‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 58 sur 111 · CRIMÉE · texte numérisé non relu

CRIMÉE

Ammonites Brocchii ou Brongniarti^ A. gigantettSf A, tatricuSt A. perarmatus y etc., Terebratula vicinalis , T. concinna^ Ostrea gregaria) qui seraient associées avec des espèces pariiculièrement néocomiennes {Discoidea macropyga, Cidaris ^clunifera , Exo^ gyra Couioni , lerebraiula biplicaia , Gervillia solenoidei) , comme a?ec d^autres qui appartiennent à la craie tuffeau, et même à ]a craie blanche [Exogyra lateralis, Terebratula alata^ Cidaris vesicuiosus , Nautilus radiatus^ N. simpleXf N. elegans, Ammo^ nitesrhotomagensis^ A. monile, etc.).

On ne peut donc induire d'une pareille confusion rien autre chose que l'existence, dans ce pays, du groupe de la craie blanche, de celui de la craie tuifeau, bien caractérisé dans sa partie moyenne et inférieure, comme dans les Garpathes et la Gallicie, au N.-O., et les environs de Shumia à TO.-S.-O., puis d'un représentant du groupe néocomien, reposant sur les couches jurassiques. Quant aux limites stratlgraphiques et à la répartition des espèces» elles restent entièrement à déterminer.

À une lieue de Karassoubazar (1), une muraille régulière, de 120 à 150 mètres de hauteur, est formée à sa base par la craie d'un gris blanc, en couches horizontales, avec Inoceramus Cuvierij Belemnites mucroncUuSyOstreavesiculariStScyphia Oeynhausii^ S.Sackii^ etc.; au-dessus, en stratification parfaitement concordante, est une assise de calcaire compacte, avec des Nummulites, et de 10 à 12 mètres d'épaisseur. Au pied du rocher on extrait, par des puits , le Kéfé^ killfOn schiste savonneux dépendant du grès verL Des cryptes assez étendues ont été creusées dans la partie supérieure de la craie » et le calcaire nummulitique plus solide en forme le toit . Au pied nord-ouest de l'ile allongée de la chaîne taurique, soulevée à la Gn de la période jurassique, se déposèrent donc successivement : !<> les couches néocomiennes sableuses, jaunâtres et ferrugineuses; 2'' les schistes gris marneux; 3* le grès ou sable vert; &° la craie blanche; 5^ les roches nunmiulitiques ou tertiahres inférieures. Toute cette série concordante incline légèrement vers la steppe, formant comme la muraille naturelle d'un second cratère d'éruption, qui constituerait aussi la moitié nord-ouest du cratère annulaire signalé par Dubois {anfe^ vol. ^11, p« 178 et AQO). On a vu que des filons de porphyre se montraient au pied de la falaise, autour de Simphéropol,de Sabli, de Badrak, deKokkoze eldu cap Partbénique,

(4) Dubois , FoTfigc autour du Caucase ^ etc., vol. V, p. 368.

866 CfttitBt.

éruptions qui auraient eu lieu vers la fin des dépôts nummulitiques, détruisant une partie des couches crétacées et donnant à celtes qui subsistent encore la disposition que nous retrouvons aujourd'hui. Le grès Tcrt est souvent masqué par des talus d'éboulement, et h formation crétacée paraît être alors moins développée que vers Baktchisaral. Au-dessousressonent des lambeauid'un calcaire jaune, sembhble par ses caractères et ses fossiles au calcaire néocomien de NeuchAtel ; puis vient un poudingue composé de cailloux roulés, de phyllade, de grès anciens, de gros blocs de roches granitiques et surtout de jaspe et de quartt bvalin, de tontes les grosseurs, reliés entre eux par un ciment argileux verdâtre. Ce poth dingue, antérieur à la formation jurassique et relevé avant son • dépôt , forme des eonclies puissantes, nombreuseSi alternailt aved • quelques bancs schisteux, et qui ont été redressées verticalement par les granités ophstiques et les porphyres de Djinsofou et d'Eski* Orda.

Le grès vert et la craie glauconieuse cireonserivent le fond de la baie de Sévastopol, occupée par les couches nnmrouKtiques, les marnes blanches avec des lits subordonnés de lapilli, de cendres, de ooqoillesfluviatileset terrestres, et des prodoits volcaniques plus récents. Sur le chemin d*Inkerman à Mangoup, Dubois signale les couches de terre à foulon que l'on exploite; pois il décrit la formation crétacée des environs de Baktcbisaraî et fait remarquer (vol. YI, p. 351) qu'en considérant la distribution des osiracées dans la série de couches tertiaires inférieures et crétacées de ce pays, on trouve que Ih , où cesse de se montrer VOstrea latisiima, commence TO. vesi^ariê, auquel succède V Exogyracolumba^ et enfin, à la partie inKrieore, YExogyra Coulonù Si nous ajoutons que VOttrea bi^nriculoia est associée avec VE. eolumba , exclusivement dans l'assise no 10 , qu'aucune espèce ne s'élève des couches néocomiennes dans les dépôts nummulitiques od maiiqiKat coropléteoieot les Bélemniles et ka Ammonites q&i ne dépassent point la craie, on reconnaîtra que cette partie orientale de l'Europe non» présente encore un exemple frappant de la persistance des horhions paléontologtques , lorsqu'ils sont bien choisis , et qu'il justifie les doutes que nous avons émis sur plusieurs déterminations spécifiques des fossiles compris dans le tableau analysé cî-dessus.

I^ puissance des divers étages crétacés ne présente pas d'ailleurs ici moins de variation^ que dans l'ouest de l'Europe. Ainsi, le grès vert, très développé entre Inkerman et Baktcbisaraî, a déjà perdu

itGlOK DU CÀHtAdfe. 367

de son épaisseur et de son importance ^ à peu de diitance de cette dernière liille, et à Simphéropol il n*est plus représenté que par 3 mètres de craie giauconieuse. Enfin, les divers étages de la forma» tion, et plus particulièrement le groupe néocoroien, ont éprouvé de nombreuses dénudatioos et ont été fortement accidentés parles soa« lèvements que les roches ignées ont occasionoés à plusieurs re* prises (1).

$ a. HégîoB eu CaaeoM.

La cbatne du Caucase , aHongéede TE. 60« S. à VO, &0* N. , prèsqu'en ligne droite , depuis Bakou , sur la mer Caspienne , jusqu'à Anapa , à l'entrée de la mer d'Azof, est composée, d'après Dubois de Monipéreot (2) , des formations secondaires jurassique et cré- *

tacée. La première ou la plus ancienne en occupe le centre on l'axe sur les trois quarts de sa longueur; la seconde la circonscrit en traçant tout autour une zone presque continue, plus ou moins large, et qui , au nord-ouest , comprend à elle seule toute la chaîne. L'une et l'autre ont été dérangées et traversées çà et \h par les éruptions porphyriques et trachytiques. L'auteur a représenté sur sa carte, par une même teinte, les couches crétacées et les dépôts nummulitiques dont nous avons parlé {nntè, vof. Ilf , p. 177), et nous suivrons, pour la description des premières, Tordre géographique qu*il a kii-mêffie adopté.

La côlc de la Circassie, sur une grande étendue à l'ouest et & Test cireatii*. de Gbéliiidjik, est formée de schistes gris et blancs , avec des rognons de fer sulfuré , des lits de silex subordonnés (3), et des Fncoldes, semblables à ceux des schistes des Grisons et de Saint-GalL On a vu qu'en Suisse, et même sur les deux versants des Alpes, ces

(4) Voyez aussi : Stanislas Cbaodoir (Proceed» geoL Soc» qj Lm^ don, 4 834-32, p. 342). — Hoffmann, Rapport sur ua voyagé géognostique à Odessa et dans le midi de la Crimée, fait en 4838 (Bull, de TAcad. de Saint-Pétersbourg, voL Vf. p. 254, 4839). — Ktttorga, Mémoire sur la Crimée publié en 4834 (en russe). — - Fischer de Waldbeim , Lettre à M. le barea de Férassao sur quelques fossiles de la Crimée.

(2) BulL, k^ série , vol. VIII , p. 385, 4837. — Voyage autour du Caucase, eic, 4 842; Carte et coupe de VAtlas. — ]^rr/j, yiir Miner, von Karstcn und von Declicn, vol. VII, p. 693, 4 834.

(3) Voyage auiour du Caucase^ etc., vol. I, p. 23,

368 RÉGION DU CiOCASB.

roches formaient Tétage supérieur du groupe nummulitique. En est-il de même dans la Circassie ? C'est ce que de nouvelles observa* tions pourront seules déterminer.

Miiigi-Aie. (P. 367). La station de Sakbarbat, dans la MingréliCi a offert à Dubois une craie blanc jaunâtre avec des silex, mais sans fossiles. Des amas de gypse viennent s'appuyer contre, et le long de la route d'Abacba des porpbyres pyroxéniques amygdaloîdes et des mêlaphyres ont soulevé les couches crétacées. imereUi Do Bagdad à Khané , dans* Tlmereth (1) i la route passe entre Gé(niie. ^^^^ murailles de grès vert très régulières, dont la hauteur varie de i 60 à 230 mètres, et qui se correspondent sur les rives oppo* sées de la Rhanitskali. Cette fente est perpendiculaire à Taxe principal de la chaîne d^Âkhaltzikhé , et le grès de ses parois se désagrège et se divise en boules à feuillets concentriques. Plus loin , les porphyres pyroxéniques ont fendu la roche sédimeniaire et se sont épanchés par les fissures en entraînant une grande quantité de fragments. Sur la pente méridionale de la même chaîne les porphyres sont plus fréquents et leurs masses sont comme suspendues au-dessus du bassin d'Akhaltzikhé, semblables à des torrents de lave brusquement refroidis.

(P. 353). Les sommets de la chaîne du Likhi sont formés de calcaires crayeux adossés k des schistes et à des grès de la partie inférieure de la craie, ou à des dômes de porphyres pyroxéniques. Du côté de la Colchide, comme sur celui du Karthli , le pî^ de ces montagnes est recouvert de dépôts tertiaires. Non loin de Souram est un calcaire blanc jaunâtre avec des Gryphées et la Terebratuia plicatilis. À la station de Moliti commence à se montrer un schiste argileux noir avec les Ammonites et le Hamites compressus de la partie inférieure de la craie , surmonté de calcaires noirs avec des ostracées. Ces assises sont pénétrées çà et là 'par des filons de porphyres noirs.

Près de Rreiti (p. 371), les rives de la Bzoudja sont bordées de grès et d'argiles de diverses couleurs , en couches presque horizontales vers le haut , mais très disloquées vers le bas. L'escarpement est couronné par un récif de craie avec des Bélemnites, des Térébratules {T. vicinalis^ suivant Dubois» T» biplicata^ T. octoplicota) et une grande Exogyre voisine des E. Couloni et aquila, désignée sous le nom à*E. Ritterii. Au sommet du col , entre Krciti et

(4) Voyage autour du Caucase ^ etc., vol. Il , p. 832.

RÉGION DU ClDCASE. 369

KlioteYi. la craie caractérisée par les mêmes Tossiles se montre encore i la surface du sol. Toules les assises calcaires , créucées on jurassiques, qui occupent le bas Ralcba jusqu'à la plaine de la Colchide, se relèvent pour former de hautes murailles à pic , au pied desquelles le Phase roule ses eaux à la sortie da hant Ratclia. Ici cesse le calcaire, et, lorsqu'on remonte plus loin le cours du Aeuve, les schistes et les porphyres se montrent seuls.

(P. à31.) Une puissante assise de calcaires crétacés, renfermant des lits minces de grès maroeui , occupe une grande surface horizontale dans le Letchakoum , mais ci et là des fentes considérables divisent la masse en blocs énormes, séparés par des ravins à parois verticales de 1 30 k 160 mètres de hauteur. Un de ces massifs isolés supporte encore un lambeau teiliaire caractérisé par te Nautilus Aluri. En montant au monastère de Saûrmi . Dubob observa une série de soixante-diz couches de calcaires blancs, compactes, fendillés, surmontés de vingt lits de marnes bleues arec Terebratula camea , à'erpula Torlrix Gold. , aniquels succédaient soixanteneuf bancs de calcaires également fendillés, trois lits de marnes bleuâtres, et enliii vingt-deux couches de calcaire et de marne alternant.

A l'est de KouUls, l'auteur meolionne des lambeaux de craie et des calcaires blancs avec des silex jaspés de rouge et de jaune (1). Les environs de Satchekhéri sont remarquables parles calcaires dolomiliques qui prennent un grand développement sur les bords de laKvirila. Ils s'élèvent de 130 à 160 mètres au-dessus de son niveau, en bancs horizontaux mais brisés. La roche est jaunMre et sans liissiles. Cette dolomie est remarquable par la prodigieuse quantité de grottes dont elle esi'percée , et qui ont été utilisées pour des habitations. Dubois ne se prononce pas sur son âge, et signale seulement le grès vert, la craie blancbe et le lerraiii teiliaire dans ta colline qui domine le village au nord.

(P. 2A0.) A. Tiflis, le Kour coule au fond de fentes ouvertes dans un contre-fort de la chaîne d'Akbaltzikhé, composé de schiste noir et de grès crayeux très dérangés. Ces dislocations sont dues i des filons de por{diyres pyroxéniques qui , au cerilie ini}[ijc de la ville ,

{\) foyiigc aatoui- du Caucase, etc., yo\. lit, f. liit aussi; Scblegalmitch, Description géologique de la [lurlioi monts Bambak, en Géorgie (Acad. de Saint-Pél<>r'l)oiir);. Brrg/iaiis, 3* sér,, Kol. V, p. (73).

370 ^ fticiON DU CAUCASK.

se sont épanchés au miliea des schistes dont ils ont enveloppé de grands fragments. Des sources thermales sulfarenses auxquelles la TiUe doit son origine sortent d'une déchirure profonde dans ces roches. (P. 276. ) Près de Pôganloogbi , village situé à deux lieues et demie de Tiflis, l'auteur a observé plus de 60 puits de naphte. mais il ne dit pas quelle est leur position , ni quels sont leurs rapports avec les collines de grès vert et de craie qui entourent ce ixiint. Près de Dachesalaki régnent les calcaires Si Nummulites.

 la sortie de la vallée du Kargar , et lorsqu'on se dirige vers Ghakh-fioulak, on trouve des bancs nombreux de craie blanche, dure, avec des fossiles, et plus loin une colline formée de craie plus ancienne, mais que Dubois rapporte encore à la craie blanche. Il y signale ks Terebratula camea^ octopitcaia et plicattlis, avec le Caratomus aoellana^ Ag. An sud-est d'Hélèniiidorf, les collines de craie blanche ressemblent à celles de Sably, en Crimée, et h peu de distance se développe la série rouge composée de marnes, de grès «l de conglomérats alternant et renfermant de nombreux fossiles , surtout des Nérinées et des Rostellaires. Cette série représenterait h partie supérieure de la formation jurassique. Venant Sur ic versaui septentrional du Caucase , au delà de Constanti- ^d^ nogorsk (i), on voit se relever la craie supérieure et le calcaire à Nummulites. Le passage de la steppe aux pentes sub^alpines de la chaîne est exactement le même que celui que nous avons décrit en Crimée , sur le versant septentrional de la chaîne taurique, entre 3yniphéropol et Sévastopol. La craie placée sous le calcaire à Num* mulites est un calcaire marneux, blanc, divisé en petits fragments ; plus bas sont des assises sans fossiles de 8 à 10 mètres d'épaisseur. A la partie inférieure, les bancs renferment' des corps ramifiés, peut-être des moules de végétaux; et an-dessous de la craie viennent aflSeurer les premiers lits de grès vert ou craie chloritée, dont un développement considérable s'observe dans les gorges situées au sud-est de Rislavodsk (2). Un calcaire gris compacte, à texture plus ou moins cristalline, supporte ici le grès vert , et appartiendrait à la formation jurassique. L'étage du grès vert comprend un grès chlorité jaunâtre, un banc mince de 30 et quelques

Caucase.

(4) Foynge autour du Caucase^ vol. IV, p. 60B.

\t) M. Fischer do Waldheim a décrit et fait représenter le Crio^ cetas Foronzovii trouvé dans la craie de cette localité ^Butt, Soc, I. tics naiun de Moscou^ vol. XXIT, p. 216, 4 849).

tnëii*e$ d'ipaisseor, un grès ferrugineux rouge, de 6 à 8 mètres* ex une série de 15 bancs de grès Tert, proprement dit, avep Ammoj nites deniatusy A. navicularisj Hosteilaria^ Bucctnum»Exogyr^ eolumbû, E. virgttla? une grande Hoitre, Nucula itapreisa^ Cu* eullcBa , Trigcnia aiœfarmis, Pinna^ Gervilliù oviculoides^ Teref bratula rostrata, Venuliier trigonellaris^ Scbloth., et AstaHe, Vers le bas du vallon les bancs inférieurs offrent quelques grottes comme en Crimée. Le grès vert de Bargoustao renferme aussi les fossiles que nous venons de citer et dont la détermination est fort incertaine» Plus ^ Tooest la craie blanche et les calcaires à Nummulites for^ ment, comme entre Simpbéropot et Sévastopot, ^es gradins disposé^ en retraite sur les roches plus anciennes. ,

M. H. Àbich, qui s'occupe depuis plusieurs années de l'étude Dt^hestan. pliysique du Caucase et des groupes montagneux de TArméui^, ayau^ adressé à L. de Buch une collection d'échantillons de la formaiioi) crétacée du Daghestan, le savant géologue de Berlin eu a donné une liste (I ) accompagnée d'explications et de détails asse;^ difficiles i résumer, mais qu'il cause de lem* intérêt nous essaierons de cooi> dottoer ici.

Dansb vallée supérieure du Koysnt, rivière qui longe la frontière oceidenude du Daghestan, des couches entières sont formées d'/n(H ceramus suicaim et latus avec des Exogyra haliotoidea. JLa forte/ rease d'Akouscba, située à 1627 mètres d'altitude, est entourée de montagnes encort pins élevées vers l'O. , telles que leTourtschi-dagh (2286 mèu^), le Tschounoum (2875 mètres), etc. Toutes sont composées des mêmes calcaires, que leurs fossiles doivent faire rapr porter à la période crétacée. Ce sont VAmmanitet Mayorianu^i Pict. , propre au gante, l'A. dgpei formiez d'Orb. , de plusieurs pieds do diamètre , VExo§y$*a iaciniata , Gold. La Ter^brtUula nuci^ fùrmii^ Sow. , voisine de la T, depresm^ id. , est très répaiidue dans les calcaires supérieurs du plateau du Tourlàchi^dagh, avec la T. bir plicata, Sow. var. angusta, la Phaladomya donaeina^ Gold., |ine Peme gigantesque {Pema MuUetif Desb.), VOUrea Milletiami d*Orb., etc. Ces fossiles se montrent également dans les calcaire bruns très sablmineux et dans une oolitbe blanche, è grain fin « toua deux inférieurs aux calcaires précédente et que l'on rencontre jorsr qu'on descend du plateau dans la vallée du Koysut

(4) Zritsc/injt d, Deiitsch, gcohg. Gesrfiyc/t., vol. HT, p. ^50)

372 BÉGION DD CAUCASE.

Les assises les plus basses de cette localité sont formées par un grès de 70 à 100 mètres d'épaisseur, renfermant des concrétions bitumineuses, en rognons sphéroïdaux , de 1 mètre à 1",50 de diamètre , et traversés de veines de carbonate de chaux et d'arragonile. Le grès est tendre, friable» argileux, ressemblant à une marne ou à une argile sablonneuse légèrement endurcie. La roche est verte ou brun jaunâtre , et des calcaires gris cendré, facilement altérables, y sont aussi associés. Les fossiles , fort nombreux dans toute cette série, sont souvent accumulés par places. Les céphalopodes y atteignent de très grandes dimensions , et les brachiopodes ne sont pas moins abondants. M* Abich y a trouvé : Ammonites MilUtianus , d'Orb., i4. Deihayesii, Leym«, A. fiisicosiatut, Phill., A. Mar^ iini^ d*Orb., A, Calypso^ id.. A, Duoalianus^ id., A. infundibulum^ id«, Toxoceras^ de petites Bélemnites, Bostellaria ma* crostama^ Fitt., Pleurotomaria elegans, d'Orb., Bticcinum, indét. l'hetis minoTt Sow., Exogyra reniformis^ Gold, Terebratula nucifùrmis, Sow., Pinna, de très grandes Huîtres, des Pholadomyes, des Moules , des Âstartes , des Arches , etc. , Serpula tuba^ Fitt., et 5. flageilttm^ Gold. V Ammonites rhotomagensis, Defr., a été rencontrée dans la vallée de Gesgebil , à Test d'Acouscba et à Kotscbalmaki , dans des couches presque verticales supérieures aux cakatnra.

Sur un autre point on voit, à partir du dépôt de transport superQciel, une série de couches argilo-sablonneuses remplies d'Exogyres , d'Huîtres et d'Ammonites , puis une seconde série argileuse renfermant des nodules endurcis, gris foncé, avec beaucoup de bi« valves et peut-être la Pema MiUleti, enfin de nouvelles marnes argileuses avec Ammonites. Les fossiles de ces diverses assises seraient principalement la Terebratula nuciformis^ Sow. , la Pema Mulleti^ Desb., la Thetis major ^ Sow., VAnomia lœvigata, id., le RosteU laria macrostoma^ id. in Fitt, la Pinna Robinaldina^ d'Orb. Les couches qui paraissent surmonter les précédentes sont des marnes tendres, argileuses avec Aucella caucasica {AvicîUa)^ passant vers le haut 11 des calcaires qui affectent les caractères du planer de T Allemagne et dans lesqueb on observe des Exogyres » des Inocérames , etc. Le tout est recouvert de calcaires crayeux^ compactes, avec des Ananchytes et des rognons de fer sulfuré.

Près du Duschoucha et de Choppa sont des grès bruns à grain fin, des géodes semblables aux précédentes avec des Ammonites et VOstrea disjuncta^ et au-dessous les calcaires à oslracées plus com-

BÉQIOH DU CAUCA9B. 373

pactes, gris ou de teJaleciaire, ei rragmentaires. puis un calcaire oolj- Ihique aiec Terebratula iwciformi» et biptieata. Cette dernière assise, très piitssanle et très étendue, forme une partie des sommités do Daghestan et joue an rftie fort imporUnt dans la géologie de ce pays. Elle est d'un blaoc pur, composée principalement de débris de polypiers et de crînoides. On y troute le Manon macrostoma , Boem. , el de petites Térébratules lisses dans la montagne de Chariktila où elle s'élève I 2^126 mètres au-dessus de la Caspienne. C'est ce même calcaire qui dans le Tourischi-dagh atteint aussi 2286 mètres et se trouTe placé sous les couches avec Huîtres {Oitrea Milletiana, d'Orb., Exogyra kediotoidea, Sow.]'

Le plateau calcaire isolé du Tschounoti-dagh, où se montrent les dolomies caverneuses, limite le bassin de l'Anuicb, où manqaeDt les schistes et les grès bruu-jaunStre. Le soulèvement du Tachounou a amené au jour des assises inférieures ans calcaires, et composées de marnes gris-clair, en dalles, avec des géodes aplatiesde grandeur variable. On trouve dans ces dernières, depuis le Tschounoujusqu'^ l'Anuich, VAmmonitet ffugardianui , d'Orb., le Belemniles tubfusiformis, V Aatarte formoaa, Sow., la Turritella sexlineala, Roem., la Triyonia alœformis. Parle La I^uculttteapha,A'Orh., la Scalaria canaliculata, id, , et d'antres bivalves ont été rencontrées dans un calcaire hmo, au-dessus du grès de TichouDOu. Les couches schisteuses et marneuses enveloppent aussi des concrétions bitumineuses, des bois silicifiés ou charbounés, et quelques Ammonites. VAmmonilet sirangulatus, d'Orb., le Mt/tilm falcalus, id., et une dent de saurien ont été trouvés prés de Kumusch- Koysu.

Au sud -est dn Daghestan, le Schacb-dagb, élevé de &288 mètres, offre un plateau arrondi , fonné par une dolomie jaune, avec Ostrea carinala, 0. angulosa, et une Ammonite voisine de \'À. biplex. Sur les hauteurs du Tschalbur-dagh, des calcaires sablonneux rouges, rapportés â la partie moyenne de la formation crétacée, ont offert la Nerinea noàilis et les l'trebraluia nuciformii et bipiicala var. anguita, Duliois avait déjà signalé, dans la montagne de Sardal, k une lieue de Gaiidjas, les mêmes assises moyennes de la craie, et, dans la craie de Shak-Bonlak, qui dépend dn massif dn Karabag, existent les mêmes Térébratules( 71 nerriensis, d'Arch.) <Iu calcaire i rouge sabionueui du Tschalbur-dagh. louie cette rigion, d'ailleurs f fort accidentée, n'a présenté d'autres roches cristallines que les cai|^

i7^ ftéClON ÙV CAUCASE.

lonx roulés de porphyre , etc. , qu*on rencontre dans le bassin du Soussac.

nétnmtf. Si, ponr assigner l'horizon de ces diverses assises crétacées, nous considérons actuellement les espèces fossiles recueillies par M. Abich et déterminées par L. de Bnch , relativement à leur distribution dans les groupes de Touest de rEuit)pe, nous trouverons qu'en fai-sant abstraction de V Ammonites Cahjpso qui est jurassique et qui peut être le résultat d'une erreur de détermination ou de gisement, n y a 16 espèces néocomiennes [Ammonites ciypeiformis^ Des- Fiayesii^ Duvalianus, fissicosfatus , infundibulum, Martini^ stroH' gulatîis, Belemnitessubfusifonnis^ Scalaria canal ictUata, Pieurotomaria elegans, Pinna Robinaldina^ Pema Mulleti^ Nueuia Scapha, Anomya lomgata , Terehratula biplicata, var. angusia, T, nuciformis) : 7 du gault {Ammonites ffugardianus^ Mayoriartti5, Milletianus, Ostrea Miiletiana, Trigonia aiœformiSy Jnœera" ikus stilcatuSf Thetis minor) ^ et 13 des parties inférieures ou ftioyennes de la craie tufîeau [Ammonites rhotomagensis, Rostel^ iaria macrostoma,Turritella sexlineata, Terebratula nerviensis^ Ostrea carinafa, haliotoidea ^ laciniaia [Exogyra), Inoceramm iatits, Mytilus falcatus , Thetis major, Astarte formosa, Cyprina rôstrattt, Ananchytes).

Ainsi la formation crétacée , dans cette partie la plus orientale de .FEuropc, sur les pentes du Caucase qui s'abaissent vers le bassin de fa Caspienne, nous présente un développement non moins remarquable qu'à l'ouest. Ce que nous venons de dire permet de penser que le groupe néocomien y acquiert une grande puissance, et qu'il est recouvert par un système de couches appartenant au second groupe comme dans la Colchide, mais il est douteux que le groupe Supérieur que nous avons vu aussi dans la Géorgie, et plus au nordouest, y soit représenté. Quant à celui du gault , on doit remarquer que des 7 espèces reconnues par de Buch, et qui ont leurs analogues dans l'Europe occidentale, il n'y en a que quatre [Ammonites Mii^ letianus, A, Hugardianus , Ostrea Miiletiana et Thetis minor) qui lui appartiennent exclusivement, au moins jusqu'à présent ; des 3 autres, 2 [Ammonites Mayorianus, Inoceramvs sulcatus) remontent plus haut , et 1 [Trigonia alœformis) descend plus bas. Si, d'une part, on oppose ce petit nombre d'espèces à l'abondance dé celles du groupe néocomien et de celles de la craie tuffeau , et si de l'autre on se rappelle que les 7 espèces du gault n'ont pas

RÉGION DU CAOCASE. 375

été trouvées réunies ou groupées ensetnble, mais bien associées , soit à celles du quatrième groupe , soit à celles du second , on regardera comme très probable que le gault n*existe point encore dans le Caucase oriental , du moins, comme constituant un dépôt bien distinct, et que seulement quelques unes des formes qui le caractérisent à Touest du continent européen s'y montrent associées avec d'autres plus anciennes ou plus récentes, ainsi que nous l'avons déjà fait observer pour la fiohéme et pourra région des Carpathes.

CE

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