Partie mëridionals
d« la province
de Contiantioe.
Roule
de Biskra.
/!i56 PROVINCE DE CONSTANTIKE.
du sel gemme aux environs de Tebessa (Tebcça) , des mines de fer et d*argenl, et des pierres k meules non loin de xMedjana. Dans les monuments antiques de Lambesa, situés à 1000 mètres d'altitude sur le versant nord de TAurès, on trouve fréquemment employés des calcaires compactes clairs avec Caprotina ammonia et des échinodcrmes. Ces pierres proviennent des montagnes environnantes, où ont été trouvés V ffemipneustes africanuSy des Cyclolites elliptica^ VHetniaster Faumeli, et d'autres fossiles annonçant Tun deséiagps moyens de la craie tuiïeau.
En reprenant son itinéraire au S. -S. -O., après avoir tourné le Djebel-Nifenser, M. Fournel rencontra le calcaire rose lacustre à Belix des environs de Constantine , puis un calcaire rougeâtre rempli d'Orbitolites {0. leniicuiaris de la Perte du Rhône). Au nord du camp de Bêtna sont des calcaires compactes, gris foncé, esquilleux, avec des bancs subordonnés remplis de Caprotina ammonia. Le plongement est d'abord au N. , puis iescouclies redressé^ deviennent verticales, et, vers le pied de la montagne, les grès quartzeux , brisés et disloqués , occupent une position qui n'a pas été bien déterminée. Au sud-sud-est du camp , des calcaires gris foncé, compactes, esquilleux, et des calcaires brécbiformes, renferment le Cyphosoma Delamarei^ VUemiaster Foumelij une Natice et le Pecten Leymeriei, Après le col de la fiêina, les calcaires compactes courent Ë., O. et plongent au S. Dans le défilé d'Alfouni, des bancs calcaires brun jaunâtre, à grain fin, sont remplis é*Inoceramus Brongniarti, Crispii et strtatus. Des l)ancs de gypse y sont intercalés, puis viennent des calcaires compactes, rougeâtres, des masses de gypse blanc et des calcaires repliés avec flemiaster Foumeli^ Ostrca diclmtoma^ etc.
(P. 296.) Au bivouac de Mezâb-el-Messaï, les calcaires remplisd'Inocérames sont dirigés S.-O. , N.-E.et inclinent au S.-E.; puis viennent des marnes gypseuses et des calcaires marneux compactes avec des empreintes de Piérocères, des lamelles de gypse cristallisé, des filons et des géodes de chaux carbonalée, et une couche parfaitement oolithique pleine à' hoceramm striatus. Dans les marnes et les calcaires marneux, on a recueilli VUemiaster Fourneli très abondant, et formant une véritable lumachelle ; puis Holectypus socialis, Natica Fourneli, Pterocera^ indét., P. elongata, P. inflata, Cyphosoma JJelamareiy Ammonites Fourneli, Nerinea pustulifera, N. indét. , Ostrca tetragonn, Trocims , Terebratuln et Irigonia scabrn. Snr d'autres |)oints aux environs, l'auteur signale des marnes et des cal-
PROVINCE DE CONSTANTINE. Ubl
caires, où il a rencontré VOstrea elegans, VOstrea vesicularis, et à peu de distance un calcaire dolomitique.
Sur les deux rives de TOaad-Fed'ala, M. Fournel a observé plusieurs échantillons de Pitcatuia pectînoides, Lam., fossile de la formalion jurassique inférieure; et à TOuad-el-Kantara (K'ant'ra), il a trouvé VExogyra flabeliata, une Huître et un échinide voisin du Spatangus lacunosus, Gold. Plus loin, dans la fente d*EI-Kantara, près du pont romain (pi. 16, fig. 8), les calcaires gris, compactes, redressés, plongent au S. de 65"", et son^ traversés par de grands filons spatbiqucs. Les marnes placées dessous , et dont Tinclinaison est la même, renferment VOstrea biauriculata et une Hamite. La fig. k^ pi. 16 de l'oasis d*EI-Kantara, montre les calcaires Il Inocérames plongeant de 65"* an S., et auxquels succèdent des marnes avec gypse et des bancs de ^ypse fibreux , blanc, alternant avec des bancs de gypse gris, le tout parfaitement concordant. Cependant la remarque de l'auteur, que les bancs à Inocérames reparaissent trois fois, peut faire présumer que la coupe n'est pas aussi simple 'que la figure semble l'indiquer. La fig. 7 est un profil de cette muraille, qui longe la plaine précédente , et où M. Fournel a trouvé, /noceramus Cripsii , /. strialus^ L Brongniaiii , Arca ligeriemis^ Voluta Guerangeri, Spondylus hystrix ei les espèces nouvelles suivantes : Hemipneustes africanus, ffemiaster Foumeli, Cyphosoma Delamarei^ Cardium sulcifemm, Pecten tncostatus, Ostrea elegans j 0. dîchotoma, Fusus af finis, Pyruia a'etacea, Pterocera, Tun^itella, iSucula? Pleurotomaria^ Natica.
(P. 307.) An pied du versant méridional de l'Atlas, le long de la plaine d'Ël-Onst'-Aîa, des marnes de diverses couleurs, des poudingues, des gypses et des calcaires noirs présentent l'image du désordre le plus complet; désordre qui se reproduit sur le versant nord de ce chaînon. Tous les accidents que l'on observe , de distance en distance, dans un grand massif montagneux , se trouvent pour ainsi dire réunis en cet endroit. Néanmoins au point du versant sud, où les marnes disparaissent pour faire place au gypse, on voit sortir d'énormes bancs horizontaux de sel gemme, constituant une véritable colline de sel (DjebeUel-Mâlab) , dont la surface est couverte d'une croûte de gypse salifère, formée de détritus entraînés par les eaux pluviales (pi. 19, fig. 1).
M. Fournel paraît s'être peu occupé des relations des roches dans lesquelles il n'a point rencontré de fossiles; ainsi ces marnes gypseuses, ces gypses, ces sels gemme, etc., qu'il a observés avec soin,
458 PROVINCE DE GONSTANTINS.
et que uouH retrouverons pour ainsi dire à chaque lias, u'ont nulle pari de position géologique bien déterminée. It eu est de même de ce qu'il dit (p. 309) de Toasis d\Vin-Drou*eu et de la Zaouia de Sidi- Khalîl , dont les monticules bordent le Sahara et la plaine de Biakra. Là sont des marnes gypseuses et des gypses remplis de gros blocs de quartz, des bancs de grès alternant avec des marnes pénétrées de gypse fibreux, des couches minces de quartz , des grès appuyés sur les marnes el plongeant au S., enfin des grès veriicauz, et nulle part on ne voit indiquées les relations de ces diverses roches entre elles , ni leurs rapports probables avec les roches analogues décrites ailleurs. Il en est encore ainsi des dépôts semblables que l'auteur a rencontrés dans sa marche vers Machoanêch , comme aux environs de ce village, et toujours sur le veniant méridional de TAurès. ^
(P. 318.) Dans la troisième partie de la route de Constantineà Biskra , on traverse de petites chaîneîi courant £. , O. , et dont les couches plongent au N. Des marnes tertiaires gypseuses viennent s'appuyer contre elles. À l'ouest de Biskra, sortent encore de dessous les sables de la plaine des calcaires qui , plongeant au N. , s'élèvent à 250 et 300 mètres au-dessus de son niveau. Aux environs de Boachagroun (Boucli^ar'rouin), ils forment une sorte de chaîne discontinue, composée de mamelons isolés; leur ploi^ement est au S., et la coupe ^e la plaine d'El-Outaia (EUout-'Aîa) à Lichftna (pi. 19, fig. 3) montre la disposition do ces affleurements rocheux au-dessus des sables du Sahara.
Coupe La figure 2 de la planche 20 de l'atlas de M. Fournel résume
ifëditêrrânëa l'eusemble de ses observations , entre la Méditerranée et le Sahara.
Bbkra. ^'^^^ ^'^ P' <)^1 N. , S. de PhiUppevllle i l'oasis de Biskra. Ce proûl principalement orographique, résulte du nivellement baroroétrique fiait par Tauteur entre ces deux points. Il montre aussi les inflexions les plus importantes des grands systèmes de couches qu'on observe dans le même espace. A partir du niveau de la mer, les altitudes des principaux points sont celles des dépôts lacustres du camp de Smendou à 5^7 mètres, du Sidi-Msid qui domine Constantineà 790, et de la K'as'ba, la partie la plus élevée de la ville, à 664 ( I) . lagoul*, non loin des lacs salés, est à 880 mètres , el le point culminant de la coupe , qui est le col au sud du camp de Bêtna , atteint
(1) D'après la rectification indiquée, p. 404, car sur la coupe il y a 690 mètres.
PAOyiNCE DS COaiSTANTINB. i^59
H 1090 mi*lrç& À iwlîr ^ç. Ili, quoique 1e$ couches soient de pla& en
ti ptu^ (Q^r^icniéçs lorsqu'on s'avance au S., les hauteurs. dinounuent
b jusqu'à Bûikra, où Iç niveau général du Sahara, toutes rectifications
I, faites, parait être à QG'^iSd au-dessus de la Méditerranée au lieu de
n 75 piètres (1).
i. A la Gu du premier volume de la jRichesse minérale 4e l'Algérie Paiéontoiogi«.
i- (p. 259), M. £. ^yle a inséré une i^te relative aux fossiles recueillis
par I^\ Cournel, et dans laquelle il a meationné les espèces déjà
connues et décrit celles qui ne Tétaient pas encore. Cçs dernières
. ont été figurées siu* les planches 22 et 23 de ratla& Ces diverses
espèces sont :
ammonites ronsobrinus^ à'Ovh.^ À, Fourneli ^ ^y)e ^ Nermea ^ jjiistulifera t id., Fusits «tjfj/biu, id , Pyraln cretacca ^ id., Voluta
Guerangeri*yd'OTh., Pterocera injlQta* (Pterodonta id.j d'Orb.), P. elf/figatn [Pterodonta^ ^ id., d'Orb.), Natica FoiirncH, Bayle, Ostrca flabilUttn*, d'Orb. [Exogyra ^ id , Gold.), O. dichotoma^ Bayle, O.elegans^ id. [non O, id., Desb. (2)), O. biauriculata*^ Lam., O. te^ tragona^ Bayle, O. vesiruians , LaDa., Spondylus hystrix*, Gold., Plicatula pectùioides ^ Desb., Pecten Leym^nei ^ d*Orb. , P, iricoJttatus*, Bayle [Janira a fjjtna, d'Orb.), Inorcramus Cripsii*, Mant.» /. Brongnfarti*^ Park., /. strîntus*, Mant-, Jrca i/gcriensis*, d'Orb., Trigonia smbra*, Lam., Cardium suiciferumjBBylej Cypho^ somn Delamarei , Desb., Holcciypus senaii*, id., Hemiaster Four^ ncU*y id., HemipneuMtcâ, (ifricanus , id.
M. Bayle conclut de la présence de la Plicatula pectinoides, que rhorizon de l;f couche k Gryphœa cymbium, rapporté par les uns au lias supérieur et par d'autres à Toolithe inférieure, existe dans les calcaires de la rive gauche de TOuad-el-Kantara. Le Pecten ZeymerrVi étant douteux, V Ammonites comobrinus, quoique seule, lui parait aussi suflBre pour admettre Fétage néocomien supérieur à Aïn-Boubouch , dans la province de Gonstantine. Les 13 espèces accompagnées d*un astérisque prouvent que le second et le troisième étages de la craie tuiïeau du bassin de la Loire et du sud-ouest de la France sont ici représentés. Quant à VOstrea vesicularis^ bien
(4) NoteR, p. 409. — Voyez aussi: Sur la possibilité d'établir tint' chatnc de pnits artésiens à travers le désert , entre BisAra et Ttiggtirtj hauteur du désert à BtsAra, etc. (Conipt, rend. , 4 •' semestre, n*» 3, 4 2, 4 7 J 845). — Richesse minérale de f Algérie, p. 342 et suiv.
(2] M. Deshayes a décrit depuis longtemps, sous le nom d'O. elegans , une espèce tertiaire du bassin de la Seine [Deicription des coquilles jossiles des environs de Paris , vol. I , p. 364 , pi. 50, fig. 7-9, 4 824).
2|60 PROYINCB DE CONSTÀNTINE.
que constante dans la craie blanche, nous ne la regardons pas comme exclusive à ce niveau , car nous la connaissons'au-dessus et au-dessous. Enfin, 12 espèces seraient jusqu'à présent propres à TA Trique.
On peut remarquer que dans celte liste ne Ggurent pas d'autres espèces citées dans le même pays, telles que la Caprotina ommonia , qui , dans le sud-est de la France et la Savoie , caractérise le second étage néocomien , et qui paraît être aussi associée à des Hipporites, puis le Micraster cor-anguinum et VAnanckyies ovaia^ tous deux propres au groupe supérieur de la formation, ou descendant seulement dans le premier étage de la craie luffcau, le Pecten guinquecostatus du second groupe avec la Cyclolites ettiptica^ VOrbitolites lenttculata de la base du^gault , etc. obieiTaïuiu Pins récemment, M. Coquand (i]a publié un tableau des terrains M. c^Tnaiid. Quil ^ observés dans la province de Constantine, mais le mémoire dont il fait partie, ou mieux dont il paraît être le résumé, ne nous étant pas connu , nous nous bornerons à reproduire la portion de ce tableau qui est relative à la formation crétacée. I/auteur ne semble pas mettre en doute que cette formation ne soit plus complète dans cette partie de TAfrique qu'elle ne Test sur aucun des points que nous avons étudiés jusqu'à présent, car nous ne connaissons pas encore de surface égale à celle que son travail embrasse , et où toutes les assises soient aussi exactement représentées. Quant à l'existence simultanée des quatre groupes, ce que nous avons dit de la Savoie, du Dauphiné, de la Provence, des Alpes maritimes, du Milanais et des provinces vénitiennes, ne rend pas en effet impossible leur réapparition dans la partie opposée ou méridionale du bassin méditerranéen. Nous mettons ici , en rapport avec notre propre classiGcation , les divisions admises par M. Coquand.
r • 1- (Calcaire à O^r/va/drp/i) Tebessa, 21aatka, Craie supérieure { . tt • . ? ci /\ 4 »
^ ( et Han f pneus/es. • .j El-Outala.
< [ Calcaire blanc avec 0.v-( ,. 't^î^Û-i'
8^°"P«) Craie blanche. .) /rm vesiciaris et\ S„d, ^Tem-
/ trra vesicularis et' au- I Ananchytes ovata . . ) 1 k
(4) BulL, 2« sér., vol. IX , p. 340. 1852.
PROVIKCBS D*ALGER BT D*ORÀlf. b61
/' AlD-Zairin , Dje- Craie tuffeau . . Calcaire marneux • • • | bel - Àbioud ,
\ Chepka.
, , . . /Aln-Zairin, 0 -
(Calcaire avec Jnimo-\ rv^numr Te-
,. j Craie chloritée.j ui tes varions (A Tar-} ^^^^ Qu'ad-el-
groupe.^ '^ rilite, costatus (I ^^^^^
( Argiles et calcaires avec \ A,„.z,irin, Oaad-
H,ppuntes orgam - I ch„„iour. Tem-
Grèsvert. ..A sans H. cornupasto-> ,^^^ Quad-el-
\ ( /Ito . '"^""") Kantara.
3» )- ,. 4 1. (AlnZairin.Ooad-
groupe.j®'"''' Argiles et marnes. . .J ç^^^^^^^
A •. .p.- (^?'^' . f ""'*.''*'') Aln-Zairin.Ouad- Argiles à Plica-1 Beiemnttes semicana-l fheniour Cheo-
'»'«• ) licul"t.ts,JmmonUesï ^ Con8,;„,i„e."
\. gorgasensts /
^Calcaires ^ ^-| Calcaire à Ctfi;ro///iû)Alû Zairin, Con-
< '^ . ' \ ammoma \ staotine.
groupe. \ monta . . • ,/ y
i Calcaires, marnes et\ grès avec ^e/tf//i/i//ej/Aïn-Zairin,Ouadditatatus,Jmmomtes\ Cheniour, Dje- Àstierianus , minerai \ bel-Hamimat.
^ d'antimoine oxydé . ./
§ 4. Provînees d'Alger et d'Ofan.
Les roches désignées et réunies par M. Renoo sous le nom de observatioi t terrain crétacé inférieur^ et qui , comme on l*a vu , comprennent, par places, des dépôts teriiaires anciens , puis accidentellement des couches jurassiques dans la province de Constantine, se continuent dans celle d'Alger, dont elles occupent toutp la partie orientale, y compris le massif du Jurjura (Djerjera) jusqu'à la côte. La vallée du .Gbeiiff partage cette grande zone principalement crétacée en deux bandes : Tune au N., prolongement du Jurjura, circonscrit au S. la plaine de la Meiidja (Mtidja) et le massif ancien d*Alger pour rejoindre la côte à Râs-el-Amouche et se continuer à TO. jusqu'au Râsei-Khemîs; l'autre au S. se suit sans interruption jusque dans le Maroc Recouvertes en partie dans la province d*Oran par les sédiments tertiaires moyens et supérieurs, les roches crétacées de la bande nord se relèvent sur la côte, entre Arzeu (Arziou) et le cap
ft6i2 PflOVTirCES D'ALtiEtt fcT D'oRAN.
Lîndeles, puis interrompues un iostaut par les basaltes d'Aîn-Tmoul* cheut , elles reparaissent encore au delà, cbatiie Puiilon Boblaye (1), qui associait à la formation crétacée toutes
Momwià. '^ assises de matigno, de marnes à Fùcoîdes, de grès et de calcaires àNunmibli(esK}\ie nous avons reportées au terrain tertiaire inférîear, y réunissait aussi les véritables couches crétacées situées à l'est et an sud de Ia M^fdjfi, enfin les montagnes qui bordent au S. la vallée du Cheliff, cotnhiô kes monts Righa et Zachar, au-dessus dé Miliaaah, quiatteignehtiSOOet 1690 mètres d'altitude. Il supposait en outre
que les chaînes des Beni-Sallah et de Mouzaîa pouvaient appartenir au lias. It a donné une description sommaire de cette dernière tn signalant, vers te c6i de Teniah, une vallée d'élévation de trois lieues de long, et, qui offrait, à un« attitude dé 1200 mètres, un lac entouré de belles forêts. 11 a également mertlionné les filous dé fer carbonate cuprifère, et, dans Talignement de la crête de Mouzaîa, un filDn très riche de fer oligtste. Un autre filon, composé de divers minerais de fer (hématite, olîgiste, hyd^oxydé, résinoîde), tt^âverse la montagne à Test de IVlilianah. Non loin du haut fourneau établi pour son exploitation, est un filon de feldspath blanc, grenu» avec quelques piillcttes de mica. Vers le haut de la montagne, l'inflaence de té blon a changé le calcaire marneux eu doloœie jaunâtre, avec fer oligisle micacé. Miliauah, qui est è 800 mètres au-dessus de la mer, possède beaucoup de sources thermales sur le revers opposé de la montagne, et d'anciens travertins forment la terrasse élevée qui supporte la ville.
Lorsqu'on monte au col de Teniah (Tuîa), dans la chaîne de Mouzafâ (Mouzâia),dit!\l. Renou (2), les premières roches en place que l'on rencontre, au-dessus dés débris roulés isur les pentes inférieures, sont des brèches calcaires très solides, avec des fragments de grandes Huîtres <et un grès argileux rouge, très Bn, friable, avec des empreintes de Peignes et d'Inocérames ; puis viennent des calcaires compactes, gris eu jaunâtres, dirigés comme la chaîne et plongeattl fortetiient au S. Ces rdches i»ont sethblables I celles que nous aVons vues au)c environs dé Tachouda et de Djemilah au nordest de Setif , et l'on y trouve quelques fossiles. A moitié chemin du col sbnt des mdrneâ verdâtres, assez dures, des marnés Violettes
{\\ Com/Ji. rend., vol. XI, p. 348, 4840.
(2) Description géoîof^ique de V Algérie ^ p. 84, et pi. 3, fig, 23, in-4», 4848. — Ann. des mines ^ 4* série, vtol. 111, p. 63 et 484.
PROVINCES d' ALGER KT D*ORAN.
dont la texture est amygdaloîde, et des calcaires compactes sabordonnés. Ces couches sont traversées par des filons minces de fer carbonate. Au-dessus est une masse puissante de marues'noires» alternant avec des calcaires compactes, et dont la ressemblance avec ceui delà protincedeConsiantine est partout frappante. Le mamelon qui domine le col de Teniah est encore formé par une grande assise de calcaire compacte, rempli de fossiles également peu déterminabies (Huttresi Peignes, Torritelles, etc.), et qui est le prolongement de celui des crêtes de Mouzaîa,sttuéesà une lieue à rE.-N.-E. La direction des couches est Ë. 15'' à IS"" N., et le plongtement de 80* BU S. (1). Les marnes se divisent en feuillets dirigés comme le^ strates, et inclinant sous le même angle, mais en sens inver^. M. Rozet (2) en 1830, et plus tard Boblaye, avaient rapporté aux lias cet tensemble de marnes et de calcaires.
Lorsqu'on redescend au sud du col , on marche sut* les couches précédentes jusqu'au bois des 01iviei*s, et un peu au nord de celui-ci viennent affleurer de gros filons de fer carbonate qui, plus résistants et plus solides que la roche encaissante, forment des espèces de murailles irrégulièreS) élevées de (Quelques mètres au-dessus du sol. Ces filons, au nombre de 6 ou 8, parallèles dans un intervalle de quelques centaines de mètres, sont composés de fer carbonate brun, très pur, au milieu duquel se trouve une grande quantité de cuivre gris et de baryte sulfatée. Le minerai de cuivre, qui se sépare nettement du fer carbonate , paraît constituer des filons dans la masse. On sait que la première indication de ce gtte métallifère remarquable est duc à M. Rozet, qui accompagnait la première expédition que firent les Français au sud de l'Atlas. Récemment, M. À. Bu-
(4) La recherche des eaux jaillissantes, dans les couches secondaires de l'Atlas qui passent sous le sol de la Melidja , a très peu de chance de succès , dit M. Ville (a)^ car les couches plongent en général au S.-E. ou au S.-O. La très grande partie des eaux pluviales s'écoule dans ces dît-ectiotts ou au S. et une très faibld seulement sous les dépôts récents de la plaiue située au nord. Ajoutons à cette disposition les dislocations nombreuses des strates, qui ne permettent aucune filtration «régulière des eaux, et l'on aura la conviction de l'inutilité de ce genre de recherches dans le plus grand nombre des cas.
(4) Journal de gcoingU, vol. lU, p. 360, 1830.
(a) ttëctitn'hêà «ik>* /e» tyiches, tèi cnùic, etc., de ïa pr&ùinn H'Oran et dtÀlmer^ p. S30, a46 et S48. In-4i ISSB.
FUoos capriOrcs
de Mousaïa.
U6ll PROVINCES D*ALGER ET d'ORAN.
rat (i), guidé par les renseignements de M. Potbier, en adonné une description très satisfaisante à laquelle nous empruntons ce qui suit i
(P. 31 .) « Les filons sillonnent trois contre-forts successifs qoi se » détachent de 1* Atlas et forment ainsi trois groupes sBccessifs, qoi » sont : 1° le groupe des ûlons d*Aumale et de Montpensier ; 2'' celui » des filons d'Isly ; 3' celui des Oliviers.' Considérée dans son en« a semble, la ligne générale de ces fiions suit une direction ondalée » et grossièrement parallèle aux crêtes de F Atlas; par conséquent, » elle en coupe perpendiculairement les contre-forts. Au groupe » d'Aumale la direction est N.-O.» S.-Ë. ; au groupe extrême des » Oliviers elle est E. , 0. Les ûlons sont inclinés de TO"" à SO"", son* ■ \ent même verticaux.
» Le développement de ces filous» dans un terrain argileux, meC
• en relief, non seulement leur allure, mais encore tous les détails » de leur composition, par le contraste avec les roches encaissantes, a L'ensemble de la composition se réunit aux conditions de direc- » tion et d'allure pour les attribuer tous à une seule et même fonna- » lion. Le remplissage est dû paitout au fer spathique et à la baryte » sulfatée ; le minerai est partout le cuivre gris, mais Timporlance a relative des gangues et des minerais, ainsi que leur nature miné* » ralogique, présentent des variations notables dans les groupes ex- » trêmes. Les filons d*Aumale et de Montpensier, qui composent le » premier groupe, sont traversés par le chemin qui conduit du col » de Mouzaîa au bois des Oliviers. Ils forment deux lignes d'afileu*
• rement, saillantes et parallèles, qui , des hauteurs du contre-fort, a descendent jusqu'au foud de la vallée (2). A ces deux filons pnn« a cipaux on peut rattacher les filons Bourjoliy, qui se trouvent plus a bas, et quelques autres encore, de moindre importance , qui sera pentent autour d'eux et viennent se souder aux artères princi- » pales en les quittant sous des angles pronc c6s. Il y a même de ces a petits filons subordonnés qui suivent une direction N., S. «
La puissance des filons les plus considérables ne dépasse pas un
(4) Études sur les mi fies [supplément) ^ Description de quelques gîtes métaWJères de V Algérie. Iû-8", 4 846,
(2) Voyez, en tète du mémoire de M. Burat, un charmant dessin des affleurements des deux filons exploités au-dessous du col de Mouzaîa. A TO. est le plateau des Réguliers, à l'E. le bois des Oliviers, et vers le S. on voit le Djebel-Nador s'élever à Thorizon.
iw-«j
PROVINCES D' ALGER ET d'ORAN. 463
mètre et elle se réduit quelquefois à 0",2 ou 0"S3. Les filons latéraux, de O^'/iOàCiSO, se réduisent à quelques centimètres. Lorsqu'ils sont concordanls af ec la stratification , ils forment des plaques dans la roche encaissante. Le fer spatbique cristallin , jaune clair , fendillé , est la roche dominante. Le cui?re gris y est disséminé en particules très fines. La baryte sulfatée, blanche, lamelleuse, est mélangée au fer spathique, et son développement isolé paraît exclure le minerai de cuivre. Le cuivre gris est fort irrégulièrement réparti dans la roche; le plus souvent il constitue des veines subordonnées au fer spathique. Les minerais sont distribués en colonnes verticales, séparées par des colonnes stériles, et comme celles-ci sont les moins puissantes et correspondent à des dépressions des affleurements , à la surface du sol , Teiamen de cette dernière suffit pour faire prévoir les points où le filon sera riche ou pau^e.
Les filons du groupe d'Isly sont moins importants que les précé^ dents, mais ceux du contre-fort qui domine le bois des Oliviers constituent un faisceau qui se rapporte à un même axe, pour former ce que les mineurs allemands nomment Zug. Ces filons , lorsqu'ils se réunissent en une seule masse , acquièrent une épais* seur totale de 4 à 6 mètres, et présentent, sur le versant du contrefort occidental, une muraille de 6 mètres de haut. Les affleurements, qui commencent à la base même de l'escarpement, s'élèvent, sur une pente de 40<*, jusqu'à près de 200 mètres, et l'on peut les suivre sur plusieurs kilomètres de long. La puissance des veines de enivre gris , intercalées dans le fer spathique et la baryte sulfatée, dépasse 1 mètre sur plusieurs points; aussi peut-on dire, ajoute M. Burat, que ce gisement , plus puissant qu'aucun de ceux de même nature qui sont exploités en Allemagne et en Hongrie, doit être considéré désormais comme le mieux caractérisé et le plus classique.
Les cuivres gris, dont les filons de Mouzaîa offrent le plus grand développement connu , n'appartiennent pas tous à la même espèce. On y trouve , à l'état cristallin, le cuivre gris antimonlfèreou panabase : c'est le minerai dominant aux Oliviers; puis la tennantite, ou cuivre gris arsénifère, qui paraît dominer dans les filons d'Aumale et de Montpensier.
L'isolement absolu du cuivre gris, par rapport aux autres minerais
de ce métal, est ici un fait remarquable, car on n'a observé aucune
trace de cuivre pyrtleux ou panaché, ni de sulfure de cuivre, et,
quant aux carbonates et aux arséniates, ce sont des produits de
/i66 Provinces d'alubr bt d*oran.
décomposition lout à fait superficiels qu'on ne retrouve pas dans les travaux. Ces filons de Mouzaîa doivent être d'ailleurs rangés parmi les filons fentes; ce sont des giles essentiellement réguliers, remplis plus ou moins rapidement et successivement , mais point à la manière des dykes trappéens.
L'existence de fragments et de blocs roulés d'un diorite vert, avec des lamelles de fer oligiste, dans le lit de FOuad-Mouzaîa» fait supposer que leur gisement primitif peut exister dans la masse même du pic de ce nom , qui est l'un des points culminants de l'Atlas (1597 mètres). Cette roche y formerait alors des dykes, dont l'apparition aurait contribué au soulèvement de la chaîne. Les diorites seraient ainsi fiés aux giles métallifères qui en suivent la crête et qui doivent être peu postérieurs à son soulèvement. Ces roches ignées, d'après M. Burac, auraient aussi exercé une action métamorphique énergique à l'est du pic de Mouzaîa, où les schistes argileux, qui succèdent aux argiles schisteuses de l'ouest, ne seraient qu'une modification de ces derniers. Enfin , la route de la Chiiïa , qui conduit de Blidah à Medeah, est en grande partie taillée dans ces schistes ardoises où, sur 2^ kilomètres de long, on n'a trouvé aucun fossile délerminable.
. Aux trois groupes de filons cuprifères que nous avons énumérés et caractérisés, M. Ville (i) ajoute ceux de Nemours et de Joinville. Le groupe de Nemours, situé sur la rive gauche de i'Ouad-Mouzaîa, à un kilomèii^e au nord du village, se compose de deux systèmes principaux de filons qui se réunissent à peu de distance du point culminant des travaux entrepris sur ce groupe. Ces deux systèmes de filons, connus sous les noms de filon nord et de filon midi, ont fourni la plus grande partie du minerai, extrait jusqu'à
i\) Recherches sur les roches , les eaux et les gÙes minéraux fies provinces d'Oran et d'Alger, p. 324, in-4. Paris, 4 852. — L'auteur (cbap. I, p. 1, et sur la carte) réunissant, sous une môme teinte et la dénomination commune de terrains secondaires^ les roches jurassiques et crétacées, nous ne puiserons dans son ouvrage, très précieux d'ailleurs et rempli d'excellents détails pétrograpbiques, minéralurgiques, économiques, architectoniques, etc., qu'un petit nombre de faits locaux qui paraissent appartenir à la formation crétacée. L'expression de tcfrain rrtUott* inférieur^ dont il se sert souvent aussi pour désigner les couches qu'il rapporte à la craie , n'ayant aucun gens déterminé pour nous, ne peut aucunement nOus éclairer sur leur véritable niveau.
PKOTINCKS D'aLOBR Bt D*ORÀN. i!l67
présent. Leur épaisseur est variable, maison peut estimer la moyenne à k mètres pour la partie métallifère. Le cuivre gris s*y présetite en veines de 0"*,30 à 0»,50 d'épaisseur, avec des rétrécissements et des renflements. L*ull de ces derniers accidents a présenté une épaisseur de 7 mètres de minerai sans gangue , renfermant ^0 p. 100 de cuivre métallique.
Le groupe de Joinvilie, situé à Test du précédent, consiste en un amas de sulfate de baryte et d'bydroxyde de fer, contenant des veinules très multipliées et très irréguiières de cuivre gris. C'est plutôt un stockwerk , encaissé dans des argiles schisteuses, qu'un système de filons proprement dits. On voh encore aflQenrer, dans les gorges de rOoad-Mouzaîa , en amont du plateau des Oliviers, un filon composé de pyrite de cuivre, de carbonate de fer et de carbonate de chaux. Ce filon est très rapproché des diorites du pic de Mouzaïa.
Après avoir exposé les nombreuses observations qu'il a faites sur les conditions de ces mines, sur leur exploitation , le traitement et la qualité des minerais, leurs rapports, etc., puis indiqué quelques autres gisements cuprifères dans le roisinage, telsque ceux de l'Ouad- Merdja, de Sidi-Madani, du pic des Beni-Sala, de TOuad-Kebir, de Oalmatie et de Soumah , M. Ville (p. 356) présente un coup d'oeil d'ensemble sur ces divers gîtes cuivreux du district de Blidah, qui constitueraient, suivant lui, deux groupes principaux bien distincts. Tes uns sont essentiellement formés de pyrite de cuivre, à TOuad- Merdja, à l'Ouad-Kebir et à Dalmatie; les autres, essentiellement composés de cuivre gris, à Mouzaïa et à Soumah, c'est-à-dire aux extrémités est et.ouest de la zone métallifère qui, dans cette région de TAtlas, s'étend sur une longueur de 28 kilomètres.
Pour déterminer la formation géologique à laquelle appartiens oent les argiles schisteuses grises, très dures, qui contiennent les filons du district de Blidah, l'auteur (p. 358) a étudié les couches qu'il a rencontrées d'abord le long de la route qui monte au col de Teniahi sur le versant nord de l'Atlas ^ puis en descendant du col de Mouzaïa , vers le village des mines , et en suivant enfin le cours du Bou-Roumi , pour remonter des mines au sommet du pic culminant de Mouzaïa, etc. Partout , il a noté avec le plus grand soin la direction et Tinclinaison des strates, et en combinant ces données il est arrivé à reconnaître que les accidents se groupent assez bien autour de deux directions principales, l'une £. 64^ N., qui correspond à celle du soulèvement des Alpes occidentales, suivant M. Élie i)e Beaumont. l'autre E. i&^ N., qui serait