Argile bleuâtre
5. Argile bleuâtre schistolde, avec une grande quantité à'Exo-
gjrra virgula formant une lumachelle ; à la partie inférieure deux bancs calcaires solides forment, le long de la côte, une sorte de dallage naturel 3,00
6. Ai^ile bleuâtre (au niveau des hautes eaux) surmontée d'un
lit mince à'Ostrra deitoidea, et montrant à la basse mer un second banc d'Exogyra virgula.
Le sondage exécuté sur la place du Havre permet de suivre la composition du sous-sol de la ville bien au delà de ce que nous révèle l'étude des falaises. Déjà le creusement des bassins avait fait recoonattre le prolongement du banc ôHOstrea deitoidea, mais la londe, après avoir traversé 18°*, 3 ) de dépôts modernes et quaternaires, a atteint, à 1 1 mètres au-dessous du niveau de la mer, ou à 19 mètres plus bas qu'au cap, la première couche jurassique qui, comme nous l'avons fait voir ailleurs, se relève au N.-O. (5). En continuant donc la série que nous a présentée la falaise du cap, D0Q8 trouvons ici :
(4) Descript, géol. du département de la Seine-Injérieure^ P> ^^A» pi. 2 et 20, in-4, avec carte et atlas, Rouen, 4 832.
(2) Une feuille lithographiée, 4 843-4846.
(4j Dans la légende de la coupe, fig. 4 9, p. 498, l'ordre des coocàes se trouve renversé, mais il a été rétabli dans le texte que nous raivons.
(5) Voyez antè, vol. IV, pi. I, Profil géologique du Havre à Poitiers.
7. Masse argileuse diviséo, vers le tiers de sa hauteur, par une couche argilo-sabieuse. Le tiers supérieur est une véritable marne; les deux tiers inférieurs homogènes constituent une argile grise, foncée, formant la base m.
du premier groupe 28,00
S. Série de bancs calcaires et de bancs marneux alternants. 6,42 0. Alternance de 56 à 60 bancs de grès gris, de marnes
grises et de calcaires argileux 22.38
10. Argile noire, plastique, divisée par des lits minces de grès gris et de marne calcaire, et dont la sonde n*a pas atteint la base 4 4 5,00
Ainsi Targile de Kimnfieridge qui, dans le pays de Bray, le poils de iMeulers et les sondages de Rouen, nous avait oOert une puissance considérable dépassant même 140 mètres dans la dernière de ces localités, se trouve réduite à moins de 60 mètres aux environs et sous la ville même du Havre, quoique se trouvant à on DÎveao plus élevé.
Au sud du cap la Hèvc, Tétage de Kimmeridge plonge au S.-E., mais forme encore le banc de TÉclat situé en avant do cap. AoN.-£., on continue à l'apercevoir longeant le pied des falaises crayeuses iVspace de 4 à 5 kilomètres, puis il disparaît sous les eaux comme au sud (1).
D'après la coupe des falaises de cette partie de la Normandie qu'a donnée H. -T. de la Bêche (2), et qu'a reproduite M. A. Passy (3), 011 |K)nrrait croire que les argiles du rivage opposé de Temboucbiire de la Seine sont le prolongement régulier et au même niveau de celles de sa rive droite. Le fleuve aurait seulement alors creusé soo lit dans une assise plus ou moins facile à entamer. Mais il n*en est pas ainsi, puisque nous venons de voir que le Kimmeridge-clay ce^ sait d'a£Deurer au sud du phare , et que sous la ville même sa partie supérieure se trouvait déjà à 19 mètres plus bas. De son côté, W. S.-P. Pratt(Zi), en suivant le littoral du rapd-Antifer au Havre, aurait constaté la présence de Targile plus loin vers le nord que ne Tindique la carte de M. Pas.sy, et aurait reconnu qu'une faille a
(1) A. Passv, Carte géoL du département de la Seine- Inférieure ^ 4 832.
(2) Transact. geol. Soc, oj London, 2« série, vol. I, p. 73, 4822, avec carte et coupes.
(3) Loc. r/7., atlas, pi. 4 9.
(4) Procccd, gcol. Soc, of London^ vol. II, p. 646.
abaissé sur la rive ganclic la couche argileuse crétacée qoi surtnoote les sables ferrugineux du rap la Hève , de sorte qu'on aurait pris jasqu*alor8 Targile qui porte la ville de Ilonflèur |X)ur le prolongement du Kimmeridgc-clay, tandis qu'elle en est séparée par ces mêmes sables. L'étage oolithique ne reparaîtrait que plus loin, à (a hauteur de Griquebœuf.
Cette explication est conforme à la coupe de Terabouchure de la Seine que uous avons donnée nous«méme (i), mais serait opposée à ce que montrent les caries géologiques de la Seine-Inférieure, du Calvados et de !a France. L'argile sur laquelle est bâtie la ville de Hoofleor serait alors crétacée, comme nous l'avons dit. et non juras* siqoe (finie, vol. IV, p. 249). Lors même que les sables ferrugineux manqueraient en cet endroit, et que les deux assises argileuses se trouveraient en contact, il n'en existerait pas moins une dépressioo considérable des couches de Kimmeridge, suivant l'axe de l'embou* cbure du fleuve.
Malgré le peu d'étendue horizontale et la faible épaisseur de FaiêonioU|i«. l'éuige de Kimmeridge, au pied des escarpements abruptes qui bor* deot le promontoire de la Hève, cette localité est une des plus riches en débris organiques de cet âge; malheureusement elle attend encore qu'une monographie particulière fasse connaître tout ce qu'elle renferme d'intéressant pour le paléontologii^te. Dès 1786, l'abbé Dicqucmare (2) y signalait des débris de reptiles sauriens qoe Geoffroy Saint-Hilaire désigna sous le nom générique de Teleosaums, et que (luvier (3) rapporta au genre Gavial ainsi qu'au Pie- 9ioiam*us. Alex. Brongniart (4) a décrit plusieurs moules d'acéphales et de gastéropodes provenant de ces couches , et M. A. Passy (5) y signale des Ammonites, des Nautiles et d'autres fossiles dont les déterminations spécifiques auraient besoin d'être revues. Lesueur, qui avait fait sur ce point de très longues et très fructueuses recherches, et dont la collection se trouve aujourdliui datis le mttsée du
(1) D'Archiac, Études sur lajorm, crétacée^ 2* part. [Mêm. Soc, géoi, de Fraace, %• série, vol. Il, p. 96-99, pi. 3,Jg. 4, 4846). — HisL des progrès de la gêol., vol. IV, p. 249 et 278. pi. I, 4 854.
(2) Observations sur la physique, vol. Vil, p. 406-444, 4786.
(3) Recherches sur les ossements fossiles^ \o\. V, p. 4 43, 625 et 353. — Gavial à museau court et G, à museau allongé y Al. Brong.
Ik) Ann, lies mines, vol. VI, p. 654, pi. 7, 4824. (s) Loc. cit. y p. 268; Tableau des corps organisés Jossi les ^ ib., p. 333, et pqssinu