ÉTATS HUMAINS. US
rare. Les vrais schistes luisants qui dépendent du verrucano sont situés plus bas.
Les fossiles des calcaires gris de la Tecchia sont les mêmes que ceux de la Spezzia, et les roches sont semblables à celles qui, dans les Alonts-Pisaus , sont dépourvues de fossiles. Des /i2 es* pèces signalées par les auteurs, aucune n*apparlicnt à la formation jurassique , et aucun des 27 genres qu'elles représentent n'est exclusivement propre h cette dernière formation ; plusieurs même n'y auraient jamais été signalés. Le plus grand nombre des espèces ont une analogie frappanic avec des formes crétacées , et quelques unes sont identiques. Cependant, ces formes n'annoncent pas une faune néocomienne, quoique les auteurs les rapportent à ce niveau. Ils ont donné (p. 87} Ténumération et la caractéristique des fossiles du calcaire noir de Porlo-Venere , de Grolla-Arpaîa et des îles Palmaria, Tino et Tinelto, liste dans laquelle on remarque l'absence complète de coquilles de céphalopodes , et qui , sur &2 espèces, n'en présente qu'une seule {Nuada obtusa, Filt.) qui serait déjà connue , toutes les autres étant nouvelles. Parmi les It espèces du calcaire noir de la Tecchia, où la même absence de céphalopodes se fait remarquer, il n'y aurait également qu'une seule espèce décrite {Ptnna Robinddina^ d'Orb.).
Dans un travail que M. P. de Gollcguo (1) communiqua v.ers le même temps à l'Académie de Turin, ce savant est revenu sur une localité déjik décrite par MM. de la Bêche, L. Pilla, Goquand, Murchison, Studer, etc. Il a donné quelques détails sur la composition des deux promontoires qui limitent le golfe de la Spezzia, et cherché à établir que le calcaire noir de Porto-Venerc est placé soins le calcaire rouge à Ammonites , et qu'il est par conséquent jurassique. Quoiqueayanteuconuaissancedu mémoirede MM. Savi et Meueghini, M. de Goliegno n'en persiste pas moins dans cette manière de voir.
S 2. £latf HomaÎDJu
A la suite d*un voyage d'Arezzo à Terni et à Pezzaro, Ai. A. Boue (2), qui regardait la partie supérieure du grès de Vienne et des Garpatbes comme de la craie, trouva qu'elle était aussi bien développée sur les
(1) Nota sut ttrreni dei contorni elella Spezzia {Menu dclla r. Accad. di Torm*?. 4854).
(î) Bail., vol. VI,p. 29l,t8.U.
ilA ÉTATS ROMAINS.
limites nord des États romains et de la Toscane , ainsi que de la Romagne, tandis qtie la partie inférieure de ce même grès, qui domine autour de Florence, dans la vallée de l'Arno et sur une grande étendue du littoral de la Ligurie , était aussi une dépendance de la formation crétacée; mais tous ces dépôts ont dû être rajeunis depuis, et nous les avons rangés dans le terrain tertiaire inférieur.
On a vu (antè, vol. III, p. 152) que MM. Orsini et Alex. Spada I^vlni, dans leur coupe de TAdriatique au Pizzo di Sivo et au mont Yettore, quoique indiquant une formation crétacée, divisée en trois étages, n'avaient en réalité décrit de haut en bas que le macigno, les calcaires et les schistes à Fucoîdes et des calcaires à Nummulites reposant sur le calcaire rouge à ^Ammonites, de sorte que nous avons dû regarder encore cet ensemble de strates comme représen* tant la formation tertiaire inférieure.
M. L Pareto (1) mentionne aussi, comme un équivalent de la craie, mais sans preuves plus solides, les calcaires argileux, compactes ou sub-grcnus de la base du mont Amiata et des montagnes de Sel* vena qui lui fout suite. D'autres roches des montagnes situées au sud et au sud-est du mont Amiata, bordant la rive droite de la Fiora et la séparant de TAlbenga, seraient encore du même âge. Un autre massif secondaire, qui longe une partie de la côte de Civita-Yeccbia I Sasso , s'étend au nord vers MontebcIIo. Celte chaîne , dirigée 0."-N.-0., E.-S.-E. , est formée de roches très modifiées par les tra« chytes qui les ont traversées et qui se présentent sous l'aspect de coupoles. Le gypse en masse , près de Civiia-Vecchia et de Sasso, résulterait d'une de ces actions métamorphiques ainsi que l'alunite de la Tolfa. Les strates sont très contournés et leur direction générale est celle de l'Apennin. Le mont Saint-Oreste, opposé à la chaîne de la Tolfa et non loin du Tibre, est aussi dirigé S.-S.-E., N*-N«-0. et ses couches plongent à l'O. Il est composé de calcaire jaune clair, semi-grenu , semblable à certains calcaires jurassiques, mais appartenant, d'après l'auteur, à la craie inférieure. Le mont Oreste, Tantique Sorate, atteint 672 mètres d'altitude et domine au loin la plaine environnante iormée de peperino ou de tuf volcanique. Sis antres pointemeiits de roches secondaires s*élèvent encore çà et là aa-dessns des dépôts plus récents.
(l) Osservazioni geologichcy etc. : Observations géologiques da mont Amiata à Rome (Giorn, Arcad.y vol. C, iasc, di Uigiio^ 4 844. Rome, 4 844. — Jtti de lia ri un. degii scienz* itaL in Firente, In-4,p. 476, 4844.
ÉTAT3 ftOMAmS. 115
M. Ponu (l)dte, comme caractérisés par de grandes llippuritet spathifiées, les^calcaires de la rive droite do Garigliano. Ces cai^ caires sont argileux, gris verdâtre et de diverses teintes. Dans les États Romains, dit sir R. Murchison (2), les calcaires rapportés à la craie ont éprouvé beaucoup de flexions et de dislocations. Ils constituent les principales chaînes qui bordent les vallées de l'Ombrle, les montagnes de la Sabine et celles du pays des Yolsques pour s*étendre ensuite jusqu*à Gaëte et i Naples. Toot le bord occidental de l'Apennin, de Foligno i Rome, conlinne-t-il (p. 380), est dépourvu de macigno, et le grand espace ou bassin, situé entre cet escarpement de l'Apennin à Test et la chaîne de calcaire secondaire du Siennois el de la maremme romaine, Si Touest, est exclusivement occupé par des dépôts tertiaires et des produits volcaniques au-dessus desquels, comme on vient de le dire , s'élèvent çà et là quelques Ilots secondaires. Mais au sud de Narni et dans les montagnes de la Sabine, à l'est de Rome, où les calcaires sont évidemment crétacés, on les voit recouverts de dépôts nummulitiques et de macigno, non pas sur le versant extérieur ou occidental de la chaîne, à Tivoli et à Palestrina, mais entre cette ville et Subiaco. Le calcaire principal, exploité comme marbre, sous le nom A'occhio di pavone^ renferme des Ilippurites. Lorsqu'on se rend de Palestrina à Subiaco, les roches à Ilippurites ont lenr face abrupte et brisée, tournée vers la plaine de la Campagna, et, en les suivant vei*s !'£. , on les voit bientôt se plisser en ondulations rapides, accompagnées de grandes fractures; enfin à Olévano elles sont surmontées d'un calcaire sableux, impur, rempli de Nummuliles et de Pecten. Toute la série calcaire plonge alors sous un grès macigno semblable à celui de la Toscane.
En comparant la coupe de l'Adriatique à la crête de l'Apennin, donnée par MM. Orsini et Spada, avec celle du versant occidental| IL Murchison fait remarquer la régularité des couches dans le premier cas» et dans le second leur dérangement attribué au voisinage des roches ignées. Il suppose aussi que le calcaire, désigné par les auteurs précédents sous le nom de majolica et recouvert par
(4) OsscTvazioni geologfc/ie^ etc. : Observations géologiques faites le long de la vallée latine {/Jacco/Za scir/tt. gennnjo, Rome, 4 849). — Saiia valte lattna^ appendice [Aiti deli'Accad, pont^ de \fuovi Li'nceij annoW, sess. ^BtSeit, 4 851). — Sopra im nuovo cono ifu/eanicOf etc. (là, y annoWy scss, 8, i^Jcù. 4 852).
(8) On the structure of the Âlps, etc., p. 276.
116 ' nOYAUUE DE NAPLES.
les Nuinmulitcs , n'est point jurassique, et que , soit qu'il y ait ou qu'il n'y ait point d'équivalent de la craie blanche, il doit représenter le groupe néocomien. On a alors une série ascendante dans la* quelle le macigno est la niasse la plus élevée recouverte seulement par des couches tertiaires supérieures.
De San-Benedetto à Jenna , dit M. Studer (1}, les calcaires cré* tacés renferment des Hippurites. Dans la plaine de l'Emissario, affluent du Teverone, est un calcaire gris clair, bien stratifié, avec de nombreuses Hippurites. On le suit jusqu'au Gran-Sasso ou Monte-Corno , élevé de 2902 mètres au-dessus de la mer. Il en forme la base et est surmonté de calcaires à NummuUtes, de ma«» cigno, de travertin et de tuf volcanique. La Cephalonia, sur le côté nord du Gran-Sasso, est une cime qui eu est séparée par une gorge profonde. Son pied est formé de calcaire gris compacte , en lits minces, rempli de silex gris, et l'on y observe des Hippurites semblables à celles de Subiaco, puis des Radiolites.
§ 3. Royaume de Naplea.
Le grès des Apennins ou infra-crétacé qui , dans la Calabrc , du côté de la mer Tyrrhénicnne comme sur celui de la mer Ionienne, s'appuie contre les flancs de la chaîne , se montre fortement redressé, et, sur ses tranches, repose par places él horizontalement un banc de sable coquillier tertiaire (2). Ainsi les gneiss dont se compose l'axe de la chaîne dans ce pays, dirigés N.-O., S.-E., ont été soulevés après le dépôt des couches que L. Pilla rapporte au grès vert et avant les sédiments tertiaires. Partout, dans le royaume do Naples, les couches crétacées ou regardées comme telles sont extrêmement dérangées, tandis que celles de l'époque suivante sont dans leur position originaire. La direction du soulèvement principal serait celle des Pyrénées, mais peut-être y a-t-il eu d'autres accidents dus à l'apparition des serpentines dans la partie occidentale de la province de Gosenza (3).
La chaîne des Apennins est divisée au sud en deux régions, Tune des Abruzzes qui s'étend jusqu'à la Galabre ou jusqu'à Gastrovillari,
[4 ) Géologie der Schwelz , vol. I , p. 4 4, 4 85 1 . m L. Pilla, Bail. ,yol VIII, p. 498, 4 837. 3J Atif (le)lfi prima riun, ilrgli sc/rnz. Uni. y p. 90, in*i. Pise,