FORMATION CRÉTACÉE DE L*AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
Lorsque M . Alex, de H uoiboldt écrivait 8ûq Esquisse géognostique Vun sur le gisement des roches dans les deux hémisphères (1), esquisse * *** large etsa\anie, qui résume bien l*étai de la géologie géographique el comparée à celle époque, la formation crétacée n*avait guère été signalée que dans TEurope occidentale cl centrale. Depuis» sou domaiue s*esi considérablement étendu , et souvent aux dépens de ce que Ton apfielait alors, sur d'autres points du globe , grès houiller , grès rouge, zechstein^ calcaire alpin, g7'ès bigarré , quadersandstexH^ calcaires compactes jurassiques ou ooliihiques, etc. (2). La cause de ces fausses appréciations provenait, comme toujours, de la ressemblance plus ou moins complète des caractères pélrographiques el minéralogiques dans des roches d^âges diflérents, puis des ciiangeuients de diverses sortes qu'elles avalent éprouvés, de leur plus grande épaisseur, etc. , circonstances qui, réunies, leur faisaient attribuer une ancienneté qu'elles n'avaient pas. Or, l'oubli des principes que nous avons rappelés au commencement de ce volume n'a été nulle part peut-être plus sensible, et sa conséquence plus frappante, que dans le nouveau monde; car si les méprises auxquelles nous venons de faire allusion ont été s^i fréquentes, dans l'Amérique do Sud, pour les dépôts crétacés plus ou moins modifiés, dans celle duKord, au contraire, où les caractères pélrographiques des roches étaient assez semblables à ceux de leurs équivalents d'Europe, leur véritable syncbronisme a pu être établi, presque sans le secours des fossiles.
Quant à nos connaissances actuelles sur la formation crétacée de
4) In-S''. Ptrij
['î) C'est d'yi^^^^^^^^Hui^pUGa^^est^
fautH^^^^^^^^^^^^^^HHHWlkÉMfl|HÉpx ou
comme plus
l'Amérique équatoriale et méridionale, elles résultent l}eaucoup plos (les restes de corps organisés qui eu ont été rapportés, puis étudiés en Europe, que des travaux purement géologiques faits sur place. Un bien petit nombre de coupes straligrapbiques ont été données, depuis le Mexique jusqu*à la Terre de Feu; aussi, les relations des diverses assises crétacées, tant entre elles qu'avec les dépôts plus anciens ou plus récents, sont-elles encore fort obscures sur une multitude de points de celte zone discontinue , qui n*a pas moins de 75" de Ion* gueur du N. au S. Si la sûreté des données paléontologiques, employées avec discernement, est telle qu*on n*ait pas révoqué endoule les rapprochements déduits de leur seule considération, le manque d'observations géologiques rigoureuses s'est cependant fait sentir, non seulement parle vague et l'incertitude de plusieurs conclusions, mais encore par de fausses déductions paléontologiques. Ainsi, quelques auteurs ont rapporté à la formation jurassique des fossiles reconnus depuis pour être crétacés, et d'autres ont, au contraire! placé dans la craie certaines formes reportées ensuite à la période précédente.
§ 1. ITenesaela.
Bto« c Considérée géograpbiquement , dit M. Alex, de Humboldt (1)}
» la chaîne côtière de Venezuela fait partie des Andes du Pérou. Les
» Andes arrivées au nœud où le rio Magdalena prend sa soarce,
» entre 1° 55' et 2° 20' de latitude nord, se divisent, au sud de
» Popayan , en trois chaînes, dont la plus orientale va joindre les
9 montagnes neigeuses de Merida. Les montagnes de Merida elles-
» mêmes s'abaissent vers le Patamode las Rosas, dans le pays de
» Quibor et de Tocuyo , dont les collines unissent la chaîne côtière
» de Venezuela aux cordillères de Cundinamarca. La chaîne de Ve-
» nezuela, qui se dresse comme un mur le long du rivage, court
» sans interruption de Porto-Cabello au cap Paria. Sa hauteur
» moyenne est à peine de 750 toises au-dessus du niveau de la mer.
» Cependant quelques sommets isolés s'élèvent jusqu'à 1350 toises.
» De ce nombre est le Silla de Caracas , nommé aussi Cerro de
» Avila, orné de Befaria, ou roses alpestres de l'Amérique. »
ière.
(4) Tableaux de la nature, édition nouvelle, vol. I, p. 3^»* |^^'' — Voyez aussi : Fragment d'un tableau géologique de V Amérique méridionale {Journal de physique^ measidor an ix).
Venezuela. 533
Suivant M. Herin. Karsten (i), les provinces de Caracas, deCumana et de Barcelone sont traversées par cette chaîne qui sépare de la mer les vastes plaines ou lianos du Sud. Il y distingue deux groupes de montagnes: Tuu formant une chaîne simple; l'autre une chaîne compliquée. A Touest , la chaîne est simple , et à l'est du lac Unarez, ce sont seulement des collines » dont la plus élevée atteint 1680 pieds, et qui s'étendent jusqu'à Bergantin. Ces collines s'abaissent an S. vers les plaines de l'Orénoque. La portion orientale constitue un groupe monlagnenx, sillonné de larges vallées à pentes en terrasses et de gorges profondes, étroites, à parois rocheuses et verticales. La haute plaine d'EI Guardian Saint-Augustm est à 3730 pieds d'altitude; la direction des sommets est 0.-S.-0., E.-N.-E. Les cimes qui la bordent au S. sont le Turumiquere,de 7353 pieds, le Cuchuvano de 5598, le Guacas de 5400, le Guacharo de 5217. Dans le chaînon parallèle du nord, les cimes sont vers l'ouest, la Naiguata de 10050 pieds et la Silla de 9/i38.
£n général, c'est à l'est que se trouvent les calcaires et les grès, tandis que les schistes argileax dominent à l'ouest. Dans les provinces de Truxilio et de Merida, les calcaires et les grès sont subordonnés à ces mêmes schistes.
Dans les montagnes de Cumanacoa et de Saripe, les calcaires très développés sont en couches minces, schisteux, ou en banc^ épais. Vers le bas, les roches stratifiées , bleu foncé , schistoîdes, renferment de nombreuses druses de soufre. On a trouvé des Ammonites près de Cumanacoa, puis des traces d'inocérames et d'autres fossiles crétacés, dans le voisinage du lac d'Unarez. Plus haut est un calcaire schisteux , noir, que l'on suit de Cumanacoa jusqu'à San- Francisco et San-Antonio, sur les bords de l'Ipure. Des portions de Bélemnites y sont indiquées, et l'on y signale en outre des calcaires gris, schistoîdes, avec des fragments de schistes siliceux.
Les calcaires inférieurs schistoîdes des environs de Cumana sont sans fossiles. Vers la partie moyenne des montagnes régnent des calcaires très puissants, jaunes, un peu schisteux, quoique à cassure conchoîde, et qui alternent avec des marnes argileuses et des schistes siliceux. Vers le pied du Morro Unarez, un calcaire gris bleuâtre, compacte, coquillier, alterne avec un grès sans fossiles qui, aux environs de Cumanacoa, alterne lui-même avec un calcaire à Bélem-
(1) Monatsbericht d, Kôn.preitss, Jkad, d. fF'issensch.zu Berlin^ p. 497. Juillet 4849.
Dites. Des schistes marneux occupeul la partie siipériettre du système. Les roches avec Inocéraines, Béiemnites et Ammonites forment partout la base de celles que caractérisent les échinodermeset les Hippurires.
Eutre Gumana et Barcelone, dominent les schistes argileux de la base; au nord, ce sont les calcaires (1) ; sur les bords de la Roya, le calcaire à Hipparites recouvre les schistes micacés , et près de Gumana , dans le Penon,ce même calcaire surmonte le calcaire schisteux gris ordinaire , traversé de veines de calcaire spathfqtie. Le calcaire bleu et rouge foncé et le grès jaune du nord sont au-dessus de conglomérats puissants, avec des grès gris et des calcaires schistoîdes, blancs, terreux, qui se voient particulièrement à la montagne de Parolata. Ceux-ci sont sans fossiles et alternent a?ec des grès. Sur les bords du Lunary, le calcaire à Ammonites est auffii recouvert par les grès et par un second calcaire. Ici , comme dans les montagnes de Gumana, il constitue des rochers abrupts, isolés, plus développés encore snr le bord méridional de la chaîne intérieure de Caracas, depuis Orictuco jusqu'il San-.1uan, où le grès rouge est remplacé par des alternances de quartzites, de marnes sablonneuses et d'argile.
La chaîne côtière extérieure est composée de roches métamorphiques. A Porto-Cabello, le calcaire celluleux de la partie supérieure de la craie ne renferme point de fossiles, et lo calcaire compacte contient des Hippurites. SnrlaRoya, un autre calcaire alternant avec des lits de cailloux roulés , des sables et des argiles, est d'un rouge foncé, plus ou moins poreux, coquillier, et passe à une brèche. Ces dépôts, remplis de Peignes, de Buccardes, d'Arches, de Buccins, de Gérites, de Monodontes, de Vénus, etc. , sont quaternaires on tertiaires supérieurs. On les observe également près du rio Unares,
(t) Quoique M. Alex, de Humboldt [a] ait mentionné les gypses des llanos ou steppes de Venezuela et ceux d'autres points du même paysan traitant du grés bigarré^ ce savant pense qu*ils pourraient ôtre rapportés aussi bien à la période jurassique. Il place enoore dans cette dernière formation (p. 279-281) les calcaires blancs deCaripe, au sud-est de Gumana, et ceux du littoral de Barcelone. Les premiers sont superposés à ce que l'auteur nomme calcaire aiptn, gris bleuâtre, de Gumana , et les seconds , qui renferment des lits de hornstein passant à un schiste siliceux noir, sont recouverts par un grès quartzeux aux eaux thermales de Bergantin.
'c) Essai seognostiqMe sur le gtsement des roches, p.S6.\ ia«a, ISM.
BU pied sud des montagnes de Cuinana , entre cette ville et San** Antonio, etc.
Au pied du versant sud-ouest de cette même montagne, se voit la couche crétacée la plus récente ; elle est d'une grande épaisseur, et contient, vers le haut, une argile schisteuse rouge, ou Jaune foncé, avec des fossiles et des empreintes de plantes. A Bergantin, aa sud de Cumana, le grès rouge renferme, comme bancs subordonnés, des argiles compactes, des marnes et du quarts. Il en esc de même de la montagne de Caracas, où ces assises sont encore plus pois« santés.
A Tooest de Bergantin, près d'Aragniu, on voit des lits de charbon, de 3 I 4 pieds d'épaisseur, subordonnés \ des bancs quartteuxi et des schistes argileux micacés. On les observe également sur les bords du Chopaqoire , le long de la montagne d'Uchire. Les grès rouges de Cumanacoa se représentent encore dans la chaîne intérieure de Caracas. A Touest, ils sont remplacés par une roche quartzeuse, et dans les montagnes de Trutillo, Ils alternent avec un calcaire équivalent de celui de Cumanacoa, de Guacharo.etci Les roches argileuses des montagnes de Cumanacoa sontschisteuses, noires et subordonnées aux assises calcaires et quartzeuses.
En explorant ensuite la chaîne vers le S. -O., aux environs de EnviroM Tocuyo et de Truxillo, M. H. Rarsien n'a rencontré les granités ^Jj^yo que près de San->liguel , non loin de la seconde de ces villes. Par- -^'J^U^ tout ailleurs, le pays montre un schiste argileux noir, très puissant, recouvert par un calcaire également noir , et par un grés peu épais. Lorsque le calcaire repose sur les schistes, il contient de nombreux fossiles, que l'on observe aussi dans des masses ellipsoïdales, déprimées, renfermées dans ces mêmes schistes.
L. de Buch (1), qui a étudié les corps organisés rapportés par l'auteur, y a reconnu V Ammonites inflatus, Sow. , avec toutes les variétés qu'elle présente à la montagne des Fiz (Savoie), et 1*^4. varicosus, Sow. Ces deux espèces ont été particulièrement trouvées près de Rarbacoas, à l'ouest de Tocuyo, avec les suivantes: A. ffugardianm, d'Orb., A. Mayorianus, id. , A. fioissyanus^ld.^ A, locuyensis^ n. sp. Cette dernière, la seule qui soit nouvelle, est voisine de VA. œquatorialis^ de Buch, qui provient de Tausa, près de Santa-Fé de Bogota. La coquille qui paraît être la plus fré-
il) Académie des sciences de Berlin, 40 décembre 1849. — nsHtttt, 8 mai 1860.
-NOUVKLLBUKKNADB.
queiUc est la Natica prœlonga^ Desli., dont ane forme très tok a été leciicillic à Tunja , au nord de la même ?îlle. VieDnent ensuite le Coi'dium [jeregrinosum^ d*Orb., la Luchia plicato-striata^ îd., Vlnoaramus plicaius^ id. , que nous verrons tooi à Kheore reparaître aussi dans le plateau de Bogota., Ces coquilles du calcaire wiir existent également dans un grès ?ert à grain très fin.
A Santana, près de Truxillo, M. H. Karsten a rencontré, mus sans en indiquer le gisement, la Cucullœa dtlaiaia, d'Otti, VOstrea diluvii^ var. flabellata^ Gold.» une Astarté Toisioe des A, subundata et Taylori, Roem. , et YExogyra Boussingwdii^ d'Orb. On pourrait donc présumer que Fétage inférieur de la cnie tuffeau, le gault et une partie du groupe néocomiensont représratés dans cette région des cordillères de Merida et de Truxillo. Ao reste, tous les calcaires crétacés des chaînes de Venezuela juaqa*à la partie la plus méridionale du Chili sont, de même que dans les Alpes, entièrement noirs, et même bitumineux. Comme la détermination spécifique des fossiles trouvés dans la chaîne côtière ne paraît pas avoirélft faite , nous n'essaierons pas de déterminer leurs rapports avec oeax dont nous venons de parler en dernier lieu, non plus qae Tâge da roches, pour la plupart calcaires, qui les renferment.
S 2. VouTelle-Oreiiade.
Gëoénililéi
tar le
terrain
Mcondafre
de
rAmrrique
méridionale.
Dans son ouvrage intitulé : Pétrificatiom recueillies en Amérique par MM, Alex, de Humboldt et CL Degenhardt (1), L. àt Buch ncs*est pas borné à une simple description de ces corps organisés, mais il a ajouté, en parlant de chacun d'eux, des considérations qui se rattachent à la plupart des localités où des fossiles secondaires avaient été signalés précédemment, dans la partie occidentale de rAmériquc du Sud. En suivant un instant Tillustre géologue, nous exposerons en quelque sorte , d'une manière générale, ce que Ton savait alors sur ce sujet , et nous pourrons revenir étudier ensuite chaque pays plus en détail et avec plus de fruit
D'après les corps organisés fossiles qu'il avait examinés, de Bucfa fut conduit à admettre que , dans les Andes équatoriales, la formation crétacée était tout à fait dominante, et développée sur une immense échelle. Il signale le Pecten alatus comme formant, pour
(1) In-folio, 2 pi. Berlin, 4839.— Académie de Berlin, avrîM 838.
NOUiKLLIJ-UHKNADE. . 537
ainsi dire, !i lui seul, des montagnes eiltiËrcs de 2728 inèires d'altitude, entre Guambos et Uonlan, sur la rouie de la rifière dt-s Ama-' zones ï Lima (Pérou). On le retrouve dans les montagnes de Guanca Velica et de Copiapo, sur une étendue .en longueur de 230 lieues, ob existent, d'une manière continue, les m Smcs couches fossilifères, ainsi que le long de la chaîne Guamalin jusqu'à Coxalonibo, oà se montre encore une immense quantité de coquilles i plus de AOOO mètres au-dessus de la mer. Ces Peignes de Monlan et de Guanca- Vclica sont dans un grès quartzeux, calcarilère, i grain très lin (1). L'auteur regarde comme probable que c'est ce mEme grès qui, passant au quartz compacte >i Guolgajoc , est exploité pour l'argent qu'il contient , et qui existe mSme dans l'iaiërieur des coquilles. Suivant M. de Humboldt, la masse puissante de grès qui {orme, presque à elle seule, les montagnes, sur 8 degrés de latitude au sud de l'équateur, ne serait encore qu'une dépendance de la formation crétacée et représenterait sa partie inférieure i[2).
(1) D. Ant. de Dlloa (o), visitant en 17G< les mines de mercure de Guanca-Velica, y trouva des coquilles fossiles, à iSOS mètres d'altitude, fait qui, joint ji beaucoup d'autres, fit dire à Buffou (b) » qu'on ne pouvait pas douter que dans toutes les différentes parties » du monde, et jusqu'à la hauteur de 15DU ou 3000 toises au-dessus
■ du niveau des mers actuelles, la surface du globe n'ait été couverte > des eaui, et pendant un temps assez long pour 7 produire desco-
■ quillages et les laisser multiplier. 1 Hais la présence de ces Peignes et d'autres coquilles inspira au vofsgeur espagnol des réfleiioos plus justes sur les conditions dans lesquelles avaient vécu ces animaux, et sur les circonstances qui avaient dû les porter à leur élévation actuelle [c).
(3) Trompé sans doute par les caractères pétrographiqups et minéralogiquesdesroches.H. Alex, de Humboldt (f^svait placé presque toutes les grandes assisesdegrèsde l'Amérique du Sud sur l'horizon du grès houiller, ou mieux sur celui du grès rouge, puis les calcaires gris, noirs, bitumineux, compactes, etc., avec les gypses au niveau du zcchslcin , du calcaire alpin , etc., c'est-ï-dire dans ce qu'on A^
fa)CilBlioi>d<H.ju1tIiir<'naInj ât rJatJém.
itat 1*1 XoUclm nmtricanai par ScbHiiler. TriJ
(*.. Eptxlim da la milait. Nulgi tiir Is 3> tfo-i.
•D ùC'«\ ai' >k ,oaa\M,\t» titlt'ar, OM Im •li-n^l'n ,ic 1,. uri-o unie lûui, .If. plai. «Hiim-ll émit tn^^laui'd iTcm: insi,,,-,, .Irui: »i((/l' I.Hr, de. [C-quillutléclilaodtnuâJOnna rt<- J.i Ci-li;,iH,-. p. 11). I [tl NoUcimi oiHricdiHJ. p. «3, Hodrid. 17;5. - V,l„.. „„,„ Ali raratt •àanâtAmirtiiua itHTiMonaU, tdI. III, 1' |>.i.lic, t'fiUonlaluftt,
fd) Eiiai mietaoïUaHC lur It ilitmtiitdH roi^hei. p. ïno ±l.3Vi, patA% -Vujn nuiiid* \ttM,t.Maaiul flelosl^xc , »ai, TtinçiiM, p. IVT,
536 NOUVELLE-GRBNÀDB.
Des 16 espèces décrites et figurées par de BucI» 9 (Ammonites ' pet'UvianuSy A. rhotomagensis^ Pleurotomaria Humboldti^ Nosteilarm, Exogyra polygona , Pecten ulatm , Trigonia alœformit, T. Hutnboldtii, fsocardia) joni été recueillies dans les hauts plateaux de la province de Quito , entre Montan ei San-Felipe, et 8 [Ammonites galeatus, A. œguinoxialis, ffamites Degenhardtn, Trigonia abrupta, T. alœformis, Arcarosteilata, A. perobliqtta, AstuHe truncûta) aux environs de Bogolo, dans là Nouvelle-Grenade. De plus, le Cidaris variolaris aurait été trotivé sur les bords même de TAmazone. Peut-être V Ammonites rhotomagemis citée ici serait-elle VA. delawarensi»^ iMort., et la Trigonia alœfbrmis, la T, thoracica du même auteur?
Entre les 5« 66' de lai. S. et W 30' de lai. N. , on snr uiieélendae de plus de 9 degrés , depuis San-Felipe jusqu'au parallèle de Bogotn, les couches foî^silifères cessent de semonlrer , ou seraient représentées pardesgrès, des schistes, avec des argiles subonlonnées, elquiappartiendraient peut-être encore, ainsi que les schistes micacés, à la même formation que les précédentes. Mais c*est précisément dans cet espace que reparaissent les volcans , dont les derniers de la grande chaîne du Chili ne dépassent pas le 15* degré de lat. S., ou les environs du lac de Titicaca. Tout le plateau de Quito, dit M. de Hiimboldt, doit être regardé comme un dôme volcanique gigantesque, sur lequel s'élèvent, semblables à d'immenses soupiraux, les cônes des volcans actuels.
La chaîne des pics trachytiqnes de Quito se prolonge au N. par la crête des montagnes élevées qui séparent le bassin de la Magdalena de celui du Cauca. Deux autres chahies s'en détachent, entre Pasto et Popayan ; l'une, occidentale , qui remonte le long de h côte, vers l'isthme de Panama ; l'auti^e, orientale, qui se dirige au N.-E. C'est cette dernière qui est presque entièrement composée de dépôts secondaires , constituant la chaîne ou le plateau de Bogota. On ne voit, au contraire, que de faibles traces de ceux-ci ,' sans calcaires et sans fossiles, sur la chaîne trachytiquc dn milieu.
Les schistes, les grès et les calcaires secondaires se continuent au nord de Bogota jusqu'aux environs dePampelona. Les mines de se!
signe aujourd'hui sous le nom de système pcrmîen. Quelques calcaires seulement du Mexique, de Cuba et de Venezuela avaient été comme on Ta vu , rapportés à la formation jurassiquai
NOUVHLLE-URKNAbE. 539
de Ztpaquira, près de la première de ces villes, où ce minéral est associé aux calcaires et aux gypses, semblent appartenir encore au grand système secondaire du bassin de la Magdalena. Les calcaires de Yilieta en font également partie, et les Ammonites qui y sont très répandues sont probablement semblables h celles de Tocayma, au sud-oue.vt de Bogota. LWstarte irtmcaia s'y rencontre avec V Ammonites galeatus et la Trigonia niœfojmis de Zipaquira. Ce» fossiles sont noirs, et comme recouverts d*nn vernis. Le gypse et le sel gemme surmontent les couches fossilifères, et de Buch ajoute que, par celte raison, le sel doit faire partie de ce système puisqu*à Wieliczka il dépend de la craie. Mais on a vu d'une part(an^<^, vol. II, p. 866) que le célèbre gisement de la Gallicic appartient à la période leriiaire moyenne et non à la craie, et de Taulre que le gypse et le sel gemme sont exploités aussi sur une grande échelle dans la formation crétacée du nord de l'Afrique (mt^^, p. &58, U69, etc.).
Quoique la position relative dès grès et des calcaires des Andes de Bogota ne lui paraisse pas encore régulièrement établie , M. do Humboldt est porté à regarder les grès comme les plus anciens. Ils renferment des couches de très bonne houille, exploitées près de Zipaquira et sur d'autres points. Les empreintes de feuilles dicolylédonées, qui y abondent, se rapprochent de celles du grès inférieur ou quadersandstein de Blankenbourg {aniè, p. 206) ou des envi* ronsde Freyberg (an/é, p. 266), ce qui permettrait, suivant l'illustre géologue, de mettre les charbons et les grès de Zipaquira et de Tausa sur l'horizon du green sand.
De Tunja vers Pampelona et jusqu'à la jonction du rio Sagarooso ou Galinazo avec la Magdalena, les calcaires et les schistes que l'on rencontre sont la continuation de ceux qui se montrent entre Villeta et Bogota , mais les fossiles des calcaires ressemblent encore plus à ceux de la craie que tout ce que Ton connaît des environs de cette dernière ville. LArca rostellata , qui est probablement la même que celle de l'Alabama, paraît avoir été trouvée h Saint-Gil, près de Socorro, avec VHamites Degenhardti ^ la Trigonia alaformis^ la 7'. abrupta, etc. l.* Ammonites œquatoriaiis est la seule espèce dont les caractères rappellent des^ couches plus anciennes que la craie ; néanmoins elle se distinguo de l'A. eoiubratw, à laquelle elle ressemble au premier abord.
« Il paraît donc certain, continue L. de Buch (p. 18), que, d'après » les pétrifications les plus caractéristiques et d'après les relations
560 NiiirViiLLË-GHENADE.
n de M. de Huinboldt , toutes les formations secondaires des Andes»
• depuis le golfe du Mexique jusqu'à Cuzco, ou depuis le 10* degré » de lat. N. jusqu'au 15* degré de lat. S., doivent être i-augées » dans la formation de la craie. Il s'ensuit que toutes les couches » de bouille de Zipaquira, de Tausa et de Rio Lucio, près de Po- 9 payan , sont de cette même formation , et que les montagnes en-
• tières de quartz observées par M. de Humboldt, entre T" et 8* de » lat. méridionale, ne peuvent être regardées que comme formées de
• ce môme grès changé et consolidé par des agents souterrains. » L*au(eur fait remarquer encore que si les scbistesde Vllleia, au nord-ouest de Bogota, étaient réellement sous les grès , on poarrait les assimiler à Targiie wealdienne. « Ce dévelop|)ement étonnant de 9 la formation crayeuse » ajoute-t-il , est un phénomène qui doit » exciter au plus haut degré notre attention et notre surprise. La 0 formation jurassique, où est-elle donc restée? C'est en vain qu'on 9 la cherche. •
II fait voir ensuite qu'au sud de Cuzco s'élève le grand plateau de la Bolivie où les plus hautes montagnes du nouveau monde entourent le lac de Titicaca. Les chaînes situées à l'est sont formées de couches de transition ; celle qui est à l'ouest, d'après M. Meyen, est au contraire composée de porphyres quartzifères, de grès rouges et de calcaires anciens. Une grande partie de l'Amérique méridionale, jusqu'à l'Atlantique , doit sa configuration et son aspect à ce nœud si remarquable qui peut avoir préexisté aux Andes, car les montagnes s'en détachent, comme d'un centre, pour suivre différentes directions.
La présence du Pecten alatus^ dans les montagnes de Copiapo, prouvait encore, suivant de Buch, que les mêmes assises crétacées se représentaient au S. , où elles entouraient les pics de trachytcs ou d'andésite du Chili. Les fossiles de la cime du volcan de iMaypo, près Santiago du Chili, et ceux du pont de l'Inca, recueillis par M. Pentland , confirmeraient la même déduction. VExogyra Couloni ou aquila s'y montre comme dans le groupe néocomien de r£orope, et la Pholadomya occidentalis , Mort. , comme dans le sable vert des bords de la Delaware. La formation jurassique n'a été signalée sur aucun point du Brésil, ni sur aucun autre de l'Amérique septentrionale; « ainsi (p. 21) celte formation est effective- 9 ment rare sur le globe, et les conditions sous lesquelles elle «paraît méritent, par cela même, d'être étudiées avec le plos 9 grand soin et la plus grande attention. •