‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 92 sur 111 · BASSIN DU MISSOURI · texte numérisé non relu

BASSIN DU MISSOURI

Beiiiainmi  la suïtc dcs découvcrtes de Nicollet, M. H.-D. Rogers (1) fit àir^nt» remarquer la différence profonde qu'il y avait cuire la fornialîoii crétacée de l'Amérique, du Nord et celle de l'Europe , différence telle, suivant lui, que sur 200 espèces fossiles découvertes daus cette partie du nouveau continent, il ne s'en retrouverait qu'une seule çt même douteuse dans l'ancien. Il y aurait, au contraire, une analogie frappante entre les fossiles du New-Jersey et ceux du basrin du iMissouri. Ce que nous avons dit de la craie du Teia8« et même des États d'Alabama et de Tennessee, prouve que la différence entre les faunes des rives opposées de TAtlanlique, quoique très grande, n'est cependant pas aussi complète que le supposait alors le célèbre géologue américain.

Sir Ch. Lyell, qui ne connaissait pas encore le résultlit des recher* ches de Nicollet, avait étendu la teinte verte de la craie de sa carte géologique des États-Unis sur la partie delà vallée du Missouri, qui environne le Grand Détour {Great Bmd)^ d'après ce qu'avait dit le prince de Neuwied (2), que, dans les environs du fort Clark, les collines sont formées degrés à Baculiles avec d'autres coquilles que l'on trouve aussi partout sur les bords de la rivière et de ses affluents. Des squelettes entiers de reptiles sauriens , de plus de lili pieds de long , ont été souvent rencontrés , particulièrement près du Big-fiend, d'où l'auteur a rapporté une nouvelle espèce de Mosasavrus {it. Maximiliani) décrite par Goldfuss (3}. Beaucoup de grandes Baculites bien conservées ont été recueillies avec d'autres coquilles, près du confluent de la rivière Mussel-Shell avec le Missouri.

Dans le magnifique ouvrage que vient de publier M. D. Dale Owen (&), sur la géologie du Visconsjn, d'Iowa , de Minnesota et

ih\ Amer, Journ,, vol.XLV, p. 153; 4843. (2j Rvise des Prinzen Max, von fFied za Neuwied in North America^ p. 75 et 613.

(3) Uer Sehàdelbnu des Mosasanrus^ etc. (Nov, act. Acad. Cœs, tcop. Car, nat, car,, vol. XXÎ, |^ 473; 4 845). — C'est sans doute par erreur que dans Touvrage précédent on a écrit Ichthyosauras au lieu de Mosasaurus, — C'est probablement aussi le M, Neuwiedii Gold. [Bericht ncb. d, Ferst. d. Ges, Dcutsch nat. zu Mainz, 4842, p. U«).

(4) Report of a geologicaî survey, etc., p. 195. In-4, avec une carte géologique générale, des cartes particulières, des planches de coupes et de fossiles, et un grand nombre de dessins insérés dans le texte. Philadelphie, 1852.

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d'une par lie du territoire de Nebraska , on remarque une description de ce dernier pays par M. J. Evans qui , après avoir constaté près de remboucburc de l'Ayoway la présence des couches créta* cées telles que les avait décrites Nicoliet, les a suivies au N.-O. avec des modifications peu importantes, dans leurs caractères pétrographiques, sur les rives du Missouri , à 300 milles au-de^^sous de la rivière Pierre Jaune , et à 130 milles à Touest du fort Pierre.

Sur la rive droite du Missouri, par hO'* de latit. N., dans les collities de Fox [Fox hills) qui séparent la Cheyenne et la Morean , petites rivières qui se jettent directement dans le Missouri , M. Evans signale la partie supérieure des dépôts crétacés, caractérisée par une espèce de Cucullée très voisine de la C, transversa^ par Y Ammonites Nicolleti^ VA. Conradi^ VA. lenticularis souvent très grande, le Scaphites nodosus et quelques fragments d'autres espèces, peut-être de V Ammonites placenta. Le long du ruisseau Sage {Sage creek) , branche méridionale de la Cheyenne, les Inocérames sont fort abondants et de très grandes dimensions. Les plus fréquents sont les /. Barabini^ cl mytiloides, associés à des fragments de Baculites. Au Grand Détour du Missouri on a trouvé, outre les Ammonites précédentes, VA. opalus et Vlnoceramus Cripsii, Â Grande-Rivière, où la roche renferme beaucoup de gypse cristallisé, une petite espèce d'Inocérame est aussi fort répandue.

Sur plusieurs points , et particulièrement sur les bords du ruisseau Sage, les Ammonites, de même que les autres fossiles, occupent le centre de nodules argileux et ferrugineux ou septaria que Ton trouve épars à la surface du sol , ou accumulés dans le lit des ruisseaux, lorsqu'ils ont été dégagés de la roche marneuse tendre qui les enveloppait. Le test des coquilles a conservé son éclat nacré et ses teintes irisées.

Au-dessous du fort Clark, sur les bords du Missouri, commence & se montrer h grande assise de lignite qui a été constatée jusqu'à 20 milles au-dessous de la rivière Pierre Jaune.

Les nouveaux fossiles crétacés recueillis , particulièrement dans les collines de Fox et le long du ruisseau Sage, puis décrits par M. Dale Owen (p. 577, pi. 7 et 8), sont les Ammonites nebrascensis, cheyennemis^ opalus, Moreauensis et lenticularis, les Sca* phitesî comprimus et nodosus , les Inoceramus sagiensis et nebrascensis et la Cucullœa nebrascensis.

bU Evans donne ensuite (p. 196) une description fort curieuse et tout à fait nouvelle de la formation tertiaire inférieure, très bien

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4»ractéri9ée par les Palœothertutn dans la région des Terres de Nebraska {Jfad Lands\ A ces mammifères se trouvaient associés les Rhinocéros occidetUalis et ncàrcacensis , des restes 4* Archœotherium , à'Oreodon, à' Eucrotaphus et de Tortnes.

Enfin, dans son expédition au Grand lac Salé, IVl. Stanbury, après avoir dépassé les roches carbonifères situées à Touest du l^lissoiiri, jusqu'à la rivière de fiig-Blue, parAO"" de latit. N. et Qô"" de longit« observa encore des cooches crétacées x\m fe continuaient jusqu'à une grande distance le long de sa route, entre Turkey-Greek et Big'Saudy. M. J. Hall (1) a reconnu parmi Tes échantiibns rapportés de ce pays une Pholadomye et un Inocérame.

S 6. ttenque.

Ayant dit quelques mots des dépôts tertiaires {antè^ vol. Il« p. 1055) et des roches ignées du Mexique (vo^ III, p. 559) , nous ajoulerons ici le peu qui a été publié dans ces derniers temps sur les couches secondaires du même pays, qui semblent se rapporter à la période dont nous nous occupons (2). Ainsi, aux environs de Jala[>a, M. II. Galconi (3) décrit les calcaires de Songuani la, comme formant des ilols disconiiiius au milieu d*unc mer de basaltes , puis des gdépôts ondulés dans la batranca de Gilotepcc, à A lieues au

(<) Gealngy- and fjolertni,, etc. : Géologie et paléontologie d'ane partie des montagnes Rocheuses (i^/i/i?r.yo/ir/7., 2'sér.,vol.XV,p. 126; 4853).

(2) Nous rappellerons toutefois ici que M. Alex, de Humboldt {a) rapportait à l'horizon du zechstcin o« çalcnire (fij)m les argiles schisteuses, carburées, brunes, des raines do Tehuilotepec (p. 244), les gypAes observés entre Cbilpansingo et Cuèrnayaca, comme ceux des montagnes métallifères de Tasco et de Tehuilotepec (p. 254), les calcaires du Peregrino, de Sopilole et de Tasco, entre Mexico et Acapulco, tandis qtï'il plaçait d9ns la formation jurassique fp. 270) Tes calcaires situés entre Zumpango et Tepecuacuilco (p. 279). ceux des montagnes eeotrafes du Mexique (plaine de Salamanca et défilé de Bâtas] (p. 280), des lits de hornslein passant à la lydienne, près Zacatecas. des grès qui supportent les calcaires précédents, au sud* ouest de Guanaxato, et enfin un calcaire gris bleu avec gypse qui se ti"0uve à l'extrémité nord de la vallée de Mexico.

f3} Bull., ^" série, vol. X, p. 32, pi. I, fig. 2, 4. 6; 4838.

(a) Esgai gengnost^ sUr le gUement /les rocket dans les deux hémisphiret , p. Sal.

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14.-N.-E. de la ville de ce nom , enlîn des chaînes allongées prN de Tusamapa et de la barrancaàe Jalconitilco au S.-S.-E.

Les calcaires de Songuanlta, petit rillage stiuë i 2 lieaes el demie de Jalapa, sont enlouri^s c( souvent surmonlés de léplirines et de ba^alieR. Au pied du Coiïrc de l'éroie, ils se trouvent il 2730 mèirps au-ilessnns dn sninmet de la munlagiie et recouverts de magnifiques forfits de mélastomacL'us, de Tougères eu arbres, de cUênes, de liquida inbat-s el d'une muliiiude de plantes tropicales de la plus riche végétation.

Ces calcaires afileiireni dans le litdeMruisseaui, sons les téphrînes albiliques el périodiques, et constituent plusieurs montagnes dont les versants sont très rapides el les arêtes Tort ai^n€s. Les couches, de 0",33 SI mètre d'épaisseur, courent O.-N.-O-, E.-S.E, et inclinent au S.-S.-O. Quelquefois elles se relèvent îi l'O.-S -O. vers le Coffre de Pérote. Les plus hautes et les plus voisines des roches ignées soNt altérées, friables, souvent d'un blanc pur et cristallines comme le marbre de Carrare. Au-dessous les calcaires sont compactes ou i grain assez Hn, à case^ure inégale, blanchâtres ou jaunâtres. Les fossiles, quoique très nombreux dans certains bancs , sont cependant dilTiciles ) déterminer s[>écifiqMcinent (pulypiec, fora- Diiniff'ies. Vénus, Peignes, Avicules, lluilres, (tiélanies, Turriielles. Ammonites). Les silex gris, noirs , jaunStres on rougeSires, en r(%nous, en masses irréguliéres plus ou moins considérables, ou en lits minces, de 0°>,2U h 0",30 d'épaisseur, sont répandus çï et \i dans la roche. Des calcaires bleuâtres , compactes , en blocs isolés , dont la place n'a pas été bien déterminée, mais qui paraissent appartenir au même système, wnt remplis de fragments de crinoldes avec des foraminilères , tels que des Nodosaires el une Crrsiellaîre fort abondante partout, que l'auteur, prenant pour une Nummulite, amit décrite sous le nom de A'. SonguatUltr. Les calcaires sont etploités pour ta confection de la cbaui et les silex pour pierres 5 fusil.

Ceux de Gilutepec, également recouverts de ruches ignées, sorlenide dessous les masses basalliqu^'.-, té|>liiJnlliqii('S el irachïtr*qoes. Au pied des énormes murailles, [irtsqne perpendiculi encaissent la vailéc de ^auli^go, roule un ruisseau dunt 1i MDl formés d'un calcaire blanchâtre ou ;;ris jaunâtre, de silei que le précédent, mais plus argileux. Il occu|)e une assez grande étendue, ciinsiituani une hanrli fond de la vallée , dirigée 0. 1 0° T4 , i:. I u ' S. , et bordé« dtfl escàrpenients verticaui trachyiiqaes. I^lle se |>erd ï l'O.

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coogloniéracs près de Gilotepec, sous des téphrioes et des baaites aux enfiroDS de fiaoderilla , et 2i TE. sous la coulée de téphrine scoriacée qui a fifoduit le malpaU de Tenampa (1).

Les masses calcaires qu'on observe près de rhacîeoda de Tosamapa , à huit lieues au sud-sud-est de Jalapa , foraient one chaîne qui s*éteDd ?ers TE. 4(h* S. en passant près du village Indien it Jalcomulco et se dirigeant par Aparapa vers les côtes da goUe do Mexique où elles sont recoufertes par les dépôts tertiaires. Cdte chaîne forme les parois d'une large et profonde vallée qui part do pied oriental du Coffre de Pérole. Li où se montrent les calcaires sous les basaltes et les téphrines, ils forment des escarpements asses élevés au-dessus du nivean des rivières. Leurs caractères sont à la fois ceux des calcaires de Songuantla et ceux des calcaires de Gilotepcc, tantôt solides et purs , tantôt argileux , tendres, et, par leur alléralion, prenant l'aspect de la craie. Les silex y sont, par places, assez abondants. La direction des couches est variable, comme leur inclinaison. 3L Galeotli y signale des Huîtres, des Buccardes, des Ammonites et des forarainifères , entre autres cette Cristeilaire (C. Songuaniiœ) si caractéristique des calcaires de Songuantla et de Gilotcpec, dont ceux de Tusamapa ne sont d'ailleurs quelaconli* nuatiou.

L*auleur,qul rapporte ces divers calcaires à la formation crétacée, fait remarquer que les roches ignées, tout en les recouvrant, ou ea s'étendanl en nappes plus ou moins épaisses à leur surface, les ont aussi soulevés et disloqués; que le centre du soulèvement parali avoir été le centre même du Coffre de Pérotc, et qu'il s'est produit circulairement en formant ces baiTancos ou ravins profonds, qui s*écartent, en divergeant, de l'axe de la montagne. La direction du mouvement imprimé à la masse rend ainsi compte des irrégularités des strates sédimentaires, d'abord horizontaux ou faiblement iaclloés vers TE.

Au sud du district dont nous venons de parler, au milieu de la cordillère d'Anahuac, à 12 lieues à Touest-nord-ouest de Tehuacan, et à une altitude de 1300 à 2300 mètres, sont des calcaires compactes, d'une dureté variable, gris ou brun rougeâtre, traversés par quelques veines de chaux carbonatée , souvent argileux et pa^

(t) On désigne sous le nom de malpnïs le sol dont la surface est occupée par des laves qu'on ne peut point cultiver; il répond probablement aux châtres de l'Auvergne.

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