PROVINCES* D^ALGER ET D*0RAN
CÎMinenti
da
nuriate
de
soude.
» conscrits, tels quo le Djebel-Skhouna et le Djebel -Aouaria,qoi reu- • ferment chdcun un gite de minerai de fer, le Djebel-Sîdi-Kassein nBoudeîa, le Djebel- Dar- Menjel , le Djebel-Touila , sur la rive n gauche du Rio-Salado, le DjebelSanto et le Djebel-Merdjadjo, aux » environs d'Oran , enfin le massif compris entre la montagne des » Lions et Arzeu, et qui renferme des gîtes de plâtre, de charbon, de « fer, de cuivre et de mercure. On ne trouve de fossiles dans aucuD » de ces îlots. C*est leur saillie en dehors des assises régulières des « terrains tertiaires et la ressemblance de leurs roches avec celles da » terrain crétacé inférieur bien caractérisé qui permettent d'assis » gner leur âge avec assez de certitude. »
Dans un Mémoire sur les gisements de muriate de sowlt en Algérie (1), M. H. Fournel s'est occupé des sources, des ruisseaux et des lacs salés, puis du sel gemme subordonné aux argiles et accompagné de gypse. Ces giiiements, étudiés successivement dans les provinces de Constantine, d'Alger et d'Oran , sous le point de vue économique, ne l'ont peut-être pas été suffisamment sous le rapport scientifique, et la question de leur âge comme celle de leur origine ne semble pas avoir été discutée avec tout le soin désirable. Ainsi, indépendamment du sel gemme, les lacs salés sont ils d'anciens lits de la mer, ou bien résultent-ils tous, comme celui de Zagrez, dont nous venons de parler, du sel apporté par les cours d'eau qui descendent des montagnes formées de couches saiifères 7 Quelle est la hauteur relative de ces divers lacs et leur hauteur absolue ? Observe-t-on des dépôts tertiaires ou plus récents dans leur voisinage ? Quels sont ceux des autres parties du globe dont ils se rapproche* raient par leur disposition , leurs caractères généraux , les sttb« stances étrangères qui accompagnent le muriate de soude, etc. T Telles sont quelques unes des questions que l'on pourrait adresser ai savant auteur de la Richesse minérale de l'Algérie , et dont il s'occupera peut-être dans la suite de son grand travail, car personne n'est plus à même que lui de les résoudre.
Il a d'ailleurs fait voir en terminant, que ces gisements salifèrei sont rangés de l'Ë.-N.-Ë. à l'O.-S.-O., sur trois lignes ou zones, à peu près parallèles entre elles et à la direction de la chaitie principale des Alpes. La zone septentrionale est la plus rapprochée de la mer; la zone moyenne prolongée à l'K-N.-Ë. rencontre le lac salé, ex« ploité depuis longtemps près de Tunis, et au delà les gisements de
(4) Ânn, des mines, 4* sér., vol. IX, p. 544; 4 846.
I t>ftOVlNCES D* ALGER ET D*ORAIf. 479
sel gemme de la Sicile ; enfin, la zone méridionale ou saharienne, suit une ligne tirée de la mer Morte aux îles du Cap-Vert; plus au sud dans le Soudaii, il ne paraît plus exister de semblables gisements.
M. L. Ville (1), qui , de son côté, s*est livré à une étude fort GUemenu détaillée des gypses des provinces d*Àlger et d*Oran, fait remarquer ^j^ qu*ils peuvent être rangés dans deux classes distinctes : l'une comprenant les gypses en couches ou plutôt en lentilles très aplaties, stratifiées comme ks assises qui les renferment et dont elles sont contemporames, et passant insensiblement sur leurs bords à ces dernières (lac du Figuier) ; l'autre des gypses en masses non stratifiées, autour desquelles les roches encaissantes ont été soulevées et bouleversées. Le gypse semble avoir joué à l'égard de celles-ci le rôle d'un produit igné. Parfois il est associé à des dioriies, à des porphyres ou à des basalles ; il a endurci les sables, les grès, les calcaires et les argiles qui les avoisiuent, rougi et calciné ces dernières, en faisant passer le fer qu'elles contenaient à l'état de peroxyde. Le gypse est presque toujours accompagné de pyrite de fer et de paillettes de fer oligiste qui ont pénétré jusque dans les roches sédimentaires stratifiées environnantes.
Des 6 gisements de la première classe, un seul , celui de DjebeU Affroun, dans la province d'Oran, appartient au terrain secondaire; les autres sont tertiaires. Sur les 27 de la seconde, 13 se montrent dans les roches présumées crétacées, et dont 3 sont dans la province d'Oran et 10 dans celle d'Alger ; les 1^ autres gisements appartiennent à des dépôts plus récents. Les g^^pses d'Ârbal , de Mers-el- Kebir, des montagnes des Lions et de Christel se trouvent à la ' ligne de jonction des sédiments secondaires et tertiaires.
L'origine des gypses postérieurs aux roches qui les contiennent peut être attribuée, suivant l'auteur, à l'arrivée de vapeurs d'acide sulfurique hydraté dans des couches calcaires déjà formées, et c'est ce qui parait avoir eu lieu pour la plupart des gypses de soulèvements du terrain tertiaire ; mais pour ceux qui se trouvent subordonnés à des grès, tels que ceux de la Stidia, celui qui se trouve à B kilomètres au nord du télégraphe de l'Ouad-Ras, un autre situé à 12 kilomètres au nord-est du même point, cette cause peut être difficilement admise , et Ton doit supposer qu'ils sont arrivés au
(4) Recherches sur les roches ^ les eatu:, etc., p. 60, in-4 ; 485S»
llSO PROVINCBS D*ALGEh £T D*ORAN.
jour tout formés. Ces observations s'appliquent d'ailleurs aux gypses secondaires comme aux gypses tertiaires.
Un fort petit nombre de ces gisements gypseux renferment du sel gemme ou des sources salées en rapport avec le sulfate de chaux. Cependant le gtte d'Aîn-Témouchen offre une association de cette sorte, et une source salée coule non loin du gypse d'Arbal (p. 66). Ce sel gemme d'A!n*Temouchen, exploité par les Arabes, est situé dans la province d'Oran, dans la tribu de Ouled-Guérab, et à 8 ou 10 kilomètres de la mer. Il est intercalé dans des argiles schisteuses, grises, qui, avec des calcaires noirs , semi-cristallins et des grès quartzeux, constitueraient, suivant M. Ville, le terrain secondaire des bords de TOuad-Melah. Ces roches , très tourmentées, plongent au N.-O. sous un angle de 60°. Le sel, que Ton voit le long du ruisseau, sur une longueur de 12 mètres et sur une hauteur de kf est cristallin , mais fort impur ; il est gris, et contient des boules d'argile grise et bleue. L'auteur ne regarde pas le sel comme contem* porain des argiles environnantes ; il ne constituerait pas non plus un dépôt régulièrement stratifié avec elles, mais ce serait un amas intercalé postérieurement.
Eaux^^ Dans ses recherches sur la nature des eaux potables des provinces d'Oran et d'Alger (p. 1^7}, M. Ville examine successivement les eaux qui sortent des terrains tertiaire et secondaire , et celte étude très détaillée le conduit à des résultats Importants pour l'hygiène du pays, et qui, en même temps, ne sont pas sans intérêt pour la géologie (p. 225). Il range les eaux potables dans trois catégories , suivant qu'elles parcourent des dépôts tertiaires, des dépôts secondaires ou coulent à travers les uns et les autres; ces dernières sont appelées eaux mixtes. Ces diverses eaux renferment des. chlorures, des sulfates et des carbonates , quelques unes des nitrates et de la silice gélatineuse, toutes de la matière organique. Pour ne parler ici que de celles du terrain secondaire, l'auteur fait remarquer qu'elles sont, en général, beaucoup moins chargées de substances salines que celles du terrain tertiaire. Leseaui^de l'Ouad-Kebir, qui alimentent Blidah, sont les plus pures et les meilleures des deux provinces. Les eaux du terrain tertiaire de la province d'Oran contiennent en moyenne 2s'',0999 de matières salines par kilogramme d'eau, celles de la province d'Alger l8r,0229, celles du terrain secondaire D6%3252, et les eaux mixtes 0k%9^82. Dans les eaux du terrain tertiaire, les chlorures dominent toujours et font 56 pour 100 du total des substances salines ; les sulfates 35 pour 100 dans la province
saperficielleta
tfAHOC. U%i
d*OraQ, 1^ pour 100 dans celle d'Alger; les carbonates iO poar 1 00 dans la première et 27 dans la seconde de ces proirinces. Dans les eanx do terrain secondaire, les carbonates remportent de beaucoup snr les chlorures et les sulfates, qui , en quantités égales , forment ensemble 50 pour 100 ou la moitié du poids total, les carbonates formant Tauire moitié des substances salines. Dans les eanx du terrain tertiaire des deux provinces, la moyenne dn sel marin est de ^3 pour 100, dans celles du terrain secondaire elle est de 13 et dans les eaux mixtes de hi.
(P. 228). Toutes les roches des provinces d'Alger et d'Oran, quelles que soient d'ailleurs leur composition minéralogique et la formation à laquelle elles appartiennent, renferment des proportions de chlorures, de sulfates et de carbonates, en rapport avec celles des eaux des terrains correspondants. Les roches tertiaires sont celles qui renferment le plus de chlorures et de sulfates; puis viennent les roches secondaires et plus anciennes.
Les rapports qui existent dans les roclies , entre le chlorure de sodium et ceux de calcium et de magnésium, entre les sulfates de chaux et de magnésie, entre les carbonates de chaux et ceux de magnésie et de fer, différent peu de ce qu'ils sont dans les eaux qui en proviennent, de sorte que les eaux doivent les sels qu'elles tiennent en dissolution au lavage des roches qu'elles ont traversées. Il y a ainsi une relation qui permet en quelque sorte de déduire à P'tori la composition d'une eau de l'âge du terrain qu'elle parcourt, et , réciproquement, la composition d'une eau étant donnée, on peut en déduire approximativement l'âge du terrain qu'elle traverse. Et comme d'un autre côté on trouve des chlorures et des sulfates dans toutes les roches, quels que soient leur âge, leur composition, leur altitude, leur distance actuelle des côtes, etc., on en doit aussi conclure qu'ils en font partie intégrante et en sont contemporains.
S 5. Maroc.
Nous croyons avoir remis à leur véritable place {antè, voL III , p, 212) les couches nummulitiqoes, les grès et les calcaires à Fucoldes de la partie septentrionale du Maroc qu'a observée M. Goqnand (1), et nous n'avons plus qu'à mentionner les faits c(ui ,
(<) /?«//., ««aér., vol. IV, p. 4225, <847. — Compt. rend., vol. XXIV. p. 857. 4847.
482 TaFRIQUE. liimDlONALE.
d'après ce géologue, se rapportent incontestablement à la formalioa crétacée. Ils sont ici moins nombreux et moins variés qa*on n'aurait pu s'y attendre, puisqu'on n'y voit représenté qu'on seul étage du groupe inférieur, celui du calcaire à Caprotina ammonia. L'auteur ne laisse pas soupçonner qu'il en ait reconnu d'autres, Si moins que les couches ondulées sur lesquelles reposent ces calcaires autour de Djebel-Soroul , et qu'il désigne sous le nom de majolica^ ao lieu d'être jurassiques, ne soient réellement l'équivalent du calcaire mûjolica du nord de l'Italie, qui n'est autre lui-même que le bian^ c&ne et le représentant de l'étage néocomien inférieur. Quoi qu'il en soit, les formes des cimes du petit Atlas, dans le Maroc septentrional, ressemblent d'une manière frappante à celles qu'affectent certaines couches néocomiennes de la Provence. Elles sont composées de calcaires gris-jaunâtre, très compactes, à cassure concboide. La Ca^ protina ammonia s'y trouve fréquemment dans le groupe des mon* tagnes d'Angera, adossées contre les flancs de la montagne des Sin« ges qui appartient au terrain de transition. Les strates, un moment interrompus par Tllot jurassique de Tétuan, reparaissent de l'autre côté de la Bousfika, pour se prolonger à travers le Rit Ges roches recouvrent les calcaires plus anciens du Djebel-Soroul, puis le long du fleuve Smir les grès dévoniens et les micaschistes pour constituer jusque dans le Beniouneus un ensemble de couches indépendantes. Dans les montagnes de Djaritz et dans celles du Rif » le calcaire k Caprotina ammonia repose indifféremment et sans intermédiaire sur les grès rouges , ks grauwackea ou les phyllades.
S 6. AfHqoa méridioBAle*
vuet On peut pr^umer que» comme l'Indique V Essai d'une carie géo*
g iMhr« Cf. igg^g^ ^11 globe, qu'a publié M. Boue, une partie au moins des roches secondaires et tertiaires inférieures que nous avons suivies sur le périmètre de la Méditerranée se prolonge au S.-O., de chaque côté du massif cristallin du Maroc, et jusqu'à la terminaison de l'Atlas sur la côte occidentale. Vers le 28* degré, à la hauteur des fies Canaries, situées sur son prolongement. Si, conâme on l'observe sur la même carte, il existe une large bande cristalline, traversant de l'O. à TE. le continent africain dans sa plus grande largeur, depuis le massif où la Gambie, le Sénégal et le ^iger prennent leur source jusqu'au cap Guardafui , on conçoit la place assignée par l'auteur à quelques lambeaux de roches secondaires, appuyées çl et U contre le vereant nord de cet axe cristallin. Toute la surface qu'occupe le Sa*
UfitOUB lltBlDlÔNAiS. QBS
hâra, dû littoral de V Atlantique* H la chaîné oAtièrc crlsfalline de la mer Rouge , pouvait former aiora une tnéditerranéc ouverte à l'O. daoa rocéan , et occiipant une surface presque double de la Médifierrttiéo de nos jours, reléguée entre les chaînes secondaires et ier« tîairos 4ti nord de i'Afrlquo , de l'Asie occidentale et les contours si bizarrement et Si profondénient découpés de TEnrope méridionale. < A une ou deux exceptions près, tous les dépôts crétacés que nous avons étudiés Jusqu'il présent d^nns l'ancien continent peuvent être regardés comme ayant été continus et se liant outre eux d*une ma* ttléreplos ou moins imiuédlate, soit qu'on les considère de TE. I KO. 00 bien do N. au 8* Les interruptions qu*on observe aujourd'hui sont ducs h la présenco des mers intérieures actuelles, ou à des soulèvements ri à des abaissements partiels ou généraux, qui, en modiflnnt lo relief du sol , ont interrompu la continuité originaire des sirates, ou permis t^ des dépôts plus récenis do s'étendre pnr-dessiis et de les dérober airtsi aux regards do géologue. Si nous envisageons la moitié sud de ^Europe» la partie ouest do Tamc jusqti'au 60* degré de longitude E. et la partie nord de l'Afrique où nous avons constaté les sédiments crétacés, nous trouverons que cette surface n\>st cn*< core qu'une faibl« partie de l'ancien continent, et qu'on doit croire, â priùrl, qu'une aussi longue période que celle qui s'est écoulée entre la |)remière coucho néocomiennc et la dernière de la craie su» périeore, a dû laisser des traces non équivoques sur une infinité d'aoïres poinui de la surface du globe.
Jusqu'à présent, les seuls jalons que nous ayons mentionnés, très loin des dépôts iub^continos dont nous venons de rappeler la dispo* sition, sont les couches, bten peu épaisses et d'une bien faible éten-* due, découvertes dans leCoromandel, elles traces encore douteuses, ou sur iosqûelles nous ne possédons que de vagues renseignements, d^ns nie de Java.. A tiqo . grande , distance au sud-ouest des premières, l'extrémité sud de l'Afrique vient nous offrir nn nouveau point de repèt*e, au milieu de ces immenses espaces oà rien ne fai« sait soupçonner des représentants de la craie de rKuro|)C« Ce point est d'autant phis précieux, qu'il sert d'intemiôdiaire entre les lambeaux précédents et ceux que nous trouverons plus au sud^ouesl encore, sur les côtes du détroit de Magellan, h l'extrémité de TAmérique méridionale.
En 1839. ftj. Fréd. Krauss (1) avait observé des bancs remplis District
(t) Ueber cimge Pttrefficlrn , etc. : Sur quelques fossiles de ta
Mb AFRIQUE «ÉRID10NALB.
de fossiles, sar la rive gauche de la Zwartkops, à quelques lieues de' la baie d'Algoa, sur la côte méridionale de TAfrique, à l'est do Gap« Lors de la réunion des naturalistes allemands, à Mayence» en 1842, il annonça cette découverte « et depuis il a publié, dans tes actes de V Académie des curieux de la nature , une note à ce sujet, accompagnée de la description des fossiles qu*il avait recueillis.
Depuis la baie de la Table jusqu'à la baie d'Algoa, dit M. Krauss» sur près de 8 degrés de longitude, on ne rencontre que des grès* des schistes argileux, des grauwackes schisteuse, traversés par des granités (1). Ces roches se continuent jusque sur les hauteurs qui bordent la Zwartkops, près d'Uitenhagen. Mais lorsqu'on descend le long de cette rivière, la végétation change brusquement, et bientôt le sol est jonché deTrigonies. Les couchesqu'on observe en cet endroit occupent une espèce de bassin qui des lacs salés, entre Uitenbagen et Fort-Elizabeth , s'étend le long de la Zwartkops, jusqu'à la Zondag (Sunday), sur une surface de plusieurs lieues. À une lieue et demie au-dessous d'Uitenhagen , la rive gauche de la Zwartkops met à découvert une coupe de 20 à 24 pieds de haut , dont les bancs de grès vert, horizontaux, sont surmontés par un banc de gravier on* dulé et des grès panachés, de 6 à 7 pieds d'épaisseur. En cet endroit, et particulièrement dans le lit de la rivière, on trouve les Lyrodon {Trigonia) Herzogii^ conœardiiformis, venfricosus, avec desMy* tilus^ des Pinna et des Ostrea, dans un état parfait de conservation, et en si grande quantité que certains bancs en sont presque exdasivement formés. Ces dépôts sont mieux développés encore à mesure qu'on descend la rivière, et, près de la résidence de H. Buckenrôder, on observe la coupe suivante en allant de haut en bas :
4. Gravier et grès panaché en partie consolidé par un dépôt calcaire marin récent, et formant un conglomérat peu cohérent. . . . , 6 à 30 pieds.