ROYAUME DE NAPLES
l'aulie qui se prolonge» à partir de ce poiot, jusqu'au cap Spartivento (1). La région septentrionale se compose de calcaires compactes crétacés, avec des Hippurites, des Nérinées, des Volutes 7 des Peignes, desTérébratules et des Huîtres. On n'y observe ni Nummuli. tes, ni Bélemniles; une Ammonite y est signalée, et l'on sait que des poissons y ont été trouvés à Pietraroia, Casteliamare et GilToni. L. Pilia, en rapportant ces couches à la craie, suppose qu'elles passen t vers le bas aux strates jurassiques et au lias. Elles constituent d'ailleurs la partie la plus ancienne du sol et de l'axe de la chaîne. Audessus viennent le macigno et le calcaire marneux alberese , des ai^ilcs écailleuses avec des Nummulites, du lignite dans l'Abruzze ultérieure, puis les marnes sub-apennines.
L'Apennin méridional se subdivise en plusieurs rameaux ; celui de l'ouest, continuation de l'Apennin supérieur, s'étend de Castrovillari à Nicastro, et est en grande partie composé de schistes mo* difiés et cristallins sur lesquels reposent des lambeaux de calcaires compactes , continuation de ceux de l'Apennin supérieur. Très ré« duits d'ailleurs dans leur puissance, on les observe principalement & San-Basilio, Lungroet au mont Coccuzzo. Des roches du même âge existent sans doute aussi sur le versant oriental des massifs cristallins d'Aspromonte, vers l'extrémité de la Calabre, mais aucun fossile n'est encore venu confirmer ce rapprochement.
Dans son Coup d'œil sur la constitution géologique des provinces méridionales du royaume de Naples {2), M. Pierre de TchihatchelT a décrit , sous le nom de formation de marnes et de grès secondaires, des dépôts très considérables de roches marneuses et arénacées, disposés ordinairement sur les flancs des calcairesjurassiques, tantôt en masses détachées, tantôt formant une sorte deliiiière discontinue. Ces dépôts, dans lesquels il n'a point rencontré de fossiles, comprennent : 1° des roches calcaréo-arglleuscs et arénacées, tantôt blanches , friables , terreuses, assez semblables à celles du montGargano, placées entre le grès vert et la craie, tantôt compactes, jaunâtres, en couches régulières et fendillées; 2*" des roches argileuses calcarifères ou marnes blanc-jaunâtre , bleues ou rouges, massives ou schisteuses , plus ou moins épaisses et renfer*
[h] L, Pilla: Réunion des savants italiens à Padoue, séance du 28 sept. 1849.
(2) iV^«./fl//r^., 4841, p. 39-58, avec carte. — In-8, p.73, Berlin,
il8 BOTADMB DE NAPLCS.
manC des Fucoîdes ; 3° des grès quarlzcux, pi us ou moins fins, com^ pactes, durs, et des poudingues à ciment de grès ou calcaréo-siliceux , alternant avec les marnes scbîsleuses précédentes.
Les couches calcaréo-argileuses et arénacées, compactes, jaunâtres, fendillées, sont comparées par Fauteur aux dépôts crétacés inférieurs des environs de Nice avec lesquels elles auraient la plus grande analogie. Elles sont très développées dans la fiasilicate, laPrincipata ultra et une partie de la Capitanate. Les autres roches argileuses et marneuses appartiendraient, h l'étage d'Oxford. Au mont Gargano , la glauconie crayeuse serait représentée par une roche qui a les plus grands rapports avec la craie blanche ; elle renferme beaucoup de concrétions siliceuses et des silex en lits continus. On a dit (ern/é, Tol. m, p. 155) : que rien n'était venu justifier l'assertion de Pilla que, dans cette localité, les Nummulites se trouvaient associées avec des Hippurites.
Ce dernier géologue, divisant la formation crétacée de l'Italie en supérieure et inférieure, comprenait dans la première, ainsi qu'on Fa vu , le macigno , Yalberese^ lek schistes à Fucoîdes et les couches à Nummuliies, puis dans la seconde les bancs à Hippnrites où il admettait aussi des Nummulites et qu'il supposait devoir re- .présenter le groupe néocomien. Caractérisé de la sorte, celui-ci se montrerait dans les Abrozzcs et en Sicile, constituant des masses calcaires considérables. Telles sont les sommités principales des Abruzzeset de la terre de Labour, le Gran-Sasso, la Majella, le Veiino, le Mainardi,leMatesect les couches superposées aux roches cristallines de la Calabre. Tous ces calcaires , regardés jusquc-li comme jurassiques, seraient ncocomiens, de môme que celui dos Madonies cl des montagnes qui entourent Palcrme. Nous ne nous arrêterons point aux parallélismcs que l'autcur'a essayé d'établir entre des terrains qu'il connaissait imparfaitement encore avec ceux de pays qu'il ne connaissait pas du tout et dont il n'avait pas éiudiê sérieusement hs descriptions qui en a\aicnt été données; de pareilles comparaisons ne pouvaient, on le concevra, conduire qu'à do fausses conclusions.
Sir R. iMurchison (1) a trouvé beaucoup d'Hippurltcs dans les calcaires cristallins, saccliaroïdes ou compactes, du promontoire de Gaetc. Les mCmes roches s'élèvent dans la chaîne du monte Marzo, près Sant'Agala, et reposent sur un lit mince, terreux et quelque-
(t) On the structure oj the Alps, etc., p. «76 et 282, 48i9.
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fois bitamineux, de calcaire foncé qui pourrait être néocomien. Les calcaires de Sprrente, regardés comme jurassiques, sont d*uDe grande épaisseur, contiennent des Hippnrites et sont recouverts par. le macigno. Le même savant a pu s'assurer, d'après l*examen d'une suite d'échantillons du mont Gargano et de ses environs, que la série des cx)uches y est la même que dans le nord de rilalie. Les roches les plus anciennes sont un calcaire dur, compacte , avec des silex et contenant cinq ^espèces d'Hippurites, outre des Ammonites et des Nérinées. Les calcaires blancs dont nous avons parlé ne renferment que des Nummulites et d'autres fossiles évidemment tertiaires.
La pointe de Sorrente dont l'ile de Gaprée est le prolongement , est, dit M. Oufrénoy (1), formée d'une chaîne de calcaires jurassiques et crayeux , dont la direction £. 20'' N. , O. 20"* S. nous annonce qu'elle est contemporaine des redressements qui ont affectô les dépôts tertiaires de la Provence et de la Catalogne.
M. Studer (2), en décrivant aussi le promontoire de Sorrente qui sépare le golfe de Naples de celui de Salerne, nous montre cet isthme comme formant l'extrémité de la zone de l'Apennin dans cette direction. Le mont Saint-Angelo s'y élève à 1620 mètres, et la disposition des roches rappelle celle des Alpes. Vers le bas sont des cal* Caires foncés, bitumineux, et vers le haut des dolomies'bréchoîdes, à grain fin ; par places , des tufs volcaniques les recouvrent. Entre Castellamare et Sorrente les bancs calcaires renferment des em* preintes de poissons {Pycnodus r/tombus, A^. , Notogonus Pentlandi, id., .'V. /a//or, id., Photidnphorus fusifotinis, id., Semlo^ notus Penilandi, Kgerl., S, minutu$, id., 5. pustulipr^ id.), regardés par M. Agnssiz comme appartenant h la formaiiun jurassique (3). Les nippuritos paraissent Ctre fort répandues dans un banc de calcaire brun, b odeur bitumineuse que l'on rencontre avant d'atteindre Sojano. Le tuf volcanique de Meta se prolonge ensuite Jusqu'au delà de Sorrente. Les calcaires se continuent au-dessus de celte ville, recouverts par le macigno qui, à soiMour. atteint Vico. Les dolomies régnent constamment vers la crête de cette petite chahie , et , dans Tile de Capréc qui la continue, des calcaires
(1) ^/^w. pour servir à une description géoL de la France^ vcl. lV,.p 234, 4838.
{l\ Gt'oioi^te difr Schweiz , vol. I , p. 8 , 4 85 1 .
(3) Tableau générai des poissons fossiles y p. zxxviii, 4 8ii.
d*uii gris clair ou des duiomies sans slratificalion apparente sont traversés par de nombreuses gi*ottes. Hoiïmann y a observé des débris de polypiers, de crinoîdes, d'univalves, de bivalves et de céphalopodes; enfin le couvent des Capucins d'Amalfi est adossé aux dolomiès crevassées et caverneuses que Ton observe égàlemenl entre Gava et Nocera, mais dont l'âge reste à déterminer.
§ 4. Sîeîle.
Les phénomènes volcaniques, les roches ignées, les gisements anormaux de sel gemme, de soufre et de gypse de la Sicile, ont assez souvent appelé Fattenlion des géologues italiens, mais on peut remarquer que ce sont des savants étrangers, anglais, français et allemands, qui se sont le plus occupés dos dépôts sédimeutaires réguliers de celle île. Ces derniers observateurs ont constamment associé les couches crétacées et nummuliliques , et même des couches tertiaires plus récentes ; aussi, malgré le nombre et l'étendue des publications dont elles ont été Tobjet , nous est-il encore impossible d'en déduire rien de bien satisfaisant. Ce n'est pas que les rapports et les caractères des formations y diffèrent esseuiiellement de ce que nous avons vu en Espagne, dans le midi de la France, en Italie et de ce que nous verrons dans le nord de l'Afrique, c'est-àdire sur les points qui environnent la Sicile, mais peut-être est-ce parce qu'ils y sont plus difficiles à saisir par suite de leur morcellement, des bouleversements que les strates ont éprouvés à diverses reprises , et de leur disparition fréquente sous des dépôts plus récents. On a vu {antè^ vol. II, p. 806) les discussions auxquelles avaient donné lieu les gypses avec le soufre et les marnes qui les accompagnent, lesquels avaient été placés par les uns dans le ter* rain secondaire et par d'autres à divers niveaux du terrain tertiaire. Nous les avons rangés définitivement dans ce dernier, en les mettant au-dessous de la formation sub-apennine ou parallèlement aux gisements analogues de la Toscane. Pour plus de clarté et pour faire mieux coqpprendre les questions qui sont à résoudre, nous mentionnerons toutes les assises que les auteurs ont rapportées au terrain secondaire, et nous exposerons les idées de chacun d'eux sur leur âge présumé.
M. Ch. Daubeny a publié, en 1825, une esquisse de la géologie de la Sicile (1), et la carte qui accompagne ce travail, coloriée géo-
(1) Sketch of the gcolo^ ofSicîly (T/ie Edinh. philos. Jonrn.,
logiquement, indique : 1*" les granités et les gneiss des monts Pelores et de Messine ; 2*^ une série de couches schisteuses qui leur succè* dent au S.-O., et dans laquelle semblent être intercalés les quartzites d'une part, et les calcaires de Taormine de l'autre ; S** des grès rouges qui longent la côte septentrionale de Ttle entre le cap Orlando et Céfalu ; U'' les calcaires magnésiens de Termini et des environs de Palerme; 5" un dépôt d'argile bleue qui s'étend de Sciacca au pied de l'Etna et le long de la côte méridionale jusqu'à Terranova. Ensuite viennent les dépôts tertiaires récents et les pro^» duits ignés.
L'auteur regarde les schistes avec les calcaires subordonnés de Taormine comme appartenant au terrain de transition, et les calcaires gris, compactes, caverneux , du cap Minjivio et de Giojusa près Patti, comme le prolongement de ceux de Taormine. Les grès rouges non micacés, depuis Guisa et le cap Orlando jusqu'au cap Céfalu, sont interrompus seulement par un ou deux bancs de calcaire gris, compacte , sans fossiles , exploité comme marbre. Des argiles schisteuses alternent avec les grès. Le promontoire est un rocher isolé de calcaire fétide, bleuâtre, ou marbre lumachelle, assez dur, mais dont les fossiles n'ont pu être déterminés. Les pierres énormes du temple cyclopéen élevé sur la colline de Céfalu proviennent, de cette roche qui recouvre le grès rouge précédent et paraît appartenir au calcaire de la chaîne des Madonics.
Cette dernière court parallèlement à la côte septentrionale de nie, entre Céfalu et Termini, pour s'étendre ensuite vers Palerme, et peut-être jusqu'à Trapani. Cependant M. Daubeny n'a pas observé de fossiles dans ces dernières localités, et les calcaires bleuâtres, quelquefois blancs, ont une dureté qui ne dépasse pas certaines va* riétés de craie. Les marbres de Castronuovo en sont une variété dure. Cet étage est, en outre, caractérisé par des lits de chertz au mont Giuliano près Trapani (l'Eryx des anciens, célèbre par son temple de Vénus Erycine, et qui atteint 35&0 pieds d'altitude sui* Tant Ferrara), à Termini, et dans les collines au sud de Palerme; mais au mont Pelegrino ils manquent comme sur beaucoup d'antres points. Ces chertz renferment plusieurs variétés de jaspe et d'agates rouges ou jaunes, traversées par des veines de quartz hya-
Tol. Xin, p 4 07 et 254, avec carte, 1825. — Voyez aussi: Âficscnption of active and extinct volcanos , in-8, Vti 2« édit., p. 264. Londres, 4848.
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Un. Ces pierres de Sicile^ célèbres dans Tantiquité, tirent leur nom de la rivière Achates (aujourd'hui Drillo), dans le Ht de la* quelle on les recueillait. Tous les calcaires donl on vient de parler sont essentiellement magnésiens, el la variété pulvérulente de Paferme était fort employée en médecine, sous le nom de terre de Baida, D*après leurs caractères pctrographiques et minéralogiques, le savant professeur d*Oxford rapporte ces roches au zechsteiu de 1* Allemagne et an calcaire magnésien de l'Angleterre. Elles constituent les hauteurs qui entourent Palerme, mais les vallées et le lit* toral sont occupés par des poudingues grossiers, à cailloux roulés, avec des fragments de quartz anguleux et d'autres provenant du calcaire compacte sous-jacent, puis par une brèche calcaréo-sableusc , très coquillière, de Tépoque quaternaire.
L*argile bleue parait être la roche dominante d*un grand ensemble de dé|)ôts variés qui, des environs de Palernie et de Termini au nord, s*étend jusqu'à Terranova au sud, occupant ainsi presque tout le centre de Tlle, et se prolongeant vers Test jusqu'au pied occidental de l'Etna. On y trouve subordonnés, ou mieux associés des gypses, un calcaire bleu, des marnes schisteuses brun foncé, des calcaires blancs argileux avec des marnes, enGn, des calcaires bréchiformes renfermant des masses ovalaires de calcaire compacte semblable à celui de Palerme. Un Mytilus, un Cardium, et quelques autres fossiles indéterminés ont été trouvés dans les argiles bleues proprement dites, formant l'assise la plus basse de cette série. Le gypse qui vient an-dessus constitue un des traits les plus remar* quables de la goulogic de la Sicile, et rauienr donne des détails fort précis sur les caractères el les substances qui raccompagnent. Le tout serait, suivant lui , de l'époque tertiaire. II sijjnale ensuiic au mont Calogero. près de Sciacca, des Numnuiliies dans un calcaire blanc, compacte ou sncclianJdo, avec des silex semblables à ceux de la craie ; aussi le regardc-l-il comme plus récent que celui de Palerme. Au capPassaro, ks Nummuliies ne seraient pas moins abondantes, et des (lippnriics , signalées depuis longtemps par Thomson, constitueraient des bancs entiers à elles seules. Enfin, d'après une fausse idée qui avait été déjà émise, que certaines Ilippuriles appartenaient h la craie et d'antres aux premiers dépôts tertiaires, l'auteur hésite à rapporter ces assises au terrain secondaire, et cela d'autant plus qu'elles renferment aussi des Nummulites.
Dans un Profil yénéral du sol de la Sicile donnant une idée de f aspect et de la disposition des terrains donl cette île est formée^
tt fait suivant une ligne brisée allant de Trapani à Palerme et de cette ville au cap Passaro (1), M. Constant Prévost distingue, audessus des roches granitiques et des schistes cristallins des monts Pelorcs, des phylladcs ahernant avec des calcaires, des grès et des conglomérais décrits par M. Daubeny , puis le calcaire de Taormine^ des Madonies et des environs de Palerme. Ce calcaire est gris bleuâtre, en bancs puissants, peu distincts dans certaines localités, plus nettement séparés dans d*ainres où ils deviennent très minces et alternent avec des schistes (Termini, Taormine). Ce dernier caractère appartient aux couches les plus basses. On y trouve des cri- Doîdes, des Térébratules, des Ammonites, des Bélemnites, et quelques bancs sont oolithiques vers le haut (Taormine). Le calcaire du mont Eryx, à l'extrémité occidentale de Tîle, près de Trapani, a, suivant l'auteur, tous les caractères de la craie, et renferme des Bélemnites, des Hippurites, des Nummulites, des Huîtres, des silex blonds et noirs. Les assises sont nombreuses, les bancs réguliers ; la roche est blanche et constitue aussi les monts Calogero, Calalabojeta et Camarata, ce dernier atteignant une altitude de 1495 mètres. Le même calcaire reparaît près de Pachino, vers la pointe sud- est de l'île. Ainsi, M» (J. Prévost ne mentionne pas les grès rouges qui seraient placés entre le calcaire de Taormine et le calcaire magnésien de Palerme, etc., mais it réunit ceux-ci avec le calcaire de ta chaîne des Madonies, et dislingue de ces derniers les roches du mont Éryx.des envii*onsde Sciacca et du cap Passaro qui sont crétacées et plus récenlt»s. Les gypses, le soufre, le sel gemme, le calcaire inarneiix aiec les argiles vertes et bleues correspondraient exactement au cinquième étage de M. Daubeny.
Plus tard, réunis^'ant les observations faites, en 1830 et 1832, par Fr. FlolTmaiin, iM. de Dechen (2) a décrit, puis représenté, sous le nom collectif de formation apennine : i** les calcaires de
I) /?«//., vol. Il, p. 406, pi. 3, 1832.
[l) Uchnsivht (icr ^tfH^^nn^t. VcihiXU, vnn Sicilien , etc. : Coup d'œii sur les relations géognostiques de la Sicilo , d'après les observations de Fr. Hoffmann, réunies et mises en ordre i)ar H. von Dechen, aveo uno carte géologique de la Sicile [Arch.Jur Mintr. de Kar^tcn et Dtrht'n, vol. Xlll , p. 3 M , i 839). — Voyez aussi : Cto^nnst. Bcobnrht. j^csamm, nuj cittvr Reisu dtiich IttUlcn iiitd Sicilien in flen Juhren 1830-32 (/Z».. p. \\ — Gemellaro : Sur le parallélisme du calcaire prétendu crétacé de Taormine avec les étages jurassiques d'Angleterre [Ncu. Jahib.^ 1836, p. 200).
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laormine, qui en constitueraient la base et nettement séparés des schistes cristallins, des schistes argileux, etc. ; 2^ le conglomérai de Francavillà : 3° les grès avec bancs calcaires de Bosco di Coronia et des Madonies ; i** les marnes rouges , les argiles et des ma}mes schisteuses , noires et ferrugineuses (ces assises 3 et 4 représentent le n° 3 de M. Daubeny et une partie de son n*^) ; 5» le calcaire de Paleime et de Cammarata, fort éloigné ici de celui des Madonies, et encore plus de celui de Taormine; 6^ les calcaires poreux et subordonnés; 7° la craie marneuse blanche du mont Eryx ; 1" le gypse^ le soufre^ le sel gemme, etc.
Ainsi, les couches que M. C. Prévost avait comprises sous la dénomination de calcaire de Taormine , des Madonies et des environs de Palcrmc, sans se prononcer sur leur âge, appartiennent, suivant Hoffmann et M. de Dechcn, à trois niveaux différents, séparés par des conglomérats, des grès , des marnes rouges, des argiles, etc. Le plus inférieur de ers calcaires, celui de Taormine, serait, d'aprts ses fossiles, de la période jurassique, c'est-h-dire beaucoup moins ancien que ne Tavait cru M. Daubeny. Il ne constitue, d'ailleurs, que des lambeaux dans la partie nord-est de Tiie ; il ne dépasse pas une ligne tirée du cap Calvi à Taormine, où il est recouvert par les produits de l'Etna (1). On y cite (p. l\90) V Ammonites Murchisonœ, Sow., A. radians, Schloth., A. polygyratm, Ilein., A, Herweiy Sow. , Belemnites clavatus, Schloth. ,B.i\. sp. , Spirifer rosira- (us, Schloth., Terebratula concinna, Sow., 2\ vicinnlis, Schiolh., 7\ biplicata^ Sow., T, impressa, Bronn, Pecten vimineus, Sow., P, voisin du P, textorius, Schloth. ; fossiles qui ont fait placer ces calcaires sur Thorizon des groupes moyen et inférieur de la formation.
Tout le reste de la formation apennine d'Hoffmann , y compris les gypses, les sels gemmes, les soufres avec leurs marnes, etc. , serait crétacé. V Ammonites Selliguinus, Alex, firong., aurait été trouvée dans les calcaires blancs du mont S. Guiliano, une Hamite à Roccella, à Touest de Domenica, une Bélemnite à Randazzo, etc.
(4) Dans YEsquixsc gealogujuc et tnp^t^raphiquc du mont Etun jointe à son travail sur ce volcan, M. Élie de Beaumont a colorié d'une môme teinte Ie3 calcaires qui circonscrivent les produits ignés au nord-est , au nord et à Touest , en les désignant comme Terrain crétacé inférieur et peut-être jurasxiff ne ? [Mêni, pour servir à uiiê descript. géof, de la France, vol. IV, pi. 1 , 1838).
Les Nummuiites déjà mentionnées au mont S. Galogcro, près do Sciacca, sont dans des calcaires crayeux du même âge, et se montrent également dans les calcaires poreux aux environs de Catiolica, de Cnllosano, au nord des Madonies, c'est-à-dire à la fois dans les assises 6 et 7, et même dans les calcaires du cap Passaro et du Porto de Palo, rapportés au calcaire de Palerme. Les Orbitoiiles leur sont partout associées, et les Milliolites abondent dans les mêmes couches ou calcaires poreux subordonnés de Macalubetta près de Girgenti, de la solfatare de Cattolica , au sud du cap Bianco, etc. Les débris de crinoîdes [Paraissent être aussi très fréquents, mais rien ne prouve que VApioa^inites signalée à Pachino, à Alazzameni, etc., soit VA, ellipticiis^ Mill. , des espèces très voisines existant dans les couches à Nummuiites d'autres pays. Nous en dirons autant de la Penlacrino et des échinodermes provenant des mêmes assises et qui n*ont pas été déterminés. VHippuriies cornucopiœ, Defr. , est citée au cap Passaro, aux environs de Pachino, dans un calcaire placé sur l'horizon de celui de Palerme; VU. sulcata, id., aux environs de Girgenti, dans l'assise précédente, puis au mont Gallo près Palerme. La 7(*rebraluîa chrysalis^ Schlotb. , est du calcaire de Pachino, ainsi quo la 7\ piicatilis, Sow., qui se trouve aussi à Spaccaforno. Des Peignes ont été observés sur un grand nombre de points, ainsi quo des Troques, des Turritelles , puis des débris de poissons, à Majo, Caltanisetta, Gastrogiovani , dans les couches à infusoires, qui, comme les coquilles polythalames microscopiques^ dont la liste est assez nombreuse , appartiennent sans doute au terrain tertiaire sii* périeur de ces dernières localités. Enfin, les Facoîdes abondent sur un grand nombre de points.
Ainsi, la formation jurassique n'existerait que sous forme de lambeaux isolés , relégués dans la pointe nord-est de la Sicile ; la craie se montrerait vers sa pointe occidentale, puis au nord, autour de Palerme, au midi sur la côte de Girgenti et à la pointe sud-est. Les autres roches sédimentaires seraient des périodes tertiaires inférieure et supérieure, comprenant des assises parallèles à celles quo nous avons décrites sous les noms de macigno, d'albërèse, de schistes et de grès à Fucoîdes, de calcaires à Nummuiites, etc., et peut-être les dépôts de gypses, de sel et de marnes, représenteraient-ils la période tertiaire moyenne? Mais les caractères paléontologiques et les superpositions laissent partout trop d'incertitude pour essayer de classer, même approximativement, la plupart des sous-divisions ét.iblies par Iloiïmann. On pourrait seulement se demander si les
i'ii SlClLt.
conglomérats de Francavilla et les calcainrs des Madonies ne rejN-ésenteraîent pas le groupe néocomien, comme, en effet» l*a supposé L Pilla (t)? Alors, les assises /!i, 5 et 6 pourraient être les équi* valenls de quelques membres intermédiaires de la formation crétacée. Mais dans la plupart d'entre elles, et surtout dans celles qui portent les n*" 6 et 7 (n*"* 10 et il d'Hoffmann), on voit mentionnées les Lenticulites ou Nummulitcs, et comme, d'un autre côté, ces foraminifOres sont citées avec des Hipptirites ou dans leur voisinage immédiat, il en résulte la nécessité de nouvelles éludes pour établir la succession réelle des couches vraiment crétacées et leur séparation d'avec les dépôts tertiaires inférieurs on nummulitiques.
On doit reconnaître qu'au milieu de cette confusion M. de Colegno (2} a pris le meilleur parti, en étendant une seule teinte, celle qu'il a consacrée aux roches crétacées et nummulitiques, sur toute la surface de la Sicile occupée par les assises 2 à 7 (6 à 11 dd géologue allemand). De cette manière, toutes les questions de détail qu'elles peuvent soulever se trouvent réservées, et ce qu'il y avait d'assez exactement déterminé , soit au-dessous, soit au-dessus, est également bien limité.
Dans un excellent travail de M. de Pinteville sur l'étage de9 gypses avec sel gemme, soufre, marnes, argiles, calcaires, etc., travail dont nous nous sommes déjà occupé {antè, vol. Il, p. 806), l'auteur a laissé complètement en dehors de son examen le sub* stratum de cet ensemble de roches anormales, de sorte qu'on n'y voit, non plus que dans les recherches antérieure:? , ses véritables relations avec les couches plus anciennes , soit nummulitiques, soit crétacées. Il dit, il est vrai (p. 560) que cet étage s'est déposé , au commencement de la période sub-apennine, sur le calcaire à Hippurites et sur les produits d'éruptions basaltiques déjà existants; mais on concevra que cette superposition ne peut être qu'accidentelle, car les calcaires à rudistes , comme les roches ignées , sont loin d'à* voir la continuité des dépôts gj^pscux qui doivent, au contraire,
(0 '^^So'^ comparathn^ etc.: Essai comparatif des terrains qui composent le sol de rilalie. ln-8. Pise, 4845. — Jui dclla testa riun, dcgli scienz, ital., à Milan, en 1844. In-4, p. 545-567,
(3) Esquisse dune carte ge'oiogique de l'Italie, I feuille, «• édil. Paris, 4 844.
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dans la plupart des cas, recouvrir directeiDcnt des roches dn groupe nummulitique dont les rapports ne se trouvent indiqués nulle part. En revenant plus tard «ur celte question , M. C. Prévost (1) a aussi rappelé quelques uns des passages d* Hoffmann que nous avons cités pour la présence des Hippuriles et des Nummulites sur certains points, puis sans affirmer le mélange dos deux genres dans la môme couche, le savant professeur a constaté la concordance et la parfaite continuité des strates qui les renferment, confirmation de ce que nous avons vu si souvent ; mais nous ne pouvons admettre, quant à présent , le passage zoologique supposé entre les deux formations et moins encore , comme semble l'indiquer une des coupes de la planche 1, qu*il y ait entre le cap Passaro et Pacbino une superposition directe et régulière d*un calcaire grossier à rudistes sur un calcaire avec des Kummulites et des Hippurites.
§ 5. Sardaîgne.
Les ca^lcaires 2i Hippurites sont assez étendus en Sardaigne , dit M. Alb. delà Marmora (2), surtout dans la partie orientale de Tile. A Tavolara on les voit recouvrir les granités et sur d'autres points les schistes micacés et talqueux. Ils se continuent jusqu'au pied du gron|)e central du Genargento , où Ion remarque les restes d'un grand plateau de calcaire crétacé modifié, brisé et soulevé à diverses hauteurs. Presque partout la roche est dolomiiique, comme sur le plateau de Sarcidano. Ces mêmes assises à Nummulites aflleurent dans l'Ile de Sant-Antioco , à monte Zarzi dans le golfe de Palmas, à Olmedo, et, près d'Aighero, elles semblent se lier au calcaire à Facoîdes du mont Aquesc {antèy vol. lllj p. 159 et 611).
(1) Bufi., 2»sér.. vol. II, p. 27, pi. I, 1844. (2j JUi fleila sesta ri un. degU scienz. Ualiu/ii lenuta in Milano. Sett. 4844, in-4, p. 563. Milan, 4845.