‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 70 sur 111 · ALGÉUIE, PROVINCE^ DE CONSTANTINE · texte numérisé non relu

ALGÉUIE, PROVINCE^ DE CONSTANTINE

Ovet^wegi , entre Tripoli cl Gadames , rend probable le prolongemenl de la craie vers TO., comme vers TE, , et ses rapports directs avec la craie de la province de Constantine. H Enfin sur la pente méridionale de ce même plateau d*Âmmada, dans la direction de Mourzouk, des grès de^ la période dévonienne sont caractérisés par le Spirifer Bouchardii, la lerebratula dcJei^ densîsei la T, longinqua; entre Mourzouk et Ghaii, des Sigillaria^ et des crinoîdes, des Orthocératites ont été aussi recueillis.

S 3. Algérie , proviace de Oontientme.

Après avoir décrit le terrain tertiaire de l'Algérie {mitèt vol. II, Orogr«ni.i« p. 1003), nous avons donné un aperçu des divers systèmes de soulèvements qui en avaient accidenté la surface , mais les dépôts crétacés étant aussi fort étendus dans cette partie septentrionale de l'Afrique, nous croyons devoir le compléter par un coup d'œil général sur l'orographie de ce pays.

tt L'Algérie, dit M. Renon (1), bornée au nord parla Méditer- 9 ranée et au sud par le Sahara , est comprise, à l'est et à l'ouest, » par les états de Maroc et de Tunis , qui forment avec elle un » même groupe de montagnes; dont l'état de Tripoli, au contraire, » est assez nettement séparé. Considérée isolément , elle consiste » surtout dans l'assemblage de plusieurs chaînes parallèles au rivage » de la mer, c'est-à-dire dirigées E.-N.-Ë., coupées dans leur par- » tic orientale par d'autres chaînes dirigées E.- S. -£. Il en résulte, » dès le premier abord, que l'Algérie se divise en deux parties, l'une » oc^ridentale, où les accidents du sol sont très simples et soumis » presque tous à la même direction , l'autre orientale , présentant n de fréquents croisements et devant offrir, par cette raison , les » ])oints les plus élevés. »

Le nord de l'Afrique offre trois directions de- chaînes de montagnes : l'une dominante , parallèle au rivage de la Méditerranée , court comme lui E.-N.-E. ; la seconde, N.-N. -E. , a déterminé l'alignement général des côtes du Maroc sur l'Océan , comme celui des côtes de Tunis, et la troisième E.-S.-E., bien caractérisée dans la province de Constantine et dans la régence ile Tripoli , a aussi façonné le littoral de ce dernier état.

Cet ensemble de rides montagneuses a ses )X)ii)ts les plus élevés

(I) Description géologique de V/élgf^iic, In-i° avec carte et pl.de coupes, p. \, Paris, 4 848.

/^38 PROVINCE DB COiNSTANTINK.

dans l^empire de Maroc, où le Milt-Sin, voisin de la capitale, atteint une altitude de ^^75 tnètres. Les hauteurs diminuent rapidement dans le voisinage de la Miouîa, deviennent les plus faibles vers le méridien de Mostaganem, de Mascara et de Saîda, où elles ne dé- , passent pas 700 mètres. Elles se relèvent ensuite jusqu'au Gbellua, point culminant de TAurès, situé à 108 kilomètres au sud de Gonstantine, et qui atteint 2312 mètres. C'est la plus haute cime non seulement de l'Algérie, mais encore de tout le pays compris entre le Maroc et l'Abyssinie. A l'est de l'Aurès, les montagnes s'abaissent de nouveau assez brusquement jusqu'au Djebel-el-Mekila, qui se trouve à 110 kilomètres à l'est de Tcbessa (Tebeça), et dont le sommet, qui est à \hU5 mètres, paraît dominer toutes les montagnes de la régence de Tunis. On a vu que dans celle de Tripoli le plus haut point que l'on ait mesuré ne se trouvait qu'à 853 mètres audessus de la mer.

Les hauteurs de 1200 à l&OO mètres sont très fréquentes dans l'Algérie, et la plupart des sommets de 1500 à 1600 mètres ont une saillie très prononcée. Quelques montagnes, telles que le Babor (Babour) (1), près de Bougie, et probablement l'Ouaransents (Onânserts), atteignent 1800 à 1900 mètres. Le Jurjura (Djerdjera) s'élève à 2126 mètres, et l'Aurès (Aourès) à 2312. Ce dernier massif offre beaucoup de points très élevés, mais, vu du côté du nord, il ne présente point de pitons détachés.

Dans les intervalles des chaînes, de grandes plaines atteignent, dans la partie orientale, jusqu'à 800 et 1000 mètres an-dessus de la mer, mais à l'ouest elles sont beaucoup moins hautes. En général,

(4 ) Avant rocoupation de l'Algérie par les Français, Torthographo, bonne ou mauvaise des noms de ce pays, était assez uniforme cbex les auteurs , mais depuis lors les géographes, les topographes, les archéologues, les militaires, les naturalistes, etc., qui savent sans doute l'arabe mieux que leurs prédécesseurs , non seulement ont défîi^uré les anciens noms, mais encore ont adopté chacun une manière particulière d'orthographier ceux de localités, de rivières, de monta* gnes, etc., de sorte que ces. ouvrages modernes ne s'accordent nullement entre eux sous ce rapport. Laissant de côté toute quesliou philologique, nous avons dû, pour sortir d*embarras et toutes les fois que le nom s'y trouvait, adopter l'orthographe, moins savante peutêtre, mais beaucoup plus commode de la Cftrfe s;énérale de l'Algérie, dressée au Dépôt de la guerre , et publiée eu 4 845. Nous avons d ailleurssouvent mis entre parenthèse celle employée par les auteurs euxinômes,et avons adopté Ouadaix lieu d'Oued, pour mettre ce mot plus en rapport Si\cGOu(idi ou fVaddi , usité dans l'Afrique orientale.

PHOVINGK DK CONSTÂNTINB. ^39

l*élévatîon des plaines de l'Algérie est 1res grande relalîTeineiit h celle des sommets qui les dominent ; aussi le pays est-il fort élevé au-dessus de la Méditerranée , en même temps que les pentes des montagnes sont généralement faibles , et celle des cours d'eau très considérable. Ainsi, i'Ouad Boussellam (Ouad-bou-Seliâm) , qui passe un peu à Fouest de Setif, aune pente de 1050 mètres, sur un parcours de 60 kilomètres seulement, en ligne droite.

Les chaînes orientées N.-N.-E. , quoique peu saillantes, limitent ordinairement les longues plaines que les autres laissent entre elles. Les chaînes dominantes, réunies à celles qui aJDTectent cette direction, donnent à toute la contrée une forme parallélogrammique qui frappe au premier abord. La grande hauteur des plateaux, relativement aux sommités, fait que le pays offre beaucoup de pitons isolés, surtout dans la partie orientale, où cette disposition est très prononcée, et donne un aspect tout particulier à la contrée voisine de Tunis et du Medjerdab supérieur. Les montagnes parallèles au rivage et qui en sont à une certaine distance forment une chaîne, interrompue seulement par les nombreuses rivières qui descendent des plateaux de Tintérieur, et les traversent par des fentes étroites et profondes. Telles sont celles du Rummel (Eumel), au nord de L>niah (Mila), de la Boussellam (Bou-Sellàm), au nord-ouest de Setif , des Portes-de-fer creusées par un torrent d*eau salée qui de.scend du plateau de 4a Medjàna, de la Chifla, à l'ouest de Blidah, etc. Dans rouest,oà les montagnes sont moins élevées, ces coupures sont aussi moins prononcées.

De son côté, M. H. Fournel (t) a traitéde Torograpbie du même pays à un point de vue plus général. Après avoir montré ce que les poëtes, les historiens et les géographes de Tantiquité, du moyen âge et des temps modernes désignaient sous le nom à* Atlas, ou de petit et de grand Atlas:

« C'est , continue-t-il , une immense chaîne qui part de l'Océan » et va se terminer vers les Syrtes ; elle court dans la direction 0. a 16" à 18*" S. à Ë. 16" à 18« N. , et, prise dans son ensemble, elle » est sensiblement parallèle à la côte. Sur une grande étendue, ses n chaînons et ses contre-forts s'avancent jusqu'à la mer et forment » ces bords abruptes qui sont un des caractères du rivage méditern ranéen, je ponrraisdire aussi du rivage S'ah'rien. Dans Tintérleur, » de nombreuses fissures forment des vallées , les unes longitudi-

(t) B/chessr nùttvralc de l'Algérie, p. 318. In- i**. Paris, 1849.

hkO PBOVINCE DB CONSTAiNTlNE.

» uales, les autres latérales, el d'immenses plaines, irrégulière- » ment disséminées entre les divers chaînons, ne sont elles-mêmes > que des plateaux élevés qui appartiennent au soulèvement géaé- 9 rai. £t pourtant, si vaste que soit cette chaîne, un plan en relief de » l'Afrique montrerait l'Atlas comme une digue mince et allongée ») interposée entre la Méditerranée et le S'ah'ra. »

Pour mettre plus d'exactitude dans la description géologique de ces nouvelles possessions de la France et pour mieux faire connaître un pays peu exploré avant sa conquête , nous traiterons séparément des provinces de Constantine, d'Alger et d'Oran. Province Daus uue uote sur la géologie des provinces de Bôneet de Gonc«nsuntin«. staniioe, Puillon Boblaye (1) comparait la formation crétacée de obserTiitiom l'Afrique à celle des autres parties du pourtour de la Méditerranée, irericf. ^^ trouvait surtout une grande analogie avec celle de la Morée, particulièrement aux environs de Tripolitza , puis avec celle de l'Apennin et du Mont-Perdu. Il signalait des marnes, des calcaires marneux, des grès ou macigno et des calcaires compacte&r Lor marnes renfermaient des Fucoîdes, les calcaires des Nummulites et, ajoutait-il, quelques traces d'Hippuritcs. Au-dessous, des alternances de marnes et de calcaires semblaient appartenir encore k la craie , et des gisements de pierre à plâtre aux environs de Constantine» de Guelma , de Bougie, etc. ,lui offraient ausn beaucoup de ressemblance avec ceux des deux versants des Pyrénées. En général, les calcaires compactes forment des arêtes dénudées, les grès ferrugineut quelques cimes rocheuses, peu prononcées, couvertes d'une riche végétation, puis les hauts plateaux de Milah et de Tabarca, enfin les marnes et les argiles le sous-sol des plaines alluviales qui s'étendent au S.

Nous avons déjà fait pressentir {ante^ vol. III, p. 211) que les grès ferrugineux et les marnes à Fucofdes n'étalent probablement que les représentants, sur ce côté du bassin méditerranéen, du système de grès macigno, de flysch et de calcaires à Fuco!des du nord, que les couches à Nummulites placées dessous appartenaient encore au terrain tertiaire inférieur, qu'on n'y trouvait pas de rudistcs associés avec des Nummulites, et que ce n'était qu'an dessous de ces dernières que pouvaient commencer les dépôts crétacés. Quant aux gypses, nous reviendrons plus loin sur leur âge. Boblaye (2) indique ensuite , avec plus de précision , la série

(1) Comjjt. rr//^/., vol. VU, p. 239 ; 23 juillet 1 838.

(2) Bnli., voix, p. 88, 1839.

PROVINCB D£ CONSTANTINC. ^/|i

des cooches crétacées de la province de Gonstantine , où il avait observé deux systèmes de marnes et de calcaires : l'un inférieur, caractérisé par de Tanhydrite avec des cristaux de quartz hyalin noirâtre et de nombreuses sources à sels de soude et de magnésie, puis surmonté de calcaires compactes, gris-bleufttre , avec des nodules decberts,et parfois des silex pyromaques (cascade d<] Rnmmel, au-dessous de CoAStantine) ; l'autre supérieur, comprenant des marnes de diverses teintes, avec des empreintes de Fucoldes et dlnocérames, et auxquelles succèdent les grès ou macigno ferrugineux dont on vient déparier. Ces derniers seraient surmontés à leur tour par les calcaires à rudistes et à Nummulites ; mais cette disposition, contraire à tout ce qui existe ailleurs, comme on pouvait le prévoir, ne s*est trouvée confirmée par aucune des observations subséquentes.

Vers le même temps, Saget (1), en se rendant de Gonstantine à Setif, a constaté Texistence de masses puissantes de calcaires, formant les parties élevées du sol, et de marnes bleues occupant les dépressions. Les unes et les autres étaient fortement dérangées, inclinées et plissées.

Depuis ces premiers aperçus, la géologie de la province de Gonstantine a fait de grands progrès, par suite des recherches de M. £. Renou et de AJ. II. Fournel. Nous nous attacherons à coordonner les travaux de ces deux géologues qui, ayant rencontré, dans l'accomplissement de leur tâche , des diflBcnltés de plusieurs sortes et indépendantes de leur zèle pour la science, n'ont pu mettre dans leurs descriptions toute la méthode désirable. L'absence ou l'inccrtitbde des superpositions, la diversité ou les modifications des caractères pétrc^aphiques, les dérangements fréquents des strates , la rareté ou le mauvais état de conservation des fossiles ne leur ont lias toujours permis d'exposer bien nettement, ni les- rapports des diverses couches entre elles, ni surtout leurs relations avec celles du même âge dans d'autres pays.

M. Renou, dans la légende de sa carte géologique (2), nomme grès du terrain crétacé supérieur ceux qui paraissent se trouver au-dessus Aes calcaires à Nummulites. Ces calcaires à leur tour sont réunis au terrain crétacé inférieur avec un peu de terrain juras-

Trafans de

U. RCDOU

el de M. Fouinel.

\) Bull. y r« série, vol. X, p. 86, 1839.

[2) Description i^éologitfue de i\-f/gëriej pi. 5. In-4** avec cartes et coupes. Paris, 4 848.

PAOVINCR DE COlfSTANTlNE.

Grès

et

argilei

l«rtiaires.

En?ironi

Ja Galle,

de

Bdne

et de

PhilippeviUe.

sique et des dolomies. Ce terrain crétacé inférieur comprend dat marnes noires et des calcaires gris; puis l'auteur place au-deasoos, eu le coloriant par une teinte différente , le calcaire compacte à Btppurites avec les dolomies qui s'y trouvent associées.

Nous avons parlé sommairement des grès du terrain crétacé supérieur (onté, vol. 111, p. 211), comme appartenant à la période tertiaire inférieure, opinion qui nous parah être la plus probable; mais, n'ayant pas donné à leur examen i'importanoe Qu'ils méritent, nous y reviendrons un instant avant de passer à l'étude des couches incontestablement crétacées.

Cesgrès forment une zone très étendue del'Ë. à l'O. Sur la roule de Philippeville à Gonstantine, sa largeur est de 20 kilomètres; à l'E., elle rejoint sans interruption la route de Guelma à Bôoc; die augmente d'importance au delà, dans la régence de Tunis, dont elle occupe la partie nord, et à l'O. elle s'étend vers Djîdjeli (1)« La puissance de cet étage augmente du S. au N. , de manière à présenter la forme d'un coin ou prisme triangulaire aigu. Il est réduit à quelques mètres sur les plateaux de l'intérieur do pays, tandis qu'il en atteint plusieurs centaines sur le bord de la mer. Sa discordance, par rapport aux marnes noires et aux calcaires crétacés , est aussi apparente en grand qu'en petit, car il repose au S. sur ces marnes et au N. sur les roches primaires. M. Renou n'y signale d'ailleurs aucune trace de corps organisés.

Autour de la Calle, cet étage se compose de grès et d'argiles. Les grès, presque toujours blancs , ressemblent, dit l'auteur, au grès de Fontainebleau ; sur quelques points ils passent à des poildingoes quartzeux. L'argile qui les accompagne est grise , jaunâtre ou rougeâtre , généralement pure , et fournit une bonne terre à potier. L'épaisseur de cette série arénacée et ai^ileuse parait atteindre jusqu'à i!iOO mètres. A l'est de la ville , près de la frontière de Tunis, les grès sont redressés, presque verticaux , et dirigés N.-N.-E., en formant plusieurs plis parallèles (pi. 2 , fig. 20). Quoique les sommets de ces montagnes ne dépassent pas 800 mètres, les caractères des roches et la position qu'affectent les couches indiquent de violentes perturbations , qui se seraient pix>duites suivant la direction du soulèvement des Alpes occidentales.

La Calle est dominée au sud par ces grès passant aux poudingues.

(1 ) E. Renou , loc. cit.^ p. 49. — J perçu de la constitution ge^al. de r /ilgciic [jénn. des mines ^ A* sér., vol. IV, p. 523). — Note sur les minerais de i'Jfgrric [Ib., 4« sér., vol. ÏU , p. 63).

l'HOVINCB DE CONSTANTINE. 4&S

placés presque verticalement et plongeant à TE. 26" S. (1). A l'ouest de la ville , on observe les mêmes roches qu'à Test et au sud ; et, sur les liords de la mer, des marnes schisteuses renferment des plaquettes de chaux carbonatée fibreuse, courant N. S. magnét , et plongeant à TO. Ces marnes se trouvent au contact d'un grès rougeâtre, à grain très fin, et passant au compacte. Tout le chaînon abrupte qui, à l'ouest de la Galle , borde la côte jusqu'au cap Rosa (Rose) , est formé de ces grès qui régnent aussi sur toute la roule de Bône, où ils passent à des poudingues quartzeux à gros noyaux de quartZ) empâtés dans un ciment siliceux rougeâtre. Ces mêmes dépôts s'étendent encore en lambeaux discontinus à la surface des roches cristallines de la petite chaîne de la Belelietà.

Sur la route de Bône à Constantine (2) les grès qui, à partir de Râs el-'Ak'ba se prolongent au N., couronnent les collines , tandis qu'à l'E. et au S. on ne voit que les marnes noires de la craie et les calcaires qui les accompagnent. Les ruines romaines d'Announa sont adossées à des collines crétacées, dont les couches très contour* nées sont çà et là surnoontées de lambeaux de grès.

Dans le massif du cap de Fer , M. Fournel (3) a observé aussi la superposition des couches tertiaires aux roches cristallines, de même que sur la rive droite de l'Ouadel-Kebir (p. 110); et, fur la rive gauche de ce cours d'eau, les grès constituent le massif du Djel)el-K'seîba , dont les bancs inclinés au S. présentent un escarpement vertical du côté de la mer (p. 139). La carte géologique particulière du massif de l'Edough (pi. 5) apporte une notable modiftcaiion à cette partie de la carte générale de M. Renou, en montrant que les roches cristallines ne constituent pas, comme semble l'indiquer ce dernier géologue, un massif continu et unique, de Bône au cap de Fer, mais bien deux massifs distincts : l'un , au sud-est du cap de Garde, s'étend vers le lac FeCzara (Fzàra), l'autre au nord'Oucst de Ras-Toukouch (Ras-Tekouch) , se prolonge veri Râs-Tak'-Oit, à l'ouest du cap de Fer. lis sont séparés par une surface très considérable de grès macigno qui les isole complètement, s'élendant depuis la côte au N.-E. jusqu'à la vallée de l'Ouad-el- KebirauS.-O.

Des carrières considérables ont été ouvertes par les Romains dans ces grès gris jaunâtre ou rougeâtre» à une heure et demie au

\) H. Fournel, loc, cit., p. 25.

ï) E. Renou, /oc. cit., p. 44.

(3) Loc. cit., p. 101,

UkU PROVINCE DE CONSTÀNTINE.

sud de l'hôpital de PinlippcvîHc , et ils en onl tiré les matérianx de ranctenne Ruscicada. Fort développés aux environs , ces grès sont de teintes variables, blancs, grisou jaunâtres, h grain (in, rubannés de jaune et de rouge , quelquefois mélangés d*argile et recouvrant une roche blanche et rouge , sorte d'argile schisteuse , qui parait avoir été chauiïée »ur place. Sur la route de Philippeville, au pied du Djcbel-ed-Dîs , ils courent N.-N.-E., S.-S.-O., en plongeant à r£.-S.-E. Ils renferment des lits d*argile subordonnés avec des nodules creux de fer hydraté. L*argile qui tend ensuite à dominer est encore recouverte par des grès.

Depuis le blockhaus de la plaine, jusqu'au camp d'Arrouch (EI- H'arrouch) , l'ancienne et U nouvelle route sont constamment sur les grès. Aux environs de ce dernier point, ils paraissent affecter des directions et des plongeiiients très variés, puis reposer sur des argiles schisteuses, vertes et lie de vin , qui alternent aussi avec eux. Des plaquettes de chaux carbonatée cristallisée se voient entre les plans de joint , ou bien cette substance forme des veines épaisses, traversant les bancs de grès. Le thalweg de la vallée suit une ligne de fracture E., O.; sur la rive gauche de l'Arrouch (H'arrouch), des grèd micacés, qui reposent sur des schistes argileux, succèdent aux précédents.

Pour résumer les observations qu'il a faites aux environs d'Arrouch M. PourncI dit (p. 15/i) , en parlant des grès qui nous occupent : « Partout nous les avons vus , soit mêlés à des marnes » schisteuses ou h des bancs de calcaire argileux, reposer immédia- » tement sur les roches cristallines ; nous les trouvons ici recoun verts par le calcaire S'Nummulites : en quelques points ils se sont » montrés métallifères ; tel est l'ensemble des circonstances qui me » les fait rapporter à la formation qui, en Italie, renferme aussi des » gîtes métallifères, et qui est connue sous le nom de macigno; elle » correspond à la partie supérieure du terrain crétacé , c'est-à* V dire à la craie blanche , et forme ainsi une espèce d'exception k n cette règle qui paraît si générale, que la base des terrains de sèdin ment est siliceuse.»

Nous ne pouvons admettre, dans ce passage, qu'un seul rapprochement; tout le reste nous parait être dénué de fondement. Ainsi, rien ne prouve la superposition du calcaire nummulilique à ces grès; ce calcaire situé à un niveau relatif, à la vérité souvent plus élevé, repose néanmoins sur les calcaires de la craie, et M. Rcnou l'indique bien dans celte position par rap))orl aux grès, comme

PROVINCB DE COXSTaNTINE. 4Ù5

M. Fouruel lui- même (pi. iO, fig. 2), au pied du DjebcNSidî- (]hcikh-ben-Roh*on. Dans cette localité, une masse de grès (macigno) recouvre les marnes grises avec des calcaires noirs à Nummuliles, qui s*appuieiU contre des calcaires jurassiques. A ceux-ci succèdent des marues rouges avec des calcsciiistes, puis des schistes talqueux.

Si, d'un autre côté, les grès se sont montrés métallifères, on n*y observe pas de traces de phénomènes ignés, comparables à ceux que nous avons décrits en Toscane (on/è, vol. III, p. 366). Le macigno de l'Apennin, comme le flysch et les calcaires à Fucoîdes des Alpes, etc., est supérieur aux calcaires à Nummulites, et non placé dessous. Loin de correspondre à la craie blanche, il n*esl pas même la base du terrain tertiaire , puisque les Nummulites elles-mêmes « sur un grand nombre de points , n'ont pas immédiatement succédé à la craie blanche, et que celle-ci n'est pas non plus le dernier étage crétacé. Ainsi , quoique le parallélisme supposé nous semble bien établi , l'auteur l'appuyait sur des preuves que l'on doit rejeter. Il faut ajouter que , de son côté , M. Renou , tout en admettant la position supérieure des grès, par rapport aux calcaires à Nummulites, ne les avait pas moins regardés aussi comme correspondant à la partie la plus élevée de la formation crétacée et remplaçant, dit-il, en Algérie la craie blanche de l'Europe (p. 22).

Ce dernier géologue a observé les grès aux environs du camp de Smendou, où ils sont accompagnés d'argile, très redressés et dirigés à peu près £., O. Partout ils recouvrent transgressivement les dépôts crétacés ; mais leur superposition directe aux couches nummulitlques n'a pas été observée. Ils couronnent aussi le Djebel-el- Ouâh'eh, à 12 kilomètres à l'est-nord-est de Gonstantine, et se continuent du camp de Toumiât jusqu'à celui d'Arrouch , où nous les avons déjà mentionnés.

M. Renou (p. 45) ne parle point des couches d'où sortent les eaux Eu^îroni chaudes d'Hammam - Mescoutin ( U'ammam - Meskhout'îu) ; mais catima. M. Fournel (p. 183) signale d'abord des grès sur la route de Guelma à Gonstantine, puisa Mjez-Hammar (Medjéz-H'amâr) , sur les bords de la Seibouse (Seîbous) , des calcaires compactes , gris et jaune clair, plongeant au N. -O. Vers Hammam-Mescoutin, reparaissent les grès auxquels font suite des marnes schisteuses, traversées par des veines de chaux carbonatée. La fig. 8 , pi. 10 de l'atlas, est un plan des environs de lUjez-Hammar , et la fig. 4 , pi. 11, une coupe de ce village à Hammam-Mescoutin , qui montre les cônes de tuf modernes reposant sur le grès ou macigno, A celui*ci suc--

kM PHOVINGB DE CONSTANTINE.»

cèdent , d*un côté , des marnes jaunes, schisteuses , et un calcaire ' alberese, Tauteurse servant des dénominations que nous avons vues usitées en Toscane, et de l'autre, ou au-dessous du Djebel-Ghelat, des couches concordantes qui , d'après le travail de la gravure , non reproduit dans la légende de cette figure, mais qu'on retrouve dans la fig. 2, de la p). 10, appartiendraient aux marnes et aux calcaires nummuiitiques. Ces dernières assises, que nous croyons ici dans leor position normale, sont désignées dans le texte (p. 190), comme sur la carte, sous la dénomination de terrain crétacé tnfériettr.

Tontes ces couches seraient concordantes, et plongeraient à TO. 20** S. ; mais il est difficile d'admettre la relation indiquée dans la coupe précédente , et l'on doit attribuer son apparence déceptive à l'existence d'une on de plusieurs failles en cet endroit. M. Fournel doute si les eaux thermales, qu'il décrit fort en détail comme M. Renou, et dont nous avons parlé {antè, vol. I, p. Û66), sortent réellement des grès ou bien des marnes schisteuses jaunes qui sont au-dessus. Quoi qu'il en soit, les grès régnent constamment de ce point jusqu'au Djebel-Mtaya (Mt'aîà) , dont les deux sommets, formés de calcaires jurassiques plongeant en sens inverse , laissent entre eux une dépression occupée par ces grès. Ces detniers se trouvent isolés, et complètement discordants par rapport aux calcaires, dont ils ne seraient séparés par aucune autre couche. Ces mêmes calcaires, supposés jurassiques dans les coupes, flg. 5 et 6, pi. 11 , et dans lesquels une carrière est ouverte, seraient, d'après le texte (p. 196), des couches à Nummulites, semblables à celles de Toumiàt et, par conséquent, supérieures à la craie. Nous ne savons à quoi attribuer cette contradiction entre le texte et la figure donnée par M. Fournel. Si l'erreur provenait seulement des mots calcaires jurassiques, placés par inadvertance sous le calcaire du Djebel-Mtaya, il en résulterait une superposition discordante du grès sur les calcaires à Nummulites , qui viendrait confirmer ce que nous avons dit tout à l'heure. Enfin , lorsqu'on se dirige de ce point vers Gonstantiné, on marche de nouveau sur les grès, et, en approchant de^a ville , on atteint les calcaires marneux« L9S grès qui forment un massif considérable h l'est de Gonstan- ^..^^ .. tine et un autre au sud de Guelma se montrent encore sur plu*

Djidieh. '

sieurs points situés à l'ouest de la région dont nous venons de parler. Ainsi, près deDjidjeli (Djidjel) (1), stirle bord de la mer, ils

Environs

(\) E. Renou, lor, cit., p. 63 et 4 63.

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