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4 9. fThitelias.
Cet arrangement reproduit, à très peu près, dans le Tableau géologique des corps organisés fossiles de P Angleterre, quoique vrai, n'échappe pas à la critique, comme tous ceux qui n'embrassent qu'une petite étendue de pays, ou qui n'ont pour but que d'indiquer l'ordre d'ancienneté des couches. Dans cette disposition .sur une seule colonne , l'importance relative des divisions est la môme pour toutes ; or, dans une zone comme celle des dépôts oolithiques d'Angleterre, cette égalité est loin d'exister. Remarquons tout de suite que, dans cette série, le marlstone (n** 1^) représente la partie supérieure du lias. Or, cette erreur, qui n'a pas tardé à être rectifiée par les géologues anglais, s'est, au contraire, perpétuée fort longtemps parmi ceux du continent.
Peu après, M. W.-D. Conybeare (1) partagea cette même série, par des considérations minéralogiques , en trois systèmes, qu'il désigna sous les noms de upper, middle et lower oolitic Systems. Le premier, comprenant les couches de Purbeck jusqu'au Kimmeridge-clay (oaktree clay, de Smith) ; le second, le coral rag (pisolite, de Smith) jusqu'à l'Oxford-clay (clunch clay, de Smith) ; et le troisième, toute la série ooli-
(4) Outline.^ oj the geology of England and WaleSy etc., part. I, ia-8, p. 466, avec carte et coupes, par M. W. D. Conybeare et W. Phillips, LoDdres, 4.822.
8 raTRODUCTlOrC.
thique, depuis le cornbrash, jusques y compris le lias. Sur la petite carte qui accompagne l'ouvrage, une première teinte représente Tétage de Purbeck avec le Portland-rock, le Portland-sand et roaktree-clay; la seconde, le coral-rag et le calcareous-grit ; la troisième, TOxford-clay ; la quatrième, le cornbrash jusqu'à la grande oolithe ; la cinquième, l'oolithe inférieure et ses sables ; et la sixième, le lias.
Dans la première édition de sa Carte géologique de l'Angle^ terre et du pays de Galles (1), G.-B. Greenough, comme M.-S. Gardner (2) dans la réduction qu'il en fit, consacra cinq teintes à la formation jurassique. Dans la seconde édition (3) de cette carte, Greenough admit pour ses sous-divisions beaucoup de noms de localités qui ne sont pas restés dans la science, et qu'il serait, par conséquent, inutile de reproduire.
M. J. Phillips établit, dans sa description du Yorkshire [h]^ plusieurs divisions locales, motivées par des caractères assez tranchés; H. -T. de la Bêche (5) réunit toutes les assises sous la dénomination de groupe oolithique [oolitic group), qui, sur les feuilles du Geologxcal Survey^ a pris le nom d'oolitic séries. Nous verrons plus loin en quoi consistent la terminologie adoptée pour ce magnifique travail, et celle que nous avons adoptée nous-même.
Nous emploierons, pour les divisions de quatrième ordre ou les étages, les dénominations usitées en Angleterre, mais nous croyons devoir réserver, pour leur ensemble, le nom de la chaîne où ces dépôts sont le plus complètement développés, et qu'ils constituent presque à eux seuls, tandis que dans la Grande-Bretagne ils ne forment, à proprement parler, qu'une ancienne ligne de côtes.
Nous comprendrons donc, sous le nom de formation juras^ siquCy tous les sédiments qui se sont déposés entre la fin de la période du trias ou des marnes irisées et les premières couches wealdiennes de l'étage de Purbeck ; nous diviserons la formation en quatre groupes, désignés sous les noms de groupes ooli-
ih) En 6 feuilles. Londres, 4 84 9.
(2j 4 feuille.
(») En 6 fouilles, Londres, 48.39.
(4) llluxtrations of the geol, of Yorkshire, in-4, Londres, 4 828 ; 2«édit.. 4 835.
(5) Gcological manual.
tUqtm supérieur, moyen, inférieur et du lias. Cliacun d'eux se sous-divisera en étages plus ou moins nombreux , suivant les régions que nous aurons à considérer, et c'est, comme on vient de le dire, à ces étages que nous appliquerons plus particulièrement les dénominations de W. Smith.
L'adoption de cette classification avec les perfectionnements qui y ont été apportés, et les modifications qu'elle exige pour être convenablement adaptée à d'autres pays, n'implique cependant pas l'emploi exclusif des mots anglais, et nous pourrons, tout en conservant l'expression, rendre les substantifs eux-mêmes par les équivalents français. Ainsi, le Kimmeridgeclay, YOxford-clay, etc., peuvent se rendre par argile de Kim" meridge, argile d Oxford, etc., et il en est de même de Bath oolite ou great oolite, infetnor oolite^ etc. Quant aux expressions de combrash, de forest-marble, de fuller's-earth, il nous semble préférable de les employer toujours dans leur langue primitive, leur traduction pouvant jeter de l'obscurité ou de l'incertitude. D'un autre côté, il nous a paru possible de conserver les mots anglais comme indiquant nettement, dans les îles Britanniques, soit les caractères pétrographiques de la roche à laquelle s'ajoute un nom de lieu {Portland-stone, Kimmeridge<lay , Oxfordelay, etc.), soit sa position géographique et stratigraphique à la fois {Bath oolite ou great oolite, inferior oolite), soit enfin des caractères pétrographiques et certaines propriétés [fuller's^arth, combrash, fot^st-marble). Mais on peut concevoir aussi qu'en dehors des iles Britanniques les caractères pétrographiques de la roche se trouvant quelquefois en contradiction avec le nom de l'étage que celle-ci constitue, ce dernier ne doit plus exprimer qu'un horizon géologique déterminé.
Ainsi, pour l'Angleterre, la terminologie est employée dans le sens propre, minéralogique et stratigraphique, tel que ce sens est attribué dans le pays à chaque expression, tandis que sur le continent ce sera dans un sens relatif, par rapport aux caractères minéralogiques qui peuvent être différents, et toujours dans un sens absolu quant au niveau stratigraphique. Ceci n'exclut pas cependant les expressions locales auxquelles il sera souvent nécessaire d'avoir recours pour les sous-divisions qui n'existent point en Angleterre, et, tout en prenant pour base la terminologie de ce dernier pays, nous nous ré^rvons
40 INTRODOCnON.
d'y ajouter, suivant les lieux, ce qui, partout ailleurs, sera jugé utile à la description complète des dépôts.
Les réflexions dont nous avons fait précéder l'exanien de la formation crétacée [antè, vol. IV) trouveront encore une application plus directe dans Tétude de la formation jurassique, et quelques remarques qui nous ont été adressées nous engagent à revenir un instant sur ce sujet pour y répondre.
La variabilité des dépôts suivant les lieux, Tinégale importance des sous-divisions, Tabsence de quelques-unes d'entre elles sur certains points, obligent de rechercher et de suivre attentivement leurs modifications, brusques ou graduelles, dans le sens vertical comme dans le sens horizontal, pour établir la série propre à chaque région et en déduire les caractères généraux qui la rattachent aux autres, comme les caractères particuliers qui la différencient. Quelques paléontologistes nous semblent avoir méconnu ces principes en proposant des classifications géologiques qui pèchent par la base même, et Ton nous permettra d'autant plus d'insister sur ce point, que l'apparente simplicité de ces arrangements pourrait plus facilement séduire les personnes qui ne se rendent pas bien compte de ce qu'ils ont de factice.
Le non-parallélisme ou la non-contemporanéité des étages d'un groupe, considérés dans des pays plus ou moins éloignés, et, par suite, l'impossibilité matérielle de retrouver, en un point quelconque, les associations de fossiles qu'on a observées sur un autre, sont des résultats que démontre le plus simple examen. Le lias de la Souabe, par exemple, qui nous offr'u^a six divisions, assez bien caractérisées parleurs fossiles et leurs roches, n'est cependant pas complet puisque l'étage inférieur de l'est et du sud de la France paraît y manquer. Dans ce dernier pays, les quatre étages que nous y observerons seront parfois composés de six ou sept sous-étages distincts, et parfois aussi il n'y aura que trois, deux ou même une seule de ces divisions. Tantôt ce sera la troisième, tantôt la première, et il en sera de .même pour le nord-ouest de l'Allemagne. Le lias de l'Angleterre, suivi des côtes du Yorkshire à celle du Dorset, présente des modifications à peu près analogues.
On conçoit d'âpre cela qu'il n'est pas plus possible de répartir les fossiles des six divisions du lias incomplet du Wur-
INTRODOCTION. H
temberg dans les deux ou trois étages d'un autre pays cpie ceux de ces derniers dans les six du Wurtemberg. Dire d'une manière absolue que le lias se divise en trois étages est aussi peu réfléchi que de dire qu'il se divise en six, en quatre ou bien en deux. Ces diverses coupes peuvent être vraies relativement à tel ou tel pays; aucune ne l'est pour tous. Cependant, comme parmi elles il y en a de beaucoup plus constantes et plus générales que d'autres, ce sont celles qui doivent servir de cadre aux divisions locales d'un ordre inférieur. Il n'y a donc point, en résumé, de distribution générale possible des espèces fossiles d'une formation par étages ; il n'y en a de réelle que pour chaque région naturelle que déterminent seules les études stratigraphiques et géographiques combinées.
Remarquons en outre que les principaux termes d'un groupe sont, suivant les lieux, indépendants les uns des autres. Ici, le lias le plus inférieur se montrera seul ; plus loin, il sera surmonté des couches à Gryphées arquées ; ailleurs, on ne trouvera ni l'un ni l'autre, et l'horizon de VAmmonùes bifrons se verra au contact des schistes cristallins du terrain primaire. Or, ces observations, qui démontrent une série inégale de phénomènes physiques et organiques dans des localités différentes, ce qui n'implique nullement une interversion dans la succession des êtres organisés ni même le retour de formes semblables, démontrent aussi combien il est peu conforme à la nature de Tanger les fossiles sous un nombre déterminé de Tètes de chapitres auxquelles on assigne des noms de terrains, pris dans une localité, et de croire que ceux-ci sont à leur tour réellement caractérisés par ces fossiles.
Si cette direction, que l'on a essayé d'imprimer à la science, a pu obtenir quelque crédit, c'est à cause de sa commodité apparente. Toute la géologie sédimentaire se trouvant de cette manière comprise dans une vingtaine de mots, ainsi que les fossiles connus ou à découvrir, rien n'était plus séduisant que cette simplicité qui rappelle de loin le système de Linné, moins son élégance, sa précision et sa pensée philosophique. Si la science en était arrivée là, on pourrait dire que la géologie stratigraphique est finie , qu'elle est arrivée au terme le plus abstrait de ses tendances ; elle serait même la plus avancée de toutes les sciences d'observation , elle la dernière venue, elle qui a besoin sans cesse du secours de ses ahiées ; mais ce tf'est
là qu'un mirage qui s'évanouit bientôt devant la plus simple comparaison des faits.
Peut-être nous reprochera-t-on de n'avoir pas assez systéma" tisé notre classification, de ne l'avoir pas ramenée à des éléments généraux assez faciles à saisir, et, par conséquent, à retenir, en conservant, dans beaucoup de C4is, les sous-divisions établies par les auteurs qui ont décrit spécialement telle ou telle localité, et cela au lieu de les fondre dans une terminologie uniforme; mais, outre que ces sous-divisions locales peuvent être parfaitement justifiées et fort utiles en elles-mêmes, nous eussions, en agissant autrement, dépassé de beaucoup les limites de notre mission, probablement celles de nos propres forces et préjugé une multitude de questions encore douteuses, nous exposant par suite à méconnaître le véritable état des choses. Nous avons suivi l'exemple de la plupart des savants qui ont exécuté les plus grandes cartes géologiques en Europe, et entre autres deMM.Dufrénoy et Ëlie de Beaumontpour celle de la France. Si, dans quelques cas assez rares, il est résulté pour nous de la comparaison et de la discussion des faits, l'évidence d'un horizon géologique bien déterminé et qui aurait été omis ou imparfaitement tracé, nous n'avons pas hésité à l'adopter, car la constance du même phénomène ou des mêmes résultats sur une grande surface est le caractère essentiel d'une véritable unité géologique, et les observations locales, en contradiction avec ces résultats, ne peuvent être signalées qu'à titre de renseignements.
D'après notre manière d'envisager les dépôts d'une formation , et qui n'est autre que celle recommandée par H.-T. de la Bêche (1), dont la longue expérience et les réflexions judicieuses sont d'un si grand poids, on comprend qu'ils ne peuvent être représentés par une série continue verticale dont tous les termes doivent nécessairement paraître de même valeur. Aussi au lieu de celte série linéaire simple, nous concevons la série complexe et présentant des embranchements latéraux plus ou moins importants. De ces deux manières de considérer les terrains sédimeniaires il résulte une difficulté presque insurmontable pour les personnes qui voudraient coordonner les faits ou les fossiles, rangés suivant l'un et l'autre ordre. En effet, ce qui
(4) Coupes et vues. Explication de la planche 4^«
est vrai d'une manière absolue dans le premier est faux ou vrai seulement d'une manière relative dans le second, les divisions ne se correspondant ni dans l'ensemble ni dans les détails. Telle division de la classification linéaire correspond tantôt à une division de second ordre de la classification naturelle ou par embranchement, et comprend, par conséquent plusieurs divisions locales de troisième ou de quatrième ordre (étages ou assises), tantôt ne représente qu'une de ces dernières.
Nous terminerons cette Introduction par le tableau des divisions de la formation jurassique de l'Angleterre, tel que nous l'adoptons, et qui doit nous servir ensuite de terme de comparaison pour celle des autres pays, où nous ferons voir que cette classification suffit, beaucoup mieux qu'on ne le supposait, pour désigner tous les dépôts du même âge qui s'y sont formés.
GI0UPB9. ÉTAGB9. 80US-ÉTA6B8.
I / Oomhiq.e n. PortlanJ stone. . { J-ÎJ^Hj^i;- I snpérleiir. (g. Kimmerîdgeclay.
- ■ /Upper calcarcoat gril, Oxford