ALPES MARITIMES
vert qui les séparent des calcaires jaunes, compactes, sous-jacents. Le premier, à la Madona de liaghetto, b la plaine d*Eza, au Rayét, près iMonte-Calvo, renferme les Ammonites Lyelli, Leym. , mamiilaris, firug., Roissyamis, d'Orb., Delaruei^ id., interruptus, d'Orb., Beudanlij Al. Brong., lalidorsntus , Mich., le Discoidea subuculiis, Ag., etc., qui annoncent, de la manière la plus positive, l'iiorizou du gault que nous n*avions fait que soupçonner. Le second banc qui se reconnaît à ses petites oolitiies de fer hydraté, ovales et déprimées, a présenté, dans les localités de Monie-Calvo, San Lorenzo di Turbia, aux fossés de Saint-Hospice, à Torretta, au col de Revello, etc. , des fossiles propres à Tétage néocomien inférieur, tels que les Ammonites Astierianus, d'Orb. , cryptoceras, id. , difpcilis, id. j Leopoldinus ^ id., Heliacus^xà.^ Ixion, id., radictus^ Brug., angulicostatus , d*Orb. , le Crioccras Emerici , Lév. , les ffelem^ nites diiatatus, Blainv. , et subfusifoimis^ id., etc.
Ces deux bancs, qui se montrent très rarement ensemble, ont de un à quelques mètres d'épaisseur seulement et recouvrent d'une manière concordante le calcaire compacte, jaune, plus ou moins dolomitique, qui constitue les flancs et les sommets des principales montagnes des environs de Nice pour se prolonger ensuite dans la Liguric orientale. Ces calcaires jaunes, divisés, par l'auteur en trois assises, appartiennent à la formation jurassique, comme le prouvent leurs fossiles, et M. Ferez montre les raisons qu'a fait valoir M. Sismonda, pour les placer dans le groupe néocomien, contrairement h l'opinion exprimée par M. de la Bêche, par M. Bucklan^l et sur la carte de M. de Dechen.
La série crétacée est donc encore ici représentée f^r ses quatre groupes, dont trois à la vérité sont presque rudimentaires, mais tellement caractérisés par leurs fossiles,, que toute incertitude à leur égard doit cesser. Elle est, en outre, recouverte par un développement complet de la série nummulitique, de sorte que cette partie des Alpes qui vient expirer sur les rivages de la Méditerranée nous oiïrë la continuation directe, modifiée seulement dans quelques uns de ses détails, de ce que nous avons vu dans le Dauphiné et la Provence. Celte succession de dépôts avait été aussi reconnue par sir R. Murchison (1), et par M. Studer(2), mais sur la carte géologique
(<) O/i thc structure oj the Jlps ^ etc., sur la structure des Alpes, etc. ( Quart. Journ, geol. Soc. nf London , vol. V, p. 273, 1849).
(2) Géologie derSchiveiz, vol. I, p. 46, 4 851, avec carte
70 HILANATS.
qa*a publiée ce dernier savant, une seule teinte, représentant à la fois les formations jurassique et crétacée , confond , tout en séparant nettement de la craie le groupe nummulitique, certains dépôts que ses prédécesseurs avaient distingués.
Paléontologie. Daus SOU Mémoire sur les échinides fossiles du comté de Nice (1 ) , M. Eug. Sismonda a signalé le Toxaster complanatus , Ag. , et le Discoidea macropyga, Ag. , comme caractérisant les couches néocomiennes, puis V Holnster Sandoz^ Ag. , et le Discoidea rotula, id. la craie tuflfeau, enfin V Ananckytes ovata, Lam., le Micraster coranguinum, Ag. , le Schizaster eurynotus^ E. Sism.. et le Cidaris clavigera. Parle, le groupe de la craie blanche. Le savant paléontologiste de Turin, qui admettait alors le passage d*espèces secondaires jurassiques et crétacées dans les dépôts tertiaires nioyens et supérieurs, et qui croyail(]uc la formation tertiaire inférieure manquait dans ce pays, a sans doute modifié son opinion à ce dernier égard, comme le prouve la description qu'il a donnée récemment des échinodermes des dépôts nummuliiiques du comté de Nice (2).
Nous réparerons Ici une omission importante que nous avons commise bien involontairement dans le tome H et la premit're partie du tome III de cet ouvrage en ne mentionnant, ni au terrain tertiaire ni au groupe nummulitique du même pays, rexceilent mémoire de M. A. Sismonda, intitule: Observations géologiques sur les toTains des formations tertiaires et crétacées en Piémont (3). Les couches que Tauteur y décrit comme crétacées ont été placées par nous* dans le groupe nummulitique de la |)ériode tertiaire inférieure.
$ 9. atilanaîs.
Depuis la région qUe nous venons d'examiner jusque sur la rive méridionale du lac Majeur, aucune couche crétacée ne vient
(1) Monogrnphïa degti fchfnfdf fnssiU del Pfemonte ( Mem. delta r, Jccact, <ii Torino , V sér., vol. 111, p. 4, 4 842), — Memnria geo-znoln^^ica xfigH echinidi fossili del contadn di Nizzn [Ib,M. VI, 4843).
(2) In Bellardi , Catalngue raisonné du comté de Nice [Mém. de la Soc. gênl. de France^ 2« sér., vol. IV, 4 832 ).
(3) Osservnzioni geolo^ic/ic sui terrent dette formazioni , etc. (^Mem. delta r, Accad. dette scienze di Torino, 2* sér., vol. V, p. 449, 4843).
affleurer entre les dépôts quaternaires ou tertiaires du bassin supérieur du Pô et les roches cristallines du pied des Alpes qui circonscriTent à TO. la plaine du Piénmnt.
M. L Pasini (1) disait, dès 1831, que les divers calcaires du Milanais, de même que ceux qui leur ressemblent et qui ne sont pas associés au macigno, doivent sans aucun doute être rapportés I la scagiia du Vicentin, étant souvent identiques avec elle par leurd caractères rainéralogiqu^s et se trouvant en contact avec les calcaires jurassiques. A Gavirate, au-dessus du lac de Varèso, le marbre majolica, très blanc, à cassure unie, avec des silex pyromaques, ressemble parfaitement au bianeone (2) des pentes du mont Sumano. On observe de part et d*autre les mômes irrégularités dans la stratification, et, sur le bord oriental du lac de dôme, beaucoup de ces calcaires noirs, pénétrés de veines spathiques, qui recouvrent çà et là les dolomies que Ton croyait d*abord au-dessus, sont les équivalents de la scagiia noire, qui se montre par places dans le Vicentin. Les calcaires noirs de Yarenna, dans lesquels on a poussé des galeries fort étendues, seraient encore du même âge. Enfin dans le Milanais, comme dans le Vicentin et les Apennins, les mêmes calcaires variés et d'autres roches superposées à la dolomie et qui représenteraient le grès vert sont surmontés par la scagiia. Partout il faut reconnaître Texistence de ces dépôts crétacés antérieurs aux sédiments tertiaires, qui se montrent çà et là sous divers as()ect9. Quoiqu'il semble y avoir ici une certaine confusion entre la majolica et le biancone d'une part, avec la scagiia de l'autre, cet aperçu de M. Pasini est beaucoup plus exact que ce que l'on a souvent écrit depuis sur le même sujet.
Nous voyons néanmoins, dans une communication subséquente, le même géologue (3) signaler, entre le lac d'Iseo et la (.arnia, et en allant de bas en haut, à partir des calcaires oolithiques, 1** un calcaire avec Hippilfites, Sphérulilcs, Volutes, Nummtdites (Orbitolites) ? et polypiers alternant avec un calcaire compacte ; 2' un calcaire constamment rouge et argileux, rempli d*Ammonites, de
(1 ) Rapporti geognostfri , etc. Rapports géognostiques entre quelques points des Apennins et des Alpes [Ann, dcgli se. cieiregnô lomb. veneto.y fasc. V. sept. oct. 4 834).
{t) On trouvera plus loin la déGnition pétrographique de ces expressions locales.
(3) Attl délia prima riun. degli scient, f/»/., en 4 838, p. 99, in-4, Pise, 4 839.
Térébratules, A'Aptychus latnellosvs, d'ossements de Crocodiles,etc ; 3** un calcaire blanchâtre, quelquefois argileux , h cassure unie et conchoïde {biancone)^ lorsque ses couches niférieures sont puissantes, et qui prend le nom de scaglia quand, vers le haut, elles deviennent moins fragmentaires. L'une et l'autre assise renferment des silex. D'après M. Pasini, les trois assises représenteraient la craie et le green sand, et leur liaison est si parfaite qu'il serait presque impossible de les séparer. Nous verrons cependant que celte coupe renferme deux erreurs fondamentales, l'une parce que le calcaire n** 1, au lieu d'être à la base de la craie, doit se trouver entre les deux assises du n° 3, l'autre parce que le n" 2 appartient à la formation jurassique et non à la craie, ta Brian«o. M. Provana de Collegno (1), après avoir parcouru les Alpes lombardes en 18^0, rapporta certaines mollasses de la Brianza aux poudingues de Sirone, qui renferment des Hippurites. De leur côté, MM. Ant. et Giov.-Batt. Villa (2) divisèrent en trois étages la formation crétacée de cette même colline de la Brianza, située au nord-nord-cst de Milan. Ce sont, de bas en haut : l* élage inférieur ou de Rogeno, qui comprend des calcaires psammitiques compactes avec des débris de reptiles (Paieosaurus et Hyleosaurus) , de polypiers et de Fucoïdes (ce serait à la fois l'équivalent du groupe wealdien et du groupe néocomien) ; T étage moyen ou de Breno et de Sirone, formé de calcaires marneux psammitiques, de calcaires à Nummulites (3) et de poudingues avec rudistes. Dans ce second élage, les auteurs distinguent six assises d'après les diverses vauiétés de roches. La première de ces variétés est blanche, légère, farineuse, passant au vert et au rouge ; la seconde marneuse, divisée en couches, alternativement minces et épaisses, renferme des Ammonites, des Scapbites, de nombreux Inoceramus Cuvieri et Lamarckii {h) ;
{\)BulL, vol. XIII, p. 266, 1842.
Sttlla costUuzianc ^ etc. Sur la constitution géologique et géognostique de la Brianza et principalement sur le terrain crétacé. In-8, Milan, 1844.
(3) Ces Nummulites sont sans doute dcsOrbitolites, ou bien l'assise qui les renferme siérait supérieure à la série crétacée proprement dite.
(4) Voyez : Ant. et Giov. Batt. Villa., Album rrpert, scient, artfst, lifCcr. di Milano, n" \\, 1842. — Balsamo Crivelli , Sttlla giaci titra ^im combustiblle pressa Romano ( Giorn. /, R. Istittito lombardoj 3 août 1843). — L. Pilla, Saggîo comparative y etc.
NlLANAla. 73
la Irobième, coinpacie, monlrc des Fucoïdes avec les infimes Iiiocérames, puis, lorsque le grain devient plus fiii, passe à la qualriËme, qui esl Manche ou cendrée, toujours plus compacte que les aulnes, et dans laquelle sont les Nuinmulitcs avec des {Kiljpient, des radiaires, des coquilles et des denisdc poissons. La cinquième «anélé est rouge et moins rossilifùre, !i l'cxcepiioii de grands corps scrpuliformes ; elle alterne avec uue brèche, cl les poudingues M les sables de cet éiagc, qui coiisliCuent les dernières variÉi^'S, sont ordinairement bleuâtres Ils passent insensible ment aui marnes sableuses et aux calcaires à Inocérames ou bien alierneni avec eux. On y trouve la Tornotella yiganlea , Sow,, V ffippunfes biocutata, Lam., \'/f. orgonisans, Des.Moul., VU. sulcata, Defr-, etc. {!]. Des Cfine», des Truques et des Volutes y avaient è\É sigjialés par erreur, liuriti l'éloge supérieur ou de Vigatiù, désigné aussi sous le nom de Matera, sable ou muUasse, et composé de psammites micacés, sans fossiles, modifications des couches précédentes auxquelles ils passent.
Toutes ces assises, redressées généralement au N.-E. , sont en slratificalion concordaiiie avec celles de la formaiion jurassique sous-jacenie et représenieraieni, suivant Mil. Villa, toute la formation crétacée ; mais i'éiage supérieur et une partie du second, iious semblent ap|)aitenir au groupe iiummulilique. Quant aux dépôts tertiaires (loslérieiirs au soulèvenicnl, ils sont horizontaux dans les dépiessions du sot ou ont été dénudés en partie et entraînés par les courants.
Sur le revers méridional des Alpes, la formation crétacée préseniegénéralemeiil, dit M. de Dollegno ('Jj:!' un poudin^e suu- j vent employé comme pierre menliùre et contetianl parfois des Hippurites; 2" un giés plus ou moins ai^ileux , avec de nombreuses empreintes de t'ucuïdes ; 3" un calcaire à Numnmiiles ; h' des marnes bigarrées rouges et bleues. D'après les détails que ce géolt^ue donne ensuite, nous avons dû rapporter au groupe nnmniuliiique [ttntè, vol. 111, p. 223) les trois dernières assises ou étages que nous venons d'énumérer, de sorte que le poudingue seul appariicndraÎL incontestablement k la craie. Ce dernier est ordinairement rumpoté de cailloux, de silex grisâires et de calcaires jioirilres ou gris ; ceux de grauite, de gneiss et de porphyre sont 1res rares, et la plupart
(<) Voyez sur ces rudistes ; Cenni gcol. titi lerreni I Lombarelia {PolitecknUo, \ 839).
(î) B,,ll., 2' sér., Tol. f, p. (97, I8ti-
de SOS éléments proviennent de la formation jurassique. Le diamètre des cailloux varie de 1 5 6 centimètres et le ciment calcaire qui les réunit étant très dur contribue à rendre la roche propre à F usage de pierre à meule. L'épaisseur de cette assise est d'environ 80 à 100 mètres à Sirone, où elle est exploitée et où M. de Cotlegno cite VHippurites cornu-vaccinium , Bronn. , la Tornatella gigantea, Sow.» et quelques autres fossiles.
Ces couches très puissantes de Sirone sont situées presque exactement à Test de Monte-Orfano où la roche exploitée est aussi un poudingue h ciment calcaire avec cailloux de quartz et de calcaire. Lorsque le ciment tend à prédominer, des bancs calcaires alternent avec des bancs de poudingue. Les strates, dirigés à peu près E.-O., semblent être le prolongement de ceux de Sirone, quoiqu'ils en soient séparés par la vallée du Lambro, qui a 10 h 12 kilomètres de large. Le monticule qui porte les ruines du château de Baradello est encore formé d'un poudingue analogue au précédent comme la montagne dont la route de Côme à Lugano suit la base septentrionale. C'est dans cette partie que sir II. T. de la Bêche avait constaté une discordance de stratiOcation avec les calcaires gris de fumée à silex, discordance qui s'observe encore sur d'autres points, et qui permet de séparer nettement ces poudingues des calcaires de iMoltrasio, de Villa-Albesc, du Buco del Pionibo, etc.
Quant au calcaire majolica ou biancone et à la scaglia bianca dont nous avons déjà parié, M. de Collegno (p. 182) les range dans la formation jurassique, et nous en dirons dès à présent quelques mots, sauf à justifier plus tard, par les recherches de M. Pasini, de M. Catullo (1) et de M. Filippi (2) le classement que nous avons adopté. Les observations de L. de Buch sur les Ammonites da calcaire rouge n'infirment point d'ailleurs cette manière de voir, ce calcaire n'ayant de commun avec celui qui appartient à la craie que sa teinte rouge. On a vu que M. Pasiiii rapportait aussi à la craie les calcaires noirs de Yarenna et des calcaires rouge brique que M. de Collegno place dans la formation jurassique, entre ces derniers et le calcaire majolica, La coupe N.-S., prise au norà da lac def Varèse (3), montre la superposition du calcaire rouge an cal-
'\\ Saggio di zoologia fossile délie provincie venete.
[2) Sur le terrain secondaire de la provinoe de C(^me { Biblfot. itaUana , vol. XCI).
(3) Loc. cii.y pi. 2, fig. 3 et 5.
Caire gris à silex, cl la coupe X. -S. de Creveniia, la su|)erposiiion de la majolica an calcaire rouge, comme celle de ce dernier au calcaire gris de fumée , le calcaire noir de Varenna (marmo di Varenna) formant le sxibstrcdum du lout. Ces quatre étages se recouvrent ici à niveau décroissant. La mnfoiica, qui, pour l'auteur, est la partie la plus élevée de la formation jurassique, est un calcaire blanc, compacte, à cassure conchoîde, renfermant des druses nombreuses de carbonate de chaux et traversé de veines noirâtres très déliées. Les silex y sont fréquents dans toute son épaisseur, qui est de 50 à 60 mètres. Sa blanchf'ur éclatante le fait remarquer de très loin ; ainsi depuis la hauteur de î.ipomo, au sud>est de Como, on voit se dessiner, sur la dernière pente des Alpes, tous les tournants de la route qui monte à Ponzaie et qui est taillée dans le calcaire mnjoltca. M. de Coltegno ne pense pas qu*on y ait jamais trouvé de fossiles, mais il est |)orté à admettre, d'après M. Pasini, que ce calcaire et le calcaire ronge marneux sous-jacont se retrouvent dans les Alpes du Vicentin et du Frioul, avec les mêmes caractères paléontologiques et minéralogiques que dans les Alpes de TËrba.
M. Cloquand (1), rontrairemonl h une assertion de L. Pilla, qui regardait la Terebratula dipkt/n comme une coquille exclusivement néocomienne, pense que le calcaire rouge deVarèse, ainsi que l'avait dit M. Caiullo (2), doit être placé dans le groupe néocomien. Ce calcaire n'est pas d'ailleurs le même que celui du lac de Côme, de la Spezzia, de Campiglia, etc., où se trouve V Ammonites Buàklandi, etc. Mais M. de Collegno(3j,eu insistant sur la classification précédente, fait remarquer qu'à Induno, au nord de Yarèse, une faille a porté te calcaire ronge à Ammdnites à la hauteur d'une marne rouge à Fucoîdes, et il présume que cette circonstance a pu faire croire que le calcaire rouge de Yarèse n'était pas celui de Gôme.
De son côté , M. Curionl (^), réunissant le calcaire à Ammonites et le biancone de la Lombardie au calcaire rouge ammonitifère et au biancone des provinces vénitiennes, trouve que les Ammonites de ce calcaire sont, les unes communes aux deux pays, les autres propres aux provinces vénitiennes, et qu'elles ressemblent davantage
(1) Bull., 2« sér., vol. Il, p «92, nntn , 1845. '2) Ib,, vol. I. p. 525. 1843.
|3)76., vol. H, p. 365. 1845.
4) Jtti (icUa sesta ri un, dcgli scienz, ital. tenu ta in Milnno ^ sept. 1844, in-4, p. 542.
76 BIIUI9AIS.
aux espèces jurassiques qu'à celles du lias. Cependant, dausla Lombardie, ces coquilles sont dans des marnes rouges placées à quelques mètres au-dessus des calcaires jurassiques proprement dits, souvent discordantes avec ces derniers, dont elles seraient séparées par des grès et des marnes, comme dans la Yénélie. Quant aux calcaires rouges ammonitifères d'£rba, de Besano, eic, les treize espèces d'Ammonites et les quatre Térébratules qui y ont été recueillies ont été reconnues par L. de Rucb (1) |)Our ïippartcnir à la formation jurassique.
Nous avons dit {antè, vol. IH, p. li/t) que dans la cou)ie de la Brianza, près Paderno, faite par les géologues réunis au congrès de Milan, la craie ne commençait qu'au calcaire rouge placé sous la brecciole nummulitique, et il en est de même de la coupe de la montagne située au-dessus d'Induno où, sous les marnes calcaires plus ou moins dures, micacées, rouges, tachées de verdâtre, avec quelques Fucoîdes, viennent un calcaire rouge, plus compacte, avec des rognons de silex, et un calcaire gris compacte, avec des silex et des traces d'Ammonites, lequel passe à des calcaires doloniitiques dans le voisinage des roches ignées (2).
Parmi les géologues qui se sont occupés de la formation crétacée du nord de l'Italie, M. A. de Zigno est celui qui a le plus contribué à éclaircir toutes les questions douteuses qui s'y rattachaient, et bien qu'il ait plus spécialement étudié ces dépôts dans les provinces vénitiennes , l'application qu'il a faite de ses études au Milanais a jeté une vive lumière sur la cause des contradictions où nous venons de voir qu'étaient tombés ses prédécesseurs. L'existence dans cette partie des Alpes, dit le savant que nous venons de citer (î))', de deux calcaires rouges, souvent minéralogiquement identiques, mais dont l'un est inférieur, et l'autre supérieur ^ubianconc, puis les fausses apparences produites par les dislocations et les renversements, lors du redressement de la chaîne, expliquent assez les opinions diverses émises sur leur classement.
{\) Jeti délia ses ta rhui, degli sctcnz. itaL tcnuta in Milano^ sept. 4 844, in-4« p. 545.
[2| IbUL, p. 574.
3) Sali terrcno cretaceo flell'ltalla settcntrionale, Padoue , 4 846. — Atti délia ottava rin/i., etc., à Gênes, en 4 846,10-4, p. 54 4, Gôoes, 4 847. — Memoria sopra due fossili délia cale, bianca dci monti padovani [Giorn, deirisiitut, lomb. venct.^ vol. XII).
Dans le véritable biancone ou marmo majolica^ reconnu sapérieur au calcaire rouge aminonitifère qui, comme on vient de le dire, fut au congrès de Milan placé dans la formation jurassique, 51. de Zigno n'a pas trouvé une seule espèce fossile qui appartînt à cette dernière période; il y a observé, au contraire, celles qui dans tout le sud de la France caractérisent le groupe néocomien. Ce sont : Crioceras Da Rio, Zig., T. Enwici, d'Orb., C. Ihwalii, id., - '
C. Coiriuelianus, id , Belemnites dilatatus, Blainv., B. lotus, id.. Ammonites Asticrianus, d*Orb., A. macilentus, id. , A, Juilieti, id, , A, quadrisulcatus, id. , A. bidichotovms^ Leym., A, Guettardi, d'Orb., A, inœ'guaiicoslatus, id., A, Grasianus^ id. ,.4. Morelianus, id., A. snàfimbriatus, id. , A, redicoslalus, id., A. McUhe" roni, id., A. Tervei'i/iû, , AncyloccTas dilatatus, id-, Terebratula triangulus, Lam., Aptychus radians. Coq., A. Didayi, id. Les fossiles du calcaire rouge aminonitifère jurassique sont : Ammonites annuiatus. Rein., A. communis, Sow., A, Hoiandî^ei , d*Orb,j A, liequienianas^ d'Orb., A, fimbrialus^ Sow.
En résumé, dit l'auteur, la scaglia marneuse rouge n'a aucun rapport avec le calcaire rouge ammonilifère placé sous le biancone* Entre cette scaglia rouge et le biancone il y a une scaglia grise à Fucotdes et le calcaire mmmulitique crétacé reposant sur le mai^mo majolica. On verra plus loin ce qu'est ce calcaire numniulilique. Enfui, le biancone constitue la partie inférieure de la formation , dans la Lombanlie comme dans les provinces vénitiennes, et correspond au groupe néocomien de la Provence et du Daupbiné.
^ 3. Provinoet ▼énitiemiet.
Dans le Véronais, le Vicentin, le Padouan, la province de Bassano, le Bellunnis et le Frioul, les dépôts qui nous occupent ont encore donné lieu à plus de controverse qqc dans le Milanais, mais la discussion a suivi à peu près les mornes phases pour se terminer aussi en même temps et de la même manière.
Suivant .M. Pasini (1) , les roches secondaires des Alpes vénitiennes Recherches auraient été déposées, h leur niveau actuel, sur une protubérance gf. Witù, etc. de micaschiste qu'avaient soulevée les dolériles. Ces montagnes se-
(I) Richcrche groh*>ic/i(! .sultcpocoy Ole. Recherches géologiques sur Tépoquo à laqueilo doit se rapporter le soulèvement des Alpes vénitiennes, in-4, Padouo, 1831.
condaires, ejL parliculièrenient les roches jurassiques, furent sillonnées par quelques vallées et dégradées, ça et là , avec les premiers dépôts crétacés qui, dans le Yiccuiiu, sopt inclinés sur les pentes des calcaires jurassiques demeurés horizontaux (Mont Sumano). La scagli'a se serait aussi déposée comme un manteau dans le fond des vallées, sur leurs flancs et sur les plateaux horizontaux ou inclinés, en se modelant sur le relief du sol sous-jacent, et eu atteignant toutes les hauteuis auxquelles s'élève le calcaire du Jura lui-même. Quant à ces vallées, l'auteur ne les attribue pas à Teffet d'un soulèvement , parce que la masse entière du terrain secondaire n'est pas coupée par des lentes qui atteignent jusqu'au micaschiste et que beaucoup de ces vallées ne descendent pas au-dessous du calcaire jurassique; aussi les attribue- t-ii à des érosions dont on observe encore les efl'eb sur leurs flancs. Ue plus le terrain tertiaire, loin de recouvrir toujours Isiscûglia, à stratification discordante, occupe souvent des bassins excavés dans cette roche, à un niveau assez bas et en strates horizontaux (Iloveredo, Arco, Valsugana) . Go en observe aussi dans tes dépressions et sur les tranches du calcaire jurassique, de sorte que les vallées et les montagnes avaient acquis leurs formes actuelles avant ces mêmes dépôts tertiaires.
Cette manière de voir se trouvait opposée à celle qu'avait émise sir U. Murchison (1) pour les environs de fiassano. Ce dernier, ayant en ellet remarqué que, entre Asolo et Possagno, le terrain tertiaire, la scaglia et le calcaire jurassique ou la dolomie, plongeaient tous d'environ 35 degrés vers la plaine, et, qu'à Campèse , sur la rive droite de la Uienta, ces mcn.es terrains, toujours parallèles, étaient redressés jusqu'à la \erticale, en avait conclu que tous aussi avaient participé, en même temps, à une des grandes révolutions qui ont soulevé les Alpes voisines du i^rol. Par conséquent, les Alpes vénitiennes avaient dû être également portées avec tous leurs dé ^ôls à leur hauteur actuelle par un mouvement plus récent que les sédiments tcriiaiies. Aussi Ai. l'asini s'est- il attaché à faire voir que l'inclinaison du calcaire jurassique, et à plus forte raison sa verticalité, n'existent pas; que la scaglia n'est qu'accidentellement déiangée et que les couches tertiaire^ ne font que participer à ces irrégularités. L'absence de roches basaltiques à Possagno et à Campèse, invoquée aussi par M. Murchison à l'appui de son opinion, ne
(ij Philos, magaz., juin 1829. — Tvamact, geoi. Soc, of Lon^ don, 2» sér., vol. ill, pi. 26, fig. 4, 4 832.
PROVINCES VÉNITIEMNKS. 79
serait pas réelle, taadis que celles de ces roclies qu'a observées M. Pasini rendraient compte des dislocations locales et des redressements accidentels qu*il a mentionnés. On a déjà vu {antè, vol. Kl, p. 118) que le célèbre géologue anglais, parcourant de nouveau, vingt ans après, le même pays, n*y trouva que de nouveaux moiife pour s'aflerniir daus ses premières vues, contrairement è celles de 5J. Pasini
Sur la carte qui accompagne le Mémoire sur la structure des Alpes orientales (1), MM. Murchison et Lycll ont tracé une bande continue et fleiueuse, depuis le lac de Garde jusqu'à Tesi d'ildinie, et qui représente toutes les couches, depuis la scaglia ou craie rouge du Tyrol méridional jusqu'à la base de ia série sableuse du grès vert, à la partie inférieure duquel les auteurs plaçaient alors le grès de Vienne, opinion que les recherches plus récentes de Tuu deux lui ont fait compiéteme^it abandonner pour reporter ce grès dans le groupe nummulitique.
Dans le Vicentin, dit ailleurs M, L, Pasini (2), il y a quelques Curacièies dépôts arénacés et calcaires remplie de fragments de coquilles et b.ciTgiiu. représentant le^r^^ vert, mais ils sont limités à un petit nombre de points, tandis que la roche qui recouvre le pins ordinairement, sans intermédiaire, le calcaire jurassique des provinces vénitiennes, est ia scaglia , tantôt pareille à celle du Vicentin , tantôt différente. Dans celte dernière province» la roche est très variable et constitue un calcaire tendre, friable, semblable à ia craie blanche des environs de Paris (Marcelise, Camporovére), ou un calcaire rougeâire, argileux, à cassure conchoîde (scaglia propric dità) (Magré, Saint- Orso, Roveredo), ou bien encore un calcaire plus argileux, presque aréuacé (Possagno, Feltrino, Molenitlo). Tantôt c*est uu calcaire noir, schisteux par places et renfermant quelques Fucoîdes ^vallée du Crodii, val Caguese près VaJdagno, vallée délie Frate à Saint- Orso), tantôt un calcaire compacte blanc, à cassure unie ou conclioïde, semblable au marmo jnajoiica de la Lombardie (pentes du mont Sumano, environs de Valdagno). Quelquefois d*une teiqte cendrée ou jaunâtre, elle ressemble à Vaiùerèse de la Toscane
(4-) A sfiitch i'j iht struciutc oj ihe ctntvrn ,Hps ^ etc. ( Tiunsact. ^eol. Soc. oJ Lu/m lu y 2* bér., vol. 111, p. 301, pi. 35, I 842 ). Cette partie de la carte a été coloriée à la suite d'un voyage particulier de MM. Murchison et Lyell.
v2) yé/in. c/cgli se. dtl rt'gno Ivntb, vtti,^ fasc. 5, sept.,oct. 183t.
80 PROVINCES VENITIENNES.
(Magré), et, indépendamment de beaocoop d*aatres variétés moins importantes, on peut signaler encore celle qui, d*ane couleur ver-* dâtre, tachée de jaune et de rouge et assez argileuse, est une sorte de mélange de tuf basaltique et de calcaire écailleox ou scagiia. Ces diverses variétés se succèdent d'ailleurs et alternent sans aucun ordre. Les silex pyromaques de diverses couleurs s*y présentent souvent en rognons ou en lits, et le fer sulfuré y est fréquent, surtout dans la variété noire.
Ces modifications locales de la scaglia s*étendent à Test jusque dans le Frioul et au nord-ouest dans leTyrol, le Vérouais et le Bres* ciano. Partout (es couches affectent les mêmes contournements et les mêmes irrégutarilés, et leur position, par rapport aux càtcaires jurassiques, est constante.
Cariri Sur la caHe géologique de TEurope centrale, par M. de Dechen (1),
'"elrciXs! I<^s couches crétacées du Milanais ont été comprises dans les dépôts jurassiques, «^ peu près comme sur celles des bords des lacs Majeur, de Lugano, de Corno et de Lecco, par L. de Buch (2), et il en est de même sur la carte géognostique de la monarchie autrichienne (3). Plus à Test , la Carte de l'Europe centrale indique, entre Vérone et Vicence, un massif de craie qui s'étend un peu au nord, vers Schio, traversé par de nombreuses éruptions basaltiques, et qui comprend en réalité beaucoup plus de dépôts nummulitiques que de roches secondaires. Bassano se trouve aussi placé sur une petite bande crétacée qui se prolonge un peu au sud-ouest de la ville.
M. de Coilegno (^}, considérant que les couches qui contiennent des fossiles de genres et même d'espèces tertiaires sont liées de la manière la plus intime avec celles qui renferment des Hippuriteset des Sphérulites, et envisageant le tout comme une seule et même formation, celle de la craie , a colorié comme telle une large zone dirigée N.-N.-E., S.-S.-O., entre l'Adige et la rive orientale du lac de Gnrdc, et qui remonte ensuite au N.-E. par Vérone jusqu'au lac de Santa-Croce. Cette zone forme une grande expansion au sud de Vicence et de Padoue , pour comprendre les Monts- Eugauéens.
'A)\]no feuille, Berlin, 4 839.
[2) y4/m. (les se. nat., fév. 4 827 et nov. 4 8?9. — De la Bêche, Coupes et Vues, etc., pi. 30-32.
f3| Sept feuilles, 1845. — Réduction par J. Scheda, 4 847.
(4) Une feuille, 2« éd., 1844 ( Hrmnnfues générales de la '*gen(le).
PROVINXES VÊMTlBHiNES. 91'
Enfin un lambeau, qui en serait complètement isolé, se voit, entre Fcltre et Bellune , entouré de rociies jurassiques.
La carte géognoslique des Éials auirichiens dont nous venons de parler offre une distribution entièrement différente de celle des précédentes et qu*il est assez difficile d'apprécier sans avoir cette carte sous les yeux. Au lieu d*une bande, continue, formant les deux côtés d*un angle ouvert auN.-Ë. ctdont le sommet serait à Pescliiera» à Tcxtrémitésuddu lac de Garde, on remarque cinq lambeaux isolés de craie, entourés, sur plusieurs de leurs côtés, par les couches jurassiques, et limités sur les autres par le terrain tertiaire dans lequel ont été compris cette fois, du moins en grande partie, les dépôts nummuliiiques.
M. T. A. Catullo, qui s'occupe depuis longtemps, avec une rare obierTaUout persévérance, de toutes les parties de la géologie des provinces véni* jj. caïuUi». tiennes et de la haute Italie, mais plus particulièrement des corps organisés fossiles de ce pays, a donné un grand nombre d'ouvrages et de mémoires dont nous avons déjà cité plusieurs. Nous mentionnerons brièvement ici ceux qui, publiés de lK3/!i à i8i!i4, se rapportent au sujet que nous traitons. Dans son Mémoire géognosticozoologique sur quelques unes des coquilles fossiles du calcaire jurassique (1), l'auieur s*est surtout occu|)é des Sphérulitcs et des Hippuriles, dont il a décrit plusieurs espèces nouvelles, et, dans une autre publication (2), il a distingué de la T. diphya des espèces voisines sotis les noms de T. antinomia et mutica. Au congrès de Padoue, M. Catullo (3) a présenté une série d'Ammonites du calcaire ruuge desSette Comuni, qu'il regarde comnie la partie la plus ancienne de la craie et par cunséffuent inférieure à la scaglia. Cette opinion avait été adoptée par iM. Pasinidès 1832, puis au congrès de 1839. Mais ce dernier géologue, en parlant ensuite des prétendues ano* malies paléonlologiques de la formation crétacée de la haute Italie, et surtout du Aiilanais, où le calcaire à Ammonites, identique quant à sa position avec celui du Vicentin, renfermerait des fo>siles du lias, a commis Terreur dans laquelle sont tombés lu plupart de se contemporains.
(4) Memoria geognnstico 'Zoohgïcn ^ etc., 2 pi., Padoue, 4 83i.
(î) OssnvnzioNi grognost/co-zoniogù/ic^ etc. Observations géo» goostico-zootogiques sur deux écrits publiés dans le tome 111 des Mcni. dti la Sac. gcoi, de France, in-8. 2 pi., Padoue, 1840.
(3) Réunion des savants italiens à Padoue, séance du 23 sept.
82 »n0VLNCE$ YÉMTIIIIN£â.
Oa doit en outre à M. Catullo une Note sur les échinides fossiles delà craie et du terrain tertiaire des proTtnres véi)iiiennes(t), uo Catalogue des espèces fossiles recueillies dans les Alpe$d» mOme |iays (2) • ouvrage important à consulter, puis une Lettre è M. Ânt Villa , où l'auteur (3) pense que la distribniiou des rudistes dans les dépôts crétacés du nord de Fltalie n*est pas conforme b celle que M. Aie. d'Orbigny a reconnue en France f t qu*il avait cru exister aussi sur le revers méridional des Alpes. Suivant M. Catullo, 1rs roches i Ilippurites seraient b la partie inférieure de la formation, et, dans les alpes vénitiennes, les rudistes apiiartiendraient surtout à une assise représentant le groupe néocomien. A l'est de Bellune. ce même groupe, avec ses fossiles caractéristiques, reposerait sur les couches jurassiques, et au-dessus viendraient, le calcaire rouge sableux avec Ammonites, puis la scaglia. Nous terrons plus loin ce qu'il peut y avoir d'exact dans cette classiGcalion, mais désà présent iiousdevonsnjeter la conséquence qu'en déduit le savant auteur {k) de la Zoologie fossile, savoir : que, lors des derniers dé|)ôts crétacés de la France, ceux des Alpes vénitiennes commençaient à peine b se former, car en France les rudistes ne sont pas» moins répandus dans le groupe néocomien que dans celui de la craie tuffeau, et en Italie ce dernier et même celui de la craie blanche sont aussi bien représentés que le groupe inférieur ou néocomien lui-même. l.a série est complète de cha(|ue côté, et les groupes se succèdent dans le même ordre.
M. Catullo (.5), qui avait d'abord regardé comme un produit igné une roche noire, luisante, ^ul)ordonnée aux schistes bitumineux de la vallée dell' Ardo, au pied du mont Serva (Bellunais), tandis que 51 M. Pasiiii, Studer, de, Chan^eiitier, etc., la rapportaient k la craie à silex, a fini par la considérer lui-même comme une roche sédimentaire modifiée. Il a reconnu ensuite (6)
(<) Nntn httnrno f^U erhinîili fossili, etc. [yuav, an. délie se, nat tli £olf»fçf/fi, vol. VI).
[i) Caiaiogo tlcilc Ajjeciv arganiclie fossilt'f etc., ia-8, Padoue,
'3) Lt'Urrn al sig. Ant, Villa, Padoue, 4 843.
'4) Sulle ctivffNf drllc pitmnric vvnvw^ p- 4 0, Venise, 4844.
(5) Aiti dt'Ua tcrza ri an. drgli se. italiani ^ p. 4 55, in- 4, Florence, 4 841.
(6) Ibid, p 647. — Voyez aussi : Snpra nlcunr quextioni riguûr* dfntv il irncno crrtacto deilv Atpi vcnctr y l*;ttcra del prof, L, Pilla al prof, Catullo^ r ri.sposta di qursio ( Cimento, gcnn, e frbr., 4 845, in-8.Pi8e, 4 845).
t^hOVtNCES VéxiTlKNNË^. 8S
que ta sc;)gfia des provinces vénitiennes, quMi plaçaii dans la formation jurassique, était réellement crétacée par ses fossiles, mats il supi)ose à tort le calcaire ronge amrnonitifére placé entre la craie supérieure et le calcaire à rudistes.
M. Pasinî (1) a décrit les calcaires à Hippurites de Fadaha, prés do lac de Santa- Croce et ta montagne du Plnè, à Test. La base.de oelle-ci est un calcaire gris, en bancs puissants, un peu inclinés au H. -O. , ou ters le tac, et au -dessusdiiquel vient lecalcalre à nipporites qui vers le liaut passe k un calcaire assez semblable au précédent, mais dépourvu de fossiles. La scaglia, ou calcaire rouge, manquerait en cet endroit. Les calcaires, que longe te spntler de la Scafette conduisant à Farra et dans lesquels le niveau des rudistes ne parait pas pouvoir être déterminé d'une manière précise, repré^nteraicnt peut-être les couches fossilifères du grès vert et celles avec des polypiers qui recouvrent immédiatement le calcaire jurassique ï Cesuna et à Campovere, dans les Seite Comuni. La .scaglia rouge et verte existe certainement plus haot, k l'est du l'inè, vers Consiglio.
M. de Zigno (2) a signalé les Crioceras Emo'ici, d'Orb., et Da liii, Zig., dans un calcaire fissile et écallleux [scaglia), des Monts- M^mniret Enganéens, recouvert par le calcaire à Nummulites et par des manies m. ii« zigao. grises. Ce calcaire devient plus compacte vers le bas, en couches plus épaisses, rappelant le biancone des Alpes et se colorant en rouge i ta partie la plus inférieure. Ces assises renferment des silex en rognons et des Spliérulites, des Hutires, des f nocérames (/. Cuvreri, Sow. et annulaias, Gold.), des Oonaces, des Nucléolitcs, des Ânanchyres(.4. ouain, Lam.), des Spatangues (S, cor^anguinum, Lam. , 5. bvfo, Al. Brong.), c'està-diredes fossiles de la craie blanche et de la craie tufleau , comme le remarque très bien l'auteur, et qui font plus que balancer la présence des Crioceras, annonçant au contraire le groupe néocomien. Peut-être l'association de ces derniers n*est elle aussi qu'apparente?
Dans un mémoire que nous avons déjà cité (3), on a vu que le
(1} Réunion des savants italiens à Padoue, en 4842. — Séance du tS septembre.
(•) //w//., î-sér, vol. Il, p. 357, 377 e| 573, 4845. — Sopra due fitsxiii ri/ivnuUi nt*lta rnlcarea ^dvi mo/iti pndnvani ( Gioin. dctl'Jstitnto hmb, d. sc.^ ktlci\ ed arii,, vol. XII, 4 845, 1 pL).
(3) Os.\rrt'azfn/ti sut tcvrr/io crctttceo dvWItalia srttvntnnnnlc , Padoue, 4 846, 4 pi. — Atii delV!. Ji. Acrad, di scietiz, fcttrr, rd
su PROVINCES VÉNITIENNES.
même géologue avait appliqué au Milanais le résultat d'observatious faites par lui daus les provinces vénitiennes; nous allons nous occuper actuellement de celles-ci, qui sont le point de départ de la classification que l'auteur a perfectionnée plus lard.
Au delà des collines de Cornuda et d'Onigo, dit M. A. deZigno, on trouve, vers le pied sud de la iMonfencra.à Pcderoba, des calcaires marneux, plus ou moins argileux, arénacés, un peu schisteux, quelquefois compactes , constamment caractérisés par une teinte rouge foncée qui les fait reconnaître de loin. Ils constituent presque toujours la base des hautes. montagnes et s'étendent souvent entre leurs, dépressions jusqu'au centre des Alpes. Bien qu'ils ressemblent par places au calcaire rouge jurassique, désigné sous le nom de calcaire ammonitigue ou ammofixitifère^ vus en grand ils s'en distinguent par une structure schistoîde, et par une cassure esquilleuse qui , jointe à l'extrême rareté des fossiles, empêche de les confondre avec les roches plus anciennes que l'on a séparées de la formation crétacée. Ces calcaires, souvent fort épais, caractérisés par des espèces particulières de Fucoides et de polypiers, marquent, dans presque toutes les Alpes de la Vénétie, la partie supérieure des derniers dépôts secondaires ou de la craie.
Lorsqu'on remonte le cours de la Piave on voit cette scaglia rouge passer graduellement à un autre système de couches, composé de roches minéraiogiquement semblables, mais dont la couleur, la compacité et la structure sont différentes. Elles sont grises, à cassure presque conchoide et alternent avec des strates minces de marnes argileuses verdâlres et de calcaires bruns avec des amas stratiformes de silex noir. Les Fucoîdes abondent partout, et, vers le bas, les roches passent à un sable gris, d'aspect tertiaire. On y trouve subordonnés des bancs de calcaire assez dur , remplis de parties spathiques,puis vit^nt au-dessous le calcaire blanc, compacte, à cassure conchoîde, nommé biancone ou marmo majolica.
Toutes ces assises parfaitement concordantes inclinent au S., mais vers Alano le piongement est inverse, par suite d'un bombement. Sur ce versant, le biancone est recouvert d'un calcaire blanc sale, composé de coquilles spathifiées et de fragments de roches, réunis par un ciment spaihique. Ces fossiles sont indéterminables, «l l'auteur, qui les avait pris d'abord pour des Nummulites, a reconnu
arti di Padava^ 4846. — Àtti dcUa ottava riun, dcgli se, Ha/îani, 1846, p. 54 4, Geiies, 4 8S7.
PROTIKCES VtMTIENritS. H
depuis que ce u'élail quedcs morceanx de coquilles arrondis par le frottement (I). Celte roche représeatcnît celle qui occupe U mCme position près Moute Torrig! [district de Vildagno), celle qui accompagne le biancoue de Chiampo et probablement les couches arec nidistes que nous avons vues siieualËes par M. Calullo et par M.Pasiui. Au deli vient la sca^ia ronge , et toute la série, concordante comme au sud, appartient i la craie.
Celte série s'observe suivant une ligne plus on moins parallèle au (Hvtfil de la Bloiifcnera, tant sur les bords du torrent de Possagno et de Crespono qu'au nord de Bassano. Elle s'accorde d'ailleurs avec Im observations de plusieurs géologues sur le Bellunait et le Vicentin, comme avec d'antres plus récentes sur les Alpes lombardes. Elle ollre ain^i, sur une étendue assez considérable, des données suffisiiites pour permettre d'ëlablir la position normale de ces dépôts et de la distinguer des irrégularités locales qui en avaient jusqu'alors entravé l'étude. C'est au-dessous que se montre le calcaire i Ammonites auquel ou avait réuni ï tort le biancooe pour placer le tout dans la formation jurassique. Ce même biancone, ou mormo majolica, est, comme on l'a vu par ses fossiles, le véritable représentant italien du groupe néocomieo de la France on do versant opposé des Alpes.
fil. T. A. CatuTIo (2) a cherché i établir au conlraîro que le calcaire ï Ammonites et le hlancoue sont liés mioéralogiquement et géolt^iqiiemcnt, que les fossiles de l'un et de l'autre sont mélangés, qne la plus grande partie d'entre eux appartient ï la formation crétacée et que ces deux grandes assises iloivent être réunies pour élre placées ensemble ï la base de cette formation.
I)c son cAté, Al. de Zigno (3), revenant sur les arguments précédents, insiste sur la dislinciiou i ta fois slraiigr^ipliique, niiiuralôgique et paléontolog-que de ce mime calcaire, on ^'lHayanl d'uno
(I) Bull., S' sér., vol. VII, p. S5. 18*9.
(i) Crnai sn/jr» if ihtiina rrrtitcen iMIe Alpi vrni'le e ilcrriziiiiie ili almue sprc'ie tli rrjiilnftrntï tmi-ati Hrllii riilriiirii ri>.\Ki aoimiinitira e nrl hianr'nir, rrfeiibili ntio xtrsx" iifli-iint (d'i'rti. Zniilnti'rlii , Irlli ull'I R. Istiialn iiel g'iigii'', 1846).
(3) I-itiiinx ai Crniii ilil /ir-'f. T. A. Cntulh ^i'jjIii 'l thl. cm. fliltc 4l/iivfnetr. Padoue. »8i6. — iVowofi,'«" i-ll« /.««y^mmismini ilH fmxllr frti il biitrn-mr <■ l'i rtilrntr/' rti**"' •"-• -'•//(• jt/j.i vriirtr ( I-thut; i. K. iti miviii. , lelt. M «tfi, — Venise, 1816). Tes deux titres appariîennf ni h I fut publiée tn même temps è Veoi» ut k l'ailoue.
86 PROVINCES VENITIENNES.
IcUrc de M, Cuiioni, dans laauelle ce dernier admet qne, sur plasieurs points comme à Suello, en Ix)nibaidie, le biancone affecte UUQ straiificaiion différente de celle du calcaire rougi* à Amiiioniies. r^éaiunoins il reconnaîi qu*il y a pres^que partout cujicordance et que lis buncs inféiirurs du biancoue alternent avec les supérieurs du Ctilcaii'6 ronge à Aminoiiiies.
Après avoir discuté la valeur des arguments lires des fossiles cités par iM.Catullo, M, doZIgno en déduit que les Ammonites dVspéces nouvelles, signalées daits l'un et Taiilre calcaire, ne prouvent ni pour ni coiiiie ; que celles marquées par M. (^aluUo d*un point de doute? doivent être par cela même étudiées de nouveau, qu*à celles-ci appartiennent précisément les espèces qui , citées comme crétacées et recueillies dans le calcaire rouge, ont été désignées sous les noms à* Ammonites ûeudanti, ffeiius, fascicularis ei ôicurvutus ; en&n que les échantillons mentionnés comme étant communs aux deux assises et qui se trouvent dans le musée de TUniversité impériale et royale ne suffisent pas pour démontrer 1^ réalité de l'opinion de M. Calullo. Or, aprèi ces éliminations faites à divers titres, il reste 8 espèces bien déterminées , dont U , signalées comme propres au biancone, sont en même temps caractéristiques du groupe néocomien, et U qui proviennent du calcaire rouge sous-jacent Parmi ces dernières, 2 seraient propices au lias et 2 aux calcaires jurasMques, mais aucune d*ellcs n'a été retrouvée dans le biancone.et réciproqui'ment aucune des U de ce dernier ne sW présentée dans le calcaire nmge, d*où M. de Zigno conclut l'exactitude de la séparation qu'il a tracée entre les deux dépôts.
Peu' convaincu par les arguments de son adversaire , 51. Calullo (1), après avoir fait remarquer qu'il avait, dès 1827 1 proposé lui^'inOme, dans sa Zoologie fossile, la séparation que M. de Zigno adopte aujourd'hui sans le citer, croit reconnaître qu*il y a, dans le calcdii e rouge ammonitifère, prédominance des espèces crétacées sur celles réputées jurassiques. De plus, ces dernières n'auraient ps encore été trouvées dans les couches diJ Vicentin qui représentent le véritable calcaire jurassi({ue des Alpes, comprenant à la fois le lias, tes oolilhcs et les dolomies, très fossilifères sur (|uelques |K)ints; aussi propose-t-il de nommer suijra-jurassifjue l'ensemble de ces
(1) Osscrtazioui ar.pia uno scritto dtî nob» A* de Zigno intorno ali/t jjrtwiiàctiiià dci josxiii Un il liinêicone e la caUariu ammonî^ tien de Ut' Al fil venNt\ Padoue, 4 847,
"deux systèmes de couches, le biancone et le calcaire à Ammonites. A rituiépeiidnnce invoquée pour les séparer, il oppose la réunion nioiivce par des alternances et des passages 5 leur jonction ,. surtout dai s les S«ne Comuni, dans te mont A vena près de Fonzaso, h Santa- Marina di Paninsacco en Valdagno, à Recoaroet sur d'autres points de la Vénétie, que M. de Zigno n'aurait pas encore étudiés. M. Catullo se fonde aussi sur Topinion que nous avons vue émise en 1832 par M. Pas'ni. qui, plaçant le calcaire à Ammonites è la base de la formation crétacée, signalait la même alternances enfia, il ne trouve pas que celle qu'a exprimée )J. Curioni soit aussi favorable h M. de Zigno que ce dernier parait le croire.
En revenant encore peu aprH sur ce sujet, M. de Zigno (1) résume , comme il suit , la série des terrains dans les Alpes du Tyrol et du Vicentiu :
I. Sables et poudingues sub^apeDoins du Trévisan et de quelques
poinU du Vicentin.
S. Formalion tertiaire moyenne avec lignite.
3. Dépôts du Vicfîntin» du Trévisan et du Padouan , recouvrant la
Bcasçlia, renfermant les fossiles de Biaritz (Basses- Pyrénées) et représentant le groupe nummulitique ou la formation tertiaire inférieure,
4. Sca^lia rouge ou blanchâtre avecFucoïdeset représentant la craie
blanche.