‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 81 sur 87 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

pachydermes, ruminants et carnassiers, serait également postérieure aux stries et aux surfaces polies, et en grande partie aussi aux dépôts coquilliers précédents , car elle aurait coïncidé avec un second radoucissement de la température. La cause qui l'a détruite n*a donc pas pu être, comme on Ta dit souvent, la basse température qui avait déterminé la plus grande extension des glaciers , sans quoi ces animaux se trouveraient appartenir au terrain tertiaire supérieur. Or, ce dernier présente des caractères zoologiques bien distincts ; sa fin a dû coïncider à peu près avec cette même période de froid, et, dans le centre de TEurope , avec le soulèvement des Alpes du Valais. Cette faune d'animaux vertébrés , non moins remarquables par leur taille que par la variété et le nombre des individus , a donc vécu bien apy^es le moment du phénomène des stries ou du plus grand froid présumé , et avant le cataclysme qui semble les avoir détruits presque simultanément en Europe , en Asie , dans les deux Amériques et dans l'Australie , et qui a enveloppé leurs débris dans le sable , le gravier et les cailloux des vallées , ainsi que dans le limon des cavernes.

S'' Si les dépôts erratiques qui renferment ces ossements ont été charriés par des courants provenant de la fonte d'anciens glaciers, il faut que ceux-ci n'aient point appartenu à l'époque du plus grand froid; ils devaient être conGnés alors dans les régions montagneuses pour permettre le développement dans les plaines et les parties basses du sol, non seulement des grands mammifères, mais encore d'une végétation assez riche pour suflSre à leur nourriture. Il y aurait eu ainsi un radoucissement très sensible de la température après le moment du plus grand froid représenté par les stries et les roches polies les plus anciennes , période pour la durée de laquelle nous ne possédons encore aucun chronomètre semblable à ceux qu'emploient les géologues , et dont nous ne pouvons assigner à peu près que le commencement et la fin.

40 Ce premier phénomène erratique se serait plus particulièrement exercé dans la zone boréale de l'Europe et de TAmérique, et, affectant une direction assez indépendante du relief du pays , ses effets auraient été plus généraux ; le second , se manifestant surtout dans les régions tempérées des deux hémisphères , a été soumis à l'influence de causes plus locales qui l'ont fait rayonner de certaines sommités, ou converger vers l'axe des dépressions du sol, et, sur beaucoup de points, il aurait eu deux phases bien distinctes, caractérisées chacune par la nature de leurs dépôts. Dans quelques mas-

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