i mars y 4^ ^^' du soir, deux seeouaM
A Kingston (Jamaïque) ,
1 829 , 2 1 mars , 5*^ 20' du matin , deux secousses
de Test à l'ouest , aussi violentes que celles qu*on a ressenties en i8i2.
23 mars, 2** 5o', une secousse, et deux autres
durant la nuit.
24 mars , une autre secousse légère.
27 mars, 4^ 3o' du soir, un secousse trèsforte.
29 mai , II** 4^' ^^ ^^^ très- vif.
20 août, 6'' 55' du soir , un fort tremblement de terre au port Antonio, dans la partie N.-£. de
nie.
n ne paroît pas que Ton ait ressenti aux Antilles le tremblement de terre qui , le 26 octobre dernier , a causé de grands désastres à Y alparaiso, sur le continent américain.
Un phénonxène semblable à celui qui accompagne la chute des aérolithes , a eu lieu le 1 5 novembre 1829 à la Jamaïque. Dans la soirée , un globe de feu traversa Tatmospbère du nord au sud , au-dessus de la ville de Kingston. Il paroissoit avoir un diamètre de plusieurs pieds, et laissoit après lui une longue trace de flamme. Il éclata avec détonation et sifflement au-dessus du port, et jeta dans ce moment une lumière vive qui se répandit à une grande distance.
BT MÉTÉOROLOGIE. 65
n est tombé des aérolithes dans la nuit du t4 août 1829 , près de Deal dans le New-Jei^sey; M. Warden a communiqué à l'académie les circonstances de celte chute : ellefut précédée d*un météore lumineux, et accompagnée de douze à treize explosions semblables .à des décharges d'artillei-ie. Ces pieiTcs ont à Tintérieur et à Fextérieur les mêmes apparences que celles qui proviemient de ce genre de phénomènes.
AINtVÉE 1830.
L'influence de l'électricité sur les aflinités chimiques est un des sujets les plus dignes d'occuper les expérimentateurs, car tout annonce qu'on la reconnoîtra comme la source d'une infinité de phénomènes inexplicables jusqu'à ,ce jour par les forces connues de la nature. M. Becquerel y donne depuis long-temps une attention soutenue, et à la suite du grand travail qu'il a présenté l'année dernière à l'académie , sur l'influence que l'électricité exerce dans la formation des minéraux, travail dont nous avons parlé avec étendue dans notre précédente analyse , il en a présenté cette année un autre sur les variations que peuvent amener dans l'état électrique des corps leur contact mutuel , leur frottement, le degré de chaleur auquel ils sont exposés, et sur les variations correspondantes qui en résultent quelquefois dans l'arrangement de leurs molécules con- . stituantes«
Tous les corps , quand ils sont soumis à l'action de la chaleur ou de forces mécaniques , éprouvent des
^fiets piqs ou moin^ variés , qui p^Aroifisent: dépendra de div^rse^ causer î c'e^t ^insi que lou voito^s çorp^chaor gpr d« YOÎuwe , produire da l'électricité , p^j^va ou açquénr du m^guéti^mpt deveuip plusi ou moins gtta^ qupbles p^r les ftg^ftts chimiqpes , développer de h lur mièri3| ^tp. {ijan q^ prouve que ces effets n'émanent p^ d'im pqupipe unique 9 capable d être modifié dan« certaines cirçpnst^nPP§ î 6t cette idée , qui est enhanmap nie avec l'unité d'action que l'on suppose présider à tous les phénomènes , est celle qui sert de point de départ k M' becquerel d^ns tputes seii rechercha-
U a (étudié d'^bprd les effets de la chaleur mv le flilide électrique des substances piétalliquesi , conÂdé^ rées séparéTOent PU en contact.
I^es corps pepps^èdent, dan^ leur ét^t pr4inaipe, ^ue du fluide élpctriquc patvirel ; ainsi leur propriété électro-chifflicjue np pept consister que dansj 1^ faculté de manifester telle pu tPHe électricité , et de consqré
ver l'autre «ju^pd îU §P çprabipent ou qu'ils ^nt ep contact.
Un grand nombre de feit§ pipntrent que Ipraqu'i) y a adhérence entre dep^f corps par ^uije d'une «(ttl^oen tipn réciproque eptre leurs snrf^^cea , et que l'un d'eux n'est pas bon eopduc|.eu]:, ils prennent cl^acun 1 aumcK pient deleur sépar^tipn, pp ^^c^^ d électricité contraire. Les phénoipènês électriquesi de pression et ceux de o]\» vage , dans les corps réguhèrement cristallis^çi , ont d» très-gr^pds rapport^avep les précédents j car lorsqu'on sépare l^n^^enient des l^es de mica ou de cbaus
sulfatée , chacune d'elles emporte un excès d'électricité eontraire ; si on les rapproche de nouveau en les remettant dans la position où elles se trouvaient avant leur séparation , et en exerçant une légère pression an -point de les faire adhérer, on obtient encore les inè* mes phénomènes qu'à Tinstant de leur première s^mi» ration. Ces phénomènes augmentent d'intensité en élo* Tant la température. M. Becquerel a donné de granda dévdoppements sur les rapports qui existent entre les phénomènes de pression et ceux de divage. D a démontré ensuite que la chaleur n exerce aucune influenee aïKT Vékctricité hbre, et qu elle en exerce au contraire une très-marquée sur le fluide naturel. Il a cherché à établir par l'expérieiice , que la chaleur qui écarte iea molécules des corps produit sur le fluide naturel un eflfet analogue à celui du chv£^e , c est-indire qu'elle tend à diminuer l'action réciproque des deux électricités. D a montré que la chaleur exalte plus le pouvoir âeclrique des métaux électro-négatifs que celui des métaux électro-positi&. Il paroit croire que, par suite de l'élévation de température, il se forme autour de deux molécules contiguës une accumulation d'électri* cités contraires , qui est immédiatement suivie d'une leewiposition des deux fluides. A l'aide des prîneipea qu'il établit dans son mémoire , il donne l'exj^atioB de plusieurs faits qui paroîssent être en dehcMns de la théorie de l'électricité ^ mais sur lesquek on ne peol doimer ici aucun détail.
Ml Becquerel s'est occupé ensuite de Féiectricité q»
68 PHTfIQUS, CHIMIS
se développe dansle contact de dpîix corps conducteurs ; Volta, voulimt combattre la doctrine de Galvaui, sur les contractions musculaires, conçut lidée qu'elles pouvoient être dues à Télectricité qui se dégage dans le contact de deux substances hétérogènes. Suivant cet illustre physicien, deux substances se constituent toujours dans deux états électriques contraires par leur contact mutuel /abstraction fjite de tous changements OU modifications que peuvent éprouvée hnirs surfaces. Les savants s'empressèrent d'adopter ce principe ; mais aussitôt api^ès que M. Becquerel eut observé et analysé les phénomènes élet^triques qui se produisent dans toutes les actions chimiques, M. Auguste Delarive avança que Faction de contact, admise par Voltadans le cuivre et le zinc, par exemple, n etoitque le résultat de la différence des actions chimiques de l'air et de l'eau qu'il renferme, sur chacun des deux métaux. Cette opinion n'étoit qu'une généralisation du principe découvert par M. Becquerel, qui dans cette circonstance a cru devoir faire diverses séries d'expériences pour accorder les deux systèmes. Aprt's avoir reconnu avec M, Delarive que, lorsqu'on touche une lame de métal oxidable avec un corps humide, il y a un dégagement d'électricité dont Volta n'a pas tenu compte dans les expériences, il a pensé que, pour éviter les effets dus à cette cause, il falloit employer les plateaux condensateurs de platine ou d'or, qui ne sont pas attaqués par les liquides dont on se sert ordinairement. Il s'est servi ensuite de petites coupes d'or pur, qui contenoient les
ET MÉTÉOROLOGIE. 6q
liquides sur lesquels il faisoit léagirles substances, et il umis à l'expérience un grand nombre de corps qui , n'ayant éprouvé aucune altération sen.s'ble dans la na^ ture depuis des siècles, se trou voient dans des circonstances favorables pourrésoudrela question du contact. Il a trouvé que le platine, Tor , le peroxide de manganèse, le carbure de fer, éprouvent des effets de contact. D'après ce résultat, si l'action chimique joue un grand rôle dans les phénomènes observés par Volta , c'est-àdire dans les phénomènes de contact, on ne peut nier, il est vrai , aussi que dans quelques cas il n'y ait action électrique par le simple effet de ce contact, et indépendamment de tpute réaction chimique.
M. Becquerel a indiqué lescauses qui déterminent les actions thermo-électriques dans les circuits fermés, composés d'un seul métal ou de deux métaux différents. Les faits qu'il a présentés à cet égard sont si nombreux, qu'il est impossible d'en faire ici l'analyse. 11 a prouvé que l'intensité du courant dans un circuit métallique est constante pour la même difiërence de température quand les métaux sont imédiatement en contact , ou qu'ils sont séparés par un métal quelconque ; il en résulte que le courant dépend de la diflérence des effets produits dans chaque métal , abstraction faite du contact. Il a fait voir ensuite qu'il paroît exister des rapports entre les facultés tlurmo- électriques ^s métaux et leur capacité pour la chaleur. Il a exposé enfin quelques vues théoriques sur les propriétés électriques des atomes dans le^ corps. Suivant sa manière de voir^ les
J2 PH\S1QC »:, (ruiMiis
duits a rëtat métallique , taudis que les oxides de fer, de zinc, de cobalt, n'éprouvent aucun changement.
Le deutoxide de mercure est réduit par la potasse et le sucre de lait à l'état métallique. Le métal se présente sous forme de pâte , en raison de l'eau interposée entre ses parties. Ou peut, dans cet état, le fixersur le verre , sans l'intermédiaire de l'étain ; il suffit pour cela d'étendre la pâte en couche tvès-mince, et de chauffer légèrement le verre pour chasser une partie de l'eau interposée.
I^a chaux , la baryte et la strontiane , traitées à chaud par le sucre et le deutoxide de cuivre, donnent lieu à des procuprates des mêmes bases.
M- Becquerel cJierche à appliquer les nouvelles observations électro-chimiques à tous .les phénomènes chimiques qui peuvent avoir avec elles des rapports directs ou indirects. Il pense que c'est la seule méthode à suivre pour faire avancer de fiont deux sciences qui finiront bientôt par n'en former qu'une seule.
Les expérience^ de deux physiciens bien connus, MM. Dessaigne et Saissy , ont appris que plusieurs gaz, lorsqu'on les comprime subitement, font jaillir une lumière plus ou moins vive. M. Tlienard, ayant voulu se rendre un compie précis de ce phénomène , s'assura d'abord que cette propriété n'appartient réellement qu'à l'oxygène , à Tair commun , et au chlore , ce qui lui fit soupçonner qu il s'agissoit de quelque combustion, et ayant remarqué que l'on s'étoit servi.
ET MÉTÉOROLOGIE. jj
jusque-là de pistons garnis d un cuir gras , il en em* ploya de feutre bien mouillé. Aucune lumière ne se manifei^ta plus, maïs il en reparoissoit un peu sitôt que le feutre étoit moins mouillé ou \e tube mal nettoyé. Or , on sait, par les expériences de M. Mollet de Lyon , que les gaz comprimés subitement s'échauffent beaucoup , et même assez pour enflammer des corps combustibles. Ces expériences ont été répétées avec succès par M» Thenard sur divers corps et à diverses températures ; il a constaté qu'un gaz comprimé à la main avec force , peut être porté à une température supérieure de beaucoup à 2o5*^ ; des poudœs fulminantes détonnent alors même dans les gaz non comburants; le bois , le papier s'enflamment dans le gaz oxygène, dans le chlore; mais aucun gaz ne deviendroit lumineux par lui-même de cette manière , ou du moins ce résultat ne pourroit avoir lieu que par une compression beaucoup plus forte, et à une tempéra-^ ture beaucoup plus élevée.
M. SéruUas a conmiuniqué à l'académie une suite importante d'observations destinées à compléter, par des faits nouveaux ou par des détails intéressants, l'histoire des composés de l'iode , que M. Gay-Lussac n'avoit pu donner que d'une manière abrégée dans son travail général sur cette substance.
Il a reconnu que l'acide sulfurîque a la propriété de précipiter le chlorure d'iode dissous dans l'eau , même lorsqu'il y est ti*ès-étendu ; ce chlorure se sépare sous forme d'une matière blanchâtre, qui passe eii prenant
74 PHYSIQtE, C&IMIB
de k oohésion à la couléar jaune , câractèt^ du ]perehlerure.
n étoit intét^effiAUt de voir él Von obdendrdii iUi^ semblable précipitadoU d'u& simple mélatige d'hddë iodiqUe et d'acide hydttH^hlotiquâ liquides. Lfe précis pîté de chlwure a eu lieu eu effet par Tadde êrulfuiiquë; On arriTÔ même à un résultat aiialogiie eh mettant ëii eentact Taùide hjrdrO-Dblcifique et Fadde ioditîtië $ Ttltt et lautre secs. U y a dans ôe cas décômpoditibil tilii' tUeUe^ et formation d'eau et de ehloriite d'Iode.
Le chlorure d'iode reste Solide jmqûé entre 1 5 et ao degrés au^esSUd de téro ^ et Se li(j[Uéflé dé 20 à ^5;
Ces faits laiiisoient encore du doute sur nne question qui partage les ehimi^es ) celle de savoir si , eomme le pense M. Oay-Lussae ^ la dissolntion de chlorure d'iodèf dans l'eau n'est plus qn^un mâange d'acide iodiqiié e£ d'adde hjrdro^ehloriqne ^ on si $ eontnie le i^upposoit Davy^ eettë ti^an^nDatioii n'a Heu qti'au tnoment é^
la saturation par un alcali. M. Dtiiiias fut eondnk pâf
sea êxpéîietieê» ik nne troisiènte opinion ; et il avança qm Téthër enlève à l'eati le sous^ehlof uré seulement ^ et qbe 0â fiens^hlorure ne dëcotnpose pas l'eau ^ tandis qiie te cbloimre la décompose; M* ftéruUas^ que œlfj^ qnéstion âtok déjà occupé ,- a
cherché à la résoudre ^ et est arrité eti même tèntpê k
qnel^nes féanltat^ notÉveanx; Dans nn trâtail snf Pac^ Miquo cristallisé , il hfoit âgtï^Aê fin^lubilité dé oét acide dans l'afcool ^ et d'un autre c6té il erO;f oit 4 Taeiion décomposante du ehlorure d'iodé sur l'eau , et
mr MSTÉOBOLOGIB» 76
ces deux propriétés réunissoi^it à ses yeux les âéoiéntB d'utie expérience , d'après laquelle on deyoit obtehir ctirect^nent Facide iodique du perebloTure d'iodé» Elle consiste à mettre cette substance humectée en contact ftyec de lalcool concentré : une partie de l'eau fournit par sa décomposition Th jdrogène au cUore et loxjgène à l'iode^ et, des nouyeaux produits de cette réaction, Facide hydrô^^cUorique reste eil (Ëssdlutioti dtf us Faloool , et Facide iodique se précipite ^ vu son in» solubilité dans ce liquide.
Cette expérience fournit de plus au moyéil d'cbtenir de Facide iodique parfaitement pur , qui se préseiite BOUS forme d'une poudre blanche <}ristiilhnei
Cependant M» Sérullas ne pense pas qu'il scÂf exact de dite^ dans un sens id>solu ^ que le per-chlomre d'iode ne se dissout pas dans Feau sans la décomposeï*, et qu'il n'est pas enlevé de sa dissolution aqueuse par Féiher. Ses expériences le portent à condore que Féther peut enleva à Feau les deux chlorures d'iode , quand le SQa»»6h]orùre est prédominant dans la dissolution cou* centrée ; mais lorsque cette dissolution est ét^aduë sofl&Monment pour que le chlorure se soit tran^fortné en addes iodique et hydrochlorique ^ Fâgptatîevi flvet Féther sépare datis ce dernier le sous^hlorure ^ et dans la partie aqueuse les deux acides.
U eondiit enœre que la dissolutioti d^chk)rare et àe SDus^chlonire d'iode un peu concentrée ne décoiùpose pas Feau f c'est^i'^re que dans cet état de ccmoen** trationy Id sou^^hlorure s'oppose à ce que le cUovura
^6 PHYSIQUE, CHtMIE
puisse agir sur l'eau, en sorte que, versé dans Féther, celui-ci tient en dissolution tout à la fois le sous-chlorure et le chlorure , et ce dernier ne peut se transformer en acides iodique et bydro-chlorique que lentement.
L'auteur a trouvé dans ses recherches sur les iodates des alcalis végétaux le moyen de reconnoître positivement ce qui se passe h cet égard ; il s'est servi du sulfate de quinine dans l'alcool, et il a vu qu'en y versant de la dissolution aqueuse concentrée de chlorure et de sous-chlorure d'iode , il ne se fomie pas de précipité, ce qui indique l'absence de l'acide iodique et la non décomposition de l'eau ; mais en étendant d'eau graduellement cette dissolution, on arrive au point où le sulfate de quinine donne un précipité d'iodate acide , preuve que le chlorure a agi sur l'eau, et que l'acide iodique a été produit.
Ainsi ce moyen peut servir à reconnoître le mor ment où une dissolution de chlorure et de sous-chlorure d'iode a été suffisamment étendue jK)ur que l'influence du sous^hlorure ait été détruite et l'eau décomposée.
Si l'on met en contact à la température ordinaire de l'acide iodique dissous avec un seul grain de morphine ou d'acétate de celte base , la liqueur se colore fortement en rouge-brun , et il s'exhale une odeur très-vive d'iode. La centième partie d'un grain d'acétate de moj|;hine suffit pour produire cet eflFet d'une manière encore très-sensible : l'action est très-prompte, û la liqueur est un peu concentrée ; elle est plus lente
qiiand celle-ci est étendue ; mais elle n'est pas moins appréciable au bout de quelques instants , même dans sept mille parties d'eau.
La quinine, la cinchonine, la vératrine. la strychnine, la brucine, soumises aux mêmes épreuves, n agissent aucunement sur lacide iodique : M. Sérul* las, à qui ces faits importants sont dus, signale donc cet acide comme un réactif extrêmement sensible pour déceler la présence de la morphine, libre ou combinée avec les acides acétique, sulfurique, nitrique et hydro-chlorique , non ^seulement isolément, mais encore en mélange avec les autres alcalis végétaux.
Cette décomposition de Tacide iodique par la morphine a conduit M. SéruUas à examiner con>ment se comporteroient les autres alcalis végétaux avec le même acide , et il a vu qu'ils s'y combinoient en formant des composés salins, la plupart bien déterminés.
Il a pu ainsi donner les caractères des iodates de quinine , de cinchonine , de strychnine , de brucine et de vératrine. La narcotine et la pici*otoxine se dissolvent à chaud dans l'acide iodique sans le neutraliser.
Ces iodates sont plus ou moins solubles dans Fêau et dans l'alcool. Parla chaleur, quelques-uns fbndx<^nt d'abord ; la plupart se décomposent subitement avec une légère explosion; ils donnent dans ce cas, indépendamment des produits gazeux , de Tiode et un dépôt considérable de charbon«
^8 PHYSIQUE, CHIMIB
Ub caractère générique de ces iodates végétaux,' e^estla propriété qu'a leur dUsolutioB neutre depré* cipiter aussitôt par l'addition d'un exoàs d'acide iodtqtie en dissolution ub peu oMiOMitrée ; il se fiarme de suite UB lodate très«acide que l'on peut séparer par décantation. Qes îodates acides sont iBoolom, ila détonent facilement à une température peu élovée, quelques-uns par le seul firottonent : dans leur dé* tonatioB ils ne laissent pas de réaida dbarlxxuMSUX eovnnie h ïélat neutre.
M. S&nittas a aussi étudié ks eeinhinaisons deTaeide chlorique avee les mêmes alcabs. Les composée satina qui en résultat sont très^remarquaUes par leurs fermes cnstallines; pkis ou moins solufales, oomnaa les piéeédents, dana l'eau et dans l'alcool à la tem-*p^ature ordinaire ^ ils le sont beaucoup plus à ckaud.
Avee l'acide clilorique la morphine forme nn adt qui , malgré l'analogie des acides chlorique e^ iodi-i que , agit sur ce damier aussi promptement que les autres aela de morphine : et ce fait généralise hîeia k» earactère de l'aeide indique relativernooit à la moi^» pUne. L'auteur donne ensuite les propriétés et lea caractères des chlorates de quinine, de einchomoie^ destrydbnine , de brucine et de yératrine.
De l'acide iodique vearsé dans une dissolution de Tu» des chl(Kate& €i*«dessu& y feurme à l'instant un précité d'iodate acide que l'on peut séparer entî^renMiit par Valcool fort.
Cette propriété trèsoemaurquafale âeaeoBfthûaaîsQBa
»T MBTKÛRQLÛGZB. «jg
de Vmdfi ÎQclique avop les aloalis végétaux à^êtve peu fip}i|})l^ e«t ^ trèirppQppe k (me reconnoitre dans une dwûlutioQ h plut petite quaatité de ces méme^ ak^ lis. li'fiûide iodiquo a , mmme itéaottf de ^ea alealdidM un très-grand degré de sensibilité ; il peut être regain dé , «dui cie rapports moune Xvn de» moyaiia 1^ plus eu€^ qu« poPièda la ehimia. Pour quelquM«-uns , comm» h qulmno etk ciaohouiue, il est susoeptible du dûnsftr proœptamf nt uq prédpilé aveo un oantièmfi do graÎA , diaaoua dana plusî^ura miiliara de feia son poids d'alcqal.
Tûu$ Im aloalcadea ne saut pas aeosiblea au même 4egpé- Celvii qui Test le mcûqs le devient à un cîb*-^ qpème de graio. H s^roit doue peumia de dipe que Facide iodique , ooimne i^aotif , e^t poup lea alcakodea végétaux , p^rticuUèroiuaut pour la quinine et la du» ehonine, ee qvie 1 acide sulfurîque est pour la haiyte« . Im dbiuaiatea u ont pas jusqu'à ppéaent le moyep de aéparep direptonaent de leqr i^nioi) le oUcMPe et le tu^àme, qu^ eea deux eorpa soient oonabinéa à Pétat de chlûPttiv de hràme , ou qu ila soient mélangée sous ftuiBie de ohlekPure et de bromupe de potassium ou tf autma bases alcaHnes. On sait que ee mélange se venoantpe fréquemment dans le résidu de Té^app* ration des eaux salées.
]Vf « SâmQas a cherché k eb^dii^eette séparatioB , et s^'il ^ a pas atteint ofimplétenaent le hut^ la série d^^^ pérîei^eea qu'il a tentées l'a oeoaduit à reconno^ltre : i"" Que leeUeraie de brome, quelque saturé qu'ici
8o PHYSIQUE, CHIMIS
soit de chlore , ne décompose pas 1 eau ; la formatioii de lacide liydro-chloriqne , quand on l'agite avec Vé— ther , résulte de Faction du chlorure sur Fhydrogène carboné , action qui donne lieu aussi à un bromure de carbone;
:^ Que par l'agitation de ce chlorure de brome avec derétheret de Teau, on peut arrivera séparer entièrement le chlore sous forme d'acide hydro-chlorique > ^vant que le brome , qu'on isole en même -temps dans l'é ther, se transforme luiniicme en acide hjdrobromique et en bromure de carbone ;
3"* Que les cldorures et les bromures alcalins, même en très-petite quantité, mêlés à de Foxide de man*ganc se et a de l'acide sulfurique uu peu étendu , étant chauffîs dans un appareil convenable, donnent un chlorure de brome que Ton recueille et que l'on traite par l'éther, afin d'en séparer les éléments. C'est ainsi qu'on peutreconnoître l'existence simultanée du chlore et du brome , quelque prédominant cjue soit l'un ou l'autre dans un mélange salin. 11 ne faut pas oublier, en cas d'excès de chlore , de calciner le produit de la saturation de la partie aqueuse , afin de réduire à l'état de chlorure le chlorate formé, et pouvoir précipiter tout le chlore, en versant dans la dissolution du nitrate d'argent.
M* Charles Lowig , pharmacien de Heidelberg , à qui les chimistes doivent l'avantage de pouvoir se procurer aujourd'hui le brome très-abondamment,. à un pnxmi)déré, ayant indiqué l'alcool conmie d'iui em-
ET MÉTÉOROLOGIE. 8f
ploi avantageux dans la préparation de l'acide bromique, M. Sérullas soupçonna que ce savant navoit mêlé ces deux corps Tun à l'autre que irès-étendus , et qu'à un plus grand état de concentration il pourroît y avoir réaction mutuelle.
En effet 9 3 à 4 grammes de cet acide médiocrement concentré, ayant été versés dans une quantité à peu près égale d'alcool à 4^^"" , la liqueur s'est aussitôt colorée, et il y a eu développement d'une forte chaleur, qui s'est élevée jusqu'à une vive ébuUition, en donnant lieu à des vapeurs abondantes de brome , accompagnées d'une odeur très-pénétrante d'éther acétique. Le liquide , coloré en jaune , contenoit un peu d'acide hydro-bromique.
Ainsi , l'adde bromique agit sur l'alcool concentré, à la température ordinaire, d'une manière aussi prompte et aussi tumultueuse que le fait l'acide nitrique à laide de la chaleur. U enlève avec son oxygène de l'hydrogène à une partie de l'alcool , et la transforme en acide acétique , qui s'unit à une autre partie d'alcool pour produire Véther acétique. Le brome est mis en liberté.
L'acide chlorique concentré , versé sur de l'alcool à 40% agit vivement à la température ordinaire ; il y a ébullition , dégagement de chlore et formation d'éther acétique. S'il y a peu d'alcool, il est tout entier transformé en acide acétique, extrêmement fort, égal au vinaigre radical.
L'acide chlorique et l'acide bromique donnent
9| |?9V$IQlii, CHIMIE
lien 4M^ nt^n^e^ phéopmèoes avec F^ther q^'awc
Tçilcppl-
f^'acide .c)ilQriqufi a QQCore une propriété rtmasguable; |i Ip^y ploqg^ upe matière végétale sèche, comme du papier brouillard plié en plusieurs doubles, ç^HJ-TOi , siu moipent où on le retire , s'enflamme vive* f(^eï\% , p( il § çn f^^bale nue odeur forte , tout*k-&il; ^A§lQgH^ k c^n? de 1 gdde nitrique.
1^. SéculliK f^it rf^manquer , à la fin de son mémpiœ, qv^fi les ^cide$chlprique et bromique , qu*il a employa d^n^ sei exp^rifsncfss , ont été préparas par l'adde bydrp-fluorjqHe silice , et qu ik ne présentent pas 1^ )liêm^ prppriét;^ pl^y^que^ que lorsqu'ils sont obtenus par lacide sulfarique et le phlorate ou fe broam;|9 de t^Fyt^t 4i4 ^iQÎ^i d'après la d^ription qif'pn dQî^nsRt 1^ sutpuj^; et cependant il a hiQ» re^rquvé d^us |^s spbst^pc^ qu il ^ employéies tm^ le§ c^^ptèfe^ d'îiPiiÎP^ W^* B ^ prppose de comparar |ps ^cidp$ pbtpnus p^r ceç ^em procédés , et de i^
pl^euplfi^f Ifi cv^se 4e$diPi^r^]^^9 qu'ils paroissent pné- ^ter.
On sait depuis long-temps q^ie l'arsepic et Thydllh gèqe j^ppt susceptibles ^e se cpmbiner et de fonner fleu|^ compq^^s , Tun ga:^vix et lautce splide. L^ dé- Opfiy^rt^ d\\ pceniier ^^t due k Scl^eèl^ , celle d^ X%V4^ ^ ^^. jSfiyrLussac pt Tbepard ; et qupique plu^iem» fbii)ijiite^ ^pg ^çkiwt pccupés, pe$ deu:[^ pprp^ Qfft fourni encore à M. Soubeiran des observa tipns digR^ 4'iRt^i^t. Lp pf^wîer pst riiydrogène ars^mé : des
ST MfiTfiPHOLOGlB. $3
4îffi$pppt9 fiiojeii3 indiçjpés poqr ]'d)tenir , ^ncuii ne le doonpit que mélangé de plu$ ou moins d-bydiôgèp<t» M. %>ubeîrftn robtieni; ti^s-pur en traitant per Facido tey4w>-çWoriqqe fprt m\ alliage il parties égales il'ar»
senîc et de zinc ; et comme il se pourroît que les gas 6b^us par d'autres procédés ne fMsseDt pas identiques d^ps leur nature intin^e , M. Soifbeiraa les g qnaljrs4§| ^t ^ reconnu qu'ils étoient tous fqrmés d^s n^m^s prf>portiQps d'iiyd^g^n^ Qt 4 arsfjnic , ayeç unft qnan* ^té v^ri^le d'hydrog^nf h Véti^t de ni^lafige s^iilg? ment.
M.Spubeiran amis successivement qe gaz hydrogi^ne arsénié en contact avec up grand nombre de Qorp$ simpleis, d'oxides et d'acides, et ri^m^rqué que 1^ p^ifl^ facilement rjéductibl^ oiygèpe^l se$ deux <^r fuient^, et qif'un grand nombre d'autrçs o^dçs se çpt^ vertissent en arséniures métall^ues, tandis q^ If^ g§|s à bases alcalines n'en sont auçuneipçnt attêctés*
M. Soubeiran a cpnfirmc Tapajyse cle oe g^ dona^ft par M. Dumas, et d'après laquelle il consiste en trois volumes 4'bydrogène etuff vQli|nie dfiya|>SW 4'^l^ûic, condensés en deux volumes.
La seconde des combinaisons de l'arseniQ pi de rhydrogène est Thydrure d'arsenic. Plusieurs chimistes ont admis que ce qorps se ibroie, sQi( lorsg^ lin fragment d'arsenic ^i fixé à \eiUétnité di* fiJ ^%<^tîf d un appareil galyanique di^pos4 pQitf b di^ composition de Teau ; soit lorsque le g4} bjfdttrg^tt#
^g^tpi^ se décpmpose par le o^nt^Pt d«i X^ <H4 de Peiau
64 FHTSlQUEy CHIMIE
aérée ; soît lorsque le chlore agit sur ce gaz ; soit enfin lorsqu'un arséniure décompose leau. Les expériences de M, Soubieran prouvent que la dernière de ce» assertions est seule exacte , et que les autres n'ont point de fondement.
Mais il restoit à déterminer la proportion des élé^ ments dans cet hydrure d'arsenic qui se présente sous la forme d'une poudre brune. M. Soubeiran Ta recherchée par une méthode d'analyse très-compliquée et très-délicate, et il établit quil se compose d'un atome d'arsenic et deux atomes d'hydrogène.
MM. Clément et Desormes ont les premiers fait connoitre une matière cristalline qui se manifesté dans la fabrication de l'acide sulfurique, et l'ont considérée comme une combinaison dacide sulfurique et de deutoxide d azote. Plus tard , M. Gay-Lussac a reconnu que c'est un composé d acide sulfurique et d'acide nitreux ; M. William Henry a donné même les proportions de ce composé, qui sont : '
Acide suUurique anhydre ...» 5 atomes.
Adde nitreux i atome.
Eau 5 atomes.
Enfin M. Bussy , dans ses travaux sur l'acide sulfurique, a confirmé, par des expériences positives, l'exactitude des résultats auxquels MM. Gay-Lussac et William Henry étaient arrivés.
M. Gaultier de Qaubiy , dans un mémoire sur cette
ET MÉT£OaOX.0GIS. 6$
matière où il arrive aux mêmes conclusions , donne le moyen de l'obtenir pure^ et débarrassée de Iasura«> bondance des acides au milieu desquels elle s'est formée, particulièrement de Facide nitrique: ce moyen consiste à la laver à plusieurs reprises avec de Tacide hypo-nitrique , que Ton enlève ensuite lui* même en soumettant les cristaux à un courant d'air desséché par le chlorure de calcium , et à une tempe* rature de 28 à 3o degrés.
L'auteur décrit les propriétés de la matière cristalline purifiée par ce moyen ; il note avec soin les changements que lui font subir les températures diverses auxquelles il Ta soumise, depuis 5 degrés jusqu'à 280^ centigrades. H signale la vive incandescence à laquelle donnent lieu les cristaux, mêlés à la ma» gnésie ou à la baryte, chauffés à 200^ environ.
Il a répété par d'autres procédés que M. William « Henry l'analyse de ces cristaux, et il en est résulté que ceux-ci seroient formés pour 100 parties, de :
Acide sulfurique. • . # • 64»o8.
Acide nitreux ^4À^^
Eau • I i,5o«
Il attribue la différence de cette analyse avec Celle de M. Henry, à la présence probable d'une certaine quan*-* tité d'acide sulfurique dans les cristaux examinés par le chimiste anglais : ils avoient en effet un aspect pâteux , taxidis^que M. Gaultier de Claubry les obtient
M PfiTfelQllBi CHIMIE
imvfiiiteitieiit seos. Enfin il pense que la dénominatioiï de sulfate nitreux anhyUrique que M. Bêrzélius à donnée à ce corps cristallin , doit être adoptée conltttfe l^présenuitit aveb exacdtude sa composition.
M. Lerout, pharmacien h Yitry-]é-Français, atolt adresse k lacadémie deux produits eitraits de Fécorcb dti sakute ) dont l'bn , ^u'il nommoit salicine , lui pa^ raiSSoit une bâlse tégëtate salifiable^ et dont il jugiet>it Vautre un sulfate de cette base : il antionçôit en méttik temps que ces deu:K substances possèdent à un haut 4egté U propriété fébrifuge, et pourroieht dans un grand nombre de cas suppléer le sulfate de quinin*.
Ces faits intéressoient trop vivement la médecine pour ne |>a8 attirer toute l'attention des commissaires 4e Tacbdénlie. Ils ont d abord reconnu que lasubstanefe extraite de Vécott» dti saule , sous le nom de salidne , wi» peut être rangée parmi les alcalis végétaux : loin db se combiner avec elle , les acides la décomposent , et lui font perdre la propriété de cristalliser , et elle ne œntient pas d*azote. Ce n'en est pas moins une substance très«-remarquable et par ses caractères chimiques et par ses propiîétés médicales. Elle prend, lorsqu'elle est pure, la forme de cristaux blancs, tièsténus et nacrés ; elle se dissout aisément dans l'eau et Vhïéoù] , ïAiûA mn dans l'ëthér : sa saveur est des plUs dlilère»«
.Aj^tës atbir conàtifitë l'existence de la salicine, Tes Mtyimistoires de Thcbdémië se sont cbnvaihcus par des etpëkertiê^ directes Qu'elle est un agent fébrifuge àutS-
saut pour arrêter , à dote a^Nl^ petite, à ^4 bù 3o gràihl par ejcemple , les fièvres inter]ji{ttétite&. Deâ é^tôift ; tetttés par plusieurs médecitift , ont icoUfirmé ecft lr(^ul-s tats ; et Ton ne sauroit tliSr l[)ué Itl dëcbùvertë lïHë |>ar M; Leroux , dans une éMtt^ M tbriitnUhë ^ d\ib jiHheîpe qui se rapproche pour ted pro{)riétléë dé bekii iqù^ recèle le quihquina 4 ne «oit une abqUii^itiétl tfè^ktt^ portante pdut la thérapeutique.
M. Braconnot^ qui ayoit employé htileiHent TécOtiei de trànUe contre les mémeii tnaladiieii ^ et qui àvttti remarqué que l'extrait de c^ttè lecoircé fê téit)|K>rié aviec les réactifs à peu près comme celui dU tjbihqhina, ayant appris la découverte que M. Lerôujt Ttéhttit âé &irede la salicine, voulut s'assurer Ki Fétorcfe dtt tremhlè ne oontiendroit point quelque priltictplA ahi*^ logue 9 et il a reconnu que M salieine dle-niéttië h'f trouve en parfaite idientité. On se la prôtûrè atséméilt en versant dans la décoction de cette écu&fèe dti ibvÊ^ acétate de plomb , et en évaporant la liqueur lihipiiifil et incolore préalablement privée de lexcès de ploknb par Facide sulfurique. Il ne s'agit plus que d ajoute!* f^ la fin un peu de noir animal et de filtrer k liqueur bouillante ; la salicine s'en sépare , lét distalliâté atkl^ ffitôt par le refroidiss^ément.
Mais M. Braconnot a ienboi^ découvert un autre principe dans 1 edDix?e du tremblé; Ëh veràant dans Teau-niëre , dont la saUeine s'eàt sépatée ^ du icfarbona^ de potasse ^ il à'y forme un précipité blanc qui ^ dts* sont dans Veau bouillante et bristalUète par le i^roi^ ^
88 PBÏSIQUE, CHIMlfi-
sement en aiguilles très-fines d'une saveur sucrée y analogue à la réglisse* M. Braconnot a donné à cette substance le nom de populine.
La salidne se trouve également ^ d après ce chimiste, dans le peuplier blanc et dans le peuplier grec ; mais le peuplier noir et beaucoup d'autres espèces de ce genre en paroissent dépourvus ; divers saules, les Salix alba , triandra , fragiUs , en manquent également , quoique depuis long-temps on vante leur efficacité comme fébrifuges ; c'est des Salixjîssa , amygdalina et hélix que l'on peut en retirer avec plus de facilité. Yauquelin et M. Robiquet ont découvert dans les jeunes pousses d'asperges une substance particulière ^ qu'ils ont désignée sous le nom d'asparagine; et quoique la petite quantité qu'ils en avoient obtenue ne leur eût pas permis de l'étudier d'une manière complète , il ne leur avoit pas échappé que cette substance, soumise à l'action de l'acide nitrique , fournit de l'ammoniaque.
Depuis lors , M. Plisson a démontré que ce qu'on avoit pris dans la racine de guimauve pour un malate acide d'al théine , et dans la réglisse, pour une matière cristalline spéciale , n'est autre chose que l'asparagine , et qu'elle existe également dans la grande consoude et dans toutes les variétés de la pomme-de-terre.
Le même chimiste a aussi établi que l'asparagine , sous l'influence de différents agents , se transforme en un acide nommé aspartique , susceptible de former des sels avec les diverses bases.
ET MÂTÉOUOLOGIE. 89
MM. PHsson et Henry fils, dans une monograpbie de Tasparagine quik ont soumise à lacadémie , ont ajouté aux faits précédents des observations nouvelles.
L'aqparagine est incolore et inodore , d'une ti*anspa« rence comparable à celle des pierres précieuses de la plus belle eau : sa cristallisation facile o&e tantôt la forme du prisme bexaèdi'e, tantôt ceUe d'un prisme droit rhomboïdal ou de Toctaèdre rectangulaire ; elle est soluble dans leau, insoluble dans lalcool et Tétber: lorsqu'on la calcine au rouge , au contact de l'air, elle disparoît entièrement en donnant lieu à tous les produits des matières animales. Aussi résulte-t-il de l'analyse que les auteurs en ont faite, que l'asparagine compte au nombre de ses éléments une forte proportion d'azote.
Voulant s'assurer si l'odeur particulière , bien con-^ nue , que les asperges communiquent aux urines , pouvoit être rapportée à l'action de l'asparagine sur les Teins , ces chimistes ont pris intérieurement des quan^ tités de cette substance plus grandes que celle qu'auroit pu contenir un nombre déterminé d'asperg es, mais sans remarquer aucun changement dans leur urine.
L'action de l'eau , des alcalis , des acides, aidée d'une certaine température , est très-remarquable , et donne lieu constamment au même phénomène de transformation, savoir : avec l'eau il se montre de l'ammoniaque et de l'acide aspartique qui sursature lammoniaque ; avec la potasse carbonatée , du carbonate d'animoniaque et de l'aspartate de potasse ; avec le
bi-carbonate de potasde les mentes produits , et de l'acide carbonique libre ; avec l'acide b^dro-cbloriijuA de rhjrdro-cblonite et de l'aspartate d'ammoniaque ; avec l'acide oitriqUe, du nitrate et de l'aspartate d'anlmoniaqUe.
Cette action des acides fof ts sur l'a^ragîne oSre un moyen d'obteitir très-Disément l'acide aspartique.
Les auteurs ont Wrrtiiné leur travail par des contfidélations et des expériences propres k expliquetla causa dé ces cbangements , et ils ont cru la trouver tbss le* forces électro-chimiques.
M; Chévreul a obtenu sous la forme cristalline lei principes cblorants de la gaude, du querdtrOn et du bois jaune; il les nomttae lutéoiine, tjtiercitrin et marin. Tous sont susceptibles de se sublimer en aiguilles, de sorte qu'en cela ils reiisemblent au piincipe jaune de la noix de galle que le même chimiste fit coa nbitreen i8i4-
Un fait remarquaHe , c'est qu'il existe dans le bois jaune un autre principe que le marin ; M. Ghevreui l'en distingue sbusi le nom de marin blanc. Comme le môrin , il a la propriété de fbrmer des combinaisons jaunes avec les acided et les bases salifîables incolores , mais il en diâ%re en ce qu'bu Heu de former avec le pn^ eside de fer un composé insduUe d'un vert c^ive « i en forme Un de couleut marron i et ce caractère dis» tinctif se retrouve dans les crisuui que l'on td)ti«it en ilistilldnt ces deux sulistances.
M. QievreQl e^ parvenu Ik isder ebcore quelques
ET MÉTÉOROLOGIE. ^t
ëtltres principes colôhints jaunes , de faatùre oi^âtiîqùfe, des matières qui les contiennent.
Dâiis le travail que l'auteur à lu k racadéifiîé , il 5*èstbortië à décrire lès propriétés J)rincip£iles de la llitébline; du quercitrfh et dès niôriris, ste résèrvàhtdfe filirfe cdùribltl'e lëuW rapports avec l'art de le teihWrfe p^b dfe iibliveltes recherchés ; hiais feîl tttïhbrièant bèllèîifci; r^ùteul- a ibsistë sUr un point bien itlipbrtaht tlë itt fehiiîiie appliquée à là leinturè \ c'eët qb'bil se trbittpfeirbft beâucbùii H i'o/ï pertsdà ifïiil eit toujàVirs Hvahtageux de fixer des prinlcîpèi eôtéi'ànïs ft ï)émt de pureté sur les étoffes ; car il ïiSÉ tténVùIttH phUt M. Chei^t^nl que piusieïirà de ^esprit\dpes n^for-- Yiti^fït des composés coloréi stables qu'autant qu'ik sont ikiiB à quelqties-tins deâ autres principes qui \&& accompagnent dans lès plutites.
hé^ athand(S ànlères donnent par la di&tillâtion laxùè huile volatile , qui par l'exposition à l'âir se conrartît en brifits^ux aiguillés, brillants et acicks^^ lesquels ne Kbbt autre chose que dô l'acide ben20lque; MM. Robinet et Boutron se sont livrés à ce sujet à un travail ttè^'-intét'essant; à l'aide de procédés ingénieux^ ils bfat totîst^té \
V Que l'hùilë tolatik dès dmabdes mik)m n'etislè jiàls èblttitië telle danslefruit^ màià quèc'eBt hn prmldit Û)6bvéau qui lie se forme qUè par le icduébui^ à& l'eàu;
2^ Que cette hulle ^ ddUéè d'une très-gtande volatilité \ ihisd en cbiitaîct en vase dos atec de i'oxygêne , l'^biotbè %% te cbhv^tit «u acide ben«>ïqu« 4 tè ^bi
prouve que cet acide ne préxiste pas non plus dans Fhuile volatile.
3^ Que Thuile fixe d'amandes amères qu'on obtient par expression n'a aucune odeur ; qu'il en est de même du résidu ; que de plus rien ne peut faire développer Tarome dans l'huile fixe , tandis qu'il suffît d'humecter le résidu d'où elle a été exprimée pour obtenir imnié* diatement le dégagement de l'odeur prussique la plus prononcée : d'où il semble que les éléments qui concourent à la formation de l'huile volatile restent dans le son d'amande , et ne s'écoulent pas avec Thuile fixe par la compression.
Les auteurs , en traitant la pâte d'amandes amères par l'alcool concentré et par l'éther, en ont séparé trois principes distincts : une matière de nature résineuse , une substance cristalline particulière y et une espèce de sucre liquide , tous exempts de . l'odeur propre aux amandes.
De ces trois produits, celui qui cristallise a attiré plus spécialement l'attention des auteurs : ils le nomment amjgdaline. C est une substance blanche, inodore, inaltérable au contact de l'air, d'une saveur amère qui rappelle celle des amandes d'où on la retire, très-soluble dans l'alcool , et cristallisant par le refroidissement en aiguilles rayonnées ; enfin, susceptible de dégager de l'ammoniaque quand on la chaufie avec de la potasse caustique en dissolution.
Cette substance seroit, suivant MM. Robiquet et Boutron, la cause unique de l'amertume des amandes,
KT MÉtéOROLOGIE. 9^
et Tun des éléments de Fhuile volatile, dans laquelle d^aîlleurs ils seroient portés à admettre Texistence d'un radical benzoïque.
Les méthodes diverses indiquées parles chimistes, pour extraire la matière colorante du sang , donnent tin produit qui , sans être le même pour toutes , pré-** sente généralement aux réactifs chimiques les mêmes caractères que Talbumine , de sorte que jusqu'à présent Jes deux std)stances n'ont pu être distinguées que par la couleur.
M. Lecanu a cherché à porter plus loin cette analyse , et a trouvé que la matière colorante , telle qu'on Vobtenoit jusqu'à ce jour, est un mélange ou même une combinaison à parties égales d'albumine avec une substance dans laquelle seule réside la couleur, et qui en est par conséquent le véritable principe colorant ; il propose de conserver à la combinaison dont nous venons de parler le nom d'hématosine , sous lequel elle a été désignée jusqu'ici, et de donner à la substance colorante proprement dite et qu'il a isolée , celui deglobuline. La globuline s'obtient à l'aide d'un procédé facile que M. Lecanu décrit avec soin; humide , elle est d'un beau rouge , à l'état sec , elle prend un ton rouge-brun. L'incinération démontre qu'elle contient o, 1 74 d^ soii poids de fer, c'est-à-dire une quantité double de celle que M. Berzélius trouvoit dans l'hématosihe , comme cela étoit naturel à concevoir , puisque l'hématosine contient moitié de son poids d'albumine« Cette globuline est très-soluble dans les alcalis »
94 P9YSIQi:S, CptMIK
et besii|cpup plus que l'albumine coaguléq. un^ de ses propriétés les plus reqiarquables est d^ fpr^ mer avec de Tadde hydro-chlorique un composé solujble dans Talçqol cppcejitr^.
M* Parcet, tpiyours occupé d'appliquer k Tutilité piH blique les découvertes dq la chimie , et à répandre dans tpute^ les clsfss^ de la société la connoissance et la pf^tique dei c^ applicatiops , a publié plusieurs brochure» SUF r^fi^iplpi de la gélatine des os, sur les app^f^ihi les plus convenables pour Textraire en grand > sur def })iscuits que Von en imprègne et qui contiennent ainsi tQus les éléments de soupes nutiîtives. Il s'est qccup4 9ussi d^s moyens de maintenir pur Tair des salles de spectacles^ des salles de dissection, et les procédés simples qu'îl ipdique k cet ^fFet seront également suscepttble^ (l'eoiploi pour tous les lieux fermés exposés à étrg ^ifecté^d^ vapeurs ipéphitiques.
D^psune note communiquée à Vâcadémie, M. pajÇO avQÎt annonce comme résultat de ses recherches sur ^ pierre ^ plâtre :
l"" Que le gjpse ou sulfate de phaux 9 réduit en popr d^e, s^ trapsfoiTne en plâtre . ou , ce qui est la mêqif; chps^ , perd son eau de cristallisa tTOu à la température d(ç 98 à 80 degrés centigracles ; d'où il lire cette cpn- Çj^quçpçe que c'est à ce nombre de degrés que s'opèrp 1.^ cuisson utile du plâtre;
a" Que, àcptt^ température, il ne se décomposp inpuiij; partie du carbonate calcaire ; ce qui le poft^ k prokjs qui) n'^t^ pas nécessaire que le carbonate ^
ET MÉTÉOROLOaiE. 9$
cbdtix soit décomposé pour que le plâtre ordinaire ac*> quière toute la ténacité dont il est susceptible.
Les commissaires de l'académie n'ont pas pensé qu'il fôt démontré que la décomposition du carbonate n'est pas nécessaire pour obtenir une meilleure qualité du plâtre : il leur a paru au contraire fort possible que le plâtre chargé de chaux fût, précisément en raison de la chaux qu'il contiendroit , un meilleur ciment pour lier les matériaux que le plâtre fin.
Ils n'ont pas non plus adopté l'opinion que la cuisson utile du plâtre pût s'opérer à 78 ou 80** cent. A cette température, l'eau ne peut se dégager qu'autant que la pierre est en poudre , et exposée très-longtemps à un courantd'air, encore faudroit-3 que la couche du plâtre fût mince.
Ils ont fait à ce sujet quelques expériences en plaçant du sulfate de chaux eu petits cristaux et de la pierre à plâtre ordinaire dans des tubes de verre effilés, et recourbés de manière à plonger leurs extrémités recourbées dans du mercure ; d'une autre part, la partie du tube contenant la matière aété plongée dans un bain de mercure dont on a élevé successivement la température. Tant que le bain n'a pas dépassé 1 1 5 degrés, il ne s'est pas dégagé d'eau, et les cristaux ont conservé leur transparence ; ce n'est qu'à 1 1 8 et même 1 1 9** que la matière a commencé à blanchir à la surface , et que Ton a vu de petites gouttelettes tîipisser le haut du tube.
Les Antilles ont été de nouveau agitées par quelques tremblements de terre, dont M. Moreau de Jonnès a
96 PHYSIQUE, CHIMIB, ETC.
communiqué à Tâcadémie la date précise et les prin* cipales circonstances.
A la Martinique on a ressenti des secousses le 2 1 mars 1 83o , à 2^ 3o' après midi , et le 1 9 juin , à 9^ 3o' du soir.
A Haïti , et surtout au Port-au-Prince , on a éprouvé, le i5 avril dans la nuit, plusieurs secousses dont la violence a surpassé celle des tremblements de terre ressentis depuis vingt ans.