ALSACE
rifer verrucosus , de Buch, les Terebratula numismalis, Lam., rimosa, de Buch, variabilis, Schlolh., furcillata, de Bucb, tetraedra, Sow., acida^ id., la Lima Hermanni, Voltz, un grand nombre de Bélemnites {B, clavatas, Blainv. , iimbilicatus, id. ,paxtllosus, Schloth., diyitalis, Blainv., elc), et les Ammonites amaltheus. Schlolb. , et costatus. Rein.
Le calcaire à Grypbécs arquées est composé de bancs gris bleuâtre, alternant avec des marnes de même teinte. Les calcaires, souvent exploités pour la fabrication de la chaux hydrau* lique, sont colorés par une matière bitumineuse (1). Les bancs ont de O^slO à 0'",50 d'épaisseur. Ceux de marnes sont plus épais. Les fossiles les plus répandus, outre la Gryphée arquée, sont les Lima gigantea, Desh. , et Hermanni, Voltz, la Pholadomya ambigua, Sow., beaucoup de Pleuromyes, les Spirifvr Walcotii , Sow., octoplicatm, id., rostratus^ Schloth., verrucosus^ de Buch?, le Bélemnites brevis, Blainv., les Nautilm aratus et latidorsatus, Schloth., les Ammonites psilonotus, Queiist., iiasicus, d'Orb., angustatus^ Schloth. , Bucklandi^ Sow. , Conybeari^ id. , Titmeri^ id. , planicosta, id. , des débris de crustacés, de poissons et de reptiles sauriens (2).
Sur beaucoup de points, on observe, entre cet étage et les marnes irisées, des bancs de grès peu épais séparés par des marnes grises. Ils sont à grain fin, à ciment argileux, gris clairon jaunâtre, etrubannés. Au sud d'Oberbronn, on y observe une grande quantité de débris de poissons et de sauriens, circonstance analogue à ce que nous avons déjà vu en Angleterre et dans le Jura, et que nous retrouverons encore dans le "Wurtemberg où celte couche est réunie aux marnes irisées. Au-dessus, on observe en effet quelquefois une argile bariolée de rouge qui semblerait justi&er ce rapprochement que n*adople pas M, Daubrée, non plus que M. Elle de Beaumont (3) ni M. Levallois(ù). La puissance totale de ces grès ne dépasse pas 5 mètres.
La stratiûcation des dépôts jurassiques du département du Bas-
(1) Voyez Note .sur In cluiux hydraulique du Bas-R/iin^ par M. Léger {^Ann, Soc. d'Iiist, nat. de Strns/jourg^ vol. I, 2* liv).
(2) M. H. voD Meyer a décrit plusieurs espèces nouvelles de crustacés provenant des argiles avec chailles, des calcaires oolithiques, et du lias de l'Alsace et de la Franche-Comté {IVeu, Jahrb. , 1842, p. HH).
(3) Explication ^ etc., vol. Il, p. 312.
(i) Ann, des mines ^ i*" sér., vol. XIX. p. 660.
T40 BAVIÀM RHÉNANK.
fthiR esl MNivent inclinée parallèlement à la partie voisine de b chaîne des Votges et le plongement est au S-E. (entre BouitiHer •I Niadcrbroon) L*auteur ci le plusieurs exemples de la disposition dis couches dans diverses localités et des accidents qui ont dérangé lêors relations natarelles entre Niederbronn et PraflenboOen. aui environs de Hochfelden, de SonIz-les-Bains, de Rosheim , de Btrr, etc. Les points les plus éfevés qu'atteignent les couches de la formation sont, prés Bouiwiller, le Ras|hery qui est à 337 mètres 4'aUitude, la Bischemberg près d'Obernai, à 530, une colline entre Bsrr st Heliigeustein à S37, et une autre, an nord de Barr, près la Gloriatt^, è 375. Le niveau du lias est toujours au-dessous de 250 k 369 mètres, surtout h cause des dénudatiuns qu'il a éprouvées.
$ 7. Bavière Rhénane
Enfin sur le prolongement septentrional de ces dépôts jurassiques de l'Alsace, nous trouvons encore le lias signalé de Wissembonrg à Donnersberg. M. yf. Gûmpel, dans un profil des montagnes qui iMrdent la vallée près de Landau (1), a montré qu'une dépression comprise entre les collines de marnes irisées et le muscheikalk était occupée, à SiebeJdingen, par un calcaire jaune clair et qnelquefoK gris de cendre avec les fossiles suivants :
p€$Uacrinu8 èasaitiformis, et scalaris, Gold. , Serpula tricarina$a, Manst. , Recten textorius^ id , et comeus, Gold. , AstartecomplûnfUa^ Roem., Lima gigantea, l>esh. , Pholodomya decorata, Hirtm., Iiwceramusgryphoiàes, Gold., Afonotissubstriafa, Monst., id. var.î I 5 d 6 plis, Grt/phœa arcuata, Lam. . O^rea irregularis, Nqnst., les Terebratnla numismoiis, Lam. , rimosa, de Buch, viciimliSr Bronn, les Belemnites tripartittis, Schloth., clavatits, id., h& Àmmonitei raricosMuSy Ziet., et Conybeari^ Sow., Àpfychvs iyihensiiei des fragments de bois.
Ces couches dont l'épaisseur totale ne dépasse pas 6 à 7 mètres commencent au-dessus des marnes irisées par des calcaires solides, de teinte foncée, passant ensuite à des bancs plus argileux, pour ne constituer qu'un seul tout d^ns le(|uel les fossiles que nou$ >Ç|o||s de citer sont giélanij^s indistinctement. Aussi l'aiKeur se demandet^il k quelle division du lias on doit rapparier ce lambeau. En eflétia Gryphœaarcuaia, la Lima gigantea, les Ammonites Cony-
(4) Nca.Jahrb,, 4 853, p. 624.
OROGRAPHIE, SOULÈVEMENT KT DI6L0C. DE Là cAtE-D*OB. 711
beixri et raricostatus appartiennent généralement au troisième étage (a etp de M. Quensledt], la Pholadomya decarata, les '/ierebratula rimosa ei numismalis^ les Pentam^inus basaltiformis et scalaris ao secenë (y et è de M. Quenstedt), enfin VJnoceramta gryphoides et surtout la Monoixs striata appartiendraient, suivant M. Gtimpel, anx couches à Posidonomyes.
La position de ce dernier lambeau jurassique, au fond du golfe étroit et allongé que resserraient les presqu'îles de la forêt Noire et Ae% Vosges, est un fait curieux auquel l'association des fossiles que nous venons de signaler ajoute un intérêt particulier. On voit qu'aa commencenaent de la période du lias, sur ce rivage reculé, vivaient ensemble les animaux que nous trouvons ailleurs dans des étages différents mais consécutifs. Ce mélange est donc assez analogue à ce que nous avons observé à la fin de la même période dans les départements du Rhône, dePAin et de Tlsère, aussi le long d'an ancien rivage, ou peut-être seulement d'un haut fond placé à la limite des bassins jurassiques du nord et du sud de TËurope.
APPENDICE, prographie, soulèvement et dislocations de la Côte-d'Or.
Certaines considérations géologiques nous ayant engagé à traiter dans des chapitres séparés du versant nord-ouest et du versant sudest de la chaîne de la Côte-d'Or, nous n'avons pu interrompre la description des couches qui la composent pour nous occuper de sas caractères physiques par l'examen desquels nous aurions dû naturelr lement commencer son étude; nous reviendrons donc ici sur ce sujet en exposant quelques vue.s d'ensemble sur sa disposition générale et ses rapports avec les chaînes voisines, sur son orographie prise en masse, sur les phénomènes de soulèvement dont elle a été le théâtre, enfin sur les divers systèmes de failles qui ont accidenté la surface qu'elle occupe.
Cette surface a la forme d'un dôme elliptique très surbaissé, dont orographie. le grand axe, d'environ âO lieues de long, est dirigé moyennement du N.-E. au S. -O., depuis les environs de Langres, où la chaîne se confond avec les plateaux qui bordent le pied orientai des Vosges, jusqu'à la vallée de la Oheune, entre Cha^^ny et Couches. Son altitude, qui est de 473 mètres à son extrémité nord-est (plateau de Langres), et de 525 mètres à l'extrémité opposée (Tureau d'Essel), atteint seulenientfiOS mètres au signal de Malin, à peu près à égale distance de
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ces deux points. La coorbare de ce bombement est donc exlrémement faible dans le sens de sa longoenr. Elle est plos pronoiicée dans le sens de son petit axe; ainsi le profil transverse que nous avons reproduit (pi. II, fig. 1) montre qu'entre la plaine de Dijoo qui est à 247 mètres et le point marqué au nord-ouest de la chaîne par la cote 225, point distant du premier d'environ 20 lieues, elle s'élève ao signal de Curtil à 578 mètres. La cote de 608 mètres que nous venons de citer est à environ trois lieues et demie au sud-oaest de cette dernière. Ce profil fait voir en outre qu'à partir de la ligne de partage très sinueuse des eaux qui se rendent à rocéan, d'oœ part, et à la Méditerrauée de l'autre, et qui passant par ces deux points aboutirait aux extrémités de la chaîne , les peutes au sodest vers la Saône sont beaucoup plus rapides et plus courtes qu'au nord-ouest vers la Seine. Nous verrons plus loin la cause probable de cette différence si sensible entre les deux versants.
Pour se faire une juste idée des caractères de cette sorte de caloUe elliptique, déprimée, il faut se placer sur un point élevé, tel que le plateau de Daix au nord-ouest de Dijon, le bord des crêtes abruptes de Sombemou ou de Beaume-la-Roche, les plateaux qui dominent la Rochepot ou bien sur le Tureau d'Ëssel; on voit alors que cette surface est composée de portions découpées ou de nappes calcaires, plus ou moins étendues, très faiblement inclinées au N.-O., un peu plus au S.-E., à bords abrupts et rocheux, reposant sur des ulus plus ou moins adoucis qui suivent des courbes paraboliques ou largement flexueuses vers le fond des vallées. Ces plateaux se profilent à l'horizon, d'un côté par des arêtes parfaitement reailignes, fort allongées, dont les dernières se raccordent avec le niveau des plaines, de l'autre par un angle presque droit jusqu'à la naissance des talus inférieurs des vallées. Cette cassure siratigraphique générale des divers éléments qui constituent la formation jurassique dans la C6ted'Or imprime à cette chaîne un caractère de simplicité particulier.
Excepté dans le cirque de Sombernon, où la présence de roches cristallines a donné au redressement des couches une certaine énergie, presque partout ailleurs les strates ont été seulement brisés par une multitude de failles ; ils n'ont éprouvé ni déplacement très sensible par rapport à l'horizon, ni ploiements, ni renversements. On n'y voit point de longues cimes anguleuses et déchiquetées, ni ces voûtes concaves ou convexes largement accusées, si fréquentes dans les monts Jura. Ici les phénomènes dynamiques se sont produits avec une simplicité eq quelque sorte élémentaire et très propre
OROGRAPHIE, SOULÈVKMRNT £T DISLOC. DE LA CÔTE-D*OR. 7i3
à l'étude. Oo pourrait à certains égards comparer cette surface à celle que présenterait une masse d*argiie légèrement bombée, et qui en se desséchant se serait fendillée, laissant, entre les portions ainsi isolées, des fentes profondes dont le temps et les agents atmosphériques auraient adouci les talus inférieurs. Il y aurait cependant cette différence fondamentale avec le massif de la Cô(e-d*Or que le fendillement dû au retrait de la masse argileuse ne serait soumis à aucune loi de direction, tandis que nous allons voir les failles . qui ont découpé et accidenté les plateaux jurassiques venir se grouper avec une certaine symétrie pour former des faisceaux distincts.
Cette faible accidentation du relief général de la chaîne et des éléments qui la composent, jointe à la facilité de distinguer toujours les unes des autres les grandes assises calcaires, de teintes claires, qui en constituent le revêtement extérieur, de même que les marnes et les calcaires marneux de teintes foncées qui en forment le noyau, sont des circonstances, on le conçoit, très fa\oral)les à l'élude des dislocations qui les ont plus ou moins dérangés, car la comparaison des changements de niveau très faibles des diverses portions d'une même assise, ainsi que ses relations avec celles qui la recouvrent ou la supportent, sont alors d'autant plus faciles à constater.
Ces caractères orographiques généraux de la Côte-d'Or ne sooièrmnent remontent pas à l'époque de la formation des dépôts qui la composent, mais résultent de dislocations postérieures dont nous chercherons à préciser le moment relatif, en commençant |)ar rappeler les observations de M. Élie de Beaumont à ce sujeL
Dans le chapitre premier de ses Recherches sur quelques-unes des révolutions de la surface du globe (1), travail si remarquable et qui est la base de toutes les observations publiées depuis dans celte direction, le célèbre géologue fait remarquer que les îlots granitiques de Malin, de Memont et de Remiliy, qui affleurent au fond du cirque de Sombernon, et dans le voisinage desquels se relèvent, souvent sous un angle très ouvert, les diverses assises
(1) Mémoire lu à rAcadémie des sciences le 22 juin 4 829 {Ànn. des se, nal., 4829-1830). — /i/m. de c/iim. et de. phys,, 1829. — Manuel g€ologi(fue, par H. -T. de la Bêche, traductioD française par Brocbaot de Villiers, p. 637, 1833. — IVnité de géognosic^ de Daubuisson, continué par M. A. Burat, vol. III. — Notice sur les srsiémes de montagnes, vol. 1, p. 403, 4 852.
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jorassiqiies se traeveni sensiblement sar oae même ligne dboite qui, prolongée au S.-C, rencontrerait les buttes porphyriqoes d« bassin houiiler d'Autun. Au N.-Ë. près de 8uxy, sur la route de Langres i Dijon, cette ligne rencontrerait aussi des roches dokMHtîques bien caractérisées, en couches fort inclinées, appartenant ai premier groupe, et situées non loin du porphyre rouge qaartzîAfe de Cbassigny. Elle traverserait au delà le plateau d^oà s*éclwp^ peut les sources thermales de Bourbonne, oà le mascbelkalk est magnésien et dépourvu de fossiles, passerait |)ar la butte basaltique de la c6te d'Essay, pais dans la plaine du Rhin, à peu de dlsianee 4p granité qui se montre à Albersweiler, entre Annweiler et Laadao. Cette ligne coupe ainsi le méridien de Dijon sous un angle de ftô».
A la Hutte, près de Darney (Vosges), à Châtiilon -sur-Saône et à Bussière-les-Belmont (Haute- Marne), des roches granitiques plus analogues à celles du Forez qu'à celles des Vosges, apparaîaseot a« (bnd des vallées, et sont situées sur une même ligne parallèle ^ la précédente dont elle n*est éloignée que d'une Keue. Prolongée au N.-E., cette ligne rencontrerait encore les roches primitives qui affleurent à l'entrée des valléesdu Jaegerthal et de Dahn, coinctdaat presque avec la portion voisine de la falaise qui limite le massif des Vosges du côté du Rhin. Parallèiement à ces deux lignes, peu éloignées du faîte de la Côte-d'Or qui court aussi de même, od trmife encore une grande vallée longitudinale s'étendant de Paroy (Saôneet-Loire) à Plombières (Vosges), puis d'autres dépressions mm» importantes.
Les dérangements des couches jurassiques autour de Soxy et amc environs de Somtiernou font partie d'un grand et brusque changement d^inclioaison, par soite duquel ces couches, après s'ôtre élevées des plateaux de TAuxois aux sommités de la Côte-d'Or, s'en- ÉMicent sous les dépôts tertiaires et quaternaires de la vallée de hi Saône pour se relever au delà, à l'approche des couches secondaires plus aocienqes et des roches primaires de la forêt de la Sprre. Le graod ^i» de ce massif est aussi dirigé comme les lignes préoés' denlM et comme plusieurs des principaux accidents que nais avons signalés dans le département de la Haute-Saône.
L'horixontalité des dépôts crétacés recouvrant les roches anciennes de l'Ërzgebirge, dont la direction est celle des couches Jurassiques soulevées de la Côte-d*Or, pouvait déjà faire présumef que le relèvement de ces d^ft^i^cfs était aq^érieur ^ |a période cr^ tacée, mais M. Elle de Beaumont va chercher des preuves plus