Bancs dolomitiques et sableux, blancs ou gris sale
6. Calcaire à oolithes souvent fondues dans la pAte ; vers le bas, lit de lumachelles et très petites Huîtres. . 20
^ f 7. Marnes grises, schisteuses, et calcaire marneux, fia-
ti\ sile, donnant une chaux hydraulique, et passant
SrJ insensiblement au précédent 400
J.Sf S. Calcaire gris clair, à texture inégale, avec des lits de
ô \ marne subordonnés 40
^^i 9. Marne grise onctueuse , avec de petites Ammonites
J u ( pyriteuses, et d'une épaisseur variable 30
^ . HO. Calcaire marneux et grumeleux, roussâtre. à oolithes
J'S j ferrugineuses, rempli de fossiles, et reposant sur le
• *" V calcaire du groupe oolithique inférieur 4 0
Dans ce premier mémoire, M. Tbiollière uc citait encore que Mx espèces de poissons provenant des couches de Cirin, et dont 12 avaient leurs analogues dans les calcaires schisteux de la Bavière ; il y signalait de plus un petit reptile. Mais, en poursuivant ses recherches, il ne tarda pas ù voir augmenter beaucoup la faune de cette localité intéressante, et il ûl connaître sommairement ses nouvelles découvertes, eo même tem))s qu'il donna la tradocUou d'un mémoire de M. H. de iMeyer sur deux reptiles inédits de la même assise. Il discuta de nouveau la position assignée aux couches fossilifères de Solenhofen, puis annonça Texistence de deux
(4) Cette coupe diffère un peu de celle qu*a reproduite M. Driao d*après M. Tbiollière (Minérfiiogie ci pétralo^ic des environs de Lyon, p. 486, in-S, Lyon, 4849).
GROUPE OOLITHIQUE INFÉRIEUR. 655
aatres gisements de poissons appartenant encore au môme niveau que le précédent : l'un dans les schistes bitumineux d'Orbagnoux, raalre près du lac d*Arraaillé. D'après ce qu'on vient de voir, les couches à iclilhyolîtbes occuperaient le milieu du second sousétage ou du coral-rag proprement dit.
Enfin, dans^ Description des poissons fossiles provenant des gisements coralliens du Jura dans le Bugey (i), ouvrage d'une exécution très remarquable, M. V. Thiollière signale la présence de 50 espèces de poissons associées à un nombre assez considérable de débris de reptiles et de crustacés. Il cite particulièrement un Ptérodactyle déterminé par M. H. de Meyer (2), et qui parait être le P, secundarius de cet auteur, puis il insiste toujours sur l'identité de cette faune ichthyologique avec celle des calcaires lithographiques de la Bavière. Â la montagne de Parves et près du fort Pierre-Châtel, un Lepidotus découvert par M. Itier est encore venu étendre l'horizon de celte assise fossilifère.
% 4. Groupe ooUUiîqiie inférieur.
Sur la rive droite de la Saône, on a vu le groupe oolithique supé* Wp«riem«ei rieur côhimencerù se montrer à l'extrémité méridionale du massif de la Côte-d'Or, puis le groupe moyen aux environs de Mâcon ; pour le groupe inférieur, il descend encore plus bas, car nous le trouvons représenté par plusieurs assises importantes au nord de la ville de Lyon. Il y constitue d'abord avec le lias qui le supporte une sorte de triangle compris entre Saint-Cyr, Neuville et Chazay, puis au delà du coude de TAzergue, un massif plus considérable, allongé du N. au S. , limité à l'ouest par le lias, le trias et des roches plus anciennes, et s'enfonçant à l'est sous les dépôts quaternaires et modernes de la vallée de la Saône.
On ne trouve point de calcaire dans la ville même de Lyon, ni dans ses environs immédiats, dit M. Leymerie (3). Cette roche ne
du
m In-
(2) Uci
-folio, 4'* liv., avec 4 0 pi., Lyon, 4 854. Ueber die Reptilien und Saugeihiere der f^ersch. Ziel. der Erdêy p. 435, Francfort, 4852. — iWfw. Jahrb.^ 4852, p. 832.
(3) Bull., 4" sér.. vol. VII, p. 84. 4 836. — /6/W., vol. IX, p. 48, 4837, avec une coupe transversale du Mont-d*Or. — Notice jamilière sur la géologie du Mont d'Or lyonnais, avec coupe, Lyon, 4 838. — Mém. sur la partie injérieure du système second iaire du département du Rhône (Mém. Soc, géoU de France, 4" sér., vol. ïll, p. 34 3, pi. 23, 4840).
Mk tST DB LA PRAKCB.
I^ratt qu*à une liene eafîron au N.-*N.4)., oà eHe fonne, entre la Saône et TAzergue, le massif montagnettt conna soas le Bom de Moot-d^r lyonnais. Ses contours sont ceux d'un eHîpsoiée irréguiier, dont le grand axe, dirigé N., S., aurait en?iron deux lieues, et le petit une lieue et demie (i) ; ses principales sommités soiK le Mont-Yerdun , le Nont-Toux et le Mout-Cindre. La première atteint 636 mètres d'altitude, ou ^6^ meures au-dessus do mtete de la Saône, la seconde &60, et la troisième 312 au-dessus de cette même rivière.
Le Mont-d'Or présente dans sa composition l'ensemble des assises secondaires du département du Ehône reposant sur les roches primaires, et redressées moyennement de 12* à 15** à l'O. , ou vers les chaînes du Lyonnais et du Beaujolais. De ce côté, les têles de couches forment des escarpements rapides, et, du côté opposé, une ^rface ondulée s'abaisse doucement ?ers la Saône. La coupe dirigée G. , £. , de Limonest à Roche-Taillée, |)assant par le sommet du Mont-Toux, perpendiculairement à la direction des couches comme à la plus grande longueur de la montagne, en fait bien connaître la constitution géologique.
Elle montre, à partir de Limonest, le granité, puis des grès (juarlzeux, d*aboi*d à grains fins, ensuite à grains plus gros, feldapathiques, à ciment calcaire, avec des bancs de calcaire magnésien subordonnés, des calcaires compactes marneux a?ec lumacheiies, des calcaires cristallins compactes ou lamellaires, gris jaunâtre, avec quelques Gryphées, et, vers le sommet de la monugne de k Longe, la tête des couches du calcaire à Gryphées arquées. Au ddi, dans le vallon de la Barollière, dont M. de Bonnard (2) a donné depuis longtemps une coupe exacte, un afDeurement de granité interrompt la série qui recommence après le château par les marnes supérieures du lias, auxqueUes succèdent i'oolitbe inférieure avec des Béicmnites, des Ammonites çt du fer oolithique, le calcaire à Entroques jaunâtre, lamellaire ou grenu, qui forme la crête du Mont-Toux, et, si l'on continue à descendre vers !'£. , des calcaires plus ou moins n^arneux, gris, bleuâtres, blaucsou jaunâtres, représentant le fuUer's
-^4] Dans sa première notice, )*auteur donnait h ce massif 4 2 kilomètres de long sur 6 à 8 de large; nous avons adopté les chiffres de la seconde, comme s'accordant davantage avec la carte géologique de lâ France.
"" (2) Sur la constance des faits j^éognostiqucsy etc. [^Ann. des se, nat., vol. XII, p. 298, pi. 4, 1827).
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mrtb ou les calcaires à Buccardes de la Bourgogne. Uûe fâitte dirigée N.-E., S.-O., indiquée entre le Talion de la BaroOière et le Mont- Toux, semble avoir amené le grès inférieur du lias an-dessus du calcaire à Entroques.
M. A. Drian (1), d'après les observations de M. TbioUière, décrit, au-dessus du lias du département du Rbôné, trois assise^ oalcaires qui sont de haut en bas :
1<* Le calcaire oolithique de Lucenay ne se trouve guère que dans le canlon d'Anse, où il forme plusieurs bandes parallèles à la Saône, et dont Tane s'étend de Perrières, commune de Ohazay, à Bassieux, près d'Anse. Ce calcaire existe à Châtillon-d'Azergue, et des carrières considérables y sont ouvertes à Lucenay. Il est blanc, ordinairement oolithique, quelquefois compacte. On y remarque dés lits de silex ; les fossiles n'en sont pas déterminables, et son épaisseur, de plus de 30 mètres, en atteint parfois 60.
9* La seconde assise , désignée dans le pays sons le nom de ciret^ est un calcaire marneux, en bancs minces, séparés par des lits de itiarne schisteuse, blanc jaunâtre, bleu, gris clair ou rose, de plus de %0 mètres d'épaisseur. On l'observe au-dessus des carrières de Couzon, dans la vallée de la Saône ; sur le plateau du Mont-Cindre et aux Places entre Curis et Poleymieux. Nous y avons trouvé la Pholadomya fidicula en descendant à ce dernier vHIage. Les fossiles sont en général silicifi^, et se trouvent surtout dans une couche peu épaisse, colorée en rouge par de l'oxyde de fer, et placée à k base de l'assise. Ce sont, d'après M. Thiollière, Astarte minima, PbiH., Trigonia costata, Sow. , Terebrattda impressa, var. defiuch, T. cùficinna, Sow., Avicula inœquivalvis, id., Belemnites sulca-ttÂ8^ Mill. » Hamites annulaius, Desh. ? Ammonites Parkinsoni^ Sow., A, Humphriesianus, id., A. lingmferuSf d'Orb.
y Le Calcaire Jaune de Couzon, terreux et siliceux vers le bas, plus compacte et sublamellaire ters le haut , forme fai troisième lissise. Les bancs minces qui succèdent au ciret sont presque entièrement composés de fragments de coquilles, de polypiers et d'échinides. La puissance de cette assise est de 60 mètres environ.
(4) Miner, et pétralogic des environs de Lyon^ p. 482, in-8, Lyon, 1848. L'auteur a inséré à la fin de son livre une liste bibliographique, alphabétique, par noms d'auteurs, de tous les ouvrages, notes ou mémoires relatifs à l'histoire naturelle de ce pays, et i laquelle nous renvoyons le* lecteur. — Voyez aussi, Ann, Soc, nation, d'agric. dr Zjo/î,4848.
656 BST Dl LA riANCI.
Oa y trooTe des rognons ou de petiu bancs discontinos de silex et des géodes calcaires ou quartieuses souvent mentionnées par la naturalistes. Les carrières de Couzon, ouvertes sur le bord de b Saône, fournissent des pierres très estimées. Les bancs de calcaire jaunfttre, remplis de débris de crinoides et de Pecten personaim, Gold. , sont identiques avec la rocbe de i'oolitbe inférieure de b Motte-de-Vezoul (Haute- Saône) où abonde aussi le mêoie Peigne, et qui recouvre les marnes du lias (1).
On peut présumer que le calcaire de Couzon avec la coucbe ferrugineuse du ciret représente le calcaire à Entroques de la Bonrgogne ou Toolitbe inférieure, que le reste de la seconde aastie appartient à l'horizon du fuller*s-earib, et que le calcaire de Lacenay est parallèle à la grande oolithe, mais il est probable, comme nous le dirons plus loin, que l'assise la plus basse de Toolithe inférieure se trouve ici confondue avec la dernière du lias supérieur. C'est au moins ce que l'on peut conclure de la présence de certaines espèces dans celle-ci.
iMp^ement D'après U Cortc géologique de la France^ le groupe oolithiqiie SaôM^t-Loin inférieur cesse de se montrer au nord-ouest de Yillefrancbe, où il •rientiu). est recouvert par des dépôts quaternaires ou plus récents. Il reparaît accidentellement à l'ouest de Beileville, au-dessus du village de Cbarentay, et à partir de la Crèche, au sud de Mâcon, il règne d'une manière continue vers le nord jusqu'à Sennecey. La partie la plus méridionale de la Carte géologique du département de Sodneet'Loire (2) est d'accord avec la précédente, et, suivant M. Dafrénoy(3}, les calcaires jurassiques qui s'appuient sur le revers des montagnes de Beaujeu cessent à la hauteur de Belleville, le relief du terrain ancien étant tel que ces calcaires n'afOeureut pas depuis ce point jusque près de Mâcon. Cependant, sur la carte que M. Rozet (4) a jointe à son mémoire, on remarque une bande parfaitement continue depuis le massif de Yillefrancbe jusqu'à celui de Mâcon, bordée à l'est par le lias ou l'arkose, sans ancnoe interruption cccasionuée par de.s loches porpbyriques ou granitiques.
D'Archiac, Notes inéfiites, 4 836 et 4 852. Statistique miner. ^ géo/, et minera lur, du département de Saâ/ie-et'Loirey in-8, Mâcon, 4 847, avec carte, 4 846.
(3) Explication, etc., vol. Il, p. 748.
(4) ^îèm. Soc. géol. fie Fiance, 4'« sér., vol. IV, pi. 5. 4840.
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Dans le département de Saône-et-Loire, les caractères orographiques du pays font distinguer de suite les roches du groupe oolithique inférieur de celles du lias ou du trias. Ces dernières s'appuient à niveau décroissant sur le terrain ancien, tandis que les couches ooliihiques constituent des montagnes qui s'élèvent brusquement au-dessus des précédentes, présentent leur tranche de ce côté ou à ro. vers les montagnes anciennes, et s'abaissent en pente douce du côté opposé, suivant le sens de la stratification. Cette disposition remarquable du relèvement abrupte des calcaires oolithiques, et leur séparation des montagnes plus anciennes par une profonde dépression longitudinale, donnent au pays une physionomie particulière, et y produit des accidents très pittoresques (1).
Après avoir indiqué la disposition des massifs appartenant an bassin de la Saône, et qu'il range dans le grou|)e oolithique inférieur, .>!. Manès (2) divise celui-ci en quatre étages qui sont de bas en haut: l'oolithe inférieure, la marne inférieure (fuller's earth). la grande oolithe, et les calcaires compactes à oolithesoviformes. Nous avons pensé que ces derniers appartenaient au groupe moyen (<mt€, p. 628), et il ne nous reste alors qu'à décrire brièvement les trois autres, en commençant par le plus élevé. On a vu aussi que MM. Berthaud et Tombeck avaient donné une coupe des environs de Mâcon, qui paraît être plus complète que la série indiquée par M. Manès, mais comme ces deux observateurs n'ont point mis leur classification en regard de celle de leur prédécesseur, de manière à ce qu'on pût en saisir les différences, nous énurniVerons les faits tels que les a exposés l'auteur de la Statistique minéralogique de Saône-et-Loire, sauf à placer plus tard ses divisions à leur véritable niveau géologique.
La division assimilée, à l'étage de la grande oolithe (p. 152), et dont répais>our varie de 25 à ^0 mètres, comprend des calcaires sub'lamellairesavec des nodulesde silex, des calcaires sub-oolithiques avec débris de criuoîdes, des calcaires compactes à cassure conchoide ou unie , et des calcaires à oolitbes miliaires. Ces roches forment une série d'escarpements au-dessus des plateaux de marne et de calcaire marneux de l'étage précédent, disposés en bande» parallèles avec des inclinaisons inverses. Une de ces bandes s'étend de Chagny à Givry. Les environs de cette dernière ville et de Mer-
(h) Dafrénoy, Explication^ etc., vol. H, p. 762. (2) Loc.cit.j p. U5.