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sent tout ce qui se trouve sur leur passage et qui n'appartient pas aux roches en place.
Dans une lettre adressée à l'Académie des sciences au mois d'août 1842, M. Agassiz (1) a annoncé que la marche annuelle du glacier de l'Aar pouvait être estimée à 71,50. Pendant l'hiver, le glacier est resté sans mouvement,
M, J.-D. Forbes, qui avait déjà démontré l'impossibilité d'admettre le mouvement des glaciers glissant par leur propre poids surun plan incliné (2), est revenu plus tard sur ce sujet (3). Le savant écossais remarque (p. 126) que, dans l'hypothèse de de Saussure , la distance entre deux points déterminés d'un glacier reste la même; dans celle de M. de Charpentier, elle doit, au contraire, s'accroître constamment. Dans la première, le progrès annuel d'un point du glacier est indépendant de sa position ; dans la seconde , le mouvement s'accroît avec la distance depuis l'origine du glacier, la section transversale de la glace restant la même. On conçoit alurs que le problème sera résolu en mesurant exactement et à diverses époques, des espaces compris entre des points marqués sur des blocs isolés placés sur le glacier, ou bien entre des piquets enfoncés dans la glace , et par la détermination de leur progrès annuel (4).
M.3.-D. Forbes (p. 131), ayant choisi deux points fixes sur l'un des côtés du glacier des Bois, et pratiqué un trou vertical dans ce dernier, observa matin et soir, pendant quatre jours consécutifs, Ja position du trou par rapport à ces points, et il trouva que le mouvement était sensiblement le même le jour et la nuit: il avait été successivement de 15,2 pouces (5), de 16,3, de 17,5 et de 17,4 par vingt-quatre heures, Le mouvement se manifestait même dans l'espace d'une heure et demie; ainsi sa continuité s'est trouvée constatée d'une manière précise. Les marques faites aussi sur la roche indiquaient une descente régulière, dans laquelle le temps était marqué comme par l'ombre sur un cadran, « et l'évidence » parfaite que je venais d'obtenir pour la première fois, dit
{ Comp. reud., vol. XY. p.284, — Jbid., 8 août 4842, p. 495 et 1214, 16 décembre 1842.
&) Ann. de chim. et de phys., oct. et nov. 4842, p. 35.
2) Travels Hirough the Alps, ete. Voyages dans les Alpes de la Savoie. Edinburgh, 1843.
4) Edinburgh Review, avril 4842.
5) Toutes lés mesures de M. Forbes sont en pieds et pouces anglais. Voyez la Table de réduction placée à la Gn de l'Znéradurtion,
sieurs jours de gelée, vers la fin de septembre , l'eau s'était main. tenue liquide au fond du trou où il avait enfoncé des piquets, et cela à 2,407 mètres de hauteur absolnc. Sur le glacier de Léchaud, la surface seule était gelée, La neige, qui, à cette époque, recouvrai Je glacier, empêchait le froid de pénôtrer à l'intérieur, d'abaisser la température et dé congeler l'eau dont les fissures étaient remplies,
Les couches superficielles de la glace, où mieux les bandes boueuses hyperboliques dont nous avous parlé, rappellent l'idée du mouvement d'un fluide. Elles ressemblent parfaitement aux lignes que formerait l'écume à la surface d’un fluide visqueux, si cedoi-ci était sor un plan où dans un bassin incliné, ct la cause de cette disposition résulte de la plus grande rapidité du mouvement au centre que sur les côtés. En outre, une masse de glace ne se mouvant pas niformément dans sa section transverse, chaque série longitudinalé de particules a, pour ainsi dire, son mouvement propre, par suite de sa position dans le courant, et l'on conçoit que la glace pourra être divisée par de nombreuses fissures , dont la direction générale sera parallèle à son mouvement. Ces fissures, se remplissant d'eau qui gèle dans l'hiver, produiront dans l'ensemble de 13 masse Vapparence de bandes transverses avec une texture différente.
Après avoir discuté la théorie du mouvement par la gravitation et fait voir qu'elle ne pouvait, pas plus que celle de la dilatation, rendre compte de la inarche du glacier, M. Forbes expose la sienne qui consiste à regarder cette masse , plus où moins congelée, comme un fluide imparfait , ou un corps visqueux , qui est sollicité sue des pentes d'une certaine inclinaison par la pression mutuelle de ses parties, effet comparable à celui d’un mortier moyennement épais, où à un baril de goudron poussé dans nn canal incliné. Cette manière d'expliquer le mouvement des glaciers, en les considérant comme un corps semi-fluide, avait étE aussi proposée en 4842 par M. Trumpler (1).
En étudiant comparativement les lois du inouvement des fluides avec celles, très obscures encore et très peu connues, des matières plusoumoins phtenses ; imais dont les résultats sont cependant assez appréciables pour qu'on puisse juger des différences, soit par rapport au mouvement des fluides, soit par rapport à celui des corps complé-
SE Perle de Sehiveiterr naturf. ges vit Altorf, 842, p. 92, A1 tort. 1842.
d’eau qui gèle dans l'hiver et produisent les bandes bleues compactes. La structure rubanée et la modification des courbes hyperboliques seraient encore la conséquence du mouvement de 13 masse demi-fluide, M, Forbes a eherché en outre à appuyer sa théorie par des expériences directes faites avec des liquides visqueux , tels qu'un mélangede plâtre etde glu, Deux courants de cette substance, venant à se rencontrer, se sont confondus comme le font deux glaciers, et les coupes obtenues, lorsque ces courants artificiels ont été tout à fait consolidés, ont montré une structure et ane disposition de lignes ou de zones hyperboliques comparables à ce que l'on observe dans les glaciers. 11 y aurait de la sorte (p. 381) une conformité frappante enue les faits relatifs au mouvement et ceux qui se rapportent à la stneture des glaciers ; les uns et les autres, s'appuyant réciproquement, confrmeraient la Lhéorie proposée,
En résumé, dit M, Forbes: 4° les différentes portions d'une coupe transverse d'uu glacier se meuvent avec des vitesses différentes, el c'est vers le milieu que celte vitesse est la plus grande; 2° les circonstances qui accroissent la fluidité du glacier, où mieux, qui aflaiblissent la cohésion de ses parties , surlout la chaleur et l'humidité, aceélèrent toujours son mouvement ; 3° les surfaces rubanées ou veinées, occasionnées par les fissures qui ont traversé l'intérieur de Ja glace, sont aussi des surfaces de Lension maximum dans une masse plastique ou demi-solide placée sur un canal incliné (1).
4) M. Forbes a fait oncore (p. 419) de nomb bjections à re RON REA pe APE
avec une peute très faible, par la seule fusion et sans accélération de mouvement. 11 a donné (p. 420)la mouvement d'un bloc de or Mer de Glace, près du Montanvert , du 4 avril au B juin 1843. Ce mouyement a été de88 pieds { pouce, où de 16 pieds 3 pouces par, combinant avec les données de l'année précédente le mou= Lea du la partie Jatérale du glacierdu Montanvert, il trouve :
du 29 juin au 28 soptembre, némmens #38 pieds 20 octobre au 12 déceml neue. 170 42 décembre au 17 février, pes 47 février au & avril... . « 4 avril au 8 juin, 4...» PC Total dû mouvement pour 322 jours. . . .
Total proportionnel pour l'année. . , , Le mouvement du centre est au moins de 2/5 plus grand, et cor !espond exactement aux intervalles des bundes boueuses.
ions Ut piquet placé au milieu du premier ne s'est avancé que de 2,22 en 47 jours, et sur le second , à la même distance relative de l'extrémité inférieure, il s'est avancé de 2*,94. Le ralentissement dela marche, dans cetie partie inférieure du glacier, a encore &té constaté dans une autre circonstance (1).
MW: Hopkins (2) qui, comiié nous l'avons di, s'était occupé dès 1842 de recherches théoriques sûr le mouvement dés glaciers, à denouveau soumis cette question aux calculs de l'analyse étayés de quelques expériences directés. Après avoir examiné l'état actuel de la théorie à ce sujet , il fait Voir que toutes les explications propo— ses sont des hypothèses incomplètes, plus où moins basées sur des suppositions en désaccord , soit avec l'expérience directe , soit avec l'observation. Ainsi, l'opinion de de Saussure est contraire aux faits relatifs aux corps glissants ; dans les théories de la dilatation, celle de M. Agassiz , et de l'expansion, celle de M. de Charpentier , les altermances de dégel et de gelée sont inadmissibles, et la puissance mécanique des causes assignées par ces théories , en Supposant que cs causes soient réelles, est une hypothèse purement gratuite ; enfin, la viscosité de la masse de glace, invoquée par M. .-D, Forbes, semble être en opposition avec le témoignage des sens.
Frappé dé ces difficultés, le savant mathématicien de Cambridge a cherché si le mouvement, sur un plan incliné, d'une masse de glace qui aurait sa surface inférieure dans un certain état de désintégrasiüi, ue répondait pas aux conditions du problème, Au moyen de quélques expériences et de l'application du caleul, il est arrivé à faîre voir qu'un glacier est une masse disloquée, dont tous les plans dé dislocation où de discontinuité étant verticaux où presque verticaux, facilitaient ainsi un mouvement plus rapide au centre que sur les bords, mais non celui de la partie supérieure relàtivement à la partie inférieure. Ses recherches sur la température iuterne du glacter l'ont aussi amené à conclure que généralement la température de la surface inférieure ne peut être moindre que züro et que cette surface düit être par conséquent dans un état de désagrégation constante, à moins que le pouvoir conducteur de
Q je aussi : M. Haid de Fend, Sr la marche dès glaciers du Roïenthal et dé Vernogt, en Tyrol (Bull, 2° sér., VOL IE, p. 81. AB4S). Au mois d'août, ils s'avançaient de 3 pieds vienuois par jour. tandis que celui de l'Aur ne marchait que de 8 pouces où 0,212,
1e motion, ete. Sur le mouvement des glaciers (Trance. phil. Soc. of Cambridge, vo, VHL, part. 1, p.50. 1844).
aussi nous baruons-nous à indiquer à cet égard les diverses lettres qui ont été publiées par les journaux scientifiques (1).
Ainsi, malgré les nombreux travaux exécutés par plusieurs sa vants d'n grand mérite, pour déterminer le mouvement des glaciers, nous sommes obligé de reconnaltre que les seuls points sur lesquels . on soit d'accord, et qui paraissent définitivement acquis à la science, sont Ja réalité même de ce mouvement et une plus grande vitesse au centre que sur les bords ; mais la loi de ce mouvement dans le sens de la longueur du glacier et dans celui de son épaisseur, ainsi que la cause elle-même de la progression, sont encore l'objet des opinions les plus contradictoires, Ces dernières se rattachent , soit à l’action de la pesanteur favorisée par la fonte de la partie inférieure, soit à la dilatation déterminée par la congélation de l'eau dans les fissures, soit à la plasticité de la masse, soit enfin à la désintégration de ses diverses parties,
A une époque très reculée, les glaciers des Alpes, dit M. Go- 0e deffroy (2), descendaïent et se prolongeaient bien au-delà de Jeur fui ‘dur à plus grande croissance périodique actuelle, comme semblent Le fie nt prouver les anciennes moraines que l'on voit dans la plupart des dan. vallées; mais d'un autre côté, dans tonte la partie centrale et Ja cel. plus élevée de la chaîne, les neiges et les glaces continuent à s'accuinuler lentement dans les plus hautes vallées, entre 2,000 et 2,300 mètres d'altitude : elles ont rendu impraticables ces vallées qui conduisent aux passages et aux cols, et elles ont envahi de hauts pâturages d'été. Ainsi, le col du Géant, celui de la Fenêtre, celui entre Zermait et Evolenaz, le col de la Dent-Blanche , etc. , ne peuvent être traversés depuis le moyen âge (3). L'auteur cherche à expliquer ces phénomènes contradictoires en supposant que l'aceumulation des inasses détritiques ou moraines dans les gorges eLles vallées s'oppose à la descente des glaciers ou ralentit leur marche, et l'augmentation des glaciers supéricurs ne serait plus que le résullat de ce ralentissement ; ils gagneraient ainsi vers le haut ce qu'ils perdent par le bas, et de plus ils auraient aussi gagné en largeur une partie de ce qu'ils ont perdu en longueur, M. Godeffroy pense
(1) Voyez aussi : W. Sutclife, Jdéee relatives à la théorie du
mouvement des glacters (Philos. Magaz., vol. XXI, p. 495, 1845).
Notice sur les glaciers ; e\6. p. 5. 18
3) Veneiz, Ævsai sur ln température des Alpes
schriften der all. Schweiserischen, ete. YO.
Zurich, 1829.
DES GLACIENS, 267
pat la fusion et l'évaporation de la glace, M. Ch. Martis (1) a trouvé qu'il avait été de 4%,540 dans l'espace de 41 jours, du 26 juillet aù 4 septembre. La température moyenne était de h°,60. La fusion diurne avait ét£ de 37 ihillimètres. M. Toussaint de Charpentier (2) avait aussi indiqué un résultat analogue, MM, Mar- Lins et Bravais ont entrepris, en outre, des expériences comparatives sur la fusion de la glace et de la neige, au moyen de piquets, et ils ont reconnu que la fusion moyenne diurne dé la neige était de 30,8 , tandis que celle de laglace était de 38%,1, L'année suivante, M. Bravais, en poursuivant ces récherches, à trouvé que le siveau absolu du glacier ne change point lorsqu'il est recouvert d’une couche dé neige, et que là vieille neige fond moins rapidement que la glace. Dans une autre circonstance , M. Agassiz (3) a signalé un &baissement moyen diurne de 77,3, à une élévation égale à celle du glacier du Faulhorn, M. Desor (4) a fait connaître en outre que, dns l'intérieur du glacier, le thermomètre s'était abaissé à — 2,4, résultat qui confirmeraît l'opinion de M. Élie de Beaumont, qu'il y existait un magasin de froid hivernal, mais qui serail contraire à ce que nous avons dit (ant, p. 241) : qu'un thérmoimétrogräphée laissé tout l'hiver dans un glacier, à 8 mètres de profondeur, n'avait accusé qu'un abaissement de 0°,3.
Du 96 juin au 17 septembre 4842, M. 3.-D. Forbes (5) a constaté que là surface de la Mer de Glace s'était abaissée de 24 pieds 6 pouces (7*,45),ellet qui ne résultait pas d'ailléurs exclusivement de la destruetion dé là partic superficielle ; car la glace peut s'afaisser, si le glacier est excavé en dessous, soit par l’action des courants inférieurs, de la fusion dé la glace au contact du sol, soit par toute autre cause.
UP vol, XIV, p, 193. — Au, des se. géol,, vol. 1, 826, élu, à déc 1842, — L'Institut, id. — Voyez aussi ; Nouvel tons sur le glacter lu Fauthon, ét réponse aux critiques de M. 1=D. Forbes | Bibl. univ. de Genéve, VOL. LVL, p. 323, 4846, — Aull., 2 sbr., vol. IL, 20 janvier 4840).
2) Schweïger's, Jour. chem: undphys. vol. LXVU, p, 249.1838,
3) Comp. rend., vol. XV, p. 737. 1842. — Voyez aussi : Martins, Nowvelles obiervations sur le glacier du Faulhorn ( Bult., sr, vol. 11, p. 223. 1845.
8) Comp. rend., vol, XIX, 190, 1844.
(8) Travels chrough the Alps, ete, Voyage dans les Alpes. 4843. — Voyez aussi: Hemarques sur les nouvelles observations sur le glacier du Faulhorn de M. Martins, par M. 3.-D, Forbes (Bibl.
univ, de Genève ; vol., LYUX, p. 142. 1845).
simple en elle-même , si l'on n'y avait erfrouver certaines analo- ses ot dos mo gies avec des produits antérieurs à notre époque et auxquels on à "none récemment attribué une origine semblable à celle des moraines aç- triées 2 moutuelles. Les idées de M. Venez et celles de M. de Charpentier (1)
à ce sujet ont beaucoup contribué à diriger les recherches dans
celte nouvelle voie , et nous verrons plus tard avec quelle sorte d'enthousiasme on les y a suivis,
Les plus gros fragments de roches détachés des montagnes environnantes par les agents atmosphériques, ettombant sur les glaciers, prolégent contre l'action du soleil, des pluies ou des vents chauds, la partie qui les supporte, landis que la glace fond alentour, Ils restent ainsi isolés sur une sorte de piédestal , qui ne tarde pas à disparaître lui-même; c'est ce que l'on nomme les tables des glaciers (2). Quant aux blocs et aux fragments épars à la surface du glacier, ils marchent avec lui, arrivent sur ses bords, s'y accumulent et forment des amas en talus appelés moraines. Ces moraines sont latérales , c'est-à-dire déposées le long du glacier, parallèlement à ses flancs; ferminales ou bordant son extrémité inférieure et ordinairement semi-circulaire; et enfin médianes où constituant de longues traînées vers le milieu de la surface du glacier. Ces dernières résultent de la réunion des moraines latérales de deux glaciers qui descendent par deux gorges différentes et qui viennent se joindre dans une même vallée. Mais les deux glaciers ne se confondent point pour cela ; ils conservent chacun leur marche et Jeur vitesse propre, et restent séparés par leurs moraines latérales qui se touchent de manière à n'en plus former qu'une. Les moraines longitudinales diffèrent des détritus de glaciers remaniés ou entraînés par les eaux, parce qu'elles sont disposées en forme de digue avec un double talus dont l'un est tourné vers le glacier et l'autre vers Le flanc de la vallée. Leur continuité et leur parallélisme à la même hauteur les fait distinguer facilement des débris déposés par les courants au fond des vallées (4).
ÆExaminaut ensuite l'action des glaciers sur le sol qu'ils parcourent, M, Agässiz fait remorquer que les fragments de roches
(1) Novice ur les causes probables du transport des blocs erra-
Ann. des mines , vol. VII. 4835).
fi igussiz , Vore sur lex glariers (Bull., vol. IX, p. 853. 1838). On glaciers and the wvidence, ete. Sur les glaciers et sur l'évidence qu'ils ont existé autrefois en Irlande, en Écosse et en Angleterre ( Proécerle geol. Sne. nf London , vél. MT, p. 328. 1860).
DES GLACIERS. 271 pas leur poli lorsqu'ils ont été longtemps à l'air, mais ils ne le perdent point s'ils sont couverts par la glace ou par la terre, On avait objecté, dit M. Forbes (1), que la glace ne pouvait sillonner le quartz, mais elle n'est, pour ainsi dire, que la monture des fragments de pierres plus dures qui arrondissent sillonnent, polissent et rayent la surface sur laquelle ils se meuvent, Le gravier, le sable et la boue impalpable sont l'émeril du glacier, et des effets plus où moins semblables se produisent sur les roches qui en- Caissent celui-ci comme sur celles qui le supportent, Enfa, les sillons ondulés, sinueux (karrenfelder), se fondent souvent les uns dans les autres et sont autribués à l'érosion des eaux qui circulent sous les glaciers. La nature de la roche sur laquelle ceux-ci se meuveut fait d'ailleurs varier les ellets dont nous venuns de parler (2)
En avant des glaciers et de leur moraine terminale, on remarque sonvent , dit encore M. Agassiz, des moraines concentriques à celleei et qui ne sont que les témoins de l'ancienne extension du glacier ; ce SALE en se retirant ou en remontant, a laissé ces preuves de
antérieur. C'est ainsi que de l'extrémité du gla-
pre des Bois ou de la Mer de Glace on peut compter 7 moraines
concentriques jusqu'au village de Tines, bâti sur la dernière el la d'entre elles, qui est élevée de 65 mètres.
M. Godefroy (3) a émis sur les inoraines des opinions qui paraissent peu fondées et qui n'ont été partagées, à ce qu'il nous semble, par aucun autre observateur. Ce seraient , suivant lui , Îes éléments du dépôt de transport on diluvien des hautes vallées, que les glaciers cent sur leur passage et relèvent sur leurs bords.
M, Rendu (4) a remarqué que dans l'amas incohérent, placé en pee Ja où il se termine, les divers fragments qui le con-
rare fee pas toujours des roches des montagnes qui
er ni de celles sur lesquelles il repose, mais que leurs
Mes relrouvent vers l'origine même du glacier. Après avoit la manière dont se détruit journellement le glacier dans la
saison, vers le point le plus bas de sa course, ec la réunion dans
es hautes vallées de plusieurs glaciers en un seul, il y à nécessité de
7) gr trough the Alps , eto., ER eZ A Fra de la ik Taute, 2e sér., vol. li,
ne glaciers. Paris, 1840, | Ps des glaciers de la Savoie, ÀB40.
DES GLACIERS, 273 lesglaciers et les déposent au loin (glaciers de Gorner, d'Argentière, des Bois, ête, ).
M. de Charpentier fait encore observer (p. 101) que les sillons ondulés, formés sur le lit des glaciers par les eaux qui découlent des crevasses, n'ont lieu que dans les calcaires compactes, à pâte fine et homogène, sur lesquels l'eau agit. comme dissolvant, On n'en voit jamais , dit-il, sur les roches cristallines , les schistes quarizeux micacés , lalqueux , etc. Ces sortes de canaux qui ont de 3 à 7 mètres de profondeur, sur une largeur qui varie de quelques centimètrés à 4,30, sont formés plutôt par voie de dissolution que par voie
Un autre eflet particulier observé dans les glaciers est celui des pierres qui, de l'intérieur de la masse glacée, semblent, au bout d'un certain temps, remonter à la surface, M. Agassiz (1) l’atlibue à trois causes, l'évaporation, la fonte et la transformation en glace compacte de l'eau résultant de la fonte. Les deux premières causes sont négatives et contribuent seulement à diminuer l'épaisseur de la couche de glace, la troisième seule est positive en ce qu'elle aïde à soulever le bloc. Cette explication s'accorde avec celle qu'a donnée M. Rendu (2), mais ce dernier fait voir en outre que les blocs et les cailloux plus ou moins engagés dans la glace, et qui ont l'air d'être poussés à la surface, ne prennent cetle position que par la fonte même du glacier , et ils se trouvent ainsi successivement dégagés. Or, la surface fond d'autant plus qu'elle se rapproche davantage de l'extrémité inférieure du glacier, et un rocher qui se trouverait placé à une certaine profondeur vers le haut de celui-ci reparaîtra souvent à la surface avant d'avoir atteint sa limite inférieure,
M de Charpentier (3) admet, conformément à l'opinion de son frère M. Toussaint et à celle qu'avait exprimée M. Venez, dès 1846, que les corps étrangers enseelis dans la glace revienment à la surface par suite de l'expansion combinée avec l'effet de la fonte superficielle. 11 ne regarde point l'explication donnée par M. Agassiz comme satisfaisante; elle serait même inutile, suivant lui, en ce qu'elle s’appliquerait à un fait imaginaire, les névés ne rejetant pas les blocs qui y sont ensevelis, et la glace
Théorie des glaciers de La Savoie. \840.
4) Études sur Les glaciers, p. 107.
Essai sur les glaciers. \SW.