SUÈDE
riens, suivant une ligne N. -O. , S.-Ë. , de Kasberga presque jusqu'à Landskrone. An nord-est de la bande sil«rienne, tous les lambeaux crétacés reposeraient sur les roches cristallines. Ce savant a rappelé plus tard (1) que, d'après M. Nilsson et M. Forchhammer, les grès charbonneux de HOganaes, séparés des précédents par Hisiiiger, étaient, comme ceux de HOr, des sédiments de la période jurassique, et peut-être du même âge que les couches charbonneuses des Moorlands orientales du Yorkshire. Les NUssonia elongâta et brevifolid^ et plusieurs espèces de Pterophyllum se trouvent, en effet, dans cette dernière localité, mais ManteU(2) croit que ces plantes de la Scanie appartiendraient plutôt au groupe weaidien. Gomme d'un autre côté on a souvent admis que la flore terrestre delà période jurassique différait à peine de celle qui régna pendant les dépôts wealdiens et ceux du grès vert inférieur ou néocomien, la présence seule des plantes que nous avons citées ne sufûiait pas pour résoudre la question.
M. Malm, ajoute sirR. Murchison,aforméàChristianstadtunecolleciion remarquable de fossiles provenant des divers lambeaux crétacés superposés aux roches cristallines des environs. Il y a trouvé plus de deux cents espèces qui étaient restées inconnues à M. Nilsson et à Hisinger. Si quelques unes de ces formes, continue le célèbre géologue anglais , peuvent être regardées comme identiques avec des espèces des îles Britanniques, on est aussi frappé du grand nombre de celles qui sont tout à fait nouvelles, surtout lorsqu'on a égard au faible développement en surface et en épaisseur de ces îlots crayeux.
Malgré les descriptions qu'on en a déjà données , ces derniers semblent donc exiger encore des études plus suivies et plus détaillées, sous le rapport à la fois straiigraphique et paléontologique. Une monographie qui comprendrait tous ces affleurements et ferait connaître la distribution des fossiles dans chaque couche et dans chaque localité aurait un grand intérêt, d'abord en elle-même et ensuite, par la position géographique extrême de ces dépôts relativement à l'ensemble de la formation à laquelle ils appartiennent.
Iiu8 a donné une analyse de U craia do Leinhamn [K* vet. Acad, HandL, 4840).
j1) Quart, /ourn, geoL Soc, oj London, 4«' fév, 4847.
[i) Medals of création^ p. 425.
17ft DANBIIÂIIK.
setiand. La cpate des environs de Malmtt et de la pointe de Falsterbo se
^montre à l*ouest de l'Ile de Saltliolm , puis sur la côte opposée du Sund. Au nord de Copenhague, elle forme une bande étroite le long du rivage; au sud elle apparaît à Kiorge, constitue plus loin les falaises avancées de Slevensklint, existe près de FaxOe, au sud-ouest de ce point, de même que sur la côie encore plus au sud, et enfin dans cette mC^me direction occupe la base de Tile de MOen. M. Vargas- Bedmar (i), qui avait signalé cette craie de FaxQe et de Ttle de M(}en,tout en y reconnaissant quelques différences avec celle du bassin de la Seine, n*en avait pas moins admis leur contemporanéité. Plus tard, sir Gh. Lyell (2), voulant térifier l'assertion avancée par M. Forchhammer (3), qu'il y avait dans ce même pays un passage des dépôts tertiaires aux couches crétacées , fit en iSZU un voyage, à la suite duquel il publia le résultat de ses observations. On a déjà vu [antè, vol. Il, p. 8^5} que, dans la Seeland et l'île de Mtten, l'auteur avait décrit les dépôts quaternaires comme recouvrant directement la craie, mais que, dans plusieurs parties du Danemark, des eédimeuts tertiaires se trouvaient placés entre eux, ainsi qu'on l'ob* serve dans les falaises du Norfolk et du Suffolk.
Les escarpements de Stevensklint qui occupent la face orientale du promontoire d'Heddinge sont formés de strates presque horizontaux d'un calcaire blanc, tendre, avec des lits de silex parallèles et des fossiles semblables à ceux de la craie blanche de France et d'Angleterre. L'épaisseur de cette craie est de 2^ mètres , et au-dessus viennent : 1° un lit très mince d'argile bitumineuse feuilletée ; 2' un calcaire jaunâtre, plus dur, désigné sous le nom de calcaire de Faxôe^ d'une épaisseur de C^dO à 1 mètre, rempli de fossiles crétacés et
MM
[\) Miner, Taschenbuch de LeouhaiTdj 4820, p. iô. ^— Voyex aussi Sôren Abîldgaards^ Bcschreibung von Stevensklint und dessen natûr lichen Merkwurdigkeiten aus tient Danischen ûbersetzt., Copenhague et Leipsick, 4 764.
(2) On the cretaceous and tertiarystrata ^eiG., sur les roches cré* tacées et tertiaires des lies danoises de Seeland et de Moen. {Trans^ act. geol. Soc, of London^ vol. V, p. 243. — Proeetd, id., vol. II, p. 4 94, 4 835.)
(3) Journ. des so. d'Edimbourg, juillet 1828.
danimàbk. i79
passant aa suivant ; 3" calcaire btauc crayeux , également rempli de polypiers brisés et de coquilles ; c'est Je calcaij*e svpérieur de Ste* vensklint ou Lûmnteen^ employé comme pierre de faille, et qui est traversé par des lits de silex impurs, bruns ou jaunâtres, disposés obliquement , ou flexueux et se coupant parfois sous divers angl'^s.
Le calcaire à coraux de FaxOc, village sitoé au sud'ouest de Sta- Yenskiint, a k mètres dY'paisscur, et son aspect diffère essenticHc*ment de celui de la craie blanche. Les polypiers y sont très abondants, et l'on y trouve, en outre, ce qui est rare ailleurs, 2 Cyprœa, 1 Oliva^ 2 Mitra^ U Cerithium, 6 Fu8u$ , 2 Trochus^ 1 Triton^ 1 Nassa^ 1 Bulla, 1 Patclla^ 1 Emarginula et une trentaine d'espèces de bivalves; aucune de ces dernières ne se montre dans ta craie sous-jacente. 10 espèces de brachiopodcs diffèrent aussi de celles de la craie, mais un nombre égal de coquilles lamellibranches se présente à la fois dans les deux assises avec/i2 espèces communes de polypiers. Des iOk espèces fossiles recueillies dans les deux étages crétacés du Danemark, ik crinoïdes et échinodermes, 2 foramiolfères et 2 annélidcs seraient communes à l'un et à l'autre ainsi que le Baculiies Faujoaii et hBelemnites inuçt^onatus. Il y aurait, en outre, dans le calcaire deFaxOe, une Ammonite, fait im* portant sur lequel cependant l'auteur n'insiste pas, puis deux Nautiles, dont l'un est le N. danicus, Schloth., rapporté par de Buch au iV. aganiticuSf que de Munster, d'après Sowerby, appelle N» sinuosus (i), et dont M. Beck a nié rideniilé. Enfin, on y rencontre des pattes et même des cara|)aces de Brachyarus rugosus. Des crus« tacés voisins de ce dernier abondent encore dans les récifs modernes de polypiers des mers du Sud, auxquels la roche do FaxOo ressemble beaucoup.
Après avoir rappelé ce qui a été dit (ontè, vol. I, pi 361) des observations de M. Nelson sur la matière crayeuse résultant de la décomposition des polypiers, M. Lyell pense qu'on peut se faire une idée assez exacte de l'état du fond des mers de i'Kuropd à l'époque de la craie. Les calcaires k coraux ont pu être formés alternatite« ment ou bien en même temps, et il ajoute que la craie supérieure de la montagne de Saint-Pierre près Maesiricht {aniè^ toL IV» p. 14^) a la plus grande analogie avec celle de FaxOe.
Le êubstratttmAn Danemark, dana laSeeland, le Jntland» nie de
(^) Neu. Jahrb., 4834, p. B33,