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a 65 mètres d'épaisseur , laudis que sur le littoral il n'eu a plus que 7 ou 9. Ces terrasses sont sensiblement horizontales sur de très grandes étendues , et l'auicur croit en avoir distingué sept depuis la côte jusqu'à une élévation de 365 mètres dans l'intérieur des terres. On peut en compter trois sur une hauteur de 106 mètres, la première étant à 30 mètres au-dessus de la mer, et la seconde à 75. Sur chacune d'elles on trouve des coquilles analogues à celles qui vivent sur les côtes , et ornées encore de toutes leurs couleurs. Cette disposition des terrasses résulterait ^ suivant M. Darwin , de soulèvements successifs et très lents du fond de la mer , interrompus par des temps d'arrêt que marquent les falaises des terrasses.
Depuis la Plata jusqu'à la rivière de Santa-Gruz (1), on ne rencontre point de blocs erratiques. £n remontant ce dernier cours d'eau , on commence à en trouver à 100 milles géographiques de l'Atlantique et à 67 milles de la pente la plus voisine des Cordillères. A 55 milles de la chaîne , ils deviennent extrêmement nombreux et sont formés de schistes argileux compactes , de roches feldspathiques , de schistes chloriteux et quartzeux et de laves basaltiques. Ils sont généralement anguleux, et plusieurs ont jusqu'à 5 mètres de côté et même plus. La plaine sur laquelle ils sont épars est à 426 mètres au-dessus de l'Océan, et s'abaisse doucement à l'est vers la nier. A égale distance de la côte et de la Cordillère, les bords de la rivière montrent que les roches qui supportent cette plaine sont , à la partie supérieure , une assise de cailloux roulés de 65 mètres d'épaisseur se prolongeant jusqu'à la côte et qui a été déposée sous la mer, puis une assise de lave basaltique, de 98 mètres de hauteur qui repose sur une autre de 179 mètres, composée de petits cailloux semblables à ceux de l'assise supérieure, mais sans fragments de basalte. En s'approchaut des montagnes , la rivière suit une vallée plate très large, récemment émergée , comme le prouvent les coquilles marines éparses à sa surface. La plaine de gravier s'étend probablement jusqu'au pied des Cordillères, où elle atteint de 975 à 1000 mètres d'élévation absolue (2). Le gravier, qui change complètement de caractère en remontant la vallée, provient des roches de cette partie de la chaîne , tandis que celui de l'em-
(4) On the Distribution of the Erratic Boulders , etc. [Transact, geol. Soc. of London, vol. VI, p. 415. \^k%, — Proceed, id., vol. III , p. 425.
(2) Geological observations on South America y p. 22.
DE l'aMJÉRKjUE du SUD. 403
bpuchure de la rivière Sainte-Croix (Santa-Cruz) , ou mieux de la plaine inférieure de 106 mètres qui la borde , provient d'une région située plus au nord.
De Tembouchure de cette rivière à Coy-Inlet et Port-Gallegos , les falaises composées de couches blanches tufacées sont recouvertes de lits de graviers. Beaucoup d'ossements non déterminés y ont été recueillis, et, d'après les coquilles microscopiques qu'on y a trouvées et qui paraissent être d'eau douce ou d'eau saumâtre , l'ensemble des assises serait plus récent que le système tertiaire patagonien, et, suivant toute probabililé , appartiendrait à l'époque quaternaire.
Des deux côtés du détroit de Magellan , la surface du pays est occupée soit par le gravier, soit par les blocs. Le gravier a ses cailloux plus ou moins arrondis , et les blocs sont plus ou moins anguleux. Les uns et les autres appartiennent presque tous aux roches connues de la Terre-de-Feu ; cependant on a rencontré sur divers points , et sur une étendue de 840 nulles du N. au S. , et de 300 milles de VE, à l'O. , des cailloux d'une espèce de porphyre qui n'a point encore été trouvé en place , ni à la Terre-de-Feu , ni aux îles Falkland , ni sur le continent ; aussi M. Darwin attribue-t-il leur transport à des glaces flottantes.
La formation erratique de la Patagonie a une largeur d'environ 300 milles de TE. à TO. Près de la côte son épaisseur n'est, comme ou l'a vu , que de 7 à 9 mètres, et nous avons dit qu'à la demi-distance de la chaîne , ou à 100 milles de la mer , cette épaisseur était de 65 mètres. Sa puissance moyenne, sur une étendue de 630 milles du N. au S. et de 300 milles de l'E. à l'O. , est d'environ 15 mètres.
La partie orientale de la Terre-de-Feu (1) présente de grands Terrc^c-reu. lambeaux de formation tertiaire patagonienne, bordés par des dépôts plus récents de 30 à i!»5 mètres d'épaisseur. Ces plaines basses, qui ont été émergées dans la période quaternaire , sont formées de grèsfm, terreux ou argileux, en lits minces, quelquefois inclinés, souvent associés à des lits de gravier ondulés où contournés. Dans l'île d'Elisabeth , des coupes de 45 mètres de hauteur montrent une terre blanchâtre renfermant des fragments de toutes grosseurs, anguleux ou arrondis , entassés pôle -môle et provenant de roche» feldspathiques et amphiboliques des environs. Au nord du cap Vir-
(4 ) Darwin, On the Distribution of the Erratic Boulders^ etc. Loc. cit., p. 44 5. — Journal and Remarks, p. 266. — King, Esquisse de la Terre-de-Teu, {/çum. geogr Soc, of London, 4 830-4834.)
404 FORMATION tHHATIQl'E
gins , à l'entrée du délroit , des falaises de 60 à 90 mètres sont composées de grès argileux, horizontaux, à grain très un, avec quelques lits subordonnés de cailloux roulés. Les montagnes d'où proviennent les éléments de ces dépôts se trouvent à 60 et 120 milles géographiques vers l'O. ou le S.-O.
Après avoir parcouru les falaises du cap Negro, de Port-Famine et de la baie de Saint-Sébastien , M. Darwin a constaté sur ce dernier point que, longtemps avant le soulèvement en masse prouvé par le niveau élevé où se voient les coquilles d'espèces vivantes, il existait déjà un large canal communiquant du milieu du détroit de Magellan avec la haute mer. De nombreux blocs erratiques et des dépôts de limon non stratiûés se montrent aussi sur les bords du bras oriental , placés comme ils devaient l'être par rapport à la direction d'un ancien détroit. Tous les fragments de cette partie du pays proviennent de montagnes situées à l'ouest. Le détroit est , comme on sait, très profond, même dans le voisinage des côtes. Ainsi vers le milieu du canal , à l'est du cap Forward , le fond n'a pas été atteint avec une sonde de liQS mètres.
A l'extrémité sud-est de la Terre-de-Feu , les côtes sont occupées aussi par un dépôt non stratifié, analogue à celui des bords du détroit de iMagellan. Celui de l'île de Navarin ressemble au till d'Ecosse et aux accumulations de blocs et de détritus du nord de l'Europe et de la côte orientale d'Angleterre par le manque de stratification dans une partie de son épaisseur, par la réunion de fragments venus de très loin et dont le volume varie depuis celui de petits cailloux jusqu'à celui de très gros blocs, tantôt arrondis, tantôt anguleux , enfin par la présence de gravier superficiel et l'absence de tout débris marin, net Les îles Falkland ou Malouines , formées par le terrain de tran-
raïuund. ^[^[q^ ^ sont couvertes d'une immense quantité de fragments de roches accumulées en forme de traînées , de courants ou de nappes , principalement vers le fond des vallées (1). Ces amas énormes , qui remontent jusque à la crête des montagnes, sont composés de quartzites. On n'y remarque aucime trace de frottement ni de sable dans les interstices , ce qui doit faire regarder leur dispersion comme plus récente que l'émersion des îles. Peut-être quekfues parties de la description que nous avons sous les yeux pourraientelles rappeler la forme des moraines et la disposition de certains
(4) DdiTyrin j Journal and Remarks, etc., p. 2&3.
DE k'amérioiik dit sud. 406
blocs erratiques des Alpes, mais l'auteur, préoccupé des formes et des accidents si pittoresques et si variés que lui offrait le pays , ne nous a pas beaucoup plus instruits sur l'origine de ces traînées de blocs que nous ne l'étions par les observations déjà anciennes de Pernety (1).
En remontant vers le nord , M. Darwin (2) a bien observé deux i)« terrasses de graviers dans diverses parties de l'archipel des Chonos, mais il n'a plus rencontré le dépôt avec blocs, sur les points où il a abordé, (|ue dans l'île de Chiloé, où les masses erratiques sont fort nombreuses. L'île est formée de micaschiste et de deux espèces de roches volcaniques , puis de grès tertiaires horizontaux passant par place à des conglomérats. Les blocs abondent sur toute la ligne des côtes est et nord , et dans les îlots qui bordent la partie orientale. Il n'y en a point sur la côte occidentale ni sur les parties élevées du centre de Tiie. Ce sont des variétés de granité et de syénite qui semblent provenir des Cordillères et d'une distance de ^0 milles. Quoique ces roches n'existent pas dans les parties septentrionale et orieuiaie de l'île, peut-être pourrait-on les découvrir dans les montagnes de l'ouest qui n'ont pas encore été visitées , et qui s'élèvent à 1000 mètres au-dessus de la mer.
L'auteur ne se prononce point sur l'âge précis des dépôts avec blocs de Chiloé , ni de la Terre-de-Feu , mais il est certain que toute la côte orientale a été soulevée de 6 à 12 mètres et probablement davantage pendant l'époque quaternaire. Ainsi, dans la péninsule de Lacuy un lit de coquilles d'espèces vivantes est signalé à 110 mètres au-dessus de la mer. La portion orientale de la Terrede-Feu a été aussi soulevée en même temps ou peu avant, de même que le dépôt des bords de la rivière de Santa*Cruz.
Les blocs erratiques s'observent encore autour de Valdivia, de la Conception et sur plusieurs points du centre du Chili , mais il n'y a pas de dépôt argileux ou tilL
Au nord du détroit de Magellan , sur les côtes de la Palagonie ^^J^^J,"""* et de la province de la Plata , on ne rencontre ni blocs ni till , à la même latitude que sur les côtes de l'océan Pacifique , ce qui doit être attribué au grand éloignement de la Cordillère. Les blocs erratiques, ne se montrent , des deux côtés de la chaîne, qu'à
(1) Voyage aiix iles Malouines.
(2) On the Distribution of the Erratic Boulders ^ etc. Loc, cit, p. 415.
406 FORMATION BRRATIODE DE L^AMÉRIQUB DU SUD.
partir do centre da Chili , et il en est de même dans le Chaco. Quant aox aflQuents de l'Amazone, sor une longueur de 400 oo 500 lieues , on ne ?oit pas , dit la Condamine , un seul caillou roulé. Ainsi il est remarquable que dans Thémisphère Sud , depuis le 61* degré jusqu'au cap Horn , on retrouve le même phénomène et presque sur une aussi grande échelle que dans les parties septentrionales de l'ancien et du nouveau monde , et de plus avec des limites semblables ; car dans les deux hémisphères les débris provenant des régions polaires ou d'autres groupes de montagnes arrivent k une faible distance des tropiques. D'après M. Royle , il en est de même dans l'Inde sur les pentes inférieures de l'Himalaya ; et dans le sud de l'Afrique , M. And. Smith et les autres voyageurs n'ont point observé de détritus erratiques depuis le 35* degré jusqu'au tropique. Nous verrons bientôt que l'Australie n'échappe point non plus à cette loi générale de la distribution des blocs. Les exceptions que l'on a citées , comme le fait observer M. Darwin , sont dues à la méprise des voyageurs qui ont regardé comme des blocs erratiques des roches en place plus ou moins altérées et en masses isolées.
La formation erratique de la Terre-de-Feu , considérée relativement à l'hypothèse des anciens glaciers , a paru ofilrir an célèbre naturaliste anglais quelques traces de moraines annonçant une moindre extension des glaciers actuels , mais il ne pense pas que l'on puisse expliquer la distribution des blocs sans l'intermédiaire des glaces flottantes , et il ajoute que ni le tili du détroit de Magellan avec ses grès schistoîdes irrégulièrement subordonnés et ses coquilles marines , ni les graviers stratifiés de Ghiloé ne peuvent avoir été produits comme les moraines ordinaires. Les blocs tels que ceux de la pointe de la source de la rivière de Santa-Cruz n'ont pas été non plus charriés ni poussés des montagnes par le mouvement des glaciers. Ceux des bords de celte rivière reposent sur un sol formé par la mer, et ceux qui recouvrent la plaine élevée de U2^ mètres sont à 67 milles de distance des Cordillères dont les plus hauts pics n'atteignent pas 1950 mètres. La chaîne est d'ailleurs beaucoup plus basse , en général , et la faible inclinaison de cette surface , les angles vifs des blocs et l'absence de digues ou de terrasses, prouvent que ces blocs, de même que ceux de la Terre-de-Feu et de Chiloé ont dû être transportés par des glaces flottantes.
On voit , d'après ce qui précède , que des travaux assez étendus