DE L'AUSTRALIE
vores, les Bandicoots (Ornithorhynque et Échidné) des inseclivores, les phalangers des quadrumanes , les Wombats des rongeurs, ei les Kangurjoos, à un degré plus éloigné, représententles ruminants. Les cavernes à ossements de l'Australie ont fait voir que ce continent nourrissait autrefois des espèces beaucoup plus grandes appartenant aux mêmes genres de marsupiaux et même un type éteint de cet ordre {Diprodoton) , représentant les pachydermes des autres continents. Cet animal , qui réunit à la fois les caractères des Phascolo^ mys et des Macroptis avec des dimensions colossales, constituait alors comme le Nototherium un des anneaux de cette chaîne d'êtres que le temps a brisée.
La plus remarquable des faunes actuelles est sans aucun doute NooTeiiecelle des îles de la Nouvelle-Zélande, que M. Lyell (1) comparait à celle de la formation wealdienne. Une petite espèce de rat est le seul mammifère terrestre indigène que Ton y connaisse , et le plus caractéristique des animaux à sang chaud est 1 Aptéryx , le plus petit des oiseaux de Tordre des struthiones ou toingless. Les rudiments de ses membres antérieurs sont les moins développés, et ses os ne sont point traversés par des cellules aériennes. Dans les dépôts récents du nord de Tile, dépôts qui sont probablement de l'époque qua> ternaire , ou a rencontré de nombreux ossements ayant appartenu à un genre d'oiseau struthione qui a beaucoup de rapports avec l'Aptéryx. Les débris de. ce genre (Dinomis) sont très fréquents, malgré la taille gigantesque des espèces , dont une est d'un tiers plus grande que l'autruche d'Afrique (2). Six espèces déterminées proviennent de la baie de Poverty, de Wanganui et de Vairva. L'une d'elles, même , paraît n'avoir complètement disparu que depuis un siècle ou 4eux , ou depuis les temps historiques , comme le Dodo de l'Ile-de-France.
Les ossements de Dinomis ou Moa , nom que les habitants du
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[\ ) Éléments de géologie^ p. 366. h 838. — Principes de géologie^ vol. I, p. 204. Éd. de 1837.
(2) R. Owen , Notice of a fragment^ etc. Notice sur un fragment de/<?/wttrd'un oiseau gigantesque de la Nouvelle-Zélande. [Transact. zool. Soc. ofLondony vol. ITI, p. 29. 1842. Mém. lu en 1829.) — On Dinomis f etc. Sur le Dinomis (oiseau surprenant), genre éteint d'oiseau struthione tridactyle , avec la description des portions de squelette de cinq espèces qui existaient anciennement dans la Nouvelle-Zélande. [IhicL, p. 235, 15 pi. 1844.) — Suite des recherches de M. Owen sur le Dinomis. {Soc. zooL de Londres^ 23 juin et 1 4 juillet 1846. — L Institut, 6 janvier 1847.)
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pays ont donné à cet oiseau , sont trouvés dans le gravier et dans les autres couches détritiques que les rivières et les torrents ont excavés, ou bien dans la vase de la côte recouverte à la haute mer. D'après M. Taylor , le gisement de ces os serait partout surmonté de dépôts marins et lacustres ; mais iM. Walter Mantell (1) en a recueilli dans des sables volcaniques au-dessous de cailloux de roches ignées. Les ossements de l'embouchure du "Waingongoro proviendraient des régions volcaniques du Mont-£gmont , dont le sommet s'élève au-dessus de la ligne des neiges perpétuelles {antè , vol. I , p. 575). En outre , des terrasses de limon et de gravier, de 15 à 30 mètres de hauteur , prouveraient un soulèvement des côtes à une époque très peu ancienne, et le lit des rivières coupant les dépôts ossifères , établissent que ce changement de niveau est postérieur à l'enfouissement des Dinornis et des autres oiseaux.
Les animaux à sang chaud de la Nouvelle-Zélande , où aucune trace de mammifère fossile n'a encore été trouvée, et qui ne présentait ni marsupiaux , ni d'autres espèces de quadrupèdes aborigènes, lorsqu'elle fut découverte par Cook, montrent, entre la faune actuelle et celle qui l'a précédée immédiatement , la même analogie que celle qu'on observe dans les plus grandes divisions naturelles des terres actuellement émergées. Ainsi , les mêmes formes particulières de quadrupèdes mammifères et d'oiseaux terrestres étaient , pendant l'époque quaternaire , restreintes aux mêmes régions naturelles que dans l'époque moderne , et la disposition générale des grandes circonscriptions des terres émergées existait déjà telle que nous la voyons aujourd'hui (2).
(i) De la Bêche, Address delwered^ etc. Discours ahnuel du 4 8 fév. 4 848,p. 27.
(2) R. Owen , Report on the txtinct Mammals^ etc. Rapport sur les mammifères éteints de l'Australie ; loc. cit. — Id. sur la distribution géogi'aphique des mammifères dont les races sont éteintes ; loc. cit. — Buckland et Owen , Sur le Megalornis de la Nouvelle^ Zélande. [Ncu. Jahrb.^ 1843, p. 334.) — Voyez aussi : MM. Deane, G. Mantell et R. Owen, Amer. Journ,, vol. XLV, p. 177. 4 84).
RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE LA PREMIÈRE PARTIE (i).
Nous venons de décrire, sous le nom de ten^ain quaternaire ou diluvien, tous les phénomènes tant organiques qu'inorganiques, qui ont laissé des traces entre la fm de la période sub-apennine déterminée par le soulèvement de la chaîne principale des Alpes et le commencement de Tépoque actuelle ou du terrain moderne, La comparaison et la coordination des matériaux qui ont été publiés depuis quinze ans, relativement aux diverses parties du glohe, sur les produits de ces phénomènes , nous ont amené aux résultats suivants , qui sont uniquement la conséquence des faits , et qui peuvent être regardés comme indépendants de toute théorie sur l'origine ou la nature des causes auxquelles ils sont dus. C'est, en d'autres termes, l'expression la plus simple de ce qui jusqu'à présent est acquis à la science.
l"" Le phénomène des stries, des sillons et du polissage des roches dans le nord-ouest de l'Europe et les États-Unis du nord de l'Amérique , a précédé tous les dépôts de cette époque , et par conséquent le développement des faunes marines, lacustres et terrestres. Si ces traces de frottement ont été produites par des glaciers , les coquilles dites arctiques , ensevelies dans les argiles et les sables qui les recouvrent, ne sont point contemporaines de la période du plus grand froid , puisqu'on les trouve intactes sur la place même que ces glaciers ont dû occuper. Ainsi ces dépôts coquilliers qui , dans le nord-ouest de l'Europe, semblent indiquer une température plus basse que celle d'aujourd'hui , sous la même latitude , prouveraient aussi une température plus élevée que celle de la période qui les a immédiatement précédés.
2° Autant que les documents recueillis jusqu'à présent permettent de le conjecturer, la faune terrestre des grands mammifères
(i) Communiqué à la Société géologique dans la séance du 24 fév. 1848. [Bull., 2« sér., vol. V, p. 202. 1848.)