KT NOUVEAU MEXIQUE
qiMs miMs grauitk/uès n'occupent, comparativement, que des surfaces pea considérables. Elle constitué la plus grande partie dos plaines et des plateaux, et se prolonge sans interruption, du Presidio de Rio Grande, près du Rio-Bravo del Norie, jusqu'au fort Towson, près de la Riao^ska, affluent de là rivière Ronge, sur une étendue de hkO milles anglais. De San- Antonio de ficxar, on la suit an N.-O. , jusqu'à la rivière LIano, sur une étendue de ihO milles , et, après quelques interruptions occasionnées par le relèvement des roches plus anciennes, on la voit encore fort loin dans cette direction. De San-Antonio aox chutes du Drazos, les observations ont été conti* nueSi 01 la limite des roches bien déterminée, mais, de la même ville à Presidio de Rio- Grande, les données moins complètes n'ont pas permis un tracé aussi exact. On peut penser toutefois que cette limite se trouve , comme au N.-E. , h Tendroit oà l'on voit les montagnes commencer à s'élever au-dessus des plateaux.
Outre que M. A. Wislizenus (1) a trouvé près de Mir, non loin de l'Alamo , & milles au-dessus de Tembouchure du Rio del Norte bu Rio-Grande, des couches de grandes Huttres ou Exo* gyres, qui paraissent appartenir à la craie, au-dessous de Laredo, près du môme fleuve , des collines entières sont aussi composées d'une espèce d' Huître, qui a 9 à 10 pouces de long sur 2 ou 3 de large, et qui appartient peut-être encore à VExogyraponderosa. Elle y est accompagnée de plusieurs autres fossiles (2). Des débris de corps organisés ont également été reconnus au N. -0. , près de Presidio de Rio-Grandc. Quant au point extrême od la craie a été signalée dans la direction du N.-E. , c'est l'endroit où Ton a trouvé une Ammonite, sur le bord de la rivière de la Trinité, non loin de la rivière Rouge. La craie se terminerait k la jonction de la Kiameska avec cette dernière , et ces locnlités ont fourni beaucoup de fossiles que M. Morton a décrits dans son Synopsis.
Dans toute cette étendue , les dép6is crétacés se présentent avec des caractères minéralogiques et paléontologiques diiïérents , suivant qu'on les étudie dans les plaines et les coteaux peu élevés, ou bien dans les plateaux qui longent et limitent les plaines au N.-E.
(1) Mem. nj a tour to North*Mexico connccted t^ùth ûoloncl Do^ niphan'a cxpetUtion 4846-4847 with a scient, uppendix and map^ p. 438,4848.
(2) Bryant T. Tilden , Notes on tlic uppcv Rio^Giande^ p. 2Î , Philadelphie, 4847.
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eu les dominant. Aussi M. Roemer» dans son deruier ouvrage pu* blié en 1852, celui que nous suivrons de préférence comnse le plus complet relativement au sujet qui nous occupe, décrit-il séparément les couches de ces deux régions naturelles. Croie Près de la colonie allemande de Neu-Braunfels , au gué de la
plaines, chaussée espagnole qui conduit de Sau-Antonio de Bexar à Nacogdoches, la rive droite du Guadalupe montre, de haut en bas,, sur une hauteur d'environ iO mètres, une couche d'argile limoneuse avec un banc de cailloux roulés, réunis par un ciment calcaire et renfermant des débris de mammifères de Tépoque quaternaire. Audessous, dans le lit de la rivière, est un calcaire en bancs horizontaux ou plongeant de 10'' au N.-O., blanc, avec des grains verts passant à une marne calcaire peu solide, et comparé, par l'auteur, au calcaire planer du nord de l'Allemagne. A 2 milles de ce point, le calcaire blanc forme des monticules coniques, à couches horizontales. En descendant la rivière, on atteint des assises plus basses de 6 à 7 mètres d'épaisseur, dont la partie supérieure est aussi unt:alcaire à grains verts, passant à une sorte de brèche remplie d'écaillés , de dents et de vertèbres de poissons. Au-dessus est une marne gris-bleu , peu solide. Ces mêmes calcaires blancs, avec leurs marnes , sont encore à découvert sur d'autres points , entre Neu- Braunfels et San-Antonio de Bexar ; ils constituent le sous-sol de vastes prairies ondulées qui s'étendent entre ces deux points , et leur facile altération contribue beaucoup à la fertilité du pays.
Des lik espèces fossiles que l'auteur signale dans ces couches, il en trouve 11 identiques avec des espèces déjà connues en Amérique ou eu Europe {Otodus appendiculatus ^ Oxyrrhina Mantelli^ Corax heterodon, Nautilus elegans^ N. simplex, Ba^ culites anceps, B, asper^ Inoceramus Cripsiiy I. mytiloideê^ I. slriatm, Pecten quadricostatus), 6 autres, sans être tout à fait identiques avec des espèces d'Europe, peuvent cependant être considérées comme des formes analogues ou représentatives de celles de la craie de ce dernier continent. Ainsi le Lamna texana serait l'équivalent zoologique du Lamna plicatella Reuss, I'Aitimonites texanus c^lui de 1*^4. rhotomagensis , le • Scaphites texanus celui du S, œqucdis^ VOstrea vesicularis var. aucella celui de l'O. vesicularis var. uncinella Leym., la Terebratula Guadalupœ celui de la T. gracilis de Buch , enfin , VHemiaster texanus représenterait VIT, Bucklandi^ Ag. Il y a ensuite 6 espèces dont les formes sont propres au Texas ( Ammonites dentaio-
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varinatuSy A, Guadalupœ^ ChemnUzia gloriosa, Eulimaf texana^ frwceramus undulato-plicatus , Exogyra ponderosa). Les autres espèces qui ne rentrent point dans ces catégories sont des formes qui n*ont rien de particulier/et qui ne caractérisent la craie d*aucun pays.
Al. Roemer, réunissant dans une classification générale le groupe de la craie tufieau à celui de la craie blanche, divise ainsi la formation crétacée en trois groupes seulement au lieu de quatre , les deux autres étant le gault et le groupe néocomien ; aussi trou?e-t-il que les fossiles précédents annoncent que les couches du Texas représentent le groupe supérieur de TEurope tel qu'il le comprend. Pour nous, nous y voyons plus particulièrement le premier et le second étage de la craie tuffeau ou du second de nos groupes. La comparaison que fait Fauteur avec le planer du nord de l'Allemagne confirme d'ailleurs parfaitement notre manière de voir, si Ton se rappelle l'horizon auquel nous avons rapporté les marnés et les calcaires désignés sous ce nom. Mais M. Roemer voudrait y Toir aussi , dans l'un et l'autre pays, un équivalent de la craie blanche, et le tout représenterait la ù\\ de la craie tuffeau et le commencement du groupe suivant, ou bien encore un passage de leurs caractères , ce qui ne nous paraît pas plus admissible , d'un côté de l'Àllanlique que de l'autre. Quant à l'aspect et à la nature des roches assez semblables dans les deux régions, ce sont des analogies de plus à l'appui du parallélisme présumé (1). • Sur la rive opposée du Guadalupe , les couches précédentes se continuent sans interruption jusqu'au Colorado. Le sol est partout jonché d*Exogyra ponderosa^ que la décomposition de la roche enveloppante a laissées isolées. Les espèces les plus fréquentes ensuite sont VExogip-a iœviuscula, \eSp(mdt/lus Guadaiupœ, Vlnocera^ mus Cripsii , le Bacuiites anceps , un Micraster indéterminé et une grosse Ammonite. Trois de ces espèces se retrouvent dans les couches de Neu-Braunfels , et de plus les caractères pétrographiques sont les mêmes que dans cette dernière localité. VExogyra
(4) Dans une note (p. 14}, l'auteur n'admet point la distinction de la craie blanche, de la craie de Maëstricht et de la partie supérieure de celle-ci représentée par le calcaire pisoiithique, etc. Mais cette confusion vient probablement d'un manque de connaissance à ce sujet. On verra d'ailleurs dans ce qui suit que M. Roemer ne juge guère de la craie de l'Europe que par les listes de fossiles qu'ont dres< sées les paléontologistes, et non par les travaux stratigraphîqiies.
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lœviuscîJarefTésenievtiiVE. conica et l*Ammonile tiiéeV A. rhf4(h mayensîs. Plus près de Sau-Aotonio de Bexas, dfis calcaires marneux blaucs, horizontaux, sont semblables à ceux de Gibok). A Test du Guadaliipe , ces couches peuvent être suivies plus loio epcor« qu*à Touest; et sur la rive gauche, le long du chemin de ^eu^ Braunfels à Seguin, on rencontre des marnes jaaiiâires tendres avec y Eaogyra pondet*osa et quelques autres coquilles, le P^cien vir^ gatn9, ?lils. {P, arenatus Guld.), le Atytilw femiplicaiuê $ n, sp.« la Modiola cancellaiO'Qivnulaia^ n. sp., la Trigonia tkoraeic^ fossiles qui, suivant M. Boemer, indiqueraient que ces strates soal plus élevés dans la série que h craie cbloritée de l'Europe, ou se» cond étage de la craie lufifeau.
Ces dépôts se prolongent l'espace de 50 milles, dans la dir^ ctioQ du N.-E,, jusqu'à Austen, qui est bâtie dessus. La iH^sence da Y Ammonites texanus, sur la rive gauche du Colorado, i^eut servir partout de repère pour ce niveau, aussi bien que la IludiolUes au$r Xineiîsis , espèce très voisine de la Sphœruliies cnHeriformitt Dei JMoul. De là, jusqu'aux rapides du Qrazos, pendant un espace d« 20 milles, se déroulent toujours les mômes couches ou leurs repré^ isentants. Le lit de cette rivière est formé de schistes hieu-grisâ** tre , et les calcaires blancs précédents se suivent , lorsqu'on re« monte ce fleuve , jusqu'à Towacooy-Creek et au delà , sur um étendue de 30 milles. Les fossiles sont ceux de la craie des pbieauii (Turrilites brazoensis, etc.), et caractériseraient les oottch^cillo** vileuses , situées au pied de ceux-ci , sous 1^ calcaires blancs qui régnent depuis San-Autonio jusqu'au Brazos. Craie Les couchcs qui forment les plateaux du Texas se distinguent de
pi»tMaz. celles de la plaine, à la Ibis par leurs caractères pétrographiques el paléontologiques. Ces différences s'observent surtout à Neu-Braun-» fels , là où ces plateaux se séparent Bellement des plaines ou coteaux inférieurs. Lorsqu'on monte la colline, couverte de eèdree» située près de la ville, on atteint des bancs de calcaii^e dur , solide, jaune, gris, à cassure esquilieose, avec des rognons de silex noirs et jaunâtres, alternant avecdes marnes tendres, en lits horizontaux, et qui se continuent jusqu'au sommet. Cette série, d'envbron 50 mètres de haïueur, diffère de toutes les roches crétacées du noid de l'Amérique par la solidité de ses calcaires qui , sans Ice fossiles , loi ferait assigner une origine beaucoup plus ancienne. On n'y observe point d'argile ni de sable, et ses caractères se maintiennent depuis Neu-Braunfels jusqu'à Friedriscbsburg et la rivière IJano, l'espace
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de 90 milles, toujours avec la Ca/rrotitui texana et de nombrenj fossiles. L'iualtÉraliilicé de la roche rend le pays stérile, et augmente encore le contraste avec les surfaces qu'occupetil les assises précédentes. Partout l'horijontalité des assises est parfaite, et runiformilé
.du sol n'est iateriompue que par les coupures loroiées par le lit des
.rlTières.
Dans la colline des Missions, i trois milles de >'eu-BraunfeIs, cette localité que cite si souvent l'auteur, on lemarque des calcaires marneux, jaunâtres, remplis A'Exogyra arietina et de Grypkaa PU' eheri, MorL, comme ï Kiamaska et sur Jes bords de la rivière Verl~de-gris , dans l'Arkansas. A quelques milles au nord, ces calcaires sont encore plus développés. Les ostracées abondent partîcuUÈrement dans une vallée latérale qui débouche dans celle du Goadalupe, à Wacoe Indien, et près des rapides de la rivière on voit au-dessous des calcaires, avec une Oslrea voisine de VO. carinala , une Térébralule voisine de la J\ temiglobota , la T. ivacoensis, la Lima wacoeniis. le GlobtconcAa pianota, un Pleurotomaire ressemblant au P. per^eclïva , etc. Une coupe faite non loin de la vallée du Guadalupe montre de baul eu bas :
(' Calcaire blanc, i cassure esquilleuse, sans fossiles. tO"" î' Calcaire (uFacé , poreui, très solide, gris Tancé et magnésien, avec Caprina Giimialupie, espèce voisine delà C. /tigailloni,d'Orb., Capmlma texana laisioe da la C, .irchiaciana , d'Orb. , DipUidia
lexaim, et un Pcctcn 7™
3* Calcaire gris jaune, à cassure terreuse avec Exag^rn
M. Hoeraer cite la CaprotifW texana da«s le lit desséché du Rio- Salado, VOrbilolilt» texana (1) au pusage du Gutdalupe et la Naiiea prtegnmdii avec beaucoup de rudistes, particuliëremeut , des Sphérulites , dans les calcaires blancs. La ligue de partage des eiux du Guadalupe et du Pedenulea qui atteint environ 600 moires d'altitude, est ibraiée da calcaires alternativement Bifides cl friaUea, lioriunuuK M reoiplii d'Exùgyre texana, la coquille la
{i) A en juger par la description ul la llguro que M, donne de ce fossile, il ne serait pas du mut viiisio, comme il de l'une des Orbitolites de Mseelricht, mnis il nou^; pnraU bC'BUl plus rapproché de VO. loarai-a, Lam., si mémo cfi^ corp$ ne pas identiques.
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plus constante de la craie des plateaux. Les calcaires marneux jaa* nâtr^ renferment des silex en rognons, et le Ht des ruisseaux et des torrents met à découvert les fossiles qui caractérisent cet étage. Aux environs de Friedricshburg on en a recueilli 36 espèces dont le plus grand nombre est propre à ce pays. Quelques unes seulement se retrouvent en Europe , telles que la Trigonia crenulata , Lam. , le Cardium Hiilanum, Soyf. et le Pecten quadricostatus, îd. D'autres seraient des équivalents zoologtques d'espèces de l'anciei) continent. C'est ainsi que VActœoneila dolium , n. sp., représenterait VA. lœvis, d'Orb. ; VArcopagia texana, n. sp. , VA. numismaits, d'Orb. ; le Cardium SanctiSabœ, n. sp., le Cardium caudatum, F. Iloem. [Pholadomya caudaiaj Ad. Iloem.); VAvicula convexo-plana , n. sp., VAvicula anomala^ Sow .; V Exogyra texana^ n. sp., YE. Matheroniana^ d'Orb.; le Cypkosoma texana, n. sp., le C. thiara^ Âg.; enfin le Toxaster tcxanuSy n. sp., le 7\ complanatus^ A g.
Nous avons déjà fait remarquer que M. Roemer, beaucoup plus préoccupé des listes de fossiles, dressées par les paléontologistes, que de l'étude stratigraphique des pays d'où ils proviennent, avait proposé quelques rapprochements qui ne nous paraissent pas fondés. Ainsi, nous le voyons (p. 18) placer la Trigonia crenulata et le Cardium HUlanum dans la craie micacée du bassin de la Loire (1), tandis que ces coquilles sont situées plus bas dans la série et appartiennent au quatrième étage du troisième groupe, celui des calcaires sableux et grès à Trigonies de la Sarthc et de l'Orne. Plus loin, il met VActœoneila lœvis sur l'horizon des couches que M. Aie. d'Orbigny avait d'abord désignées sous le nom de troisième zone de rudistes; 01*, l'étage où se trouve cette coquille est précisément au-dessus de cet horizon , et en est stratigraphiquement et zoologiquement parfaitement séparé. M. Roemer parait aussi regarder ce que M. Aie. d'Orbigny a appelé étage turonien comme représentant l'assise désignée auparavant sous le nom de craie chloritée, et cela n'est pas entièrement vrai, du moins pour nous. Au reste, il est facile de voirque ces erreurs du savant paléontologiste allemand proviennent de l'importance trop grande qu'il attribue à des coupes et à des dénominations qui sont sans valeur réelle, puisqu'elles n'ont pour base aucun travail stratigraphique sérieux.
Bien que celte craie des plateaux du Texas soit sans doute plus
(4) C'est rassise que M. Aie. d'Orbigny a appelée étage turonien, expression dont nous avons discuté la valeur {antè, vol. IV, p. 380).