‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 57 sur 166 · SUR LA FAUNE JURASSIQUE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

SUR LA FAUNE JURASSIQUE D'ANGLETERRE

desaine critique et avecdes matériani extrêmement nombreux dont les gisements ont toujours été constatés avec soin.

Dans la seconde édition de son catalogue des fossiles d'Angle terre (1), M. J. Morris, après une élaboration attentive de tous les éléments qu'il devait employer, a donné une énumération très complète de la faune jurassique de ce pays, telle qu'elle est aujourd'hui connue. Ce travail est d'une utilité incontestable pour le paléontologiste et précieux aussi pour le géologue ; cependant on pourrait désirer que l'auteur eût en même temps présenté le tableau de l'organisme comparé de chaque formation. Un catalogue dans lequel tous les fossiles d'une contrée sont seulement rangés suivant un ordre zoologique ne fait pas connaître la composition particulière ûes diverses faunes qu'on y observe. Aussi est*ce ce qui nous avait engagé, brsque nous avons traité de la formation crétacée {antè, vol. lY, p. i09), à extraire du premier catalogue de M. Morris un exposé numérique des fossiles de cette période. Quoique aujourd'hui ce tra- ?ail dût être beaucoup plus long pour la formation qui nous occupe, BOUS n'avons pas hésité à l'entreprendre, pensant que, tout provisoire qu'H est d'ailleurs, comme tous les résultats de cette nature, il serait cependant utile pour donner une idée de la distribution des espèces de chaque classe et de chaque ordre dans les principales divisions géologiques.

Nous avons conservé celles que M. Morris a adoptées, et qui rentrent nécessairement dans les nôtres, sauf les différences suivantes, dont on doit tenir compte. Le Kelloway -rock est distingué comme un étage de même valeur que l'Oxford-clay, et les quatre étages du lias sont réunis, tandis que les cinq du troisième groupe restent séparés. Il en résulte que la comparaison des faunes partielles manque d'égalité dans les divers termes de la série. La faune du lias se trouve complexe et représente quatre unités ; les autres simples n'en représentent qu'une seule. La grande oolithe, outre sa faune normale, en embrasse une autre assez particulière, celle des cal- . caires schisteux de Stonesfield. Le forest-marble comprend celle du Bradford-clay ; lecoral-rag, celles des deux calcareous-grii, etc. Mais », au lieu de comparer les résultats offerts par les faunes de chaque étage, on répartit ceux-ci dans leur quatre groupes respectifs, on trouve des éléments de comparaison plus exacts, et qui justifient

(1) j4 Catalogue nj british jossils comprising thc paiera ond species hitheHo dexcribed^ in-8, Londres, 4 854,

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plemement les divisions de la formation en quatre coupes principales auxquelles les autres sont subordonnées.

Le tableau ci-joint (p. 154*"') présente les résultats numériques de la flore et de la faune jurassique d'Angleterre.

La jlore comprend 117 espèces réparties dans kl genres. Les fougères, les conifères et les cycadées sont de beaucoup les familles qui ont le plus de représentants, et Ton voit de suite que c'est vers la partie moyenne du troisième groupe que ces végétaux se sont développés et ont pu être enfouis dans les dépôts mixtes du Torksbire, du Lincoinshire et de StonesGeld. Les couches du lias, que nous avons aussi supposées formées non loin des côtes, en renferment également quelques-uns.

La faune comprend, dans l'état aciuel de nos connaissances, 16^3 espèces appartenant à 303 genres, depuis les amorphozoaires et les rhizopodes jusqu'aux mammifères. La répartition des espèces dans les onze divisions géologiques montre d'abord un accroissement très sensible de haut en bas, du Portland-stone, où le total des espèces est seulement de 3^ à* la grande oolithe, où il atteint 588. Il est encore de 356 dans Toolithe inférieure, et s'il s'élève \ &51 dans le lias, on ne doit pas oublier que ce chiGTre représente la somme des espèces de tout un groupe, et non celle d'un étage; aussi ne détruit- il pas cet autre résultat que montre le tableau, savoir que les étages calcaires, le coraUrag, la grande oolithe, et l'oolithe inférieure renferment plus d'espèces que les étages argileux de Rimmeridge, d'Oxford, du fuller's-earth et du lias.

Le chiffre maximum 588, qu'atteint la grande oolithe, étage qui n'est pas constamment développé, tient-il à ce qu'une étude plus spéciale en a été faile avec un grand soin, et dans des localités particulièrement très riches? Ces circonstances ont sans doute pu y contribuer, mais si l'on remarque que, contrairement à ce que montrent les autres, les gastéropodes y sont plus nombreux que les acéphales (200 à 192), on y verra aussi la preuve de conditions particulières sous l'influence desquelles le dépôt calcaire a dâ se former. Ces conditions devaient être bien différentes de celles pendant lesquelles se déposa le Portland-stone, où l'on ne cite que 8 gastéropodes, et dont la faune ne renferme en tout que 34 espèces.

Les polypiers (75 espèces) et les échinodermes (78) montrent un développement tout à fait comparable dans le coral-rag, la grande oolithe et l'oolithe inférieure, et Ton peut en dire autant des tubes

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serpoHformes attribués à des annélides, de sorte qu'il y a une corrélation parfaite dans le dé?eloppement des animaux de ces trois chsMS. Il D'en est pas de même des brachiopodes, dont les 90 espèces (1) sont distribuées suivant une progression réplièrement croissante de haut en bas, du Kimmeridge-clay, où nous en trou- TOUS 2 seulement, jusqu'à l'oolithe inférieure et au lias, qui en renferment chacun 34.

Les 166 acéphales monomyaires, les 300 dimyaires et les 289 gastéropodes conservent, en général, leurs proportions relatives jusqu'à la grande oolithe où exceptionnellement, comme on l'a dit, les gastéropodes l'emportent sur les acéphales. Les nombres diminuent ensuite rapidement dans l'oolithe inférieure, puis dans le lia?.

L'accroissement des céphalopodes de haut en bas est encore plus frappant que celui des brachiopodes, mais il est moins constant et moins régulier. Les 8 espèces du premier groupe (2 dans le Portland-slone et 6 dans le Kimmeridge-clay) sont représentées par M dans le lias. La proportion n'est pas non plus , comme on aorait pu le penser, dans un rapport direct avec la nature des couches, car, s'iiy en a 6 espèces dans le Kimmeridge-clay, 5U dans rOxford-clay et le Kelloway-rock, et iUl dans le lias, il s'en présente encore 10 dans le coral-rag et les deux calcareous-grit, 13 dans la grande oolithe, et 37 dans l'oolithe inférieure, sans que leBradford-clay et le fuller's-earth en aient offert.

Ainsi, l'ère du lias et celle de l'oolithe inférieure, quoique ayant bien peu d'espèces communes (7 seulement) . sont liées par le développement simultané des brachiopodes et des céphalopodes, tandis que les autres ordres y sont plus faiblement représentés qu'ailleurs. Les stellérides, les crustacés et les insectes, à la vérité, y apportent une certaine compensation, mais ces derniers étant d'origine terrestre ne peuvent entrer comme élément dans ce genre de comparaison.

U fonne ichihyologique affecte une distribution trop capricieuse, due à des circonstances de sédimentation presque toujours partica^* lières et locales, pour qu'on puisse rien conclure des 55 espèces d^ poissoosde la grande oolithe, qui proviennent, pour la plupart, des couches de Stonesfield, etdes ilO espècesdu lias, dont 73 proviennent (le la seule localité de Lynie-Regis, et les autres des petite '^acs ossi-*-

[|) Ce nombre a été porté à 96 par M. Davidson dans le tableau fwtifié dont nous avons parlé. Voyez BtilL^V sér , vol. XI, p. 475,

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