. 20. -r-. Jmer. Journ., vol. XLVI , p. 314. • — Travels in North America ; vol. II, p KM.

(2) State of New-^York ^Qic. Communication du gouverneur dans l'assemblée du 20 fév. 1838. — 2**> ann. Rep. Deuxième rapp. ann. du i,^ district géologique.

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