‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 58 sur 166 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

fèresdu Soinersetshire et du Gloucestershire. lien est i pea prèsde même des reptiles du Kimmeridge-clay, de StonesGeld et du lias. Ëiifiti, ou sail que les débris de mammifères n'ont encore été trouvés que dans ||avant-dernier de ces gisemeuls.

La seconde psu'iie du tablean fait voir la répartition des espèces qui ont été rencontrées dans deux étages à la fois, et dont le toUl est de 136 . Si Ton en retranche 58 communes à la grande oolitbe et à Toolithe inférieure, malgré le laps de temps qui a dû s*écouler entre elles pour le dépôt du fuller*s-earth qui les sépare, il ne reste que 76 espèces communes entre les dix autres divisions combinées deux à deux. Les relations intimes du forest-marble et du Bradfordclay avec la grande oolitbe, comme celles du Kelloway-rock avec rOxford-clay, sont rendues sensibles par 11 espèces communes aux premiers et 8 aux seconds ; il en est de même des 6 espèces du cornbrasb et de la grande oolitbe. Une particularité qui n'est certainement pas due à l'incertitude des déterminations spécifiques ui au hasard des recherches locales, parce que nous la verrons se reproduire plus loin, c'est la relation du coral-rag avec la grande oolitbe et Toolithe inférieure, relation établie par 6 espèces coaimunes a\ec chacun de ces étages. 1 autre espèce commune avec le cornbrasb donne déjà 1 3 espèces qui se retrouvent à la fois au-dessus et au-dessous de l'Ozford-clay.

Nous avons continué notre tableau, sans qu'il nous ait paru nécessaire d'en reproduire cette dernière partie, |)our les espèces qui se sont rencontrées dans trois étages h la fois, et qui sont au nombre d: 37, puis pour celles qui ont été observées dans quatre, et qui sont au nombre de 9 seulement.

Parmi les premières, et à l'appui de ce que nous venons de dire. S espèces (2 polypiers, 2 échinodermes, 1 bryozoaire, 1 acéphale et 2 gastéropodes) sont à la fois cités dans le coral-rag, la grande oolitbe et l'oolithe inférieure ; k dans le forest-marble, la grande oolitbe et l'oolithe inférieure ; 3 dans la grande oolitbe, le fullerV earth et l'oolithe inférieure. Les autres chiffres sont insignifiants, parmi les espèces communes à quatre diviMous, 3 sont signalées dans quatre étages du groupe oolithique inférieur ; U autres encore dans le coral-rag, puis dans l'Oxford-clay ou le Kelloway-rock, la grande oolitbe et l'oolithe inférieure. De sorte que les rapports, que les espèces communes à deux étages seulement nous faisaient apercevoir entre la faune du coral-rag et celles qui avaient précédé l'Oxford-clay et le Kelloway-rock, se trouvent confirmés par leses-

SUR LA FAUNB JOBASSIQUE D*ÂNGLETBERE. i5S

péccs communes à trois et à quaire étages, et ils démootrent la réapparition d'une partie de la faune du- groupe oolitbique inférieur» 00 de 30 espèces, vers la fln de la période du groupe moyeu.

Aiusi sur 16Zi3 espèces, ^ sont communes h deux étages, ^ à trois, et j^ à quatre. Aucune espèce do lias ne remonte jusque dans le Portiand-stone où une seule espèce de Foolithe inférieure est citée. Mais, si Ton remarque que cette espèce est une Huître d*uoe forme très commune (0. solitaria), on concevra plus que des doutes sur cette persistance extrême.

Si nous voulions actuellement nous rendre compte de cette sorte d'appauvrissement que, malgré quelques oscillationsen sens inverse, Tensemble de l'organisme parait avoir éprouvé depuis l'ère de la grande oolitbe jusqu'à celle du Portiand-stone, nous serions sans doute tenté d'en chercher la cause dans les circonstances qui ont accompagné la sédimentation des couches. Cependant l'étude la plus attentive ne révèle aucune perturbation ni locale ni générale pendant leur dépôt; les phénomènes physiques semblent s'être continués avec la même régularité. Aucune grande tnasse de brèche, de poudingue, de conglomérat, ne vient dénoter de troubles ni l'existence de courants violents ; ce sont des calcaires, des marnes, des argiles et des grès qui accusent, par la régularité de leur stratification, leur texture et leur structure, un calme toujours plus ou moins pariait II faut donc reconnaître que la cause réelle de ces modifications de l'organisme est ailleurs que dans les cataclysmes et les grandes dislocations de l'écorce'terrestre, et que, dans la plupart des cas, elle en est restée complètement indépendante.

Si, pour rendre cette vérité plus frappante, on voulait comparer des faits d'un ordre différent, on pourrait dire avec raison que les perturbations dynamiques, qui, à diverses reprises, ont si énergiqoement accidenté la surface du globe, n'ont pas plus contribué aux changements de l'organisme, que l'apparition des diverses roches ignées n'a, de son côté, contribué au métamorphisme en grand des prodoits sédimentaires qu'elles ont dérangés et souvent traversés.

On a vu que ces modifications étaient lentes, graduelles dans l'ensemble, et néanmoins continues, de telle sorte qu'en aucun point de la série le renouvellement n'a été complet à un moment donné. Quelques êtres anciens ont toujours assisté à la naissance de ceux qui devaient leur succéder. A aucun instant la manifestation de forces vitales n'a été suspendue; amais la chaîne des êtres n'a

ibk GÉNÉRALITÉS SUR Là FAUNE JURASSIQUE d'aNGLBTBRRK.

été rompae, car de nouveaux anneaux se formaient avant que H les autres fussent brisés.

Sans doute les chiffres qui nous ont conduit à ces réflexions purement relatifs à l'instant où nous parlons et an pays que considérons, mais de semblables résultats nous sont aussi fournis j l'étude attentive de toute la série géologique. Il y a loin, con on le voit, de ces déductions des faits actuellement connus à hypothèses si gratuites de destructions complètes, puis de reiHl vellement ou de créations de toutes pièces de l'organisme, hy|| thèses que nous devons reléguer actuellement parmi les fables! la géogénie ancienne. i

£nûn, la question du temps est tout aussi difficile à résoudre 4à celle du mode d'apparition et de succession des êtres. Quel lapn temps, en effet, a4-il fallu pour qu'une quelconque de ces faQ4 successives ait parcouru son cycle complet, pour qu'aient dispi4 toutes les espèces qui vivaient à un moment donné ! Quel cbroni mètre d'une marche assez lente peut mesurer un pareil changemefll quand six mille ans n'ont pas encore suffi pour constater la pl4 légère modification dans la faune coiftemporaine de l'homnie ? 14 forces vitales, qui depuis i'origine des choses n'ont cessé de lé manifester sous des formes variées qui ne se répètent point, seraiem elfes parvenues à un état stationnalre ? Rien ne le prouve, rietf même n'est moins probable. Nous ne pouvons assigner de bornes | la fécondité de la nature, et, si la loi qui a présidé à la succes8ioi| des êtres depuis leur origine première doit rester pour nous éttr4 uellemeut cachée, il en sera sans doute de même de celle qui règli leur destinée finale.

Page 1