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de Taulre côté du fleuve, au delà du 17" lat., et offrent quelques lambeaux dans le voisinage de Chardum (16<^ 30'].
Plus loin le calcaire crétacé , représenté sur cette feuille de la carte de M. Rnssegger par une teinte (g) différente de celle qui lui avait été consacrée sur la feuille de FËgyple, ne se montre plus que comme un lambeau au nord de rOuadi-Halfa. Nous ferons remarquer que sur cette carte géognostique de la Nubie , la teinte affectée au grès inférieur est celle du calcaire tertiaire de la précédente ou de rÉgypte; celle de la craie est la couleur consacrée déjii aux granités et aux syénites; celle du grès supérieur ou tertiaire de Melin, qui entoure complètement les affleurements de grès inférieurs et les poinlements de roches cristallines, est la couleurde la craie de la première carte. Les lettres qui accompagnent les teintes sont égale* ment différentes sur Tune et l'autre feuille , quoique celles-ci se fassent suite géographiqucment et géologiquement.
La plus grande \partie du sol que comprend la carte du Soudan (1), continuation de celle de la Nubie, est occupée par des dépôts tertiaires et quaternaires. Le grès inférieur de la Nubie avec ses marnes ne forme plus à son tour que quelques îlots de chaque côté du Nil, jusqu'au 15** lat. N., puis un massif au pied du plateau élevé de Dembea ou de TAbyssinie, s'appuyant contre les granités et les roches ignées.
On savait que les puits artésiens étaient connus des Égyptiens (2) Descriptions et que , suivant Olympiodore , qui florissait au sixième siècle de p"'***=^**^"notre ère , des puits creusés dans la grande oasis à 200 , 300 et jus- .r^slêns. qu'à 500 aunes de profondeur laissaient échapper, par leur oriflce, des jets d'eau employés à l'arrosement des campagnes ; mais on doit à M. Âyme (3) et à M. Lefèvre (6) une description intéressante de ces puitset des couches qu'ils traversent. Les grandes oasis de Thèbes et de Garbes en offrent beaucoup d'exemples. Les anciens pratiquaient d'abord, jusqu'à l'assise calcaire, un puits carré de 2 à 3 mètres de côté sur 20 à 25 de profondeur, en traversant successivement
PI Russegger, Ibid., 4 846, Carte géognostique du Soudan.
(2) F. Arago , d'après Niebuhr [Annuaire du Bureau des longi'tudes pour 4 836, p. 483). — Les témoignages à Tappui de ce fait remontent môme à Diodore , évoque de Tarse (fin du iv* siècle), et jusqu'à Hérodote. (Voyez H. Fournel , Richesse minérale de l'Algérie^ p. 345}.
(3| BulL de la Soc, d'encouragement , p. 394 , 4 838.
(4) Ann, des mines, vol. XVII , p. 676, 484Q.
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la terre végétale, les marnes et les argiles marneuses. Ensuite ils boisaient ce puits, et commençaient le forage, à partir du fond, dans la roche calcaire, dont Tépaisseur est de 100 à 133 mètres , et dans laquelle il paraît qu*on atteignait la nappe d'eau jaillissante. Un de ces anciens puits, déblayé par les soins de AL Aymé, aurait recommencé à fonctionner, en ramenante la surface de petits poissons et du sable analogue au limon du Nil. D*après cela, la couche aquifère serait supérieure aux grès crétacés de la Nubie^ et appartiendrait probablement aux marnes sableuses placées entre ces grès et la grande assise calcaire. Ce que Ton sait de la disposition générale des roches sédimentaires du bassin du Nil permet de la regarder comme très favorable à des travaux de ce genre, toutes les fois qu'on ne les entreprend pas trop près des roches ignées. Les strates très réguliers , plongeant dans le sens même du cours du fleuve , et quelquefois des bords du bassin vers son axe , permettent ainsi Tinfiltration des eaux et leur réapparition facile à la surface , dans des points situés en aval.
BecbercheB Daus Une Communication subséquente, M . Lefèvre (1) parait avoir M.LerèTre. fait (|uelque confusion , en disant que les éçhinites d'Esneh et les Hippurites du Caire étaient identiques avec ceux de la craie de Malte ; car nous ne sachons pas qu'il y ait de la craie dans cette dernière île . (voyez arUèf vol. II, p. 818). Â quelques heures de marche au sud et à l'ouest d'Esneh, continue-t-il, la craie cesse et est remplacée, à la surface du sol , par des grès ( grès inférieur de la Nubie de M. Russegger) qui se montrent d'abord à la base des collines , le long de la vallée du Nil. Ils se prolongent ensuite jusqu'à Syène (Assouan), où on les a vus bouleversés par la syénite et les diorites. Leur dépendance de la formation crétacée résulte de leur passage insensible à la craie que l'on observe sur certains points, commeà Esneh, aux couvents de Saint- Antoine et de Saint-Paul , au Sina! , etc.
A Debot, au sud de l'île de Philae , sur la rive gauche du Nil, ils reposent sur la Syénite , de même qu'au sud-est de l'Ouadi-Halfa , où les roches cristallines les ont dérangés à l'endroit de la cataracte. Entre Hambout-KOl et le puits de Bayouda, des buttes coniques, arrondies au sommet, sont composées de basalte péridotique, fragmentaire, recouvert par des lambeaux de grès. M. Lefèvre dislingue deux périodes d'éruption parmi les roches ignées précédentes. L« syénite , qui forme le sol des environs du puits de Bayouda , a été
(1) Bull., r* série, vol. X, p. 4 44, 4839.
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dérangée par des porphyres que le plas ancien des deux basalles a traversés à son tour. Ces grès de la Nubie ont été suivis jusque près de Ras-el-Rartoum, où se réunissent les deux branches du Nil.
Pour M. D.-W. Nash (1)', TÉgypte présente quatre grands dto- obMnrâiioo. tricts géologiques, composés de granités ou d'autres roches cristal- m. iratb. lines, de grès, de calcaires et de dépôts modernes. Gomme M. Lefèvre , il ne distingue pas des calcaires les grès supérieurs , ni les grès Inférieurs crétacés des précédents. Les granités , 4ont nous avons déjà dit quelques mots {antè , vol. III, p. 529) , s'étendent des montagnes de la Nubie à Âssouan , ofi le Nil passe la première cataracte. C'est de ces roches qu'ont été extraits la plupart des matériaux des grands monuments de l'ancienne Egypte , tels que les temples de Kamac et de Luxor , les monuments de Memphis , des obélisques de Philae et toutes les rangées de statues dé la plaine de Thèbes.
Les grès crétacés de la Nubie , avons-nous dit, s'étendent d'Assouan à Esneh , et c'est dans la chaîne qu'ils forment, en bordant la vallée , que sont les carrières d'où furent extraites les pierres du grand temple d'Isis à Denderah, celles des temples de Philae, de Parembole et des principaux édifices d'Esneh (2). La roche est k
(4)0/2 the geology oj Egyph etc. : Sur la géologie de TÉgypte et la vallée de Coséir [Edlnb, new philos, /o£/r/i., vol. XXII, p. 40, 4 837).
[i) C'est dans ce même grès qu*0Dt été taillés les temples d'Ebsambol (Ypsambol , Psam-Polis), les monuments les plus extraordinaires de la basse Nubie. Â une journée et demie de marche , audessous de rOuadi-Halfa, où le Nil coule entre deux murailles naturelles de grès, on trouve, sur sa rive occidentale, une vallée dont les flancs sont formés de rochers escarpés. Le temple d'Isis , qui y a été entièrement excavé , est dans un état parfait de conservation. Toutes ses parois sont couvertes d'hiéroglyphes , et de chaque côté de la porte sont trois statues colossales, debout, regardant le Nil, appuyées chacune sur deux plus petites de 6 pieds et demi de haut. Le temple d'Osiris, placéà 200 mètres du précédent, tetun peu plus élevé, mais toute la rangée de gradins par laquelle on y montait, de même que sa façade, étaient depuis longtemps ensevelies sous les sables, lorsqu'elles furent mises à découvert par les travaux de Belzoni. On reconnut alors que cette façade et les quatre figures gigantesques dont elle est ornée avaient été taillées sur place, dans le grès quartzeux blanc delà colline.Ces colosses, qui s'élèventde chaque côté de la porte, comme d'énormes piliers, ont, quoique assis, 51 pieds de haut, non compris la coiffure , qui est une ^orte de mitre de 1 4 pieds. Ils ont 26 pieds de large d'un^ épaqle à l'autre y et se toucnent, de sorte que ces quatre figures occupent & elles seules toute la façade dé Tédi-
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gros grain ou à grain fin , Manche et cristalline, quelquefois jaune et friable. M. Nash fait remarquer que les éruptions ignées se sont surtout fait jour à travers des calcaires et des grès, et que le calcaire repose directement sur ces derniers. Le calcaire est d'un gris blanc, et, dans la vallée de Coséir, renferme beaucoup de fossiles siliceax (Huîtres, Buccardes, polypiers}. Confondant ensuite les roches tertiaires inférieures avec celles de la craie , Tauteur ajoute que les calcaires des environs du Caire renferment beaucoup de Nuromulites , tandis qu'il n'y en a point dansceuxde Syout, de Kéoeh. d'£sneb, etc., qui, en efiet, sont les plus anciens de la période crétacée^ et contiennent des rognons de silex. M. Ehrenberg parait avoir rapporté ces derniers à la craie, et M. Nash les grès sous-jacents au trias.
ob«ervaUom Ou a VU (antè , vol. III, p. 207) que le Journal d'un voyage à Iiii.''ri8tri Gebel'Zei/t et dans le désert compris entre (e Nil et la mer HoMon. ftouge (1), par MM. Â. Figari et H. Husson, renfermait des obser-
fice. Burckhardt a remarqué que les traits de ces figures ne le cèdent en rien pour la beauté et la finesse du travail à ce que le ciseau grec a laissé de plus parfait (Voyez K. Ritter, Géographie générale ci comparée, Afrique, y o\. IL).
Mais c'est un fait aussi bien digne d'attention que cette tendance de la sculpture et de Tarchitecture des anciennes civilisations de l'Orient, d'abord à agrandir, dans des proportions énormes, les personnages et les animaux , et ensuite à tailler, sculpter et excaver les montagnes en place, pour en faire des temples peuplés d'innombrables statues, et sur les parois desquels sont gravés, en caractères indéchiffrables pour nous, Thistoire des nations dont les noms mêmes ne nous sont point parvenus. Leur étonnante civilisation ne se révèle que lorsque nous soulevons un coin de cet immense linceul de sable, sous lequel sont ensevelis leurs monuments. Nous observons également ce caractère architectural sur les parois des montagnes calcaires de la Perse et de la Susiane , comme dans les collines de trapp etd*8mygdalolded'Ellora,deKirkyl,de Keurli,etc., dans rinde , dont les temples souterrains sont aussi d*une grande ancienneté et l'ouvrage de peuples inconnus. L'art antique de l'Orient ne se distingue donc pas seulement de celui de l'Occident par les formes générales et par les détails , mais encore par les dimensions des êtres représentés, et par cette particularité d'associer en quelque sorte les monuments de la nature au travail et à l'histoire de l'homme, comme pour confier à l'immutabilité des uns le soin de transmettre les autres à la postérité la plus reculée.
(1) BuU. de la Soc, de géographie , ^* sér., vol. IV, p. 353. — Ibid.,yo[.\, p. 88.4846. — i6., vol. VI, p. 144, 4846.
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valions qui n'étaient pas sans intérêt , malgré la confusion qui y régnait parfois; aussi reproduirons-nous encore celles de ces observations qui paraissent se rattacher à notre sujet. La base orientale de la montagne de Kalaîl, avons -nous dit» située du côté du golfe Arabique, serait composée de craie, dans laquelle on aurait trouvé des Ammonites. La chaîne de Gclaleh-Geblich qui , près de la côte, prend le nom de Gelaleh-fiahâryeh, est formée de couches horizontales , dont les plus basses sont des marbres blancs , ou cendrés, recouverts de schistes argileux gris, rouges, auxquels succèdent de nouveaux marbres roses et verts , un banc épais de marbre coquillier, une roche grenue rouge, passant au blanc sale qui forme le plateau , et un calcaire compacte à petites Nummulites. Au delà du vallon de Ouadi-Onm-Houamada se termine cet ensemble de couches qui, à l'exception des dernières , constitue ce que les auteurs nomment la formation de marbre. Ce qu'ils désignent comme formation de la craie comprend une masse puissante noire, remplie de nodules noirs et ferrugineux. Elle reposerait sur des assises marneuses, rapportées aux marnes irisées , et que nous supposons appartenir, ou à la base des calcaires crétacés, ou au grès inférieur de la Nubie.
Le couvent de Saint-Antoine est adossé, an N.-E., à la craie blanche, compacte, sans fossiles , mais avec des nodules ferrugineux et des silex calcédoine. Dans les mamelons environnants sont d'autres calcaires crétacés, moins compactes, schistoîdes, avec de petits cailloux de basalte noir , ou peut-être de diorite, si la roche enveloppante est réellement crétacée. Ces assises , d'ailleurs peu étendues, sont subordonnées à des calcaires blancs, marneux, et reposeraient sur des argiles schisteuses dépendant des marnes irisées, ou mieux, comme on vient de le dire , du grès de la Nubie. MM. Figari et Husson mentionnent aussi des sables agglutinés par un ciment silicéo-ferrugineux et qui constituent un grès avec du sel gemme et du gypse. Ce grès, subordonné aux roches crétacées dont il représenterait alors la partie inférieure , reposerait sur un système de couches rapportées à la formation jurassique , formation très peu connue encore dans le bassin de l'Egypte, où elle apparaîtrait seulement vers l'extrémité nord-est de la région occupée par la craie.
Pour ne point interrompre la description des auteurs, et par suite de nos doutes sur les rapprochements qu'ils indiquent, nous dirons ici quelques mots de ces couches et de celles qui les supportent Les calcaires n'ont que 10 à 12 mètres d'épaisseur en cet endroit;