BASSINS DE LA SAONE ET DE L'AIN
Dif position génënile
de»
groupes.
Les limites des bassins hydrographiques de la Saône et de l'Ain, qui |)euvent être considérés comme un tout, puisque ces deux rivières courent dans le même sens, et se jettent dans le Rhône à peu de dislance l'une de l'autre, comprennent la presque totalité de ce qui nous reste à étudier de la formation jurassique de la France.
(1) Bull,, 2«sér., vol. IX, p. 236, 4 852.
BASSINS DE LA Sa6nB ET DE L*AIN.
Elles embrassent ii i*ouesi les montagocs du Beaujolais el le versant oriental de la Côle-d*Or, au nord les collines de la Haute-Saône, à Test presque toute la portion française des monts Jura, et elles sont naturellement marquées au sud par la rive droite du Rhône, depuis le fort de TÉcIuse jusqu'à Lagnieu.
Les quatre groupes de la formation sont disposés dans cet espace d'une manière peu symétrique, quoique allongés généralement dans le sens de son grand axe. La vaste nappe de dépôts tertiaires et quaternaires, qui en occupe le milieu ou le bassin de la Saône, depuis Gray jusqu'aux portes de Lyon, interrompt la continuité des couches en les recouvrant, de sorte que c'est sur son pourtour qu'affleurent les diverses séries de straies dont nous allons nous occuper.
Le groupe oolithique supérieur parait manquer sur la paroi occidentale du bassin ou le long du versant oriental des montagnes du Beaujolais et de la portion sud de la Côte-d'Or. il commence seulement à se monurer dans la partie nord de cette dernière chaîne, sur les bords de la Tille , de la Yingeanue, puis dans la vallée de la Saône, de Pesmes jusqu'à la hauteur de Yesoul. Dans la vallée de rognon, il forme une bande fort étroite qui accompagne la rivière à peu près entre les mêmes parallèles. Plus à l'est, dans le bassin du Doubs, il occupe un triaugle que parcourent le Donbs et ses affluents , limité entre Clairval , les environs de Porrentruy et ceux de fielfort. Ainsi, dans ces trois régions, il se trouve, par rapport aux autres groupes, dans les portions déprimées du sol, celles que suivent les principaux cours d'eau ; dans la région orientale du bassin , au contraire , dans celle des monts Jura proprement dits, ce même groupe occupe, d'après la Carte géologique de la France^ les portions du sol dont le relief est le plus prononcé, le plus accidenté, et qui a voisinent le grand escarpement oriental de la chaîne bordant la vallée suisse. Les auteurs de la Carie géologique de la Suisse ont réuni, sous une même teinte marquée du signe J^, les deux groupes supérieurs (1).
Le groupe moyen, déjà bien caractérisé dans les collines des
(4) Carte géologique de la Suisse^ par MM. B. Studer et A. Escher de laLinth, en 4 feuilles, 4853. La légende des couleurs de cette carte indique, dans le terrain jurassique, les quatre divisions principales suivantes : Jura supérieur ou portlandieny J* ; Jura moyen {corallien et oxfordien)^ J? ; Jura injérieur {callovien^ bathonien VI. 39
MQ EST pB \^ FRANC|.
environs de Mâcon, puis de la Rochepot dans la Ç6^e-4*pr, ^ montre ensuite sur les points élevés de cette dernière cbaioe ep remontant au N., et circonscrit presque constamment vers TE. les diverses portions du groupe supérieur que nous venons d*indiquer. Pour les auteurs de la Carte géologique de la France^ il borde d'une manière continue à i*ouest tout le massjf des monts Jura formé par le premier groupe, et circonscrit une multitude de dépressions longitudinales ouvertes dai^s ce même massif! ^r la Carte géologique de lo Suisse, où Ton a colofié d'une poème teinte, consacrée au premier groupe, le corai-rag e^ TOxford-clay en y ajoutant le signe J^, le second semble au contrjiire constf^u^r | lui seul la presque totalité du inassiL
Le groupe oolithique inférieur, le plus étendu et le plus développé des quatre, commence aux environs de Lyon, règne constamment à partir de Mâcon sur le pourtour du bassin de la Saône qi^'^I circonscrit ainsi complètement, recouvert ou non par les précédçyits, mais manqué, dans tout l'espace qui sépare les montagnes dp pb^ rolais et de la Côie-d'Or de celles de la Franche-Comté et du ^pra, par les dépôts quaternaires et tertiaires de la Bourgogne et 4^ |a firesse. Ainsi, excepté dans la partie norcf du bassin, c'es(-^-^re dans la Haute-Saône, où les trois groupes oolitbiques se recouyr^ji^ d^une manière normale par rapport à Tinclinaison actuelle du çql çjii K. au S. , sur le reste de son périmètre, les rocbes sont disposég» en sens inverse de leur ancienneté, relativement à l'axe de la grande dépression qu'arrose la Saône. Dans le massif même du Jura, {^ troisième groupe occupe le fond de nombreuses vallées loo|;itod|nales dont les parois sont formées par les deux premiers.
La disposition générale que nous venons d'indi(|ue^* ,4^^^^ BIh^ sensible encore si l'on remarque celle qu'affecte le lias le long di{ bord oriental du bassin. En effet, ce groupe ne se montre sifr c^^^ lisière extrême queparlambeatix ou en bandes étroites, (|ue|jifiefoi$ accompagnées de la partie supérieure du trjas, constituant comme des regards naturels généralement allongés du N.-£. au S.-Q., taudis qu'au nord, au pied de la chaîne méridioi^ale des yosges, il forme une zone sinueuse, continue, plus ou moins large, régulièrement placée entre les marnes irisées et le groupe oolithique inié-
et bajocien), J^; lias, y ; puis deux autres signes, dont Tun marque des dotomies jurûssiqucs et liasiquesy J ; Tautre te terrain juraisique et calcaire in df^ ter mi nés y j|.
GROUPE OOLITHIQUS SUPÉRIEUR. 6)1
rieur. Au nord-ouest, le lias afOeure raremeul, depuis Longéau, sur la route de Prauthoy à l^ngres, jusqu'aux environs de SombernoD. si ce n*est au fond d'aufractuosités qui avoisinent Taxe de la tôle d'Or, là où les dislocations ont éié le plus prononcées. Au sud, le lias accompagne, plus on moins constamment en les bordant à Touést, les trois groupes oolilhiques (|u*il sépare du trias ou des autres roches jusqu'au delà de Mâcon. Enfin, sur la rive droite de la Saône, dans la dernière partie de son cours, il forme encore une bande considérable et bien caractérisée occupant la même position. Nous suivrons, d.ins fa description des quatre groupes, un ordre par idc'partement, en remontant d'abord du S. au N., dans la zone occidentafe, puis en nous dirigeant à TE. è[ au S., sur le reste du pourtour des bassins de la Saône et de fAin.
§ ?. Groupe ooHthiqae rapértetir.
1)90$ la for^t de Velour3 et daus le bois de }larsannay, au nord p<ifis^qi«Di 4^ UyoQi dit U. {lozet (1), on remarque, sur les calcaires du coral- uÔm^Rr rag, des lambeaux de calcaire scliistoîde rempli A'Exogyra virgula oîSîiuîiV qui représentent les derniers sédinients jurassiques de ce pays. 4iU^urs ceux-ci sont composés de maroes et de calcaires avec Exogyra virgula qui acquièrent une certaine puissance, mais sans être cependant jamais très développés dans toute la contrée que dous 4écriyons. Kn effet, le groupe supérieur, tel que le coropreod M. G. de Nerville (2) et comme on en peut juger d'après sa belle carte géologique , n'occupe qu'une surface peu étendue daus la paftlç $j9p(entrionale du département de la Côte-d'Ûr, et, quand il ^t le plus complet, $00 épaisseur ue dépasse pas 50 à 60 mètres. }| copiipence à s!é|pver de dessous le coral-rag k ^ kilomètres ao epprd d^ pijop, s'étend d'/^snières à Spoix, dans la vallée de la TiUe, ^ couMnge à l'est par Bèze, formant les bords de la Yiogeanoe jfjsilij.'à ^lirebeau et Jaqcigny, pour se prolonger ensuite daus l6 dépaciement de la H^ute-Saôue.
Mém, Soc. géol, de France, ^'* sér., vol. IV, p. 425, 4^40.
Carte géologique du dt^partement de la Côte-d'Or^ en 6 feuilles, et une de coupes au 4/80,000% 4 852 (voyez coupes 4, 5 et g). — Légende ex/ilicathe de cette carte, p. 40,' in-8, Pafisf 44Ç3. — Voyez aussi, Payen, Géologie de la Côte-d'Or (tés deux Bùki-^ gagne; 48â8).^ — Journ. d*agric. de la C^rc-c/^Or; juillet 4S54'. — ^«//., %• sér., ▼ol. Vlll, p. «09, 4854 .
DépnUÊÊtM
f)12 EST DK LA FRANCS.
iNous coinprfiioiis en outre, dans ce groupe, Tassise à Pterocera Oceani que l'auteur place dans le suivant, et qui foroie pour nous la base de Tétage de Kiwmeridge. C*est un calcaire jaonâtre^ points verts, 4 grain grossier, grumeleux, sableux, coquillier, d*oiie épaisseur totale de 10 mètres. Au-dessus est une assise mamease, blanchâtre, aussi de 10 mètres, caractérisée par VExogyra mrgtda^ et qui passe \ des bancs de calcaire marneux, minces, jannes, quelquefois à Tétat de lumachelle. Ces assises, que M. G. de Nerville compare \ Tétage de Kimineridge, sont surmontées d'an calcaire compacte, jaunâtre, souvent bréchiforme, en bancs épais, mal stratiGé, perforé en divers sens par des tubulures sinoenses. Leur épaisseur est de 25 \ 30 mètres, et ils sont employés comme pierre d'appareil. Cet ensemble de couches disparaît sons les sables, les argiles, les marnes lacustres et les conglomérats de la ptaine, rapportés par Tauteur au terrain tertiaire moyen (1).
L'une des premières monograpliies géologiques qui aient été tVniT publiées en France se trouve être aussi Tune de celles où* ce genre de travail a été le mieux compris et le mieux exécuté ; c'est la Statistique minéralogigue et géologique du département de la Haute-Saône (2) que l'on doit à M. Thirria. Le savant ingénieur a fait précéder la description des groupes jurassiques de ce pays par quelques généralités que nous reproduirons afin de mieux préciser ce que nous avons dit très sommairement de leur position au pied sud de la chaîne méridionale des Vosges.
Les assises oolithiqnes de la Haute-Saône reposent partout sur les marnes du lias, et sont recouvertes, joit par le minerai de fer pisiforme, soit par des dépôts tertiaires lacustres, soit encore par d'autres plus récents. Leur stratiGcation est régulière (p. iZk), et elles inclinent généralement an S.-S.-O., sous un angle qui Tarie de k^ à lO"", n'offrant que rarement des contonrnements, des flexions ou des contre-pentes. Leur puissance est variable ; parfrâ certaines d'entre elles s'amincissent beaucoup, puis manquent tout à fait Les assises supérieures montrent ordinairement les altitudes les plus faibles, par suite de la superposition à niveau décroissant
(4) Voyez aussi Giroux, Observations sur diverses pariies de la Côte-JOr (BulL, %• sér., vol. II, p. 86, 4 844).
{%) In-^, avec carte et coupes, Besançon, 4833. — Notice sur le terrain Jurassique de la Haute-Saône (Mém. Soc, d'hist, nmi, de Strasbourg, vd. I, 4830, avec carte).
GROUPE OOLITHIQUE SOPÉRISUR. 613
do N. au s. Ainsi Télévatioa la plus considérable au-dessus du niveau de la mer est celle de la grande oollthe qui est de Ulk^,91 à la montagne de Noroy-l* Archevêque, et la moindre est celle des calcaires de PorUand à Bray-les-Pesmes, qui est de 195.
Les divers étages ont été affectés par des failles dirigées du N.-E. aq S.-O., qui ont interrompu la continuité des couches, changé leur niveau relatif, de telle sorte qu'on passe brusquement de Tune à l'autre quand on marche perpendiculairement à leur direction. M. Thirria énumère 8 ou 9 des principaux accidents de cette nature. Les strates se relèvent parallèlement au versant sud de la chaîne méridionale des Vosges, entre Belfort et Plombières, et Ton peut attribuer celte disposition au dernier épancbement des roches ignées de cette chaîne. 0*un autre côté, les failles précédentes étant à peu près parallèles à la direction de la Côle-d'Or et du Jura, il est probable qu'elles sont dues aux phénomènes qui ont soulevé ces dernières.
L'absence dans la Haute-Saône de voûtes saillantes complètes ou brisées, et interrompues suivant leur axe, voûtes que nous verrons û fréquentes aux environs de Besançon et de Porrentruy, fait également présumer que les agents de dislocation y ont été beaucoup moins énergiques. Les divers étages qui constituent la formation sont d'ailleurs parfaitement concordants et liés entre eux par des passages plus ou moins insensibles. Ils forment des plateaux paraboliques, des promontoires plus ou moins élevés, des croupes arrondies, et des escarpements abruptes suivant les roches qui les composent. On y observe souvent de vastes dépressions circulaires, semblables à des cirques, dans lesquels s'engouffrent les eaux pluviales, et d'où elles reviennent au jour après un cours souterrain plus ou moins étendu.
Le groupe oolithique supérieur du département de la Haute- Saône s'est déposé dans des dépressions allongées dont le grand axe est parallèle à la ligne de plus grande pente de la formation. Il occupe quatre bandes : la première, située entre Cornot et Roche ; la seconde entre Grattery et Essertenne, se prolongeant dans la Côted'Or jusqu'à Vielverge ; la troisième règne sur les bords de l'Ognon entre Bonlt et Sernay, s'étendant dans le département du Doubs
Cn'à Bellefontaine, et la quatrième se développe dans le même in entre Chassey-lez-Montbozon et Cirey, se continuant dans le même département jusqu'à Gendrey et Montcey. Ge groupe, d'une épaisseur totale de &8 mètres, est caractérisé par la présence
PMtland,
6U EST DB Là FHANCS.
ae plusieurs ostracées , en ire autres ae VExogyra virgiùa qui s^ montre dans toutes les assises. Il se divise en deux étages (1), celui de Portlaiici [calcaires port l and ier\$ de l'auteur) et celui de Kimmeridge (calcaires et marnes à Gryphées virgules). Étage L'étage de t^ortland se compose de couches alternantes de cal-
**• caîres compactes, marneux et oolitliiques, renfermant peu d*Exogyres, mais |)eaucoup d'autres fossiles. Leur épaisseur est d'euTiroo ^7 mètres. Les calcaires compactes sont blanchâtres, grisâtres ou
i'aunâtres, à cassure à la fois conchoîde et csquilleuse, souvent celuleux, à structure tuberculeuse. On y trouve des veines de calcaire spalhique, et les bancs épais sont séparés par des lits de maroe grise ou verdàtre. Ils sont caiaciérisés par la Nerineasuprajurensis^ Voltz. Les calcaires marneux sont schisteux et blanc grisâtre. Les bancs épais alternent avec des lits minces de marne grise. Ils passent souvent aux précédents et aux calcaires oolithiques. Ces derniers, également marneux, sont un peu schisteux et gris jaunâtre, en bancs minces, alternant aussi avec des marnes. Les Nérinées s*y trouvent comme dans les variétés dont on vient de parler, mais les autres K»siles y sont plus répandus. Cet étage est particulièrement (lévetoppé i Fresiies-Saint-Mamès, à Montoi et à Charriez, puis auf environs de Chargey-lez-Gray, de Monthureux, de Traves et de Fleurey,
Les calcaires dans lesquels sont ouvertes les nombreuses carrières du plateau situé à gauche du chemin entre Quentry et Fresnes lioi ont piïert les fossiles suivants qui sont les plus caractéristiques cet horizon (2).
Étage
de
iUmmerUlge.
Pholadomya concinnn^ Ag.?, P. rostmiis, id., P. indët.i fà{)f)é- .lant UQ peu la P» ventricosa, îd., Jrcomyd /lehctica, id., Isoeûrdia cxa'/ttn< n^\o\iz [Ceronya^ ïd.^ \^.\ Isncaniia iodét., Xftracia supvajurensis^ Desh., Cardîum disshnilt\ Sow., Mytilus pectinaitts^ id.,. /V. jurtnsis. Mer., Rronn (non Roem., d^Orb.^ etc.), ^. îndé- (tvm.^ Pfrnn inytiloidcs^ Lam., Piiinl<^rnn, Spondylus'^ vbisltl (Ju S. vi'lrttusj Gold., Nucula^ forme de la N. ^if^antva^ Roem., TV/rhratula suhseUti^ Leym.?, Nvrinea Gosœ^ Roem., N. si^rajnrensiSy Voltz, Pteroccra Ponti, Rrong.
te Rlhimëridge-clay est représenté par des calcaire el obs biàrhes avec Exog^m virgUla, Les calcaires soiit ed ptd^iits U &
(1) M. tliiiria (p. 137) appelle éttr^ex les divisloBi (Jtig npmmons groupes ^ et réciproquement ; quelquefois ses suitS'^Oiipes
. cor((a^i^6i).t aussi .à nos étages. , ,, ; .
(2) D'Archlac, Noies incditcs, 4836.
GROUP]^ OOLlTfliQUB SUPÉRIEUR. 615
H%ik)Os, subordonnes aux marnes. (Celles-ci sont schisteuses, grisâtl-eâ ou jaunâtrei i cëux-lS compactes, marneux et grisâtres. Les cnléàlres marneux s'observent à divers hiveaux, les calcaires coml^ctes Terà ie milieu de l*é(age. Ils passent quelquefois à îinë sorte de lumachelle |>ar l'abondance des Exogyres. L'épaisseur toldlé de ces couches est d'environ 26 mètres. On lès vbil {)articulièremént atit environs de Seveux et de [llohihureux. On y troiive surtout VApiocrtfius rotundits, Gold., quelques échinides, les Pholadoii>ya Protêt, Brong., èimplex, Phill., acuticosta, Sow., et anpûstntà, id;, \e&. Isocardia ^xcentrtca, Voitz, et inflaià, id., des Modiàla , des Pinna , Gervdlià siligm , Oesl. , Pema plena , Thurm., Spondylus inœquistHatvs , Vbllz, Exogyrà virgule, Defr.. E. Bruntrutana, Tburm., Ostrea solitaria, Sow., Pterocerû Oceani, Brong., vat-., P. Ponti, id., deux Amttioriitfes rires ddni dne est rapportée à VA. cordatus, Sow. (1).
Si îious exceptons l'espace compris ehtre Bourbon ne les-Baids otfpart«ai«nt et Sâdiieu; ainsi que le jilateaii du Poltoii, régions où la comparai- do^. soh dei dctix Versants o|)posés est si facile, toutes les cbucbeà ob^r^uon. Jurassiques que nous avons étudiées jusqu'à présent, tanl en France s^n»"»^»»que dans les tles Britanniques, étaient des dépôts littoraux, formés plus on moins près des rivages, et disposés suivant des bandes coticedt^iques, coiltâves bu convexes, plus ou moins parallèles à ceh mêmes rivages. Quelques-unes S la vérité otit été, depuis leur fortnatloh, séparées et isolées par les mouvements que lé sol a éprouvés *, maiâ il est toujours possible de les rattacher par la pensée S une àricienhe ligne de côte boHant les terrains plus anciens contre le§quels tenaient battre les eaux de la mer jurassique, tl nous à doiic été facile, en décrivant ces zones, soit géographiquement, soit strâtigraphiqdemeiit, de suivre ddé rtiarche à la fois simple et méthodique.
Ed pénétrant dariS le déparienieiit du Dodbs, nous apercevons dn ordre de faits diOérent, ou plutôt une disposition qui n'a plus de rappohs avec ce qui piécède. La chaîile des niohts Jura, dodt dné partie est comprise daiis ce département; rie tious olfre plus
(4) Quoique la plupart des espèces citées dans Touvragede M. Tnirria aient été déterminées par Voltz, un grand nombre d*ébti'é elles éliraient aujourd'hui besoin d'être exaniinées de nou- Tedu, et dotii nous abstiendrons dé mentionner les noms dd cètléb donl \n prfeenco news parattrait plus que douteuse.
une Série de coaches disposées régulièrement par rapport à on mage plus ancien, ni par rapport les unes aux autres, mais ces couches disparaissent à TE. sous la grande vallée tertiaire de U Suisse, au N. sous les dépôts également tertiaires de la %a»ée du Rhin, et à l'O. sous ceux du bassin de la Saône. La description de nos groupes, découpés à FinOni par les dislocations qni les ont accidentés dans le Jura, ne pourra donc plus avoir celte symétrie que nous avons essayé de donner à l'examen des autres régions. Noos avons ici une chaîne complète, indépendante de tous les côtés, et dont le relief appartient essentiellement à une seule formaUon, les dépôts plus récents qu'on y observe pouvant être supprimés sans que ses formes et ses caractères généraux en soient très sensiblement affectés.
Cet isolement orographiqne des monts Jura, joint 4 leur reparution sur les territoires de la France, de la Suisse et de la Savoie, laqueUe nous oblige à en traiter dans des chapitres différents, quoique se suivant d'ailleurs immédiatement dans notre ouvrage,' vient compliquer l'ordre de la description ; aussi les généralitésqui concernent l'ensemble de la chaîne ne pourront-elles être exposées que plus tard. D'un autre côté, les essais de ierminologies jurassiques, proposés par des géologues suisses et français, devront être ramenés à celle que nous avons adoptée. Une étude un peu plus attentive de la formation en Angleterre aurait démontré à ces auteurs l'inutilité de changer ou de modifier la terminologie anglaise, d'y ajouter on d'y substituer certaines expressions, tout en conservant le cadre général. Cette nomenclature des îles Britanniques, qui nous a parfaitement suffi jusqu'à présent, nous suffira encore de même pour les monts Jura.
Seulement nous ne donnerons point toujours à la présence ou à l'absence de tel ou tel fossile, à celles de tel ou tel caractère pétrographique, à un niveau déterminé, une importance qu'ils peuvent ne plus avoir lorsque les conditions sous l'empire desquelles ces dépôts se formaient n'étaient pas identiques, lorsque la forme des côtes, la direction des courants, la profondeur des eaux, la nature du fond, le relief des continents voisins, etc. , venaient influencer et différencier à la fois, plus ou moins profondément, les êtres organisés qui habitaient ces eaux, comme les sédiments qni s'y déposaient. Nous ne nous préoccupons point en général des rapports paléontologiqueset pétrographiques de deux assises qui, dans des régions éloignées , se trouvent comprises entre deqx autres
GROITPE OOLlTfllQUE SUPÉRIEUR. 6i7
dont Je parallélisme est parfaitement démontré dans ces mêmes riions. Noas dirons, par exemple, pour mieux faire saisir notre pensée, qae le calcaire à Astartes, compris dans le nord de la France et en Suisse entre le Kimmeridge-clay et le coral-rag, est par cela seul, pour nous, l'équivalent du calcareous-grit supérieur, de même que les argiles avec chailles de la Franche-Comté, les couches argileuses à minerais de fer de la Haute-Marne, de la Meuse et des Ardennes, représentent le niveau géologique du calcareoas-grit inférieur. De cette manière disparaissent de la I omeuclatnre plusieurs expressions évidemment introduites sans nécessité pour la description de telle ou telle région, et il en résulte aussi une simpliûcation toujours désirable en pareille matière. Ces quelques mots étaient nécessaires pour bien faire juger des conditions particulières de Texamon géologique des monts Jura, comparé 'à celui des régions précédentes, et de nos motifs pour rejeter des dénominations inutiles, tout en conservant d'ailleurs les divisions stratigraphiques naturelles auxquelles on les avait assignées.
Sur la Carte géologique de la France, qui nous sert toujours de point de départ pour la distribution géographique de nos groupes, nous voyons celui dont nous parions occuper au nord-est un triangle d'une étendue considérable entre Clerval, fielfort et Coulavont, près de Porrentruy, triangle que le Doubs et le canal du Rhône au Rhin parcourent du sommet à la base. Toute la partie orientale du département du Doubs qui conOne à la Suisse, lorsqu'on remonte le cours de cette rivière jusque dans celui du Jura, est bornée à l'ouest par une ligne pins ou moins sinueuse passant par Saint Hippolyle, Ornans, Amancey, etc., et composée de hauts plateaux ou de crêtes plus ou moins allongées qui appartiennent encore au groupe supérieur. Dans la plupart des vallées qui accidentent cette surface viennent affleurer les autres groupes, et, dans quelques-unes, des dépôts de la période crétacée ont recouvert les dernières assises oolithiques {antè^ vol. IV, p. 5^7).
M. N. Boyé a donné un Tableau des principales subdivisions de DneripUon la formation jurassique dans le Doubs (1). Nous traduirons de la ^,î^,, manière suivante ce qui se rapporte au premier groupe.
(\) Fossiles du terrain jurassique ^ 2« art. (Mém. et compt, rend, de la Soc, d*ÉmuL du Doubs^ vol. III, p. 40, 4844).
éii EST DB LÀ riUKCB.
(Étage de Portland. .^
/ Mai «et et caloairM k Eao^yrcs.
EUgede Kinineridge. } Premières naraesi E»ofire«.
\ Harne* a Ptérocèret saoa Esogyrei.
L*autear fait remarquer que les marnes à Exogyra virgnla^ û puissantes ailleurs, sont ici généralement minces, entrenièlées de lumachelles, et qu*à mesure qu*on s*élève de la plaine vers la partie montagneuse du pays, elles disparaissent peu à peii pour être remplacées par des calcaires compactes, et rien alors dans le relief dli soi ne marque la place de ce repère géologique. En outre, tes Exbgyres se montrant dans une certaine épaisseur, il est quelquefois difficile de préciser exactement à quel niveau on se trouve. L'assise des marnes, caractérisée par des Pférocères éi mèntioiîiiée pour la première fois par M. Parandier, oiïre un point aê répère mieux tranché qui se continue dans les montagnes, là oà tes tuarnes à Exogyres ont été remplacéei par des calcaires. C'est dans cette assise de la base du groupe que le Plerocera Oceani\ la Pholadomya Protei^ V Isocardia excentrica, VL striata, le ilytt- Imjurensis^ etc., commencent à se montrer pour se continuer audessus avec les Exogyres. M. Boyé y indique encore, comme très fréquentes, la Naticà aperta, Roem. , la Pholadomya elongata^ Ag., YOdrea sol if aria, Sow., la Terehratulahiplicata^ id., et des espèces nouvelles que l'auteur a fait figurer (1).
M. J.-B. Renàud-Comte, dans son /i ^i/rf<? systématique des vdïées à' érosion du département du Éoubs (2), travail accompagné auii grand nombre de coupes géologiques, a remonté dans le premier groupe son éiage des couches à Astartes qu'il divise en deux assises : les calcaires a Astartes et les marnes à Astartes, Les premiers sont réunis aux marnes à Exogyres sans âuciihè meiitioii de
^(i) Loc. cit., vol. lîi, p. 43, pi. 4. 5 [livr. de déc. 48iè à juiliel 1843). On peut douter ici de la présence de la Phnïàdnmya rton- ^atn et de la Terebratula hiplicata, qui sont des espèces Crétacées. (â) Ihid., 2* sér., vol. Il, p. 38, 4846. — Les ind^cttioM bibliographiques que nous puisons dans ce recueil seront toujoan iocijmjplètes ou fort obscures pour le lecteur. On y. trouve , ^ etfet, une combinaison très compliquée de livraisons^ de tomes\ Jë volumes^ de séries^ qu'augmentent encore deux mill&imes diSërenis sur chaque couverture et grand titre. En outre, les planches n'ont ni numéros d'ordre ni pagination, et le plus ordinairement les noms des auteurs pç^se trouvent ui au commeDcement^oi à la fin de Leor mémoire ; il faut les chercher a là table des matières de cKaqua livraisoii.
GROUPE OOLITHIQUE SUPÉRIEUR. 619
It .1 . . ,:. , . t..
Fassise à Ptéroçèresqui les sépare ; les secondes constituent au-dessoas un sous-étage distinct. Cette coupure démontre assçz riticertitude de qe classement, et nous continuerons pour le ^Jura, ainsi que pour le bassin de la Seine, à regarder les couches à Aslartes, soit calcaires^ soit marneuses, comme représentant le câlcarcousgrit supérieur, et par conséquent comme appartenant au second groupe qoli(hique. . . . . ,
M. Ch. Grenier (1) a publié les détails d'une coupe intéressante de la yalléedu Ooubs, entre la ciiadelie.de Besançon et la chapelle des Buis. Les diverses assises de l'étage de Kimmeridge et celles dp sous-étage à Astartes se répètent en sens inverse vers le milieu ()e ^a coupe, comme dans ui^ b^ssiji renversé. Au-dessus ou au sud du plissement jusqu'au delà de la chapelle, ^les ^autres étages juras- Sjiques se succèdent jusqu'au lias dans l'ordfe descendant; audessous pu au nord jusqu'à la rivière ei au pied de la citadelle, on Parcourt également la série en descendant jusqu'au ^ forc8t-Diarb{e. Mais de ce côté une faille a interrompu la symétrie, à partir des roarpes à Astartes de la branche inférieure du pli, et l'on ne se rend pas bien coinpte pourquoi l'étage de Fortland. qui affleure au-dessous de ce pli avant celui de Kimmeridge, ne se montre pas, au contraire, occupant le milieu de ce même pli, de manière à séparer jesdeux portions recourbées ^et ^approchées des couches à Exogyres deKimip^idge. La coupe de la même localité qji^'a donnée M. Sluder (2) diffère de celle de M, Grenier en ce que le pli, étant forqié par lescou^ cl^psàPtérocèreset à Astartes, ne montre p9int de C9uches à Exogyra virguia, et parce qu'au-dessous de la faille, dont^un des bords est qccupé par un dépôt de mollasse,, apparaissent seulement Içs s^sises de Kimmeridge sans trace du calcaire de Portiand. Dans le dessin et l'explication que M. Pidancet (3) a présentés de ce même acci- ^ent^ on retrouve les couches de Portiand cqmme dans la coupe de M. Grenier, mais la série des couches du, pli est moins nettement exposée, et l'absence de l'étage de Portiand fiu centre n'es^ pas non plus remarquée par l'auteur. Le dessin de la côte Saint-Léonard, colorié géologiquenient, donne une idée très satisfaisante dé la succession des assises le long du Doubs, à partir dé la citadelle, et sui-
N1 ïô)?L,hl ili. t). \i 1843.
h) Geologit; dtfr Schiveiz, vol. II, p. 3t7, 4 863. (3) Méffi, et compt. rend, dé la Soc. d'Émui. du Det^s^ 3^ Vol., t. IL p. 4,fig. 6, 1850.
MpartMDent da Jura.
620 EST DE LA rRANCE.
Tant Ja route de Morre dont la direction est perpendicahire k leur plongeaient Nous aurons occasion de revenir plus loin sur le trariB de M. Pidancet
Le haut plateau de Levier, que traverse la route de Salins à Pootarlier, appartient au groupe supérieur qui cesse entre CbaOby et Houtaud. Ce plateau, ^ surface ondulée, s*aliguedu N.-E. au S.-O. avec toutes les crêtes élevées qui bordent la rive gauche du Doabs, dans le prolongement de l'axe du Mont-Terrible. Entre Chaffoy et Donmartin, les calcaires oolithiques supérieurs, blanc grisâtre, compactes, en bancs minces, quelquefois en dalles, plongent de &5* ï !*£., recouverts, à stratiGcation discordante par les calcaires jaunes néocomiens. Ceux-ci, inclinés seulement de 12*" à 15** dans le même sens, disparaissent sous les dépôts quaternaires et modernes de la vallée. Ils forment une sorte de bourrelet élevé de 25 à 30 mètres qui se détache nettement des calcaires jurassiques contre lesqoeb ils s*appuient. Le petit lambeau de calcaire néocomien marqué an nord de Pontarlier, sur la Carte géologique de la France, et doirt les roches comme les fossiles diffèrent assez de ceux de Donmartin, est aussi discordant par rapport aux calcaires oolithiques environnants, mais il a été affecté comme ces derniers par un second monvcment^lu sol(l).
De Pontarlier à la Cluse, les calcaires oolithiques se redressent comme précédemment, et il en est de même au défilé que domine le fort (le Joux. Les calcaires néocomiens s'étendent encore au fond de la vallée de Verrières et en remontant vers les Bayards. A la descente de Fleurier à Saint-Sulpice, où se déroule devant le voyageur l'une des plus magnifiques vues du Jura sur le bassin de b Suisse, la route coupe dans ses nombreux détours toute la série des calcaires oolithiques supérieurs, plongeant au S.-E. sous des angles de 35<» à U5\
La limite des départements du Doubs et du Jura est purement artificielle. Ainsi elle coupe en travers l'extrémité sud du plate» de Levier dont nous venons de parler, passe entre le petit bassin de Nozeroy et celui de Pontarlier, longe la crête qui borde 4 l'ouest la vallée de Mouthe pour joindre, après avoir traversé le bassin do lac de Joux, le pied occidental du Noirmont et de la Dôle, toojoors tracée sur les dépôts du même groupe qu'interrompent seulement les sédiments néocomiens. Ces couches oolithiques supérieures
(4) D'Archiac, JSotes inédites, <85i.
GROUPE OOLITHIQUB SUPÉRIEUR. 621
continuent ensuite à former des crêtes allongées, bordant la vallée de la Yalseriiie, celle de la Bienne et les plateaux élevés qui les séparent, de même qu'entre Clairevaux, Moirans et Saint-Claude.
M. J. Marcou (1), dans un mémoire qui a jeté une vive lumière sur la coDQpositiou des montagnes des environs de Salins, a placé non-seulement le sous-étage des calcaires à Astartes (calcareousgrit supérieur) dans le premier groupe de la formation, mais encore le coral-rag tout entier, influencé en cela par des considérations purement locales, soit pétrograpbiques, soit zoologiques. Ce géo^ logue, à qui la science a dû depuis des découvertes d'une si haute importance faites dans son voyage à travers la partie occidentale de l'Amérique du Nord, s'est écarté ici des véritables bases de la stratigraphie, pour laquelle ces modifications partielles des dépôts, k un moment donné et sur un point ou dans une région donnés, n'altèrent ni ne changent la continuité de la série générale, et ne peuvent par conséquent sufiBre pour en changer l'expression ou la terminologie. Sur sa carte et sur les coupes jointes à son mémoire, une seule teinte étant affectée au groupe supérieur tel que le comprend l'auteur, c'est-à-dire en y faisant entrer le coral-rag et les couches à Astartes, on conçoit que la répartition et l'épaisseur du groupe s'y trouvent fort différentes de celles qu'on doit lui attribuer, et que représente la Carte géologique de la Franee. Cependant les couches des étages de Portland et de Kimmeridge, qui paraissent être bien caractérisées au nord-ouest de Salins, sont, sur cette dernière carte, coloriées comme appartenant au groupe moyen.
Nous disposerons ainsi qu'il suit les seules divisions de !V1. Marcou qui, d'après nous, rentrent dans le premier groupe de la formation :
/ vi— H« p<.rii.»^ I Culcairet de PortUad (Portland »tone).
upe oolithique ( '^*"** * *^®'"«»«- • • • j Mûmes de PorlUnd (ForlUnd «and). Gro^upérl-ur. ^ÉUge de lUoimcridge. jS^Jr^^i!"
L'étage de Portland comprend deux assises : l'une de calcaires compactes gris blanchâtre ^ l'autre de marnes grises un peu jau-
(K) Recherches géologiques sur le Jura salinois [Mém, Soc. géoL de France, 2« sér., vol. III, Ubleau p. 14 6, .pi. \ et 2, 4848.— Bull,^ 2« sér., vol. III, p. 508, 4 846. — Voyez aussi, Notice sur les différentes formations du terrain jurassique dans le Jura occi-' dental [Mém. Soc. des se. nat, de Neuchâtel, vol. III, 4 846). M. Marcou y propose, pour la première fois, sa classification, basée sur la prédominance des animaux de telle ou telle classe, annonçant
nôtres^ avec Exogyra virguta. Dans le haut Jura (les Rooases, Morey, Saint-Laurent, Nozeroy) et aux environs de SaPins, les calcaires renferment beaucoup de Nérinées de grande taille, ainsi que de grandes coaullles turbinées [Trochus ou Turbo), Les marnes tachées de blanc comprennent quelques assises marneuses calcaires. On y trouve seulement V Exogyra virgula, la Trigonia concen- Irtc'a, quelques Pecten, et très rarement des dents de poissons.
La coupe du village de Pagnoz à celui d'Aiglepierre, en suiTam le chemin vicinal, présente, ci*après M. Marcou (p. 116), la série suivante dont nous avons groupé les assises conformément à notre classification :
/ I . Calcaires très compactes, avec des nidp de chaux car|)onatée acicu)aire, des couches bréchoïdes avec des moules Étage d« 7 de tiges de Fucoides eï de nombreuses m.
^•^^ \ Nérinées; .* 35,0«
S. Marnes jaunâtres avec des lits de calcaire alleroants. Mxogxra virgnia tr^
abondante ', 3,50
< 3. Calcaires compactes , souvent bréchi- [ formes, avec débris de Ctypcds acu-
i tus^ Ag., Ostrca solffaria^ Sow., Tri-
Éi«ge de ) cbites, Nérinées, etc iO.^P
Eimraericige. \ 4, Marne grls blanchâtre, lrèssabjeuse,avec des fossiles roulés ( Pteroccra Oceani^ Brong., Ostrea solfiaria, Sow., P//otadomya Protêt, Brong., etc.) .... 2, 60
A reporter.
des conditions extérieures propres à chacune d'elles. Tout en adoptant, à cet égard, la plupart des vues ingénieuses cje Fauteur, nous n'en pouvons déduire les mômes conséquences pour la dassiûcatioD générale des dépôu.
M«r»ous-ëlage.
Calcureous-
supérieur (cul Caire 4 Astaitef},
GBOUPB 00^|THIQp£ SUp^RlBUR. Q39
Report. . . . 80. 5p p. Calcairti à Àstnrtes très compacte, à cassure conchoïde, grisâtre, taché de violet, renfermant souvent dès pisolithes avellanaires. Deà bancs presque schisteux, et d*autres brécboldes, y sont subordonnés, ^es fossiles à Télat siliceux sont particulièrement des polypiers, des Nérinées, des échinides et descrinoldes 28,00
6. Mftrnes à Jstartes avec des lits subordonnés 4^ calcaire marneux, souvent oolithiques, renfermant de nombreuses veines d'oxyde de fer. Les principaux fossiles sont : VOstrea Bruntrutana^ Thurm., l'O. sandalina^ Gold.. VÀpiocri nus Menant ^ Pes. 3,00
7. Calcaire oolithique rempli de moules de Nerinea Bruntrutana^ Thurm 2,5p
8. Catcaire oolithique alternant avec des bancs marno-calcaires, jaunâtres, très oolitbiques, fissiles et quelques bancs de calcaire compacte, rosâtre ou gris, sans oolilhes j^,gg
9. Calcaire blanchâtre, en bancs minces, avec quelques oolithes ; calcaire à cassure mate et terreuse, mal stratifié, (Je 2*", 50 d'épaisseur ; calcaire très compacte, à cassure anguleuse, en )i^ de 0"',50, avec quelques oolilhes spathiques et des débris de crinoïdes. . . 40,00
ho. Calcaire compacte, à cassure esquilleuse, gris clair, très siliceux, rempli de tiges de crinolfdes et de piquants de pid^ris, plus siliceux vers la partie inférieure.. 4 5,00 4 4. Calcaire sub- compacte, siliceux, jaunâtre, avec des lits subordonnés de marne bleue remplie d'-^^«r/c/<?, de baguettes
\ de Cidaris, d'Ostrea rasteliarU, Golà. 40,00
Tot^l 464,00
}^. }}arcou a ^ des 9ppIicatioD$ fort heureuses de ses étedes sur tes fossiles qu'il a rencontrés dans le cours de ses recherches, et y a joint des remarques dont nous reproduirons c|uel(|^ues-unes aii fureta mesure que le sujet le comportera. Il signale particu)ièreq3j9nt dans l*étage de Portland : Uactromya rugosa, Ag. , jpboladpmya multicostata, id., P. angiUosa, id., Trigoniqçoncentricai id. (très
S* sous ^loge .
\ «. '* •■- ^ Coral-rag.
62a EST DB Là FBANCE.
caiaclérislique), ^'xo^yra t;ir^w/a, Uefr. (très caractérislique) (i), Nerinea trinodosa, Vollz, N. salinensis, Thurm., N. grandis, Vollz, N. macrogonia, Thurm., et d*assez nombreux resies de poissons, surtout de Sphœrodus gigas, Ag. Dans celui de KîmiDeridge, ce sont les Pleuromya donacina, Ag., Gressiyi, id., la Corimya Studeri^ id. , et beaucoup d'autres myacées, la Trigonia pli cata, Ag., la Ceromya excentrica, id. {Isocardia, id., Volti), VOstrea soiitaria, Sow. , les Natica hemisphœrica, Roem. , globosa, id., VAmmcniies gigas^ Ziet., espèce rare dans le Jura, mais qui se multiplie de plus en plus à mesure qu*on s'avance vers TO., le Nautilus giganteus^ d'Orb. , regardé à tort comme caractérisant la partie supérieure de TOxford-clay, et des restes fréquents de Pycnodus Hugii, Ag.
jy. £. Royer (2) avait pensé que le groupe oolithique sopérienr, tel que nous l'avons vu dans la partie orientale du bassin de la Seine, pouvait manquer dans le reste de la Bourgogne et daus le Jura. Les étages de Portiaod et de Kimmeridge du département de la Haute- Saône ne seraient alors que le développement de labasedes marnes de Kimmeridge et de la partie supérieure des calcaires à Astartes sous> jacents. M. Marcou (3) a fort bien réfuté ce que d'ailleurs M. Royer n'avançait qu'avec réserve, et il a prouvé qu'à cet égard la série était complète à l'est comme à l'ouest. On peut aussi déduire de cette discussion que les géologues, qui jusque-là s'étaient occupés avec beaucoup de succès d'ailleurs de l'étude des monts Jura, n'avaient pas suffisamment approfondi les travaux dont les dépôts contemporaine avaient été depuis longtemps l'objet en Angleterre, car, s'ils avaient suivi en cela la marche tracée avec des vues plus larges par les auteurs de la Carte géologique de la France, il y
(1) Suivant l'auteur et quelques autres personnes, ce fossile, dans les monts Jura, appartiendrait exclusivement à l'assise des marnes dePortiand, tandis que dans les départements de la Haute-Saône, de la Marne, de l'Yonne, etc., il se montre presque également dans les deux étages du groupe. Nous ajouterons que plus à l'ouest» en Angleterre, ÏExogyra virguia, d'ailleurs peu abondante, n'existe que dans le Kimmeridge-clay, de sorte qu'on peut dire que l'espèce s'est éteinte de l'ouest à l'est, depuis les premiers dépôts du groupe, où elle naît, jusqu'aux derniers, avec lesquels elle disparaît, et que, dans la région intermédiaire, elle a vécu depuis le commencement jusqu'à la fin.
(2) Bu/i., 2« sér., vol. Il, p. 7<2, 4845. (Z).Ib(d., vol. IV, p. 424, 4 846.
GROUPE OOLITHIQUB SUPÉRIEUR . 625
aurait aujourd'hui, dans la description et la terminologie de la formation jurassique de l'Europe occidentale, un ensemble et une harmonie qui n'existent pas encore.
Les massifs montagneux de la Dôle, du Colombier et du Reculet, dit ailleurs M, Marcou (1), les plus élevés de toute la chaîne si complexe des monts Jura (1680, 1691 et 1720 mètres d'altitude), sont formés de couches plongeant généralement à ro.-S.-0. sous des angles variant de lO"" à 30% et présentant lenrs tranches du côté de la Suisse. Les accidents orographiques y sont nombreux, mais n'offrent point la régularité qu'ils affectent au N.-£. On n'y observe que les groupes moyen et supérieur. La base de la Dôle et du Reculet, comme les vallées qui les séparent, est occupée par les dépôts néocomiens, de sorte que ces montagnes constituaient une ou plusieurs Iles non loin des côtes de la mer crétacée.
Le premier groupe oolithique, dans lequel l'auteur comprend le coral-rag, forme le sommet et les crêtes du Reculet, de même que ses flancs du côté du Rhône, et sur celui de la Valserine. Ce massif est composé dans ses hantes sommités par un immense développement de calcaires sans l'interposition d'aucune couche marneuse. On peut y reconnaître le coral-rag présentant de nombreux bancs de calcaire compacte, gris blanc, quelquefois oolithique, bréchiforme etsub-crayeux. Les fossiles y sont fort rares, à l'exception de quelques polypiers souvent roulés, et des Cidaris Blumen-bachii et coronata.
Quant aux autres subdivisions, celles qui pour nous constituent seules le groupe supérieur, M. Marcou ne pense pas que l'on puisse en tracer les limites dans cette série de calcaires qui constituent toutes les crêtes. Ici moins qu'ailleurs, dit-il, on pourrait songer à réunir le coral-rag à l'Oxford-clay pour en former un groupe. MvM. Studer et Escher de la Linth, sur leur belle Carte géologique de la Suisse, ont en outre, dans la plus grande partie de la chaîne, représenté par une seule teinte les groupes moyen et supérieur avec le signe J^, par suite sans doute de la difficulté de les distinguer toujours nettement. Aussi n'est-ce pas sur l'étude des régions où les relations stratigraphiques sont obscurcies par des dislocations plus ou moins considérables , où les caractères des roches sont plus ou moins uniformes, où ceux déduits des fossiles sont à peu près nuls, et où par conséquent rien ne se prête à des
(4) Buli,, V sér., vol. IV, p. 436, 4 846.