GEOGRAPHIE, SOULÈVEMENT ET DISLOC. DE LA CÔTE-D'OR
directes dauij la comparaison de fai(8 plui connexes. Il montre d'atM>rd que des accidents du sol, situés au snd-ouest dans Talignement de ceux dont on vient de parler, s'observent fréquemment dan» le département du Rhône, surtout dans le massif du Mont* Pilas. Aux environs de la Verpillière (Isère), des couches jurassique? se relèvent aussi vers un iipt granitique, de la même manière que dans Taxe de la Cô(e-d*Or.
Dans la cliaine du Jura, on peut également reconoaitre une suite d*accidenis conformes à la direction du Mont -Pilas et des principaux caj^actèns du sol primaire du Forez, et cela ipdépeû* dammeiit d'autres phénomènes plus récents et bien distincts. Ainsi les hautes vallées du Jura, parallèles entre elles, offrent un ensemble de couches qui, passant par-dessous, se relèvent dans leurs intervalles pour former les croupes allongées qui les séparent. Ces vallées continuent les principaux accidents du département du Rhôoe, s'ouvrent obliquement dans la grande vallée suisse, formant ua angle de 15" à 'iO'' avec la direction d^autres accidents, soit des Al|)f s des environs de Genève et de Grenoble, soit du Jura luimême (vallée de la Dessoubre, environs de Morey et de Sainl- Claude), qui sont évidemment d'une date plus récente. D'après ces laits et d'autres que rappelle M. Élie de Beaumont, ce savant conclut de leurs relations que dans l'espace compris entre Meti, Genève et la haute vallée de la Loire, il y a des traces d'une série de rides parallèles entre elles, ipuies postérieures aux dépôts jurassiques, et probablement formées par une seule et même opération de U nature.
Quant an moment précis où le phénomène a dû avoir lieu, l'auteur b^i observer que les rides ou sillons de la même date que la Cèifir d'Or, signalés dans le Jura, piïrent, vers leur fond, des dépôts dont ipqs les caractères sont différents des autres et avec cette particular ri|é qq'au lieu de s'élever comme les couches jurassiques du fond ^e ohaciine de ces vallées jusqu'au sommet des crêtef qoi les bordent pour redescendre ensuite de part et d'autre dans les vallées parallèles voisines, les dépôts en question ne suivent pas ces inflexions. Ils ne se montrent guère que vers |a partie la plus basse de ces vallées, reniunlant seulement un peu le long des pentes le^ plui inférieures. La constance de cette dis))osition indique des sédiment» d'une époque certainement différente de ceux de la formation jurassique qu'ils recouvrent. Or, comme par leurs caractères pal^ntologiques ces mêmes sédiments sont prouvés appartenir au groupe
DUlocatioiit.
crétacé inférieur oo oéocomicn, il en résulte que ces rides du Jura, comme la Côte-d*Or elle-même» ont été soulevées immédiatement avant le commencement de Tère crétacée. On n*observe point eo effet les dépôts de cette dernière période sur les sommités des crêtes jurassiques non plus que sur celles de la Côte d'Or qui formaient sans doute autant d*îles allongées, d*abord dans la mer où se soot déposés les sédiments crétacés, et plus tard dans les eaux successivement douces et salées des époques tertiaire et quaternaire.
Malgré la plus grande importance orographique des monts Jura on comprend que les dislocations ultérieures qu'ils ont éprouvées et les dépôts qui s*y sont formés ne permettaient pas de les prendre pour lype du soulèvement de la formation jurassique, tandis que la CÔte-d'Or, qui lui doit son relief principal et dont la composition est plus simple, offrait un terme de comparaison plus exact, mieux limité et qui ne pouvait donner lieu à aucune fausse interprétation. Aussi les auteurs de la carte géologique de la France ont-ils désigné sous le nom de terrain jurassique tous les dépôts compris entre l'époque du soulèvement du Thuringerwald, dirigé O. 60* N. à E. 60*» S. et celui de la Côte-d'Or dirigé E. ^0• N. à 0. 60*» S. qui marque la fin de ce terrain.
Si nous descendons actuellement à une étude plus détaillée et en quelque sorte plus intime des accidents stratigraphiques de ce même massif montagneux, nous trouverons d'abord décrites par M. Payen (1) les failles principales qui ont affecté les couches jurassiques de la plaine de Dijon. Trois d'entre elles, qui se rattachent les unes aux autres, traversent le département de la Côte-d'Or du N.-N.-Ë. au S." 5.-0. Elles séparent la plaine située à Test de la chaîne qui se développe à l'ouest et dont toutes les couches sont plus ou moins élevées an -dessus du niveau où elles se présentent vers Test. Celles-ci se relèvent en outre à mesure qu'on s'avance vers le S., 01^ elles viennent affleurer successivement. Ainsi le calcaire à Entroques, qui près de Beaune est à 2H0 mètres d'altitude, s'élève à 300 près de IVleursault et en atteint 500 au-dessus de Santenay. Le lias se conforme à ce mouvement et les marnes irisées se montrent près de Chagny, point où une faille (faille n"* 5 de Tauieur) aurait déplacé les couches d'environ 900 mètres dans le sens vertical.
(4 ) Lrs deux Rouff^o^nes^ 4 838. — Joiirn. tl*ngncultare de la Céte-ii'Or, juillet 4 854.
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M. Payen, reprenant ensaile sommairement la description des divers étages jurassiques, s'attaclie surtout h décrii*e les accidents remarquables produits par la seconde faille, aux environs de Mâiio et de Sombernon. faille dont la ligne de rupture est indiquée par les pointemcnts de granité et de porphyre sur lesquels s'appuient les marnes irisées avec des grès et dos gypses. Le granité de Remilly est recouvert par 1c grès du lias et le calcaire h Gryphées arquées que surmonte toute la série oolilhique. (^ette ligne passe par le Tremblay, le Colombier et Lusigny où elle se perd et est remplacée par la faille de la Rochepotet de Saint-Romain (n"* 5). Une septième faille sépare à Crugy la grande ooliihe du calcaire à Entroques, en les plaçant au même niveau comme la précédente avait élevé la grande oolithe au-dessus du Portiand-stone.
Par suite de ces failles les couches de la plaine, depuis l'extrémité nord du département jusqu'à son extrémité sud, plongent de 500 mètres dans cette dernière direction, et celles de la Côte ou chaîne qui borde cette plaine à l'ouest s'élèvent de 600 mètres. Tous ces étages auraient pivoté autour d'une ligne située ù U lieues au nord de Dijon, les uns, suivant l'auteur, soulevés par les granités du Morvan, les autres par un autre granité, sans doute celui des environs de Russièie. Mais on a vu que les granités du Morvan proprement dits étaient antérieurs à la période qui nous occupe tandis qu'il n'en serait pas de même de certaines roches granitoîdes telles que celles que nous avons indiquées à Paris- l'Hôpital vers l'extrémité de la faille de la Rocliepot.
De son côté M. Raulln (1), cheixhant à se rendre compte de l'allure des couches de la Côte-d'Or entre Vannage et Dijon, a pris pour terme de comparaison le calcaire à Entroques, et il a trouvé que, de Vannage à Saint-Seine, la partie supérieure de cet étage s'élevait d'abord de 60 mètres d'altitude à 5^5, puis redescendait à Zil5 au Val-Suzonet à 125 à Dijon. La ligne anticlinale passe ainsi par Saint-Seine et coïncide avec la ligne culminante orograpliique. Les couches plongent d'une part au nord-ouest, jusqu'au terrain tertiaire du bassin de la Seine, de l'autre et plus rapidement au sud-est, sous les dépôts de transport de la Bresse. L'angle formé au sommet avec l'horizontale est d'ailleurs très faible ainsi qu'on l'a déjà vu, car la pente ne serait que de 26' 20'' d'un côté et de l'' 2' 50" de l'autre. La direction de cette ligne serait N. 47*" £., celle du pla-
(4) £uli.jVséT„Y0]. Vin, p. 615, 4864.
?1g EST Dt LA FlUNCK.
teau JQrasskjue ÎDférieor qoi réunit ks Yosgos ao Mort an ou celle au soulètement de la (;6te-d*0i\ étant E. 40^ N. Une seconde ligne aiuicliuale moins prononcée se voit k Saint-Marc-sur-Seiite, entre Ghfltillon-Bur-Seine et Chanceauir.
En combinant ensuite les données obtenues par M. Payen. le profil en long du chemin de fer et ses propres observatioiis, Tauteer ferouTe que l'angle anticlinal, à Fendroit où se montrent le trias et les roches cristallines est beaucoup plus prononcé, Tinclinaison étant de 37' W d'un côté ou à TO. et de 13'' de l'autre ou fers TE. Enfin fl conclut, comme le montrait d'ailleurs très bien la carte géblogi(}ve de la France, que les groupes oolitbiques supérieurs du bassin de M Seine n'ont probablement jamais été en relation directe avec ceox du bassin de la firesse. Ils auraient été séparés dans des bassios différents contrairement à ce qui avait eu lieu pour les groopes inférieurs. Après le dépôt du troisième groupe il se serait prodtlit, des Vosges au Morvan, un bombement sous-marin qui aura interrompu la communication entre les deux bassins. Cette élévation était dirigée comme le soulèvement de la Côte d'Or et antérieure i ce dernier, à moins que les deux mouvements n'en fissent en réalité qn'un seul qui serait alors plus ancien qu'on ne l'avait pensé.
Ces diverses observations permettaient déjà d'entrevoir nn certain rapport entre le relief de quelques parties de la Côie-d'Ofet les failles qu'on y avait reconnues, mais elles étaient encore trop pea nultipliéeft pour expliquer tous les accidents de la chaîne, et surtout pour qu'on pût en déduire des résultats généraux. La carte gédlofique de ce département, que Ton doit aux recherches de M. Guilfeboi de Nerville (1), ne laisse plus rien à désirer à cet égard. L'étude de cette carte, sur laquelle l'auteur a tracé avec nn soin extrême un réseau composé de plus de 200 failles, jointe à celle des coupes où les effets constatés ou présumés de chacune d'elles août parfaitement exprimés (2), nous fait reconnaître, dans la direction de ces accidents trois principaux faisceaux, dont on est particulièrement développé dans la partie nord-ouest de la chaîne, comme les^deux autres le sont dans sa partie méridionale et orientale.
Au nord de la vallée de l'Ouche, dans les plateaux et les vallons qui s'étendent à l'ouest, ao nord ouest et au nord de Dijon josqn'aax
(1 ) Cttrte géoiagiique iltt département tic lu O^fe-fi'Or, à Téthelle de 4/80,000% 4 852, et une feuille de coupes à la même échelle. (2) Nous avons reproduit une de ces coupes (vey. pi. il» fig. 4).
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«OYironsde Montbard, de Châtillon, de Recey et de Grancey, Od compte environ 90 failles dirigées Ë. ^2^ à UU'' N. Ce premier fais* ceau présente ses ligues les plus rapprochées vers la partie où le relief de cette région est le plus prononcé. Elles sont ensuite d'au-» tant plus espacées qu'on s'en éloigne vers l'ouest et le nord ouest;
Dans la région orientale de la chaîne, depuis les environs de Tbil-€bâteau et d'Js-sur-Tille, jusqu'à son extrémité méridionale, à l'ouest de Cbagny, et en comprenant le bassin supérieur de l'Oucbe, 00 trouve, dirigées moyennement £. 70" N., 61 failles qui coiisti-< tuent un second faisceau, et prés de 20 autres, dont la direction oscille enire le N. quelques degrés £. et le N. quelques degrés 0., soîtà peu près N, S. en moyenne, forment un troisième faisceau bien distinct des deux précédentes.
Parmi oes dernières est la faille de Vaulx-Saule à Mâlin, Poat* de-Pany et le bois de la Grande-Combe, dont l'intersection au nord àe l^lHin avec la grande faille d'Asnières, dirigée par exception £. 18* N., a sans doute contribué à la surélévation du point cubninani de la chaîne au signal de Mâlin dont l'altitude est de 608 mètres C'est au sud de ce point, des deux côtés de la vallée de l'Oucbe et dans les plateaux qui la bordent, que l'on observe à la fois le plus grand nombre de failles appartenant aux tt*ois systèmes de faisceaux. Ce concours des actions dynamiques multiples dans teU% petite région centrale de la chaîne rend bien compte desacci^ dents plus nombreux, plus compliqués et plus prononcés que l'on observe à sa surface.
Outre ces trois principaux faisceaux de dislocations linéaires, on remarque encore, dans la région orientale, 5 failles dirigées £. 80 à 85* N. et dont la plus importante s'étend de ^lont-de-Siége il Aloxe au nord de Beaune. Les deux failles de la Rochepot qui courent £. 65° N. sont une exception dans celte partie sud de la chaîne accidentée aussi par la faille principale £. 70''Nm de Saint-Victor à Lusigny et i«:pertully. La faille presque N., S. qui a relevé le tureau d*£ssel, s'étend de Santenay à Bouiiay ; c'est la plus importante du troisième faisceau dans cette région, et elle coupe à Sautenay une
(4) Malgré toute Texactitude que nous supposons dans le travail de M. G. de Nerville, ces chiffres n'ont rieo d'absolu, môme par rapport aux failles indiquées, parce qu'une faille, sans être dans le prolongement d'une autre, peut cependant en faire partie si sa position eit due à un njet, de mdme que deux failles, dans le mdme alignement , peuvent être indépendantes.
faille E. SO"* N., la seule qai soil ainsi dirigée daos œile partie de la chaîne.
Dans Tarrondissement de Châtiilon- sur-Seioe, non loin de cette ▼ille, on trouve une faille dirigée E. , O.; une seconde N. 16* E. an sud de Montliat ; une troisième E. 20" N. , de Coulmiers à Bocej ; une quatrième E. 63<* N. , entre Loueme et Voulaine ; une duquième N., S., et à Test de Laignes, une sixième E. 18"* N. De Courtivronà la Chapelle deux dislocations sont alignées exactement E., O., et dcCourtivron à Palus une autre est dirigée N.-O.» S.-E. ou perpendiculairement à l'axe de la chaîne.
Au sud comme au nord et à l'ouest de Montbard aucune faille ne parait avoir accidenté les calcaires oolitbiques. Dans la région du lias, à l'ouest de Vitteaux, trois failles courent E. 43' N. et deux £. 70* N. D'Antigny à Rouvre une faille dirigée N., S. est la seule tracée dans le quatrième groupe de cette région. En général dans les portions du sol occu|>ées par le lias il y a com|)arativeoienl pe« de dislocations, soit parce que leur constatation était plus diflBdle que dans la région des calcaires oolithiques, soit parce que, situées plus à l'ouest et au sud-ouest, elles se trouvaient plus éloignées de centre des actions dynamiques qui ont déterminé les principaux faisceaux de failles dont nous avons parlé.
Si nous cherchons maintenant les rapports des directions de ces trois faisceaux avec celles des soulèvements dont l'igc relatif a été déterminé par M. Elle de Beaumont, nous trouverons que les failles du premier faisceau, les plus nombreuses, mais qui ne dominent réellement que dans les plateaux du nord-ouest, rentrent sensil>lement dans le système de soulèvement de la Côte-d'Or auquel l'auteur assigne la direction à peu près du N.-E. au S.-O. ou de TE 40* N. à ro. 40" S. (i). On peut faire remarquer que, rapportée au méridien de Dijon, la moyenne de ces 96 failles est plus rapprochée de la direction E. 44* N. que de toute autre.
Les deux autres faisceaux, E. 70* N. et N., S. , ont certainement contribué à la direction beaucoup plus rapprochée de N., S. que prend la Côte-d'Or proprement dite, à partir de quelques lieues au nord de Dijon jusqu'à son extrémité méridionale, ils sont aussi d'une date sans doute plus récente, et pour le premier M. Éiie de Beaumont (2) a déjà fait remarquer « qu'à la direction qui est géné-
i1 J Notice sur les sysiêmcs de montagnes, vol. I, 2) Loc. cit., p. 409.