‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 108 sur 166 · Grès calcarifère en gros rognons aplatis, lenticulaires · texte numérisé non relu

Grès calcarifère en gros rognons aplatis, lenticulaires

entourés de sable 4 4,00

Total 20,00

A Boast, localité située à peu de distance de ce point, le calcaire i Gryphées arquées se trouve au-dessous du niveau du grès, probablement par suite d'une faille» Près de Téglise d*Usselskircb, ce sont les marnes à Ammonites spinatus qu'une autre faille a apaenées au contact de ce même grès. A la sortie du village de Breistroff, on trouve, se succédant régulièrement de bas en haut : 1° le grès d*Heitange ; 2° le calcaire à Gryphées arquées et Terebrqtuh voriabiiis ; 3** les marnes et les calcaires à Belemnites clavatus^ Ammonites fimbriatus. A, planicosta^ etc. La coupe de Rodemark, Bur la route de Mondorf, présente la même série, et de plus le calcaire à Gryphœa cymtnum au-dessus des marnes à Belemnites et à Ammonites fimbriatus.

Près d*Aspelt, on voit, sous le grès d'Hettange, des couches avec Cordinia, puis des marnes noires allei*nant avec des grès tendrea. De même qu'à Hettange et autour de Luxembourg, le grès renferme encore quelques Gryphées arquées. EnGn, non loin d'Ûelm-

(4) BuU., 2« série, vol. IX, p. 59$, 4852.

sîDgen, sur la rive droite de rAlzette« se montrent les marnes irisées recouvertes de marnes gris bleuâtre, feuilletées, et de bancs de grès calcarifère, alternant avec des marnes jaunâtres qui contiennent V Ammonites Jonhstoni, Sovir., espèce appartenant aussi à Tétagç inférieur d'autres localités.

Diverses observations ont encore été publiées sur ce sujet par M. Hébert (1), par M. de Vassart (2) et par M. Levalloîs (3), mais nous terminerons ce qui se rapporte au lias du département de la Moselle par Texamen des recherches, à la ibis plus générales et plus complètes, que Ton doit à M. Jacquot et ï M. Terquem.

En énumérant seulement dans son texte les 5 divisions suivantes : V le grès supérieur du lias que nous en avons détaché ; 2" les marnes à nodules ovoïdes calcaires et ferrugineux avec des assises sableuses et des grès que caractérisent la Plicahdn spinosa et YAviada inœquivalvis ; 3° un calcaire rempli de Bélemnites et de Gryphœa cyfnbium; k* le calcaire à Gryphées arquées; 5* le grès inférieur du Uas, M. Jacquot {U) ne nous semble pas avoir été beaucoup au delà de ses prédécesseurs. Cependant il distingue dans sa coupe théorique (5) huit assises, et de son côté M. Terquem (6) en établit douze, non compris le grès superliasique, le minerai de fer, etc. Les divisions de ce dernier auteur nous paraissent plus nettement définies, et, bien que quelques-unes soient sans doute tout à fait

iîi

Buli,, 2«sér.,vol. X, p. 201, 1853.

Jb., p. 203.

/3'| 76., p. 2H. — 7^., vol. XI, p. 259, 1854.

(4) Esquisse géologique et ntinéralogique de la Moselle^ p. 62, in-8, avec carte et coupes, Metz, 1854 (extrait de la statistique générale de ce département).

/5| PI. 3, fig. 1.

(6) Paléontologie du département de la Moselle^ in- 8, Metz, 4 855 (extrait de la statistique de ce département). — On doit encore à M. Terquem, Observations sur quelques espèces de Ungides {£ulLy V série, vol. VIII, p. 1 0, 1 850). — Note sur le genre Ciio- MVA (/^., vol. IX, p. 350, 1852). — Note sur un Oscabrion {Ib., ib, p. 386). — Mémoire sur un nouveau genre de mollusque acé' phalé (Hettahoia) [Ib., vol. X, p. 364, pi. 7 et 8, 1853).— O^xtrva lions sur les Gryphées du département de la Moselle (BulL Soc. d'hist. nat, du département de la Moselle ^ 4 855). — Observations sur les étudies critiques des mollusques fossiles, comprenant la mo^ nographie des Myaires de M, Jgassiz^ in-8 , avec 5 planches {Mém. Acad.impér. de Metz, 4854-55).

kicales, leur examen ne pent que contribuer à une connaissance plus approfondie du groupe qui nous occupe. Aussi, tout en tenant compte des observations du savant auteur de V Esquisse géologique de la Moselle, suivrons-nous de préférence, en les rattachant à nos propres étages, les divisions indiquées dans la Paléontologie de la Moselle. Déjà nous avons reproduit cette classification proposée en 1852 {antè, p. 413), et nous y renvoyons le lecteur pour le groupement des assises suivantes dans /chaque étage.

1. Calcaire gréseux, gris ou bleu, en dalles minces, très développé au delà de Guénétrange, depuis Chaudebourg jusqu'à la côte de Saint-Micliel. Les fossiles sont principalement la Posidonomya Bronnii, Gold., V Euomphalus minutus, Schûbl., les Belemnites abbreviatus, Mill., et umbilicatus, id. , les Ammonites serpentinus, Schloth., concavus, Sow., complanatus, Brug., communis, Sow., fimbriatus, id. , Holandrei, d'Orb. , etc. , des débrfs de crustacés et de Teleosaurus.

2. Calcaire noduleux, particulièrement développé à Gorcy et à Long-la-Ville, près de Longwy ; il est en lits minces autour de Voisage et de iMédeuves, caractérisé partout par les mêmes fossiles dont plusieurs remontent dans l'assise précédente. Ce sont particulièrement la Cypris liasica, Brod. , VOrbiculalœvis, Sow. (Patella), VAvicula substriata, Munst., VArca inœquivalvis, Gold., VAvicula cygnipes, Phill., V Euomphalus minutas, Scbûbl. , les Ammonites bifrons^ Brug. , communis, Sow. , Ilolandrei, d'Orb. , Loscombi^ Sow., keterophyllus , id. , subcarinotus, PhiII. , les Belemnites acuariuSy Scbloth. , irregularis, id. , des restes de poissons, etc.

5. Marnes bitumineuses y peu développées dans le département, mais importantes sur beaucoup d'autres points (côte de Sainte- RofiBne entre Vaux et Ars). Elles sont surtout caractérisées par la Posidonomya liasina, Yollz, puis par les Ammonites comensis, de Buch, communis, Sow., Holandrei, d'Orb., bifrons, Brug., complanatuSf id. , les Belemnites acuarius, Schlotb. , niger, List. , irregularis, Schlotb., des restes de Seiches, de crustacés et de nombreux poissons.

Les espèces caractéristiques communes à deux et à trois de ces assises jusiiflent parfaitement leur réunion dans un même étage. On remarquera seulement que V Ammonites bifrons n'est pas citée dans l'assise supérieure, tandis qu'on y voit mentionné VA. fimbriatus qui se trouve ordinairement au-dessous.

U. Grès médio-liasique. La présence de la Plicatula spinosa VI. 27

k%% NOBU »E LA fRilICS.

fltft peur iiire reconnaitra cette assise lersque ms caraetèret pétrograpbîques aoot douleax (base du moDt Sakit-Quenthi, diemm de Scy jusqu'à celui de PlappeTÎIIe et de Lorry, en face de Bon- •efontainc, Ars, Jooy, Comy, Gnéaétrange, etc.). Les Ansiles aoat priacipaleuieot tiryphœa cymbium, var. dUataia et gigmmtee^ PeetHi mquivaivii^ Sow., Uytiius Hiliamts^ Sow., les Belemnite» êUrtviatus, Schloth., niger, List, tripartitus, Schloth., etc.

5. Calcaire lumacMie. Il comprend des narties et des Kis de Hodufes calcaires coquilliers au pied du mont Saiat^QoentlB, à Ârs al k Saint-JoKen. Les fossiles très nombreux soRt particolièreaieiit : Ptmfaerinuê basaltifarmiSy MiU., PMaiomya amUfftia, S^w., Cardimm tnmcatum, id., Cardinia Listeri, Ag., MyêiluB MilhiMtf, Sow., M, icaiprum, id., Avicula inœquivalvis, 8ow., A.cygmpe$^ Fbill. , Lima duplicata, Sow. , Peclen mqnimlws^ M. , M pairaâaxuê, Monst. , Plicatula spitiasa, Lam. , Gryphœa cym^ bium, id. , G. Maccullochii, Sow. , les Terebratuta aeuta, id. , w» riééiiis, id., rimosa^ de Rucb, tnpticata, PhilL, les BHemnket MrematuB, Schloth. , umbilicatus, filahif . , niger, List. , les Amim»niteê mnaltheus, Scbloih. , </9iita/t«s, Brog., liatinus, Schleib., elb

6. Marnes à ovotdes ferrugineux, Sonvesl réunies i Tasaise soiis-jacenie, elles s'en dbtingueiu néanmoins par la eonsUiooe de riiorizoïi qu'elles marquent et dont nous avons décrit les earaetères. Klles renferment un grand nombre de rbiaopodes dont l'aetenr croit, à tort, que la plupart des genres n'avaient encore élé sigMiâs que dans la formation crétacée ou dans le terrain lertl^re {Motaiht Criêteilaria, Marginula, Dentalina, Frondicuima, Neâm^rim) (i). Les nodules ovoïdes s'observent surtout k Ars, I la côte de Saint-Quentin, à celle de Saint-Julien, etc.

Ou y trouve surtout les Cidaris jttreneis ei erinifkru»^ QttCMi, les Lada mucronata, Gold., rostrmiii {Nttcula, Laos.), des Des* taies, V Ammonites amaltheus, Schloth., le Belemniieê eiaveiiê$, Blainv., etc.

7. Mamee feuilletéeê, grises ou brunes, reufenDanl éescristanx de gypse isolés, rhomboédriques, des rognons de fer svifnrè et de petits rognon:» ovoïdes ferrugineux. Ces marnes, quelquefois très épaisses et très fossilifères, ne semblent cependant pas être caractérisées par une faune particulière. On Ws ohaarf e sur lee hords de la Moselle, près de lialroy et d'Ilange.

^4) Yoyes, OMté, p. 454 bit, S5i et 354.

•RODfE bV LIAS. l^\4

«. Cnicaire oereux. On a déj5 vu quels étaient les caractères de cette assise qui se montre à Queuleu. Pehre, Mercy-le-Haut . Magny Poaiérieox. Sillegny, partout caractérisée par les mômes fos- ^es(Pent4Krtw,s »ubangularis, MWl, P. scalaris, Go\d. Mviculé i«6rju,i,^/m^ S^^^ Lima duplicata, id., Pecten paradoxus,

T^-r ^V;/ '^''^'' '^'^^^^ '^'*"' ^W^«'« cymbium, id., les ^nferWalcotu, Sow. , rostratus, Schloih., verrvcosus, de Buch. l^ lertàraiula eomuta, Sow., numismaiis, Lam., iampas, Sow., nmosa, de Buch, le Aa2//i7t.s intermedius, Sow., les i?^/«mti7« pwtlhsus, Scbloib., ni>^, List. , abbreviaius, M\\l , e/on^/a/ws. id.. c^awi^i«, fllainv., les ytwmowiV^fs fimbriatus, Sow., rûr/cos/û/iw .«tel /few,-, Sow., pianicosto, id., /^^/i%i\ id., Conyéean, id., ^^A«, id,, heleiophyllus, id., «m^ï/M^M^, Schlolh., 5i/A(ima^t«, YooDg et Bird).

a. U« wontes sa^/me*, de 20 à »0 mètres d'épaisseur, ne renferweat pas de fossiles caractéristiques dans le département de la M«««^ Ce sont les marnes à Hippopodium ponderosum et Car^ ainta hybrida de celui de la Meurthe. On les observe à la toilerie ^ Qiwuleu, sur les bords de la Seilfe, à Marly, à Pomérieux, à ym%t, près Tbioiiville, etc.

iO. CaUmreà Gryphées arquées. Il se présente dans tout le «partement ivec des caractères très uniformes. Sur la rive droite êe la Moselle, il commence par un lit de marne calcaire, et se ter- «MMî fw one assise de marne rouge à la base. La portion intermédttire eet composée de bancs calcaires plus ou moins épais et de lits *e mnic allerimts, remplis des fossiles que nous avons tus partout à ce niveau.

11. Grèf inférieur du lias. Ce grès, objet des discussions que nww atODs rappelées, ne se présente à Heitange, à Bouse, à ftodelaark, etc , qu'avec une épaisseur de 25 à 30 mètres; mats, suivant W Terquem, il en atteint 200 à la Rochelfe et à Beaufort, dans le dœbé de Luxembourg. L'auteur y distingue trois assises : l'inférienre est sans fossiles ; la moyenne, commençant par une couche de 2 à J Bjèlres pétrie de Cardinia, se termine par des bancs remplis de r»nd«t Limes, et h supérieure d'abord sans fcssiles, mats qw devient sableuse et schisteuse vers le haut, y renferme des piaules el du lignite. Dans les localités précédentes de la Moselle,

(0 Cette espèce descend ici beaucoup plus bas que dans la plunart das localités où aile a été citée Jusqu'à présent.

on (l'Olive cette «uisise supérieure et le coraroeocement de la seconde ou premier l)ai)c fossilifère, de 1 mètre d'épaisseur, semblable à an conglomérat coquillier de rivage, mélangé de |)etils cailloux. Les gastéropodes, très nombreux et de grande taille, y accompagnent les coquilles d*acéphales dont les valves sont toujours séparées. Les Cardinia y sont très rares, et la présence de quelques coquilles lacustres y prouve le voisinage de terres émergées, absolument comme nous avons vu que cela avait eu lieu à la même époque dans leGloucestersIiire.

M. Terquem a trouvé, dans cet étage inférieur du lias, 177 espèces fossiles dont les deux tiers sont nouvelles. Nous citerons parmi les plus connues, outre des végétaux assez nombreux déjà . signalés {coUè, p. 410) : Cypris Uasica, hrod., les Serpulasocialis^ Sow., Umax, Gold., flaccida, id., \es Cardinia amcinna^ Ag., longiscatUf id., Pinna Hartmanni^ Zict., Mytilm scalprum, Sow., Lima punclala, id., L. gigantea^Denb., Plicatula spinosa^ Lam. , Terebratula variabiiis, Sow., Nautilm striatits, id., AmnHhnites Buckiandi, id.

M. Jacquot indiquée Sorbey des calcaires sableux à oolithes blanches, semblables à ceux du télégraphe de Vie, et il remarque que le grès d'Hettange ne diffère guère de celui de Kédange que par son ciment calcaire abondant Cependant, continue-t-il, il serait hasardé de les regarder comme syuchroniques , celui de Kédange étant peu développé, et le calcaire à Gryphées arquées l'étant beaucoup entre ce village et Thionville, tandis que c'est l'inverse aux environs d'Hettange, et plus au nord dans le Luxembourg où le grès atteint une grande puissance.

12. Le calcaire gréso-^iiumineux n'a que quelques mètres d'épaisseur dans le Luxembourg, entre la ville de ce nom et Echternach. Il renferme le Cardinia minor, Ag., et V Ammonites toriilts^ d'Orb. Au pied de la côte Saint-Julien et à la descente de Gondreville à Drogny, il est réduit à quelques centimètres ; les fossiles y sont rares ou indéterminables, sauf le Mytilm scalprum.

Enfin le grès de Kédange est sans fossiles, et appartiendrait peut-être, suivant M. Terquem, aussi bien aux marnes irisées qu'au lias. M. Jacquot, qui y signale au contraire des débris de sauriens, de poissons et des coquilles, lui assigne une épaisseur maximum de 15 mètres, mentionne au-dessus des marnes rouges de 4 à 5 mètres, et réunit le tout au grès d'Hettange.

Dans une note sur la disposition des masses minérales du dépar-

GROUPE Dll LtAS. kii

tement (1), le même ingénieur a exposé, avec beaucoup de clarté, les accidents orientés E. W N. qui ont donné au pays ses principaux caractères, et qui s'étendent bien au delà, d*unc part, jusque vers la vallée du Riiin, et de Tautre dans le dé))arlcment de la Meurlhe. Le relief de la côte de Mécleuves dont la partie supérieure est formée par le calcaire h Gryphées, tandis que le calcaire à Bélemnites, les marnes à nodules ovoïdes et le grès moyen du lias, sont à la base, la colline de Metz allongée à TE. 30« N., qui accuse Texistence de la faille passant entre le haut de Sainte-Croix et la rue du Haut-Poirier, dans Talignement de la fracture qui s*étend d'Avancey à Charey, et plusieurs autres dislocations analogues, témoignent de la généralité d*un phénomène qui, à une époque bien postérieure à l'apparition des porphyres cause des dérangements du terrain houillier de la vallée de la Sarre, s*est produit cependant suivant la fflôme direction que ces roches ignées, en offrant ici un de ces exemples de récurrence si fréquents dans les pays do montagnes.

Les travaux sur le lias du grand-duché de Luxembourg, soit i>«cWé dans la partie qui appartient à la Prusse, soit dans celle qui dépend Lasemboarg. du royaume de Belgique, se lient trop intimement à ceux qui oui été exécutés sur le même groupe dans le déparlement de la )losclle, pour qu'il soit possible de les séparer. Aussi ferons-nous ici une excursion hors du territoire français avant de continuer l'étude du lias dans les départements de la Meuse et des Ardennes.

L'histoire de ces travaux montre que c'est surtout le grès dit de Luxembourg qui a fixé l'attention des géologues. Ainsi M. d'Omalius d'Halloy (2) a rappelé qu'en 1822, M. de Humboldt (3) l'associait au grès de Kœnigstein (Saxe) qu'il plaçait alors entre le muscheikalk et le lias, et que nous avons vu être supérieur à la craie tuffeau {anlè, vol. V, p. 268). En 1825, WM. d'Oeynhausen, de Decben et de Laroche (U) regardaient le grès de Luxembourg comme le dernier terme des marnes irisées. En 1828,

(1) Que fq lies obseivitUons gâoiogùjttcs sur la disposition des masses minérales dans le département de la Moselle (Assises scientifiques tenues à Metz en juillet 4 SHi).

(2) Note sur le grès de Luxembourg [Bull., V série, vol. II, p. 91,4 844).

(3) Article Géoghosie du Dictionn. des se. nat.y édité par Levrault. — Essai géognost. sur le gisement des rorhes dans les deux hémisphères^ p. 267, in- S, Paris. 4 826.

(4) Geogn. Umrtsse drs Rheinlandrr^ 4825.

fc32 NQMD DB LA FRANCE.

jliteininger (1) le rapportait au lias è cause des fossiles qu'il y avait observés, et le plaçait au-dessous du calcaire k Gryphées arquées. Une année après, Puillon-Boblaye (2) distinguant ce grès de celui d*Orval, le mettait au-dessous du calcaire k Gryphées arquées, et Tautre au-dessus. En 1841, M. A. Dumont(3) réuUîssait Fidentilé de ces grès en les élevant tout deux au-dessus do calcaire à Gryphées arquées.

Dans ce mémoire. Tauteur divisait le lias de ce pays en trois étages. Le premier, appelé schistes et macigno d'Anàange, comprenait, k sa partie supérieure, un macigno avec PiicahUa spinosê, Pholadomya ffausniûnni, Gryphœacymbiwn^ Terebratulù perom- /is, et au-dessous des s< histes argileux et micacés passant quelque* fois à une glaise bleuâtre, sableuse ou jaunâtre. Le second, renfermant le sable et le grès de Luxembourg et d'Arlon, se divisait en trois assises : la première, sableuse ; la seconde, calcaire, argileuse et marneuse ; la troisième, composée aussi de calcaire, de grès et de nble. EnGn Tétagc inférieur élait composé de marnes (marnes de Jamoigne) avec des calcait*cft subordonnés, et contentnt la /Anm gigantea^ la Gryphœa arcuata, etc.

M. d'Omaiius d'Halloy suivit cette classification dans «on Cot^ tœil sur la géoiogie de la Belgique (à), et la Carte géologiquÊ Â la France, publiée Tannée précédente, mettait dans le lias propt1^ nient dit ou calcaire k Gryphées arquées tous les environs de Luxembourg, mais point le grès d'Arlon ni celui d*lletunge, comme le fit remarquer M. d*Omalius dans sa note de 484fi, I laquelle nous revenons par ordre de date, et où It savant auteur est amené à placer le grès en discussion dans le lia<; moyen, sur rhorizon du véritable rnarlstone appartenant à notre second étage.

A peu près vers le même temps, 1^1. de Beimigsen-Foêrder fMiblkit 866 Observations géognostiques dans le Luxembourg (5),

(1 ) Essai {l'u/ie dcscn/^t. ç;éngnosC. du ^rand-ditchê de Luxtmbour^ [Mêrn. coimmné par l'Acnd, de Bruxelles^ vol. Vil).

(2j Mèm, sur la formation jurnssifjuc du nord de la France {Ann, des se, nnt,, vol. XVH, 4 8 29).

(3) Mém, de VAcad. roy, de Bruxelles^ vol. XV, Ï84S. • (4) P. 63, in-8, avec carte, Bruxelles, 18i2.

(5) GeognosUsclie Beobachtun^en im Luxcmbur}*ischen [Arch. fur Miner, and Ceogn,, de Karsten et de Dechen, vol. XVII, p. 3. pi. A et t, 4 843.) — Nru, Jalirb,, 1845, p. 490. — BenterànngeH liber die Entstehung^ etc. Observations sur Torif^ine de la confi^rft-

eiioePB 0V LIAS. 421

invail acoompagué d'oae carte et de profils, et qui ne nous nedlble pas avoir été sufiSsammeat a(>précîé. L*autettr divise le lias en quatre élages : l*" Grès supérieur avec den noduies argileux, et rmsetubiattt davantage à une marne cakaire^ MMonneuae, brune; 2" argile bîtuminense, schisteuse, pen développée, ou schistes du liai alttrnant avec des bancs calcaires un pen schisteux (OUTerdange <t TfaionviUe sont sur cet étage) ( 3" calcaire gris ou bleu foncé, solide^ cristallin, remplacé quelquefois par une argile sèche on une marne foncée : ces couches supportent les villages de Slrassen, de Cessingen, etc.; 4<^ grés inférieur ou grès de Luxembourg, jaune clair, qoartzeux, plus ou moins calcarifère, très ferrugineux par places, et ressemblant au grès de Pirnaer. Le grès d*Arlon et celui de Virton seraient du même Ige, et celui d*Hetiange en représenierait un lambeau.

Ces quatre divisions du lias, dont les relations sont très nettn* ment indiquées entre les marnes irisées et les groupes oolttbiques inférieur et moyen, dans une coupe N.-Ë., â.-0.^ du Hundsruck à Dun (Meuse), semblent être très inégalement développées» L'étage inférieur atteint une épaisseur de 100 à 130 mètres; les denx du milieu sont réduits à un petit nombre de mètres, «ail conservent des caractères bien prononcés Jusqu'à ce qu'ils viennent i manquer tout à fait, et alors l'étage supérieur, dont la puissance surpasse encore celle de l'inférieur, ei^t difficile à en distinguer. Néanmoins, M. de Bennigsen-Foërder n'hésite pas à placer le grès de Luxembourg entre les marnes irisées et le lias, tout en le rattachant à ce dernier. Sous le rapport des fossiles, il considère que les étages 3 et d peuvent être subdivisés en six assises distinctes qui •ont: i* une couche de marne brune peu épaisse, faisant le passage du second étage au premier ; "2* une argile schisteuse, fine, peu épaisse, avec des Bélemnites et V Ammonites communis ; 3<> un calcaire gris on bleu foncé, solide, traversé par de» veines de calcaire ipatfaique ; 4* une argile bitumineuse, feuilletée, micacée, charbonneuse, remplie de Bélemnites; 5" des marnes à Gryphées arquées ; 6* le calcaire du lias solide, bleu foncé, reposant sur le grès de Luxembourg, et caractérisé par V Ammonites Bucklandi à laquelle se trouveraient associées les Terebratula rimosa et numismalis.

tion t\i système de la Forêt-Noire, des Vosges, et des formations aMimèfitaires âaùs la nord de là France, rArgoftne, le Luxsm- ^^fg, ète. [Ihid., p. >4). — Heu. Jàrhfb., 1*48, J). Î1^.

Suivant M. Élie de fieaumont (1), le calcaire à Grypbées arquées des en?iroDS de Luxembourg plonge sous la grande masse de sable, de grès ferrugineux, de marnes schisteuses, etc., constituant les collines entre Strassen et Aubange. On a vu quels étaient les caractères du macigno d*Aubange ; les calcaires sableux de cette série se prolongent à l'O.-N.-O. vers les bois de Virton et d'OrvaL Boblaye (2} avait déjà décrit, à partir du lias ou calcaire à Grypbées arquées de Florenville, une puissante assise de calcaire sableux et de marnes, l.e calcaire jaunâtre, grenu, à grain fin, quelquefois à texture sub-lamellaire, le plus ordinairement arénacé, est exploité comme pierre à aiguiser dans les environs d'OrvaL A Virton, la roche est généralement peu tenace ; les grès solides n'y forment que des bancs peu épais. Â Saint-Mard, près de cette ville, les couches supérieures friables, très ferrugineuses, ont été prises par Steininger (3) pour le grès de Luxembourg. Tout le système plonge au S.-S.-0., et les dernières assises se montrent encore à Grandcourt où elles sont recouvertes par des marnes noires plus on moins schisteuses, avec des rognons calcaires renfermant la Gryphœa cymbium, A l'ouest de Virton, des grès gris jaunâtre on bleuâtre, à ciment calcaire, et que M. de Beaumont compare an grès d'Heltange, contiennent les Belemnites umbilicatus et cornpressus, V Ammonites pianicosta, la Grypftœa cymbium^ la WiccUxda spinosa^ un Cardinia voisin du C, concinna, le Pecten acuticostatus, etc.

t Le calcaire à Grypbées arquées, qui forme les plateaux coupés « par la vallée de la Moselle, entre Thionville et Sierk, se prolonge > vers ie nord dans la direction de Luxembourg. Il constitue encore » dans cette direction des plateaux étendus et élevés ; il y conserve » les mêmes caractères que dans le département de la Moselle, et y » renferme les mêmes fossiles {Gryphœa areuata, Ammonikt » Bucklandi, Lima gigantea, Terebratula numismalii, Spirifer » Walcotii). Il est superposé aux marnes irisées, et dans certains » cantons, il présente, à sa partie inférieui*e, un grès qai raf^ieUe • celui de Vie et de Kédange, mais qui est plus développé, et qui

(4) Explication, etc., vol. 11, p. 424, 4848.

(2) Loc. cit., p. 50. — Élie de Beaumont, /r/c. de,, p. 426, fig. 64.

(3J Essai d'une descript. ^cogn. du grand duché de Lnxem-bourg, p. 72 [Mém, couronnés par l'Acad. de Bruxelles^ vol. Vïl, 4 828).

GHOTTPB DU LUS. 425

» en ontre lui est plus compiétemeoi incorporé que ne l'est ce » dernier (1). »

Ce grès est blanc, quelquefois jaune et rarement brun ; tantôt solide, tantôt friable. Par la présence de petits galets de quartz blanc ou noir, il passe à un poudingue semblable à celui que Ton rencontre dans le grès inférieur du lias de la Lorraine. Ce grès est celui qui a été désigné sous le nom de grès de Luxembourg,^ parce que cette ville, dont les parties les plus élevées se trouvent an niveau dn plateau de calcaire à Gryphées arquées, est aussi bâtie sur les a£Qeurements du grès dont les couches se montrent sur ses bords. Il forme ensuite, sur une assez grande étendue, les flancs escarpés de la vallée de l'Alzetie |)our se continuer au nord-est le long de la Prûm. b*après Steininger, il constitue aussi, dans les vallées de l'Ems et de la Sarre, les masses rocheuses les pluspitto resqoes.

Les marnes irisées sortent de dessous ce grès à une lieue au nord de Luxembourg. Ce sont, comme en Lorraine, des marnes vertes non feuilletées, recouvertes de marnes noires très schisteuses, semblables à celles de Vie, et représentant aussi le premier sédiment jurassique. Ces dernières sont accompagnées d*un calcaire com^ pacte, bleuâtre, avec de petits crinoîdes, des Bélemnites, les Ammo^ fûtes krtdion^ Ziet., et tortilis, d'Orb., « et qui parait devoir être » considéré comme une première couche du calcaire à Gryphées » arquées, dont la masse principale se trouve au-dessus du grès posé «immédiatement sur cette première assise calcaire. » (P. 324) (2).

Le calcaire précédent devient sableux vers le haut, passe au grès de Luxembourg très épais en cet endroit, et renferme les Lima gigantea et inœguistriata, le Cardinia concinna, la Gryphœa (trcuata, la Pinna Hartmanni, etc. Aux environs d'Echtemacb. Steininger y signale V Ammonites annulatus, Schloth. (A. tortilis^ d*Orb.). Une observation faite au nord d*Ëich par M. Levallois avait déjà conduit M. Élie de Beaumont (3) à rapporter toutes ces assises au lias plutôt qu'aux marnes irisées, et d'un autre côté la liaison du grès et du calcaire à Gryphées qui le recouvre est telle

(M Élie de Beaumont, loc cU.y p. 323.

(îj Voyez aussi Levallois BulL, ?• série, vol. IX. p. 77, 4854.

(3) Ann. des mines, 2* série, vol. IV, p. 37, 48Î8. — Mém. pour servir h une descript, géol, de la France^ vol. I, p 4 37. — Steininger, loe, cit.^ p. 80.

426 NORD Dl LA PRAlfCE.

foe leur iigoc de démircatios est loaveot diflic^ à tracer. AImI, dit Steininger (1), cette formation calcaire (le calcaire à Cryphées arqsées) est iniimement unie au grès de Laxemboyfg, uni par ridtntité des pétrifications que par le passage de Tune dit rodwsè Tautre, aux endroits od les bancs sopériears du grèt deticotteat calcaires et bleus. M. Levallois (2) a tu aussi, aui eaviroM de 8trMsett, à une lieue à Touest de Luxemboorg» le passage éê Vvm ëe ces roches à l'antre, et a recoonn Tidentité de leurs fossiht. Manmoins, M. Élie de Beauaoont conclut que le grès et le cêkiire I Gryphées arquées forment deux masses distinctes, le calcaire reposant sur le grès, puis paraissant s'enfoncer à son tour 90«s II grande masse de sable, de grès ferrugineux, de marnes scInstaisea> etc., qui forment les collines élevées entre Strasaen et Attbange, masse réunie à la difisioo supérieure du lias, et coloriée sur la carte géologique de la France comme une dépendanee 4i groupe ooltthique inférieur.

Dans le forage de Cessingen, village situé 4 une lieue de Luxembourg, sur le plateau de calcaire à Gryphées arquées qui s'éteai Jusqu'aux remparts de la ville, la sonde a traversé d'abord 02 mètres de ce cakah^, puis 83**,57 de grès, et 25~,63de marnes i grisâtres, semblaMee à celles de Vie, avant d'atteindre les i irisées (S). Nous aurions ainsi dans le grès et les marnes un véntable représentant de Tétage inférieur du lias, qui aurait ici une puissaace de 109 mètres que bous ne lui avons encore reconnue sur ancoo autre point du nord de la France.

A partir de (.uxembmirg, continue M. Elle de ficauroont, les ptateanx de calcaires à Gryphées arquées se dirigent vers i'O. et at rétrécissent, sans toutefois s'interrompre. Au nord d'Arloo, k lias repose snr les manies irisées. Près de MeUert alflearent les nMmes Menés inférieure (marnes de Jamoignei de M. Dumont). Depnik flabay jusqu'aux environs de lléxières, le lias recouvre directeoMit èw acèistes anioîsiers (vallée de la Semoy, de Tintigny è Sainla<- Cé^le). Nous avons d^k mentionné la coupe de FlnrenvtUa» décrite par PuHlon-Boblaye ; k Jamoigne même, l'assise inférienn est une marne alternant avec des lits de calcaire marneux appuyés contre le terrain de transition, et supportant le grès de Luxem-

(il

jLoc, ciU^ p. 68, ymj Coogrès scientifique tenu à Metz.

(3) Levallois, Ànn, des mines y 3* 8éri% vol. XT|, p. 291, ltl$.

GROOPB DU LIAS. Ml

bourg (1). Celui-ci est surmonté des marges du liêt divisées en deui assises : rioférieure, formée de marnes terreuses» jaunâtres, très calcariféres, remplies de bivalves indéterminables ; U supérieure» de marnes bleues ou noirâtres, très onctueuses au loucher, avec des cnsiaux de gypse et de pyrites* l.eiir épaisseur est de 60 à 70 mètres, suivant Boblaye, et elles sont caractérisées par la Grffphûsa arcuaia, la Lima gigantea^ etc.

Uans son Rapport sur là Carie géologique de (a Belgique (3), M. A. Dumoat a diviiié le lias de la manière suivante :

Système j ^

( Marne de Grandcourt.

I Suhlc, schiste et niacigao 4'Anbon^e.

i Marne fie iitrussen.

Subie et gris de Luxeabourf .

i Miirne de Jumoigue. } Sable de Marliiisart.

Le savant auteur, n'employant point ici les termes généralement adoptés, et faisant abstraction des données paléontologiques, il est difficile de saisir les rapports de ses divisions avec celles qu*ont établies les géologues, soit dans le pays même, soit ailleurs ; aussi, en Tabsence de description plus précise et de repère pour nous gui* der. ne pouvons-nous que conjecturer ces rapports. ï! nous para!* trait tout aussi hasardé de vouloir les déterminer ici que de chercher à les discuter ou à les mettre en i^ai-d de nos propres divisions. Nous en dirons autant de la légende de sa Carte géologique de là Belgique (3), qui diffère un |)eu de ce qui précède.

11. Schisie hitiiinineiix et munie de Grandcourt. i. Schiste vl macigi^e d'Auhunge.

3. Subie el grès de Liisemlionig, cuicnin; argileaz et marne de Slratien* A. Colciàre argileux et manie fie Jiimofgne. 5. Subie. cuUluux el grùs de llartiuturU

Ces cinq divisions ont été représentées par une seule tdAte sur la Carte géologique de la Belgique et des contrées voisines, reprê^ tÊ^ant les terrains qui se trouvent au-dessous du timm ëè té Beshaye (4).

IVaprès ce qu'il avait observé, à Test et h 1*ouest d^Arlon, M. Fmi* cHet (5) a été amené à penser que le calcaire à Gryphéet arquées

H) A. Dûment, Mém. de VAcad, de Bruxelles , vol. XV, p. 4 6.

(2) Bull, de rjcad. de Belgique, vol. XVI, -1 0 nov. \ 849. — Voy. aussi, Rapport sur un mémoire de MM, Ch^puis et ûei^alqke^ Ib., vol XVlfl, D<>«4 4 etU, 4 851.

()) En 9 feuilles (sans date).

(4) Usa (éuiila (sans date ni liau de publioatiou).

(5) Sull.y r série, vol. IX, p, 66», 4 $51.

&2S NOHD DB LA FRANCB.

séparait en deux le grès du lias (1). Le grès inférieur on de Luxembourg, s'éteadant vers 1*0. , se termine comme le \rm, sur lequel il repose à une lieue au nord-ouest d*Arlon, et est recouvert, entre Luxembourg et Àrlon, ainsi que de cette dernière ville à Floren- \ille, et jusqu'au delà de lUézièrcs, par des bancs réguliers de calcaire argileux, bleuâtre, alternant avec des marnes de même couleur remplies de Gryphées arquées, etc. Ces calcaires sont exploités dans toute cette étendue pour la fabrication de la chaux hydraulique, et les marnes sulfureuses, employées à Tamendement des terres, ont 20 mètres d'épaisseur.

A une lieue au sud d'Arlon commence la seconde assise de saUe blanc, gris ou jaune, qui, bordant au sud le bassin de la Semoy, se continue vers Orval et Sedan, reposant évidemment sur les marnes et calcaires à Gi^phées arquées, et en particulier sur la marne de Jamoigne. Celte assise, au midi d'Arlon, serait, suivant l'auteur, nettement séparée des marnes ai*gileuses de Tétage moyen du lias placées au-dessus, par un grès schistoîde très ferrugineux (calcaire quarizifère de Boblaye), et le plateau qui porte la ville serait le point de raccordement des deux assises de grès. Ce que M. Payen nomme Vétage moyen du lias se compose de marnes grises onctueuses au toucher, d'argile marneuse avec fer hydraté, de bancs de macigno et de calcaires ferrugineux, quelquefois en dalles, avec de nombreuses Plicatules. Son étage supérieur consiste en une puissante assise de marnes bitumineuses et sulfureuses, avec des rognons de calcaire compacte, gris de fumée, et des cristaux de gypse. Sa limite, vers le haut, est toujours clairement indiquée par une ligne de sources nombreuses et fort abondantes.

L'exactitude des observations stratigraphiques de M. Poncelet, que nous ne révoquons point en doute, n'entraîne cependant pas nécessairement sa conclusion, car rien ne prouve que son grès supérieur appartienne à l'étage du calcaire à Gryphées arquées. H pourrait aussi bien être la base de l'étage au-dessus, comme les marnes sableuses du département de la iMoselle, et, en effet, cette assise arénacée n'est autre que le grès de Virton parfaitement carac-

(1) II semble qu*on pourrait aussi bien en déduire la superposi* tion du grès de Luxembourg au lias à Gryphées arquées, opinion partagée par M. Buvignier et par M. V. Raulio Ce dernier Tinterctlait entre le calcaire à Bélemnites et le calcaire à Gryphées arqaées [Bull., 2« série, vol. IX, p. 78, 4 854).

(érisé par ses fossiles pour apparienir à la base do secbDd étage, tel que nous le comprenons.

Dans ce que nous avons dit jusqu'ici du lias de Luxembourg, on a pu entrevoir, à travers des opinions fort diverses et des dénominations stratigraphiques qui ne le sont pas moins, qu*il y existait des représentants plus ou moins complets de nos quatre étages marneux du lias, mais il nous eût été difficile, avec de tels documents, de tracer nettement leurs limites dans Tépaisseur du groupe, ainsi que nous l'avons fait pour les pays voisins. Des recherches entreprises dans une autre direction nous permettront d'atteindre ce but de coordination générale pour cette région comme pour les autres.

£n étendant au lias du duché de Luxembourg ses études sur celui du département de la Moselle, M. Terqucm (1) a indiqué des relations paléonlol(^iques qui ne nous paraissent pas avoir été signalées auparavant avec autant d'exactitude, et qui, seules, nous auraient permis de relier les couches de ce pays avec tout ce qui précède; cependant des travaux, plus récents et plus complets encore, nous donnent les moyens de préciser davantage ces rapports.

MiM. F. Chapuis et G. Dewalque ont fait précéder leur Description des fossiles des ten^ains secondaires de la province de Luxembourg (2) d'un résumé sommaire des diverses assises qui composent le lias de ce pays, et, depuis, l'un d'eux, M. Dewalque, à la suite de nouvelles recherches, a modiOé un peu la classification adoptée d'abord avec son collaborateur. Il a exposé les résultats de ses dernières éludes dans deux notes communiquées successivement à la Société géologique de France, et dont nous extrairons ce qui suit, l/auteur ayant adopté, dans ces publications comme dans la précédente, un ordre géologique de bas en haut, nous les examinerons dans un ordre inverse, c'est-à-dire en comuiençant par la seconde, dont le tableau (p. 561) replace d'ailleurs toute la série dans son ordre naturel.

I-e lias, divisé en supérieur, moyen et inférieur y est subdivisé en huit assises ou sous-éiages (étages de l'auteur] groupés comme il suit (3). Nous avons placé en regard, ou à droite, notre propre classification, pour faciliter la comparaison avec le lias des autres

(4) Bull., 2» série, vol. IX, p. 573, 4852.

(2) In- 4, avec 38 planches Je fossiles (A/e**///. couronné par l\4cad, de Belgique, vol. XXV, K 853).

(3) ifote sur les divers étages qui constituent le lias moyen et le

4M NOftD DS LA PftAlfCK.

ptjpi, elMsilIfitiMi qui resBorl d'allleors An déiâito allons reproduire.

ÎUUfitUmr., [ ♦, Idarnes «l •chut«t d« Gnndcoatl | J ^"^* 1 .... l t«A«|«. i 9. Macigno d'AulinOge '\ ■•^•w . . J \ SctiMlM <l'Klh« f Sp 4laf«. (4. Grè« «If Villon j /S. Mûmes de Stiatren \ y U. Gr«» de LiuemLouig - j ^ ^'f^ *»*^«"''- {7. M-rncleJumoiene {?- «*^ c ."' *He"re. j

\^8. Crè^ de Marlintart ]^ ••^

Le premier étage comprend deut assises, ks marnes ei Im sebiâtes deGrandcourt. Les mamet sont terreuses, plastiques, qnef qaefois schisloides, gris hlcuâlre, et jaunâtre vers le haut. EHei renfér aient des nodules calcaires gris ou bleus, pénétrés de feines éè carbonate de chaux. Les fossiles sont particulièrement : VAvicuk méêiriata, les 3eiemnite$ irrtg^lmris^ campressus et acuan'tif, les Ammemite9 ^frons, radians, comucopia et heieropA^ihis, Les schistes caicarifères bitumincHX, gris on noirâtres, pyriteox ob gf pseux, Mit été exploités à Aubange pour la préparation du bitooi». On y a trouvé beaucoup de poissons, des céphalopodes de h toniBe dcAloUgidéis, la Fosidonamj/m Brormii, ï Jnoceramui ffrypAœmées, les Ammonites serpenlinus^ ctmplanatuSy Holandrei, etc. , fbasites q«i remontent aussi dans les marnes. Ainsi se dessinent déjà nette- Btnt les caractères du premier étage, tels que nous les aroas ssnsutés partout jusqu'à présent.

Le macigno d'Aub&n^ est grossièrement sdiistoide, en baftcs souvent séparés, surtout vers le haut, par des lits minces d*argili ferrugineuse. Il est â grain fin ; sa texture est variable i ss tehMê bleuâtre, verdâtre, gris brunâtre ou brune, et il renferme du fer hydraté argileux. Il occuperait le niveau du grès médio-liasîque de la Moselle et de la Mcurthe. Quelques bancs supérieurs sont péirii de Terebratula variabilis et teiraedra^ et les autres fessîles sost particulièrement : les Pholadomya decoraia et foliacea, les Mi$»h mm^ rostrata et uniaides, Avictiia cygnipeê, Fectfn ^quivahit, Plieatuia spinosM, Gryphœa cymUum, var. dilatée, Terebrmhdê aeWa, Beèemniteeabèreviatus, ksAmmonite$spinêtus et kybridiis.

Le sekistt à^Ethe est argileux, micacé, gris, gris javnâtrs st bleuâtre, quelquefois sableux ou calcarifère, passant souvent* fcn

lias supérieur dans le Luxembourg et Ut coi%tré9S voisines {JMLf riéris,Ta.XI, r6A$>48<U),

•ROBPS DU LIA». tk%\

k htm* il une gUise bleuâtre. Des Hodiiles de fer earbooalé èvfi^ ieoi y 90fil qiiek|iie(oi8 assez abondants pour être exptoilés* U fonve généralement une baude étroite à la base des collines do mac^no â*Aubange, et se relève au sud-ouest d*Ârk>n, où il eott« r^ioele grès de Virton. Il parait représenter \es( marnea ï nodute» «voîdes ferrugineux de la lUoselle et de la Ueurthe; les Ammomie% B^hei^ Davœi et hybridm le caractérisent.

Le grè$ de Virton est composé de sables plus ou moins calcari* {ères, de grès calcaires, ou mieux, de calcaires sableux et de marne«, $08 caractères pétrograpbiqties sont très variables, comme sa coth leur, et sa puissance est très cousidérable. A la partie inférieure W grès ressemble souvent à celui de Luxembourg, mais il est, en géo^ral, plus grisâtre, pointillé de noir, et d'un aspect moins constant. Parfois il est celluleux, ooliibique ou sublamellaire. En 80 cbargeaol de calcaire, il renferme beaucoup de Gy^ypkcm c^bium (lypçj» de Cardinia securiformis, les Pecteu acuticosiafu$t discifgr-' sus, tH:gtQri%is, les Terebratula subpunctata^ tetraedra^ le Spirifer roêiratuSf beaucoup de Bélemnites, V Ammonites multicostatus^ ele^ Les marnes forment une ou deux couches assez épaisses subordoq^ 4ées aux sables et aux grès, et déterminant un niveau d*eau. Prei^e toujours sableuses, micacées et grisâtres, quelquefois plastiques e< bleuâtres, elles renferment quelques Gryphœa cymbium^ leBelem^ nile^ paocillosus^ ie Spirifer rostratus^ et, dans les parties sableuses, b^ucoupdei^i^/a^om^aam^i^t^, la TerebrcUulanumismalis^ etc. Dans les bancs de grès supérieurs, les fossiles très répandus sont principalement : les Pecten œquivalvis, tcxtorius^ et la Gryphœa cymbium^ var. déprimée. Cette division représente les marnes sableuses ou à Hippopùdium pondet^osum et le calcaire ocreux des départements de la IVloselle et de la Meurthe.

Le calcaire argileux et les mmmes de Strassen (Ij, équivalents d*Qoe partie du calcaire à Gryphées, comprennent des maroes grises, bleuâtres, jaunâtres ou brunâtres, ordinairement plastiques, quelquefois sableuses, surtout vers le haut. L^ couches, assez épaisses, alternent avec des bancs calcaires, argileux, compactes ou subcompactes, et de même teinte. Ces assises forment une baacU gtoéralement étroite, entre le grès de Luxembourg et celui de Yir-

(4) Nùie sur les dhers étages de la partie injérieure da lias dans ^ Luxembourg et les centrées voisines iBulL, ?ol. XI, p. 93i, 4864),

kZ2 NORD DE LA FRANCE.

ton, dans la partie orientale de la province. Elles s'amincissenl à ro., puis disparaissent, de sorte que le grès inférienr, plos développé, est immédiatement recouvert par le grès de Virtoa luimême. Dans la région occupée par le grès de Luxembourg, on en observe encore deux petits lambeaux isolés : Tnn couronne les plateaux de Guirscli et d*Hecbous, l'autre celui de Florange et de Himsch, où il supporte à son tour un îlot de grès de Yirton. Les fossiies, assez nombreux, sont surtout : le Pecten disciformis^ le Spirifer Walcotii, le Belemnites acutus, V Ammonites bisulcatva et la Gryphœa arcuata, de forme très variable, et que l'on pourrait prendre quelquefois pour la G, cymbium.

Le grès de Luxembourg se compose de sable, de grès calcarifère et de calcaire sableux. Quoique variable sur divers points, ce sousétage conserve des caractères qui le font facilement reconnattre. Il plonge de 2 ou 3 degrés au S.-E. ou au S.-S.-E. , et affecte une allure uniforme remarquable, depuis Hettange jusque dans les Ardennes. Les bancs sont en fonne de grandes lentilles très déprimées, à surfaces ondulées. A Test, les assises supérieures renferment un ou deux bancs pétris de Cardinia copides et concinna, et éCHeitcmgiaomta formant un bon horizon. Suivant M, Dewalque, ce sous-étage, tel qu'il le comprend, représenterait le calcaire sableux de Boblaye, le calcaire à Belemnites d'Orval de M. d'Omalius, la partie inférieure du calcaire sableux de 51 M. Sauvage et Buvigoîer, enfin le grès d'Hettange de la Moselle. Nous y trouvons cités les Cardinia crassiuscula et hybrida, les Lima duplicata et gigantea, VAvicula sinemuriensis, les Pecten disciformis et textorius^ h Gryphœa arcuata, VOstrea irregulaiis, les Ammonites bisulcatns, Conybeari, multicostatus, stellaris, etc.

La marne de Jamoigne augmente d'épaisseur de Test à l'ouest, et dans cette dernière direction est composée de deux assises distinctes au moins par leurs fossiles. La supérieure renferme beaucoup de Grypbées arquées et de Montlivaultia Guettardi qui manquent ou sont très rares au-dessous.

D'après les détails donnés par l'auteur, nous croyons devoir la séparer complètement de la seconde assise en l'associant au troisième étage dont elle forme ainsi la base. Cette manière de limiter les étages 3 et k, parfaitement conforme à tout ce qui précède, fait disparaître le motif des remarques présentées par M, Hébert (1) i

(4) Buii.^ 2« série, vol. XI, p. Î62, 4854.

^occasion du travail dont noas nous occupons, car si les observations de M. Dewalquc sont justes, et elles n'ont pas été contestées, le grès de Luxembourg avec la marne de Strassen qui le surmonte et la première assise de la marne de Jamoigne dont nous parlons représentent seulement une modiCcation locale de notre troisième étage, et aucune de leurs parties ne pourrait être rangée dans le quatrième.

La seconde assise de la marne de Jamoigne, que nous plaçons en haut de ce dernier étage, se fait remarquer par Tabondance des Cardinia lameliosa et unioides, de la Lima plebeia^ de ïOstrea irregularis, du Montlioaultia Haimei, qui, avec d'autres fossiles de cet iiorizon, persistent à se montrer jusqu'à Luxembourg. En cet endroit, elle constitue une couche assez épaisse de marne grise schistoîde et un calcaire sableux. Elle recouvre les marnes irisées le long de l'Alzette, souvent masquée par les éboulements, mais annoncée par la présence des cailloux calcaires gris foncé qu'elle renferme. Ses fossiles sont les mêmes que dans le Luxembourg belge et dans le grès de Marlinsart.

£nûn les sables et grès de Martinsart reposent en stratification concordante sur les marnes irisées qu'ils séparent de la marne de Jamoigne, depuis Rossignol jusqu'à la frontière du grand-duché et au delà, puis ils diminuent d'épaisseur dans cette direction. Un lambeau se voit encore au nord de Jamoigne, et partout le grès diiïère essentiellement de celui de Luxembourg. Les sables, plus ou moins cohérents, renferment un ou deux bancs de poudingue avec des cailloux de quartz ou de quartzite, de diverses teintes et de diverses grosseurs. Les grès sont tenaces, calcarifères, ou bien passent à des calcaires sableux, compactes, en bancs minces ou en dalles, de diverses teintes, grises, bleuâtres, verdâtres, et séparés par des lits de marne sableuse ou endurcie, plastirjue, brune ou gris brunâtre. Les fossiles y sont très rares ; ce sont quelques empreintes dont les espèces semblent passer dans la couche audessus. Cette assise représente le grès de Kédange (i>loselle), etc.

M. Devi^alque a joint à cette seconde partie de son travail des coupes destinées à faire connaître les relations stratigraphiques des dherses assises ou sous-étages, et il a fait remarquer ensuite (p. 2li9) que la partie inférieure du lias du Luxembourg différait e^>sentiellelncnt, par ses caractères pétrographiques, des dépôts contemporains de la Lorraine et de la Bourgogne. Le sable qui abonde et domine même dans les calcaires et les marnes, et qui existe seul k VI. 28

l'éiM m^qble, ou bien ai^ulini soui forme de grée, lui doimo pi wpeU sans analogie avec les couches cxciusivemenl argileuses, uiarneuses ou calcaires des auli es pays, la cause, quelle qu*elle soii, 4ui a amené les sédiiuciils sableux, n'a été ni consunte tii partooi uoiforoie dans le mêipe moment. Elle a agi diverseœeut sur les divers points. Dans le Luxembourg, le calcaire à Grypbées arquées aurait i (é (Uirtagé en deux par un puissant dépôt arénacé (le grès 4e Luxembourg) dont Tcpaisscur es( (clicmcnt variable qup, dans •ertaiues localiiôs, l'un ou l'autre des d4>|H>is argilo-calcairc$ est iFès réduit ou même remplace par |e grès, « Or, comme la Grypbée

• arquée est très rare dans ce grés, qu'elle s*y trouve pour ainsi f dire mal dé\elopi>ée, quelques géologues ont pu croire qq'ejlfî t n'y existait pas, d'autres ont pu prendre pour des Gryphfga cym- « biuni les mainais échaniillous qu'ils rencontraient; de sorte qq'^ n ce fftit eicepiionnel de l'ensablement de celte partie du lias correii^ « pon4 u|i aMfr« Tai^ etcc|>iioi)n|fl, l'existence de deux calcaires ^ 9 piarne^ k Grypbées arquiies. C'est ici uq fait capital qui ooif

• explique la diversité d'opiniop des meilleur^ observateurs sur C( t (ujet, et qui pous doopo la cl^ de la constitution géologique de ce « pays. #

DëptrieoMni U^ P^^i^Q porliou du |ias qui pénétre dans le département dç ta |feu80, sur la ri\c droite delà Chiers, au(pur et au nord de Mootméd)t D^ présente que les deux étages supérieui's divisés pgr A}. Buviguicr (1) en quatre assises: marnes supérieures^ calçairt fetTugineux^ marne moyenne et calcaire sableux. La premièrp 9ssi$ç correspond à UQtre prcpûer étage du groupe ; les trois fiPtrpç réunies copstituent 1(î second. Ces divisions sont d'ailleurs Iç pro- (pugemeqt de celles dpni pous vei^pns de parler d^us le départçq)^t>^ de la .Moselle, dans le Luxembourg, et que nous suivrons encorç d^ le département des Ardennes. Jilles n'uiïrent ici rieii de particulier, et sont caractérisées par les mêmes fossiles. Lçs désigqalipns eo)ployées par l'auteur étant pussj celles qu'il avait adoptées avec

(<) S$a$tsi, gffQl., mmr.f miii^r4tliirg, e$ pçl$ous. dn ^éfi4in$^ incntc(c la Meuse, p. U0, jn-S. Verdun, 4 85?, Atlas avec carlf, coupes, et 28 pi. de fossiles. Carte en 6 feuilles, 4 848. — Noiç sttr la }ieoi. (lu (IcjjariciiK Ht dr la AJvusc [Bull.^ %* série, vol. 1, p. 894, 4 844). — Gaula rd, Mtha. pnttr servir à ttuc ficscript. géol. ifu ilvportciiwnt (lu la A^vuse^ in-8, Verdun, 4 836. — AnntLairc dt

de UMeastt,

QftOÇFB DU t.US. . |^l|

M, Sauvage poor ce dernier (léi>artenient, nous eu doiiuerens ei| même temps la synonymie. La cou)^)e çi-apfôs (pi. |, fig. $)» qy^ nous avons établie d*après celle de i\l. Buvignier, montre la disposition des assises prôiédentes, au nord-est de Montroédy.

Quelques considét allons stratigraphiques avaient engagé Bo- îMptftMwit blaye (t) à placer au niveau du fuller*8-earth une absise de marnes pyriteuscs et bitumineuses exploitées pour l'umendenDent des lèrrcs, près de Flize, au sud-est de Mézières, sur la rive gaufhe de la Meuse, mais ses vrais rapports ne pouvaient écliap])er à des géologues aussi versés que H\l. Buckland et Grcenough (2) daus la coDBaissauce des dépôts jurassiques d'AngleteiTe ; aussi n'hési^ tèreqt-ils pas i la placer à la partie supérieure du lias. Les Posidot» B0inye5, les Ammunkes et les Bélemniies qu'on y avait rencontrée! jusiifiaient ce rapprodiemcnt. II. Bu\igiiier (3), en établissant le l^Dcbronismd de cette marne avec celle d*Àmblimont, adopta l'opi* oioo do Boblaye, et regardait aussi cette dernière comme représea^ t4Qt le iullur'b-fsarlh, taudis que M. Élie de Beaumont (6) el SI. Hichelii) soutinrent celle des géologues anglais. '

Plus tard M.>l. Sauva^^e et Buvignicr, dans leur Siaiiiiîque mi« niralogique et géologique du département des Ardennes (5), ont établi dans le lias une série d'étages qui se recouvrent suecessîvet mçnt du y.-N.-IJ. au S.-S.-0., et dont les aiQeurements coureot N.-N.-O., S.*S.*B., de telle sorte que les assises, qui s'amincissent au N.-O., viennent 6*ap])uyer l'une après Tautre sur le terrain de transition. Ainsi, au nord de Tarzy et |)rès de Signy le-Petit, où il n*eiiste plus que les marnes supérieures, ce sont ces derniérea qui recouvrent les schistes ardoisicrs. Aux environs de Sedan, où la série e$( la plus complète, Tépaisseur totale du groupe serait d# 170 Ddètres. Il q^\ divisé par M^iL Sauvage et Buvignier en cioq 4ia^ea, comprenant chacun une ou plusieurs assises distinctes. Noof reproduirons Ici leur classification avec la nôtre en regard, et te

(4) Afem^ sur ta formation jurassique du nord de ta Franéf (4tfu, ftes scNiit., vol. XVIÏ, 4829).

(î) Bull., r* série, vol. VI. p. 334-335, 4835.

(3) 76.. vol. VU, p. 71,4 836.

(4) lb,,ib., p. 72.

[5 lu-8, p. iS, avec carte réduitjs et<;oupes. Cart^ géol^i^qe en 6 feuilles, ^\x ^/SOOOQ", Mç^ières, lH2. ' ;

430 NORD DB LA rRAlfCI.

parallélisme de ces divisions avec celles do Luxembourg, comme l'a établi M. dOmalios d*Halloy (i).

5. *.g.. 1 i. M.«c .«pcrieure. j J; ^ITZ UTbî^lf.;!-; ! } '-'^^'

4* ëlage. I i. Calcaire ffrriif iiMax \

> éUgtf. I 3. MurDet moyeiinrt 1^^

{4. Cultuir* tohleut supéneur J* •*'«^ 5. Culcaire sableux ntuyen j II. Calritire SMl»lt;iiz iiifcneiir i . .^^

lerrfiage. jg Grèslnlra-lialique. . (4. ëtafe.

Les marnes supérieures présentent deux assises : Tune en baoi, composée de marne grise avec des nodules calcaires, des lomacbelles et des nodules ovoïdes ferrugineux, à couclies concentriques; Fautre en bas, formée de marnes schisteuses, grises, noires, bitumineuses et pyriteuses, se délitant très facilement à Fair. Telles sont les marnes de Flize, dont nous venons de parler. Cet étage est bieo caractérisé dans le bois de Prix et aux environs de Signy-le-Petit, où il repose sur les schistes de transition. Les fossiles sont : Inoctramus dubius, Sow., Posidonfmya Brannii^ Gold., Plicaiula ipinosa, Sow., P. ventricosa, Munst., Terebratulateiraedra, Sow., Ammonites elegans, id., A. falcifer^ id.. A, heterophjUus^ id., i4, Tttrneri, id., Belemnùei paxiilosus, Scliloth., B. iaiesulcatus, Ziet., B. breviformis, Munst, B. apicicurvatus, Blainv., B. pyramidalis, Ziet., des restes de poissons, d'Ichthyosaunts et de Plesiosaunts. Quoique ces marnes représentent celles des départements voisins, de Grandcourt, etc., on doit y faire remarquer Tabsence de certains fossiles les plus caractéristiques des dernières couches du lias, tel, entre autres, que V Ammonites bffrons, et II présence, au contraire, d'es|)èC4S propres au second étage, ou, do moins, qui s*y trouvent plus habituellement ; il nous semble donc probable que, vers cette extrémité du groupe, les assises les plus récentes n'existent pas.

Le calcaire ferrugineux est argileux, bleuâtre, verdâtre, jaunâtre ou sableux, gris et micacé. Il renferme quelques bandes parallèles d*oxyde de fer, par places des oolithes ferrugineuses, et une argile jaune d'ocrc y est subordonnée. On y cite : Pholadomyu fidicuia, Sow., P, elongata^ Munst. (2), Avicuia cygnipes^ PhilL,

4^ £ult., 2* sér. vol. XI, p. 258, 4854.

2) Cette espèce appartient à l'étage néocomien inférieur.

GROOPB DU LIASr &S7

Pectencingulaius, id., Plicatvla spinosa, Sow., TerebrattUa tetrae^ dra, id. , et d'aulrcs espèces de ce genre, Turbo heliciformis^ Zien, Ammonites costotus, Ziet.\ et les Belemnites breviformis^ Vdli, pyramidafus, Ziet., niger, List., etc., avec quelques débris de poissons. Celle assise correspondrait à celle que nous avons vue désignée sous le nom de macigno d*Auban^e dans le Luxembourg, et de grès roédio-liasique dans les départements de la Moselle et de la Meurthe.

Les marnes moyennes constituent une puissante assise d'argile marneuse, dont les caractères assez constants sont les mêmes que ceux des schistes d*Ethe et des marnes à nodules ovoïdes qu'elles repré-* sentent. Au nord-nord-esl de Carignan, entre Blagny et Cherbeaux, on les voit reposer sur Fétage suivant. Elles occupent le fond d'une grande partie des vallées de la Obiers et de la Meuse, et recou* vrent les schistes ardoisiers des environs de Maubert. Elles renferment du lignite, le Pentacrinites basait if ormis, Mill., des pinces de crustacés, Pholadomya decorata, Sow. , Mytilus scalprum, id. , M. Hillanus^ id., Pecten œquivaivis, id., Ammonites costatus^ Ziet, A. capHComus, Schloih., A. Tumeri, Sow., Belemnites trisulcatus, Ziei. , B. bisulcatus, id., B. breviformis.yoltz, Acti* nocamax fusiformis^ id.

Le calcaire sableux supérieur^ qui semble occuper l'horizon du calcaire ocreiix de la ;\Foselle et de la Meurthe, comme l'a indiqué M. Dewalque, renferme la Pholadomya Hausmanniij Gold., Lutraria unioides^ id., Cardium multicostatum, Phill., Cardinia Lister i^ Ag. (1), Mytilus scalprum, Sow., Af. Hillanus^ id., Avi~ cula inœquivalvis, id. , Pecten vimineus, id. , Gryphœa cymbium, Lam., Ammonites finibriatuSy Sow., A, copricomus^ Schlotb., A. kridion, id.. A, Tumeri, Sow., A. armatus, id.

Le calcaire sableux moyen renferme peu d'Ammcmites, mais beaucoup de Belemnites et plusieurs des espèces précédentes. On y trouve en outre la Lima duplicata . Desh. , Pecten acutiradiatus^ Munst. , P. textorius^ id. , Plicatula spinosa, Sow., Terebratula triplicata, Phill., T. variabilis, Sow., T, rimosa,

(4) Dans ces listes de MM. Buvignier et Sauvage, nous trouvons souvent des fofsiles cités à des niveaux différents de ceux où ils se montrent habituellement ailleurs. Cette circonstance tient-elle à une distribution un peu différente sur cette limite du groupe, ou à quelques erreurs de déterminations spécifiques? C'est ce que nous ne pouvons dir*.

iéê KOTRO t)B LA FflA^rCB.

de Buch, T. numismalts, t.am., Spirifa* tumidus, de Bach, 8, rostrattis, Schlolh. Si, comme le sup|>ose M. Dewatque, celle assise repr^'seiitc tes marnes sableuses de la Moselle el les marnes k Hippopodium ponderosum du dé|)arlemeiit de la Menrthe, le ^l-ès de Virton serait une assise intermédiaire; mais ropioion de M. d*Omalius (1), qui léunil ces deux calcaires sableux pour les mettre en parallèle avec ce même grès de Virlon, nous semble préférable quant à présent.

* Ct^ denx géologues s'accordent d'ailleurs pour réunir le calcaire êàblêux inférieur au troisième étage (leur étage Inférieur), el nous ne pouvons que nous ringer à leur a\is. Cette assise, composée de gi'ailds rognons lenticulaires de calcaire snhordannés au sable, est en effet caractérisée par les Cardinia concinna, Ag., depressa^ d'Orb., crassiuscufa, Ag., la Pinna Hartmanni, Ziel., P, diluviana^ id., Pecten corneus, Gold., Gryphœa Maccultochii, Sow., Ammonites Bueklandi^ id. , des débris de jioissons et de sauriens.

• Le calcaire à Gryphées arquées, qui vient dessous, a les caractères pétrographiques que nous lui avons ?us partout. Ses fossiles sont aussi les m(^mes, mai<, dans la liste de MM. Sauvage et Buvignier, nous ne trouvons indiquée qu*unc Ammonite indéterminée et point de Bélemniles. Enlin les poudingues de Saint-Menge, dé Ocvonne, d*Aiglemont, représentent le grcs inférieur du liai Ik occuperaient ici la place du grès de Martinsart (Luxembourg)* Ot>tnme Tônt admis M. d*Omalius et M. Dewalque, ainsi que celle do grès de Réilaiige (\lo.sel!e]. Los fossiles <|u*on y a cités se représentent tous dans rét<igc au-dessus.

Le relief généraLdu Iras des Ardennes est tel qaé ses divers étage^, à* l'exception du calcaire .sablent el de qnelqui^ partiel des marneS moyennes, n'offrent à Tubservateur que la tranche de leurs couchel Le calcaire sableux est celui qui atteint le niveau le plus élevé.

Les derniers rudiments des marnes du lia^c viennent aflicufèr, comme nous Pavons fait voir, au fond des vallées du Gland, entre Ohis et Hit-son (Aisne), au sud de Saint-Michel el près de Martin- Rient où elles sotU immédiatetnent recouvertes par les calcaires oolitblquês inférieurs (2).

^ (I) Buii.. V série, vol. XI, p. S58, 1884.

' (t) D'Archiac, Dmrnpt ^(f)(, du th'parti'nirnt de rAishc (.W/it. Stft.^i. dp Frannf^ 4" sérié, toi. V, p 381. pL «3, fi|. f-, aW earteau l/HOOOO% 4843).

OtOOfB 0U LUS. ktt

Mé Elle de Beaamont (1) a égaic^ment appliqué an Ardeàiidt rexposltion large et sataïue des tues qu'il tTait éniliies sur les autres parties du périmètre de l'ancien bassin jurassique qui nous occupci En poursuifant ses éludes comparatives entre les divers points de li ione du lias, il a retrouvé les principales assises caraclérisées cotmiie dans la Lorraine. Ainsi les marnes de Fiize et d*Amblimont représentent toujours cet horiaon des marnes feuilletées bitumideUfies à Posidonomyes, si constant dans toute la partie orientale du basBln depuis les environs d'Avallon. Elles sont accompagnées aussi de lignite et de pyriteSi et les lits de rognons^ ainsi que les bancs de calcaire argileux recouverts de marnes grises souvent ttilcacéesi représenteraient la couche à ciment romain de Vassy avec les marnes qui la séparent du calcaire à Ëntroques. Il en est de même des équivalents des calcaires nodulcux , des assises sableuses, calcarifères ou arénacées, analogues aux marnes sous* jacentes, et qui, passant derrière Garignan, »c dirigent vers Sedan et Mézières. Elles reposent sur le calcaire à Grypliées arquées* en présentant au N«-£. des falaises escarpées surmontées par les talus inclinés do la partie supérieure des marnes brunes. La citadelle de 8edûn est assise sur ces couches où sont ouvertes les carrières de Aomery, de Saint-Laurent et de Vivier- Guyon, prés de iMéxières. La Gryphœa cymbium^ les Pecfen discifoi^ig^ Schubl., textO' rius^ ftloDst., etc.» y sont très répandus. Quant au calcaire à Gry-* phées arquées, il n*occupe qu'une bande extrêmement étroite diri* gée exactement fi., O.» depuis Arlon jusqu'à loucsi de Gharlevillot et séparée seulement des schistes de transition par quelques grès et quelques poudingues plus ou moins développés que nous venons de décrire.

Conaidéré depuis les tôtes orientales du Gotentin jusqu'à rextré^- ^tamé aaitédes Ardennes oâ il disparaît, le groupe du lias nous a présenté souvent un développement comparable à celui des groupes qui lui ont Bueeédé. Noos avons ainsi retrouvé, dans les départements de la Manche et du Calvados, des rudiments assez faib'cs h la vérité, ouais suffisamment caractéiMsés des quatre étages. Ils n'ont c^'pendant pas tardé I s'évanouir successivement dès que nous nous sommes dirigé vers la pente teptenirtonale de l'axe du Mcrierault,

(<) t±plitûtf^

on, kAjt., Vêt. 1!, f. 421 et tuivÂâteé, et j^. Sl>^

kM NORD DE LA FRANCK.

au delà duquel nous n*en avons plus retrouvé de trace, avant d*avmr atteint les bords du massif de transition situé au midi d*AlençoD, et encore sur ce point, comme le long du terrain ancien du Maine et de TAdjou jusque dans le département des Deux-Sèvres, n'avonsnous eu à signaler avec certitude que des affleurements discontinus du premier étage ; nulle part n'apparaît le grand horizon da calcaire à Gryphées arquées ou du lias proprement dit.

Ce dernier revient au jonr dans toutes les petites vallées qui, an nord-ouest du massif granitique du Limousin, descendent dans les plaines du Poitou et du Berry, et il est accompagné par les dépôts arénacés du quatrième étage qui com menant à y montrer ces caractères mixtes que nous trouvons de plus en plus prononcés vers l'est. Les marnes supérieures sont à peine reconnaissables, mais, au fur et à mesure que de la vallée de l'Indre nous nous rapprochons de celle de la Loire, les assises supérieures et inférieures au calcaire à Gryphées arquées se développent pour traverser ainiti le départe* ment de la Nièvre.

En s'approchant du massif du iMorvan, le groupe commence à prendre, à sa partie inférieure, des caractères que nous n'avions fait qu'entrevoir sur les pentes des montagnes anciennes de la Vendée et du centre de la France. Le quatrième étage d'aspect très varié, et très épais par places, nous a offert ces phénomènes complexes dn passage des roches granitiques aux roches sédimentaires, et de leur liaison par les épanchemenls siliceux qui ont pénétré des unes dans les autres, apportant avec eux des émanations métallifères dont les produits se sont condensés dans les coquilles que la mer avait abandonnées sur la plage.

En même temps que ces accidents se manifestent sur le pourtour du Morvan au-dessous du calcaire à Gryphées arquées, ou remarque au-dessus tout un ensemble de couches dont nous n'avions pas aperçu de traces au sud. Le second étage du groupe vient reprendre la place que nous lui connaissions entre le upper lias shale et le blue lias seulement en Angleterre et sur quelques points isolés de la Normandie. Mais ici sa composition est beaucoup plus variée, el sa faune plus riche se subdivise, comme l'étage lui-même, eu plusieurs petits horizons secondaires également constants.

Ainsi reconsliiué dans toutes ses j)arlics et plus complet qu'en aucun autre point du bassin, le lias s'enfonce un instant sous le grand plateau oolilhique de la Bourgogne, pour reparaître avec tous ses caractères à l'extrémité sud-ouest des Vosges. A partir de

KÉSUMÉ GÉNÉRAL. kUl

là, il trace une large zone le long des dernières pentes de cette chaîne co s*appuyant sur les marnes irisées, et, après avoir traversé la Lorraine du S. au N., il se recourbe à ÏO. dans le Luxembourg el les Ardenncs, pour venir expirer avec le groupe oolîthique inférieur vers la \mi\ie occidentale de cette dernière région en s*appuyant sur les schistes ardoisiers. Celte zone, représentant exact, surtout quant aux trois premiers étages, de celle qui circonscrit le I^Iorvan, offre au géologue stratigraphe et paléontologiste an des sujets d*étude les plus intéressants qu*il puisse ren* contrer, eu égard au temps qui s*est écoulé entre les derniers dépôts du trias et les premières couches de loolithc inférieure.

Quant aux altitudes et aux caractères orographiques du lias sur tout le périmètre du bassin, les premières suivent celles que nous avons indiquées pour les groupes oolithiques, et les seconds sont peu prononcés, ainsi qu*on devait s*y attendre d'après la nature même des dépôts, mélanges en toutes pro|)ortions de calcaire, de sable et d*argilc, plus ou moins meubles, plus ou moins solides, et ne constituant jamais des masses continues d'une certaine épaisseur, résistantes sur une assez grande étendue, comme nous avons vu que cela avait lieu pour le groupe oolithique qui leur a succédé.

§ 5. &ésumé général.

En terminant la description de chacun des groupes dans lesquels se décompose la formation jurassique du nord de la France, nous avons résumé leurs caractères et leur développement sur le pourtour de cet ancien bassin. Il ne nous reste donc plus qu*à exposer en quelques mots les modifications plus générales que présentent ces mêmes groupes considérés dans leur ensemble ou comme un tout.

Mais on peut remarquer auparavant que si on les associe par deux, par trois ou par quatre, on obtient des résultats assez différents quant à leur répartition. Ainsi les deux groupes supérieurs, qui forment les deux zones concentriques internes, sont seuls complètement limités par l'enceinte du bassin, et leur bord externe s*appuie partout sur des plans inclinés vera son centre. Les deux groupes inférieurs, au contraire, au sud-ouest et à l'est, s'étendent bien au delà, en passant entre les montagnes anciennes de la Vendée et du plateau central, comme entre le massif du !\lorvan et la chaîne méridioRale des Vosges. De sorte que la distribution da»

IM NORD Dl Là FRARa.

eitii de la période jurassiqae ancienDc, qoi correspond atti deot groupes infériears, était bien différente de ce qu'elle fut ensoiie dans la période jurassique récente, qui correspond aux deui groupes supérieurs. Durant la première, un large bras de mer isolaîi It massif de la Bretagne et du la Vendée de celui du Limousin et dt TAuTergne» et un autre s'étendait entre le Morvan et les Yo«gei. Durant la seconde, ces anciennes terres se trouaient réunies par des isthmes bas, et alors seulement furent deninés et fornaés lis contours du grand golfe qui reçut successiTcment les dép6ts juras* siques supérieurs, puis toutes les séries crétacées, tertiaires et quaternaires.

La dbtribution du troisième groupe diflère, comme on ¥ient de It foiri de celle des deux premiers; mais» dans l'état apparent des choaesi elle se dislingue aussi de celle du quatrième par sa conti» nuité parfaite à Tcndroit des deux bras de mer précités» Au sud* ouest, le lias se naontre seulement au fond de quelques VaHéea» précisément comme pour témoigner du |ieu d'épaisseur de la for* malien et de la préexistence d'un haut fond rocheux entre les musîb montagneux qu'il sépare ; à l'est, il est plus complètement masqué sous un dévelop|)oment beaucoup plus considérable aussi du groupe ooliihique inférieur.

Malgré Textension fort différente des deux premiers et des deux derniers groupes, il résulte, de la manière dont nous avons limité le bassin puur notre de.sct ipiiou* que les couches des uns et des autres plongent toutes vers son centre. Mais il b'en faut de beaucoup que les inclinaisons cl les altitudes soient |iertout les roftmest et, si nous prenons à la fois en considération le nombre des étages dont chaque groupe se coiupose, l'éimisseur et la largeur des baudes tuiterficielles qu'ils occupent, nous pourrons, en négligeant le Bas-Boulonnais et le pays de Bray, reronnaîU*e trois zones gée* graphiques ayant des caractères asseï différents i nous les désire* rons sous les noms de sones ouest^ sud et est.

La lone ouesii qui s'étend des cGtes de la Normandie I la valléa de la Loire« n'a une certaine largeur que le long de la c5te iDtoe« dt l'embouchure de la Seine à Valognes, puis elle se rétrécit brus* qoement vers le jyerleraait, en môme temps que le sot s'élève verl le è. Dans cette première partie, la Kérie entière est asset Quifer* mément développée* mais, toutes proportions gardées, les groupas aupérieurt le sont plus que les inférieurs, et Jes caractères des «ni aa iei iiitna itet enoore jaaei comparablea k ce «» Ton ohaina

llÈSUllB CâNÉRAL. hhï

de Taôtré côté du déiroil. Au delà de Taxe do Merlerault et jusqu'il la Loire, U zone devienl de plus eu plus rélrécic, découpée, à bords iinueux Cl inéguliers. Les groupes supérieur et inférieur sont rudituentaires ; le second y aiïecto des caracières péirographiqucs dilMrents de ceux du nord ; le iroisiôme seul est plus constant.

Le relief de celle zone lui est propre et sans aucuue analogie àV6c télui des deux autres; il consi>té dans les deux plan!» qui s'abaissent en sens Inverse b partir de Taxe du Merlerault : Tun au N.-N.«B. Ver« la côte, Taulre au S.-S.O. vers la Loire, de telle sotie que les «souches qui atteignent une altitude de 321 mt'trcs, le long de l'axè ifiêine, |ilongent au K. sous la nier» et au S. sous le lit de la Loll^. Ce relief est sans doute en grande partie postérieur aux dépôt! Jurassiques, mais tout porte à croire qu'il élait déjà indiqué par quelques hauts fonds lorsque ces derniers se formaient^ Gt surtout k lé fin de ta période où, comme le dit M, Élie de Beaumont (i), il aura contribué & l'extrême minceur* el Ui6me à l'absence complète des étages les plus récents.

La Èone sud, peu étendue comparativement aux deut autres, est comprise entre le Thouet à l'ouest et le Cher à Test. Abstractloil faite de» dépôts tertiaires qui la masquent çè et là, elle est cepett«* dant assez large^ mais son relief est très unifbrme, ses petite! au N. sont toujours normales, et ses altitudes, très faibles partouti n'atteignent pas 200 métrés sur le plateau qui forme le partage des eaux d(} la Loire et de la Charente. Sa composition est aussi kl plus simple. Le groupe supérieur y existe à peine vers l'est, là oH commence la troisième zoiiej le second groupe y affecte des carat* téres particuliers, dilTérents i\ la fois de ceux qu'il présente dani teadeut portions de la zone ouest ; le troisième y est plus uniforme que partout ailleurs, mais peu épais et caractérisé surtout paf l'abondance de la silice à divers états ; le quatt ième, également petf épais, se rédoit souvent au troisième étage et à quelques rudiméUtl do quatrième.

Zone est. Les changements qui commençaient à se manifester dans la vallée de l'Indre prennent plus d'importance dans les plateaux qui bordent le Cher, et, des deux côtés de la Loirc« tous les groupes se relèvent et se développent dans leurs diverses parties, tesquellés se càlnctérisent et .se diiïéreticieui de plus en plU^, Son! te rapport péti'dgrdphiqnc et zoologique, eh même temps qu'elles se

(\) Expltcaiion, etc., vo\. 11^ p, éÈQ. . ~ . ; .. i.i

A&& KORD DE LA rBAMCK.

séparent plos nettement par leur relief. Sur les limites da NÎTernais et de la Bourgogne commence celte suite de terras>es cou* cenlriqiies présentant leur conca\ilé à l'O., qui s*étendent comme de larges rubans à traders la Bourgogne et la Lorraine, pour venir se replier vers TO., au pied du massif ancien de FArdenue. Dans cette étendue, chaque groupe ac(|uicrt sa plus grande épaisseur, le plus grand nombre d'éiages et de sous-élages, sa plus grande extension horizontale et son maximum d'altitude (/i50, 496, 500 et 608 mètres). Les départements de TYoïine, de la Côte-d*Or, de la Meuse, de la Haute-Marne, des Vosges et de la Meurthe, présentent ainsi la formation jurassique dans son développement le plus complet, et les coupes ci-jointes (pi. I, fig. 6, et pi. II, ûg. 1 et 2)t que nous empruntons à d'excellentes monographies, sont destinées è faire apprécier ces divers résultats (1).

Si Téiude de la zone jurassique d'Angleterre , située au nord» ouest de celles que nous venons de considérer, nous a frappé par Tuniformité, la régularité et la comparabilité^ si l'on peut s'exprimer ainsi» de la plupart des pliénomènes généraux qu'elle présente, circonstances qui nous l'ont fait prendre comme terme de comparaison, l'examen des bords opposés de l'ancien golfe qui comprend le nord de la France nous a plus frappé encore par la variété et la complexité des phénomènes qui s'y sont passés dans le même temps. Cette diversité des résultats est due sans doute à la disposition très variée des côtes, à leurs contours très accidentés, aussi bien qu'à la nature des roches qui les constituaient, et à la différence de profondeur des eaux sur les divers points. Ainsi considérée dans son ensemble, la formation jurassique du nord de la France et de TAngleterre offrait, par le concours de toutes ces données, un véritable intérêt pour la connaissance de cette partie de la période secondaire, ce qui justiûera, nous l'espéi^ons, aux yeux du lecteur, l'extensioD qu'ont prise les deux premiers chapitres de ce volume.

(I) En comparant les hauteurs absolues qu'atteignent, sur divers points du môme bassin, des dépôts contemporains, soit tertiaires, soit crétacés, nous avons fait ressortir la nécessité d'admettre des mouvements du sol plus ou moins lents, fréquents et inégaux, postérieurs à ces dépôts. Ces différences de niveau, très rarement sensibles à ToBil, et plus rarement encore en rapport direct avec des dislocations apparentes aa dehors, s'observent aussi lorsque Ton compare les diverses altitudes qu'atteint une couche jurassique quelconque sur le périmètre de ce bassin, et conduisent à la même expli* cation, quant è leur cause première.

A^PBNDtCt. &A5

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