‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jour (volume 2)Chapitre 1 sur 10 · PHYSIQUE, CHIMIE ET METEOROLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIQUE, CHIMIE ET METEOROLOGIE

iNNÉB 1817.

Une loi de la composition des corps , qui a été entrevue dans la classe des acides et des alcalis , confirmée par Richter et généralisée depuis par MM. WoUaston, Gay-Lussac et d'autres chimistes, c'est que les quantités pondérables dans lesquelles deux substances entrent en combinaison, conservent, dans toutes les combinaisons qu elles peuvent former avec une même masse de toute autre substance , un rapport constant , ou dont les variations , lorsqu'il en éprouve , sont des

^ Cet article fait suite à celui du même titre, ton}. II , p. 3-— s6i,

multiples ou des sous-multiples de Tune de ses valeurs ; et nous ayons vu , dans notre analyse de 1 8 1 9 ^ , à quelJe précision ]Vf . ^erzéli^s a pprté la table de ces rapports. Elle est telle que l'on peut aujourd'hui l'employer à la vérification des analyses qui comportent le plus de chances d'erreurs, et qu'elle sert à prédire même la proportion des combinaisons qui n'ont pas encoi^ été réalisées. Une conséquence néoessalrede ces faits dans le système de la philosophie corpusculaire , c'est que les matières entrent en combinaison par des nombres déterminés de molécules de chacune d'elles : on est même allé plus loin , et l'on a cherché à fixer ce nombre pour chaque substance dans chacune des combinaisons où elle peut entrer. Mais ici un mélange

dliypotl^èse $1 été in^vitaUe 9 ou plutôt Qn ;i 4û ^'^1^ rêter à un certain point , à celui qui est nécessaire pour rendre compte des combinaisons connues ; et quelquefois il arrive que la découverte de combinaisons nouvelles j où des substances entrent dans des proportions moins simples que celles que l'on connoissoit , oblige de subdiviser par la pensée les molécules hypothétir ques qu'on leur avoit attribuées. Dans les substances que nous pouvons observer à l'état gazeux , et où nous pouvons déteraniner les proportions par les volumes, qui sont toujours faciles k mesurer , les résultats laissent beaucoup moins d'incertitude que dans les combi* naisons des substances ^es ; mais Ton a du moins

BT mAtéorologib. ' 3

1 aTantage d'appliquer cette méthode à celles de ces dernières substances qui passent à Tétat gaseux par f effet de la combinaison , et ces substances sont en assez grand nombre.

M* Damas , jeune chimiste déjà connu par dos travaux intéressants sur diverses branches des sdmices naturelles, s'^st occupé de ce genre de recherches. Toutes les fois que Ton combine deux gaz , la combvnaison éprouve une contraction , et le volume qui en résulte est lui«méme dans un ra]^rt constant avec ceux des gaz combinés. Si Ton pouvoit donc déterminer exactement la densité d'une combinaison bi«naiie gazeuse où entrent une substance fixe et celle de son élément élastique , il resteroit peu d'incerlitude aur la densité de la vapeur qui en constitue l'autre élément, et qui est provenue de la substance fixe. C'est de ce fait que M. Dumas est parti; mais, pour l'appliquer , il a été obUgé de supposer que la contraction est semblable à celle qu'éprouve l'ammo* niaque lora de sa formation ; ce qui introduit aussi dans aa méthode un principe hypothétique* U a d'ail«> leurs, par un mojen ingénieux et simple , ima^pné de constater directement la densité des divars fluides élaatiques à une température et sous une pression don^ nées 9 base nécessaire et préalable de tout son travail. L'exactitude de ce moyeu a été confirmée par un essai qu'il en a fait sor la densité de la vapeur d'iode^ et qui lui a donné un nombre peu différent de celui qui avoit été déduit d'analyses trè&-exactes. La densité

de la vapeur du mercure , si utile à connoître pour un grand nombre d'opérations, a été déterminée égaleiment avec beaucoup de soin , ainsi que celles de l'hydrogène phosphore au maximum et au minimum, de l'hydrogène arseniqué , des acides fluo-silicique et fluo-borique, et du chlorure de bore ; et l'auteur s'est occupé ensuite de l'application de sa méthode aux substances fixes qui entrent dans ces combinaisons gazeuses. L'examen de l'hydrogène proto-phosphoré et du proto-chlorure de phosphore lui a donné pour le phosphore le résultat qu'il cherchoit ; il l'a obtenu pour l'arsenic, au moyen de l'hydrogène arseniqué et du proto-chlorure d'arsenic. Il a examiné . dans les mêmes vues les chlorures de silicium, d'étain et de titane, et les résultats qu'il a obtenus sur le nombre et le poids relatifs des atomes de chaque substance sont exprimés en chiflfres, dans lesquels des hypothèses, différentes de celles dont il est parti , ne produiroient que des multiphcations ou des divisions, et qui oj&ent toujours par conséquent un élément permanent. Tout en poursuivant l'objet principal de ses recherches, M. Dumas a eu occasion de faire des observations importantes sur la préparation, les propriétés physiques et la composition de plusieurs combinaisons connues.

Ainsi il a fait voir que la composition du gaz hydrogène arseniqué , privé du gaz hydrogène qui s'y trouve mêlé en proportion variable , est la même que celle du gaz hydrogène proto-phosphoré , sur le-

SX MÉTÉOROLOGIE. S

quel il a publié antérieurement des observations im-^ portantes.

Il indique un nouveau moyen de préparer le chlorure de bore , découvert par M. Berzélius , et un cblorure de titane volatil , qui n'avoit point encore été observé.

Enfin il annonce la découverte d'un cblorure gazeux de manganèse , correspondant à Facide manganésique ; mais il se propose de revenir sur cette com^ binaison dans un autre mémoire.

Nous avons annoncé , dans notre analyse de Tannée dernière \ la découverte que M. Balard a faite du brome, substance d'une grande analogie avec le cblore et avec l'iode , et qui forme avec les autres corps des combinaisons fort semblables.

M. Sérullas s'est particulièrement attaché à l'étude dé ces combinaisons. U a obtenu successivement un éther hydro-bromique ; un cyanure de brome ; des bromures d'arsenic, d'antimoine et de bismuth, et un oxibromure d'arsenic. L'éther hydro-bromique se rapproche singulièrement de Téther hydriodique : c'est un liquide plus pesant que l'eau , d'une odeur forte , très-soluble dans l'alcool , dont il est précipité par l'eau. Le cyanure de brome n'a pas moins de ressemblance avec le cyanure d'iode : il cristallise en aiguilles longues et déliées , d'une grande volatilité^ d'une odeur très-piquante, et d'une action si forte sur

^ Tome 2, p. 253.

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Fëoonomie animale , qu'un grain dissous dans un peu d'eau suffit pour tuer un lapin.

La décomposition du bromure d'arsenic par T^u a principalement fixé l'attention de M. Sérullas. I^-* ployée en quantité suilisante, Teau réduit ce bro-* mure en acide arsenieux et en acide hydro-bromique; lorsqu'il y a moins d'eau , il se précipite une poudre qui donne à la distillation de l'eau , de l'acide arse«« nieux et du bromate d'arsenic , et qui paroît à l'auteur un sous-bromate d'arsenic.

Le bromure de sélénium s'opère aisément quand on rapproche quatre parties de la première substance aTCC une de la seconde dans un grand état de di<* vidion ; au moment de leur union , il se dégage de la chaleur ; un léger bruit se fait entendre* Ce bnn mure a l'odeur du chlorure de soufre ; il se volatilise à une grande chaleur ; il se dissout dans l'eau , mais en passant à l'état d'acide hydro-bromique et d'acide aélénique.

Le même chimiste s'est occupé des propriétés d'une combinaison que Berthollet , qui en a parlé le premier, ayoit nonmiée acide prussique oxigéné^ mais que » d'après la nouvelle théorie qui a reconnu des substances acidifiantes autres que l'oxigène^ et qui a donné au chlore le premier rang dans cette daBse de corps , M. Gay-Lussac a dû nomnier acide chloro^jranique.

Il résulte du travail de M. Sérullas une connoissance plus exacte des propriétés de cette combinaison

BT MiTÉOROLOOIB. ^

et des moyens de Fobtenir avec pureté , ainsi que des notions plus approfondies touchant Factiod db chlore suF TaGide hjdro-cjanique et sur le cyanure de mer^ eure» Pour l'obtenir ^ on introduit quelques grannmfes de qranure dé mercure délayés avec de Teau dans un flacon rempli de chlore ; on lé laisse i o à i 2 heures dans l'obseurité : le dUore se partage alors , et forme d'utie paH du bichlorute de mercure , et de l'autre la combinaison que l'on désire. En plongeant le flaéoil dans un mélange frigorifique à i8<^ aurdessous de o , cette matière cristallise sur les parois* Du chlorure de calcium , Introduit dans lé yasë , s'y empare de Veau ; au bout de sept jours 5 on refroidit de nouTeau le flaaon ^ et on le débouche soUs du mercure égale-* ment refroidi , qui le remplit aussitôt : on y ajuste alors un tube qui ya s'ouyrir sous une doche pleine de mercure ; et l'appareil reprenant la température de l'atmosphère, la combinaison obtenue se foild et se vaporise 9 et ya remplir la cloche.

Une première propriété observée par M* SéruUas ^ c'est qu'à l'état de pureté elle ne rougit point la teid« ture de tournesol , et ne peut être considérée comme im acide : aussi la nonmie-t-il chlorure de cyanogène 1 dénonaination k laquelle les commissaires de l'acadé-^. mie préfèrent celle de cyantire de chlore. Elle cristal^ lise à 180 au-dessous de o, et se fond à i5 ou à f^* Sous une pression quadruple de celle de l'atmosphère f elle conserve sa liquidité jusqu'à 20° au-dessclus de o. Son action sur les animaux est des plus délétères.

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. Si , au lieu de tenir à l'obscurité et au froid le flacon rempli de chlore où l'on a mis du cyanure de mercure, on l'expose au soleil , il se produit un liquide jaune plus pesant que la solution de bichlorure de mercure produite en même temps, et que l'on peut en séparer aisément. Ce liquide ne se dissout pas dans l'eau, ne précipite point le nitrate d'argent, et ne rougit point le tournesol : il est très - soluble dans Falcool.

D'après sa décomposition par le temps , et ce qui arrive quand on le distille sur un mélange de craie et de chlorure de calcium , M. Sérullas le regarde ou comme un mélange très-intime de proto-chlorure de carbone et de chlorure d'azote , ou comme un proto-cyanure de chlore. C'est cette dernière idée qui a paru la plus vraisemblable aux commissaires de Facadémie.

La théorie nouvelle dont nous venons de parler , et qui place le chlore , l'iode, le fluor , le brome et le soufre comme l'oxigène , dans la classe des substances électro-négatives qui peuvent produire des combi- . naisons analogues aux acides et jouant le même rôle dans les combinaisons ultérieures , et la classification que l'on a faite en générât de toutes les substances d'après leur électricité relative, ont conduit à reconnoître et à examiner une foule de composés dont on n'avoit point d'idée auparavant, et à enrichir la chimie d'une foule prodigieuse de faits aussi nouveaux qu'importants. Ceux de ces composés

qui se forment de deux combinaisons binaires, et sont par conséquent analogues aux sels proprement dits, ont dû fixer de préférence lattention des chimistes ; et tels sont surtout ceux qui résultent de Vunion de l'hydrogène sulfuré avec les sulfures métalliques, que M. Gay-Lussac a considérés connue des sels auxquels ce sulfure métaUique tiendroit heu de base : tels sont encore les doubles sulfures, les doubles cyanures, les doubles chlorures. Il arrive aussi que le sulfure, le chlorure d'un métal, s'unit à l'oxide du même métal, d'où il résulte encore une longue série de produits analogues aux précédents.

M. Polydore BouUay a essayé de faire sur les combinaisons de l'iode ce qui avoit déjà été opéré sur celles du soufire et du chlore ; et il a reconnu que les iodures métaUiques, d'après leur position relative dans l'échelle électrique, jouent les uns le rôle d'acide, les autres celui de base; et que les premiers s'unissent aux seconds de manière à produire des espèces de sels; que l'acide hydriodique peut s'unir k des iodures métalliques, comme l'acide hydro-sulfurique à des sulfures ; que les iodures et les chlorures peuvent se combiner les uns aux autres , mais en des composés peu stables, et que les diverses combinaisons peuvent avoir lieu en des proportions différentes, mais toujours définies; le bi-iodure de mercure, par exemple, se combine en trois proportions avec les iodures alcalins , et ses trois composés peuvent se représenter par un atome d'iodure alcalin

tO PHYSIQUE, GHIBIIE

avec 1,3)3 at(»iies de bi-4odure de mercure fiûaaat fdndtiôn d'acide.

Oii sait depiiia long^tenlps que de Fadde Bulfurl» ^e, chauffé aved un poids égal d'akool, doDiie naislsaiice k divers produite, dont les plus andeiiiie*' ttietlt Gounuij sont Véther et Y huile douce du vim

Depuis lùng^-teiops MM. Fourcroy et Yauqueliti avoient pensé que ^ dans cette opération , l'acide sul» furiqué réagit sur l'alcool , oôntraint une partie de Éotï hydrogène et de son oxigène à se combiner pour former de l'eau; qu'il s'incorpore à l'aoidei et qu'il reste ainsi un composé où le carbone est dans une proportion plus forte que dans l'alcool , et qui est l'éther. £n effet, les expériences de MM< Théodore de Saussure et Gay-Lussac ont constaté qu'un volume d@ vapeur d'alcool est représenté par un Tolume de vapeur d'eau et un volume d'hydrogène biearbonné{ tandis qu'un volunke d'éther l'est par un volume àè vapeur d'eau et deux volumes d'hydrogène bicar* boné. Néanmoins la découverte faite par M^ Dabil^ et confirmée par MM« Sertiirner, Gay-^Lussad et Yôgelf que, dans l'opération par laquelle on fait l'éther^ il te dégage aussi un acide particulier que l'on a nommé êUlfo*^nnique ^ ezigeoit d'âire prise en coniidération; et il devenoit nécessaire de eotidoitre les éléments de cet acide , et nâême d'examiner ceux de l'huile douce du vin ^ sur lesquels on n'avoit pas fait €lncor0 des recherches a^se^ exactes*

M» Heimell a entrepris ce ^avail en Angleterre,

ST mAtéobolooix. Il

et MM. Dumas et Polydore BooDaj s'en sont oocii» pés, de leur côté, à Paria»

Ces deux derniers chimistee ont constaté Fexactitude des analyses antérieures de Féther; ib ont trouvé lliuile douce du vin formée de quatre tolume^ de carbone et de trois d'hydrogène ; ils ont déterminé la composition élémentaire de lacide sulfi>*vinique , en faisant l'analyse des sulfo-vinates de baryte et de deutoxide de cuivre, et celle du bisulfo-vinate dé plomb. Leurs expériences les ont conduits à recon** noitre que lacide sulfo^idique est composé d'un atome d'adde hjrpo^ulfurique contre deux atomes d'huile douce du vin; et que, dans les sulfovînateA neutres de baryte et de cuivre, il y a un atome d'bypo^ulfate , deux atomes d'huile et cinq atomes d'eau.

D'après ces données, MM. Dumas et Boollay pensent que 9 knra de l'éthérification , une portion d'alcool se change, par l'influence de l'acide sulfurtque^ en éther et en eau , que cette eau afioiblit une por^ tion de Yadde ; qu'une autre portion de l'acide Sé change en acide hypo^suUurique , en cédant une partie de son oxigène, laquelle se combine avec de l'hydrogène provenant de l'hydrogène bicarboné dé l'autre portion de l'alcool ; qu'il reste ain^ la pro« portion d'hydrogène et de carbone nécessaire pour former Thoile douce; et qu'une partie de cette huile douce, en s'unissant à une partie de l'acide hypo* sulfurique, donne l'acide sulfo^vinique. Une partie

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d'eau, provenant de la décomposition de Talcool, est d'ailleurs mise en liberté.

MM. Dumas et BouUay pensent , au reste , avec M. Vogel, que l'acide sulfo-vinique se forme en même temps que l'éther; et que sa production et celle de l'huile douce , quoique simultanées avec celle de l'éther, en sont indépendantes.

Depuis long -temps des chimistes dis.tingués ont étudié la garance , et ont cherché à reconnoître de quelle manière on peut l'employer dans la teinture avec le plus d'avantage ; et toutefois, son analyse proprement dite, qui auroit été le plus sûr moyen d'arriver à ce résultat, n'a pas été poursuivie avec assez de soin , et il est remarquable que , dans cette multitude de travaux entrepris depuis trente ans sur la chimie végétale , le seul écrit que l'on puisse citer sur la composition de cette racine est celui de M. Kuhlman, qui n'a paru qu'en 1834* Jusqu'alors on n'avoit que les essais de Walt sur l'action que sa décoction éprouve de la part des réactifs, et ceux de MM. Bartholdi et Braconnot , pour y rendre sensible la présence du sulfate de magnésie et de l'acide malique.

MM. Colin et Robiquet ont cherché à remplir cette lacune de la science ; et leurs travaux leur ont procuré deâ résultats intéressants , et qui en laissent entrevoir de plus intéressants encore.

De la racine de garance macérée dans le triple de son poids d'eau et égouttée donne un marc qui , abandonné à lui-même dans un Heu frais , se prend en une

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gelée , qui contient presque toute la couleur rouge. On la traite à plusieurs reprises par lalcool bouillant ; et, après avoir concentré les solutions alcooliques, on y ajoute de l'acide sulfurique et de feau. U en tonc^ un précipité d'un jaune fauve, qui, bien lavé et chaufie, donne un sublimé cristallisé de la couleur et de l'aspect du plomb rouge de Sibérie , volatil , so«luble dans l'eau en petite quantité , très-soluble dans l'alcool et surtout dans l'éther , formant avec les alcalis des combinaisons bleues ou violettes. MM. 0)lin et Bobiquet ont nommé cette substance alizarine. Ap^ pliquée sur la toile de coton au moyen d'un mordant aiumineux, et avec des aviva ges suffisamment éner*giques , elle donne une teinture d'un beau rouge ; et . néanmoins , comme on ne peut en préparer de belle laque avec l'alun , il y avoit fort à douter que ce fût le seul principe colorant de la garance. Ces chimistes durent donc se livrer à de nouvelles recherches , et ils découvrirent dans la garance une autre substance, qu'ils ont nommée purpurine , et qui est douée à un bien plus haut degré du pouvoir tinctorial.

La purpurine , comme l'alizarine , est fusible , volatile , cristallisable par sublimation , dissoluble dans l'éther : elle a plus de solubilité dans l'eau que l'alizarine , et surtout les alcalis ne lui donnent point de teintes bleues ou violettes ; enfin, sa propriété distinctive la plus frappante, c'est de donner avec la solution d'alun bouillante une Uqueur d'un rouge rosé très-pur , dont on peut retirer une beUe laque.

l4 PHVaK^^B, QHIMZB

U reste à pavoir ai Talizaiine et la purpurine sont bi^u réellemQut àm% principes immédiats distinctB , ou si la première n est pas une purpurine altérée par quelque méjuge : ç est ce que MM. Colin et Robiquet out été invités à 0icaminer« Dans le cours de leuis expériences , ils aont parvenus à quelques résultats pratiques^ Leurs procédés leur donnent les moyens d assigner la vraie valeur des garances venues dans des sols et k des expositions différents, et qui , conome on sait , varient beaucoup pour la quantité de matière tii)Ctoriale qu elles contiennent ; ils ont reconnu que certains degrés de fermentation n altèrent point la couleur rouge , et que Vqq ne doit point jeter la garance qui l^s a subis ; ils ont préparé une laque qui aura des avantages pour l'art de )a peinture , même après oelle dont la fabrication a été découverte par M. Mérimée i enfin , en traitant la garance par l'acide sulfurique» ils ont obtenu une sorte do charbon qui cQuti^nt la matière colorante à un état beaucoup plus pur que celui où elle §e trouve dans la racine même , et que l'on peut aussi employer avec plus d'avantage pour la fabrication des toiles peintes^.

Des membres ou des correspondants de l'académie ont fait paroitre sur la chimie des ouvrages généraux qui ) par leur nature » ne sont pas susceptibles d'être analysés ici , et dont nous^ ne pouvons rapporter que les titres.

Tels sont la cinquième édition du Traité de chimie de M% Thenard , le Nouveau Système de phikv-

BT IféTÉORÛtOttlS, iS

sofdiie ^imqiie de M. DaltOQ , et le Traita des tm^ BipulatdoBS chimiques de M. Famday,

M. Moreau de Jcmnès a communiqué à l'académie )a notiee des tremblements de terre qui ont eu lieu mjoL Antilles en iSb^. U en a donné la date précise, qui peut jeter quelque lumière sur la direction des oommedans scuiterraines et sur la rapidité de leur propagation.

Le premier de ces tremhlementa de terre s'est fait eentb à la Martinique le 3 juin , à 2 heures du matin.

L^ seeond , le a^ juillet , à 5 heures 4^ minutes après midi : oes deux secoiisses ont été très*«foi1;eS)(

Le teûiaième, le dimanche S août, |t lo^ âa^ do matin.

J^qi^atrièm^, le 11$ s^tembre ^ h 5** 39^ du matin.

liç (â^quièifte, Je 37 du w^wie x^m, à 4** 3a' du watip, I^. siî^ièmei le 3 octçhre^ k 4^ après n^iidi. JiC sçptièxpç, le 5o nQvembrçu à 2^ 45' du mati».

Le l^^uitiènc^, le i^' décepibre, à içt^ du paatiu^

1^ wuvième, le xaèm^ jour, à 5"* ï5' aprèa widi%

Et enfin le dixième , le 8 décembrQ, k 5^ :21a' du

X# pjiupfti^t de ces trenj^emexita de terre «'ont ét4 que de^ mQt^yemepts çndulataircsi et lents dont U n'est réfî^lt^ auevn événeipept fâcheux ; mais celui du 3c» jpovmbre X §i^ânt tejoqr t a été ^i^gulièrep^ent violent «t proJoiQ^^ : la ipQiipid^e estim^tÎQn de sa durée, la porte à 5o secondes , et Ton assure qu'on n'en a point

l6 PHYSIQUE, CHIMIE

éprouvé d'aussi fort et d'aussi long depuis près d'un siècle, n n'a fait cependant qu'ébranler et lézarder quelques édifices, et les accidents qui ont eu lieu doivent être attribués seulement à l'efiroi qu'il a causé , et qui a fait abandonner les maisons avec trop de précipitation. Des lettres de la Guadeloupe ont fait connoitre que ce tremblement de terre s'est étendu à la Grande-Terre , l'une des deux îles de cette colonie , située à environ 4o lieues au nord-ouest de la Martinique ; il s'y est fait sentir avec une violence non moins grande , mais quelques minutes plus tard qu'au Fort-Royal. La Martinique est de formation volcanique, tandis que la Grande-Terre de la Guadeloupe est de formation calcaire.

L'opinion commune aux Antilles , que ces commotions du sol sont des phénomènes liés par leurs causes à l'état de l'atmosphère , s'est appuyée de nouveaux indices. On a remarqué que la pluie a commencé à tomber immédiatement après que la terre a tremblé ; et l'on a si constamment observé cette coïncidence singulière , que plusieurs personnes inclinent à ne point l'attribuer au hasard.

On a appris postérieurement que des tremblements de terre désastreux ont eu lieu , pendant novembre dernier, dans la montagne de Quindiu , à la Nouvelle- Grenade ; et que le 1 6 de ce mois , à 6** 1 5' du soir , une partie de la ville de Santa-Fé-de- Bogota a été renversée, par une suite de violentes secousses qui se sont prolongées durant 24 heures.

BT MÉTiOROLOCIE. l^

On sait, par les belles expériences de M. Gray-Lussac , tque l'acide autrefois nommé prussique, parce que, combiné avec le fer , il produit le bleu de Prusse , est un hjdracide ou un acide sans oxygène , résultant de l'union de Thydrogèue avec de l'azote carboné, substance que M^ Gaj-Lussac nomme cyanogène; en conséquence, cet acide a reçu le nom d'h/dro-cj-a nique , et ses combinaisons avec des oxides ou des alcalis ceux âLlijrdro-cjfanates\ il y a même de ces combinaisons où ï acide se complique encore ; et le bleu de Prusse , par exemple, lorsque Ton veut complètement exprimer sa nature , est un hydro-ferro-cyanate de peroxide defcr.

Mais on pouvoit concevoir aussi que le cyanogène, en se combinant avec l'oxygène , produirait des acides ordinaires , ou ce que maintenant on appelle oxacides , par opposition aux hydraddes où c'est l'hydrogène qui remplace l'oxygène.

Plusieurs chimistes s'en sont occupés. M. Wôhler de Heydelberg a même formé un composé d'un atome d'oxigène et d'un atome de cyanogène , qui a cette propriété bien remarquable, qu'en s'unissant avec l'am** moniaque il donne Y urée , l'un des composants principaux de l'urine de l'homme.

M. SéruUas a travaillé sur le même sujet, et il a obtenu un oxacide de cyanogène fort différent de celui

}8 PfiTSIQUB, CtflMIÉ

de M. Wôhler, et qui, contenant le double d*oxy-» gène , mérite mieux le nena diacide çyanique. L'année dernière, en faisant réagir dans l'obscurité le eblore sur le cyanure de mercure , ce chimiste avoit produit une annbinaisen du chlore et du cyanogène , qu'il nomme ektorure de cyanogène. En substituant de l'^iGÎde hydrochlorique au cyanure de mercure , il ebsarva qu'il se produisoit un c(miposié solide, que Fanalyse lai a montré être formé de deux atomes de eUore ^^cmtre un de cyanogène , et qu'il nomme en eoxiséqu^ice perchlorure de cyanogène* C'est un ramposé blanc , mstallisable , qui se fond à i^d*^ se Taporise à i go"* , se dissout Hen dans l'éther et dans Talcool, et est^pès-délétère. En faisant ]x>uillir oe perdilm*ure dans beaucoup d'eai^ , Thydrogène de Teau se porte sur le chlore pour former de l'acide hydro-chlorique , et son oxigène sur le cyanogène pour former l'acide , ijui contient deux atomes d'oxygène et un de çyanogècie. Poijir l'avoir pur, oh concentre la liqueur , et on i^ débarrasse, par l'é?aporation , de sonfluiéf hydro-chlorique ; l'acide cyanique cristallise lors du refroidisseinent , et on le purifie par plusieurs dissolutions et cristallisations successives. La forme de ses cristaux estlerhombe, sa saveur est foible, mais il Tougit fcMTtemient la teinture de tournesol , il lui faut plus de chaleur qu'au mercure pour le volatiliser ; les acides nitrique et sulfurique concentrés ne l'attaquent point. Los sels qu'il forme avec les bases salifiables cristallisent et ne détonent pas ; enfin sa combinaison

Wec j^mmoniaqne est absolument distincte de Purée. Le Bteu de Prusse , substance non moins belle que Pindigo, mais qui al-avantaged'êtt^eàbien meîlleurprix e!?tf être préparée ayee dfes substances indSgènes , n-a étaé emphjé avec succèis k la teinture que par feu Rf. Raymond', et encore n'estai parvenu à Fappliquer qu*à lia soie, au fil et au coton (fe'èst ce que Ton nomme dans Te commerce le bleu Raymond); mais lalaincavoit résisté à toutes seà tentatives. Le filfe dfe ce chimiste vient , après de longs et pénibles easaiia, de réussir dans ce qui avoit éèhappé à son père, et lësdraps tfeints en bleu de Prusse , qu'A a présentés au public lofs de là dernière exposition de l'industrie, ont obtenu tous les suflGpages, ©n sait que le bleu de Prusse est un sel métalKque résultant de la combinaison d'un acide particulier 2ippfiéprussique et aujourd'hui /^rfro^c/^mçwe, avec le peroxide de fer. Pour teindre avec cette couleur, on commence par combiner la matièreque l'on veut teindre avec du vitriol vert ou persulfate de fer; on la plonge dans une dissolution dTiydro-cyanate de potasse : la mteie double décomposition , qui a lieu dans la fabrication ordinaire du bleu de Prusse , s'opère ici , et ce bleu demeure adhérent à Vétofife. Ce qui rend cette opération difiicile sur la laine, c'est que , mise à froid dans le persulfate , elle n'attire qu'une petite quantité d'oxide , et qu'à chaud , pour que la dissolution ne se trouble pas , on est obhgé d'y tenir un excès d'acîcfe qui donne à la laine une rudesse fédieuse. M. Raymond , après avoir essayé de traiter la laine

par la gélatine , par le chlore , imagina d'employer l'aciUe de tartre , et à cet ejffet il prépara une dissolution de pero}dde de fer par les acides sulfurique et tartrique , dans laquelle le premier fut à peu près neutralisé par Toxide , le second restant en excès. La laine préparée à chaud par cette composition est plongée ensuite dans la dissolution ordinaire ou hydro-cyanate de potasse , mais dans cette opération Thydro-cyanate ne se décompose qu'en partie. H ne se forme dans cette première opération quune petite quantité de bleu, et il reste sur la laine beaucoup d'oxide non saturé qui donne à l'étofiè une teinte verdàtre. On doit ajouter de Tacide sulfurique, qui, dissolvant la potasse, laisse l'acide hydro-cyanique libre , et c'est alors seulement que, se combinant avec loxide, il donne le résultat que l'on en attendoit. On avive enfin avec de Feau froide contenant un 3oo® d'ammoniaque liquide , qui fait prendre à la couleur un œil rougeàtre un peu violet. La dépense de ce procédé est moitié moindre qu'avec l'indigo : les teintes qui en résultent ont plus d'éclat. Quant à la solidité, chacune de ces couleurs a ses avantages et ses inconvénients. Le chlore, l'acide nitrique, qui détruisent le bleu d'indigo, n'altèrent pas ou n'altèrent que trè£-peu le blqu de Prusse ; au contraire , les liqueurs alcalines , l'eau de savon bouillante , décomposent le bleu de Prusse et n'ont pas d'action sur l'indigo; mais ce qui est certain, c'est du moins que la laine teinte au bleu de Prusse résiste à l'eau froide , au frottement , et à l'action de l'air et du ^leil.

ET MÉTÉOROtOGIE. ai

M. Raymond a fait connoitre les procédés , nonseulement en gros et dans leur théorie chimique, mais avec le détail des doses, et avec tous les soins et les précautions qui constituent proprement Tart, et sans lobservation exacte desquelles toute théorie générale resteroit inapplicable.

Depuis que la chimie a découvert un assez grand nombre d'alcalis végétaux composés , tels que la quinine, la morphine, la strychnine, etc., alcalis dont les uns sont des remèdes utiles et les autres des poisons plus ou moins violents, il devient important de trouver des moyens de reconnoitre leur présence, ou, en d'autres termes , des réactifs qui leur soient propres. Un jeune chimiste , M. Donné , a essayé de les mettre en contact avec la vapeur de l'iode et du brome, et, remarquant qu'ils prennent alors des teintes d flférentes , il a cru que Ton pourroit par-là les distinguer aussi facilement que l'on distingue les substances minérales par les réactifs ordinaires ; mais les nuances des couleurs qu'ils prennent n'ont paru aux commissaires de l'académie ni assez tranchées , ni assez fixes , pour qu'on puisse y avoir une entière confiance. Ce sont des jaunes plus ou moins orangés , plus ou moins roux ou bruns , des gris plus ou moins verdâtres , etc. En matière si grave , surtout lorsqu'il s'agit de faire un rapport en justice , comme cela peut être demandé à chaque instant , le chimiste ne doit s'en rapporter qu'à des expériences dont le témoignage soit in'écusable, et c'est malheureusement ce que l'on n'a point encore

22 PHYSIQUE, CHIMI-E

ableBu pour les substances organiques ou pKxltiiitcs par Forganisation» Leur c^ooLposition est trop seon*- JsAîaiÀe , leurs difSfo^nces tiennent, autant du moins ^e. nous les connaissons, à des variations sî légèralf dafift leurs principes, &B. ne ccmnoît que ai isnpar&ir tement faction qu'exercent sur dSes les àgosts mm* quds on les sounaet, qpe le nombre des ca6 ^ l'on peuit prononcer , d'après cette acdon , avec 4|Midfiie cerdtude, est in^niment pelât.

M. Clke?reul, qui a si fort s^profondi la nature àt toutes les saatières grasses , ne pouyoit nég%er c^ ^e contient la laine , et dont la connoissanoa peM être si importante pour k teinture.

En sounaettant de la laine de mérinos, traitée dans l'eau distillée à k traipérature de 20 à 4o dqgrés, k l'action de l'akool et de l'éther , il en a obtenu ua cinquième en poids de matière grasse , d'une espèce diflérente de celles qu'il a dédites dans ses préoéden^ts mémoires.

£Ue se divise en deux parties , dont l'une est plus fusible, et devieiiit fiknte à i5 degrés conune une résine moJle ; l'autre est à 10 degrés comme k cire ordinaire ; toutes deux forment des émukions avec l'eau et avec k potasse , mais ne paroissent pas se saponifier.

La kine qui a perdu sa matière grasse par les procédés que nous venons d'indiquer , se teint beaucoup phis difficilement que celle qui a été simj^ement passée au sousrcarbonate de soude ; mais eUe

BT MÉTÉOROLOGIE. a3

repreiid sa disposition à absorber la couleur en lui fiôàânt suHr ce dernier traitement ; ce qui fait penmè k M. Gbevreol que Feffet de fakali nW pas seulement de la dégraisser. '

Uije observation remarquable de Fauteur , eeSt que lalcool et Véther j. qui edièvent à la kine sa ma* tîère grasèe^ lui laissent son soufre ^ quoique dail-^ ]e»r» ee sou&e labàndonn^ aisément dans d'autres opérations.

Le salpêtre , ce sel auqiiel rinventien dé k poudre k cancmâ donné une âî grande impottance^ seconbpose^ comme on sait ^ de potasse et d'acide nitrique^ qui lui-même est une combinaison d'un peu plus d'uii qbart d'aaote et de jirès dfe \ d'oixjrgène } or , Tasotê et Toiygène sont le» deux éléments dé Fatmdsfihèref ; eBe contient ~ du {>rem)er et ^ du second ; par U moj^en dé Tétineellé électrique ^ il est aisé d'unir pltis mtknemeiit ces deux principes dans la proportion in«verse , et d'en former de l'acide ; on voit noême qu'ij Bem forme naturellement par cette voie, car l'eau des pluies d'orage en est souvent imprégnée. Quelques auteurs soutiennent même que l'acide nitrique |leat naître de la combinaison spontanée de ses élémalts, tels qu'ik se trouvent dans l'atmdspbèref , Idrsqu'iis rencontrent dans des circonstances favorar blés Une base soit calcaire , soit akaline , à. laquelle ils puissent s'unir , et dont l'affinité pour l'acide qu'ils doivent former en provoque la formation. Mais e&tt^ opinion est encore fort contestée , et il est certain

^4 PHYSIQUE, GHIBIIE

que, dans la plupart des circonstances, la présence d une base et celle de l'azote et de Toxjgène de Fat* mosphère ont besoin d être aidées par Tintervention de substances animales contenant de Tazote. Cependant cette c^[nnion avoit été soutenue par M. Longchamps , qui avoit proposé en conséquence au ministère de la guerre d'établir sur ce principe des nitrières arli6cielles. Outre divers raisonnements théoriques , U s'appuyoît sur ce que des craies , des pierres calcaires tendres , dans lesquelles on ne soupçonnait point la présence de matières animales, se sont trouvées contenir des sels nitreux ; sur ce que le nitre naît en quelque sorte spontanément à la surface de la terre dans llnde et dans certaines contrées du midi de l'Europe. Il étend même cette conclusion à la potasse , et reproduit l'opinion déjà avancée plus d'une fois, que cet alcali est créé par la végétation , et non pas extrait par elle de la terre , des eaux ou de l'atmosphère.

Les commissaires de l'académie n'ont point pensé que les faits allégués par ce chimiste fussent concluants. La terre des champs contient toujours des matières organiques en décomposition, et jusqu'à plusieurs pieds de profondeur; elle est souvent parcourue par les bestiaux qui y laissent leurs déjections ; presque toutes les couches calcaires et crayeuses , remplies de coquilles çt de madrépores, contiennent encore des substances animales en mélange ; la craie donne de l'ammoniaque à la distillation ; partout où l'on prépare du blanc

ST MÉTÉOHOLOGIE. ^5

d'Espagne , les eaux de lavage deviennent infectes ; tous les calcaires de nos environs , traités par Facide hydro cUorique , laissent une gelée animale. Quant à la potasse , on lui connoit aussi des sources assez abondantes pour n'être pas obligé d'admettre sa foiv matiou de toutes pièces par les végétaux, encore moins indépendamment de la végétation. Enfin , com^ me en pareille matière les raisonnements ne peuvent prévaloir contre des £iits , ce ne seroit que par des expériences rigoureuses, faites avec des terres parfaitement dépouillées de toute matière azotée, que l'on n'arroseroit qu'avec de l'eau pure , que Ton n'exposeroit qu'à l'air atmosphérique pur, qu'il seroit possible d'établir cette formation directe de l'acide nitrique par les deux éléments de l'atmosphère ; mais c'est ce qui n'a encore été fait par personne.

MM. Chevalier et Lenglumé ont apporté deux perfectionnements importantsà l'art de la lithographie, en composant une liqueur propre à aciduler d'une manière plus avantageuse la pierre déjà couverte de dessins, et une autre qui enlève facilement les des-* sîns usés ou ceux que l'on veut corriger. On sait que cet art consiste à dessiner, au moyen d'une composition qui ne prend pas l'eau , sur une pierre qui s'en imprègne dans les parties où il n'y a pas^ de dessins , et qui en conséquence ne laisse adhérer l'encre grassjB d'impression que sur les parties dessinées. L'acidulation a pour objet de rendre la surface de la pierre plus propre à absorber et à retenir l'eau , et

^6 PHYSIQUE, GHIMIB

•d'ailéNi^car wm parties desâsiéed ce c|u eH6$ peuyeB^C9ttttB&if d'ideali ^ afifi qu'au contraire feau ne puisBe s'y attaelier* Dé sa pef fectieu déparie) la beacrté de l'ioi^ preaskm : cpiaad là Ucpeilr est trop feible ^ la pierre 9 empâte ) et qaaud eHe est ^rop forte , h» desiitrâites s'sdtèreRt. Voici ht recette nouvdle r on sature trois lirres d'acide hydro-eUortque plir uâe ^aàtité suffisante de marbre blanc ; on fikre là disselutio& , 0ik j ajoute trois livres d'eau j da fait diffl6eu(k)& dcnioe dnees de gomme arabique dans le nsélange ^ et oa le tomplète moyenliant trois onces d'acide hydroeUo* rique , dont on peut augmenter la dose quand ob dé^re plus d'activité. L'effet de eette liqueur est plus aw^ sa réparthion à la stu*face dek pierre edt plite tiiitfomte 9 et elle a en butte l'aynatàge de conderyer plus long-temps l'humidité de la jôerre.

Qushit à la Kquemr propre à enlever k deâ^n y e'èêt tout Sifh{dâtnent de la potasde rendue caustique piff la^ ehàvtx ^ et dissoute danà sdae pcffties d'eaiK On kve la pierrè , et dn la laisse pendant ^atre kecK reâ couverte dé cette dissolu^n } de nouveaux lavà^ ges et de nouvelles aj^lications se fent^ s'il est né^ eessaire. Si l'on ne veut ^bèer que qudqu'endrcÀ du dessili , on n'applique la dissdiutîon qu à cet etidrok seulcmient ^ atec uti mOrceau de bois effilé | ob par tels autres procédés qu'il est aisé d'imagider.

Où évite ainsi la nécessité d'uâer la {lierre avec du grès 9 moyen qui , outre sa longueur, a aussi ses dang^E^ô lorsqu'il ne s'agit qtie d'un effîtçage partiel.

'M. Hâroà 'de Yâfefosse, qnî Tetniiëe 'deapnière av€»t présenté an «nënioire impintanot but la éSdbi^câttion ^ £ar en FrâiKe^ B-est oecupé cette année de *e^e de toua fessoétant.

La «^SDÉitë tdiale de ^eMe pitriaotibn;, t^^ éa 182:19 n'avoit été que de 908,287 qaintMx «fi^tn*? ^6s>, «st teotartée, «n i8â^^ à ^^Qe6^isij «[intanx, «ikflt ^9^58^^860 tv'. ; mmsij «v ôetle voieiirv 4ii Ibnte-^ le éer «t Iwtdr «nÉrent ^ eox Benk pour 178^^21^572 fir-v ee qnî rééoît^ MÉniiie . on v<Ht ^ i ^mm j>eH de «baee la w^ksar des autares acd^ataâces Métdliqixes^

Imb haitlEr-femneàia: (»nt été fiortéa^ tm. I&36, 4

4^4 ^^ ^^ "^^ %9* ^ i8ad, h n!9Jiità>ve èé$ wcmem asipk^rés aux tisines k f<^ s'est méoÉé è 90^800 ^ ^t leol: ^laîfe è s 1 ,iM9^t>od..

L'anteifit évdiâe av^ les produits «on nlétaHiqitéë des mines et iniàîères, Zhms tre&te-<leu:iç d^rter «neats ima 6s6«ât t5,die^6S7 qukitatà lAétri^es de houîHes ^ dont le pnx mey^n sur les n^kaiea est d'utt frane là qumtal^ l4e lignite a donbé 98,4^4 <î^i^ ta«x| le yifyAcA yert ^ ou sufiate de fer ^ ^5^941 fmâr Ms&i l'akaa^ ou «ul&te d'akusâné^ ai^iid ^«Hftr laux« y extraètion du aelg^oamé a été^^i^ k8a!^^, de liOi^ooo qiÛBti^ix, et en la réglée ^ ^our l'^iB^ràe 1828 9 à iSe^eeo i{uintaus: dans la mme de I^beuze , quia remplaeé celle de Vie. Au totale la valeur des produite wuterraifis s'est n^^iltée à 96,751,274 &•

IfbuB Wfiomes loîn wpe^atit de èuflfire à tous bm

28 PHTSIQt]£, CBIMXB

besoins. Les mines de France n'ont fourni , en 1 826 , que 6,4^3 quintaux de plomb, et Ton a importé ^4^990 quintaux. Cette grande importation tient à un redoublement d'activité dans les ateliers. On y a em* ployé 38,073 quintaux métriques de plomb en 1826 de phis qu'en 1822.

Il en est de même du cuivre en 1 8a6. Le produit de nos mines n'a éréquede 1,640 quintaux, l'impoi^ tation de 439826 quintaux ; l'accroissement de consommation , ou plutôt d'emploi , de 3,887 quintaux.

Le zinc nous vient encore entièrement de l'étranger ; quoique nous en possédions des mines , on ne les exploite pas utilement. Son importation, qui n'a été en 1822 , que de 6,973 quintaux métriques, s'est miontée, en 1826, à 17,31 3 quintaux, ce qui tient à un plus grand emploi du zinc laminé , et à ce que l'on emploie ce métal en régule , de préférence à la calamine , pour la composition du laiton .

U se fabrique annuellement en France 1 1 ,000 quintaux de laiton , et 9,829 quintaux de bronze.

L'étain est dans le même cas que le zinc. Il ne nous est fourni que par Tétranger , et l'on en a consommé en 1826 10,974 quintaux : 3, 808 de plus qu'en 1822, ce qui provient d'une plus grande activité de^ fabriques de fer-blanc, de glaces, de faïences, et d'une plus grande production de bronze.

La consommation du mercure, qui est aussi un produit étranger , a été portée dans le même intervalle de 601 quintaux à 84^^, surtout à cause de Faug-

ET . MÉTÉOROLOGIE. a^

mentatioiï dans l'affinage des matières d'or , d'argent et de cuivre. A Paris seul on affine , année moyenne, 36o quintaux métriques d'or, i,3oo quintaux d'argent, 5oo quintaux de cuivre. La valeur des produits estde i3o,90i,i4i fr.

îïous ne parlerons pas de l'antimoine , du bismuth, de l'arsenic, du manganèse et du cobalt , dont M. Héron de yill^3sse donne aussi les détails, mais qui ont moins d'importance.

Il a été présenté à l'académie quelques produits cffîmiques, dans lesquels on avoit cru voir des cristaux de pur carbone , ou , pour parler comme le vulgaire, de vrais diamants artificiels. Bien que d'une extrême petitesse, ces cristaux n'en auroient pas moins été pour la science une nouveauté fort intéressante , et il n'au* roit pas été impossible d'en tirer parti , ne fût-ce que comme poudre de diamant, et pour polir les diamants ordinaires, qui, étant les pi us durs de tous les minéraux , ne cèdent qu'à l'action de leur propre substance. L'un de ces produits, présenté par M. Cagnard-Latour, offix)it des grains cristallisés assez brillants , mêlés à une poudre brune ; mais d'après l'examen que ce physicien en a fait, de concert avec MM- Thenard et Dumas, les cristaux se sont trouvés , à l'expérience, des composés de silice et d'autres terres, et la poudre brune , qui rayoit réellement le verre mais non le diamant , ne contenoit que moitié à peu près dç son poids de carbone ; le reste étoit formé d'alumine et d'oxide de fer 9 avec des traces de silice et

'3d Bit ^tfrtQjc», oaiMi£

â^opde ^^manganèse, coii^positioniqui se fappofâ»^ SES» deoeUe derémeii.

MM. TheoaTd et Diuaas r^andent eetlB pouifre hnmiR c&Bàme formée de charbon divisé, emreloi^ d une pâte de scorie ferrugineuse» Uneaiit^: potidœ, àùQuéé s\fmi Ojoxmne GiâstallisHtion du oarJxmfi^ n'a pmïit encone été a^iniinée*

M. Morasuiide Jonnà& a. Qontiaué de cMWBumquw à l'académie la notice des phénomènes^ géologiques A météordogiques observés^ aux Antillest,. e^ a donné k date précise des trea(d)len»eni6 da terre qui opt eu Keu^ en. ii&aô, dans, cet archipd. On en a sesscaiti deux, pendant le mois de mars, l'un kr 6^ à deux: heures. 3o^ du: matin ; lautre le ^39 , à quatre heures 3o^ du.m^tinik Us n'ont consisté chacun qii«ii; une seule. seeopsse lente. et prolongée f mais c'étoit-pour la doin^me' foij»^ dws l'espace de huit mois, <pie oe&phénomènes se renoiiveloiepat.

Il y a. ceci, de renaarquable^ dans . le treinbknieiit du 2^ mar&, qu il coïncîde d'époque ayec celui qui est arrivé an Pérou vingt^-trqis heures plus tard^ le 3o niars. ^ sept heures Sa- du matin. Des lettres de Iiimaont fait connoitre:les désastres causés » dans c^te iqlle , par la commotion longue et: violente dti:Sol^ au moment qu'on vient d'indiquer» Les principaiux édifices ont été renversés ^ et une partie des habitants écrasés sous les débris de leurs maisons. Suivant plusieurs récits, la secousse a duré 35 secondes, et sdon d'autres jusqu'^4^« Le lendemain 3i mars, à

Éf MiTÉ01lOt.O&tfi. Il

minuk 49^ 5 ^^^ éprouvé un second trembl^nent de terre. On croyoit au Pérou , de même qu'à la Martinique , iors de ces événements , que les commotions avoient eu Ueu de l'est à Touest. En eflfet , les Antilles les ont éprouvées plus tôt, et ii semble s'être écoulé un jour presque entier avant qu'dles aient pu se propager à travers la mer Atlantique et le massif du continent américain , jusqu^au delà de la grande diaine des Çordfflières.

Le o&oata 4e Bw^.r4 av<^ ohm^i^ qu'il s'étah^t upexiccukûoa 4ajQiS ua jtube de ver^^ rempli d'e^u ^t placé vertic^lmi^sit » h^N^qùe dç^x de sps côtés sQfft i«égdbment /échauffés-!^ Hquide ïf^t^ 4^ CQfié gui i^eço^ k fkis de chaleur, e); il dei^G^ei)4 du cô0 opposé. Ce aaême plié^omène de /[circulation , d<^t la causie ei^t iç^ d'jwe si grande évidQqce , se remarque à^ji& les jtube^ de verre verticajux remplis d'^au, situés du mi)ieu d'w appartement dont la température paroit unifqm^e , e^ scNrte qu'on a pu douter que , dans cette circonstance , 1^ eirculâtiaii dût êtce attribuée à l'inégalité de 1^ t<q^^pérature des deux x;ôtés opposés du tube , et que Ton ^ présenté oe fait comme pouvant être du même g/enre «pae la circulatioii, également inexpliquée, que Ton observe dans les tubes de cJiara. M. Dutrochet s'est attar dbé à la recbe»clie de la cause à laquelle est due cette Gurculation dsm& le liquide de tubes environnés d'une

32 PHTSIQUE, CHIMIE

température qui paroit uniforme, et il a trouvé qu'elle dépend toujours d'une inégalité de la distribution de la chaleur entre leurs deu;x côtés opposés ; mais d'une inégalité souvent si foible, qu'elle ne peut être appréciée directement par nos moyens thermométriques, n y a toujours dans l'air atmîosphérique un courant de la chaleur dirigé vers la partie où la température est à un moindre degré d'élévation , en l^rte que , dans un appartement fermé , ce courant est dirigé du dedans au dehors ou du dehors au dedans, au travers des fenêtres fermées ou même au travers des murailles, suivaut quela température extérieure est plus basse ou plus élevée que la température intérieure. Ce courant de la chaleur existe dans toute l'étendue de l'ap partement , et c'est à son influence sur le tube qu est due la circulation du liquide qu'il contient. M. Dutro-* chèt a constamment obsei'vé que cette circulation étoit suspendue le matin et qu'elle recommençait lorsque la lumière devenoit plus intense, en sorte qu'il étoit évident qu'elle n'avoit point lieu pendant la nuit : et par-là il a été conduit à découvrir que l'action de la lu* mière intervient dans la production de ce phénomène, n suffit y pendant le jour , de diminuer considérablement l'intensité de la lumière diffuse qui éclaire le tube pour que la circulation du liquide qu'il contient soit suspendue; elle renaît avec le retour de l'influence delà lumière. M. Dutrochet, reconnoissant que le courant de la chaleur est la seule cause efficiente de cette circulation , considère l'influence de la lumière

commf une cause prédisposante ou comme une cause .d opportunité. Certaines expériences le portent à penser que , dans cette circonstance , la lumière agit en produisant Yébranlement des molécules du liquide , ce qui détruit leur force d'inertie, et les détermine ainsi ' à se mouvoir sous l'influence d'un foible courant de chaleur, qui seroit incapable de les mouvoir sans leur ëhranlenient préalable.

Toutes les causes qui diminuent la mobilité des molécules des liquides tendent à mettre obstacle à la circulation dont il s'agit. Ainsi l'abaissement de la température de l'eau aU-dessous de + i b degrés lu* enlève complètement la faculté de circuler sous l'infliuence des courants de chaleur qui peuvent exister dans l'atmosphère refroidie au même degré. On conçoit, en eifet, dit l'auteur, que la mobilité des molécules d'un liquide doit être diminuée par la soustraction du calorique, soustraction qui produit leur rapprochement et augmente par conséquent leur attraction réciproque. La pression, qui diminue nécessairement la mobilité des molécules , doit par conséquent aussi mettre obstacle à leur circulation. Aussi M. Dutrochet a-t-il expé* rimenté que dans un tube de trois pieds de hauteur, soumis à la simple lumière diffuse par une température ambiante de -H 20 degrés R., la circulation ne pénétrait qu'à la profondeur de deux pieds.

Enfin M. Dutrochet a découvert qu'une substance liquide quelconque, qui , plus dense que l'eau , se pré-* eipite au travers de sa masse en s'y dissolvant , lui en-

lève complètement sa faculté de circuler sous l'influence d'un foible courant de chaleur et avec l'aide de la lumière diffuse, en sorte qu'il est évident que, dans l'acte de la solution , les molécules de l'eau ont acquis un degré assez considérable de fixité. Or, si l'on agite ce même liquide qui refuse de circuler, il devient surle-champ bien plus susceptible de circulation que ne l'est l'eau pure. M. Du trochet conclut de cette obseiTation que, dans l'acte de la solution tranquille , les molécules de l'eau , jointes aux molécules de la substance dissoute, prennent une position particulière qui leur donne un certain degré de fixité ; l'agitation leur fait perdre à la fois cette position et la fixité qui en résultoit : d'où il conclut encore que les moléculesd'un même liquide peuvent avoir difierents modes de rapports mutuels, comme on sait que cela a lieu pour les molécules des solides.

Dès les premières expériences sur l'électricité galvanique et sur son action chimique , il a été facile de prévoir qu'elle donneroit l'explication d'une multitude de phénomènes , soit de la géologie , soit de l'organisation , qui échappoient auparavant aux lois connues de la physique.

M. Becquerel vient d'ajouter aux preuves que l'on en avoit déjà, en montrant que l'on peut se rendre compte par-là de la formation de plusieurs minéraux.

Les substances minérales renfermées dans les grandes masses dont se compose l'enveloppe de notre globe, ont cristaUisé au moment même où ces masses étoient en liquéfaction ; elles sont par conséquent d'une épo-

que contemporaine , et l'on ne peut rien savoir sur les causes qui les ont produites. Mais ces mêmes substances ont pu être remaniées par les eaux , puis déposées , dans des cavités , à côté de métaux qui ont dû exercer sur elles des actions quelconques, d'où sont résultées de nouvelles combinaisons. M. Becquerel s'est occupé de déterminer les forces qui ont pu amener ces changements , et c'est dans les eflfets électriques qui se manifestent dans l'action chimique des corps en contact qu'il a cherché la solution du problème.

Quand un métal est attaqué par un acide ou par un liquide , il y a dégagement de chaleur, puis formation d'un composé qui exerce une réaction non-seulement sur le métal , mais encore sur le liquide qui l'environne et avec lequel il se mêle insensiblement. Voilà donc quatre causes , en y comprenant l'action chimique , qui concourent à la production des effets électriques. L'action des dissolutions salines les unes sur les autres , ou sur les acides , est souvent une des causes prépondérantes quand l'action chimique a peu d'énergie. L'expérience suivante a été rapportée à l'appui de cette vérité : on prend deux capsules A et A', remplies d'acide nitrique , et communiquant l'une avec l'autre par une mèche d'amiante. On plonge, dans chacune d'elles , un des bouts d'une lame d'or, dont l'autre communique avec l'une des extrémités d'un galvanomètre; il ne se produit aucun effet ; mais si l'on ajouté quelques gouttes d'une dissolution d'hydro-çhlorate d'or dans la capsule A , près de la lame

dW qui y plonge, l'aiguille aimantée est déviée de 80°, dans un sens qui montre que le côté A est négatif. Si, au lieu de la dissolution d'or, on ajoute quelques gouttes d'acide hydro-chlorique, l'or est attaqué aussitôt, et il y a production d'eflFets électriques absolument semblables aux précédents , tant pour la direction que pour l'intensité. Or, comme dans les deux cas il y a eu réaction de l'hydro-chlorate sur l'acide , laquelle rend celui-ci positif, on ne peut savoir quel a été le dégagement de l'électricité dans l'action sur l'or de l'acide hydro-cbloro-ni trique. On parvient à connoître de la manière suivante les eflFets électriques qui ont lieu dans l'action d'vm acide sur un métal : on remplit les deux capsules A et A' d'une dissolution de nitrate de cuivre, et l'on plonge , dans chacune d'elles , l'un des bouts d'une lame de cuivre , dont l'autre communique avec le galvanomètre; il n'y a pas d'effets électriques ; mais si l'on ajoute quelques gouttes d'acide nitrique au liquide de la capsule A, le bout de la lame qui plonge dedans devient négatif. Dans ce cas, la réaction de la dissolution qui se forme, sur le liquide environnant, étant à peu près nulle , l'effet électrique est dû à Faction chimique. Dans l'action de l'acide nitrique sur le cuivre, l'acide prend donc l'électricité positive, et le métal l'électricité négative.

Le zinc, le fer et le manganèse , par rapport aux dissolutions de leurs sulfates, produisent des effets inverses; c'est-à-diie, que ces métaux sont positifs, quand on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique*

ET MÉTÉOROLOGIE. ^n

M. Becquerel passe ensuite à l'examen des eflFetd qui ont lieu dans un élément yoltaïque , en raison de l'action chimique des liquides sur chaque métal. Pour analyser cette action , on prend une boîte en verre , dansFinterieur de laquelle on place uii diaphragme exk baudruche pour la diviser en deux et retarder le mélange des liquides contenus dans chacune des cases. En opérant , avec divers liquides, sur un couple cuivre et zinc , on trouve que le maximum d'intensité du courant électrique a sensiblement lieu quand le cuivre plonge dans une dissolution saturée de nitrate de cuivre et le zinc dans une dissolution saturée de sulfate de zinc. Den résulte que la réaction des deux dissolutions l'une sur l'autre a eu la plus grande part dans la production des effets électriques- En observant séparément ce qui se passe dans la réaction du nitrate de cuivre sur le sulfate de zinc , on trouve que le premier prend l'électricité positive et l'autre l'électricité négative , et que l'effet est considérable. Voilà la principale, cause du maximum de l'intensité du courant. M. Becquerel en a déduit un procédé pour avoir un courant à peu près constant dans un couple voltaïque pendant une heure.

On obtient les mêmes effets avec plusieurs couples voltaïques réunis.

Il est impossible de rapporter dans cet extrait toutes les expériences que M. Becquerel a faites pour démontrer que le développement de l'électricité est dû à des actions chimiques, et faire connottre les lois de ce

développement. Les forces électriques qu'il a trouvées dans ces actions lui ont servi à produire des corn* binaisons;

Le carbone, qui joue un grand rôle dans la nature ^ a été d'abord l'objet de ses recherches. La propriété dont jouit ce corps de se combiner en diverses proportions avec l'hydrogène , lui a servi à former des chlorures, desiodures métalliques insolubles. Si l'on met, par exemple , dans un tube fermé par un bout , de l'acide hydro-chlorique , une lame d'argent et du carbone; l'argent étant le pôle positif, altère le chlore, avec lequel il forme un chlorure qui cristallise en octaèdres, comme celui que l'on trouve dans la nature. L'hydrogène se porte sur le carbone , se combine avec lui, et le produit gazeux se dégage.

Pour former les doubles chlorures , les doubles iodures , l'on prend un tube recourbé en U , rempU dans sa partie inférieure d'argile imprégnée d'eau . On verse dans l'une des branches une dissolution de nitrate de cuivre, et dans l'autre une dissolution d'un hydrochlorate alcalin ou terreux ; puis l'on établit extérieurement la communication entre les deux liquides avec une lame de cuivre. Le bout plongé dans la dissolution du nitrate , qui est le pôle négatif de la petite pile, - se recouvre de cuivre à l'état métallique; l'acide nitrique reste dans la dissolution , et l'oxygène seul se rend dans l'autre branche pour oxider le métal : il se forme alors des cristaux de double chlorure.

Les hydro-chloratee» d'ammoniaque , de chaux , de

ET MÉTÉOROLOGIE. Sg

potasse , de baryte , etc., donnent, avec Foxi-cUorure de cuivre, des produits qui ont le même système cristallin : ce sont précisément les sels qui ont la même composition atomistique. Ce résultat est une vérification de la loi trouvée par M. Mitscherlich. D'autres métaux ont été substitués au cuivre , et les résultats ont été semblables .

Dans les premiers moments de la cristallisation , le cristal est complet ; mais quand l'appareil a fonctionné pendant long-temps , les troncatures paroissent sur les angles et sur les côtés.

Pour former les oxides métalliques cristallisés, on suit une autre marche : pour le protoxide de cuivre , par exemple , on verse une dissolution de nitrate de cuivre dans un tube , au fond duquel on met du deutoxide de cuivre ; puis on y plonge une lame de cuivre. Peu à peu il se forme des cristaux cuBftjues de protoxide de cuivre sur la partie de la lame qui ne touche pas au deutoxidé. Cet effet est dû à l'action de la pile formée par la lame de cuivre, la dissolution saturée de nitrate de cuivre , et la dissolution qui est en contact avec le deutoxidé , et qui est moins saturée , en raison de sa réaction sur le deutoxidé. Cette pile agit d'abord foiblement , parce que la différence entre les deux dissolutions est très-petite dans les premiers moments ; mais, avec le temps, le nitrate perdant peu à peu soa acide , qu'il cède au deutoxidé , il s'ensuit que la différence entre les degrés de concentration des deux dissolutions augmente ; l'action chi-

43 PHYSIQUE, CHIMIS

pect que ceux de cette substance que l'on trouve àèus les mines d'argent.

Le sulfure de cuivre , l'oxi-sulfure d'antimoine et le sulfure de fer s'obtiennent par un procédé semn blable.

n résulte des faits précédents que, pour obtenir cristallisée une substance insoluble , il faut la faire entrer en combinaison avec une autre qui soit soluble , et opérer ensuite une décomposition très-lente , analogue à celle qui se produit dans les appareils électrochimiques.

On sait que les iodures sont soumis à la même loi de composition que les sulfures ; on peut donc se procurer les iodures insolubles par le même procédé ; ce n'est là qu'une généralisation du principe. Il faut seulement substituer un bydriodate alcalin à l'hydro-sulfate. Avec le plomb, par exemple, on obtient un iodure insoluble en cristaux d'un jaune d'or , dérivant de l'octaèdre régulier.

L'iodure de cuivre , qui est également insoluble , cristallise en octaèdres.

Les bromures, les séléniures métalliques peuvent être produits par les mêmes principes.

La plupart de ces combinaisons pourront être trouvées un jour dans (Juelques-unes des formations dont se compose l'enveloppe de notre globe , surtout dans les plus anciennes qui reïiferment le moins de corps oxidés.

M* John Davy , pendant son séjour aux îles Ionien-

nés 9 a découvert , dans un endroit où la mer a peu de profondeur, un casque grec antique, en bronze, dont l'intérieur et lextérieur étoient recouverts ça et là d'une croûte de carbonate de chaux et de coquilles. Cette croûte ayant été enlevée, on a trouvé, sur la surface du casque et sur la concavité de la croûte qui y adhéroit , une multitude de petits cristaux octaèdres de cuivre et de protoxide du même métal. Le reste de la portion décomposée du casque étoit formé de sous-carbonate et de sous-chlorure de cuivre et d'oxide detain. Cet exemple frappant de décomposition et de recomposition , dues à des forces très-foibles qui ont agi pendant des siècles , vient à l'appui des . observations de M. Becquerel sur les actions continues des forces électriques à petites tensions. Il est parvenu à inaiter avec ses appareils les effets que M. J. Davy a observés sur le casque antique.

Divers autres objets antiques , également en bronze , trouvés dans les îles Ioniennes , ont présenté des décompositions analogues. Le même chimiste y a découvert aussi, à quelques pieds au-dessous du sol, une fronde en plomb , dont la surface étoit recouverte de cristaux de carbonate de plomb. M. Becquerel est parvenu également à obtenir cristaUisée cette substance par des moyens qui ont de l'analogie avec ceux dont la nature a fait sans doute usage.

M. Becquerel a encore communiqué à l'académie le fait suivant , qui rentre dans l'histoire des actions électriques.

Si Yon verse dans un tube de verre , fermé par un bout , du sulfure de carbone , et au-dessus une dissolution de nitrate de cuivre d'une pesanteur spécifique moindre, et que Ton plonge dans Tun et l'autre liquide une lame de cuivre , on forme un petit appareil voltaïque , en raison de la différence des actions chimiques que chaque liquide exerce sur le cuivre et de leur réaction propre. Le courant électrique est si foible , qu'il ne peut être rendu sensible avec les appareils les plus délicats; mais néanmoins il a une énergie ^uifisante pour produire la décomposition des deux liquides. Le bout de la lame qui se trouve dans la dissolution du nitrate, étant le pôle négatif, se re* couvre de cristaux de protoxide du même métal, tandis qu'il se dépose sur les parois inférieures du tube du carbone en lames très-minces , ayant l'aspect métallique. Il se forme en même temps du sulfate de cuivre. Le tube dans lequel s'opèrent tous ces changements est fermé hermétiquement.

M. Dulong a communiqué à l'académie, de la part de M. Berzélius, la découverte que ce savant chimiste a faite d'un nouveau minéral et d'un nouvel oxide qu'il renferme. Ce minéral se trouve dans la syénite, dans File de Lov-on , située près de Brevig , en Norwège. M. Berzélius avoit autrefois décrit , sous le nom de thorine , un corps qui n'étoit , comme ses recherches ultérieures le lui ont appris, qu'un sousphosphate d'yttria. Par un hasard singulier, la nouvelle terre présente la plupart des propriétés et des

ET MÉTÂOROLOGIB. 4^

caractères de ce dernier corps , et c'est ce qui détermine M. Berzélius à lui appliquer le nom de thorine^ déjà introduit dans la science ; il désigne le nouveau minéral sous le nom de thorite , et sous celui de thorium le radical de la thorine.

Le thorite contient , outre la tliorine , de la chaux , des oxîdes de fer, de manganèse, de plomb, d'étain, etc., etc.

La thorine paroit être le seul oxide que le thorium soit susceptible de former : elle présente les propriétés suivantes: elle est incolore, pesante; n est réduite ni par le charbon ni par le potassium ; ne se dissout dans aucun autre acide que dans Tacidesulfurique concentré, et exige pour cela une température élevée ; elle devient dure par la calcination ; sa densité , qui est considérable , approche de celle de l'oxide de plomb. Sa pesanteur spécifique est de9,4o2. Elle contient pour loo parties :

Thorium .... 88, i6.

Oxygène .... 11,84.

Elle diffère des autres terres principalement par les propriétés de sa combinaison avec l'acide sulfurique, laquelle , par l'ébuUidon , laisse déposer un sel qui , en refroidissant, se dissout peu à peu en totalité. La thorine se distingue facilement de lyttria par les propriétés indiquées plus haut, et par celle qu*a le chlorure de thorium de ne pas être précipité à la chaleur de Tébullition , comme cela arrive pour une

dissolution de sous -phosphate d'y tlria dans l'acide hy dro- chlorique ,

Les sels de thorine ont une saveur fortement et franchement astringente , qui ressemble beaucoup à celle du tannin. Les solutions donnent un précipité blanc avec l'acide oxalique , et avec le ferro-cyanure de potassium , et eUes se troublent lentement par l'action du sulfate de potasse qu'on y fait dissoudre. Les sels de thorine se décomposent à une haute température , et laissent la terre à l'état isolé.

M. Gay-Lussac a* cherché à reconnaître s'il n y auroit pas de l'analogie entre deux faits successivement observés par MM. Engelhart et Clarke : l'un que l'acide phosphorique récemment fondu et dissous dans l'eau précipite l'albumine, propriété qu'il ne possédoit pas avant d'être dissous , et qu'il perd après avoir été conservé quelque temps en dissolution; l'autre , que le phosphate de soude calciné précipite en blanc le nitrate d'argent , tandis qu'avant sa calcination il le précipitoit en jaune. H est résulté des essais et des observations de M. Gay-Lussac, que le changement remarquable de propriétés observé par M. Clarke dans le phosphate de soude calciné, est dû à celui qu éprouve l'acide phosphorique dans les mêmes circonstances , et que deux autres sels , faits avec l'acide phosphorique calciné ( le phosphate de potasse et le phosphate d'ammoniaque), acquièrent également la propriété de précipiter en blanc le nit;rate d'argent.

La modification que Facide phosphorique éprouve par la chaleur est beaucoup plus durable quand il est combiné avec unfe base que lorsqu'il est seulement en dissolution dansleau.

M. Gay-Lussac espère pouvoir donner d'autres détails dans quelque temps.

M. Sérullas a , par des recherches nouvelles , étendu lepeudeconnoissancesque l'onavoit sur les combinaisons de Tacide iodique avec les bases salifiables. H est d'abord arrivé sur l'iodate neutre de potasse au même résultat que M. Gay-Lussac, savoir, que dans ce sel l'atome d'acide iodique , contenant cinq atomes d'oxygène, neutralise un atome de potasse, contenant un atome d'oxigène. H décrit ensuite deux nouveaux ioda tes avec excès d'acide , qu'il nomme bÎHodate et tri4odate , l'un contenant deux fois, l'autre trois fois plus d'acide que n'en renferme l'iodate neutre.

Le bi'iodate de potasse cristallise en prismes droits rhomJx>ïdaux , terminés par des sommets dièdres; 76 parties d'eau à iS** en dissolvent une de bi-iodate.

Le trÎHodate de potasse cristallise en très-beaux rhomboïdes ; il prend à la longue une légère couleur rougeâtre. Il ne demande que 2 5 fois son poids d'eau pour se dissoudre.

M. Sérullas obtient le tri-iodiate en faisant réagir à chaud les acides sur l'iodate de potasse neutre. Les solutions filtrées donnent en refroidissant des cristaux très-purs.

. Il obtient le bModate en ne saturant, parlapo-

tasse , qu'une partie de l'acidité de la solution aqueuse de chlorure d'iode. Les matières s'échaufFent , et par le refroidissement il se dépose un composé cristallin de chlorure de potassium eidebi-iodate de potasse • On fait dissoudre ce composé dans l'eau , et la solution évaporée à 25"* donne des cristaux de binodate de potasse.

On ne connoissoit pas , avant le travail de M. Sérullas , ce composé constant de chlorure de potassium et de bi'iodate de potasse y et c'est un fait intéressant à ajouter à l'histoire des composés analogues , qui, dans ces derniers temps, ont été un sujet d'expériences pour plusieurs chimistes. Celui-ci se produit sous les formes de prismes déliés , de prismes droits quadrangulaires, et de lames hexagonales.

Pour les sels de soude, M. SéruUas a observé que, si l'on met Vacide iodique et la soude dans les circonstances où cet acide et la potasse constituent un 6iiodate et un tri-iodate^ on n'obtient qu'un iodate neutre avec la soude , tandis que l'on obtient un bliodate avec la potasse. Lorsqu'on fait réagir l'acide hydro-fluorique silice sur l'iodate de potasse, il se forme un trUodate^ et dans la même circonstance la soude est complètement isolée de l'acide iodique.

Ce dernier fait a ameûé un résultat important. En effet , il se produit dans ce cas un précipité d'hydrofluosilicate de soude , et d'un autre côté il reste de l'acide hydro-fluorique silice dissous dans l'eau avec de l'acide iodique . or, on peut isoler ces deux acides l'un

de rautre par Tévaporation , et M. Sérullas s'est ainsi trouvé conduit à la découverte d*un procédé beaucoup plus simple que celui dont on se servoit auparavant pour préparer Vacide iodique.

L'iodure et le chlorure d'azote sont deux corps qui détonent avec une si grande facilité , que leur examen est accompagné du danger le plus imminent. Cette considération n'a point arrêté M. Sérullas, qui a communiqué à l'académie le résultat d'observations nouvelles qu'il a faites sur ces deux substances. Il a d abord été assez heureux pour obtenir par un procédé nouveau un iodure d'azote, qui, étant manié humide, ne détone pas, ou ne. détone que foiblement. Ce procédé consiste à saturer d'iode de l'alcool à SS"*, puis à y verser de l'ammoniaque liquide en grand excès : on agite avec un tube en opérant dans une capsule ; par le repos l'iodurese dépose, et on peut l'agiter sous l'eau , le presser même avec un tube , sans craindre les détonations.

M. Sérullas a mêlé de l'iodure d'azote avec une dissolution d'hydrogène sulfuré. La décomposition a ^té presque subite ; il ne s'est fait aucun dégagement de gaz ; il y a eu dépôt de soufre et formation d'hydriodate d'ammoniaque avec excès d'acide.

Dans d'autres essais semblables faits soit à froid , soit à chaud, sans addition d'acide, ou bien en ajoutant de l'acide sulfurique ou de Tacide nitrique étendus, la décomposition s'opère lentement dans le premier cas , rapidement dans les autres , et la présence de

5o PHYSIQUE, CfllMIB

Fanimoniaque se décèle comme précédemment. Cette apparition constante de l'ammoniaque résulte de la décomposition de Teau par Tiodure d azote : rky**> drogèue s'unit en partie à lazote pour former de Tammoniaque , et loxygène avec de l'iode produit de IWde iodique.

L'action de l'adde hydro-chlorique est très-remarquable. En versant peu à peu sur Tiodure d'azote , placé SOU3 Veau ^ de lacide hydro-chlorique affoibli jusqu'à ce qu'il y en ait un excès bien marqué, l'iodure disparoit promptement sans dégagement de gaz; si l'on y ajoute ensuite une dissolution de potasse caustique jusqu'à ce qu'il y en ait aussi un petit excès ^ l'iodure d'azote se précipite. On peut faire disparoitre et reparoitre alternativement ce dernier , en ajoutant tour à tour de la potasse et de l'acide ; le changement est si prompt qu'on diroit qu'il résulte d'une simple dissolution de Tiodure dans l'acide hydroH^hlorique , et d'une maturation de l'acide : et cependant il n'en est point ainsi : à chacun de ces essais , Tiodure est successivement décomposé et recomposé.

M. Sérullas a fait des expériences analogues sur le chlorure d'azote , et il a en même temps cherché à com* pléter l'examen de cette redoutable substance : il Ta mise en contact avec des corps auxquels on ne l'atoit pas encore associée , et avec quelques-uns qui avoiént été déjà essayés, et il est arrivé à quelques résultats non encore observés.

L'auteur tenuine son mâoioire par des réfitziam

£t MÉTÉOROLOGIE. 5l

iup l'argent fulminant, découvert par Bertliollet , et que certains chimistes considéro*ent comme un ammo* tiiure, d'autres comrpe un azoture. M. SéruUas se prononce pour cette dernière opinion, en ^'appuyant SUT ce que Ton sait de Tiodure et dit chlorure d azote. Le dégagement d azote , assez remarquable, produit au contact de Tacide sulfurique avec l'arg^^nt fulmi» naût, ne peraiet pas de croire qu'il y ait de TammOa niaque qui, sous l'influence de cet acide, ne pouvoit guère être décomposé ; ce qui établit bien que l'argent fuhiiinant est un composé binaire d'argent et d'asote, ainsi que M. Gay-Liissâc Ta dit il y a longtemps.

En faisant des expériences sur les sulfures de phos* phore , M. Sérullas est arrivé à la découverte d'un corpâ tout-à^fait nouveau, contenant du chlore, du phosphore et du soufre. Il le prépare en faisant ar* river sur le perchlorure de phosphore contenu , danâ un ballon, un courant modéré d'hydroiçène sulfuré desséché. Quand le produit est formé on le retire, et on le distille dans une petite cornue. Il est d'abord un peu opalm, mais en peu de temps il devient transparent et incolore comme l'eau la plus limpide ; il est plus pesant que l'eau ; il a une odeur particulière , un peu piquante et aromatique , mêlée de celle d'hydrogène sulfuré ; au contact de l'air il donne quelques vapeurs ; il entre en ébuHition à 1 25°. Son odeur d'hydrogène sulfuré dépend de l'action décomposante qu'il exerce

sw lliumidité atmosphérique ; ear on a reconnu qu'il

5a PHYSIQUE^ CHIMIE

n'entroit absolument aucun atome d'hydrogène dans sa composition.

Des expériences variées ont prouvé à M. SéruIIas que ce chlorure de phosphore et de soufre est bien un composé à proportions définies , et que dans aucùa cas il n'est susceptible de se combiner avec une plus grande proportion soit de soufre , soit de phosphore. Une analyse attentive a fait voir qu'il est formé de

3 atomes de chlore ; I atome de phosphore ; I atome de soufre.

. Soumis à l'action de l'eau , le chloro-phosphure de soufre se décompose lentement à la température ordinaire, et en quelques heures par la chaleur. Avec l'ammoniaque liquide ou la potasse caustique , la décomposition est assez prompte à l'aide de l'agitation ; dans tous ces cas il se forme de l'hydrogène sulfuré , de l'acide hydro-chlorique et de l'acide phosphorique. L'éther n'est pas le seul produit remarquable auquel donne naissance la réaction de 1 acide sulfurique et de l'alcool ; il en est deux autres qui , sous le nom d'huile douce de vin , et d'acide sulfo-vinique , ont. fixé l'attention d'un grand nombre de chimistes. M. SéruIIas a présenté à l'académie un mémoire sur ces mêmes produits. Ce savant chimiste est d'abord arrivé à ce résultat fort important , c'est que dans l'éthérification par l'acide «ulfurique , cet acide n'éprouve aucune désoxygénation pendant la formation de l'éther. Telle avoit été autrefois l'opinion de Fourcroy

et Vauqnelin, mais presque tous les chimistes Tavoient repoussée et avoient admis l'existence de l'acide hypo-sulfurique dans l'acide sulfo-vinique.

M. Sérullas s'est ensuite assuré que dès les premiers temps de l'éthérification il se produit du sulfate acide d'hydrogène bicarhonné , qui n'est autre que ce qu'on a nommé acide sulfo-vinique, et que ce n est que vers la fin de l'opération que l'on trouve , dans le récipient , du sulfate d'hydrogène bicarboné hydraté neutre. Ce dernier composé avoit été annoncé par M. Hennell en 1827, mais en France il a été absolument méconnu dans ses propriétés les plus remarquables. C'est ce corps qui , soumis à l'action de l'eau bouillante , se transforme en sulfate acide d'hydrogène bicarboné, ou acide sulfo-vinique , et dans la substance que Ton a appelée huile douce du vin pure.

M. Sérullas examine successivement ces trois produits.

Le sulfate d'hydrogène bicarboné hydraté neutre est incolore, ou verdàtre, suivant qu'il a eu le contact de l'air, ou qu'il a été exposé au vide un temps suffisant ; mais qu'il soit incolore ou coloré , ses propriétés chimiques sont les mêmes.

Il se conserve indéfiniment dans des flacons.

Il a une odeur pénétrante aromatique , et qui rappelle celle des éthers ; sa saveur est fraîche , piquante et un peu amèrc. Sa densité est de i , 1 33. 11 est peu soluble dans l'eau , il l'est au contraire beaucoup dans Falcool et l'éther.

n n^a aucune action sur le papier de tournesol.

M. Hennell n'a point considéré Teau comme un des principes immédiats de ce composé ; M. Sérullas yea reconnoit au contraire une quantité notable en combinaison inlimc : voici la composition qu il lui a trouvée :

Acide sulfurique. ... 2 atomes.

Hydrogène bicarboné. 6 Eau 7

L*acide sulfo-vinique , ou sulfate acide d'hydrogène b'carboné, a présenté à M. Sérullas une propriété des plus remarquables : c'est qu'en le tenant dans l'eau bouillante, il se transforme en acide sulfurique et en alcool , sans dégagement d'acide sulfureux ni d'au«cun autre gaz.

Tous les sulfo vinates qu'on tient en ébullition dans l'eau présentent un résultat analogue, excepté qu'au lieu d'acide sulfurique libre , on obtient un sulfate acide.

M. Sérullas a encore observé que les sulfo vina* tes desséchés dans le vide donnent à la distillation une matière qu'on a prise pour une huile, et qu'il a reconnue être le sulfate d'hydrogène bicarlx)né hydraté neutre.

L'huile douce du vin pure se compose de deux parties, l'une liquide, l'autre cristallisée ; qui touteft deux, comme l'a voit vu M. Hennell, et comme l'a reconnu M. Sérullas , contiennent le sulfate et fhy» drogène dans la pioportion où ces éléments se trou-

ET MÉTÉ0RÛLÛ6IB. 55

veut dans Thydrogène bicarboné. M. Sérullasafait conooîlre lea propriétés principaleg de ces deux produits.

1** Produit liquide : carbure d'hydrogène liquide.

J\ est légèrement jaune ; à aS"" au^essous de o ,

^ consistance est celle dune forte térébenthine ; à

âS"" il est solide ; à letat liquide il a une densité àê

^ e,9a I , et bout à sSo"".

Sa Tapeur a une odeur aromatique particulière , qui est extrêmement légère à la température ordi«

naire.

^o Produit solide : carbure d'hydrogène cristaUisé.

Ce corps cristallise en longs prismes transparents, friables^ craquant sons les dents , msipides , d'une densité de 0,980.

Il fond à 1 1 o"" et se volatilise sans résidu et sans altération à 260°. Sa vapeur a Fodeur de Fhuile douce 4a. vin. Il est insoluble dans Veau, et se dissout dans l'alcool et dans l'étlicr ; à une température rouge , il est réduit en hydrogène carboné et en charbon.

Qiitre ces résultats , fru t de l'observation directe ^ l'auteur du mémoire s'esit livré à des vues théoriques sur la manière dont se forment les divers produits de l'éthéritlcation.

M. Vauquelin, dont la perte récente sera si vive* inent ressentie pir tous les amis des sciences, avoit vou-* lu^ peu de temps avant sa mort, compléter l'histoire des propriétés de ce principe immédiat des végétaux qv^e l'on connoît aous le nom de gdée , et qui n'a

encore fixé ^attention que d'un petit nombre de chimistes , quoiqu'il paroisse se rencontrer dans beaucoup de plantes.

Pour arriver à son but, M. Vauquelin a cru qu'il seroit convenable de faire l'analyse d'une partie végétale où ce principe se rencontre avec assez d'abondance , et aucune ne lui a offert plus d'intérêt , sous ce rapport , que la racine de carotte. Eu réduisant cette racine en pulpe, au moyen de la râpe , il en a obtenu un suc particulier et un marc ; et la séiie d'expériences qu'il a faites sur ces corps lui a donné les résultats suivants.

Le suc de carotte contient i° de l'albumine qui en-* traîne avec elle de la mannite et une matière grasse résineuse d'une belle couleur jaune, évidemment coniposée de plusieurs principes immédiats qu'une analyse exacte pourroit isoler : cette substance paroit être le principe de la couleur , de la saveur et de l'odeur particulière de la racine de carotte. 2^ Un principe sucré difficilement cristallisable ; Z^ Une matière organique , que M. Vauquelin a cru d'abord n'être qu'une variété de gomme, mais qu'il a reconnue bientôt pour une matière particulière , dont la propriété la plus remarquable est d'être tenue en dissolution à l'aide du principe sucré. Des circonstances favorables ont permis à M. Vauquelin de l'isoler , malgré les difficultés que ce caractère de solubilité présente ; et il pense qu'elle doit se rencontrer dans un très^grand nombre de végétaux ,

ET MÉTÉ0R0L06IB; 67

et qu'elle peut jouer un rôle important dans les transformations organiques.

Le résidu salin provenant de la décomposition du

suc est formé de chaux et de potasse combinées avec

les acides phosphoriquë , h jdro-chlorique , carbonique,

ce dernier résultant de la décomposition des matières

organiques.

Le marc de carottes dont on a extrait le suc , étant soumis à un certain ordre de préparation que M. Braconnot a indiqué , fournit une gelée qui a tous les caractères de 1 acide que cet auteur a nommé acide pectique. Ce corps est insoluble dans l'eau froide , presque insoluble dans l'eau bouillante; insoluble dans les acides , tant minéraux que végétaux; mais il se dissout très-bien dans les alcalis , qu'il sature sensi- Uement. Par le procédé de M. Braconnot , on ob-tenoit toujours l'acide pectique plus ou moins coloré ; M. Yauquelin a trouvé et décrit plusieurs moyens , soit pour lobtenir parfaitement blanc et très-pur , soit aussi pour rendre sa préparation plus facile et moins coûteuse , ce qui peut avoir de l'importance , puisque cet acide a été indiqué pour plusieurs usages.

Un des phénomènes les plus remarquables qui résultent des recherches de M. Yauquelin , c'est que l'acide pectique, chaufié dans un creuset avec un excès de potasse fournit de l'acide oxalique.

Enfin I l'analyse des sels contenus dans le marc de carottes^épuisé par la potasse, a donné en petites pro-*

58 PHYSIQUE, GHIMIB

portions , du carbonate de chaux et du phosphate de la même base.

L'expérience dans lacpielle M. Yauquelin , en trairtant l'acide pectîque par la potasse , l'a converti m oxalate de potasse, a suggéré à M. Gay-Lussac l'idée de soumettre au même traitement la matière ligneuse ^ qui n'est pas sans analogie avec l'acide pectique. Ain* ai , le GOton ^ la sciure de bois , le sucre , l'amidon , la gomme , l'acide tartrique , chauffés dans un creuset avec un excès de potasse , ont fourni en grande abondance de l'acide oxalique ; d'autres corps, traités de la même manière, n'en ont produit que très-peu : toutefois^ il est résulté de ces expériences, qu'un grand nombre de substances végétales et animales , traitées par la potasse ou la soude caustiques, se transforment en acide oxalique. Les divers produits qui se forment en même temps que cet acide, tels que Ihydrogène et l'acide carbonique , avec les matières yé^ gétales, l'ammoniaque et le cyanogène, avec les iifatières animales, suliiâent en général pour expliquer la formation de l'acide oxalique ; néanmoins , dans quelques cas particuliers, les phénomènes sont restée assez obscurs pour que M. Gay-Lussac ait cru de* voir annoncer de nouvelles recherches à ce sujet.

Plusieurs auteurs se sont occupés des gaa des intes^ tins^ et les ont examinés dans les animaux, et même dans l'homme sain. M. Chevillot a eu l'idée de les examiner dans l'homme malade. Il a reconnu la préseiicddesi:^ espèces de gas: i"" lazo^; a^ legas eai^

BT MéTÉOHOLOGIK. Sq

bonique; 3* l'hydrogène; 4" lhy<ïrogène proto-carboné; 5** Foxygcne; 6° Ihydrogèue sulfuré. Une première observation qui ressort des recherches de M. Chevillot , comparées à celles de MM. Magendie et Chevreul sur Thomme sain , c'est que l'hydrogène se rencontre plus fréquemment dans l'homme en santé, et que le gaz carbonique est en plus grande quantité dans l'homme malade : le contraire a Ueu pour le gaz iiaote. L'osygène n'existe pas constamment dans les premières voies ; et lorsqu'il s'y rencontre , ce n'est qu'en petite quantité.

L'aeote est le plus abondant des gaz qu'on trouve dans les voies digestives de l'homme mort de ma<ladie. Il s'en trouve le plus dans les sujets d une foikle complexion, ou dans les vieillards épuisés par de longues maladies. La quantité d'azote Cî^ten général plus considérable dans les dernières portions du induit digestif que dans les premières.

Le gaz carbonique est , après Tazsote , celui qu'on rencontre en plus grande abondance^ et principalement dans les sujets affectés de maladies aiguës ^ ou de maladies de poitrine. Les sujets adultes, replets et robustes, sont ceux qui ontoSêrt l'hydrogène en plus grande quantité. 11 paroU qu'en général it y a plus de |[az hydrogène dans l'intestin grêle que dans l'estomac et les gros intestins. L'hydrogène proto-carboné se rencontre bien moins fréquemment, et en quantité bien moindre que le précédent ; on le trouve surtout diins le gros intestin*

66 PHYSIQUE, CHIMIB

L'hydrogène sulfuré se présente aussi en très-petite quantité.

M. Chevillot a examiné , pour les plus importants de ces gaz, quelles pouvaient être sur leur production les influences de Tàge, de la température, des maladies, et même quelquefois des médicaments employés.

Un assez grand nombre de lichens développent , sous Tinfluence de l'air et d'une eau alcaline , une trèsbelle matière colorante violette , connue sous le nom d'orseilie , et employée depuis long-temps en teinture. On en connoit deux variétés : l'une , nommée orseille de mer y et la plus estimée dans le commerce, résulte dé là préparation du Lichen rocella qu'on recueille en • abondance aux Canaries ; l'autre , appelée orseille de terre , provient principalement du f^ariolana deal^ hâta.

M. Robiquet s'est livré à des recherches spéciales sur cette d^nière plante. En la soumettant à l'action successive de l'alcool bouillant , de l'eau bouillante , et de l'acide nitrique , il en a retiré, outre divers produits généraux, deux substances nouvelles, qu'il a nommées variolarin et orcine.

Le variolàrin cristallise en aiguilles blanches ; il se fond et se volatise sans s'altérer; il est très-soluble dans l'alcool et l'éther; il n'agitpas sur le tournesol ; il ne se colore ni par le contact des acides , ni par celui des alcalis.

L'ordne est beaucoup pbis remarquable que le va-

riolarm , car c'est d'elle que la couleur violette de Forseille tire son origine. Elle est incolore et n'agit point sur les réacti& colorés. Sa saveur est sucrée , un peu nauséabonde : à la chaleur elle fond et se volatilise sans altération. Solubledans Teau, elle peut s'en sépa* rer en prismes quadrangulaires aplatis ; la solution est complètement précipitée par le sous-acétate de plomb. L'acide nitrique la colore en rouge ^ mais la couleur disparoît ensuite : enfin le caractère vraiment spécifique de Torcine , c'est qu'elle se colore en violet sous l'influence de l'ammoniaque et de l'oxygène atmosphérique , lorsqu'après Tavoir mise à l'état sec dans une petite capsule placée vingt-quatre heures sous une cloche où il y a de l'ammoniaque concentré en évaporation , on l'expose ensuite à l'air, jusqu'à ce que de rouge-brun qu'elle étoit d'abord , elle soit devenue d'un violet foncé.

M. Robiquet a tiré de son travail quelques conclusions relatives à la préparation de l'orseille en grand : elle doit se réduire suivant lui à débarrasser Torcine des matières grasses et résineuses qui l'accompagnent dans le lichen , et à la soumettre à l'action de l'oxygène , atmosphérique et d'une eau alcaline : mais il pense que ces résultats sont difiiciles à obtenir par le procédé actuel, dans lequel on emploie successivement Turine ammoniacale , la chaux , l'acide arsénieux et l'alun ; et qu'il y auroit de l'avantage à substituer l'ammonia^ que à l'urine. Par-là on éviteroit d'ajouter de la chaux, et très-probablement de l'alun , qui ont l'inconvénient

6a PHYSIQUE, GHimB

de précipiter une portion notable de la matière colo*^

rante.

On cherche depuis long-temps un moyen écono-» mique de préserver les murs des maisons de Parîd de celte teinte noirâtre qui les enduit en peu de temps, et qui est due surtout à deux pertes espèces d'arai-^ gnées dont les toiles servent de réceptacle à la po;}S>« sière, et forment ainsi un sol où les lichens ne tardent point à croître; et, faute d'un moyen préservatif, on en demande au moins un de les débarrasser de cet enduit lorsqu il existe , et qui soit moins cher, moins désagréable et moins nuisible aux ornements et auK moulures que le grattage , seul procédé usité jusqu'à présent.

M» Chevalier paroît avoir remplacé avec succès le grattage par des lavages à l'eau et à l'acide hjdro-chlorique foible, en s'aidant de l'action d'une brosse un peu rude, La pierre, nettoyée d'abord avec la bi'osse imbibée d eau ,puisavecla même brosseimbibée d'eau chargée d'environ ]/4o de son poids d'acide muriatique du commerce , et lavée enfin avec de l'eau , reprend sa teinte primitive, sans aucune altération des formes qui lui ont été imprimées par le sculpteur ou par l'architecte.

M. Roulin a communiqué des remarques sur les circonstances qui accompagnent les tremblements de terre dans le territoire de Venezuela , sur le continent de l'Amérique méridionale. Quelquefois il se passe

deui;; ou trois ans sans que Ton en ressente un seul }

ET MBTÉQROLOGIE. 63

puis après un été sec et chaud les secousses recommencent ; elles augmentent d'intensité et de fréquence au point que Ton en a souvent dix à douze dans le même jour , et elles cessent presque tout à coup avec les premières pluies de l'hiver. Une plus grande irrégularité règne dans la propagation de ces mouvements , et souvent à de très-petites distances on ne peut saisir de correspondance entre les secousses. Leur durée , leurs intervalles, les bruits qui les accompagnent, varient beaucoup, et elles n'influent point sur le baromètre.

Uacadémie a continué de recevoir la notice des tremblements de terre et des phénomènes météorologiques qui ont été observés aux Antilles. M. MoreaudeJonnès, à qui elle en doit la communication, en a donné les détails suivants :

A la Martinique,

1828, l'j novetnbt^, 5* o' du matin, deux secousses.

1829, «7 février, 6^ o' du matin, une secousse

foible.

4 septembre, 1 1** 4^'^" matin, une secousse

foible.

14 septembre, 9** 4^' ^^ soir, deux secousses

du sud au nord ; la dernière violente.

Au Port-au-Prince (Saint-Domingue) ,

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