‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 90 sur 111 · ET NOUVEAU MEXIQUE · texte numérisé non relu

ET NOUVEAU MEXIQUE

récente que la |>ériode du gaalt , et puisse appartenir à ce que M. Roemer appelle craie supérieure, dans le sens tout particulier qu*il attribue à cette expression, elle nous paraît réellement plus ancienne que les assises delà plaine, et cela malgré le niveau absolu plus bas de ces dernières. C*est d'ailleurs l'opinion de l'auteur luiméine,qui ne parait pas avoir observé de superpositions direcJes très nettes de l'un de ces systèmes par rapport à l'autre. Les fossiles, h la vérité, sont très différents dans la région des plateaux et dans celle des plaines; mais comme ils diffèrent également beaucoup sur divers points ou dans diverses localités d'une même région , leur examen comparatif n'a été que d'un faible secours pour établir la chronologie des assises. Certaines formes cependant, telles entre autres que VExogyratexana^ semblent occuper un niveau assez constant auxenvironsde Friedrichsburg, dans la vallée du San-Saba, sur beaucoup de points du cours du Pedeniales, etc. Les couches à Caprotines se trouvent dans les montagnes qui séparent cette rivière du Guadalupe, et les marnes de la colline des Missious, avec la Gryphœa Pitcheri, se rattachent par les mêmes fossiles aux couches de Neu-Braunfels et de Friedricbsburg.

Ce que nous venons de dire suffit pour montrer les rapports et Bésuiné. les différences qui existent entre les dépôts crétacés du Texas et ceux des autres parties de l'Amérique du Nord , que nous avon$ étudiés jusqu'à présent , comme avec ceux de l'ancien continent. Il ne nous paraît pas nécessaire d'insister sur les détails dans lesquels M. Roemer est entré à ce sujet, d'autant plus que , relativement à certaines appréciations particulières, il ne possédait pas tous les éléments nécessaires pour résoudre la quettfion d'une manière affirma-» tive ou négative, suivant le cas. Mais le parallélisme qu'il a proposé, envisagé d'une manière générale, nous semble parfaitement fondé et basé sur des preuves peu contestables. Nous reproduirons ici les conclusions que l'auteur a formulées de la manière la plus explicite 2ila Gn de ses considérations paléontologiques (p. -25) :

1" La formation crétacée , de composition exclusivement calcaire, occupe une partie considérable de la surface du Texas, s'étendant de la rivière Rouge au Rio-Grande, et comprenant à la fuis la plus grande portion de la région connue des plateaux pour se prolonger jusqu'à la limite sud de celle des plaines;

2'' Les roches de ces dernières sont des calcaires blancs, marneux, peu épais, tandis que celles des plateaux forment on puissant système de calcaires solides, alternant avec des iits de silex et des marnes. V. 33

5iU TEXAS, ABKANSàS

. 30 La formation crétacée du Texas appartient en loialité aux 4épôis posiérieurs au gault, et correspondrait à ta craie blaucb** et à la partie 8U|iérieiire de la craie clilorilée ;

U^ Les calcaires, et particnlicrenient ceux des plateaux, comparés aux calcairesde l'ancien continent, montrent, sous les rapports pétrographiques et zoologiques, la plus grande ressemblance avec les éUges de la craie du midi de l'Europe , sur ie pourtour de la Méditerranée, ressembianci» qui ressoit surtout de la présence des ru-

distes;

S"" D'un autre côté, les dépôts crétacés de l'Amérique du Nord, partieulièrement du New Jersey, du Maryland, etc., ont, sous les mêmes rapports, beaucoup d'analogie avec ceux de l'ouest de l'Europe , et en particulier du nord-ouest de l'Allemagne ; il est donc probable que les différences observées à la fois au nord et au sud des deux continents sont dues aux mêmes causes;

6* Quant à leur position géographique respective , les marnes crayeuses du New-Jersey ne sont pas sous la même latitude que les couches qui leur correspondent en Angleterre et dans le nord de l'Allemagne, et il en est de même des dépôts du Texas, relativement i ceux qui circonscrivent la ftiéditerranée. La zone de latitude du New-Jersey passe par ^Jadrid et Gorfou ; celle du Texas atteint la côte occidenule de l'Afrique et passe au mididel'Arias, de sortequ'ily a environ i5degrésdediffércnce, quanta lalalitudedes dépôts correspondanb des deux côtés de l'Atlantique , ou, en d'autres termes, on doit supposer qu'il y avait sur les deux continents , pendant cette période , des différences de climat tout âi fait comparables k celles qui existent aujourd'hui aux mômes latitudes , et la courbe tracée par les lignes isothermes était par conséquent déjà ce qu'elle est actuellement. Ce fut probablement aussi vers ce temps que la chaleur sofaiire influença presque seule les phénomènes météorologiques, par suite du refroidissement séculaire presque complet de la surface terrestre; cette chaleur aura déterminé les saisons et les climats avec plus de netteté qu'auparavant (1).

Les belles planches qui accompagnent les descriptions de fossiles de M. Ferd. Roemer nous ont aussi suggéré quelques observations, peut-être trop minutieuses ou trop spéciales pour trouver place ici» mais qui, en résumé, nous portent à croire que la craie

(4) Nrii. Jahrb,^ 1848, p. 16. -^ Rénnion des géologues amérteains à Boston , en K 847, etc. '

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blanche, proprement dite, n'est pas représentée dans le Texas, et que les diverses assises qu'où y observe appartiennent probablement toutes au groupe de la craie tuffeau.

Dès ses premiers travaux paléontoiogiques, Al. S.-G. Morto» Ark«aMi. avait signalé la pré^^eocede ib2»sile.s crétacés dans l'État d'Arkansas, À l'ouest du Alississipi, et vers le wèine temps, M. G.-W. Featherstonhaugb (1) annonça qu'il avait observé, dans le m^me État , jusqu'à la latitude de 33" 45\ des dépôts appartenant à cette période. Plus à l'ouest , dit-il, ils existent sur les bords de la Kiameska et sur divers points du cours de la fausse AYashita, jusqu'à la limite orientale des grès qui forment le versant est des moiiiagnes Rocheuses. Non loin de la jonction du Caddo et de la Wasbiu, les grès ne présentent plus que des lambeaux isolés, et le sol paraît êire crétacé jusqu'au delà du petit Missouri , d'un côté , et jusqu'à la rivière Rouge , de l'autre. D'immenses prairies se déroulent, parallèlement à ce dernier cours d'eau, sur un sol de terre noire foncée, que sup* portent des couches remplies de Gryphœa convexa, û!£xogyra cos' tata , etc.

En remontant ensuite au N., vers les Black-Hills, l'auteur vit ces dépôts se prolonger au delà du Missouri et du 43" degré, pour finir probablement au sud de la contrée de Maaden, entre les montagnes précédentes et le plateau du Coteau de Prairie. Nous verrons tout à l'heure que l'exactitude de ces quelques indications jetées , pour ainsi dire, au milieu de ces vastes contrées , a été entiè<* rement confirmée par les voyageurs qui les ont parcourues depuis.

La carte géologique des États-Unis, jointe au second volume du voyage de M. Lyell , indique les contours généraux de cette région crayeuse occidentale, mais, publiée antérieurement aux recherches de M. Roemer , elle a laissé le Texas comme une terre à peu près inconnqe.

Nous venons de mentionner incidemment un vaste système de grès, généralement rouges, qui parait être le dépôt sédimentaire le plus important des deux versants de la chaîne si complexe des mon* tagnes Rocheuses, mais sur l'âge duquel nous n'avons point de données On pourrait y voir un membre du trias, en supposant que la formation jurassique manquât tout à fait, ou bien un système

(4} Geolofifcai repori^ etc. : Rapport géologique «ur une excursion faite en 4 834 dans le pays situé entre le Missouri et U rivière Rouge. In-8, Washington, 4 835.

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