‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 153 sur 166 · Calcaire dépendant du groupe oolithique inférieur · texte numérisé non relu

Calcaire dépendant du groupe oolithique inférieur

2. Calcaire à Grj'pliêes arquées^ jaunâtre vers le bas et gris

bleuâtre vers le haut, où il est pétri de Gryphées. Les bancs les plus élevés, rougeâtres, sont remplis de Bélem- m. Dites 25 à 30

3. Mncigno r.t calcaire quartzifcre^ ou calcaire jaunâtre, sub-

grenu, un peu cristallin, avec grains de quartz plus ou moins abondants (macigno), passant à un silex grossier, en

(1) Sur la constance des Jaits géognostiques qui accompagnent le terrain d'arAose, etc. (Ann, des se, natur., 48i7. — Jnn. des Mines, 2« sér., vol. IV, p. 72, 4 828). — Voyez aussi, Notice géogn, sur quelques parties de la Bourgogne [Ann. des mines ^ vol. X, p. 4 93 et 427, 1825).

(2) Mém, sur la partie inférieure du système secondaire du ilépartement du R/iône [Mém. Soc, géol. de France^ 4" sér., vol. m, p. 343, et pi. 23,24, 4840). — Rapports de M. de Bonnard, Comptes rendus, 4 9 nov. 4 838. — Rozet, Sur les montagnes qui séparent la Loire du Rhône et de la Saône [Mém. Soc. géol. de France, 4'« sér., vol. IV, p. 4 24, 4 840).

<^78 EST DE LA FBAlfCK.

amandes parallèles à la stratification. Vers le bas la rocbe est plus friable et renferme des masses calcaires roa^e foncé, compactes et cloisonnées; vers le haut sont quelques ■. fossiles de l'assise précédente, entre autres des Gryphées. . 5

4. Chorn bâtard ou. calcaire gris et jaunâtre, assez cristallin,

sub-grenu ou compacte, et au-dessous, calcaire gris, un peu marneux, compacte, avec des lumachelles (,

5. 6'/<?j //î/m>//r gris, quartzeux, grossier, plus ou moins feld-

spathique, à ciment calcaire de teintes variées, et plus ou moins solide. Des calcaires rosfttres, magnésiens, en couches peu épaisses et en amas allongés y sont subordonnée 47 à 2d

Toute cette série, parfaitement continue, repose, à stratification discordante, sur des schistes amphiboliques, et nulle part n'e^ affectée par les filons qui traversent ces derniers. Redressées à ro.-N.-O. , les couches plongent d'abord faibienoent, mais, à mesare qu*on s'élève , Finclinaison augmente , et celle des calcaires à Gryphées est de 30^

Dans la coupe donnée par M. Raby (1), des terrains qui renfennent la mine de cuivre de Chessy, coupe que iVl . Leymerîe a reproduite, les schistes verts satinés supportent les grès inférieurs {ïï'^ 5), et les calcaires qui succèdent à ceux-ci représenteraient le choin bâtard (n*/i). Une veine, de 2 ^^ mètres d'épaisseur, composée d'argile rougeâtre, mêlée de fragments anguleux de roches anciennes, sépare le grès du terrain ancien, et constitue le gisement des minerais de cuivre objet de l'exploitation. Le cuivre carbonate bleu se niontre dans le grès, quelquefois dans le calcaire. Le grès renferme en outre de la dolomie, quelques minerais de fer et de manganèse, et du calcaire spathique. Le cuivre pyriteux et le cuivre gris et noir se trouvent presque exclusivement dans le terrain ancien ; les deux autres dans la veine de roche argileuse rongeâtre. M. de Bonnard (2), qui avait déjà reconnu l'analogie des calcaires de cette localité avec le choin bâtard et la lumackeile de la Bourgogne que nous avons vue sous le calcaire à Gryphées arquées, y avait recueilli le Plegiostoma punctatum, une Perna voisine de la P. aviculoidesy la Plicatula spinosa, VUnio hybridus et le Diadema minimum.

(1) Notes sur les diçers gisements de minerais de Saint^Bel et de Chessy {Ann. des mineSj 3* sér., vol. IV, p. 347, pi. 9, fig. 4, %f 4833).

(2) Loc. cit., p. 59.

GftOUPl DU LIAS. 679

Après avoir décrit les coopes de Villefranche à Cbessy et ctAh des environs de Gbâtillon, l'auteur résnme les caractères généraux des deux assises principales qu'il a ol>serTées. Celle qu'il désigne sous le nom de choin bâtard offre deux divisions : Tune supérieure, de 10 à 12 mètres d'épaisseur, est composée de bancs jaunâtres, de texture variable, renfermant le Diadema minirmmiy Àg. , le />. seriaie, id. , la Plicatula spinosa, Sow. , nn Pecten, la Lima pimctaia^ Sovir. , et d'autres fossiles déjà cités ; l'autre inférieure, de 5 à 6 mètres seulement, comprend des concbes minces de calcaire compacte, passant sur certains points à une lumacbelle dont les coquilles sont indéterminables. Les yrès inférieurs renferment comme bancs subordonnés des calcaires magnésiens et des marnes. I^es premiers grano-lamellaires on sub-compactes, rougeâtres oa iriolacés, mouchetés de manganèse, en concbes minces séparées par des lits de marne ; les secondes jaunâtres, rougeâtres ou vert clair. Ni les nns ni les antres ne renferment de fossiles.

Snr la route de Chessy à l'ArbresIe, sur le versant nord de la montagne de Saint-Germain, les calcaires quartzifères ou macigno supportent le calcaire à Gryphées très redressé vers l'O. , et les deux nôtres assises manquent avant qu'on atteigne les schistes verts anciens et le granité. Le calcaire à Entroques, de ^0 mètres^ d'épaisseur dans les carrières d'Onain, occupe le sommet de la montagne. De l'ÂrbresIe à Bully, à partir des schistes anciens, on trouve les grès inférieurs très développés, les calcaires gris et jaunâtres (cboin bâtard) redressés au S. , le calcaire à Grypitées, et enfin les calcaires de l'oolilhe inférieure. Les grès ont ici une épaisseur de ItU mètres ; celle du reste de la série est de 20 à 30. dette coupe reproduit à peu près celles des environs de Châtillon et de Limas, sauf un plus grand développement des grès et des marnes. Qnant au calcaire {ckoin bâtard), sa base dans les trois localités est formée de cal* caires compactes, gris clair, presque sans fossiles, et sa partie supérieure de bancs à grain fin, sub-saccbaroîdes on compactes, grisou jaunâtres.

Dans la coupe du Mont-d'Or que nous avons citée {antè, p. 654), fiiauif on voit également succéder au granité de Limonest les grès infé- Mont^*or. rieurs quartzeux, peu ou point féidspathiques, calcarifères, de teintes variables, et renfermant comme partout des calcaires magnésiens, roses, rougeâtres et jaunâtres, plus ou moins compactes, avec des grains de quartz, des dendrites de manganèse et des veinules de baryte sulfatée blanche. A la montagne de la Longe» la

680 BST DE LA FftANCB.

puissance de ces grès est de 20 à 30 mètres. Ib plongent de iO* à TE.-N.-E. Moins développés qn*à Cbllillon, ils sont anasi raoiits fekUpaihiques, quoique reposant sur le gneiss et le granité au lien de recouvrir ks schistes (1). Les marnes y sont également moias répandues.

Les calcaires (ehoin bâtard) qui les surmontent sont d*abord en bancs peu épais, à surface souvent mamelonnée, gris clair, un peo marneux, ordinairement sans fossiles, puis viennent des lumachelle plus ou moins compactes ou cristallines, des calcaires gris sab-saccharoïdes, et des calcaires jaunes ocreux avec dendrites. Ces lomacbelles, qui se trouvent ici vers le haut de Tassise, étaient à Châlil- Ion vers le bas des calcaires compactes gris clair. Au-dessos sont des calcaires jaunâtres, grano-lamellaîres, avec des crinoides, des Limes, le Pecten lugdunensis, et des calc^iires compactes, gris de fumée, sans fossiles. Après quelques autres bancs de calcaire gris et quelque faible représentant de l'assise du macigno, se montre, dans la partie supérieure de la coupe, le calcaire ï Gryphées constituant la crête de la montagne allongée du N. an S. , et plongeant de 26** à TE. , c'est-à-dire beaucoup plus fortement que les grès inférieurs. Les calcaires du choin bâtard ne sont pas magnésiens. On y trouve le Pecten Ivgdunensis, iMicb., deux Limes dont une parait appartenir à la Z. gigantea^ Sow. , une Gryphée que l'auteur rapporte à la Gryphée arquée jeune, et d'autres coquilles indéterminables.

Les bancs du lias à Gi7phées, exploités dans les nombreuses carrières ouvertes sur le versant oriental de la colline de la Longe, qui regarde le Mont-Toux dont il est séparé par le petit vallon du château de la fiarollière, ces bancs, disons-nous, constituent un calcaire grb bleuâtre, un peu cristallin, très dur. Ils sont très réguliers, généralement peu épais, formant des dalles de 0'*,20à 0'",25, d'une grande solidilé , extrêmement résistantes , et employées dans les constructions de Lyon. Les plans de joint sont littéralement recouverts de Gryphœa obliqua, Sow., espèce qui, comme sur beaucoup d'autres points, paraît remplacer la G. arquée, ou n'en serait qu'une modification ; elle est accompagnée de la Lima gigantea^ Sow. , du Spirifer rostratus, de Buch, etc. (2).

(4) Voyez aussi : Dufrénoy, Explication^ etc., vol. II, p. 740-748, fig. 4 03, 4 04,4 848.

(2) D'Archiac, Nota inédites^ 4 852.

ûaOUPE DU LIAS. 681

M. Leymerie donne la coupe d'une carrière ouverte à Tonest de Saint-Fortunat, dans les couches du choin bâtard, et dont un banc est pétri de Pecten lugdunensis. Sur la montagne de Narcel, la partie supérieure de l'assise a présenté les Diadema seriale et globu" lus, Ag. , une Piicalule, une Gryphée rapportée à la G. arquée, une Huître, une Avicule, etc. Un forage entrepris au pied du Gret du Mont-Toux pour la recherche de la houille, et poussé jusqu'à ISA mètres (1^2 suivant M. Driau), a traversé le groupe déjà connu du lias depuis les marnes supérieures et s'est arrêté dans les grès avant d'atteindre les calcaires magnésiens.

D'après les détails que nous venons de donner, nous considérerons les macignos, les grès quartzifères et les calcaires fossilifères du choin bâtard, comme formant, dans le département du Rhône, le quatrième étage du lias, puis les grès sous-jacents, sans fossiles, avec des calcaires magnésiens subordonnés, et reposant sur les roches anciennes, cristallines ou schisteuses, comme appartenant au trias (marnes irisées], conclusion d'ailleurs clairement exprimée et' motivée par M. Leymerie. i\Jais suivant aussi ce que nous avons dit à plusieurs reprises, nous n'adoptons pas l'expression d'infralias qu'il a proposée pour ces deux assises immédiatement inférieures au calcaire à Gryphées, et qui correspondent à celles déjà désignées, en Angleterre, en France et en Allemagne, sous les noms de lias blanc, de calcaire d'Osmanville ou de Valognes, de grès inférieur du lias, de quadersandstein, etc.

Dans un livre utile et bien fait à son point de vue, M. Drian (1), suivant en cela l'opinion de M. Fournet, range les caics^ires du choin bâtard dans le trias, mais nous ne voyons aucun motif plausible pour admettre ce classement, tandis que celui que nous avons adopté s'accorde parfaitement avec les caractères du quatrième étage du lias tel que nous l'avons observé sur un grand nombre de points. Il est vrai que M. ThioUière émet des doutes sur le véritable gisement de la plupart des fossiles que nous venons de citer, et que certaines circonstances lui font regarder comme probable une interruption entre le dépôt des calcaires du choin bâtard et celui des grès qui sont dessus, et qui se rattachent plus évidemment au

(4) Miner, et pétralogie des environs de Lyon^ p. 473, in-8, Lyon, 4 849.

682 EST Dl LA rtANCB.

lias. Quoi qn'U ea soit, cette assise, imporiante po«r le pays, paraît avoir été olnervée aussi par Saa?aiieaa au-dessus do grès bigarré de Saint-Rambert en Bugey, comiBe aux environs de Beiley.

Sur les calcaires sableux ce grès macigno qui recourreot les calcaires précédents, fient le grand horizon do calcaire à Gryphées arquées. L'épaisseur de cet étage est d'environ 16 mètres, et M est caractérisé par la G. arcuata, Lam., le Belemnites acutm$^ d*Orb., les Ammonites bimlcatus, Brug., Conyheari, Sow., obhtsus^ id., siellaris, id., etc. Les bancs do troisième étage sont exploités de temps immémorial dans les carrières de Saint-€yr et de Sût- Fortunat, au ^ont-d*Or.

Une série de Kts de k mètres d'épaisseur, qoi rattache cet étage au suivant, renferme des fossiles différents. Ce sont : TerebratuU riMmismalis, Lam. , Gryphœa obliqua^ Sow. , Belemnites Bruguiertanus, d'Orb., ou/MxtT/osta, Scbloth.?, B. clavatus, Blaiov., Ammonites Stokesi^ Sow. (margaritatvs, HoniL, amaltheus^ Schlotk), A. planicosta^ Sow., A. csprieomuSy Scbloth., A. Davœi^ Sow., A . spinatus, Brog. , A . fimbriatus, Sow. , A . Bechei, id . , ou striaiuSy id.7 Ces bancs sont surmontés de marnes et de calcaires altemanu, appelés les rififes au Mont-d'Or, et remplis de Belemnites Bru^ guierianus, d'Orb., ou niger^ List. Plus haut des marnes de 100 mètres d'épaisseur, avec quelques Ammonites Stokesi^ compléteraient le second étage du groupe.

L'absence de Posidonomyes, d'une part, et celle de la Gryphœa cymbium, de l'autre, rend difficile la séparation de cet étage du premier ; aus^ M. Drian ne range-t-il avec certitude dans celui-ci que des marnes sableuses, micacées, schisteuses, qui se lient par le bas à l'assise précédente, pais la couche à minerai de fer qui les surmonte, et les premiers bancs du calcaire jaune qoi recouvrent le minerai. M. Thiollière regarde comme caractérisant ce premier étage la Nucula Hœmmeri^ Defr., le Pecten œquivalvis^ Sow., Vlnoceramus gryphoides, Gold., les Ammonites bifrons^ Brug., Baquinianus, d'Orb., radians , Scbloth., opcdinm (primordiaiis^ ScUoth.), heterophyllus, Sow., eijurensis^ Quenst.

La couche à oolithes ferrugineuses de Saini-Fortunat noos a offert les Ammonites mucronatus^ d'Orb., Raquinianus, id , cornplanatus, Brug., normanianus, d'Orb., concavus, Sow.?, radians, Scbloth., ancomensis, de Bucb ?, et plusieurs autres espèces. Les dernières assises de l'étage au-dessous du calcaire à Eotroqoes,

près da châtean de la Barollière, nous ont aussi présenté le Belem-^ nites unisulcatuSt Blain?., V Ammonites bifrons^ Brag., un Peigne ▼oisin du A priscus, Munst.?, Vlnoceramus dttbius, Sow., une Lime voisine de la L, teaidata, Goid., etc. (1).

D'après le géologue qi.e nous avons cité en dernier lien, les S/>fri fer Walcotii et verrucosus, la Lima gigantea^ le Pentacrirms bamltiformis et d^antres fossiles encore, se montreraient dans toute la haâtenr du groupe ou du moins dans plusieurs étages à la fois, et il n*y aurait pas lieu de distinguer ici le niveau de V Ammonites jurensis de celui de 1*^4. primordialis, car ces horizons distincts, comme nous Tavons déjà dit alHeurs, et comme nous le verrons encore mieux dans le département du Bas-Rhin et dans le TVurtemberg, se trouvent au Mont-d*Or confondus en un seul sur la rive droite droite du RhOne. Il en est de même dans le gisement de la Yerpillière {antè, p. 603), et dans celui de Yillebois dont nous parlerons ci-après.

Enfin M. Drian (p. 30^), vu l'importance des roches de ce groupe pour les constructions de la ville de Lyon, a donné (es caractères des 63 bancs qui le composent, et qui sont désignés dans le pays par des noms particuliers, depuis la base des marnes supérieures, 3 mètres au-dessus de la couche à Terebratula numismalis, jusqu'à 2 mètres avant le choin bâtard. Ces noms, rectifiés par ^1. Thioliière, avaient été consignés dès 1765 dans V Histoire naturelle du Lyonnais, par A Iléon Dulac (2).

Sur la Carte géologique de la France, le grès inférieur du lias Déponement forme, au nord-ouest de Viiiefranche, un petit lambeau à la jonc- saône-^r.Loire. tion des porphyres et des calcaires, puis un autre à la limite du granité, à gauche de la route, entre Belleville et la Chapelle. En effet, M. Dufrénoy (3) met à la base du lias l'assise des grès infé^rieurs de M. Leymerie. Suivant la carte de M. Rozet (^), le lias formerait une bande continue de Viiiefranche à Brancion, à l'ouest de Tournus, et presque toujours adossée à une bande d'arkose également continue. A partir du Mont-d'Or, dit ce géologue, il suit le pied oriental de la chaîne jusqu'à la hauteur de Nâcon, où il entre

H) D'Archiac, Notes Jnédites, ^852.

(2) Hist, nat. du Lyonnais^ da Forez et du Beaujolais^ 2 vol., in-8, n65.

Explication, etc., vol. Il, p. 744, 1848.

Mém, Soc, géol. de France, I'«sér., Vol. IV, p. 121, pi. 5,

ii'î

fort avant dans Fintérieur du pays par la vallée de la Groane et celle de la Velouze, ressené entre de hautes montagnes granitiques. Jusqu'à la hauteur de Ghâlou-sur-Saône , il occupe le fond de presque toutes les vallées au pied des escar|)ements des luontagnes oolithiques. Bien qu'il semble reposer parfois sur le granité, il en est toujours séparé par une assise d'arkose. On sait que depuis longtemps l'abbé Soulavie (1) a fait connaître les basaltesdu Drevin qui, perçant le lias à une altitude de ^68 mètres, s'élèvent à 30 mètres plus haut (antè, vol. IJI. p. 318).

Les blocs de calcaires épars autour de la roche ignée nous ont présenté une peiile FJmc (L Eryx , d'Orb. ?) , une Panopée {P. liasina, d'Orb.?), une Pholadomye (P, ambigua, Sow.?), la Gryphœa suilla, Schloth., Gold., et VAmmcniites btsulcatus, Brug. (2).

M. W. Manès (3) a réuni au trias (marnes irisées ou Keuper) les roches arénacées (arkoses) représentées sur la Cco*te géologique de la France comme grès infra-liasique. Le savant ingénieur ne fait même aucune remarque et ne donne aucune explication à ce sujet, d'ailleurs assez délicat, comme ou Ta vu. Aussi nous serions-nous borné à traiter ici du lias tel qu'il le comprend, c'est-àdire réduit à trois divisions, si le texte même de V Explication de la carte géologique de la France (6) ne venait rétablir le quatrième étage. Ainsi .>]. Dufrénoy regarde, comme représentant les calcaires des environs de Lyon (choin bâtard), des grès blancs, micacés, tels que ceux d*Auxy, le grès des Garennes, près AntuUy, qui renferment des Gryphœa obliqua et de nombreux Unio eoncinnus à l'état siliceux. Les calcaires lumachelles qui viennent andessus appartiendraient encore à l'étage inférieur. Ils ont 5 mètres d'épaisseur, et renferment par places des nids et des veinules de fer oxydé hydraté, et du minerai oolithique. Les mines de fer de Gurgy, près d'Autun, des Apports, commune de iMarizy» prèsCharolles, de Chalencey, Dennevy, Perreuil et Cromey , aux environs de Saint-Léger-sur-Dhenne, dépendent de celte assise de lumachelles. Des couches dolomitiquessont encore subordonnées à cet étage, et ce

(4) Mvm. de l'Acad. de Dijon^ 2* semestre 4783.

(2) D'Archiac, Notes inédites^ 4 836.

(3) Statist, miner. y géoL^ etc., du département de In Haute- Saône, p. 424. in-8, avec carte, Blftcon, 4 845-47.

(4) Vol, II, p. 749-752, fig. 4 05.

n est qa'au-dessQS d'une assise de marne, associée à des calcaires fournissant de la chaux hydraulique, que commence le calcaire à Gryphées arquées (1).

D'après la Carte géologique du département de Saône-et* Loire le lias est réduit à des baiidesassez étroites, en général concordantes avec celles des marnes irisées et les accompagnant particulièrement sur les flancs des montagnes de roches cristallines. Sur les hauteurs entre Couches et Nolay il recouvre le gneiss ; partout ailleurs il en est séparé par les marnes irisées, Tarkose ou le quatrième étage du groupe. IVJ. Maoès répartit comme nous dans trois divisions les couches qu'il y conserve. Ce sont les matmes, le calcaire ù Bélemnites, et le calcaire à Gryphées arquées d'une épaisseur totale d'à peine 50 mètres, et qui forment ou des plateaux élevés et isolés ou des plaines basses, tantôt se relevant à la hauteur des dernières montagnes granitiques, tantôt se maintenant à leur pied. Les trois étages peuvent être observés surtout entre Russilly et Barizey, au Mont-Brenier, etc. Les marnes sont particulièrement développées dans la première de ces localités; les calcaires à Bélemnites, à Champlain, et le calcaire à Gryphées aux environs de Jambles et de Saint- Denis.

Les marnes du premier étage, de 20 mètres d'épaisseur, comprennent, à partir des calcaires de l'oolithe inférieure, des marnes jaunes et des calcaires sableux, plus bas des marnes schisteuses noires avec des nodules de calcaire marneux rubané. Cette assise de 10 mètres renferme les Trochus duplicatus, Sow. , et imàricatus, id., les Bélemnites breviformis, Voitz, digitaline F. Bigu. , les Nautilus intei^medius, Sow., latidorsatus, id., les Ammonites bifrons ^ Brug., elegans, Sow., stellaris, id., planicosta, id., radians^ Schloth., primordialis. Schloth., Masseanus, d'Orb., kecticus^ Rein.

Le second étage, de 20 à 30 mètres d'épaisseur, se compose de marnes schistoïdes, noirâtres, renfermant des calcaires sub-lamellaires jaunâtres avec des Bélemnites, quelquefois en bancs minces à la base, quelquefois séparés du troisième étage |)ar 10 mètres de marnes schisteuses. Vers le haut est un calcaire ferrugineux, marneux, jaunâtre, en bancs peu épais, pénétré de fer oxydé et passant

(<) Voyez aussi, Manès, Statist. miner. ^ géol.y etc. , du déparie^ ment de Saône-et-Loire^ p. 4 33-437, sur divers gisements placés dans les marnes irisées.

6M EST I» LA P&AMCI.

à une itifuicfaelle férnigiiieiiae avec des Bélenakef^ des Térébntules, elc Pea d'etpècet ont été détenuioées par M. MaBès, qoi

cite seulement le Nuutilus striatus, Sow., les Ammonites IkiDm^ id., ffumphrtesianus^ id. (i), Canybeari, kL, et, sans doute par inadvertauce, U Gryphœa eolumba au lieu de la G. cymbiwn.

Comme partout le troisième étage est formé de calcaires oms* pactes, gris bleaâlre, k cassure esquilleuse, remplis par (daces et Grypbées arquées avec des oids et des Teinules de calcaire spatlHque, de fer sulfuré, des cristaux de quartz disséminés, de U baryie sulfatée et de la galène (Brionnais). Les bancs, de 0"',10 à 0*,26 d'épaisseur, sont séparés par des iits minces de marnes scbistemes jaunâtres, et leur épaisseur totale varie de 5 à 15 mètres. A Cargy et à Charrecey des débris de sauriens ont été découverts. ïjbs fossiles sont partout fort abondants ; mais leur déterœtnaiioB spéc^ue aurait besoin d*étre revue.

Département Dc U limite septeotrionale du département de Sadue-et -Loire le u côtê^'Or it^s se prolonge au nord puis au nord-nord-ouest, drconficrirait irM^uTie ^^ P'''^^ orientale du massif granitique du Morvan oà nous TavoM ceatraie) ^^^ ^ i^ous restc à Texaminer sur quelques points deooeurés en debors de notre description et qui appartiennent aux parties méri* dionales et centrales de la cbalne de la Côte-d'Or, comprises entre Noiay, Âruay-le-Duc et Bligny, et se prolongeant au nord jusqu'à Commarin et £cbaunay. Plus loin le lias occupe toute cette vallée semi-elliptique, profondément excavée au centre de la chaîne, et qui a été le théâtre de ses dislocations les plus énergiques, à la suite desquelles les roches granitiques sont venaes au jour sur trois points. Sur la Carte géologique du département de la Côte-d'Or (2) et dans les profils qu'il y a joints M. G. de Nerville a représenté par une même teinte, mais en les séparant par un trait, le premier éta§e {marnes supra- liasiques) et le second (calcaires noduleux, ferrugineux). On a vu qu'il avait compris cette division sous l'accolade de son étage oolithique inférieur , mais, entraîné par la nature réelle des choses, il lui a donné la couleur bleue consacrée an lias sous-jacent dont il la sépare, et cela au lieu d'une des nuances de la divisioa ooMibique â laquelle il l'associe, il en résulte pour la carte un effet général

(4) Cette espèce appartient à Toolithe inférieure, et Va. Cony^ beari au troisième étage du lias.

(2) £n 6 feuilles et 4 feuille de coupes, 4 852. — Légende cxpUcathe^ in-8, Paris, 1863.

GBOUPE DU LIAS. Wl

parfaitement d*accord avec celui du pays qu'eUe repréteaie et avec notre propre classification. Le troisième et le quatrième étage {li(is et infralias de l'auteur] sont exprimés par une teinte d*un bleu plus foncé, el un travail de hachures indique les parties oà le lias a été imprégné de silice de même que celles oà le qQatrième étage passe à Tétat d'arkose. Cetle manière de représenter sur une carte le groupe du lias en réunissant, d'une part, les deux étages supérieurs, et de l'autre les deux inférieurs, puis en marquant d'un travail particulier les parties modiliées par des actions ultérieures, nous parait répondre très bien aux exigences de la science comme aux besoins de ses applications.

Nous dirons quelques mots des principaux caractères de ces divisions en les disposant suivant l'ordre habituel de notre description.

/ 4 . Marne sableuse, renfermant de petits bancs ' ou des amandes déprimées de grès sili*

ceux, à grain fin, ou de calcaire sableux Mèu-et.

et micacé 20,08 à 25,00

Page 1