‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 20 sur 111 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

MOen.elc. , est, suivant M. Beck(l}, une craie pure, tendre, blanche, ivec des lits de silex noirs en rognons, et renfermant plus de 300 espèces de fossiles. Les Ammonites y sont très rares , ainsi que les restes de poissons, à l'exception des dents de Lamna, Les Marsupltes n'y sont pas connus, mais les foraminifères et les bryozoaires y sont extrêmement répandus, ainsi que les spongiaires siliceux qui forment des lits entiers. Cette craie blanche est immédiatement recouverte par les bancs qui représentent le calcaire de FaxOe dont nous venons de parler, et qui sont jaunâtres, durs et susceptibles de poli. L'auteur les regarde comme se rapprochant davantage do ceux de Kunraed que de la craie supérieure de Maestricht proprement dite (an/é, vol. IV, p. iUU'iSU passtm). Le BaculUes Faujasii^ Sow. , le Nautilus fricator^ Beck, le Fusus elongatus, id. , ta Terebratida subgigadtea, etc., y sont communs , mais aucune des espèces de cette assise n'aurait encore été rencontrée dans la craie des Alpes du Salzbourg.

Par suite de l'examen des fossiles, M. Beck pense que la craie de nie de Saltholm,siluée dans le Sund, entre MalmOe et Copenhague, celle des falaises du Jutland, de Rugaard à Hjerm, celle qui est au sud de Thyolm et celle des falaises de Bulbjerg dans Tlle de Skarrklit représentent ces assises supérieures de la côte orienlale de la Seeland. Au-dessus, on remarque par places une brèche composée de fragments anguleux de craie et de silex cimentés par du carbonate de chaux.

Les collines crayeuses offrent généralement les contours arrondis et uniformes qu'elles affectent en Angleterre, avec celte différence qu'en Danemark elles sont couronnées par des monticules de gravier, de sable et de blocs erratiques. Les lits sableux de ces dépôts quaternaires renferment des coquilles identiques avec celles qui vivent encore dans la mer d'Allemagne et qui prouvent la submersion de cette craie pendant l'existence d'une partie au moins de la faune actuelle. Dans la Seeland , l'île de Môen et celle de Bornholni , la direction des couches crétacées se conforme à celle des roches granitiques les plus anciennes du midi de la Suède, mais il n'en est pas de môme dans le Jutland où la direction résulte d'un autre système de dislocation.

Dans la partie sud-ouest de la Scanie , Ttle de Saltholm , le Sund, au-dessous de Copenhague , et le Jutland, un calcaire com-

(') Proceed, f^eol. Soe. ofLondom^ vol. II, p. ÎI7, 48S5

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pacie (laraf t se trouver immédiatement sous la craie blanche ; mais ses relations stratigrapbiques n'ont pas été observées directement (1 ). Depuis Mariager-Fjord, et lorsqu'on se dirige à travers le LQmQord, on rencontre une autre portion de craie blanche régulièrement stra« tifiée : cette craie existe également près de SteenlOse dans le nord du Jutland, à Itzchoe dans le Holstein, dans File de Helgoland, et k Lunebourg, sur le continent, de sorte que , comme on vient de le dire, toutes les îles du Danemark, et les provinces situées au sud, reposent sur un sous-sol de craie, qui n'apparait ç2i et là à la surface que par suite de dislocations locales. M. Forchhammer reproduit ensuite la description des couches de Stevensklint donné* longtemps auparavant par sir Cb. Lyell.

Dans un travail plus récent , le même géologue (2) a fait remarquer qu'au-dessus du premier banc de polypiers qui recouvrait la craie blanche , il y avait une couche de dolomie ou mieux de calcaire magnésien recouvert à son tour par un second calcaire entièrement composé de bryozaires, et contenant 1 pour 100 de magnésie. Cette substance proviendrait des coquilles et des polypiers qui en renferment toujours un peu. Dans les Isis et les Serpules, par exemple, la proportion parait s'élever jusqu'il 6 ou 7 pour 100. Le calcaire magnésien précédent en contient 16 à 17 pour 100, et se présente ordinairement sous forme de masses globulaires , semblables aux concrétions actuelles de Tivoli et de Carisbad, produites par les sources; aussi l'auteur ncdoute-t-il pas que reHe soit aussi l'origine de ce banc magnésien de Faxde. Les sources se seraient

(1) G. Forchbammer, Ann. der CJiem, v.Po^endorff^ vol. LVIII, p. 609. — Quart. Journ» g^ol. Soc, of London, vol. I, p. 262, 1846. — Voyez aussi sur les forages artésiens des environs de Copenhague [Bull. ^%* série, vol. IV, p. 763, 4 847. — Danmark geognosttsAr Forhold. Rapports géologiques du Danemark, avec carte, in-4*, Copenhague, 1 835. — Geognostiske Skizze, etc. Esquisse géognostiquedu Danemark et des pays voisins, 4 feuilleavec coupes, 4 840. — O.-N. QElsen, carte, id., 4 844 , 2 feuilles. — Notes sur la géologie du Danemark [Tidssk. for naturvid, de Kroeyer , vol. II, p. 4 92). — Ib., vol. III, p. 646, 4 844. — F.-W. Kabell, Resultate einer in Jittland ausgejuhrtcn Bohrung y etc. [Neu. Jahrb., 4845, p. 574).

{t)Rep, 4 ^^^Mcet, brit.Jssoc, at Birmingham^ p. 36 des notices, Londres, 4 850, — Quart. Journ. gcol. Soc, of London^ vol. VI, p. 48 des notices. — Ovcrsigt over dct kongL Danskc Fidcnskabern^ ^ etc. Revue des travaux de la Soc. r. des se. de Danemark, p. 83, 22 juin 4 849.

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fait joar par les nombreuses crevasses de la roche soos-jacente , et il émet h cette occasion quelques idées théoiiques sur le mode do formation de ces calcaires. Lorsque l*eau , dit*il , qui renferme des carbonates dissous par Tacide carbonique , vient à réagir sur l*cau de mer, il y a toujours un précipité plus ou moins abondant de car^ bonate de magnésie avec le carbonate de chaux , et la qnantité du premier augmente avec la tem|>érature.

M. Goinitz (1) rapporte aussi à la craie de Maestricht les calcaires à coraux ou Lûmsteen de Slevensklint et les bancs à polypiers de FaxUe. La Molkia isis ou hù fnxoensisSieensi. et Forchhamm. (2), est le fossile qui a le plus contribué à la formation de ces anciens récifs de polypiers, où l'on trouve aussi le Cyathidium holopus^ id., îd., un crinofde, la Terebratuia fluatracea^ la Cyprœa bullaria Scliloth., trois crustacés, etc. ^

Al. £. Desor (3), qui s*est occupé des dépôts de FaxOe, signale également, dans la craie blanche qui affleure au niveau de la mer, les Ananchytes ovataet striafa, le Galerites albo-galerus^ puis au-dessus le lit d'argile avec débris de |)oi8sons , et le calcaire de FaxOe proprement dit renfermant le Cidaris Forchhammeri, Des. , la Pyrina freuchenii^ id., un Holaster et le Brachyurites rt/^o^fi^Schloth. Le calcaire k polypiers qui vient plus haut, ou Lûmsteen du Jutland septentrional , renferme , comme on l'a vu , les mêmes fossiles que dans les falaises de Stcvenskiint , où il est fort puissant , vi où i'au* teur cite VAnanchytes setniglobus^ Lam.

Croyant trouver dans ces assises une grande analogie avec le calcaire pisohtbique du bassin de la Seine , bien qu'il ne cite que deux espèces communes [Cidarii Forchhammeri et IVautilus dantcus)^ et ne connaissant probablement pas leurs rapports indiqués depuis longtemps avec la craie supérieure des environs de Maestricht, M. Desor proposa de désigner les calcaires à coraux du Danemark et le calcaire pisolithique sous la dénomination commune de ter" rain damen. Mais cette nouvelle expression ne se trouve justifiée ni par l'importance des couches sur les côtes de la Baltique , ni par un parallélisme suflisamment démontré , ni surtout par leur indépendance supposée avec celle des Pays-Bas. Nous ferons remarquer,

(1) Das Qundcrsnndsfrlngrbir^e oder Kre/dtgcbirgr in Drutsch^ Uiful, p. 74, 4 849. — Nru. Juhib., 4 846, p. 47.

(2j Vransact, nrr.l, Snc. ni Lo/uhw, 2* série, vol. V, pi. h , flg. 5. (3) BulL, i* série, vol. iV, p. 179, 4846.

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en outrai que le. calcaire de FaxOe, qui repose directement sur la craie blanche » est encore surmonté de plusieurs assises très différentes (Ltmuteen) , tandis que l'assise de la craie de Maestricht » assimilée au calcaire pisolithique , est la partie la plus élevée de la craie supérieure de la Belgique , et qu'elle est séparée de la craie blanche par une épaisseur considérable de cette même craie supérieure. Ainsi, stratigraphiquement, l'analogie n'est pas fondée, et le calcaire de FaxOe correspondrait au contraire à la base de la craie de Maestricht.

M. Aie d'Orblgny(i), quiavouluétayerdequclques faits nouveaux cette dénomination de ^^rrain danien, injustifiable sous tous les rapports, n'a pas mieux réussi que son devancier, car sur 62 espèces qu'il y signale, il n'y en aurait que 12 dans les couches du Danemark, les 50 autres étant du bassin de la Seine. Nous sommes entré à ce sujet {antè^ vol. lY, p. 2(i2) dans des détails sur lesquels nous n'avons pas à revenir, et si, depuis lors, quelques observations ont permis de placer au même niveau les dernières assises de la craie de Maestricht et le calcaire pisolithique, il ne nous est pas démontré, ainsi que nous venons de le dire , qu'il en soit de même du calcaire de Faxôe proprement dit, lequel renferme encore des Ammonites, des Baculites et des Bélemnites avec des espèces communes à la craie blanche sous-jacente , et est recouvert à son tour par les calcaires de Stevcnskiint , où Ton cite des Ananchytes.

À partir de l'horizon de la craie blanche, nettement établi dans le nord de la France comme dans les Pays-Bas et les régions baliiques , et en n'attribuant à ces faits locaux que l'importance qu'ils ont réellement dans l'ensemble de la formation » nous ne pouvons voir autre chose ici qu'un exemple de ces modifications observées partout dans les derniers sédiments des grandes périodes géologi* ques, modifications qui préparent pour ainsi dire l'apparition d'une faune nouvelle. Par conséquent, tout ce qui se trouve au-dessus de la craie blanche, dans le bassin de la Meuse comme dans celui de la Seine , et sur les bords de la Baltique, est compris pour nous sous la dénomination de craie supérieure , et constitue le premier étage du premier groupe de la formation crétacée. Cet étage peut, suivant les lieux , présenter des différences plus ou moins prononcées dans son épaisseur, dans ses caractères pétrographiques, dans le nombre

(4) BulL, 2« série, vol. VII, p. 4 26, 4 850. — Prodrome de paléontoh^ic, yol. Il, p. 590, 4 350.

de M6ea.

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de ses couches et dans ses fossiles, lesquelles ne seraient que le résultat d'influences locales plus ou moins limitées, lia Dans rile de MOen, située au sud de Stevensklint et de FaxOe,

non.Ioin de la côte de Seeland , les falaises de craie, dit M. Lyell (1), ont de 60 à 150 mètres d'élévation. Les couches, accidentellement dérangées , sont en partie repliées , arquées , ou même verticales, comme sur les côtes orientales d'Angleterre {antè, vol. Il, p. 79, i!i52, ^59, et IV, p. 2^^), mais elles reprennent bientôt leur horizontalité et le tout est recouvert par un dépôt quaternaire de sable, d'argile, de cailloux et de blocs erratiques. Les sables et les argiles, souvent entourés par la craie , sont néanmoins toujours en relation avec le couronnement des falaises , par quelques fentes remplies aussi de sable et d'argile semblables aux parties enveloppées. De nombreux ravins, perpendiculaires à la direction des escarpements de la côte, représentent des ligues de brisures, et le dépôt diluvien supérieur semble s'être englouti dans leurs ahfractuosilés. De même que sur le littoral de Trimmingham (Norfolk), des masses de craie sont presque entièrement enveloppées, bu comme noyées dans le sable et l'argile , mais ici le phénomène a eu lieu sur une beaucoup plus grande échelle. De part et d'autre ou peut juger que les dislocations résultent d'actions violentes, purement locales, très récentes, et qu'un ou plusieurs soulèvements ont ensuite élevé la masse entière de l'île.

Ces faits ont été constatés de nouveau et décrits avec beaucoup de soin par M. C. Puggaard (2), qui a remarqué que la partie orientale de iMOen, plus élevée que toutes les autres îles du Da* nemark, présente, dans les falaises de MOens-Klint, un escarpement de plus de 125 mètres de hauteur, donnant une coupe naturelle très propre à l'étude de la craie qui s'y trouve surmontée de sable, d'argile et de cailloux quaternaires. La craie renferme des silex noirs, en lits ou eu rognons, des nodules de pyrites et de cèlestinc ; elle est blanche et sa texture est très fine. Les fossiles y sont nombreux et bien conservés , et , à l'exception des polypiers anthozoaires et des bryozoaires qui n'ont pas encore été suffisamment

(t) Transact. gcoL Soc. of London^ 2* série, vol. V, p- 243.— Procced.^'A,, vol. Il, p. 491, 1835.

(2) Môens Gcoio^ic, etc. Géologie de l'île de Moen, in-4 2 avec pi., Copenhague, 4 854.— /?£///., 2*série,vol. VllI, p. 532, une pi. 185t.

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