‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 71 sur 111 · PROVINCE DE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

PROVINCE DE CONSTANTIN

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recouvrent les marnes grises et les calcaires marneux crétacés sans fossiles. Le contact des couches observées sous le fort Duquesnc montre qu'ici les deux formations sont concordanles. Le grès y a, d'ailleurs, les mômes caractères qu'aux environs de Philippeville et de la Calle. Il est blanc, à grain fin, et alterne avec des argiles.. La direction des strates est E. un peu N. , et l'inclinaison de 30° à ^O"" N. Une assise, plus solide que les autres, supporte le village, et par son prolongement dans la mer forme un port naturel. Les maisons sont cependant toutes construites avec la mollasse tertiaire adossée au grès quartzeux, comme à la Calle et à Paratianae. Ces derniers , qui composent la ceinture de collines bornant la plaine au S., ne s'étendent qu'à une faible distance dans cette direction. A cinq kilomètres au S.-O., ils atteignent 37^ mètres de hauteur absolue et plongent de 45** au N. Us continuent ensuite jusqu'au cap Cavallo , où ils formeraient plusieurs Ilots , et sans doute beaucoup plus loin encore.

 15 kilomètres au uord-nord-ouest de Setif , le mont Magrèse (Magréz) (pi. 1, fig. 8), élevé d'environ 1600 mètres, est couronné de grès durs, h grain fin, sans fossiles, d'une épaisseur de 200 mètres, et reposant , vers la partie moyenne de la montagne, sur les marnes et les calcaires crétacés. Entre Selif et ce point , les couches sont très contournées; mais dans la montagne mCme les deux systèmes s'éloignent peu de l'horizontale. Enfin, au sud-sud-est de Constantine, un dernier lambeau de grès se montre en couches qui plongent au N. ; et un peu avant Gouça ils recouvrent, comme précédemment, les calcaires gris et les marnes noires crétacées qui surmontent à leur tour les calcaires à Hippuriles , très développés aux environs.

La position des assises désignées par RI. Renou sous le nom de terrain crétacé supérieur, et par M. Fournel sous celui de grès macigno, est donc , par rapport aux dépôts sous-jacents , sans aucune incertitude ; c'est-à-dire qu'elles recouvrent transgressivement les roches nummnlitiques, s'étendant le plus ordinairement sur les strates vraiment crétacés et sur les schistes cristallins , tandis qu'en un point du littoral nous les avons vues surmontées par une mollasse rapportée à la période tertiaire moyenne , quokiue peut- être plus récente. Il y a donc toute probabilité pour ne voir dans ce système, comme nous l'avions présumé, qu'un représentant exact, sur ce rivage méridional de la Méditerranée, de l'étage du macigno tertiaire des Apennins , avec ses marnes et ses calcaires à

Boviron»

de

Setir

et de

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PROVmCE DK CORSTAMTINX.

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crétacée

de

Fucoîdes , 00 dn fl^fsch des Alpes et eofia da grès de Vieillie sur le rivage septenirioDal da même bassîo. Ainsi sa distribution géographique, comme ses caractères orograpbiqoes et stratigraphiqoes, nous prouirent qu'il a été séparé des dépôts nummnlitiqoes proprement dits, par un phénomène considérable « lequel avait déplacé les limites des eaux, changé leur profondeur et les niveaux relatif des terres, délrdtt les êtres organisés de la période précédente, raviné et enlevé une partie des couches formées auparavant çt fait succéder des sédiments arénacés à des sédiments calcaires.

Si nous reprenons actuellement la description des strates vraiment crétacés, nous trouverons d*abord la ville de Coostantine, l'ancieiuie Cîrta, bâtie à 656 mètres d'altitude sur un rocher déforme presque ConsuBtiM. carrée, bordé, sur la plus grande partie de son pourtour, d'escar* pemenls abruptes, au pied desquels coule le Rnmmel (Roomel ou Remel), et n'offrant, dans toute sa hauteur, qu'une série de bancs épis de calcaires compactes. Ces calcaires noirs ou gris, homogènes, à grain très fin, sont presque sans fossiles, excepté ?ers le haut, oà se montrent surtout des Hippurites et la Caprotina ammonia, M. Renou (1) compare ces calcaires à ceux que l'on observe entre Roquevaire et Fuvau (Bouches>du-Rliôue), et qui, suivant loi, seraient du même âge.

Les bancs fossilifères que Ton ?oit au nord-est de la fille, au delà de la rivière, depuis le sommet du Sidi-Msid jusque près du pont, sont recouverts par un calcaire grenu et des bancs schisteux avec Huttres, Peignes, Inocérames, des éohinodermes, du bois charbonne et des débris de poissons. Plus haut , des couches de teintes claires sont exploitées comme marbre. Le calcaire à Hippurites s'étend jusqu'à une assez grande distance de Constantine , et il est particulièrement déTeloppé à la montagne deXcbatabah (Cfaet't'aba) qui s'élève à 2 lieues à l'ouest et atteint 1322 mètres d'altitude. Les rognons de silex noirs y forment des lits subordonnés comme audessous de la ville même. I^ montagne, fort escarpée au nord-est, a ses couches inclinées de 20"* au S.-£. L'auteur y signale le A/tcraster cor-anguinum.

Sur la gauche du ruisseau qui se jette dans le Rummel, auprès du pont, et sur toute la pente du Mansoura, au sud-est de Constantine, le système de couches dont nous venons de parler est recouvert, à stratification discordante, par des marnes grises et noires, feuilletées.

(4) Loc.'cii.f p. 45, pi. 4,fig. 4-1, et pi. S, fig. 40.

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avec quelques bancs calcaires noirs subordonnés. Par suiic de dislocalions ces assises se voient tantôt à des niveaux inférieurs à celui des calcaires à Hippurites, tantôt appuyées contre la Irancbe de ces derniers redressés verticalement. Les escarpements nord-ouest du rocher qui porte la ville, de 250 mètres de hauteur, sont dus à |ine faille perpendicolaîre à celle qu*on observe au sud-ouest. En général, les environs présentent des dislocations très considérables, dont on peut se rendre compte si Ton remarque que Constantinese trouve située presque dans l'axe d'une grande chaîne et près du point où viennent se croiser plusieurs lignes de soulèvement.

Le versant sud-ouest du Tchatabah montre de puissantes assises de marnes grises et de calcaires recouvrant, à stratification peu discordante, les couches à Hippurites , mais qui sont bouleversées et interrompues par d'énormes masses de gypse saccharoîde, blanc, sans stratification apparente. On voit, sur leurs bords, des fragments de calcaire compacte. Le gypse présente en outre de l'anhydrite. des cristaux de quartz noirs, bi-pyramidaux, et des pyrites de fer. A 30 kilomètres à l'ouest de cette montagne sont ouvertes des carrières de très beau sel gemme, que M. Renou n'a point visitées, mais dont il ne doute pas que le gisement ne soit le même que celui du gypse et des anhydrites précédents. Aussi, dit-il (p. 18), ces trois substances sont associées ici comme on le voit fréquemment ailleurs; elles appartiennent bien à la formation crétacée, sans y caractériser cependant une assise déterminée ou un niveau constant. Leur présence est due à un phénomène de transformation postérieur au dépôt des couches environnantes.

(P. 21). Sur la route de Constantine à Philippeville, les calcaires à Hippurites et les marnes qui les recouvrent sont fréquemment surmontés , soit par des poudingues , soit par des grès tertiaires. Près du camp de Toumiât, des blocs de grès vert, à grain très fin et compactes, renferment quelques nodules calcaires et des veines de fer oxydé et de manganèse. Au-dessous, des schistes verdâires, probablement encore crétacés, paraissent avoir subi quelque altération.

(P. /i3.) Au nord de la capitale de la province, sur la route de Bônc, M. Renou signale les calcaires compactes de l'Oum-Azala et du Bou-R'âreb qu'il suppose appartenir à son étage des Hippurites, quoiqu'il y cïxeVAnanckytes ovata^ et que l'on y ait vu aussi mentionné le Micraster cor^ûnguinum au mont Tchatabah. Plus loin, vers Sidi-T'amt'am , les couches crétacées sont semblables à celles de Setif et de Gouça, puis, les grès tertiaires inférieurs qui, à parv. 29

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tir de Râs-d'Ah^ba, se prolongent au N. , couronnent lescollines» tandis qu'à l'E. et au S. on ne ^ oit que les marnes noires et les calcaires qui les accompagnent. Les ruines romaines d'Annonna sont adossées à des collines dont les couches crétacées sont très contournées et çà et là recouvertes par les grès précédents.

OT) vient de voir qu'au sud-sud-est de Constantine» des grès tertiaires inférieurs plongeaient au N. , et qu'un peu avant Gouça, la Sigus des Romains , ils recouvraient les calcaires gris et les marnes noires crétacées, reposant à leur tour sur les calcaires à Hippurites. Ces derniers sont très développés au sud et à l'ouest de ce point, particulièrement dans le massif montagneux que domine le Gnerioun de 1727 mètres de hauteur. (P. 26.) Â Gouça même, un amas de gypse est subordonné aux manies noires à silex comme au Tchatabah, vi présente les mêmes accidents. Les teintes rouges, jaunes, ou violettes du sol annoncent partout aussi le voisinage du gypse, accompagné de baryiine , d'asphalte , de fer oHgiste, de cristaux de quartz, etc.

Au sudcst de Gouça, les montagnes sont formées de calcaire^ à Hippurites, auxquels succèdent les calcaires gris et les marnes des environs immédiats de Constantine; puis, vers le haut, un cateaire blanc avec des Inocérames, des marnes blanches feuilletées, sonores» renfermant des Ammonites. I>a plaine située au nord du Sidi-Rgheis (Sidi Rer'eïs) est occupée par les marnes et les calcaires gr», et la montagne que nous venons de nommer est composée de calcaires à Hippurites. Dans sa partie nord-est, les couches prennent une teinte jaune roux , leur surface est rugueuse , et elles constituent des dolomies. Au pied sud-est» une vallée profonde montre des grès bruns, lustrés, ressemblant beaucoup à ceux du terrain tertiaire inférieur, mais qui se trouvent bien plus bas puisqu'ils sont sous les marnes grises rapportées à la cfaie tuffeau. On les rencontre d'ailleurs en beaucoup d'endroits de l'Algérie occupant ce môme niveau.

Au sud-est, le sol est formé par les représentants dé la craie tuiïeau, et à Aïn-Beid'a commence un massif montagneux de calcaires blancs à Inocérames , presque compactes ^ analogues à celui de Gouça. M. Renou cite plus loin des doloniies crétatées, puis des calcaires jaunes, grenus, enfin des calcaires lithographiques très différents par leur aspect des roches ordinaires du pays et qui pourraient être jura&riques. La plaine à l'ouest de la Meskiftna offre parloni les marnes et les calcaires gris crétacés, représentés également dans

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les montagnes stériles el déntidées, situées eniie la plaine de Tcmlouk (Temlouka) et la route de Constantine à Bône. \)ài\^ bès dernières, des Animonites, des Bélemnites , des Peignée, des Limes et des Térébratules ont été cités.

Si nous nous reportons un instant à Touest de Consiahtlne, sur BoTiroat la route de Setif, nous trouverons d'abord nu massif de calcaires s«tu. à Hippuriles , puis au delà les calcaires compactes avec les marnes gri^sà turritelles, Inocérames, Huîtres, etc. Lorsqu'on s'approche de Setif, les tiiarnes h silex bïuns ou noirs , semblables à celles de Gouça, recouvrent les calcaires compactes avec HuftVes, dans Tordre es superpositîoil constamment 'observé jusqu^h présent. La colline qui porte la ville (pi. 1 , fig. 5) est composée de marnes grises, plus ou moins dures, avec des silek noirs , et inclinant faiblemeiU au N. Au-desseus viennent des grès argileux verdâtres, ou de diverses teintes, dont les fossiles sont changés en silex noir. Au sud de Setif, les couches précédentes paraissent êtk*eployées et largemeiU arquées , de manière i plongei* en sens inverse, de part et d*autre d'une ligne dirigée E. iS"" & SO^^'N. £ncet endroit, lés grés sont par placer d'iiil vert-bleu intense, et parfois aussi bréchiforitie. tis ont été employés dans les constructions romaines du pays, et se retrouvent encore ai) pied méridional du Mzéta, avec des marnes sableuses grises ou blanchâtres. A la surface du sol, Tauteur cite une grande quantité d'Os/r^ vesicularîs et de Pterocerù Oceani , fossiles dont l'association doit paraître douteuse.

Les assises de la tiionta^ne peu inclinées tout composée^ vei*s le bas de calcaires gris, compactes, fossilifères , et vers le haut dé calcaires à grains verts, également fossiiil^res (grandes Exogyres) , puis de brèches siliceuses très noires , de quartz blanc laiteux , de calcaires è grains de quartz noir et dé calcaires gris dolomitiqties. On a déjà vu quelle était la composition du mont Magrise au nordouest de Setif, et, si l'on se dirige à Touest de la ville , vers Aîn- Turco (Ain-Teurk), on rencontre toujours les marnes avec ou sans silex et des calcaires marneux , puis çà et là des ainàs de gypse , accompagnés d'argiles bigarrées, jaunes , rôUgcs ou violettes. Ces couches, inclinées de û5' vers le fî., sont souvent recouvertes par les poudingues tertiaires supérieurs, horizontaux. Par places , des bancs de grès noirs sont subordonnés aux marnes. Plus au S., dans les montagnes d'Ouled-Soll'ân, on a recueilli plusieurs genres d'échinodermes, la Trigonia sccdfra, le Pecten quinquecostatuSf le Pterocera Ponti , le P. Oceani^ fossiles qui , s'ils ont été bien dé-

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