‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 154 sur 166 · Marnes et calcaires marneux, alternants · texte numérisé non relu

Marnes et calcaires marneux, alternants

remplis de fossiles 4 0,00 à 4 5,00

'<D\3. Schistes bitumineux à Posidonomyes. Vers ^ J la partie moyenne de l'assise sont de petits bancs de calcaire marno-compacte, donnant un ciment hydraulique très énergique, et correspondant à celui de Yassy [antè, p. 383). 45.00 à 20,00

4. Marnes brunes et noires, bleuâtres, feuilletées, plus ou moins bitumineuses, avec des rognons et des bancs de calcaires marneux, compactes . 50,00 à 55,00

2. Calcaire noduleux, ferrugineux, formant une saillie prononcée vers le milieu des

talus 5,00 à 6,00

^3. Marnes plus argileuses que dans le reste de la masse, moins feuilletée, divisée par des bancs de calcaire ; à la base de l'assise sont de petits bancs de calcaire marneux, gris bleuâtre, à pâte fine, donnant aussi un ciment hydraulique (Venarey, Saint- Thibault, Eguilly) 60,00 à 80,00

4. Calcaire à grain très fin, marneux, bleu clair, avec Belemnitts acutus, donnant une excellente chaux hydraulique (Pouilly). 0, 80

QC

Calcaire à Gryphées arquées, composé de bancs de O'^.^S à 0",iO. de calcaire grts bleu&tre foncé, à grain fin, serré, parsemé S)l de lamelles miroitantes, et rempli de Gry- Miir*«.

S^ pbées «2,00 à 20,00

]1 est partout exploité pour dalles ou pierres de petit appareil ; à Nolay il constitue une sorte de marbre noir tacbé de blanc.

Calcaires lumachelles, marnes et grès alternants, d*une épaisseur moyenne de . . . 6,00 h 8.00

A Précy-sous-Tbil et à Aisy, la lumacbelle fournit une pierre d'appareil ; ailleurs des bancs ma rno* compactes donnent des chaux hydrauliques (bauc gris zone de Pouilly-en-Auxois). Immédiatement sous le calcaire à Gryphées, et à 3 mètres audessous, est le banc le plus connu, qui donne le cimentde Pouilly proprement dit.

Grès quartzeux fin, jaune et blanc, produi-^ sant un sable siliceux exploité pour divers usages (Marcilly, près Précy-sous-Tbil). . 4,00 à 2,00

Cet étage infériear renferme, sons le calcaire à Gryphées, entre les premiers bancs de lumachelle. des minerais de fer hydroxydé, surtoiH dans la partie occidentale du département [Yillerot, Nolay, Chalencey (Saône-et-Loire)]. Un antre minerai moins important est intercalé dans les bancs de lumachelle (plateau de Mooilay, Juillenay, Lacour-d'Arcenay).

Les deux premiers étages forment une masse complétcnaent imperméable aux eaux atmosphériques : aussi toutes celles qui tombent à la surface des vallées qu'ils occupent s*écoulentelles rapidement dans les ruisseaux qui en parcourent le fond, tandis que partout où cette même masse est recouverte par les calcaires ouUtbiques, elle forme le niveau d'eau le plus important do département.

Quelques points nons semblent plus particulièrement intéressants à étudier dans Taxe de la Côte- d'Or. Ainsi, à son extrémité méridionalct le plateau oolilhique d'Écbarnant, compris entre les failles de la Rochepotà Maloisy etde Cirey à filigny , puis se terminant par une profonde échancrure au-dessus de Nolay, est complètement limité à l'est et au sud par les deux étages supérieurs du lias relevés et amenés an contact de la grande ooliihe, de même qu'il Test h l'ouest, par le calcaire à Gryphées arquées d'Ivry, etc. , amené lui-même en connexion

GROUPK DU LIAS. 689

avec Foolhhe inférieure. La vallée de soulèvement de la Rochepot résulte de deux failles parallèles qui nous paraissent avoir été fort bien comprises par i\I. G. de Nerville, et que nous avons vues se rattacher à l'apparition du graniie porphyroîde de Paris-F Hôpital. Les carrières ouvertes dans le calcaire à Gryphées arquées des environs de Noiay offrent une grande quantité de fossiles les plus caractéristiques de cet étage (1).

Par suite d'autres failles, le lias vient affleurer au fond de plusieurs vallées, au centre même du plateau ooliihique, à Test de Bnsseysur-Chaune et près de Bouilland. Les travaux de Leschevin, de M. de Bonnard, de M. Élie de Beanmont, de M. Payen, etc. (2), ont depuis longtemps fait connaître la disposition du lias autour des Ilots granitiques de Rémilly, de Mémont (3), de Malin et de Beau me-la- Roche, qui ont percé ses couches au fond du grand ^^

cirque semi-elliptique de Sombernon. Dans ces localités, les phénomènes de soulèvement peuvent être observés avec leurs caractères les plus simples et les plus frappants à la fois, et leur étude doit être recommandée aux personnes qui commencent à se livrer à la géologie. On trouvera d'ailleurs dans V Appendice à la fin de ce chapitre des détails plus circonstanciés sur les failles et les accidents orographiques de cette région.

' D'autres dislocations ont encore fait arriver au jour le lias vers les sources du Suzon, dans la vallée de Saint-Seine, dans les hautes vallées de Bligny, de Ghampagny, etc. , puis, au nord-nord-est, à

i\) D'Archiac, Notes inédites, 4 852.

]t) Voyez Bull., 2« sér., vol. VIÏI, p. 668, 4 854. '

(3) Sur la droite du chemin qui conduit de la grande route à Mémont, des carrières ouvertes dans le lias nous ont offert les fossiles suivants : Pentncrinus voisin du P. sralaris, Gold., Panopœa striatulOy d'Orb.? {Pleuromra, id . , Ag.) , P. liasina, id.?, Unicardium cardioides^ id.?, Cardinia similis, Ag., Mytiius scalprum , Sow., M. voisin de M. subparallelus^ Chap. et Dew., M, indét., Lima pectinoides^ Desh., non Gold. {Piagiostoma, id., Sow., pi. 4 4 3, fig. 4), Pectenpri^cus, Schloth., Gold., P. tcxtoritis, id., id., P., nov. sp., voisin des P. œquivnhis, Sow., et ncuticosta, Lam., mais de moindres dimensions, P. discijormis, Scbûbl., an glaber, Hehl., Ziet.?, Gryp/iœa suilia, ScMoih,, Gold., Terebratalacornuta^ Sow. in Dav., Spirifer fFalcotii, Sow., S, rostratus, SohXoÙi,^ Pleurotomaria anglicoj t)efr,, Bêlem/iitcs arutusj Mill., Ammonites Turneriy Sow., y^. stellaris^ id., J. bisidcatns^ Brug., J, Jim bria tus ^ Sow, Cette dernière provenait sans doute d'une couche plus élevée (d'Arcbiac, Notes inédites^ 4 836).

§•0 EST DE Là FiAMU.

Barjou, dans le haut de la vallée de la Tille, coaune daos celles de des afflueuts, vers Courlou et Grancey, sur les limites du département de la Hauie-Maroe. Tons ces affleuremeois du lias, das à des déchirements de la grande nappe de calcaires ooUtbiques, ueos servent comme autant de témoins, ou mieux de regcEnU^ d'après une heureuse expression de M. Élie de Beaumonl, pour suivre so«* terrainement les dépôts du lias jusqu'à leur réapparition coaiplète entre tongeau et Pranthoy, sur la route de Dijon I Langres. Â partir de ce point, les aiQeurements se subordonnent an relè\ea)eat des collines du trias, sur les dernières pentes des Vosges, dans le département de la Hauie-Marne, où nous les avons observés, et à Test dans cilui de la Haute-Saône, où nous allons les retrouver. DtfiMirteinent ^^' Tlilrria (1) désignait, il y a déjà 25 ans, sous le nom de terkH«uMaôBe. ''^'" Hosique, la même série de dépôts que nous comprenons aujourd'hui sous celui de groupe du lia&, c'est-à*dire celle qui embrasse exactement toutes les couches situées entre les minerais d« fer oolithiques de la base du troisième groupe et les marnes irisées. Il y faisait, par conséquent, entrer vers le haut les marnes supérieures du lias, et à la base le quadersandsiein ou grès infériepn Cet ensemble de dépôts constitue, dans le département de la Haute- Saône, une bande d'environ 15 kilomètres de large qui le traverse à peu près par le milieu de TE. à TO., et interrompue ea deux points. Elle commence, comme on vient de le voir, dans le déj^artement de la Haute-Marne, pour se diriger vers celui du Haut-Rhin, où elle longe, au nord de Bellort, le flanc méridional du ballon de Roppe et de la montagne du Salberg. Les couches, très r^Uèrement stratifiées, inclinent au S.-O. sous un angle de 12° k i5*, et leur puissance totale est d'environ 100 mètres. Elles constituent des plateaux élevés, à pentes douces, des monticules dont les versants sont profondément ravinés, ou des escarpements paraboliques au-dessous des plateaux de calcaires oolithiques.

( f ) Notice sur le terrain Jurassique du département de la Haute- Saône, etc., avec carte géologique de ce département, promis et résumé de la description des terrains [iMém, Moc. d'/tist, nat. de Stra.sbnur^y vol. I, 1830). Ce travail, revu t?t augmenté, a été publié ensuite sous le titre de Statist, miner» t;t géoL du département de la It(iutr-Sa6m\ in-8, avec carte et coupes, Besançon. 4 833. — M. ïhirria commet ici la méprise de la plupart des géologues français qui mettaient alors le mariy^andstnne ou le maristonc inunédiatement sous loolithe inférieure.

GBOUPS DU LIAS. 6ftl

L'auteur y établit trois étages, qui sont : les marnes du lia$^ le calcaire à Gryphées arquées et le tjrès du liû9. Mais les decix assises qu*il distingue dans les marnes du lias, correspondant à nos deux étages supérieurs, ces divisions rentrent dans les nôtres* e( sont caractérisées à peu près de la même manière.

Le premier étage qui supporte Fooliihe inférieure est composé ler^ug*. de marnçs jaunâtres, parfois grisâtres, peu schisteuses et friables. Leur puissance varie de 15 à 25 mètres, et (îlles renferment Ters le haut des plaques et des rognons de calcaire marneux, sub-oolitbique, jaunâtre et rougeâtre. A Yelmenfroy est une marne gris Meuâtre, renfermant du minerai de fer oolithique, ayec VA^nufir nites Stokesi, Sow. , et le Belemnites breoiformis, Yoltz. Oes^ grà| schisteux, tendres, minces, jaunâtres ou rongeâtres, quelquefois bigarrés et en grandes plaques discontinues^ sont aubordom^és à ces marnes (entre Montigny-les-Nonnes et Charmoille, entre Saint- Julien et Suaucourt). Vers le bas de l'étage on trouve de (tetits bancs de calcaire compacte, schistoîde, grisâtre, bleuâtre, coqui]^ lier (Noidans-les-Vesoul, Montiguy-les-Nonnes, Corçelles). Le? fossiles de ce premier horizon du lias sont : Pentacrinus subteres^ Gold., Cyathophyllum fnactra, id., Nucula claviformiSt Sow., Terebratuia variabilis, Schloih., Pecten paradoxus, MQnst«^ Trochus duplicatus, Sow., Belemnites compressus^ Blainv., B. di^ gitalis, F. Bigu., B. brevi forints^ Vollz, Ammonites SCokesi^ Sovr,, A. serpentinuSt Schloih.

Sous les marnes jaunes viennent des marnes schisteuses* 9olidfii|f i» tui*. grises ou noires, presque toujours bitumineuses. Yer8 le hsiut stmt des masses arrondies de calcaire marno- compacte, à couchç9 couceiitriques, noirâtres, à cassure esquilleuse, avec des Béiemqites^ 9U des Ammonites h l'intérieur. V( rs le bas sont subordonnés, ^r une hauteur de 4 à 6 mètres, des bancs de calcaire marneux (rès fétide, schistoîde, gris bleuâtre ou gris jaunâtre aliénants, e( donnant à la masse un aspect ruhanné. A Conflans, il exista, à la paftiff moyenne de Tétage, une marne grisâtre, chargée de fer hydroxydé oolithique, de l'fSO d'épaisseur, exploitée depuis longtemps pour le hau^-fourneau de Varigney. On y trouve, en outre, beaucoup de bois bitumineux et du lignite en plaquettes. Le fer est» en Pftrtie^ à Tétat d'hydrate de peroxyde, en partie k réta( de proioxy^e ÇQipbiné avec de la silice, de Talumine et de Teag. Outra 8 espèces de» fossiles déjà signalés dans le premier étage, M. Thirr^a ipdlqt^ encore dans celui-ci : Posidonotnya Bronnii^ Mer. , P. /to^inq,

692 EST DE lA FKANCE.

Hœn. , Plicatula apinosa^ Sow. , Pccteii œquivain's^ ul., P. lens, id., Lima gigantea, id.?, Z. ontiquata, id. , Donacitos Alffuini, Al. Brong. , Pe/etunites clnvaim, Blninv., B. su bde pressas^ Volli, B, paxillosus, Schtoth. , /?. ventroplanns, Vollz, Ammonites rotn^o. Rein., A. fimbriatus, So^., A, ncutus, id.?. Il est probable qu'une partie de r^lte division du lias lenln^ra dans la préccdenie, lorsqu'on aura ronslalé que la couche qui rcnfenwe les Fosidonomyes en occupe la pariie supérieure ; alors seulement le parallélisme avec les divisions de la Bourgogne deviendra complet

Statue*. Le calcaire à Gryphées arquées se présente dans la Haute>Saône avec ses caractères ordinaires. Les bancs solides alternent avec des lits de marne schisteuse, jaunâtre, de 0'",0'i à 0°',60, d'autant plus V épais qu'ils sont plus élevés, et d'autant plus sableux qu'ils s'approchent davantage de la base. L'épaisseur totale de ces bancs est de 15 mètres au plus. Les fossiles se montrent également répandas dans les calcaires et dans les marnes. Ce sont surtout des Pentafcrines. des Spirifers, des Térébraiules, Pecten œquivalvis^ Sow., Lima gigantea, id., Modiola scalprum, id., Gryphœn arcuata, Lam., G, obliqua, Sow.. Avicuia iuœquivaivis, id., Beiemnites paxillosus, Schlolh., Ammonites Conybeari, Sow., .1. Bucklandi, id. On s'étonnera sans doute de voir citer ici 1*^4. Wolcotii, Sow., qui appartient si essentiellement à l'étage supérieur où fauteur ne la signale pas; aussi pensons-nous qu'il se sera glissé quelque erreur, par suite de laquelle la citation de cette espèce aura été intervertie.

4«tfuge. ^® gi'^s inférieur se lie d'une part avec les marnes irisées sousjacentes, de l'autre avec le calcaire fi Gry))hées arquées qui le recouvre; mais comme il renferme des fossiles marins dont les genres se retrouvent dans ce dernier calcaire, tandis qu'ils manquent complètement dans les marnes irisées, le savant ingénieur, suivant en cela l'opinion de Brongniart, de Yollz et de M. Élie de Beaumont, le réunit au groupe du lias.

La roche est composée de grains de quartz très Gn agglutinés par uu ciment argilo-siliceux peu abondant. Elle est gris blanchâtre, jaunâtre ou rougeâtre, micacée et rubannée. Les bancs, séparés par des lits de marne schisteuse, noire, ont de O^.OS à O^.TO d'épaisseur, et se réduisent souvent en sable. Leur épaisseur totale est d'environ 10 mètres. Dans le voisinage du calcaire à Gryphées, le ciment cristallin fait passer la roche à ce calcaire, et il empâte beaucoup de fossiles de cet étage (Velmenfroy, Bougnon, Malvil-

GROUPE Dl LIAS. 693

lers, Chavanne, etc.). Vers ]e bas, au contraire, le grès devient schisteux, ]e ciment plus argileux, les lits de marnes se multiplient, et le grès unit par disparaître au contact des marnes irisées (Montigny-les-Clierlieux, Rosière-sur-Mance, Cendrecourt, etc.). Comme les précédents, cet étage renferme du minerai de fer (Saint-Rémy, Saponconrt). Les fossiles y sont rares et peu délerminables. Sur la Carte géologique de la France, M. Élie de Beaumont a aussi indiqué partout ce grès inférieur entre les marnes irisées et le lias, le long des collines de la Haute-Saône.

Ces divers étages du groupe jurassique inférieur se recouvrent dans cette région à niveau décroissant, et il est rare de pouvoir les observer tous dans une même coupe naturelle. Cependant, la montagne de Grammont présente, non-seulement la série complète, mais encore les couches oolithiques qui la recouvrent à son sommet, et les marnes irisées qui la supportent à sa base. Dans cette coupe, le premier étage a 25 mètres d'épaisseur, le second /i5, le troisième 15, le quatrième lo, et le groupe a 95 mètres d'épaisseur totale.

Au pied de ce versant méridional des Vosges* de Longeau Depanemeni (Haute-Marne) à Villersexei, dans la vallée de TOgnon (Haute- ouaV Saône), les groupes de la formation se succèdent régulièrement du N. au S., par rapport à la pente générale du sol et h leur ancienneté relative. Cette région, comprise entre la Côtc-d'Or, à l'ouest, et les chaînes du Jura, à Test, montre, dans Farrangement des dépôts, une symétrie originaire qui ne se retrouve plus lorsqu'on entre dans les deux autres. Ainsi, entre la vallée de rOgnon et celle du Doubs, Tordie des groupes n'est plus en rapport avec rinclinaison du sol; ils se succèdent du N.-O. au S.-E. à partir de la ligne de partage des eaux de ces deux rivières, des environs de Belfort jusque vers le parallèle de Beaumeles-Dames. Les divers groupes du trias affleurent au nord-ouest de cette ligne, et au sud -est le grès inférieur, le lias et les trois groupes oolithiques apparaissent successivement jusqu'à la vallée du Doubs. Le lias existe le long de cette ligne depuis Notre-Damede-Lorctte, au nord-ouest de Belfort, jusqu'à Avilley, sur la rive gauche de i'Ognon.

Sur son prolongement à l'ouest de Besançon deux affleurements du lias se voient encore suivant deux bundes parallèles allongées, du N.-N.-K. au S.-S.-O. , dans les communes de Cliemaudin, Pouilley et Pelouzey, et plus à l'ouest le massif granitique et triasi-

59/i BSt DE LA FRAlfCB.

que de la forêt de là Serre, situé entre Dôle et Pesmes, et que circonscrit de toutes parts le groupe oolilfaique inférieur offre, sur son Tenant nord-oue^, plusieurs lambeaux de lias (1), et même, dit M. Girout (2j une arête de près de 12 kilomètres de long, d'une régu> larité remarquable. A la base est un grès sans fossiles, pois viennent le calcaire à Gryphées arquées, une seconde assise de grès pa^sant à une lumachelle et les marnes supérieures. Près de Gredisan, de Raynaus, etc., des dislocations considérables ont accidenté les couches oolithiques. Ces faibles aflSeurements du lias que nous indiquons dans le département du Donbs ne représentent point d'ailleurs en réalité toute la surface que le groupe y occupe, ses deux étages supérieurs étant, sur la carte géologique de la France, coloriés avec le troisième groupe oolithique. On doit remarquer en outre que le Afès inférieur, si constamment tracé dans le département de la Rante-Saône, ne Test nulle part le long de ces affleurements situés plus au sud, ni sur le pourtour de ceux do Jura.

M. Boyé (3) retrouve dans le lias du département du Doubs des divisions oà il est facile de reconnaître les précédentes, et que nous grouperons de la manière suivante, tout en conservant les dénominations de ses assises qui peuvent avoir une certaine utilité locale.

(Marnes superirures du lîus (indiquées à turt cbmme rrpiëseiilupt le imtrlj-^aQdatoue).

Mb mes il TYochus.

IRugiioat dft ruIcairpR morneux.

MurofK schisto-bituinineuses.

Calcaire i BoleroHites .

IV e tige. . Culcaiio à Gryphec» arquées. ^ uluge. . Grès ibiërieur du lias.

.Nous n'avoub point à nous occu()er de la classification que noua trouvons indiquée dans le travail de M. Renaud-Comte (h) oà It lias Dst «ssocié aux marnes irisées sous la dénomination commune de groupe Keuper-iioiiqve, tandis que le grès qui le surmonte par Iodées est réuni au groupe oolithique inférieur.

Les schistes bitumineux que renferme le lias de la Chapelle des Biiif près de Besançon e( de Monthier ont été Tot^et de recherches

14) âlie de Beaamoo(, Carte géoio^gtte (h la France, %\ BhU., %* sér., vol. H, p. 87, «844. 3) Méfti, et comptes rendus de In Soc. d'Émttl. du Doubs, , It!, p. tO, 1844, 1 pi. de fossiles des marnes à Trochiis, (4) ma,, V sér., Tôl. II, 4 846.

8|!>éciales, chimiques et économfiqaes de la part de M. B. Billot (1) et de M. H.Résal(2).

Après s'être attaché à démontrer que Tétage inférieur do lias tel oëpartemeot que noQs le comprenons n'a point de vériuble représentant dans la j^ra. partie du Jura qu'il a étudiée, M. J. Marcon (3) divise de la manière suivante les trois étages restants.

IGrèt SHpériear du lias.

Mûmes A Trochus ou de Pin'perdu.

Scbistet Inlttinineux à Potidonomyes.

; Marnes à Plicatulcs.

4 ^, ) M^racB à Ammonites amaitksmt,

- *'°*^*' • i Calcaire à Bélomoiles.

* Marne* 1 Xiryphœa çymbium, 3» étage. . Calcaire à Grjpbêes arquées.

L'assise désignée ici sous le nom de^m supérieur du lias pour- i„ etage. rait à certains égards être rapportée à la base de Toolithe inférieure, polsqu'elle renferme plusieurs des fossiles qui ailleurs caractérisent celte dernière ; mais, comme d'un autre côté il y a aussi des espèces qui caractérisent essentiellement pour nous le dernier horizon paléontologiqiie du lias, nous la laissons à la partie supérieure du groupe comme nous l'avons fait sur les bords du Rhône où existe uue association 2i peu près semblable. Cette assise est formée par un grès marneux, calcarifère, sableux, micacé, alternant avec des lits de marne gris jaunâtre. Les fossiles peu nombreux et mal conservés sont les Ammonites bifrons et opalinus, le Nautilus latidorsatus ei quelques Myes.

Les marnes à Trochus^ su b- schisteuses, bleuâtres, rarement grises, micacées, avec des rognons pyriteux, atteignent, à Pinperdu près de Salins, une épaisseur de 15 mètres. Les fossiles y sont très répandus mais distribués ou groupés suivant ce que M, ÎVlarcou nomme faciès sub-pélagiques el pélagiques. Le premier faciès aux environs de Salinsrenferme beaucoup de Bélemnites, d'Ammonites,d'Arches, de Nuculesetde Trochus. Les Ammonites rad ians, ScMolh. , insignis, SchQbl., binus, d'Orb., se montrent sur divers points, tandis que les A. Germaini, d'Orb , stemcdis, de Buch, mucronatus,

(4) Jnaljrse des schistes bitumineux fia lias {Ibid,^ vol. VI, p. 32,4 865).

(i) Appréciation de la valeur des schistes bitumineux liasiques du département du Ooubs, considérés sous le rapport industriel (Ibid.. Ib., p. 43).

(3) Recherches géologiques sur le Jura salinois (^Méat, Soc. géol, i€e Fnancey Vaér., vol. III, p. 43, 484S).

696 EST DE Là FRANCE.

d'Orb. et RaquinianuSy id. , n'existent qae dans très peu de localités. Ces associations se représentent en outre dans une grande partie des départements du Doubs, de la Haute-Saône et en Saîase. Les caraaères des dépôts de mer plus profonde s'obserrent aux environs de Lons-le-Saulnier, de Poligny, de Saint-Âmoor et près ' de Champagnole. Les fossiles y sont peu nombreux.

Les schistes bitumineux ou marnes schisteuses ressemblenl à des ardoises, et leur teinte passe du noir au gris foncé. On y troo?e quelques plaquettes de bitume entre les feuillets et des bancs minces de calcaires argileux, très durs, qui pourraient représenter les couches ï ciment de Vassy. La Posidonomya Bronnii y est très répandue, particulièrement aux environs de Lons-le-Saulnier et de Besauçon, avec quelques Ammonites aplaties et des empreintes de Chondrites,

Nous signalerons parmi les fossiles les plus cx)nstants de ce premier éuge le Cyathophyllum mactra, Gold., les Nucula Hammeri^ Defr., et lacryma, Sow., Arca inœquioalvis, Gold., Trigonia pulchella, Ag., Pecten paradoxus^ Munst, Turritelia echinata^ de Buch, les Trochus duplicatus, Sow. et vesuntiriM^ Thurm., les Belemnites unisulcatus^ Blainv., compressus, id. tripartitus, Schloth., in-egularis^ id. , digitalis, Blainv., \qs Ammonites jurensis, ZkL, serpent inus, Schloth., discoides, Ziet., complanatus, Brug., insignist Schubl , sternalts, de Buch, mucrmatus, d'Orh, , aalensis ^ Ziel., opalinus^ Rein, ^ radians, Schloth. , comensti, de Buch, bifrons, IJrug.

St A.,«. Les marnes à Plicalules [P. spinosa) sont grises, sableuses, micacées et alternent avec des calcaires marneux, parfois sableux, traversés par des veines de calcaire spathique. Leur puissance totale est de 6 mètres. Outre la P. spinqsa qu'on trouve presque partout au même niveau dans les monts Jura, il y a une très grande quantité de Bélemuiies {B, Bruguienanus , d'Orb.) dans les bancs calcaires. V Ammonites spinatus y est aussi fréquent, et, par places, se rencontrent le Pecten cequivalvis et la Lima ffennanni. C'est, comme le dit M. Marcou, l'horizon que marque en Bourgogne la Grypheacymbium. II y signale aussi le Nautiius siriatus, Sow. Les marnes ci Ammonites amaltheus [A. margarifatus, MontL) sont presque schisteuses, grises, jaunâtres, quelqtiefois noirâtres, de 10 mètres d'épaisseur, sans bancs solides intercalés, mais avf des rognons calcaréo-marneux, de forme variable, spbéroîdaux oo cylindroîdes, de la grosseur du poing, à couches cencentriques et

GROUPB DU LIAS. 697

dissémiDés sans ordre dans la masse. Les fossiles, peu nombreux, sont des céphalopodes {Belemnites umbilicatus^ Blainv. , et Fourneli, d'Orb., Ammonites amaltheus, Schloih.).

Sous le nom de calcaire d Belemnites, M. iMarcou comprend un calcaire marneux, à cassure esquilleuse, bleu clair à Tintérieur, jaunâtre au dehors, en bancs séparés par des lits de marne argileuse, plastique, renfermant nue grande quantité d'oxyde de fer. Cette assise varie beaucoup d'épaisseur, et manque même quelquesfois complètement. Aussi Fauteur ne la considère-t-il pas comme tout à fait synchronique des calcaires à Béienmiies du sud de la France, quoiqu'elle soit parallèle à la couche à Belemnites de la Bourgogne ; mais c'est là une distinction qui nous paraît sans importance, et qui n'est peut-être pas bien réelle. Les Belemnites acutus, Mill., et umbilicatus, Blainv., sont assez abondants pour y former une véritable lumachelle, et Ton y trouve associés les Ammonites Davœi, Sow. , et fimbriatus, id.

Plus bas viennent des marnes et des calcaires marneux assez homogènes, gris bleuâtre, schistoïdes, constituant l'assise des marner à Gry/jhœa cymbium, var. ventricosa, Gold. , ou marnes de Balingen {Wurtemberg). Les calcaires sont compactes, gris de fumée ou bleus et fragiles. La stratification est très régulière, et l'on y trouve quelques rognons ou des plaquettes de fer carbonate. Sa puissance est de 10 mètres, et les fossiles, assez nombreux, sont irrégulièrement distribués. Les Belemnites (B. acutus) y sont à profusion. Les petites Ammonites (A. Turneri) sont dans les bancs qui reposent immédiatement sur la lumachelle de Pentacrinus basaltiformis du troisième étage. Au-dessus se montrent les Ammonites bifer^ Quenst., oxynotus, id., natrix, id., et vers le haut l'A. raricostatus, Ziet. , avec la Gryphœa cymbium. La Terebratula numismalis, Lam., n'est pas rare non plus à ce niveau. Les myacées, très peu répandues ailleurs, le sont au contraire beaucoup aux environs de Salins, où les diverses espèces caractérisent des couches diiïérentes de la même assise. On y trouve encore deux Pentacrines et de nombreuses tiges de Sphcerococcites crenulatuSy Sternb. Les espèces suivantes paraissent être les plus constantes de cet horizon : Pentacrinus suùangularis, Mill. , Mactromya liasina, Ag. , Pholadomya Voltzii, id. , Terebratula quadrifida, Lam. , T. variabilis, Schloth., T. rimosa, de Buch, Spirifer rostratus, Ziet., S. verrucosus, id. , Ammonites Loscombi , Sow. (A. heterophyllus numismalis ,

B8T DE LA NaIVCK.

Qoenst.), i4. planicosta, Sow., A. Brookii/ià.y Belemnites elaoa^ tus, Scfaloth.

8«^tac«. Le calcaire à Gryphées arquées, de 6 mètres d'épaissear seolemenl, se présente ici avec ses caractères pétrographiqaes babitnels et ses nombreux fossiles. I>es Gryphées, les Nautiles, les Ammonites, s'y voient partout à profusion. Les Limes, les Cardinies, les Plenromyes et les Pinna, ont un développement plus restreint, à la partie inférieure, dans les bancs au contact des marnes irisées. La Grypbée arquée forme au-dessus des bancs de lumachelle de 2 mètres d*épaisaeur, et M. Marcou h\i remarquer avec raison la persistance de ce fossile au même niveau dans tout l'ouest de l'Europe, et pendant un laps de temps comparativement très court. Les Ammonites, comme les Nautiles, sont de grande taille. Les premières qui apparaissent sont les A, psilonotus, Quenst. , et angulatus, Schloth., associées aux Cardinia concinna et securiformis^ et à la Lima gigantea.

La partie inférieure au contact des marnes irisées présente, dans diverses localités, entre autres à Boisset, près de Salins, de petits grains de quartz avec des dents de poissons et de sauriens {Hybodus, Thecodus, Acrodus, Gyrolepis^ Saurichthys, etc.). Ce Kt est donc tout à fait comparable à celui que nous avons suivi dans l'ouest de l'Angleterre, sur une étendue de 112 milles, à quelques décimètres au-dessus des marnes vertes qui terminent le trias de ce pays (on/é, p. 126). On peut remarquer seulement que, si de part et d'antre II caractérise les premiers sédiments jurassiques, il n'est pas exactement synchronique ou contemporain, car il se trouve en Angleterre à la base du quatrième étage du groupe, et dans cette pàttie du Jura à la base du troisième. Nous le retrouverons d'ailleurs encore Si l'est de la région qui nous occupe. Ontre les fossiles précédents, nous citerons, comme étant les plus répandus, le Pentacrinm basait if ormis, Mill., la Pleuromya stHatula, Ag., les Pecten textorius, Gold., et disciformis, SchfibL, te Spirifer Walcotii, SoW., le Nautilus intermedius, Sow., le Betefnnitesacutui, Mill.. \e^ Ammonites Sneklandi, Sow., Conybeari, id., et kridiôn, Hehl.

La coupé suivante du ravin de t^lnperdu, Si 1 kilomètre au nord de Salins, résume la série du lias de ce pays t

/r Grès supérieur avec empreintes végétales . . . • 4,Q0 2. Marnes à Trochus^ avec Ammonites insignis et jttreiisisj Trochns duplicatas^ Nucitla Hammeri et rostralis^ Cyathnphy'ltnm mactrn^ vers le haut ; Belcmnites comjiressus et itnistiic/itus^ <*' / Ammonites radians^ sternalis, Germaini et

étage. \ cnmensis vers le milieu ; Perte n paradoxus^

Ammonites mncrotiatus , RnquinianiLS , ser^ pentinus^ discoides et complanatus à la partie

inférieure 4 5,00

\ 3. Schistes bitumineux à Posidonomyes et oxyde de

\ fer 2,00

^4. Marnes à Plicatules et Belcmnites Èrnguieria-

nns^ .1 m m on i tes s pin a tus, P lien tu In sninosa. 4,00 8. ^^Tïi^s^ Ammonites an) nltheus e\ tïùàxAe^ , . . 42,00 l6. Calcaire à Bélemnites, et argile plastique ferru-

2* .' gineuse 4,50

élage. j7. Marnes à Grrphœn eymhium^ var. ventricosa, et nodules pyriteux, Pentacrines, Pholndomya Foltzii^ Mactromya linsina, Tereùratula nnmismalis^ Ammonites bifer et raricostatus^ Be^

\ le ut ni tes aeu tus et Fournelianus 40,00

3* fô. Calcaire à Gryphées arquées avec Ammonites étage. ( Bucklandi, etc 8,00

Aa bas du ravin sont les marnes irisées où ron a ouvert deoi carrières de gypse.

Le lias, continue M. Marcou (p. 13), se montre sans interrup* lion tout le long de la falaise jurassique qui s*étend de Salins à Saint* Amour. Comme il se trouve à mi-côte des pentes abruptes, il eat «illonné par de nombreux ravins, et Ton peut facilement réludier^ On le rencontre* aussi sur quelques points du premier plateau do Jura, et au fond do certaines vallées de dislocation ; mais lorsqu'on s'avance vers les parties élevées de la chaîne comme vers les Hautes^ Joux, le Rizou, la Dôle, le Crel de Chalam et le Reculet, il disparaît complètement sous les grandes voûtes de calcaires oolithiques.

Les environs de Poligny et de Lons-le-Saulnier sont des points oà le lias est bien à découvert sur de grandes surfaces. Dans la der^ DÎère de ces localités, il a été particulièrement étudié par Charhaut (1), qui y dutinguait le calcaire à Cryphkn. les mamet i€ la formation du calcaire oolithique et les marnes bitumineuses et

(4) Géologie des environs de Lons-le^Saulnier (Afin, des mines j vol. IV, 4 849).

sans bitume. Plus récemment M. Boyé (1) a donné de ce même pays une coupe que nous reproduisons, et dans laquelle on remarque ï la base du groupe, comme dans le département du Doubs, le représentant du quatrième étage :

.„ ^ ("Marnes supérieures du lias.

^ '(Schistes bitumineux à Posidonomyes.

/Calcaire supérieur à Bélemnites (calcaire marneux et l nodules).

Qe 1. } Marnes sableuses à Plicatulaspi/iosa et Ammonites spi^ * * \ natus.

I Marnes inférieures du lias.

\Calcaire inférieur à Bélemnites.

3* étage. | Calcaire à Gryphées arquées, bleu, en bancs peu épais. .. CGrès et marnes sableuses, avec des calcaires 8ubor- ^ ' ( donnés.

o^ttrtemtnt D'après ce qu'on a vu de la disposition des groupes dans le Jura PAiL. méridional, on conçoit que le lias ne s'y monure que sur un très petit nombre de points et dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. Ainsi il affleure au nord de Belley par suite d'une faille, et y circonscrit les dépôts tertiaires de la partie septentrionale de ce petit bassin, puis sur la rive droite du Rhône, au pied des escarpements de calcaires oolithiques depuis Villebois jusque ?ers Saint-Denis-Chosson.

.M. Millet (2) ne distingue dans le lias du département de l'Ain que les marnes à Bélemnites et les calcaires à Gryphées arguées dont il réunit d'ailleurs les fossiles. Les marnes renferment des bancs irréguliers de calcaire marneux et souvent des nodules aplatis. Elles sont giisnoiiâtre, bleuâtres, jaunâtres ou roogeâtres, très schisteuses, remplies de Bélemnites, de Posidonomyes, et traversées de veines de carbonate de chaux. Les calcaires gris, bleus ou bleu noirâtre, à cassure conchoîde, renferment une grande quantité de Gryphées arquées, et reposent sur un grès qui semble dépendre plutôt des snarnes irisées que du lias lui-même. D'après la liste des fossiles que donne l'auteur, on peut supposer que les Irois étages supérieurs sont représentés dans ce pays. licite, outre les espèces caractéristiques de chacun d'eux, des restes àUchthyosaurus communis et conifonnis puis de Plésiosaure.

(4) Mém. et comptes rendus (If l<iSoc d'Einnl. du Doubs, 2* sér., vol. 1, 4 854, avec carte et coupe.

(2) Bull., 4" sér., vol. XI, p. 364, 4840.

Le lias ainsi composé s*observe dans les vallées de GratouY, de Cliamp-Fromier et de Périne, où son inclinaison varie de 15** à 20*, puis dans la vallée d\Ambcrieu, au delà des Balmuttes, à la carrière de la Panissière, où les fossiles soni 1res répandus, au sud d*Ambérieu,dans la vallée de Vaux-Févroux, entre Lagnieu et Torcieu, où des restes de poissons et de reptiles ont été signalés. Il est encore bien développe à Test de Lagnieu, à gauche de la route de Saiot- Sorlin, entre Villebois et le hameau de Bonis; enfin, au nord de Belley, au bas de la montée de Bone, les couches sont presque verticales et disparaissent sous Toolithe inférieure ferrugineuse. Dans les vallons de Gt*atoux et de Champ-Fromier, le lias est à 500 et 800 mètres d'altitude, h Bone entre 2/(0 et 300, et il en est de même à Villebois.

M. de Bonnard (1), après avoir décrit les gisements de minerai de fer placés au-dessous du calcaire à Grypliées arquées de Saôneet-Loire, disait, en 1828 : « On a découvert depuis peu, à Villebois » (Ain), des gîtes de nature analogue, étendus et puissants, quidon- » nent lieu à des exploitations considérables. Ces minerais, que je n'ai » TUS que dans les usines, m*ont paru semblables à celui de Cha- » lançay, mais je ne ï^ais si les gîtes sont situés au-dessous ou au- » dessus du calcaire h Gryphées arquées, et les opinions des ingé- » nieurs qui ont visité les mines de Villebois paraissent n'être pas » encore uniformes sin* ce point, b Depuis lors, .^1. Ë. Gueytnard (2), en décrivant ce gisement, n'a rien dit de son âge, si ce n'est qu'il était sur les calcaires oolithiques et lithographiques de Grosiée. et recouvert par un calcaire saccharoîde très coquillier, rempli de Pentacrines, auquel succède un calcaire marneux également fossilifère. Plus tard, le même géologue (3) a placé ces minerais dans Véiage inférieur des calcaires oolithiques.

Par suite d'une faille dirigée S.-S.-E., N.-N.-O., le calcaire à Gryphées arquées forme la base de la montagne près de Villebois, est recouvert par toute la série des couches jurassiques, et se trouve porté au contact des calcaires oolithiques de Bonis. Cette même faille se prolonge au iX. -N.-O. , au-dessus de Sainl-Sorlin et de Lagnieu, où continuent à affleurer, d'une part, le calcaii*e à

Jnn. (les mines, %• sér., vol. IV, p. 57, 4 828. Sur la muter,, la géoL et la métallurg. du département de rïsère, p. 39. in-8. 4 831.

(3) Statist, miner,, géol.^ etc., du département de l'Isère^ p. 263, in-8, Grenoble, 4844.

79S BST DE LA rHAHCB.

Grypilées arquées, ei de Taotre la grande oolithe en eoalad a?ec lai. La dislocation que noutt tenons de signaler explique la difiérence de niveau entre le massif des montagnes do Bogey et le plateau jurassique de la rive gauche du Rhône composé des oiéroes couches (1).

Au-dessus de Lagneo et de Villebois, le calcaire à Grypëées arquées est recouvert par des calcaires marneux ï Bélemoites, pois par des marnes verdâtres et le minerai de fer oolithique renfermaBt les Ammonites et les autres fossiles du lias supérieur. Le troisième groupe oolilhique constitue les escarpements au-dessus de Lagaev et des mines de Villebois. Ici comme à Saint -Quenlin, près die la Yerpillière (Isère) et au .Uoni-d'Or (Hhône), la couche de minerai de fer, bien caractérisée par ses débris organiques, se trouve toujours piacée entre les marnes su|)érieures du lias et tes calcaires de Toolithe iniérieure ; il reste seulement à décider auquel des deas groupes elle doit être rattachée.

M. Lory la place è la partie supérieure du lias, et comme correspondant, dit-il, k un niveau un peu plus bas que le minerai oolithique de la Franche*Comté, ce qui nous paraît exact. Les fossiles de Villebois sont les mêmes que ceux de la Verpillière déjà cités (oitiè, p. 603), et nous pensons avec M, Tliioliiére (2) que non-seulement il B*y a pas lieu de séparer ici le niveau de V Ammonites Jurensii de celui que caractérise ÏA. opalinus ou primordialis , oMis encore de rhorizoo bien autrement étendu de VA. bifrons. Ces couches, distinctes dans d'autres pays, particulièrement en "Wort0mberg« et en partie dans le Gloucestershire et la Normandie, se trouveraient eu quelque sorte contractées en une seule dans celte région du bassin du Rhône (le Mont-d'Or, Villebois, la VerpilUère, et peut-être la base de la u^ntague de Crussol et les environs de Privas). Plusieurs des espèces que nous a\ons regardées comme caractérisant les couches les plus basses de l'oolithe inférieure, \ï oà elles occupent un niveau bien distinct de celui de 1*^4. bifrons^ sont ici enfouies, pèle-mèle avec cette dernière et d'autres propres a« lias te plus supérieur, dans une couche de minerai de fer de i^tSO à 3 mètres au plus d'épaisseur.

Ainsi que nous l'avons reconnu depuis longtemps, ces exemples ne

(4) Lory, //////. .Soc. statist. de Nsère, 2" sér., vol. I, 4 854. — Bull. Soc, géol. de France^ V sér., vol. ï\ , p. 48, 4 851.

f2) Driao, Minéndogie et pétralo^ie des environs de Ljon^ p. «80, in-8, Lyon, 4849.

ALSàCE. 70S

prouvent rien contre les divisions établies régalièrement sur d'autres points et d'après des superpositions et des associations de fossiles bien constatées. Seulement elles doivent mettre en garde les personnes qui, sans prendre en considération tous les éiémenis connus de la question , telles que les circonstances de gisements ei les relations géologiques aiteniivement déterminées, puis comparées, ae hâteraient de conclure dans tel ou tel sens, suivant les espèces fossiles localement et accidentellement mélangées sur les limites extrêmes ou géographiques des divisions stratigraphiques.

Ce que nous avons dit au commencement de la seconde section {aruè^ p. 608) de la répariiiion des dépôts jurassiques dans les bassins réunis de la Saône et de l'Ain, de la distribution des quatre groupes sur leur pourtour, et de quelques pariicularités relatives au Jura [antè, p. 615) pouvant être considéré comme une sorte 4e résumé des quaire sections qui précèdent, nous dispense d'y i^evenir ici, et nous remettrons à traiter des vues plus générales qui se rattachent k l'ensemble des monts Jura, lorsque nous aurons décrit la formation dans la Suisse et la Savoie.

Les dépôts jurassiques de la partie sud-ouest du départeoaent du p^. ^^^^^^^ Haut-Rhin, continuation de ceux du Doubs, ne forment qu'une **» zone de peu de largeur, depuis les euvirous de Belfurt jusque près de Délie, et disparaissent au nord $ous les dépôts tertiaires, quaternaires et modernes. Autour de Délie e( de Saiai-Dizier, SMr la hmite dii^ Porrentruy, le groupe oolitbique supérieur régnerait seul d'après la carte géologique de la France et d'après celle de la Suisse; ce serait des calcaires dépendant de l'étage du corai-rag. Les couches de celui de Portiaod occuperaient au sud-ouest le territoire de fieaucourt, daus le v^isiqage duquel, entre Dampierre, Dest et Croix, M. JÈUe de Beaumont indique mi lambeau du groupe moyen circonscrivant un îlot du groupe inférieur.

Du côté opposé de la vallée, au pied sud-est des Vosges, puis en remontant la vallée de la Savoureuse jusqu'à fielfort, on recoupe ^ccessivement lesgroupes oolithiques supérieur, moyen» inférieur et le lias avec le grès de sa base, qui recouvre le trias. Ces divisions tracent des zones à peu près parallèles, dirigées comme le pied de la chaîne du N.-£. au Su-0.

Si Yw se dirige de la forge de ieliort ver» kfiUagd de Gimre*

70l!i EST DE L\ FRANCE.

mont, dit M. Thirria (1), en marcliautdu N. -0. au S.-E. , on rencontre les tit>is groupes oolilhiqiies. Les inurnesdu lias s*observent an pied de la nwntagnede la Miolte sur le flanc nord de laquelle affleorent les couches de Toolithe inférieure et de la grande oolithe. Un petit escarpement oiïre ensuite des marnes argileuses et des calcaires marneux bleuâtres (Bradford-clay) avec Ostrea Marshii, Lîmaproboscidea, des Peignes, Astrœa MianioideSy eic. Un calcaire ooli- (hique qui paraît représenter le combrash occupe le sommet de la Mtotte. Sur sa pente méridionale on atteint des calcaires tachés de bleu, qui, dans les fossés des fortifications, alternant avec un calcaire compacte souvent rougeâtre, s*enfoncent sous un calcaire ooliihiqoe gris, fissile, avec des articulations de PentacrinusscalariSy lequel lait encore partie du cornbrash et supporte les couches marneuses de la montagne de la Justice.

La base de ces dernières qui constituent TOxford clay renferme des rognons de calcaire marneux, exploités pour la fabrication de la chaux hydraulique, et des nodules géodiques de calcaire spathique enveloppés de silice, avec Rhodocrinus eckinaius, Gold. , Apio^ crinus Milleri^ Schloth. , Pentacrinm pentagonalis, Gold. , les Terebratuia semiglobosa, Sow., et Thurmanni^ Voitz {varions^ Schloth). Ici comme à Champlitte (Haute-Saône) on trouve aodessus un calcaire compacte grisâtre, schistoîde, parfois celluleax et pétri decrinoldes, alternant avec des bancs de marnes schisteuses endurcies, des plaquettes et des rognons de calcaire manH>-compacte remplis de Serpules et de polypiers à Tétat siliceux.

Les calcaires qui succèdent à ces assises appartiennent au coral rag; au-dessus est un calcaire compacte, sub-oolithique, dont les oolithes, cannabines ou pisaires, se fondent dans la pâte et qni, dans les fossés du fort de la Justice, est suivi d*un calcaire compacte gris blanchâtre, à cassure conchoîde avec des veines spathiques. Un second calcaire d*aspect crétacé, h oolithes cannabines avec des noyaux géodiques, beaucoup de Nérinées. d*Huîires, de Térébratules, de Limes et d'Astrées, constitue Téminencc snr laquelle repose la citadelle. À Pérouse cette assise est recouverte d*nn ealcan^ blanc, tendre, non oolitbique, donnant de bonnes pierres de taille, et an deb du village un calcaire compacte avec des Astartes, alternant avec des lits minces de marne, forme la dernière assise de Tétage aussi bien que du second groupe.

(4 ) Statist, miner, et géol. du département de la Haute-Saône^ ^.A^l^ notes, -^Eenoir, MulL, 4"8ér., vol. IX, p. 369, 4 838.

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