‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 21 sur 111 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

étudiés, l'auteur y signale 83 espèces, dont celles qui sont communes à d'autres localités permettent d'assigner à cette craie le niveau de la craie blanche proprement dite. Elle n*est point recouverte, comme dans la falaise de Stevenskiint et à FaxOe , par la craie supérieure , et cela sans doute parce qu'elle se trouvait émergée lors du dépôt de cette dernière.

L'auteur insiste , avec raison , sur cette circonstance que, malgré les bouleversements de toutes sortes qui ont affecté la craie de cette Ile , il n'y en a aucune trace dans les escarpements de la côte de Stevenskiint , situés k peu de distance au nord , et dont les strates sont parfaitement réguliers, suivis et uniformes. Ce n'est d'ailleurs qu'aux extrémités de la falaise de MCens-Klint, qui a 18 kilomètres de long, que la craie, redevenue à peu près horizontale, est régulièrement recouverte par les dépôts erratiques. Dans tout l'espace intermédiaire , les couches sont redressées , courbées , plissées en zigzags, en S, en demi-cercles ou en voûtes, en fer à cheval, ou bien coupées et interrompues par des failles énormes et entrelacées de la façon la plus bizarre.

Comme à^l. Lyell, M. Puggaard pense que tontes ces dislocations sont très récentes, presque contemporaines entre elles, et postérieures aux dépôts quaternaires, puisque ceux-ci en ont été partout affectés. Néanmoins, on peutci'oirequ'ellessontlerésultatd'un certain nombre de mouvements successifs, et, outre les directions principales qu'on y observe , on en remarque d'autres qui sont perpendiculaires aux premières. L'auteur attribue ces bouleversements à une pression latérale violente, ce qui est en effet très possible , mais que cette pression résulte de la contraction générale du globe , c'est une hy- |)othèse que 1* horizontalité des couches vers le haut et leur inclinaison vers le bas ne suffisent pas pour justifier. Un phénomène de cet ordre qui aurait eu une origine aussi profonde aurait laissé des preuves de son action sur une bien autre échelle que des brisures de quelques centaines de pieds, et n'aurait pas manqué de se faire sentir au delà de quelques lieues , sur les côtes voisines de la Seeland , par exemple , où tons les strates crétacés sont encore dans leur position première.

Le seul point du Danemark où se montrent le gneiss et le granité ^.„^^ semblables à ceux de la Scandinavie est la partie nord-est de l'iie de Bornholm , située sur le prolongement sud-est de la Scauie. Au sud et au sud-ouest, sont les roches siluriennes , continuation de celles de celte dernière province» puis viennent à l'ouest des couches plus

e daBomhutm.

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récentes» sur l'âge desquelles des opinioas assez diverses ont été émises. Ainsi , elles ont été rapportées d*abord à la formation car* bonifère , à cause de la grande quantité de charbon et d'empreintes de Fougères qu'on y trouve, et regardées ensuite comme de l'époque quaternaire avec des lignites, Alex, Brongniart les plaçaitdans le lias, et le docteur Pingel dans Viron-sand. Enfin, M. Beck (1) les met en parallèle avec celles qui , en Angleterre , sont comprises entre les sables d'Hasdngs et les derniers sédimenu» du grès vert inférieur. On y rencontre des Pecopteris et des capsules de graines de la famille des restiacées, semblables ii celles du Sussex, Desix)quille8 marines se trouvent associées aux débris de Fougères, et le dépôt parait s'être formé dans la mer, à peu de distance de l'embouchure de la rivièreou du delta où se formaient aussi les couches wealdienncs du nord-ouest de i'Alfemagno. M. Forchhammer (2), qui croyait avoir trouvé des Fucoîdes (F. intricatm) dans ces couches , y voyait le représentant du grès desCarpathes et des Alpes, probablement de ceux qui, plus tard » ont été rangés dans le terrain tertiaire inférieur, et que plusieurs géologues prenaient alors pour une dépendance du trias. Quoi qu'il en soit, il nous semble qu'on doit voir dans ces strates le prolongement sud*est des grès d'Hoganaes et de HOr, dont nous avons parlé ci «dessus , et qui sont eux-mêmes assez problématiques. Au sud de ces assises charbonneuses sont des sables siliceux et des calcaires renfermant SO ou ^0 es|)èces de co(|uilles, et que M. Beck rapporte au grès vert supérieur. Près d'Arnager, il existe un petit lambeau de calcaire blanc -verdâtre , rempli de fossiles du premier étage de la craie tufleau ou lower chaik des environs de Lewea (Sussex).

J 3. PoniérAni«.

, il* Les couches créUcées de l'île de Rfigen , dit M. F. de Hagenow (3),

[^) Noies nn the geology^ etc. Notes sur la géologie du Danemark, (Proceed, geol. Soc. of London^ vol. II. p. 217, 4 835). — Vargas Bedmar, Die Insel Bornholm ^ Francfort, 4 849. — Miner, Tas-^ chenh,^ 4 820, p. 3. — Oersted et Esmark, Beretning om en Un-dersogclse over Bornhobn's^ etc., in-8, avec carte. Copenhague, 4 920. — Garlieb et Rawert, Bornhulm besereveny etc., in*8, aveo carte géol, Copenhague, 4 84 9.

(2) Jnn. derChcm. v, Poggendorjf, vol. LVIII, p. 609.— Quart. Journ. geol. Soe. oj London^ vol. 1, p. 262, 4 846.

(3J Monographie der ROgen ':^chcn Kreide^Versieinerangen {Ncu.

POMÉRAÎÏIB. i^^

se montrent principalement dans les falaises qui bordent la côte de la presqu'île de Jasmund, et qui, près de Stubl)enkammer, atteignent une hauteur de 133 mètres. Depuis Sassnltz jusqu'à Ranzow la côte est formée de craie pure, blanclie, avec des lits de silex nombreux et parallèles , et surmontée d'un dépôt quaternaire de 0™,60 à 1 mètre d'épaisseur. Au sud-ouest , on la voit encore recouverte , çà et là, de sable et de cailloux routés, et il en est de même le long de la péninsule de Witlow, dans Tilc d'Hinddensee, sur les parties boisées de Granitz, etc. La craie incline faiblement vers l'intérieur du pays où il est rare qu'elle affleure à la surface, excepté près de Poissow, Hoch-Scelow, Krentz, etc., dans la presqu'île de Jasmund, près d'Altencamp et de Preseke, dans l'île de Rugen proprement dite. Les silex, quelquefois en plaques minces, se perdent ou se fondent insensiblement dans la masse, circonstance dans laquelle M. de Hagenow trouve une preuve de la tranquillité des eaux où se déposait la craie, et qu'appuierait la conservation parfaite des polypiers et des bryozoaires les plus délicats. L'extinction de quantités innombrables de Méduses serait, suivant lui. la cause première de la présence des silex dont la substance aurait été, à ce qu'il semble, comme attirée ou extraite de la masse crayeuse par l'influence de ces corps organisés. Nous nous abstenons d'émettre aucune réflexion sur l'étrangeté de cette hypothèse ; il suffit d'avoir observé avec quelle rapidité sont détruits et disparaissent les corps des Méduses rejetés sur les plages , pour être convaincu qu'ils n'ont jamais pu exercer aucune action sur les molécules de silice environnantes.

Sur la côte de Stubbenilz , un soulèvement violent a bouleversé et crevassé en tous sens la masse de craie en l'inclinant au S. L'horizontalité de celle-ci est d'ailleurs l'exception et les strates offrent tous les degrés d'inclinaison juscju'à la verticale. A un demi-mille

Jahrb., 4 839. p. 253, pi. 4 et 5. — Ib., 4 840, p. 631 , pi. 9.— Ib., 1 842, p, 526, pi. 9). — Voyez aussi F. -Ad. Roemer, Die Versteincrun^en d, nonld. Kreidr};L'b., ^. h\%^ 4 840. — H.-B. Geinitz, Das Quadersandst. oder KreAde^eh.^ etc., p. 69, 4849, — Les roches geccDdaires de la Poméranie et la craie des Iles de RUgen , Usedom et WoUin [BuUische Studicn^ etc., publiées par la société de Poméranie, cah. I, Sletliii, 4 835). — W. Dunker, sur la monographie des bryozoaires de la craie (iW-^. Jahrb,, 4 8i9,

4fl8 POMERAMB.

au nord de Sassnitz, sur la côte de Kielcr, on observe une muraille crayeuse de 100 mètres de hauteur, dont les couches inégalement soulevées sont fracturées de haut en bas, et dont les fentes ont été remplies par le dépôt de transport diluvien. Cette partie du littoral de l'île appartient aux assises les plus basses qui viennent au jour dans le pays , comme le prouvent le sens de leur inclinaison et la grande abondance des polypiers. Les assises supérieures, brisées et dénudées dans la partie septentrionale de Tile lors du soulèvement, ont été soumises ensuite à Taction énergique de^ glaces venant du nord, et ont en grande partie disparu.

L'auteur fait remarquer que Tinclinaison générale de la craie dans rîle de Mt>en paraît être au N. , tandis que dans celle de Rûgen, elle serait au S. ; mais il ne doute pas que dans cette dernière le phénomène n*ait aussi eu lieu à Tépoque diluvienne ou mieux à la fin de cette époque. Le fond de la mer doit avoir été auparavant couvert d'un puissant dépôt de transport qui lors des dislocations se sera introduit dans les fentes. Des blocs enveloppés d'abord dans ces accumulations détritiques se trouvent aujourd'hui sur les points élevés du pays. Tels sont les blocs de granité de la presqu'île de Jasmund, près de Bisdamitz, qui ont de 1000 à 5000 pieds cubes. Dans cette partie du pays, l'épaisseur du dépôt de transportest très faible, et la craie est presque partout à nu. Tout porte à croire, en effet,- que le soulèvement et la dislocation de la craie, comme la dénudation d'une partie des accumulations détritiques et le remplissage des fentes, sont des phénomènes postérieurs aux dépôts quaternaires. Gomme les îles de MOen et de Bornholm, l'île de Rûgen ne présente point de trace de la craie supérieure de la Seeland. M. de Hagenow signale seulement , sur la côte de l'île d'Usedom, un bloc considérable de calcaire gris , assez dur, parsemé de points verts, et dans lequel se trouvaient des fragments à'Ananchytes ovata.

Les fossiles des dépôts quaternaires de Rûgen sont principalement des dents d'Éléphant, de Bos tûurus, deCheval, de Cerf-Élan et des bois de ce dernier animal.

Dans la partie de son travail , publiée en 1839, M. de Hagenow a décrit et figuré , comme provenant des couches crétacées, iUl espèces de spongiaires, d'anthozoaircs, et plus particulièrement de bryozoaires ; dans la seconde, publiée en 18/iO, il a traité des radiaires et des annélides, et donné un supplément pour les polypiers. On y remarque 7 CidarU^ dont les C. vesiculosus, Gold.,

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