‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 57 sur 111 · RD8S1B CENTRALS BT MERIDIONALE · texte numérisé non relu

RD8S1B CENTRALS BT MERIDIONALE

s*aiuiacir, et ne joae plus qu'iin faible rôle au milieu des assises argileuses et siliceuses ou arénacées de la même formation.

La ville de Kharkof est située au centre de dépôts argileux jaunâtres, verdâtres, blancliâtres, resseml>lant assez à la craie marneuse, mais qui ne sont en réalité qu'un grès terreux, à grain fin, micacé, avec beaucoopde feldspath blanc {Kiesel-Thon de Al. BlOde), et que MM. Murcliison, de Verneuil et de Keyserling (1), malgré l'absence de fossiles, rapportent à la formation crétacée. Ces assises s'étendent à l'ouest dans le goavernement de Pdtava, et à Bielgorod, à 60 kilomètres au nord de Kbarkof, elles semblent en effet passer sous la véritable craie. On y observe des sables vers le bas, et aunlessus une craie blanche, horiiontale, sans silex, de SOmètresd'épaisseur, puis un grès friable, verdâtre, de 3 mètres, avec des dalles siliceuses, et séparé de la craie par des veines de marnes grises, feuilletées, que recouvre le terreau noir ou tschomoîzem. Cette même craie, qui cesse de nouveau de se montrer à Oboyan, est remplacée à la surface du sol par diverses variétés des assises précédentes , pins calcarifères « rappelant le calcaire planer de l'Allemagne et le malm-rock de l'Angleterre. A mesure que l'on s'avance de Kharkof vers Kursk , les rochesdeviennent de plus en plus calcaires et les fossiles en mtaie temps plus nombreux.

La coupe des bords de la Sem au plateau qui porte la ville de Kursk montre clairement que la craie blanche proprement dite se perd dans un système de sable et de marne. Les sables jaunes et verts forment le pied de l'escarpement ; ils sont surmontés d'un congtomérat coquilÛer , ferrugineux , an-dessus duquel viennent successivement une craie blanche avec Terebraiula camea^ une seconde assise de craie , une marne et le grès précédent avec Térébratules, Bélemnites et Choanites, puis des pyrites et des veines de marne crayeuse, jaune vers le bas. Les sables de la partie supérieure , quelquefois ferrugineux , renferment des concréttons et passent aux marnes arénacées sous-jacentes. Un dépôt de transport quaternaire et le tschomoïzem recouvrent le tout. Quel que soit l'âge assigné aux sables ferrugineux avec concrétions, ce qui est audessous forme un ensemble dont toutes les parties sont bien liées , et, à l'exception de la matière cakaire qui y est moins répandue, on peut dire que les marnes sableuses de Kursk sont identiques avec

(4) The gcol. ofRussia in Europe, vol. I, p. 367, 4 815 V. 23

au MÛSVE CBNTftALS BT IlélUDtONAlJ.

les argiles sableuses blanches de Kharkof, et en eiïet la série des couches est continue entre les deux villes.

Celte même tuerie se prolonge jusque sur les bords du Don. A Touest de Voronèje, on trouve , au-dessous d*uae couche de craie blanche de 6 mètres d'épaisseur, une roche siliceuse et ferrugineuse semblable à celle deKurst et de l*/25, puis 30 mètres de grès vert, de sable jaune et blanc, de grès ferrugineux en bancs minces et solides, de grès verdfttre taché de jaune et de grès micacé vert à gros grains, reposant sur une argile schisteuse de 10 mètres, qui ellemême a pour base un grès ferrugineux. Dans la craie blanche de ce pays M. Fischer de Waldheim (1} mentionne un poisson fossile qu*il désigne sous le nom de Beryx dinolepidotus.

L'existence supposée de couches crétacées dans le gouvernement de Moscou n'était à ce qu'il parait fondée que sur des erreurs pa« léontologiques. Ainsi , dans TOryctographie de M. Fischer (2) on trouve cité le Syphonia piriformiscomme provenant de ce pays, ce qui engagea L. de Buch à indiquer de la craie à Podolsk , latarovo et Khoroschovo (3)« £u outre , la coquille figurée dans Touvrage peu connu de Macquart (4) semble représenter un Pecten quin* gueeosiatus qui aurait été trouvé dans la pierre ï bâtir de Moscou et par conséquenldanslecalcairede Mialschscovo. Mais M. Rouillier (5) s*est attaché à faire voir que ces prétendus fossiles crétacés n'étaient que des formes voismes de celles auxquelles on les rapportait et provenant en réalité du calcaire carbonifère où elles ne paraissent pas avoir été observées depuis. M. Rose (6) croyait également à la pi'ésence de corps organisés de la craie dans ce pays , lorsque M. Blasius (7)

(l) Bull, de la Soc, I. des naturalistes de Moscou ,4841, p. 465, pi. 8.

(î) Oryctographie du gouvernement de Moscou^V éd., p. ttO, 84, 93 et 479; 4837.

(3) Àrch. fiir Miner, von Karsten und von Deehen^ Tol. XV, pi. 4.4844.

(4) Essai ou recueil de mémoires sur plusieurs points de minera^ iogie a\'ec la description des pierres dcpnsërs chez le Roi^ la figure et l'analyse de celles qui sont intéressantes à la topographie de Moscou ^^, 539, 635, 573, pi. 7, fig. 2 , et p. 538 ^ pi. 6, fig. 5. Paris, 4789.

(6) Explication de la coupe géologique des environs de Moscou [Bull. Soc, /. des natur, de Moscou ^ vol. XJX, p. 359, 4846).

(6) Reise nach d, Ural, Altaï und d, Caspish. Meere^ vol. I, p. 78,

(7) Reise in Europ, Russtand, vol. Il , p. 5. Bmnfv^ick, 4844.

KtlSSlB CBNTRaLB IT llàaiDIONÀLS. S55

démontra que les calcaires blancs, grenns, tendres, de Podolsk, avec des baguettes d'échinodermes, des crinoîdes et des rognons de sileXi aTaient pu donner lieu à cette méprise.

Cependant MM. Frears et Auerbach (1) admettent encore qu'il y a des couches crétacées près de Talitzy, dans le district de Dmitrow. Ce sont des grès verts que M. Cataia (2) place à la partie supérieure de la formation jurassique et dans lesquels on aurait trouvé des Ammooîletf rapportées aux A. dentatus et Beudanti. D'un autre côté MM. Rottillier et Vosinsky (3) regardent comme appartenant aa groupe wealdien des roches désignées sous le nom de grès quarts zeux blanc du Jura supérieur de Moscou. On les voit dans les car-> rîères de Katainîki à 7 kilomètres de Lelkarino. Vlnoceramus lo» baiuSfhuerb, elFrea. (d) (nonid. Gold.), pour lequel M. Rouillier propose le nom d'/. Brachowi, est un des fossiles les plus répandus sur ce point. On y trouve aussi les Trigonia Joniai , Rooill., et Falcki^ îd. , de même qu'à Tatarovo et aux environs de Klîn et do Letkarino. Dès 1769, Faick avait donné une coupe du grès blanc dePanki à i kilomètre de Kotelniki. Quant au parallélisme supposé, on conçoit qu'il exige encore , pour offrir quelque probabilité, des preuves plus concluantes que celles-ci.

La craie constitue ensuite , entre Temnikof et Simbirsk sur le Volga, une zone allongée de TE. à l'O., s'appuyant au N. contre les couches jurassiques et disparaissant au S. sous les dépôts tertiaires, jusqu'à leur nouvel affleurement dans le gouvernement de Saralot Les nombreux fossiles qu'on y rencontre ont depuis longtemps frappé les géologues par leur ressemblance avec ceux de la craie de l'ouest, et œ point fut un des premiers jalons posés dans cette direction pour établir le synchroolsaie des dépôts aux extrémités opposées de l'Ëarope.

La formation crétacée de Sinabirsk, dit M. Jasikof (5), constitue rîtc droiu des coHiaes élevées de &0 à /i5 mètres au-dessus du lit des rivières yo1s«.

islr

4] Bull» Soc, /. des natur. de Moscou, vol. XX , n* 4, p. 584 ^

(2) Ibid., p. 277.

(3) Gazette de Moscou, 26 juin 1847. — BtdL Soc, I. des nai, rU Mùscott, vol. XXfl, p. 349, pf. K, 4849.

(4) Bufi. Soc, L ((es nat, de Moscou, vol. XIX, pi. 7, fig. I, 4846. — Peinopœa , Eîchwald, Gf'o^nosîe^ p. 515, (846.

(5) NoSire sur le teirain craycnx dtt gouvernement de Simhirsk , trad. par M. Teploff (^//«. des Mines, 3" sér. , vol.?!!!. p. 303, 4 836).

356^ IinSSaS CENTBÀLB ET MfRIDIONàLI.

et peut se diviser en trois étages dont le premier, en allint de haut en bas, est une craie blanche, tendre et même friable à la partie supérieure, solide vers la base où se trouvent des lits de silex gris cendré et des r(^nons remplis d*ocre jaune. Les couches inférieures passent à une craie gbuconieuse , analogue à celle du nord de la France, renfermant de petits rognons d'ocre rouge et de phosphate de chaux, semblables à ceux du cap la Hève et du sud de TAngle* terre (1). Le second étage constitue une craie grise ou marneose surtout vers le bas ; elle est plus constante et plus étendue que la précédente. Le troisième comprend des marnes calcaires, blanc grisâtre, micacées, qui forment des gradins de 20 mètres de hauteur et sur l'un desquels est bâtie Karsomrae (Karsoun) . L'épaisseur totale de cet étage ne paraît pas dépasser 50 â 60 mètres, et les couches sont sensiblement horizontales.

L'auteur y signale des fragments et des dents de Lamna f^Bacu" lites vertebraliSf Defr. , Belemnites Scaniœ^ Belemnites mucronaius^ Schloth., B. semi'Cancdiculatus ^ Lenticulites Comptoni^ Sow., Nodosariasulcata^ Nils., Frondicularia œmplanaia^ Defr., Denialtum^ Patella, Trochus^ Rostellaria^ Terebratula cameay Sow. , T. intermedia^ id., T. octopiicaia^ id., T, pectùa, id., T. Defrancet, Brong., T. aspera^ Defr., T. crania^ Brug.» Ostrea vesi^ cularis^ Lam., 0. curvirostris^ Nils., Peclen fragilis, Defr., P. comeus^ Sow. ? P. serratus^ Nils., P. tmdulatus, id., P. ara^ chnoideSt Defr.» P. versicostatus^ Lam., P. quinquecostatus^ Sow. ^ Spondylus spinos^ts^ Desh., S, pvmctatus^ Lima semi-sulcoia ^ Desh. , très abondante, Inoeeramus Cuvieri, PentacriniteSf Echi'^ nu8f Spatangus cor^nguinum^ Lam., Ananchytes ovata^ id., Cidaris variolaris^ Brong., C. vesiculostts^ Gold., C scuiiger^ id*

Malgré l'incertitude que nous laissent à beaucoup d'yards ces déterminations spécifiques qui se ressentent nécessairement de l'époque à laquelle eUes ont été faites,* on ne peut qu'être frappé de la ressemblance générale de cette faune ayec celle du groupe supérieur de la formation, en France et en Angleterre. Rien n*y annonce d'ailleurs, comme M. Jasikof le supposait alors, trompé par une

(4) C'est probablement à ce niyeaa qu'appartient un lit de cbaux phosphatée , de quelques pouces seulement d'épaisseur, que M. le comte de Keyserling a observé, sur un très grand nombre de points, à la base de la craie blanche du centre de la Russie iBuiL, 2* sér., ▼ol.IV,p. If,1846}.

tOSSll CIHTBILB BT MàllDlOMALK. 357

ceruine analogie dans les caractères pétrogra[d)iques, la présence du ■ccood groupe qoe nous avons vu si bien caractérisé dans la Gallicie, mais que nous n'avons plus reirouië i l'est du Dniester.

Le même observateur a mentionné plus tard (1), dans le$ assises pfécédoites les plus basses, un Ancylocerùs, genre qui n'aurait pas encore été trouvé en Russie et qui le confirmerait dans l'opinion que les argiles micacées, inférieures aui marnes crayeases, représentent le groupe néocomien. On conçoit que la présence d'un seul échantilloo, dont la détermination même peut laisser quelque doute, ne suffit pas pour balancer la conclusion déduite de tant de faits qui loi sont contraires. D'un autre côté, M. Fischer de Watdbeim (2) a bit connaître desCffifop/yc^'umet un •Sc^Aiaprovenant des marnes et de la craie glanconiense de Jazikovo et de Cbilovka.

Il résulte des observalions récentes de M. Jaslkof, obserrations rapportées par les aulenra de la Géologie de la Russie (3 ], qu'aux environs de Simbirsk la formation crétacée, de 75 mètres d'épaisseur, renferme, dans ses assises moyennes et inférieures de craie glaucooieuse, près de &0 espèces de coquilIesfo88Ues(/riocvmmusCuviert, Belemniles mucronaius, etc.] associées avec des polypiers, tandis que dans les couches supérieures se trouveraient les Tet-ebratula camea, subrotundût le Spatangus cor~anguitnim, la ïimn Boperi, le Belemnites mucronatus, le Scaphiles œqualis avec des polypiers, des crustacés, des dents et des vertébresde poissons. Près de la ville et il Cbilovka, sur la rivière Ureo, est une masse d'argitede 30 mètres d'épaisseur dans laquelle on n'a rencontré que YAmmùnitei eonscbrinus , espèce qui dans l'ouest de l'Europe appartient aux ansiles ti Piicatules.

M, Aie. d'Orbigny, dans un appendice paléonlologiqiie joint au grand ouvrage sur la Géologie de la Russie {/>} , a décrit et bit figurer quelques espèces de la craie de ce pays, entre autres les suivantes, presque toutes de Stmbirdc :

Belemnites mucronatus , Schloth., Peetcn unHulalus , Nils,, P. timbiriktnsis , d'Orb,, ^vieula lenuicotca, Roam., Ostrea vesi-

(1) Bull. Soe. I. des nnt. de Moscou. — L'Jnsiliut.ï déo. 18i0.

(2) Ibid., vol. XVII, p. 276, (8ii.

(3) Murcbison, de Verneuil et do Keyserling, The geology nj Riusin in Eiiraj/e,yo\. I, p. 273, 1815.— Tiibliza polscluv Simbirskul Gubeniii joï/nir'/cnffff/u ; Tableau des roches et des fosailei du gouverDement de Simbirsk. 4 feuille, Saint-PétersbourgjJSii-

(i) Jbid., vol. Il , p. i89.

ft58 AUâftIl CBNTRALB BT MÉRlDIONiLE.

euiaris, Lam., Terebratula octoplieata ^ Sovf,, 7*. striatutu , id., T. subrotwiila, id., T, carnea^ id., T, graci/is^ Schlotb., Mogas piwtihis^ Defr., Caprina Jiu^siensis, d'Orb. (c'e«t la seul» connue dans la craie blanche), Turbinolia centralisa Mao t.

Aussi Taoteur ajoute-t-îl que, tans aucun doute, les couches blanches, crayeuses de la Rasslc sont contemporaines des mêmes couches observées dans le reste de l'Europe, lesquelles reposant, dans cette partie orientale, sur l'étage d*Oifurd, prouTent qu'il y manque les étages de Kimmeridge et de Portland et, aurait-il pu dire aussi, le groupe wealdien et les étages crétacés, jusques et y compris la craie tufleau.

Si k partir de Simbirsk (1) on suit la rife droite du Volga en descendant le fleuve vers son embouchure, on voit, depuis Sysran, la craie entourer les affleurements des assises jurassiques et former une rangée de collines basses \ quelques milles Si l'ouest de la route. Elle constitue le promontoire de Kasbpoor, et à Kwalynsk , où son épaisseur est de 60 métrés , elle repose sur les sables et les argiles Jurassiques avec Ammùnites PanderL La coupe de Volsk met k découvert une semblable épaisseur de craie avec Beletnnites mucronatust recouverte par un sable blanc jaunâtre, aussi de 60 mètres de puissance, qui passe vers le haut à des bancs de grès siliceux, solides et compactes.

La coupe de la rive droite du Volga, Si Saratof (p. 275), montre, au-dessus des assises jurassiques, 1* des sables et des grès jaunes et blancs avec deç polypiers; 2* des marnes blanchâtres, grisâtres et bleuâtres; 3" des marnes argileuses gris foncé et des marnes solides avec de la porcellanite, des silex et des argiles sableuses; 4* des lits siliceux couronnés de sables tertiaires. Les bancs siliceux recouvrant les sables verts et les argiles au nord-'Ooest de Kamiacbine , placés beaucoup plus bas qu'à Saratof, font voir que, du N. au S., les formarions anciennes disparaissent successivement sous les plus récentes. Les roches crétacées se continuent cependant plus loin vers le S., car au relai de Bielaya^Glina la craie blanche forme encore des collines dont on peut étudier la composition dans les escarpements des ravina. De ce point à Antipolka sur le Volga (p. 277), cette craie est recouverte par une couche desaUe et d'argile qui, suivant MM. âturchison, de Verneuiletde Keyserling, formerait le passaj^e des roches secondaires aux roches tertiaires. A cette couche succè-

(4) Ibid., vol. I,p, 273.

ftUSSlX CSNTEALB BT IIÈEIDIONALB. S59

dent des sables et des argiles ayec des concrétious et des fossiles rapportés au terrain tertiaire inférieur (a/2/é»Tol. II, p. 928), pois enfin des sables occupant la surface du plateau qui domine Antipofka.

La craie blanche ne formerait , d*aprè^ les savants dont nous suivons les descriptions, que de grandes masses subordonnées aux avises sableuses et argileuses précédentes. C'est du moins ce qu'ils ont obsené dans le gouvernement de Kursk et le long du Donetz et du Don. D'un autre côté , on vient de voir que dans la coupe de Bielaya à Antipofka la craie blanche était surmontée de sable et d'argiles qui paraissent se lier intimement aux dépôts tertiaires inférieurs qui leur sont superposés, de sorte que MM, Murchison, de Verneuil et de Keyscriing seraient portés à admettre un passage graduel, minéralogiqoc et stratigraphique, entre les roches secondaires et tertiaires de la Russie méridionale , d*autant plus que ni la surface de la craie proprement dite ni celle des autres couches de la même formation ne semblent avoir éprouvé de dénudations, comme cela a eu lieu dans certaines parties de r£urope occidentale.

Nous difsons dans certaines parties , parce qu'en effet , abstraction faite de quelques portions du nord de la France , de la Belgique et de l'Angleterre , il y a le plus ordinairement concordance entre les derniers dépôts crétacés et les premiers dépôts tertiaires inférieurs (régions pyrénéenne , alpine , apennine , etc.). Mais dans ces mêmes circonstances, comme il n'y a pas absolument de passage minéraloglque, et que, jusqu'à présent, les faunes ont été trouvées bien distinctes, nous n'avons pu admettre de passage réel entre les deux terrains. Or, c'est précisément l'absence de liaison entre les faunes « soit qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas concordance entre les caractères stratigrapliiqncs ou minéralogiques , qui nous fait plus que doutejr de celui qu'invoquent les auteurs de la Géologie de la Russie.

Plus au S. et à l'O., de Tzariizin à Sarepta, et dans tout l'espace compris entre le Volga et le Don , il est souvent difficile de distinguer les sables tertiaires de ceux qui dépendent réellement de la craie. Cependant à Piattisbianskaya , au sud de Golubinskaya, sur la rive droite du Don , des escarpements sont formés de roches créta^ cées, argileuses, blanches, grises, vertes, micacées, puis de marnes, de grès, etc. £lles constituent des collines de 80 k 90 mètres d'élévation, dont l'aspect contraste fortement avec la steppe plate et f Konnée des Kaimouks qu'elles dominent Elles ressemblent d'

aOSSU CBNTBALB ET MiEIDlONALB.

0| ( iiliourg

et

Kiighis,

Rêiumé

aperçus

généraux.

leurs à ceUes des bords da Volga , de h KalitTa, affloent do DooeU et des environs de Karsk qui ont été rapportées à la craie.

A l'est du Volga , le point le plus éloigné où la formation crétacée ait été observée par MM. Mnrchison , de Vernenil et de Reyserllng» est sitaé sur les rives de l'Ooral, à 150 verstesao sad-ooesl d*Orenbourg. Elle y occupe une zone d'environ 160 verstes de large» et s*avance dans les collines de Semepolatnoi, sur la rivière Uva. Cette zone, sur la carte géologique (pi. VI] , est beaucoup plus étendue que le texte ne l'indique , et forme , du N.-O. au S.-£. , une courbe parallèle à ceUe que tracent au nord les couches jurafisiqaes, et au sud les dépôts tertiaires. Partant de Novo-Uzensk, k demi-dislance d'Uralsk au Volga » elle vient aboutir presque à l'extrémité sod de la chaîne de l'Oural, dans les steppes de TEmba on Marnai, à pen près à égale distance de la Caspienne et de la mer d'Aral. A Ukri Plénie , au pied occidental de l'Oural et sur la rivière même de l'Emba , par SS*" longitude orientale, on voit encore cités le Belem" nites mucronatm et le Çœloptychiwn agaricoides.

Ainsi , comme nous le disions en commençant , si l'on excepte certaines argiles des environs de Simbirsk et deux fossiles qui n'ont été rencontrés qu'une seule fois, les couches crétacées, observées de ro. à l'E., depuis les frontières orientales de la Gallicie et de la Podolie jusqu'à l'extrémité sud de l'Oural, sur un espace de 30 degrés en longitude, et du N. au S., depuis le parallèle de Simbirsk jusqu'à Novo Tcherkask, sur près de 8 degrés de latitude, toutes ces couches crétacées, disons-nous, non seulement ne représentent ni le quatrième , ni le troisième groupe de la formation, mais pas même la base du second que nous avons vue si bien caractérisée dans les Carpaihes , et sa partie moyenne dans la Gallicie. Nous ne trouvons tout au plus, dans celte vaste étendue, que la partie supérieure dont quelques uns des fossiles semblent être associés avec les espèces les plus caractéristiques du premier groupe ou de la craie blanche. Cette conclusion est d'ailleurs conforme à celle que sir R. Mnrchison (1) exprimait plusieurs années avant la publication de son grand ouvrage sur ce pays.

Les assises les plus basses, que nous avons vues s'appuyant contre le massif carbonifère de Donctz , puis contre les dépôts jurassiques

. (I) Observations géologiques sur la Hussicy lettre adressée à M. Fischer do Waldheim{^«//. Soc, /. des natur, tle Moscou^ n" 4,

auMfti. S61

bien caractérisés des environs dlziuni , dans le gouvemement de Simbîrsk , sur la rive droite du Volga, comme an nord d'Uralsk, ne permettent guère de supposer qu'un système de dépôts qui appartiendrait aux groupes inférieurs ait pu si complètement échapper aux recherches dont ce pays a déjà été l'objet. On remarquera de plus que, dans cette grande surface des plaines de la. Pologne au pied de rourai, nulle part ce seul représentant de la formation crétacée n'atteint une épaisseur de 100 mètres, et qu'il but s'avancer au S., jusque dans le Donetz» aux environs de Lugan, pour lui en trouver 200, et encore n'y présente-t-il pas de couches plus anciennes qu'an nord. Malgré son développement en surface , cette mer de craie n'avait donc qu'une faible profondeur, laquelle paraît avoir été assez uniforme sur une étendue à peu près double de celle de la Vranceu

Si déjà nous avons fait remarquer ce singulier caractère de rnono^ tonie et d'uniformité dans les dépôts modernes, quaternaires et tertiaires de ce pays » nous voyons qu'ils ne se démentent pas non plus dans les derniers sédiments secondaires, et il en sera encore de même à mesure que nous descendrons dans la série des terrains. L'espace compris entf e la mer Noire , la Baltique , l'Océan glacial et l'Oural, ou mieux les monts Timans, si Ton en excepte le petit massif do Donetz , semble avoir échappé , par une circonstance toute. particulière, à ces convulsions qui ont si fréquemment et si énergiquement accidenté les autres parties du globe. Il n'existe probablement pas une seconde surface de cette étendue, où presque toutes les formations , depuis les plus anciennes jusqu'aux plus récentes , puissent être encore observées dans leur position première ou à très peu près.

Mais dès que nous nous avançons un pen.plus au S«, de manière à nous trouver dans la direction que nous avons déjà indiquée, suivant l'axe du Caucase et son prolongement au N.*0., aussitôt ap* paraissent ces soulèvements , ces dislocations, ces accidents varite» ces caractères pétrograpbiques modifiés, ces faunes plus complexes, tons ces changements , en un mot , que nous ont offerts les parties occidentales et méridionales de l'Europe.

$ 2. Orîmée.

L'ancienne Tauride nous présente déjà on de ces larges accidents nettement accusés, et dont on a pu se faire une idée, d'après ce que nous avons dit en traitant du terrain tertiaire (arUè^ voK II,

&t2 ùblïvAe,

p. 9t7), du groupe nummuliltqae (vol. 111, p. 175) et des roches ignées (ibid. p. A9Û). Non seulement nous avons décrit ces diverses roches et les dérangements qu'elles avaient éprouvés ou prodoits, mais encore nous avons indiqué leurs relations avec les dépôts cré* lacés et jurassiques plus anciens; de sorte qu'il nous reste peu à dire sur ces derniers^ Nous renverrons donc le lecteur aux chapitres précités pour tout ce qui se rattache à la disposition générale des terrains de la Grimée et aux pliénomènes qui Tout occasionnée.

£n Crimée, dit M. de Verneuil (1), la craie aiDeure à Textrémité sud du groupe nummulitique. Sa structure est massive, et sa texture terreuse fait qu'au lieu de produire des escarpements abruptes» elle ne présente que des formes arrondies et des talus de 15 à 20 degrés , couronnés par des murailles verticales de calcaires numroulitiques. Pour l'œil le moins eipérimenié, rien n'est plus facile à distinguer de loin que ces deux roches. La craie est, d'ailleurs, parfaitemept blanche, homogène, à grain fin, friable, et en tout semblable à celle de TEurope occidentale. Près de Simphéropol, l'auteur y a iromé ïeBeiemnUeêmucronaluSt un Peigneet une Exogyre. Sous la craie blanche viennent successivement on poudingue avec des Gryphées (entre Karasou^Basar et Simphéropol) , puis des calcaires et des sables Jaunes comparés au groupe néocomien des environs de Neochfttel. Les dépôts crétacés, resserrés entre les ro« ehes nummulitiques et jurassiques, n'occupent, d'ailleurs, qu'une faible étendue en Crimée, où ils forment une bande continue, dirigée, N.*£. , S.-O. , sur le versant nord-ouest de la chaîne et pion-* géant do même côté.

J.-J. lluot (2) a distingué , dans la craie de ce pays , quatre assises qui sont , de bas en haut : i* une craie marneuse , blanche, feuilletée, avec Ostrea vesiculai'h; 2* une craie jaunâtre, remplie de ft)6siles peu déierminables ; V^ une craie marneuse, Lianclie, dure, à cassure anguleuse, avec de nombreux fossiles et des plaques de silex disposées dans le sens de la stratiGcaiion ; h* une craie marneuse blanche. L'auteur y signale , outre les fossiles dont nous parlerons tout à l'heure, Je Belemnttei mucronatus , le B. Scaniœ , une troi* sième espèce et un très gros Nautile. Ces assises , dont l'épaisseur

(1) J!M/i. de la Soc. géol, de France ^ I'* sér., voL IH» pi 22, 4838. — £uiL, 4" série. yoI. VIII, p. 494, 4 837.

(2) Voyage dans la Russie méridionale sous la direction de M, Demidoff^ vol. Il, p. 309, avec carte, 4644,

totale est peu considérable, reposent sur ce que Huot appelle Vétage moyen éà la formation ou ^r^s vert^ qui a de 60 à 100 coèlres de puiasance. Cet observateur a , d'ailleurs, peu éclairci les questions restées douteuses avant lui, et a reproduit sans critique les listes de fossiles déjà connues. Les coucbes néocomiennet , dit-il plus loin , reposent par places, transgressivement sur les schistes du lias, et les calcaires sont oolithiqoes vers le bas. Les sables et les grès de Sabli ou d*Oria*Sabla forment des collines dont la hase est composée d'argile rouge et de grès avec des rognons calcarifères. Ces argiles plastiques sont employées comme savon pour les bains. Les sables et les grès gris ou jaunes alternent au-dessus. A trois lieues \ Test de Simpbéropoli on remarque des marnes bleu noirâtre, des conglomérats marneui, des poudingues silicéo-caicaires, et une masse calcaire avec des Huîtres, des Peignes, des Exogyres, etc. Des amas de ligniiest susceptibles d*étre exploités, sont subordonnés aux marnes bleues ; tel est celui de Tirenaîr. Plus près de Simpbéropol, un autre lambeau néocomien serait inférieur au précédent , et Huot estime aussi que l'épaisseur du groupe varie de 50 à 120 mètres.

Le tableau des fossiles de la Grimée, donné par Dubois de Montpéreux (1), en 1837, et complété dans son grand ouvrage (2), n'offre pas une exactitude suffisante dans ta détermination et l'association des espèces; néanmoins, il renferme plusieurs données intéressantes que nous reproduirons, en les accompagnant de quelques remarques.

Les assises n^ 1, 2 et S de cette coupe générale appartiennent au groupe nummulitique, dont la partie inférieure est composée de marnes bleufttres avec (hirea gigantea, Nummuiites Hamondi^ var. bf N. Gupttardî , N. granulosa^ var. a, ^V. itTegularis et N. Leymeriei (3). C'est par erreur que le Betetunites mucronatuê a été indiqué au-dessus dans l'assise n^ 2 avec les Nummuiites précitées.

Avec l'assise n"* 4 commence la craie, qui est une marne blanche remplie d'Oslrea vesicularis, à'Avtculma (nov. gen.), de Terebratula camea^ de Pecten , de VulaetlOt de Peniaerinites , etc. , puis 5* craie marneuse blanche , dure, à cassure anguleuse avec

(4) £uli., 4'«sér., vol. VIII, p. 385, 4837.

Voyage autour du Caucase ^ en Crimée^ etc., vol. V, p. 385, p. %iO, passa», 4 840.

(3] Ces espèces sont celles que nons a^ns eu nous-môme occasion de signaler depuis dans la Monographie des IfummuiHes,

elVl.

364 CEIIIÉE.

Osirea vesicularis^ Lam«, Plagiostoma spinosum^ Sow. » OsO^ea flabeliiformis, Nils., Inoceramtts Cuvieri^ Sow., Terebratula car* nea, id., Fi?nws, Scyphia Oeynhamii^ QtAà,^S, Sackii^ id., et plusieurs espèces de Bélemnites ; 6"* roche jaunâtre, cristallinei et craie caverneuse, divisée en huit ou neuf couches épaisses, où se trouvent VOstrea vesictdarit et une coquille désignée, sans doute à tort, comme étant VAmpullaria crassatina; 7' craie marneuse Manche avec quelques Ostrea vesicularis, Cranta nummuius^ Lam., etc.; S"" grès vert ou chlorité avec Ostrea vesiculoins^ 0. carinaiat Lima canalifera^ Terebratula concimia (espèce jurassique), T, pectiniformist Nautilus et une Bélemnite très répandue. Ces cinq as* sises sont particulièrement caractérisées et reliées entre elles par la présence de VOstrea vesicularis, La huitième faisait partie de /Vtage moyen de Huot ou de son grès vert.

Les assises 9 et 10, qui viennent au-dessous, seraient au contraire caractérisées par une Huître appelée 0. ventilcArum, sans indication d'auteur ; or , 1*0. veniilabrum de Goldfuss est une coquille du terrain tertiaire moyen de l'ouest de l'Europe , et nous ne savons quelle peut être celle désignée par Dubois. La première de ces assises est un grès vert , remarquable par une grande quantité de Pecten{P. orbicularis, quinquecostatus^ cicatrisaiuset laminosus), associés à des ostracées (0. carinata^ diltwiana, biauriculata^ Êxogyra decussata et colvmba). La seconde est une marne bleuâtre eu plaques, avec Ostrea biaurxculata ^ Exogyra columba^ Vuiselia,ûes bryozoaires, le Schizaster stellatus (ou Hemiaster id. Des.) qui serait du terrain tertiaire de la Yolhynie, et V Ammonites asper, Mér. Cette dernière est probablement citée par erreur , son gisement devant être plus bas avec les fossiles néocomiens. Les marnes blanches ou bleuâtres du nMl, sorte de savon fossile ou d'argile smectique, sont schistoîdes, fendillées eu tous sens, et renferment quelques moules de corps organisés provenant d'une aulre couche, des Hamites, des Ammonites, etc.

EnGn l'assise crétacée la plus basse, qui porte le n'' 12, comprend des calcaires jaunes et des sables qui représentent l'étage néocomien inférieur, tel qu'on l'observe aux environs de NeuchâteL On y trouve, suivant l'auteur , 68 espèces de fossiles, dont la liste nous semble inutile à reproduire à cause de l'incertitude des déterminations. Ainsi, ou y remarque bon nombre d'espèces regardées comme nouvelles et d'autres qui ne sont pas déterminées; puis il y en a qui $ont essentiellement jurassiques (J/e/aaiaAe^fi/m^/ayienw,

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