‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 3)Chapitre 66 sur 100 · MINÉRALES ET THERMALES · texte numérisé non relu

MINÉRALES ET THERMALES

et sont à 967,4. D'après ce que l'on sait de l'accroissement de température dans le sol, les couches d'où ces eaux proviennent de- -vraient être à 2,200 mètres de profondeur. Les sources perma- “nentes les plus chaudes paraissent être en même temps les plus pures ou les moins chargées de matières minérales en dissolution ; mais leur température ne serait pas aussi constante que celle des sources où elle ne dépasse pas 50 à 74°,

M. Bischof confirme l'hypothèse de M. de Buch sur la formation d'eau acidule, au moyen de l'absorption du gaz acide carbonique par l'eau, sous une certaine pression, et l'élévation de température,

1} ie ce phénomène, Passant bsorption , de la quantité du gaz et de la profondeur à laquelle l'action peut avoir licu, il conclut que leseaux acidules sont formées près de la surface, où des courants d’eau et d'acide carbonique viennent à se trouver en contact. Les eaux des puits artésiens, qui ont une température bien au-dessus de celles du lieu, et qui contiennent aussi quelquefois une plus grande proportion d'acide carbonique, doivent faire assigner une autre cause à la Lempérature élevée des sources,

.L'aceroissement de température ne peut être dû à l'oxydation des métaux alcalins par l'eau , comme l’a proposé M. de Buch , et l'hypothèse de M. Boussingault, que les sources chaudes qui sortent du granite le long des Cordillères sont le résultat de l'action de l'eau sur le sulfure de silicium, n’est pas plus admissible, suivant M. Bischof. La formation des sources minérales, attribuée à la décomposition de l'eau par les métaux alcalins, est également contredite par ce fait, qu'il en résulterait des courants de gaz hydrogène sortant avec l'eau, ce qui n'a pas lieu. L'opinion qui suppose le noyau de Ja terre formé de substances non oxydées ne peut s'accorder non plus avec la densité proportionnelle de la terre. Les observations que nous ayons rapportées, comine ayant été faites par M. J.-D, Forbes dans les Pyrénées, seraient également contraires à la ma-

mière de xoir de M. Daubeny ; car il en résulte que la cause de la minéralisation des eaux doit être, sur une grande étendue, indépendante de li haute température que présentent quelques unes d’entre elles. Leur composition dépend des roches, soit ignées, soit sédimentaires, qu'elles traversent. Les sources seraient d'autant plus froides qu'elles sont plus éloignées du granite; et à quelques mètres des sources sulfureuses froïdes, on à vu qu’il ÿ en avait à de Jantes Lempératures, et dont la composition était presque identique,

TUFS ET TRAVEATINS, 481 l'encroûtement de tiges végétales qui ont disparu après avoir été ainsi revêtues, Ce sont les osreoco//a des anciens auteurs, ainsi nommés parce que l'on croyait que , pris à l'intérieur, ils avaient la propriété de faciliter la reprise des os dans les fractures. Dans la principanté de Padoue, la chaux carbonate stalactitiforme se trouve à Galzignano et Valsanzibio. Le tuf de Montiron, près | Abano, est surtout remarquable par son épaisseur et les diverses ariétés compactes, pisolitiques , mamelonnées, poreuses et tubu- Jaires qu'on y rencontre,

… Dans la Toscane, M. P. Savi (1) a distingué les travertins anciens des récents et fait observer que, sur quelques points, ces derniers ne | sont que la continuation des premiers, reliant ainsi les dépôts ter-

liaires à ceux de l'époque actuelle. Outre les localités si nombreuses

déjà connues où il se forme des tufs calcaires, M. L. Pilla (2) men-

lioune encore ceux d’une source minérale de Telesc, dans la terre

de Labour, et qui se lient, comme les précédents, à des travertins plus anciens.

. MM, Hamilton et Strickland (3) ont fait connaître, près de Broussà asie miseure.

(et non Burss), un dépôt de travertin très remarquable , formé par

| mne source qui s'échappe du mont Olympe, et dont la température

est de {84° F. Ce dépôt, dont nous avons déjà parlé en traitant des

| thermales de cette localité (antè, p. 463), a deux milles de

sur un demi-mille de large et une épaisseur de 33 mètres,

M Dans la vallée supérieure du Macetus, plusieurs sources (liermales

déposent aussi des couches considérables de travertin libreux et

& mamelonné. Les sources chaudes d'Hierapolis forment également

“des stalactites et un calcaire concrétionné blanc, qui revêtent pour

M ainsi dire les falaises. Leur aspect particulier a fait donner à la ville

Je nom de Sumbouk-Kalesi (Pambouk-Calessi) où Château de

“colon, et, depuis Strabon, plusieurs historiens les ont mentionnés.

… Une grande partie de la plaine de la Pamphylie, disent MM. Spratt

« (1) Memorie per servire, etc. Mém. pour servir à l'étudo de la ser physique de la Toscane, in-8. Pise, 1837-1839, n (2) Suggio comparativo, eto. Essai comparatif des terrains qui k. composent le sal de l'Italie, in-8. Pise, 4845. — Voyez aussi; Osü geognostiche ; ele, Observations géognostiques, elc., sur ) Pape eoe tes delle Due Sicilie, fesc. 6): fa 1 (3) On ete. Sur la géologie de l'Asie mineure {Transuet, | geol. Soc. of London , vol. VA, p. 4. 4864). | 31

k Le

TUS UT TAVENTINS. 488 da où il n'existe aucurie trace de l'ancien kunkor nf même dé bancs caleaires. Peut-être svralt-il dû à l'altération des roches ampbiboliques qui renferment du carbonate dé ebhüx, ct aux veines de cette substance qu'on y obserse, M, Newbold (1) dis: dingue aussi deux kunker, et regarde celui qui sé forte aujourd'hui come résultant des mêmes causes que l'ancien, lesquelles seraiéiit excessivement atténuées: 11 a d'ailleurs déduit des traditions lucales &t de res propres observations sur les sources thermales dé l'Inde Jes mêmes conclusions que nous avons vu MM. Girafdin ét Leo tirer de celles de l'Auvergne, savoir : un abaistémént gradüel de leur température et une diminution correspondante dans la quantité du dépôt calcaire qu'elles formaient, Les eaux winérales de l'Ile de Java déposent aujourd’hui des tufs caléaires semblables au kunker, et M. Hardie pense que telle est aussi l'origine du kunker ancien.

Si nous rapprochons ces faits de ceux que M, E. Robert a signalés dans le lit de la Seine (arte, p. 307) et d'autres que nous avons pu observer nous-mêmes , on sera porté à admettre que ces concrétions, d'ailleurs fréquentes dans la plupart des grands dépôts d'alluvions, s'y sont formées par les inmes causes que les tufs déposés par les sources, mais dans des conditions différentes , telles que la largeur, la profondeur, l'étendue et la vitesse du cours d'eau , une moindre quantité de carbonate de chaux, la présence ou l'absence d’autres substances , elc,

Les travertins déposés par les Sources thermales anciennes , dit M. Renou (2), couronnent fréquemment tous les terrains de l'ALgérie, tant dans l'intérieur que sur les bords de la mer, et ils se continuent encore aujourd'hui sur un certain nombre de points, Les sources Chermales déposent des tufs qui empâteut une grande quantité de végétaux et de mollusques terrestres , ec qui diffèrent à peine des travertins anciens, Les eaux bouillantes d'Hammam- Mascoutin, dont nous avons déjà parlé, abandonnent beaucoup d'aragonite soyeuse, et accidentellement du gypse, du soufre, des pyrites de fer, etc. Celles d'Hamman-Bou-Hadjar, dans la plaine d'Oran, vers Tlemcen, ont formé des dépôts très considérables, Ce sont des espèces de chaussées de 15 à 20 mètres de large , et qui

{1) Mote sur un dépôt d'eau douce récent dans l'Inde méridionale.

(asiat. Joure., vol. XI, p. 343. 1844).

(2) Apercu de la constitution géoguostique de l'Algérie (Ann. des mines, 4° sér., vol, IV, p. 634).

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servent d'aqueducs aux sources qui les prolongent sans cesse à leur exrémité, On compte trois de ces chaussées, dont deux ont a moins 4,000 mètres de longueur, Ces sources salées et calcarifères ont une température de près de 50°,

Eafn M, Ch, Darwin (1) a signalé, aux environs de Bahia, 00 enduit noir d'oxyde de fer et de manganèse, recouvrant les roches granitiques sur lesquelles coule l'eau d'un ruisseau. Un fait amlogue avait été indiqué par M. de Humboldt à 1 surface des se nites des cataractes du Nil, puis aux cataractes de l'Orénoque et du Congo ou Zaïre,

1) Narratie ef the sumeying, 0%, vol. TUE, — Jour. on PAR in=8. Londres, 1839.

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