‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 138 sur 166 · VI · texte numérisé non relu

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divisions bien motivées, que Ton a pu éUbtir la série nonnale des otages d'une formation. Se prévaloir de ces caractères négatifs on incomplets, pour rejeter les coupes admises dans les pays où la nature a pris soin de les tracer elle-même de la manière la plus évideote, serait une marche peo rationnelle.

Les accidents qui ont donné au sommet de la D61e ses fonnes et son aspect actuel ont été, comme on Fa tu {enté y toL IV, p. 543), diversement interprétés; nous n'avons donc point I revenir sur cette circonstance. M. Studer (i), en reprodoisant la coupe de Rippe I Premanon qui passe par la Dôle, et donnée d*abord par M!tf. Lory et Pidancet (J), ne se prononce pas sur le vériuble horixon des calcaires formant les parties supérieares de la montagne, et qui seraient ou de Tétage de Portland ou de celai dm coral-rag. Entre Saint*Laurent et la Chaux du Dombief (Jora), le môme savant (p. 305) a observé, plongeant sous les calcaires néo- Gomiens, un calcaire blanc crayeux avec des Nérinées, et qu'il présume appartenir au Portland-stone, puis nue dolomie formant une arête prononcée, un calcaire grossièrement oolitbique, un calcaire compacte, gris de fomC*e, taché de noir, enfin une marne grise avec Pholadomya Protêt , Terebraiula biplicata , et plusieurs Modioles. Cette petite série paraît appartenir encore ao groupe supérieur. Non loin du lac de la Chaux, des couches presque borîxoutales de calcaire blanc ou gris dair, avec des Nérinées, des Térèbratules lisses et des échinodermes, appartiendraient encore an même groupe qui constitue le pays jusqu'au delà de l'Ain. Presque partout ailleurs recouvert de dépOts quaternaires, il réparait autour de Clairevaux* Département ^"^ '* ^^'^ géologique di la France^ où le groupe supérieur a été plus nettement séparé du suivant,«on remarque qu'il se continue dans le prolongement du Reculet jusqu'au fort de l'Écluse, où il est brusquement interrompu par la fente profonde que traverse k Rh6ne, et il peut être encore suivi au deU dans la Savoie. Il forme plus \ l'ouest les montagnes des bords de la Semine, et une longue bande qui, preuant aux environs de Clairevaux, descend au S. en suivant le cours de la Bienne. puis celui de l'Oignin, passant par Oyonuex, Nantua et HauteviUe. Cette bande s'élargit à la hauteur de Yirieu-le«Grand, tourne autour du massif de mollasse de Bd-

TAie.

a] Géologie lier SchweiZy vol. II, p. 303, <853. (î) BiilL, %* sér., vd. V, pL I, fig. 4, «, 4 847.

GROUPB OOLITBIQUE MOYEN. 627

ley pour joindre, d'une part, le pont de Beau voisin, et remonter, de Tautre, la rive droite du Rhône jusqu'au delà de THuis.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur cette partie méridionale du Jura n'y mentionnent pas de roches plus récentes que l'étage du coral-rag. Sans rien préjuger sur cette question en l'absence de documents suflBsants, nous renverrons à la section suivante les détails publiés sur cette partie de la géologie du dé|)artement de l'Ain, en faisant remarquer cependant, à l'appui de l'opinion exprimée graphiquement sur la Carte géologique de la France^ que l'existence du groupe supérieur sur la rive gauche du Rhône, dans le canton de Morestel (Isère), doit faire présumer qu'il ne manque pas non plus sur la rive opposée* Toute la partie sud-est du département du Jura^et la partie orientale de celui de l'Ain sont donc encore à étudier sous ce rapport. On peut dire seulement ici que si les étages de Portland et de Kimmeridge y sont représentés, ils doivent y avoir des caractères assez différents de ceux que nous leur avons vtis dans les départements du Doubs et de la Haute-Saône, et très sem^blables au contraire à ceux du coral-rag.

§ 3. Groupe oollthîque moyen.

Descendant plus au sud que le groupe supérieur, le groupe ooli- Depanenieui thique moyen commence dans le massif qui borde la rive droite de „ . **! , . la Saône entre Mâcon et Tournns. Sur la Cctrte géologique de la (p»»"»»" France, il a été réuni an groupe inférieur, et M. Manès (1) en a jugé de même, car il dit, en parlant des calcaires qui composent son terrain jumuique, * tous appartiennent à l'étage inférieur de i'oolithe. • Sur sa Carte géognostique de la masse de montagnes qui sépare la Loire du Rhône et de la Snône (2), M. Rozet n'avait aussi représenté que par une seule teinte toutes les couches jurassiques postérieures au lias, mais il avait fort bien séparé, dans le texte de son mémoire (p. 125), le coral-rag et l'Oxford-clay des assises plus basses qu'il désigne sous le nom de grande formation oolithique. « Aux environs de IMâcon, dit-il, de Tournus, de Buxy» • de Saint-Désert, de Givry* de Chagny, etc., les calcaires schis-

(4) SfatisL jiiinér., géol. et niifiêraitny, du (léfjartcincNt de Saône^el-Loire^ p. 147, in-8, Mâcon, ISi*^. — Cf/i tr ^cotug/fjiw r/u département de Saôna-ct'Lnhe, 4 845,

(2) Mém. Soc, géot, de France^ 4" sér*, vol IV, pi. 5, 4 840.

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> toîdes de la grande oolilhe supportent une assise marneuse 9 bleuâtre, généralement peu épaisse, dont les fossiles soot ks » mêmes que ceux de Targile d*Oxford. Sur cette assise reposent

• des calcaires compactes (coral-rag) qui constituent toutes les col-

• Unes allongées dans le sens du S.-0. au N.-E., qui bordent b » Saône depuis Mâcon jusqu'à Tournus, et forment une bande très n morcelée entre Saint-GengouxelCbagny. >• Depuis lors, M. Y: Thiollière (i) a mentionné la présence de fossiles de TOxford-clay supérieur près de Tournus et de AJâcon, et celle du coral-rag dans le même département.

Les calcaires compactes et à oolithes oviformes qui constituait le quatrième groupe de M. Manès (p. 15^), recouvrant son groupe de la grande oolithe^ forment les dernières collii^ dépendante de sa première région jurassique^ celles de Cbagny à Saint-Désot, puis un dépôt peu étendu au Colombier, quelques lambeaux morcelés à Test de Dulpbey et de Saint-Sorlin, ainsi que le dépôt pins développé des environs de Tournus, et tous nous semblent appartenir au groupe moyen de la formation tel que nous le considérons. Leur puissance varie de 30 à 60 mètres, et ils comprennent des calcaires compactes litbographiques, des calcaires à oolithes miliaires, jaunâtres, avec des nodules de calcaire compacte et àés calcaires à oolitbes grossières, blancbes, enveloppées dans une p&ie crayeuse.

Plus récemment MM. Bertbaud et Tombeck (2), qui sans doute ne connaissaient pas le passage du mémoire de M. Rozet que nous avons rapporté, et qui ont cru que M. Manès n'avait rien observé dans ce département au-dessus de la grande oolitbe, ont publié sur les environs de Mâcon une note accompagnée d*one coupe dirige E., O., depuis la Saône jusqu'à la Rocbe de Yergisson. Cette coupe fait bien connaître la composition de la partie du versant de la chaîne du Beaujolais qui longe la rive droite de la Saône.

Les auteurs ont constaté que les coucbes, en général très régulièrement stratifiées, se succédaient sans discordance, et présentaient une série complète des divers étages jurassiques , depuis le lias jusqu'à une assise argileuse avec des cbailles qui recouvre le coral-rag. Les strates sont inclinées à l'Ë. de 20* à 25*", et coupés par deux failles dirigées N., S., à peu près parallèlement au cours de

(1) BulL, 2« sér, vol. V, p. 34, <847. (8) Ibid., vol. X, p. 269, 4853.

GROUPE OOLITHIQUB MOYEN. 629

la rivière. L'une est visible à la montagne de la Grisière, près de MâcoD, où le calcaire ronge à Enlroques se trouve amené au contact des argiles avec chailles et silex ; l'autre, plus éloignée de la Saône, travei-se la route au delà et à la descente de Gbarnay. Par suite de ces deux dislocations et du plongement des couches, on voit, lorsqu'on se dirige de !'£. à 1*0. , les diverses assises affleurer successivement et se représenter à trois reprises.

MM. Berthaud et Torobeck ont décrit de baut en bas, ou en allant de l'E. à l'O. , la série jurassique que nous donnons ici en entier, sauf à y renvoyer lorsque nous traiterons des groupes plus anciens. On peut regretter seulement que la puissance des étages ne se trouve indiquée nulle part.

4. Argile avec chailles, blanche ou rouge&tre, très pure, renfermant

des boules ou nodules de silex creux, diversiformes (chailles). Cette assise n*est pas l'équivalent des argiles à chailles de la Franche-Comté. Les fossiles y sont rares, et son classement reste douteux.

2. Coral-rag ou calcaire compacte, quelquefois oolithique en haut, blanc, crayeux* ou cristallin en bas, renfermant le Pterocera Océan i, Brong., Nerinea Desooidyiy d'Orb., Ostrea solitaria, Sow., Trigonia Mcriam\ Ag., Terebratula subsella^ Leym. , Hemicidaris ovijera, Ag.

5. Oxford'clay composé d*une série puissante de calcaires très

compactes, jaunâtres, à grain fin, alternant avec des lits de marne de plus en plus nombreux à mesure qu'on descend, et dominant tout à fait vers le bas, où ils constituent un calcaire marneux gris, puis une marne tendre avec Ammonites corda-tus, Sow., Belcmnites hastatus, Blainv., Pcntacrinus pentagonalis. Cet étage avait été compris par M. Manèsdans la grande oolithe, son troisième groupe, sans do.ute, parce qu'il n'y avait pas rencontré de fossiles tels que les suivants, cités encore par MM. Berthaud et Tombeck : Dysaster ovalis et capi stratus, Ag., P/ioladomya flabellata, id., Trigonia clavellata^ Park., Plicatula tubifera, Lam., Gryphœa ililatata, Sow., Ostrea gregaria, id., Terebratula trigonclla^ Schloth., T, vicinalis, id., T. ifisignis, Schtibl., Bclemnitcs hastutuSy Blainv., /////monites biplex ou plicatilis^ Sow .

^> Kelloway-rock comprenant des calcaires plus ou moins compactes avec du fer oolithique, les Ammonites coronatus, Brug., Jason, Ziet., anceps. Rein., atlilcta, Phill., etc., et, vers le bas, des calcaires marneux, tendres, en lits minces, et des calcaires compactes alternants {Ammonites mnvrocepluilus, Schloth). Par plusieurs de ses fossiles, ce sous-étage se rattache à rOxford-clay, mais quelques autres, particuliers' à cet horizon, justifieraient le rapprochement qu'ont fait les auteurs.

5. Grande oolithr ou calcaires jaunfttres, ragneux, pins on moioi

•ableui, dure ou tendras, souvent fendillés, avec NucletUîiet clunicHlaris^ Blainv., Holectypus depressusj Àg., Drsasier bicordatus^ id., Photadomya Fe^elayi^ Laj., Âvicuia //wpya/valvis^ Sow., A. cnstata^ id., Ostrea costata, id., Terebratula (juadripUcata^ Ziet., décora ta ^ Schlotb., spinosa^ Sow., orbiculfirii^ id., coarctatOy Park.. Ammonites buliatns, d'Orb., disais ^ Sow., hijtcxaotui^ d'Orb.

6. OoUtlie inférieure formée de caloairas durs, cristallins, rouges

et ferrugineux, ou blanc grisâtre, remplis de débris de crinoldes, avec Trigonia cvstata, Sow,, Lima proboscideaj iû., Pectcn articulants^ Schtibl, Ostrea Marshii, Sow., Terebratula perava lis id., Phillipsii, Dav., Nautilus iruncaiuSySow.^ Beirmnitrs gigantcus, Scbloth., unicamaliculatus^ Hartm.,^»monites Murchisonœ, Sow., Braikenridgi^ id., Blagdeni^ id.

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