DE LA PREMIÈRE PARTIE
sifs montagneux on peut retrouver encore les traces d'un troisième phénomène plus récent et non moins énergique, qui est venu clore l'époque quaternaire comme le premier l'avait commencée.
Nous sommes amené de la sorte à une application plus générale d'une partie des idées que nous avons vues émises par M. H. D. Rogers pour l'Amérique du Nord , savoir : qu'il y avait eu deux phénomènes erratiques séparés par une période de repos. C'est pendant celle-ci qu'auraient vécu d'abord la faune des mollusques marins, puis celle des coquilles fluviatiles et terrestres associées aux pacby* dermes, carnassiers et ruminants qui caractérisent le terrain quaternaire. La première de ces faunes ou celle des mollusques existe encore presque en totalité , tandis que la seconde ou celle des mammifères n'a plus , au contraire, qu'un petit nombre de représentants dans la nature actuelle; discordance remarquable, jusqu'à présent propre à cette époque , et qui est plus frappante encore lorsque l'on considère isolément les végétaux, les coquilles marines, les coquilles fluviatiles et terrestres, et certains genres de mammifères.
S** Après la formation des stries et des surfaces polies, il y eut sur beaucoup de points un abaissement sensible des côtes , et plus tard, dans presque toutes les parties du globe*, la fin de l'époque quaternaire a coïncidé avec un soulèvement inégal de ces mêmes côtes (1). Ce soulèvement a varié, suivant les localités, depuis quelques mètres jusqu'à /i50 et peut-être même 1000 mètres audessus du niveau actuel des mers, et sans que , dans la plupart des cas, il ait encore été possible de constater des dislocations en rapport avec ces mouvements du sol.
6" Enfin, bien que l'on rencontre dans tous les terrains des poudingues , des brèches et des conglomérats incohérents, on doit reconnaître qu'à aucune des époques de l'histoire de la terre il ne s'est produit, d'une manière aussi générale à sa surface, des dépôts détritiques dus à des causes mécaniques, violentes et passagères, et une aussi faible quantité relative de dépôts sédimentaires réguliers, marins ou lacustres dus à l'action des eaux tranquilles. Si l'on remarque, en outre, que la grandeur des effets mécaniques
[\ ) Nous raisoQnons ici dans l'hypothèse où les traces de frottement ont été faites lorsque le sol était au-dessus du niveau des mers; dans la supposition contraire , il n'y aurait eu qu'un simple soulèvement graduel ou paroxysmatique , mais point d'abaissement antérieur (voy. posteà , p. 435).