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ils plongent de IS"* à 20*" aa N.-O. , circooscrivent le bassin de rOuadi-Arabali , et se dirigent vers le N. On les voit aussi incliner vers la mer Rouge, et l'on pourrait supposer qu*ils se relèvent sur la côte arabique, si nous n'avions vu celle-ci occupée par des roches évidemment crétacées et d'autres nummulitiques. Sous ces calcaires présumés jurassiques viennent des grès marneux , rouges, bruns, violets, bleuâtres, verdfttres, jaunâtres, grisâtres ou blanchâtres, avec des Buccins, des Huttres, des Gryphées, etc., et traversés en tous sens par des veines de gypse, substance qui s'y trouve aussi en couches minces avec du sel gemme. Ce sont ces caractères minérsrlogiques qui ont sans doute déterminé MM. Figari et Husson à placer ce système arénacé sur Tborizon des marnes irisées, de même que ceux des calcaires sous- jacents gris-jaunâtres, ou gris de fumée, rougeâtres, compactes, très durs, k cassure conchoîde, et quelque* fois celluleux, leur ont rappelé Tétage du muschelkalk. Ces calcaires en bancs de 1 à 2 mètres d'épaisseur, séparés par des lits d'argile, et d'une puissance totale de 10 à 12 mètres, plongent de IS^'è 20% au S.-E. C'est de la partie moyenne de cet ensemble de couches que sourdent les eaux salées et un peu séléniteusesde la vallée d'Arabah.
En continuant à s'avancer vers le N.-N.-Ë. , les voyageurs dont nous suivons les observations arrivèrentauvallonde l'Ouadl-Ribegli, vers le haut duquel ils retrouvèrent la formation du marbre blanc, compacte, ou saccharoïde, pénétré de veines vertes, et recouvroiU la craie. Si cette supek*position est réelle, on aurait un système de couches très remarquable par ses caractères minéralogiques, et qui, suivant toute probabilité, représenterait les étages crétacés les plus récents; il se distinguerait alors singulièreoaent de ces derniers, tels que nous les connaissons dans le nord-ouest de l'Europe. Ainsi, le marbre ne finit point, comme les auteurs Tavaient cru d'abord, à l'Ouadi-Oum-Houamada, mais il accompagne toute la chaîne de Ghalaleh-Geblich et deBahâryeh.
La base du Gebel-el-Nemr, montagne élevée de 1300 mètres au-dessus de la mer rouge , et au pied de laquelle se trouve le couvent de Saint-Paul, est formée de grès'rouge , schisteux, que nous présumons encore représenter le grès crétacé inférieur , et non les marnes irisées. Il est ici plus développé que de l'autre côté de la chaîne, La craie avec des silex pyromaques se montre ensuite vers le N.-E. , surmontée, à ce qu'il paraît, de monticules tertiaires, composés d'argiles et de calcaires coquilJiers. Plus loin , les collines de cr^ k silex «oqi recouvertes de banc9 de gypse, remplis de petit»
EGYPTE ET NDBIB. 4M
grains de soufre pur. Sur le tout règne un dépôt meuble d'œtites ferrugineuses et de cailloux siliceux avec des fragments de porphyre et de granité.
Le Gebel-Gbareb, au sud-sud*est du plateau précédent, est élevé d'environ 1950 mètres au-dessus du golfe Arabique, et composé de granité à grands cristaux de feldspatb rouge* Cette roche commence au nord-nord-ouest de TOuadi-Arabah, se continue adossée à la chaîne calcaire du Galaleh , puis s'en déuche pour se diriger au S.-O., et aller s'unir aux montagnes deGebel-Dara , de Gebelel-Dyh, etc. Aux environs de Gebel-Zeyt, une colline dirigée S. , N. est formée de craie inclinée an N.-O. et reposant, è son extrémité sud-est , sur les grès , en contact eux-mêmes ave« les roches cristallines. L'Ouadi-Dara, qui s'étend de TE. à l'O. , présente, comme toutes les grandes vallées du désert oriental, une large concavité parsemée de monticules de craie reposant sur les argiles , et recouverte parfois de psammites tertiaires.
Newbold (1), qui parait avoir très bien s^isi les rapports gêné- M^noira raux des diverses roches sédimentaires et pyrogènes de l'Egypte ifewlwid. {aritè, vol. llf , p. 205 et 526), a tracé deux coupes: l'une N., S., dans le sens même de la vallée du Nil , s'étend de Syène jusqu'au Delta, au-dessous du Caire; l'autre , £., O., part de Coséir, sur la côte delà mer Rouge, pour atteindre le Nil. Ces coupes, où les relations stratigraphiques sont très nettement exprimées , s'accordent avec ce que nous ont montré les cartes de M. Russegger et avec l'esquisse plus ancienne de M. Lefèvre.
Le calcaire mariu inférieur de Newbold correspondrait à la * craie, et son grès inférieur à celui que nous avons désigné souvent, avec M. Russegger, sous le nom de grès crétacé de la Nubie, Dans la coupe £.,0., que nous avons aussi mentionnée en traitant des roches ignées, ou voit, sur le versant delà mer Rouge, les calcaires marins et ces grès inférieurs compris de chaque côté , enure des porphyres, des diorites et des syénites , puis sur le versant opposé, recouvrir, en plongeant à l'O. sous la vallée du Nil , les anag^nites séparées du granité par des quartzites.
Rien ne nous indique l'âge précb de ces anagénites célèbres par leur emploi dans les arts ; mais leur composition niême ne permet
(4) On the geology of Egrpt: Sur la géologie de TÊgypto {Proceed. geol. Soc, of London , vol. III, p. 782 , 1843. — Quart, Journ., i4.f n» 4^, p. Zti, 4848).
hZ2 EGYPTE KT NURIK.
pas de les regarder comme fort anciennes. Elles re|)osent ailleurs sur les schistes , à stralification concordante , et sont en bancs épais , qui deviennent horizontaux à mesure qu'ils s'éloignent du granité. Elles constituent un conglomérat ou poudingue, composé de cailloux arrondis et anguleux de diorite, de gneiss, de porphyre, de schiste argileux et siliceux , de serpentine et de calcaire marbre cimentés ou réunis par une pâte un peu calcaire, dont les teintes varient du vert au rouge pourpre. On y trouve parfois des cailloux de feldspath compacte, vert clair, colorés par de l'actinote, et d'autres qui proviennent des schistes cristallins. Cette roche, qui ne paraît pas s'élever à plus de 60 ou 65 mètres au dessus du niveau général du désert, adonné lieu, dans l'antiquité, à des exploitations considérables, et on la retrouve aussi fréquemment aujourd'hui décorant les églises de l'Italie et les mosquées de Gonstantinople, que dans les anciens temples et les palais de l'Egypte. Le sarcophage que l'on suppose être celui d^Alexaudre a été taillé dans un bloc de cette anagénite.
Les grès crétacés inférieurs qui la recouvrent n'occupent point une grande surface en Egypte ; mais ils prennent , commue on l'a vu, beaucoup d'extension au sud , dans une portion considérable de la Nubie. Au contact des syénites et des diorites qui les ont dérangés dans le voisinage des cataractes, ils passent à un poudingue et h une brèche avec des agates. Sur d'autres points , d'une roche tendre , à grains de quartz et à ciment feldspathique , calcaire on ferrugineux , ils passent à un quartzite compacte. Les cailloux , qui y forment des lits subordonnés , sont de cherts , de schistes siliceux , d'agate ou de jaspe provenant des schistes argileux sous-jacents. On y trouve, en outre, des lits minces de gypse et de sel cristallisé. Ils sont traversés par des veines de quartz blanc, brun et améthyste , et l'on y cite des minerais de cuivre et de fer sulfuré, okscrfauou Ces grès avaient été rapportés, par M. Ehrenberg (1) , au grès quader ou quadersanstein inférieur de l'Allemagne ; et l'on a vu que M. Russegger, d'une part, et M. Lefèvre de l'autre, avaient adopté un classement analogue, tandis que des couches, qui paraissent encore en faire partie, avaient été mises dans le trias par MM. Fir gari et Husson. Mais faute de preuves suffisantes, Newbold ne s'est point prononcé à cet égard. En leur conservant ici le nom de grès inférieur de la Nubie, dont la position relative dans le pays ne peut
(1 ) London , Dublin Philos. Magaz, , vol. XVIII , p. 394 .
Uivertes.
FEZZaN, TRIPOLI £T TUNIS. /|3S
laisser, d*ailleurs, aucune iDcertitade, nous pouvons seulement espérer que les recherches futures résoudront la question d'une manière déûnitivc et plus complète.
Nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit {antè, p. U21) de leur emploi multiplié dans les arts, qu'ils ont fourni les matériaux de plusieurs des monuments les plus célèbres de la haute Egypte. La statue vocale de Memnon , entre autres , a été taillée dans un bloc de ce grès , et il en est de même de la plupart des sphinx qui bordent les avenues ou dromos du temple de Karnac.
M. Ëhrenberg (1) , qui regarde toutes les couches de la craie de l'Europe comme formées d(f restes de petits polythalames, invisibles à l'œil nu , a trouvé qu'il en était de même des calcaires de fienisouef, de Syout et de Thèbes, sur la rive gauche du Nil, de Cabira et de Kéneh, sur sa rive droite. Ces calcaires , qui s'élèvent de 30 à 100 mètres au-dessus du lit de fleuve, le suivent sur une longueur de 70 milles, et se lient au plateau du désert libyque. Les calcaires d'Hamam-Farouch et de Tor, qui bordent la mer Rouge, le long de la presqu'île du Sinaî, auraient encore la même origine. Les calcaires de l'Egypte avec des couches de jaspe , qui représentent les silex de la craie de l'Europe , ne renferment d'ailleurs jamais d'animalcules à carapacessiliceuses ou véritables infusoires.
Dans une dissertation sur les formes que prennent les substances minérales non cristallisées, le même savant (2) s'est occupé des pierres à lunettes de Denderah, qui sont des sphéroïdes de dimen* sions variables, déprimés au centre , quelquefois doubles ou géminés, entourés d'un bourrelet concentrique , et représenlant grossièrement un ou deux yeux. Ces pseudomorphoses, ou ludus , sont très répandues dans une marne subordonnée au calcaire de Denderah ; mais tu l'incertitude où nous sommes encore sur la limite exacte des roches secondaires et tertiaires de ce pays , uous ne pouvons assigner Tâge précis de ces concrétions.
$ 2, Ttaaan et réganeei de TnpoU et de Timif.
Si la géologie de l'Egypte et de la Nubie est déjà assez avancée pour que nous ayons pu donner une esquisse de l'ensemble des
0 (4) Académie de Berlin, février 4 839. *—/.'//»////</, n"" 289,
4839. — Jnn. des mines , vol. XVH , p. 605.
(2) Académie de Berlin, 1840. — Edinb, philos, Jonrn, vol.XXXH,p. 406, 4 844.
/i3& rEzzArr, tripoli et tunis.
roches sédimentaires et pyrogènes qui entrent dans la composition du bassin du Nil , il n*en est pas de même lorsque, nous avançant vers le N.-O. , nous pénétrons, après avoir passé le désert libyque, dans les états de Tripoli et de Tunis, encore peu explorés (1). Leur position géographique et leur orographie générale, comparées à ce que nous venons de voir à Test, et à ce que nous montrera la province de Gonstantine au nord-ouest, permettent de conjecturer que la composition géologique de cette région intermédiaire, limitée au N. par la Méditerranée et au S. par le Fezzan et les déserts de la Libye et du Sahara , diiïère peu de celles entre lesquelles elle est comprise! Par conséquent, le groupe nummulitique et des dépôts tertiaires plus récents, ainsi que la formation crétacée devraient constituer presque toute cette terra tgnota. Ce qui pouvait n*étre d'abord qu'une présomption se trouve déjà en partie confirmé par les découvertes toutes récentes du docteur Overweg, le dernier des martyrs dont le nom vienne s'ajouter encore à cette longue liste d'hommes courageux et dévoués à la science qui, au milieu de leurs recherches, ont succombé sous l'influence d'un climat meurtrier, ou par suite des mauvais traitements de populations inhospitalières.
Aux environs de Tunis, le savant voyageur (i) n'observa que des calcaires sans fossiles. Il signale, près de Carthage, un conglomérat, des grès et un calcaire peu solide. Au sud-est , dans la régence de Tripoli , \e^ couches les plus basses qu'il reconnut étaient des marnes bigarrées et des gypses recouverts par des grès, des marnes, et surtout par des calcaires avec des Trigonies et des Bélemnites. Les premières roches ignées du pays qu'il rencontra sont les basaltes de rOuadi-a-Rabia. Près de Schersachra, district de Tarhona, une marne a présenté une graude quantité de petites Exogyres , et les roches volcaniques , ou mieux ignées , ont continué à se montrer
(4) Les documents que nous GonnaisBons se réduisent à quelques nolesdéjàaDcienDessur la CyrénaKque, parMM.de laCelIaetBeechey, puis sur la route de Tripoli au lac Tschad, par Clapperton et Laing.
(2) Gcognost, Bemerk. auj der Reise , etc. : Observations géoguostiques dans un voyage de Philippevilie, par Tunis, jusqu'à Tripoli et Mourzouk, dans le Fezzan [Zcitschr.ilcr Deutsch. gcol. Geselisck.^ toi. 111 , p. 93 , 1854). — Bcricht uebei die von Oi*ei(**eg atif der RcixCy etc. grjii/idt'fi f'erstcin,^ i?nn Bayiich [Monatsb. neber die Verlktindl, cl. Ccseltsch, fur Erdkunle zu lirrlin ^ vol. IX, p. 4 54, 4 8B2.--/^»/V., vol. VIII, p. 81 et «03, 4854).
rCÏZAN, TniPOLl ET TUNIS. &â5
jusqu*à Mîzda. x\u sud de cette ville , en marchant toujours dans la direction de Mourzouk, capitale du Fezzan, Overweg observa des calcaires et des grès avec beaucoup d*£xogyres et de grandes bivalves dans rOuadi-Tagitscha. Sur le versant escarpé d'Animada sont des marnes bigarrées et des grès bruns ou noirs.
De Dschebel-Assonnd jusqu'à Harudsch et Aâwad régnent des grès qui précédemment avaient été pris pour des basaltes , et la plaine qui entoure Mourzouk est un plateau sablonneux dont la surface est imprégnée de sel et qui n'offre rien de remarquable. Les fatigues du voyage et quelques symptômes de maladie ne purent arrêter Overvifeg ; il continua sa route et put atteindre les bords si vivement désirés do lac Tschad, où il succomba le 27 septembre 1852.
Si nous reprenons les faits particuliers observés pendant ce voyage, nous trouverons que les montagnes situées entre la mer et le désert de Tripoli sont , dans le voisinage de cotte ville , la montagne de Jefran , que traverse au sud-ouest la route de Tripoli à Gadames , le Gbarian , exactement situé au sud de la ville , et le Tarhona , qui s'étend à !'£. jusqu'à Mezurata. Ces trois montagnes ne forment point de chaîne indépendante , mais constituent seulement le bord septentrional d'un plateau fort étendu.
Le Jefran , à l'endroit où la route coupe le plateau , offre une surface presque horizontale , sèche , aride , découpée par des fentes profondes, atteignant une hauteur moyenne de 655 mètres, et dont le point culminant ne dépasse pas 853 mètres. Les collines placées en avant du plateau ont aussi leurs strates horizontaux. Ce sont des calcaires d'aspect divers , de teintes claires, gris blanc, celluleux par la disparition du test des fossiles , et renfermant des grains rouges cristallins. Il y en a aussi qui sont jaunâtres et dolomitiques, puis viennent des marnes panachées , des argiles rouges, vertes, bleues, Jaunes, avec du gypse à grain fin , blanc i gris , traversé par des veines d'nn gypse plus récent Les grès sont à grains fins, schisteux et micacés. Dans les collines coniques situées en avant de la chaîne, le gypse qui occupe leur partie supérieure i'y trouve en blocs épars et discontinus. Ces marnes avec gypse existent aussi dans le plateau élevé de Wadi's , où elles sont recouvertes de grès peu épais , de nouvelles marnes et snrtoot de calcaires arec hornstein et silex pyromaques. Le Enschct-es-Suffct, sommet le plus élevé de celte portion de chaîne , est un calcaire blanc ou ruuge avec fossiles. M. Beyrich , qui sVsi occupé de la détermination de ces derniers,