FORMATION CRÉTACÉE D£S RÉGIONS BALTIQUES
Après avoir étudié les dépôts crétacés du sud de i*£urope, nous DUpoaiUoa reprendrons i*examea de ceux du nord par leurs points les plus **" ^^ '* extrêmes dans cette dernière direction, puis, traversant successivement le nord-ouest de l'Allemagne, T Allemagne centrale, la Pologne et la Gallicie , nous atteindrons ces vastes espaces qu'ils occupent encore dans le centre et le midi de la Russie, la Crimée et la chaîne du Caucase. Ils y sont caractérisés à très peu près comme dans les Iles Britanniques , le nord et l'est de la France , la Belgique , la Suisse , etc. , de sorte que cette bande crétacée , depuis rextrémité septentrionale de l'Irlande jusqu'aux frontières de l'Asie, conserve des caractères presque toujours comparables dans ceux de ses groupes qui ont persisté.
La vaste surface plane ou très faiblement inclinée au N. vers la Baltique, et qui de la Hollande s'étend à l'E. à travers le Hanovre, le Mecklembourg , la Prusse et la Pologne, sillonnée par le Yifeser, l'Elbe, roder, la Yistulc et leurs innombrables affluents, est, comme on l'a vu, presque entièrement recouverte de dépôts tertiaires, quaternaires ou modernes. Le substra(um de cette région uniforme , à laquelle on doit réunir la plus grande partie des provinces du Danemark et ses iles , paraît être exclusivement formé de sédiments crétacés dont la disposition a cela de remarquable, que ceux de ces sédiments qui s'appuient au sud ^e cette dépression contre les roches secondaires, de transition ou primaires, depuis les bords du Rhin jusque dans la partie la plus orientale des Carpathes, sont les plus anciens , tandis que ceux qui viennent affleurer au nord, comme dans laScanie, sont k peu d'exceptions près les plus récents, et reposent, souvent sans intermédiaire , sur le granité , le gneiss ou les roches siluriennes. Ainsi , les couches crétacées du sud étaient émergées lorsque se sont déposées celles du nord , et réciproquement les radies qui suppof |ent ces dernières étaient au-dessus des eaux, alors que se formèrent successivement , sur les rivages opposés , dans de nombreux golfes plus ou moins profondément découpés , ici lo
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groupe wealdien , là ]e groupe néocomien , presque partout celui très complexe de la craie tuiïeau et celui de la craie blanche. Durant cette longue période , la surface dont nous parlons fut donc soumise dans son niveau à des oscillations locales ou partielles comparables à celles que nous avons constatées pendant les époques tertiaire, quaternaire et môme de nos jours.
S 1. Suède.
s«iiri«« Un dépôt quaternaire composé de limon, de sable, de cailloux et
de blocs recouvre toute la partie méridionale de la Suède , connue sous le nom de Scanje, et dérobe presque toujours à Tobservaleur les relations des roches plus anciennes et de divers âges qui 8*éièvent çà et là , formant des îlots au-dessus de la plaine environ-* nante. rlusieui-s de ces Ilots, dont les plus hauts n'atteignent pas 100 mètres au-dessus de la mer, ont été depuis longtemps reconnus pour appartenir à la craie. Wahlenberg (1) a signalé leurs fossiles; M. Niisson , dans plusieurs mémoires et surtout dans son ouvrage sur les Pétrifications de la formation crétacée de la Suède (2), a contribué à préciser Tborizon auquel ces couches appartiennent. La craie, dit-il , 8*appuie généralement sur le gneiss , moins son* veut sur les roches de transition. Elle parait atteindre une assez grande épaisseur. Dans le nord , la roche est blanche ou grisâtre et plus ou moins sableuse ; vers le sud , on observe une série de couches qui passent insensiblement de la craie blanche à une sorte de grès verL
W. Hisinger (3) , par ses nombreux travaux étendus à toute la Suède méridionale, dont il a donné une bonne carte géologique (4),
(4) Petrificata telluris sœcanœ [Nov. act, reg, sûc, Upsal^ vol. VIII).
(2) Petrcjacta svccana format, cretacœ dcscripta et iconibtis il" lustrata, in-4», avec pi., Lund, 4 827.
(3) Esquisse d'un tableau des pétrifications de la Suède, Stockholm, 4 834. *^ Lethœa siwcica seu petrificata Svcciœ iconibus et c/ta^ racteribus iUustiata^ in-4", 36 pi., Stockholra, 4 837-4 840. «— Voyez aussi divers mémoires publiés de 4 802 à 4826. — Sur la craie de Carishamn et ses fossiles [K. Vftt. Acad. HandL^ 4 838, p. 494). — P. Angëiins, Musœum palœontolngicum xuecicnm om catalogue des fossiles de transition et du grès vert de Suède {Tidssk, for NaturPid,, de H. Kroyer, vol. H, p. 307, 4 838).
(4) Geognouisk Karta^ etc«> carte géognostique de la partie méri*
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cBt Yenu compléter les recherches de ses devanciers. Où voit sur cette dernière que le lambeau crétacé le plus septentrional, celui de Carlshamn, situé non loin de la côte et entouré de granité, se trouve un peu au delà du 56" de lat. N. A l^ouest de ce point sont les îlots de MOrby, de Tilc d'Ifô, de Kjuge, de fialsberg et d'Ignaberga, puis au sud apparaît celui d*£verod, comme sur la côte méridionale se montrent ceux de Chariottenlund, d*OE. Torp, et sur la côte occidentale ceux de Limhamn , au sud de Alalmo et de Tulstorp. Entre Istad et KUsperga, le long de la côte sud , Fauteur a colorié différemment, sous le nom de grès vert {Grônsand) , d'autres dépôts dont les fossiles ne permettent guère de les regarder comme antérieurs au premier groupe de la formation.
On remarque cependant parmi ceux-ci VJnoceramta sulcatus^ 8ow., une Exogyre très voisine de VE. conica, id., ou peut-être une variété de VExogyra columba^ Gold., V Ammonites Stobœi^ Mils. , puis des débris de PlesiosauruSf à Kôpings* Dans les localités les plus riches de la limite nord de la craie , comme à Ignaberga , Kjugestrend, fialsberg, MOrby, etc., il semble qu'on trouve associées, avec des fossiles propres à la craie blanche (Belemmtes mucronatus^ Schloth., B, tnamiilaluB, Nils., Inoceromus Cuvieri^ Sow., lerebraiula uctoplicata^ id., T. Defrancei, Alex. Brong., Osirea vesicuiaris^ Lam., Ananchyiea omta, Lam., ou mieux hemisphœrica, Alex. Brong., Micraster cor^anguinum^ Ag.), des espèces de la craie supérieure de Maestricht et d'autres du Cotentin, puis des formes qui caractérisent ordinairement des couches plus basses, telles que certaines Exogyres (£. cornu^arietis, Nils., ia^ ciniatUf Sow., haliotoidea^ id.) , le véritable Pecien quinque'COS*tatuSf id., le Spondylvs truncatua^ Dcsh., le Cidaris vesiculosus^ Gold. , un Salenia^ VOstrea diluviana^ Lam., 1*0. hippopodium ^ Nils., les Terebratula ahta^ Lam., triangularis ^ Wahl, etc.); de sorte qu'il y aurait, dans ces divers lambeaux, un mélange d'espèces qui , en Angleterre, en Belgique et en France, appartiennent à des niveaux assez différents. Peut-être aussi n'ont-ils pas encore été suffisamment étudiés et aura-t-on confondu des couches qui devront être séparées plus taid? On peut reconnaître néanmoins que
dionale de la Suède, 4 feuille, 4 835. — La carte géologique do l'Europe, publiée en 4 839 par M. de Dechen, reproduit à peu près les détails de celle de Hi&inger, mais on y voit de plus le double promontoire de Falsterbo et SicanQr occupé aussi par la craie.