TRANSCENDANTE
Plusieurs faits de détails lui parûissent venir à à Tappui de son sentiment : ainsi le rein qui , dans l'homme adulte, est un organe simple à surface lisse, et où la dissection ne découvre aucune suture, est Composé dans l'enibryon de huit ou dix lobes distincts
ET ZOOLOGIB* SSg
qui se soudent ensuite cTune manière que M. Serres croit pouvoir considérer comme absolument semblable à celle qui a lieu dans lès minéraux. La glande thyroïde , unique dans Tadulte , est constamment dou*« ble dans le^ jeunes embryons humains ; la prostate y est toujours divisée en quatre lobes distincts ; l'utérus de la fename, dans les premiers mois, est bicorne coomie celui de beaucoup de quadrupèdes Test pen-< dant toute la vie. Les lames primitives qui constituent la moelle épinière, après s'être engrenées pour former son canal ^ reçoivtof intérieurement des coitchea çuccessives qui finissent par Tobstruér. X^es amas de ^rés médullaires qui réunissent leé deux moitiés de Tenùéphale ne résultent que de là jonction ou de Fen* grenure de plusieurs Centres nerveux primitivement distincts. Les dents, comme chacun sait^ se forment par couches, et commencent niême par plusieurs points. Rien n'acquiert la forme ronde qiie par h juxtà-position de plusieurs pièces , et ces subdivisions sont d'autant plus inultipliées que Fembryon est plus jeune , ainsi que l'auteur l'a fait voix' dans ses beUeet recherches sur l'ostéogénie. Il n'est aucun oïlgane qUi^i avant de parvenir à l'état où nous le présente l'animal adulte , n'ait passé par un état transitoire différent; ces formes transitoires sont d'autant plus multipliées que sa composition est plus complexe , une forme plus compliquée étant toujours précédée par unç forme plus simple : aussi pinceurs naturalistes ont-ils cru voir dans les différentes classes d'ai^maux^ leâ
06o ANATOMIE ET J^HtSIOLOGIE ANIMALES,
types de divers degrés de développement des fœtus de classes supérieures , et dans l'anatomie comparée, une répétition de 1 embryogénie; et M. Serres , supposant que dans le système de la préexistence des germes tout oi^ane devoit être dès son apparition ce qu'il devait toujours rester, regarde cette complication graduée, cette addition des oi^anes à des organes, ou, comme il Fappelle, cette sjmthèse cmatomique, comme un puissant argument en faveur du système contraire. Il rappelle spécialement ses observations sur les rapports de l'encépbale de l'embryon bumain avec ceux des oiseaux , des reptiles et des poissons , encéphales dont les formes sont quelquefois maintenues par atrophie dans certains monstres humains , tandis que jamais l'encéphale humain ne se montre dans les monstres des animaux.
M. Serres s'appuie aussi sur les monstres par excès : lorsque d'une simple paire de pyramides , d'une siniple paire d'éminences olivaires , d une protubérance annulaire unique, on voit sortir des pédoncules cérébraux quadruples, et que l'on trouve au delà deux paires d'hémisphères cérébraux, comme cela arrrve dans le monstre nonuné po^op^ par M. Creo£Broy, on voit bien , dit-il , que les lobes cérébraux ne sont pas des efflorescences des pyramides et des olives.
Le travail de M. Serres est terminé par un tableau comparatif du développement du poulet pendant les deux premiers jours , c'est-à-dire jusqu'à l'apparition bien nette du cœur, ou il met en regard les observa-
ET ZOOLOGIE. 36l
tions de Malpighi, de maître Jean, de Haller, et les siennes, qui prouvent évidemment^ selon lui, que la circulation primitive ne sauroit s'exécuter comme celle de l'adulte.
Un mémoire de M. Warren , professeur de, médecine à Boston, a donné la première notice exacte des deux frères siamois, réunis par le sternum, qui depuis sont arrivés à Londres, et y sont devenus les objets de la curiosité publique. Un ligament de la largeur de quelques doigts va d'un cartilage xiphoïde à l'autre , mais , d'ailleurs , chacun d'eux est au complet dans son organisation : leur inteUigence est parfaite, leurs volontés sont distinctes ; mais depuis longtemps la nécessité leur à appris à si bien concerter leurs mouvements, qu'ils marchent, coiurent , sautent, selon que l'occasion le requiert, et sans délibérer, comme s'ils ne formoient qu'un seul individu.
Un phénomène plus extraordinaire a été celui de deux filles nées en Sardaigne , qui ont vécu plusieurs mois malgré une soudure intime de leurs parties inférieures ; les têtes , les brasi et les épines du dos étoient distincts , mais les deux sternums étoient réunis, en sorte qu'il n'y avoit qu'une cavité pectorale et un diaphragme , mais composé de la réunion de deux. La partie des bassins par laqueUe les squelettes se touchoient étoit réduite à un seul os , de façon que ce corps, double presque jusqu'au nombril , étoit porté seulement sur deux jambes , dont chaaine appartenoit à la tête et à l'épine de son côté.
36t ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
A l'intérieur , les trachées , les poumons et les cœurs étoient doubles , mais les cœurs étoient renfermés dans un seul péricarde. Il j avoit aussi deux œsophages , deux estomacs , et le canal intestinal étoit double jusqu'au gros intestin ; mais il n'y avoit qu'un seul oœcum, et l'unité se conseryoit jusqu'à l'anus; ainsi les excréments s'ezpulsoient à la fois. Un seul rein exis* toit de chaque côté y et les uretères aboutissoient à une aeule vessie , tandis qu'il y avoit quatre capsules surrénales et deux utérus avec tous leurs appendices.
Ces deux enfants auroient peut-être vécu encore quelque temps si on les eût mieux soignés ^ quoiqu'un vice de conformation dons les organes circu-* latoires eût tôt ou tard mis fin à la vie de l'un deux ^ ce qui auroit aussi entraîné la mort de Tautre ; car le premier ayant succombé à une inflammation du poumon j l'autre , qui se portoit très bien , a expiré à l'instant même. £n général , l'individu qui a été malade avoit toujours montré plus de Jbiblesse et de soxxmolence; sa sœur, au contraire. , paroissoit gaie et vive , et tétoit avec plus d'appétit.,
MM, Geoffroy Saint-Hilaire et Serins , qui ont suivi de près ce monstre et qui ont présidé à sa dissection ^ sç sont chargés d'en pubUer une histoire détaillée avec des figures y qui doit bientôt paroître.
Pendant que l'attention des physiologistes était dirigée sur cet enfant semi-^double , M. Dutrochet a £ut parvenir à l'gcadémie des observations sur un phé« nomèn^ analogue; une vipère à deux têtes, que la
BT ZOOLOGIE. 365
soudure latérale de deux fœtus sembloit avoir formée. On voyoit sur le dos et sur le ventre les sutures qui indiquoient la jonction des deux corps. Les deux têtes donnoient également , lorsque Tanimal fut pris , des signes de volonté et de colère. La dissection y montra deux oesophages et deux tranchées aboutissant les uns à un seul estomac » les autres à un seul poumon. 11 n j avoit ^ussi qu'un seul cœur et qu'un seul foie; la colonne vertébrale, dans sa partie non bifurquée, se trouyoît formée par la réunion symétrique de la moitié droite d'une colonnç , et de la moitié gauche de l'autre. M. Geofiroy Saint-tiilaire à entretenu l'acadânie de plusieurs autres productions monstrueuses ; il ^ décrit un animal envoyé de Sassenage ^ que l'on prétendoit résulter de Faccouplement d'un chien et d'une brebis ^ et qui ne s'est trouvé à l'examen qu'un agneau ^ dont une partie de la tête était atrophiée. M. Geoffroy le classe dans sa méthode en un genre qu'il appelle sy" notuSf et le naaaaeSjrnotus iSassenagUj d'après le lieu de sa naissance. Il a présenté un enfant dont Iç cerveau avoit disparu et se trouvoit renaplacé par ua tissu spongieux d'une nature particuHère. U a surtout appelé l'attention sur un fait qui lui paroit confirmer sa théorie des causes de la monstruosité : un embryon humain qui s'étoit réguUèrement développé pendant les quatre premiers mois de la grossesse y a été ex-** j^osé à cette époque à des circonstances que l'auteur développe , et qui en ont fait un monstre sans cerveaU' et aans boîtç cérébrale.
364 A29ATOMIE Et PHYSIOLOGIE AKIMALES^
Un genre particulier de monstruosité par excès qui s'est rencontré quelquefois , celui ou Fun des individus est renfermé dans l'autre , ou la monstruosité par inclusion , a été l'objet d'un Mémoire de M. Lesauyage , professeur de médecine à Caen.
Tel fut un jeune homme de 1 4 ans , mort à Yerneuil j en 18049 qui avoit dans le ventre une tumeur fibreuse où se trouva un autre individu , très déformé , très incomplet , et où il était cependant impossible de ne pas reconnaître un véritable fœtus humain. M. Dupuytren en a publié une description à laquelle sont joints des dessins faits par M. Cuvier.
Selon M. Lesauvage , lorsque deux fœtus sont enveloppés dans le même cliorion , ils sont toujours le produit d'un ovule unique dans lequel les deux germes ont été simultanément fécondés ; c'est le seul cas où il se forme des monstruosités par simple réunion , et où aient lieu les différentes inclusions. Les degrés de la réunion sont fort divers : ou les cordons ombilicaux ont seulement leurs vaisseaux anastomosés , ou il n'y a qu'un seul cordon qui ne se divise qu'auprès de l'ombilic y ou bien une inclusion plus ou moins complète a lieu , ou bien enfin il y a bétéradelphie , c est-à-dire qu'un des enfants entier est joint à un autre incomplet. Dy a presque toujours identité de sexe, lorsque deux embryons sont réunis dans le même chorion.
Nous croyons pouvoir, en terminant ce chapitre, indiquer les ouvrages de physiologie que M. Isidore Bourdon a présentés à l'académie ^ et sur lesquels il
a été fait des rapports favorables par MM* Larrey et Geoflfroy Saint-^Hilaire ; le premier est une physiologie médicale , le second , rédigé sous forme de lettres , a pour ol;)jet dç répandre les notions de la physiologie dans un plus grand' nombre de classes. L'auteur se propose d'y joindre une physiologie comparée dont il a déjà présenté la première partie en manuscrit.
M. Isidore Geoflfroy Saint-Hilaire a étudié les caractères des singes d'Amérique , et il a cherché à démontrer que plusieurs de ceux par lesquels on distingue les quadruntianes du nouveau monde , et qui ont été pris de la forme et de la structure des narines , du nombre des dents molaires et de la forme des ongles , n'ont pas toute la généraUté qu'on leur attribue. H cite une espèce du. genre atèle {Ateles: arachnoïdes)^ qui a les narines assez semblables à celles des singes de l'ancien monde. Quant aux dents, l'auteur se fonde, pour douter de l'importance de leur nombre comme caractère , sur une molaire de plus . qu'il a observée de chaque côté de la mâchoire supérieure d'un sajou varié {Cebus variegatus) et sur une autre, au côté droit seulement, mais des deux mâchoires, dans un chamek (^Ateles pentadactylus). Les commissaires de l'académie ont pensé que ces faits pouvaient n'être que des exceptions , et se rapporter aux variations de même nature que l'on observe dans l'espèce humaine. Pour ce qui concerne les ongles , on avoit cru jusqu'ici ces organes aplatis chez tous les quadrumanes , Mais M. Isidore Geoffroy les a trouvés comprimés dans quelques
espèces, dont il a formé un nouveau genre, sous le nom Période, Les espèces de ce genre avoîent jus<ju'à présent été réunies aux atèles , dont elles ont la physionomie générale : mais elles s*en écartent par â&A poils doux au toucher , laineux , d W aspect mat , dirigés, sur le sommet de la tête , d'ayant en arrière ; par des molaires proportionnellement plus grandes , par des incisives égales entre elles et rangées à peu près sur une hgne droite. EHles en diffèrent encore , en ce que les intermaxillaires montant jusqu'aux os du nez , forment seuls, avec ces derniers, l'ouverture antérieure des fosses nasales ; les ongles sont comprimés , les oreilles petites et velues ; les narines arrondies , très rapprochées l'une de l'autre , et plutôt inférieures que latérales. M. Isidore Geofi&oj range dans ce genre trois espèces :
i^L'ériode arachnoïde (y/^a/e^ arachnoïde^ j Geoff. St.-H.) ;
2° L'ériode à tubercule (Jteles hjrpoxahthus , Neuw. );
3^ L'ériode hémidactyle , espèce tout-à-fait nouvelle.
On sait que jusqu'à ces derniers temps une seule espèce de tapir avait été connue des naturalistes, et même qu'on la connaissoit si mal, que le véritable nombre de ses dents, ainsi que leur arrangement, n'a été indiqué , pour la première fois , que par M. Geoffroy Saint-ttilaîre. Une seconde espèce, découverte à Sumatra et dans la presqu'île de Alalacca , (ht décrite 9 il y a quelques années , par MM. Duvaucèl
et Diard ; enfin M. le docteur Roulin a envoyé à Facadémie Thistoire naturelle d'une troisième qu'il à découverte dans les hautes régions" de la Cordilière dés Andes. Cette troisième espèce , parfaitement distincte des deux autres , ofire encore cela d'intéressant , qu'elle se rapproche un peu par sa tête des formes des palaeotheriums. L'auteur en a vu deux individus tués dans le Paràmo de Summapas , à une journée de Bogota , et n'ayant pu en faire l'acquisition en entier, il en prit une figure , et en obtint du moins la tête et les pieds, qu'il a rapportés. La tête difière à l'extérieur de celle du tapir commun par sa forme générale ; son occiput n'est pas saillant , sa nuque est ronde , et n'a point cette crête charnue si remarquable dans l'espèce ordinaire. Tout lé corps est couvert d'un poil très-épais , d'un brun noirâtre; sur la croupe on voit de chaque côté une place nue , large comme deux fois lai pauniô de la ;main , et , au-dessus de la division des doigts , une raie blanche dégarnie de poils. Le menton a une tache blanche qui se prolonge vers Tangle de la bouche, et revient jusqu'à la moitié de la lèvre inférieure ; mais les caractères distinctifs les plus frappants de cette espèce ne se voient bien que dans son scjuelette. Les crêtes temporales sont beaucoup plus basses et ne se rapprochent pas pour former, comme dans le tapir comnaun , une crête unique et élevée ; le bord inférieur de sa mâchoire est beaucoup plus droit, les os du nez sont plus forts, plus alongés et plus saiDants. Sous ces divers rapports , ce tapir des Andes ressemble
davantage à celui de Sumatra , et toutefois , indépen^ damment de la couleur, il en diffère par moins de hauteur proportionnelle de la tête. M. Roulin fait connoître tout ce qui a pu être observé des mœurs et des habitudes de son animal ; il entre dans des détails curieux sur la nomenclature des tapirs en général , dans les différentes contrées de V Amérique où ils habitent , et sur les erreurs dont elle a été l'objet de la part des écrivains.
La découverte de cet animal a permis à M. Roulin d'éclairdr un fait relatif à lliistoire des animaux antédiluviens , et de reconnoitre qu'on devoit appliquer à son tapir ce que les peuplades de l'Amérique racontent d'un grand animal connu sous le nom de pinchaque. Quelques auteurs avoient avancé que cet animal étoit un mastodonte , et ils en avoient conclu que ce genre d'animaux antédiluviens existe jusqu'à présent dans les hautes vallées des Ck>rdilières«
M. Roulin rapporte encore au tapir un animal fabuleux , représenté dans les livres des Chinois sous le nom de mé. Enfin il se Uvre à des explications ingénieuses sur la manière dont les anciens ont pu parvenir à former avec la figure du tapir, l'animal mythologique connu sous le nom de griffon.
L'académie a reçu deux mémoires sur un cétacé échoué sur les cotes du département des Pyrénées- Orientales, le 27 novembre 1828 : l'un de MM. Farine et Carcasspnne, l'autre de M. Campagno. L'animal étoit mort depuis long-temps , l'état avancé de putré-
faction de son cadavre n a pas permis d'en faire une description complète et satisfaisante, et cependant M. de BlainviUe , d'après les figures des ossements qui accompagnoient ces mémoires , est porté à croire que le cétacé qui en fait le sujet doit se rapporter à la balé** noptère jubarte. (JBalœna hoops de linnaeus. )
La conformation des organes sexuels de Fomitho* rhynque, semblables à plus d'un égard à ceux des oiseaux , et le doute où Ton e$t encore sur l'existence de ses mamelles , quoique M. Meckel ait cru les observer, ont fait penser à M. GeoflBroy Saint-Hilaire le père que cet animal doit être ovipare. Il a eu la satisfaction d'apprendre, par une lettre de M. Grant, professeur de zoologie à l'université de Londres , que M. Holmes, qui s'occupe de former des collections d'iiistoire naturelle à la Nouvelle-Hollande pour les naturalistes d'Angleterre, ayant vu, pendant qu'il étoit à la chasse, un ornitborhynque partir de dessus un banc de sable , et se jeter à la rivière , trouva dans un creux de ce sable , à peu près à l'endroit d'où l'animal s'étoit échappé, quatre œufs oblongs d'un pouce trois lignes de longueur sur huit lignes d'épaisseur, d'un tissu calcaire agréablement réticulé, que l'on peut croire lui appartenir.
Ce M. Holmes étant retourné à la Nouvelle-Hollande , on doit espérer qu'il cherchera à résoudre cette question d'une manière tout-à-fait positive.
Le midi de l'Europe nourrit un oiseau de la taille et à peu près de la forme d'une perdrix , mais à queue
370 ANATÛMIE ET PIITSIOLOGIE ANIMALES,
pointue et à jambes emplumées , que les andens connoîssoient sous le nom d'attagen^ et que quelques modernes ont appelé ganga , ou gelinotte des P/rénées. On le range dans la famille des tétras et auprès de la gelinotte ordinaire ^ dont il a plusieurs caractères; mais ses habitudes sont différentes, ses ailes plus longues, son yol très élevé. M. de Blainville en a présenté une description faite d'après nature , et accompagnée d'observations anatomiques nouvelles, où il fait remarquer surtout que le sternum de cet oiseau est fort différent de ceux des autres tétras et même de tous les gallinacés. Dans ceux-ci , entre auti^es caractères , cet os a de chaque côté ^ à son bord postérieur, deux profondes échancrures qui l'entament jusque auprès de son bord antérieur ; dans le ganga , au contraire, il n'y a qu'une .échancrure latérale qui n'occupe que la moitié de sa longueur, et un trou ovale vers le bord postérieur, disposition très semblable à celle que l'on observe dans les pigeons , et qui paroit à M. de Blainville devoir faire assigner au ganga dans la méthode une place plus rapprochée des pigeons que celle qui lui a été accordée jusqu'à présent, et surtout le faire éloigner de la gelinotte , à laquelle on l'assodoit. MM . Audouin eX Milne-Edv^ards , dont l'académie a encou^'agé et récompensé les travaux , en couronnant leur mémoire sur la circulation des crustacés, ont pensé que , n'ayant plus à vaincre des difficultés aussi grandes dans la simple classification des animaux sans vertèbres recueillis dans leurs voyages, ils pouvoient
:a^tite
mettre fin à leur communauté de travaux. M. Milne^ Edwards a commencé par Tordre des amphipodes k série des monographies qu il se propose de publier.
Cet ordre de crustacés à pour type la crevette des ruisseaux; il sMntercalé entre deux autres ordres, celui des lœmodipoles , dont on peut se former une idée par les cloportes, et celui des isopodes, dont les espèces ont des rapports avec les crevettes.
M. Edwards a divisé sa monographie en trois par^ tîes. Dans la première , il compare Forganisation de& amphipodes avec celle des crustacés des deux autres ordres ; dans la seconde , il discute les classifications reçues , et propose la sienne : la troisième est consacrée à l'exposition des genres et des espèces.
Les naturalistes semblent avoir négligé , du moins quant aux espèces , les crustacés nombreux întermé*dîaires entre ceux qui sont à la tête de cette classe par leur grandeur, et ceux que leur extrême petitesse fai* soit placer k son autre extrémité : on ne eonnoissoît qu*une petite quantité d*amphipodes , et la manière incomplète dont elles étoient décrites rendoît leur détermination et leur classification difliciles.
M. Edwards, en mettant à profit les travaux de M. Sav'gny , s'est livré à Tétude comparative de tous les organes extérieurs de ces animaux. Son travail est plein de faits nouveaux et de détails précieux, à l'aide desquels il cherche à fonder une nomenclature plus certaine. Quoique adoptant les coupes des lœmodipodes, des amphipodes et des isopodes, M. Edwards
3^3 ANATOMIK ET PHTSIOIOGIÈ ANIMALBS,
pense que l'on a eu tort d'en faire dos ordres, leurs caractères distinctifs n'étant pas d'une valeur assez importante pour qu'on puisse les qualifier ainsi; illes fait donc descendied un degré, et ne les considère plus que comme des sections dun même ordre , celui des malacostracés édriophtalmes.
. L'auteur rejette pour distinguer les amphipodes des isopodes le caractère tiré de la présence ou de l'ab^ sence des palpes mandibulaires , parce qu'il a observé dans chacun de ces ordres des espèces qui présentoient ces organes, et d'autres qui en étoient privées : il a cherché , pour les distinguer, d'autres caractères dans les appendices abdominaux. Il ^partage, comme on l'a voit fait avant lui, les lœmodipodes en deux fa- * milles, les filiformes et les ovalaires ; dans les amphipodes, il. forme également deux familles, les crevettines et les liypérines; et il subdivise les premières en deux tribus, les sauteuses et les marcheuses : enfin les isopodes comprennent les idoteîdes et les cymothoules. L'auteur a terminé son travail par des tableaux synoptiques qui faciUtent le classement et la détermination des espèces.
, ' Dans un autre mémoire, M. Milne-Edwards a fait connoitre, dans la division des malacostracés podophtaimes , quatre espèces qui lui ont paru inédites et constituer autant de genres. Le premier ( G/r?wcotlwë peronii) se ràppi^oche d'une part des pagures de Fabricius , et de l'autre de deux genres du docteur Leach , les calUanasses et les axius ; les conounissaires
ont cru reconnoître dans ce nouveau genre un genre déjà publié par M. Latreille sous le nom de prophylaxj et placé par lui dans la sous*famille des paguriens.
Le crustacé servant de type au second genre {Sicy(h
nia sculpta) y voisin despenées de Fabricius,.paroit
I aussi avoir été connu des auteurs , et publié sous
les divers noms SiAstacus squilla (Pëtàgna), de
' Cancer pulchellus (Herbst.), de Palœmon carinatus
( (Olivier).
î Les deux autres genres de M. Edwards pâroissent de-
ï voir former une petite section particulière, faisant le
i passage de celle des salicoques à celle des sçhizopodes :
ces crustacés ont quelques rapports avec les pandales fr de M. Leacli, et plus encore avec les pasiphaë de
(• M. Savigny. Dans l'un de ces deux animaux , le Ser^
i gestes atlanticus ^ il y a six paires de pieds anibu-
I latoires, dont la dernière très courte; dans l'autre,
Acetes indicus , il y a deux paires de moins , et le nombre des branchies , exemple unique dans l'ordre des décapodes, n'est que de dix. Ces deux crustacés proviennent des collections faites par M. le docteur Reynaud, dans son voyage aux Indes, sur la corvette • du roi la Chevrette.
M. Edwards a encore fait connoître d'une manière plus approfondie un genre fort extraordinaire, celui à\x phyllosome de Leach, animal aussi mince qu'une feuille de papier, transparent , divisé en trois parties , dont l'antérieure , ou la tête , en forme de
3^4 ANATOMIE ST PQTSIOI«OGIE ANIMALES,
bouclier, porte deux jeux situés à rextrémité de deux longs pédicules ; la seconde partie , ou le thorax , représente aussi une sorte de bouclier, plus peut , trans«- Tarsal , garni sur son pourtour de longues pattes; la dernière pièce , Tabdomen , forme une petite queue triangulaire*
M. Edwards classe dans trois divisions principales IfS espèces qu*il a yuçs et celles que M« Guérin a doo^ nées dans sa monographie du même genre. La pre<mière division comprend les espèces dont Fabdomen ^ beaucoup plus étroit que le thorax , est logé dans une grande échancrure du bord postérieur de celui-ci ; la seconde, celles dont Tabdomen, également plus étroit que le thorax , et ne formant pas avec lui une lame triangulaire , ne s'insère point dans une échancrure ; dans les espèces qui composent la troisième di«* vim>n, Vabdomen est aussi lai^e que le thorax, et constitue avec lui une seule lame de figure à peu près triangulaire.
CeSi deux habiles observateurs (MM* Audouia et Milne-Edvrards ) ont continué de présenter des article de leur travail sur Thistoire naturelle du littoral de la France , et ils ont particulièrement fait connoitre up nombre remarquable d'annelides d'espèces nouvelles , dont plusieurs ofii*ent même des détails d'organisation assez particuliers pour exiger la formation de nouveaux genres. Nous nous proposons d'en rendre un compte plus détaillé lorsque le rapport en aura été fait ^ l'académie .
£T ZOOLOGIE. '^'jS
M* Audouiu , en particulier, a fait oonûoître par des monographies les animaux de plusieurs coquilles sur lesquels on n avoit point encore de içLOtions pté*» dses : ainsi , d'après ses observations j qui avoient été précédées sur quelques points par celles de M. de BlainviUe, la siliquaire, que -M. Delamark rangeoit encore dans les annelides , a dû passer dans TembrAnchement des mollusques et dans là classe des gastéropes , où elle est rapprochée des vermets d'Adansonr. La fente qui caractérise sa coquille correspond à une fente du manteau , laqueUe donne dans la cavité des branchies. Il a confirmé par l'examen de l'animal la place qui avoit été assignée à la gljcimère près du genre mya ; enfin , par sa description delà clavagelle, il nous a préparé en quelque sorte au transport que, d'après les observations toutes récentes de M. Ruppel , on a dû faire de rarrosoir( a5per^///wn , Lam. ), de la classe des annelides dans celle des mol* lusques acéphales.
M. Strauss, qui , dans son anatomie du hanneton, avoit déjà donné des preuves d'une attention infatigable et d'un grand talent pour l'observation et la représentation des détails infinis prodigués dans l'or^ ganisation du moindre insecte , a présenté cette année un grand travail sur les organes du mouvement de la mygale aviculaire.
Déjà Réaumur avoit fait connoître l'organisation des glandes qui préparent la soie de l'araignée. Degeer et surtout Lyonnet avoient décrit et figuré ses orga-
nés reproducteurs , et quelques parties accessoires ; M. Strauss a entrepris sur ces animaux une monographie anatomique détaillée. S'occupant d'abord de leur classification , il propose de faire des arachnides une classe indépendante , qui yiendroit se placer entre les insectes et les crustacés , et qui se diyiseroit en trois ordres:
i* làespulmonéSf chez lesquels l'air pénètre dans des sortes de poches vasculaires, pour agir sur les humeurs tontenues dans des vaisseaux ; ' a* Les trachéens , qui ont la respiration analogue àcelledes insectes;
3* Les branchifères ou gnathopodes, dont les pieds servent de màdioires et de branchies destinées à la respiration aquatique.
Pour, ce qui concerne Tanatomie , Fauteur n'a encore £iît connoitre que les systèmes tégumentaire et musculaire : il a décrit avec détail 149 pièces solides et Sqo oi^anes acti& du mouvement, et il a accompagné ses descriptions anatomiques de dessins admirablement exécutés à la mine de plomb.
Depuis long-temps on se demande comment certaines araignées parviennent à tendre leurs toiles entre des arbres ou d'autres appuis souvent fort éloignés , entre lesquels il y a quelquefois des ruisseaux, ou d'autres obstacles infranchissables pour elles. M. Yirey a vu de petits insectes de ce genre s'élever dans l'air sans aucun soutien extérieur , et se porter ainsi rapidement à d'assez grandes hauteurs ; d'où il conclut
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qu'elles peuvent , en rapprochant leurs pattes , en former des espèces d'ailes, par l'agitation desquelles elles sont en état d'exécuter une sorte de vol.
M. Guvier a décrit un ver parasite qui habite dans le corps des mollusques céphalopodes , c est-à-dire des sèches et des poulpes, et qui, outre sa grandeur, a cela de remarquable qu'il porte sous le coi'ps un très grand nombre de suçoirs ou plutôt de ventouses, telles que Ion en observe, mais en petit nombre, sur les douves et d'autres vers analogues. Ce nouvel animal en a plus décent, et c'est une ressemblance singulière qu'il a avec celui aux dépens duquel il existe. M. Guvier lui a donné le nom â^hectocotjrle. Déjà M. délie Chiaie, naturaliste de Naples , a voit fait connoître un parasite du même genre , mais qui n'a pas tant de ventouses , et il l'avoit rapporté au genre des trichocéphales, qui en est assez éloigné.
M. Mongez, membre de l'académie des belleslettres, a rassemblé tout ce qui se trouve dans les anciens sur les animaux qui ont paru à Rome dans les jeux publics, et en a présenté à l'académie un tableau plein d'intérêt, non-seulement à cause de l'idée étonnante qu'il donne du luxe de ce peuple et des dépenses prodigieuses qu'il consacroit à ces sortes de fêtes, inais encore à cause des renseignements que Ton y puise sur les moyens que les anciens natura listes ont possédés d'observer les animaux étrangers les plus rares.
Dès l'an de Rome 479? ^7^ ®^^ avant J.-C», Cu-
riu8 Dentatus , vainqueur de Pyrrhus , lui prit quatre éléphants que Pyrrhus lui-même ayoit pris surDémétrius Poliorcète ; ils furent les premiers que virent les Romains* En 262 avant J.-C, Métellus en fit transporter à Rome sur des radeaux cent quarante* deux j qu'il avoit pris sur les Carthaginois , et que ion fit tuer à coups de flèches dans le cirque , parce que l'on ne vouloit pas les donner , et que Ton ne savoit cœument les employer. En 1 69 , aux jeux de Scipion Nasica et de PuhliusLentulus, on montra soixantetrois panthères et quarante ours. En 98 y Sylla , lors de sa préture , fit combattre cent lions mâles. Emi* lius Scaurus , dans les jeux célèbres qu'il donna lors de son édilité en 58, fit voir l'hippopotame pour la première fois, accompagné de cinq crocodiles et de cent cinquante panthères. Pompée , pour l'inauguration de son théâtre, montra le lynx, le céphusou guenon d'Ethiopie, le caracal, le rhinocéros unicorne. On y vit six cents lions , dont trois cent quinze mâles , et quatre cent dix panthères : vingt éléphants y combattirent contre des hommes armés. César, 4^ ans avant J.-C, fit voir une girafe et quatre cents lions à la fois, tous mâles, tous à crinière. Ces pro« fusions ne firent qu'augmenter sous les empereurs. Une inscription d'Ancyre loue Auguste d'avoir fait tuer trois mille cinq cents bêtes "sauvages devant k peuple romain. A la dédicace du temple de MarceUus, on fit périr six cents panthères; un tigre royal y parut ; un serpent de cinquante coudées fiit
nioptré au peuple dans le forum ; ayant fait entrer Teau dans le cirque de Flaminius , on y introduisit 36 crocodiles qui furent mis en pièces. Un rhinocé** ros et un hippopotame furent tués lors du triomphe d^Auguste sur Gléopàtre. Les animaux étoient eî^r-^ qés à des travaux extraordinaires. Caligula , 36 ans après J.«-Ç«> &t disputer le prix de la course par des chameaux attelés à des chars; Galha, étant empereur» fit montrer des éléphants funambules ; sous Né" rou (an 58 de J,-GO/ on en vit un, monté par un qhevalier romain , descendre sur la corde , du sommet de la scène jusqu'à l'autre extrémité du théâtre. Cetoi^înt de jeunes éléphants» nés à Rome, que l'on dressoit ainsi ; car alors ou savoit faire produire ces animaux en domesticité. Claude eut à la fois jus^ qu*à quatre tigres royaux , dont on a trouvé le mo»nument il y a quelques années. Ite sage Titus luimême , à la dédicace de ses thermes , Uvra à la mort neuf mille animaux , tant sauvages que domestiques , et on y vit combattre des femmes. Un livre tout entier des Epîgrammes de Martial est destiné à célébrer les animaux que Pomitien fit paroître, Tan 90 de J.-C«, et auxquels ont fit la chasse aux. flambeaux; une femme y combattit contre un lion; un tigre royal y mit un autre lion en pièces. Des aurochs y furent attelés à des chars. Ce fut là que Ion vit pour la première fois le rhinocéros à deux cornes , qui est même représenté sur des médailles de cet empereur. Aux jeux que Trajan donna après avoir vaincu Décé-
38o AHATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
baie, roi des Parthes, Fan ïo5 de J*-C. , on fit mou-rir , S-*!oa Dion , qui étoit contemporain , jusqu'à onze mille annnaux domestiques ou sauvages. Antonin montra des éléphants , des crocodiles , des hippopotames , des tigres , et , pour la première fois , des crocute*s ou hyènes*, et des strepsiceros. Marc-Aurèle, plus sensible , eut horreur de ces spectacles; mais ils reprirent avec une nouvelle force sous Domitien , qui , à la mort de son père , donna des jeux pendant 1 4 jours, et y tua un tigre, un hippopotame et un éléphant, et y trancha le cou a des autruches. Hérodien remarque même que ces autruches faisoient encore quelques pas, ce qui ne m'étonne* point ; car j en ai vu faire autant à des canards. Une des plus curieuses de ces exhibitions fut ceUe de Philippe, Fan 1000 de Rome (248 de J.-G. ) : les animaux rassemblés pour cette fête , par Gordien III , qui espéroit la célébrer , consistèrent en trente-deux éléphants, dix élans, dix tigres, soixante lions apprivoisés, trente léopards , dix hyènes , un hippopotame , un rhinocéros, dix girafes, vingt onagres 5 quarante chevaux sauvages, dix argoléons, nom dont la signification est inconnue , et beaucoup d autres qui furent tous tués.
Probus , à son triomphe , planta dans le cirque une forêt où se promenèrent mille autruches, mille cerfs, mille sangliers , mille daims , cent lions et autant de lionnes , cent léopards de Libye et autant de Syrie , trois cents ours, des chamois, des mouflons, etc.
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ET ZOOLOGIE. 38l
n semble même que les sangliers cornus , qui parurent aux Jeux de Garus et de Numérius, chantés par le poëte Calpurnius, aient été des babiroussa. Constantin probiba les jeux sanglants et les combats du cirque , et cependant Symmaque , sous Théodose , parle encore de panthères, de léopards, d'ours, d'addax, de pygargues; il rapporte que des crocodiles, qu'il destinoît au cirque, périssoient par une diète de quarante jours. Claudiendit quHonorius avoit des tigres attelés à des chars , et Marcellin attribue à Justinien d'avoir fait paroître vingt lions et trente panthères. La difficulté de se procurer des animaux que de pareilles destructions avoient dû éloigner des provinces romaines, et la diminution des ressources de l'empire, contribuèrent sans doute, autant que l'humanité, à faire cesser ces usages barbares , qui avoient peutêtre été introduits dans l'origine jpour maintenir dans l'habitude du sang un peuple que l'on destinoit à faire sans cesse la guerre.
M. Duméril a donné une quatrième édition de ses Eléments des sciences naturelles y ouvrage où non-seulement la zoologie , mais la botaiiique et la minéralogie, sont analysées de la manière la plus favorable à une première étude, et. ou les principaux caractères exposés dans le texte sont. encore représentés par des figures au trait qui en donnent les idées les plus nettes.
. M.' Cuvier a publié une seconde édition de son Règne animal^ où il s'est efforcé de présenter les
progrès de la zoologie et les principales acquisitions qu^elle a faites dans les dernières années. Des cânq volumes dont cette édition se compose , les deux der« niers, qui comprennent les crustacés , les annelides et les insectes, sont entièrement l'ouvrage de M. Latreille , qui , de son côté , s^est attaché à choisir parmi cette prodigieuse multitude d'êtres appartenant à ces trois classes, ceux qui, par leur conformation et les changements qui en résultent dans les distributions méthodiques , étoient le plus dignes d'entrer dans un semblable tableau.
Une entreprise qui contribuera à faciliter l'étude de cet ouvrage, c'est V Iconographie du règne animal de M. Guérin , où, sous une forme commode et peu coûteuse, il sera donné une figure, au moins, de chacun des genres qui y sont indiqués , avec leurs ca^ ractères les plus distinctifs.
M. Cuvier a publié cette année le quatrième et le cinquième volume de l'Histoire des poissons , & laquelle il travaille avec M. Valenciennes. Le quatrième traite des acanthoptérigiens à joues cuirassées, tels que trigîes , cottes , scorpènes et genres analogues ; le cîfl* quième des sciénoïdes ou sciènes de Linnaeus, dux* quels les auteurs associent divers petits poissons con* fondus jusqu'ici avec les chœtodons. Ces deux volumes, tédigés par M. Cuvier , contiennent les description! de 408 espèces , et sont ornés de 68 planches , parflU lesquelles on peut remarquer ceDes qui représentent les singulières vessies natatoires de plusieurs sci^'
£T ZOOLOÛIS. 383
noïdes. Le sixième volume, qui traite des sparoïdes, et qui est pour la plus grande partie de la rédaction de M. Yalendennes , paroîtrasous peu de jours. Le septième , où seront décrits le genre des chœtodons de . Linnaeus ,et les genres analogues, est déjà sous presse.
l VOYAGES.
Jamais, peut-être, l'histoire naturelle ne s*étoit enricbie des produits d*un plus grand nombre de voyages, que dans Tannée qui vient de s'écouler. Non^ seulement les expéditions entreprises par Tordre dti gouvernement , Tune en Morée , sous la direction de M. Bory Saint-Vincent, Tautre autour du monde, sous la conduite de M. Durville , se sont heureusement terminées , mais plusieurs voyageurs , guidés uniquement par leur zèle et par leur amour pour la science , ont obtenu les résultats les plus précieux. Nous devoni citer principalement dans ce nombre les officiers de la gabare du roi la Chevrette , qui a navigué dans les mers de TInde , et surtout M. Reynaud , son chirur^ gîen major ; M. Belenger, qui a suivi en Perse et aux Indes M. le vicomte Desbassyns, gouverneur de Pon-« dîchéry ; enfin, M. Rifaud qui, par son zèle pour les sciences et les arts, s*est étabU dans la haute Egypte, et y a séjourné près de vingt ans.
Les recherches de ce dernier voyageur sont un
384 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE AJflMAJLES,
exemple de ce que pourroient faire tant d'hommes établis dans les colonies ou dans les pays étrangers, et à qui leurs occupations lucratives laissent des moments de loisir , s'ils se défioient moi s de leur peu d'iustructioD. Il n est pas nécessaire d'être absolument naturaliste pour être très utile à l'histoire naturelle : du zèle j un sens droit , l'habitude de l'art du dessin , ont mis M. Rifaud à même de rendre à cette science des services qui n'auroient peut-être pas été au pouvoir d'un naturaliste de profession.
Une observation importante et glorieuse à la fois nous est également suggérée par quelques autres des travaux dont nous nous occupons. Les produits du voyage des officiers de la Chei^rette sont une manifestation du zèle qui anime les officiers de notre marine, ainsi que des connoissances scientifiques qu'acquièrent aujourd'hui les officiers de santé dans les excellentes écoles créées par le ministère de ce département. C'est d'ailleurs un caractère tout nouveau imprimé aux expéditions maritimes exécutées dans ces derniers temps par les François, que ces riches détails d'histoire, naturelle ajoutés aux découvertes de géographie. Ils les distinguent bien avantageusement de celles des autres peuples, et ils en rendent les relations intéressantes pour une classe de lecteurs auxquels les détails nautiques et hydrographiques paroissoient un peu arides; la connoissance qu'ils nous donnent des productions des diflférentes contrées, est un complément nécessaire à ^ la description de leurs côtes et de tout ce qui
Êdsoit autrefois l'objet presque unique de Ces sortes de voyages.
M. Bifautestun artiste exercé , quW goût décidé pour les arts et les voyages a déterminé à parcourir les diverses parties du Levant. B a communiqué à l'académie les collections et les dessins d'histoire naturelle qu'il a rapportés d'Egypte, après un séjour de treize années dans ce pays. Il y a tout rassemblé, quadrupèdes, oiseaux, poissons, insectes, végétaux, on voit même et en grand nombre, dans ses cahiers, des squelettes de toutes les classes de vertébrés. C'est particulièrement pour ce qui concerne les poissons du Nil que ces collections sont précieuses : une comparaison attentive des dessins et des squelettes de M. Rifaut, avec ceux que M. Geofiroy a publiés dans la grande description de l'Egypte , a fait connoitre l'existence de quelques espèces nouvelles dans plusieurs familles, comme celles des silures, des mormyres, des dupes, etc.; enfin un genre entièrement nouveau de l'ordre des apodes. Au reste , c'est moins par les objets nouveaux qu'elles peuvent contenir , que les collections de M- Rifaut sont précieuses , que par le soin que ce voyageur a eu de recueillir et de noter avec ordre les noms que les espèces portent dans la haute Egypte : pour les poissons, les époques de leur apparition, de leur frai, le goût de chacun aux différentes époques de l'année ; les usages que l'on ei\ fait , les procédés de leur pêche : pour les plantes , l'emploi que les habitants du pays en font, soit en médecine ^ soît dans
réconomie domestique ou dans les arts industriels, et les croyances superstitieuses qui se rattachent à beaucoup d'espèces. Cette partie de son travail est celle dont on doit espérer plus d accroissement pomr la science , parce que , trop souvent négligée par les voyageurs ordinaires dans leurs courses rapides, elle ne pouvait être exécutée avec succès que dans la position rare et difficile où l'auteur a eu le courage de se placer et de persister pendant une longue suite d'années.
Des observations et des collections nombreuses ont été faites par les officiers de la gabarre du roi la Che-^ vrette , pendant le voyage qu'elle a exécuté dans la mer des Indes , et surtout dans des parages qui sont peu fréquentés par nos vaisseaux , et où ne s'était en-* core rendu aucune de nos expéditions scientifiques : nous voulons parler de Ceylan , du pays des Birmans, et du fleuve de l'Irraouadi , qui l'arrose. L'académie a reçu les communications de ces messîeui*s avec d'au^ tant plus de reconnoissance , qu'il n'entroit pas dans leur mission de faire des collections , ni même de s'ock cuper d'une manière expresse de l'histoire naturelle : cependant cette tâche qu'ils se sont eux-mêmes donnée , ils l'ont rempUe aussi bien que s'ils s'y fussent préparés de longue main. M. Reynaud, chirurgien major, encouragé par son chef, M. le capitaine Fabré, et secondé surtout par MM. deBlosseville, lieutenant, et Gabert, commis aux vivres^ a pu suffire, par son ardeur et par un grand esprit d'ordre , au double travail
de naturaliste «t de médecin dont il étoît chargé. Ses collectionâ , avec les notes et les dessins qui s'y rapportent , présentent un ordre et une précision parfaite. D'après les catalogues qui en ont été rédigés , ces collections €(Hnprennént 16 espèces de mammifères, 336 d'oiseaux, 37 de reptiles, a38 de poissons^ 271 de mollusques, 16 d'annélides, i32 de crustacés, 690 d'insectes et arachnides, et 161 de zoophytes. Il y a de plus 108 espèces de coquilles. La partie la plus précieuse pour la science consiste dans les objets conservés dans la liqueur, et qui offrent au naturaliste les moyens de constater leur oi^nisation intérieure aussi bien que tous les détails de leur extérieur. Il y a de plus dans ces collections des espèces assez nombreuses, qui , n'ayant jamais été publiées , sont nouvelles pour les naturalistes : 3 sont présumées dans ce cas parmi les mammifères , 24 parmi les oiseaux , 20 parmi les teptiles , plus de 60 parmi les poissons , 35 parmi les mollusques , 1 2 parmi les annélides , dont trois genres certainement nouveaux, gS parmi les crustacés, et au moins 20 genres nouveaux dans les espèces micro* scopîques.
Dans les trois volumes de figures exécutés par ces messieurs , les naturaUstes voient surtout avec satîsfectîon les images de tant de méduses, de biphores et d'autres zoophytes transparents et gélatineux , de tant de petits crustacés microscopiques , qui ne pouvoient être conservés pour la science que par cette attention qu'ont eue nos observateurs de les dessiner vivants et
dans Feau même où ils avoient été pris. Nous apprenons chaque jour ainsi combien il reste encore dans les vastes abîmes de TOcéan de richesses à explorer , et combien peu nous pouvons nous flatter dWoir rempU les cadres du grand système de la nature.
M. le docteur Adolphe Bélenger a fait parvenir à l'académie , par le ministère de l'intérieur, les résultats du voyage qu'il a fait par la route de terre aux Indes orientales, en accompagnant M. le vicomte Desbassyns, gouverneur de Pondichéry. Ce yoyage a duré quatorze mois, et M. Bélenger a , autant qu'il Fa pu , mis à contribution les diverses contrées qu'il a traversées. En Géorgie, en Perse, à Bombay, à Mahé , sur la côte de Malabar, puis dans les excursions qu'une fois établi à Pondichéry il a entreprises dans le Carnate et sur la côte de Goromandel , au Bengal , dans le pays des Birmans et à Java, M. Bélenger a recueilli de belles collections ^oologiques et botaniques. C'est par milliers qu'il faut compter les diverses productions naturelles qu'il s est procurées. Le Pégou surtout, qui n'a voit encore été visité que par le docteur Wallich , lui a donné le plus de choses nouvelles. On lui avoit particulièrement recommandé la partie des poissons, comme celle qui se trouvoit le plus incomplète au cabinet du roi. Les divers envois qu'il a faits , et surtout les espèces prises dans les rivières du Bengale et dans l'Irrawadi, ou le grand fleuve des Birmans , sont des matériaux très précieux pour l'ichthyolc^e. L'erpétologie s'e3t également enrichie «
nous avons remarqué principalement de grands pithons , un nouveau genre de tortues à quatre doigts à tous les pieds , et beaucoup de ces petites espèces de sauriens et de batraciens , que les voyageurs négligent trop souvent. Parmi les insectes, i5o espèces environ manquent à la collection du muséum d'histoire naturelle , et parmi elles quelques-unes sont très remarquables.
M. le ministre de l'intérieur a fait remettre à l'académie les divers rapports qui lui ont été faits par la commission scientifique envoyée en Morée pour explorer le pays sous la protection de Farmée françoise. Le chef de cette commission pour l'histoire naturelle , M. le colonel Bory de Saint- Vincent, nous a fait connoître les travaux de chacun de ses membres , les fatigues qu'ils ont éprouvées , et les diverses contrées qu'ils ont parcourues : ses rapports contiennent des détails nombreux sur la géologie , sur la minéralogie et sur toutes les branches de l'histoire naturelle de ces contrées. Pour ce qui est relatif à ce dernier sujet , les collections que le muséum d'histoire naturelle a reçues ont offert beaucoup d'intérêt : on conçoit que dans un pays comme l'ancien Péloponèse , si rapproché de nous , et connu depuis tant de siècles , on ne devoit pas espérer de découvrir des types d'organisation bien nouveaux ; mais les recherches de ces messieurs ont fait connoître , principalement dans les oiseaux , dans les reptiles et dans la classe des insectes , un certain nombre d'espèces qui paroissent nouvelles, et ont
SgO ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
fourni sur d'autres des renseignements plus complets; enfin , les collections du Jardin du roi se sont enri* chies d'un assez grand nombre d espèces qu'elles ne possédoient point , quoique les naturalistes en eussent parlé depuis long -temps.
De tous les voyages dont Tacadéimea eu à examiner les résultats y le plus important , sans contredit , est le voyage de découvertes exécuté sous les ordres de JM. le capitaine Durville ; les travaux de ce savant et intrépide navigateur ont, à plusieurs reprises, oo* cupé Facadémie pendant le cours de cette année i et ceux des naturalistes de cette expédition ont surtout attiré son attention. MM. Quoy et Gaymard étoient déjà glorieusement connus par leur participation an voyage de M. le capitaine Freyeinet, et dans cette nouvelle expédition ils ont envoyé et rapporté des collections plus considérables qu'il n'en avoit été formé jusqu'à ce jour par leurs prédécesseurs ni par euxmêmes. Les rapports faits à ce sujet par les commis* saires de l'académie ont été imprimés avec le pros** pectus de l'ouvrage, où leurs récoltes vont être décrites, ce qui nous dispense d'entrer ici dans un plus grand détail ; et d'ailleurs nous aurons occasion d'y revenir lorsque nous parlerons de cet ouvrage, dont la pu^ blication est déjà commencée.
ET ZOOLOGIE. Sgi
M. le docteur Bennati a lu à Tacadémie un mémoire sur le mécanisme de la voix humaine pendant le chant, et les résultats de ce travail, sans être entièrement neu& pour la science , ont été appuyés par lui de preuves et d'observations nouvelles , et ont acquis sous sa plume un développement qui fixera davantage l'attention des physiologistes. L'objet principal del'au*teur est de faire connoître la part que prend dans les modulations de la voix un organe dont les fonctions sous ce rapport ont été très incomplètement étudiées : c'est le voile du palais , ou plutôt le détroit du gosier, Sormé dans le haut par le voile du palais , sur les côtés par ses piliers , et en dessous par la base de la langue.
M. Bennati, qui joint aux connoissances relatives à sa profession un grand exercice dans l'art du c:hant, ayant donné une attention particulière aux mouvements du détroit du gosier, s'est assuré que la langue elle-même, en se relevant ou en s'abaissant, et même en se courbant en canal , exerce une influence puissante sur les modulations , et que , pour que le larynx puisse donner une intonation quelconque , il est nécessaire que l'os hyoïde soit maintenu fixement dans une position déterminée. Il a reconnu en outre que les notes, appelées improprement de la tête etde/ausset, sont dues au travail presque exclusif, à la plus forte
39a ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
œntraction de cette partie supérieure du tuyau vocal. Il les appelle en conséquence notes surlaryngiennes , et il nomme leur réunion second registre^ pour les distinguer des notes dites de poitrine qu'il aime mieux appeler laryngiennes y et dont il nomme Fensemble premier registre. Il ne veut pas dire cependant par^ là que le larynx ne soit pour rien dans les unes ; ni le gosier dans les autres ; mais il veut seulement montrer la part plus essentielle que prend le gosier à celles du second registre. Quant au troisième registre, dont parlent quelques méthodes de chant , il le regarde comme ims^naire, et dû seulement k la vibration plus ou moins forte des dernières notes du premier et des premières du second.
Dans les soprani s£[^ati , qui , au moyen du second registre , dépassent Téchelle ordinaire du soprano , on voit la langue se relever par ses bords et former une cavité semi-conique. Dans les soprani parfaits ^ dont la voix est modulée presque exclusivement par le premier registre, la langue présente au contraire une surface arrondie par rabaissement de ses bords , et ce qui n'est pas moins remarquable , leur langue est d'un tiers plus volumineuse que dans les sujets ordinaires.
Venant ensuite aux autres parties du détroit du gosier, M. Bennati fait remarquer que dans les sons graves 9 en même temps que le larynx s'abaisse, le voile du palais se hausse et se porte en arrière , que la luette se raccourcit et prend plus de consistance.
Le contraire arrive dans les sons aigus. Pendant
BT zaOLOGIK. 393
que le larynx s^âève , le voile s'abaisse , se porte en avant; la luette se replie sur elle-ménie, et, dans les notes les plus aiguës du second registre , elle dispaix)it tout-à-fait; le détroit prend la forme dun triangle légèrement émoussé à son sommet : aussi les ténors contraltini et les soprani sfogati ont-ils les parties de ce détroit infiniment plus développées et plus mobiles que les basses tailles, et il y a des différences proportionnées entre les cbanteurs des autres parties.
Ceux qui sont obligés d'employer souvent les notes du second registre éprouvent le sentiment de la fatigue précisément au voUe du palais , tandis que ceux dont le chant dépend surtout des notes du premier registre ressentent la fatigue aux régions diaphragmatique et thoradque.
M» Bennati tire de ses observations des règles d'hygiène et de thérapeutique qui méritent de fixer l'attention des praticiens. H cite le fait remarquable d un amateur très habile chanteur, qui, s'étant fait extirper une partie des amygdales , acquit deux notes du premier registre , et en perdit quatre du second.
Il conclut son mémoire par cette proposition , que ce ne sont pas les seuls muscles du larynx qui servent à moduler les sons , mais encore ceux de l'os hyoïde, ceux de la langue et ceux du voile du palais j sans lesquels on ne pourroit atteindre à tous les degrés de mo^ dulation nécessaires pour le chant : d'où il résulte que l'organe de la voix est xm instrument sui generis , un instrument inimitable par l'art , parce que la matière
de son naécanisme n'est pas à notre dîspositiQn , et que nous ne concevons pas mânie comment il s approprie à l'espèce de sonoreité qu'il produit.
M. le docteur Gerdy a rappelé à cette occasion à l'académie que lui-même avoit présenté plusieurs, vues en partie semblables, dans le Dictionnaire de médecine et dans le Bulletin de M. de Férussac.
On a cru , pendant long-temps, que c'étoit l'eau en nature qui étoit respirée par les poissons. On a reconnu ensuite que la respiration de ces animaux ne s'exécute qu'au moyen de l'air, ou , plus exactement, de l'oxygène de l'air contenu dans l'eau, et l'on a dû se demandai dès lors quel est donc le rôle que joue l'eau dans cette respiration?
C'est la question que M. flourens s'est proposé de résoudre.
L'eau ne peut avoir, dans la respiration des poissons , que trois genres d'actions : ou une action chimique , ou une action physique , ou une action mécanique. Or, n'étant pas respirée ^ c'est-à-dire décomposée^ elle n'a pas d'action chimique; d'un autre côté , on a beaucoup trop exagéré son action physique ; et, quant à son action mécanique ^ laquelle est pourtant la principale, oomme le montre M. Flourens, on ne s'en étoit pas occupé encore.
Le but final de* tout le mécanisme respiratoire est de présenter le sang à l'air; d'où il suit que, tout étant égal d'ailleurs , la respiration sera d'autant plus complète, que l'organe respiratoire présentera plus
BT ZOOLOGIE. 395
complètement le sang à l'air. Or, pour obtenir ce résultat, il faut qu'il acquière le plus grand développement possible.
Dans les animaux à poumons vésiculeux et internes, mammifères, oiseaux , reptiles , deux ressorts distincts déterminent le développement de l'organe respira-* toire, savoir : le mouvement actif du thorax, tt l'élasticité de l'air qui pénètre dans les poumons à mesure que le thorax se dilate.
Dans certains reptiles, dans les battadens, par exemple , le mécanisme a un peu changé , en ce que c'est la gorge qui se dilate , et que l'air est ensuite avalé, mais le résultat est toujours le même.
Dans les poissons comme dans les vertébrés aériens l'organe se compose de deux appareils distincts, l'un, extérieur, qui comprend les deux mâchoires , l'arcade palatine , l'hyoïde, les opercules , la membrane et les rayons blanchiostèges ; l'autre , intérieur, qui se compose, du moins dans les poissons osseux ordinaires, les seuls dont il s'agisse ici, de quatre paires de branchies portées sur quatre paires d'arcs.
Chaque branchie se compose de deux feuiUets, cbaque feuillet d'un rang de lames ou franges ; et ce sont ces lames, ces franges, ces feuillets, ces bran^ chieSy en un mot, qui sont l'organe respiratoire même , ou les poumons des poissons.
Duverney a , le premier, fait connottre avec détail toute cette structure si compliquée, et M. Gu« vier, dans son grand ouvrage sur Yhistoire natu-
relie des poissons , vient d'en porter l'étude anatotomique à un grand point de précision.
C'est de toutes ces parties , si nombreuses et si variées, qu'il s'agissoit d*abord d'assigner le véritaUe rôle. Le second point étoit de démêler le rôle précis que joue l'eau au milieu de toute cette complication de parties.
A cet effet, M. Flourens a successivement exa* miné le jeu de l'appareil respiratoire des poissons dans l'air et dans l'eau.
Quand le poisson respire dans l'eau , on voit tout son appareil respiratoire extérieur se mouvoir dans un certain ordre , se dilatant pour l'inspiration , se resserrant pour l'expiration; mais on voit de plus les branchies, et toutes leurs parties se mouvoir de même, ou se dilater ou se resserrer alternativement.
Or, de ces deux appareils , il n'y a plus dans l'air, d'après les expériences de M. Flourens , que l'appareil extérieur qui joue; l'intérieur, c'est-à-dire l'organe respiratoire même , l'organe qui seul , par son développement, présente le sang à l'air, reste immobile; les branchies ne forment plus qu'un faisceau solide ; l'air ne les pénètre plus, ou ne les pénètre du moins qu'imparfaitement; et voilà pourquoi le poisson meurt dans l'air par asphyxie.
Dans Teau, les branchies, i** s'écartent et se rapprochent tour à tour les unes des autres ; 2° elles s'écartent l'une de l'autre en se portant en avant , et elles se rapprochent en se portant en arrière ; 3** dans leur
rapprochement elles ne vont jamais jusqu'à se toucher, mais elles gardent toujours un certain intervalle entre elles ; 4^ au contraire , les deux feuillets de chaque branchie , après s'être brusquement détachés et écartés, se réapphquent promptement et com* plétement Tun sur l'autre; 5^ les branchies sont continuellement agitées d'un double mouvement d'extension et de raccourcissement alternatifs d'une part , et de relations d'arrière en avant et d'avant en arrière de l'autre ; et &" les lames ou franges de chaque feuillet, après s'être écartées , se rapprochent et vont quelquefois jusqu'à se toucher.
Ayant ainsi déterminé les divers genres de mouvements propres à chacune de ces parties, M. Flourens a voulu déterminer l'ordre que ces mouvements observent entre eux; et il a constaté, i"* que la rotation des arcs et des branchies en avant, la séparation des deux feuillets dé chaque branchie , l'éloignement des lames ou franges de chaque feuillet , c'est-à-dire tous les mouvements d'écartement ou de développement s'opèrent simultanément; 2* que, par opposition , la rotation des arcs et des branchies en arrière , la rejoncticm des feuillets , le réappUquement des lames, c'est-à-dire tous les mouvements de resserrement ou de rétrécissement s'opèrent aussi simultanément ; et Z"* que chacun de ces deux mouvements principaux correspond toujours au mouvement pareil des parties extérieures de la respiration.
n ne restoit plus qu'à expliquer conûtment le mou^
398 ANATOMIE ET PHTStOLOGlE ANIMALES,
vémeat et le développement des branchies 8*opèreiit dans l'eau, et comment îla oe peuvent pas s'opérer dans l'air.
le poisson , étant dans Tair , ne peut dilater ou dé-* yelopper se branchies ) succomber par asphyxie dans Veau à peu près aussitôt que les poissons mis dans Tair.
On voit donc que la contradiction entre ces deux faits , Tun , que le poisson ne respire dans l'eau que Tair , et lautre ^ qu'il . meurt asphyxié dans f air 5 n'est qu'apparente ^ puisque c'est précisément quand il est dans l'air que l'air ne pénètre pas dans ses organes respiratoires , et que l'air n'y pénètre que quand il est dans l'eau.
On voit aussi combien est peu fondée l'opinion de Duvemey,qui, pour expliquer ce singulier contraste^ suppose que le poisson meurt asphyxié dans l'air , parce que ses branchies laissent un passage trop Ubrô, trop large à Pair; c'est précisément , au contraire , parce que l'air n'y peut plus passer ou les pénétrer.
n a été présenté à l'académie, dans le cours de cette année , plusieurs monstruosités plus ou moin:^ remarquables. M. GeofiSroy Saint-^Hilaire , qui a été chargé d'en faire l'examen , a décrit avec beaucoup de détail les faits qu'elles lui ont présentés , et il les a rattachés, avec des développements nouveaux, aux idées qu'il a déjà pubhéessur ce sujet dans plusieurs de ses ouvrages. Chacun de ces exemples lui a en même temps fourni l'occasion de citer des faits analogues aujourd'hui oubliés , qu'il a retrouvés épars dans différents auteurs anciens.
La prerai^e observation est relative à une fflle
bicéphale, née dans les Pyrénées, et presque entièrement semblable k ceUe qui avoit attiré l'attenlion publique quelque temps auparavant, sous le lunnde Eitta-Christina. M. GeofiBnoy a reconnu que les détails anatomiques se trouvoient à peu de chose près les mêmes dans les deux sujets ; seulement il fait remarquer dans le dernier un appendice qui se trouve vers un point médian de la croupe , et qui , suivant lui , n'est qu'une saillie tubulaire des téguments, où les vaisseaux et nerfs cruraux sont venus aboutir et finir ; il ajoute : « Que si Fatrophie qui a arrêté ce commencement de l'évolution des jambes n'eût point exercé son influence, la seconde paire d'extrémités postérieures aim)it été produite sans aucun doute. »
Un autre enfant double a été observé à Salies , département des Basses-Pyrénées. Ce sont deux enfants jumeaux joints ensemble par les régions pubiennes et ischiatiques. M. Geoi&oy range ce monstre dans le genre que M. Dubreuil a nommé ischiadelphe, et, pour expliquer cette forme d'oi^nisation , il expose une théorie dans laquelle , conune il le dit lui-même, il ne reste plus sous la dépendance des grandes et inextricables complications des parties de l'animalité, comme on les a admises jusqu'à présent, mais où 3 invoque les seules lois de la physique générale, (p^ lui paroissent suffire pour rendre raison de cet arraO' gement des choses.
La troisième de ces monstruosités est. celle d'un
ET ZOOLOGIE. /^Qt
enfant né vivant avec quatre membres inférieurs , que M. Geoflfroy a obseryé et décrit, et pour lequel il propose la dénomination générique d'iléadelplie. S*ogcupant d abord de l'avenir de cet enfant , et le considérairt comme devant appartenir à la classe ouvrière de la société, il fait voir que non-seulement sa vie n'est pas compromise, mais qu'il est peu d'états qu'il ne puisse un jour embrasser. Entrant ensuite dans le détaiT et dans lexplication des faits anatomiques : « La monstruosité, dit-il, consiste dans l'existence » d'un train de derrière en plus; un noyau osseux, )> lequel n'a pu , faute d un emplacement suffisant , )> fournir au développement entier d'un second bassin , » se trouve intercalé postérieurement entre la partie n gaucbe du bassin normal et le coccyx; ce noyau » osseux , réunissant avec des conditions d'atrophie » les éléments de deux os iléons et ischions , il pou- » voit suffire , et il a suffi en ejBfet de ces parties in- » tercalées pour qu'un second train de derrière sur- » vînt , et , figurant comme un hors-d'œuvre accroché » à un être d'ailleurs parfaitement régulier, réussît, » sans y apporter d'obstacles , à se marier aux arran- » gements préfixes d'un système organique.» L'auteur termine en insistant sur l'importance de trois cicatrices bien visibles qu'il a observées sur le train surnuméraire , et qu'il regarde conune les vestiges d'une bride membraneuse qui, durant la première moitié de la grossesse , a fiixé les membres associés aux menfi*
branes placentaires^
t- v. ifi
Le quatrième fait est celui d'ua Teau né arec deux têtes et un double train de devant.
Un mémoire de MM. Meyranx et Lnureneet^ dana lacpiel cet deux naturalistes croyoient pouvoir éta^* Uir une analogie d organisation entre les eéph^lopo^ dea et les animaux vertébrés, par la seule «uppoaitiaa que le céphalopode teroit un vertélwé plojé ea deux par le dos, etde manière que le bassin et les jambes reviendroient près de la tête , à jant donné lieu à un rapport où cette explication étoit présentée ooBuni détruisant le hiatus, la limite tranehée^ reconnue jusqu'à fNrésent entre les animaux vertébrés et les mollusques , M. Guyier jugea nécessaire d'ezaminef cette question , ce qui occasiona entre lui el M 4 Gee& froj Saint-Hilaire un échange de quelques mémeire^^ eu des questions beaucoup plus générales furent trai'* tées I et particulièrement ceUe de savoir si la ressotfa' Uanee de plan et de composition , que tout le mottdtf avoue ayoir lieu entre les animaux vertéfaréa^ a'étetid aux autres embranchements du règne animal^ M ai^ patmi les vertébrés eux-mêmes f cette rejsemblftiifitf va au point de pouvoir être appelée une identité dé composition^ ou, comme s'exprimoit d'abord M. OeB^ froy en termes absolus^ si ies mêmes parties èé popèteni indéfiniment dans les animûua:.
Ces sortes de discussions se résolvent d'ùrditaiw en distinctions subtiles; de paK et d'aube ^ qtiaëâ ou se sent {Misssé, on se retranëlie dans de nivelles définitioas ; on cherche à donner . à ses expressîMi^
ST IBOQIiO&IB- 4^3
une interprétation difl^rente de celle que leur attri^ hnoit celui auquel On tépond , et oe qu'il en reste d'utile $e borne presque toujours eux fdfs quecha* que auteur recherche dans le l^esoin de sa défense , •t dont il est i*arë qu'il o'j en ait pas qUelqUes^nni neuVeaut pour Ick seletiee. C'est aussi ee qui est arrité dans eetté occurtenee. M. Geoffroy ^ peur loutank set idfiea d'utie eoipposition identique ^ 4 etaniintf beaufipup de parties des squelettes qui n'avoient poiti| enrare été sùffisammetit cx)mparées. Il y ft &it toif daps e6i*tains animant ÛBà ressemblances qui n'y ayoiwt point encore été aperçues^ M. Cuvier^ pour cGonbattfe ees idées, a repris cette comparaisoU) il tt Bieotré les énormes àifiSirences de nombre et de eon^' nexion que ees mâmbi parties offi*ent dans d'àUti^eS abimausé H a fait voir que ^es parties diéparbisseilt même absolument dans des ihmilléB ehtièrëft | il éfit a tendlu qu'il ne s'y trouve iA Unité constante de pkn , ni unité constante de compositiOU; M Geôf» &9J a déclaré alors que par Utiieé il éUtenddit seu»' kmeht analogie ^ et que le vi^ai uotii de sa théorie est théorie des analogues ^ et il à inëisté sUf les and^ logiei s plus suivies et plus particulières , qUë dette théorie lui a fait découvrir relativement à l'os hyoïde^ au sternum , à l'appareil brancliial et 6 l'appareil operoulaire des poissons , analogies que hous bvôns déjà fait connoître pour la plupart dans nos analyses. Ici encore il y a eu de nouvelles discussions , mais elles
9Bt 6m par devenir trop spéciales , trop détaillées pouf
4o4 ANATOMIB ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
que les auteurs pussent continuer à réclamer pour elles le temps et l'attention de l'académie. M. Geoffroy Saint-Hilaire a publié ses mémoires sous le titre de Principes de philosophie zoologique , et il y a intercalé des extraits de ceux de M. Cuvîer , tels que les avoient donnés les feuilles périodiques qui veulent bien rendre compte de nos séances. M. Cuvier se propose de publier aussi les siens, et d'y en joindre plusieurs qui n'ont point été lus à l'académie , et qui embrasseront l'ensemble de l'organisation ; l'ouvrage aura pour titre : De la variété de composition des animaux. C'est une polémique amicale entre des naturalistes qui ont l'un pour l'autre une juste estime , et dont le public tirera toujours , comme nous venons de le dire , quelque utilité , à cause des faits nouvaux que chacune des parties contendantes y faiit connoitre pour l'avantage de sa cause.
M. Frédéric Cuvier a présenté un essai de classification naturelle des chauves-souris de la forme la plus ordinaire , que les naturalistes désignent par le nom de vespertilions , et a donné la description de quelques espèces nouvelles de ce genre.
Le nombre de celles que l'on y réunissoit étoit dévenu si considérable , et leurs caractères distinctifs demeuroient si indéterminés ou si peu sensibles , qu'on a voit peine à éviter de les multiplier ou de les confondre les uns avec les autres.
Pour remédier à cet inconvénient , l'auteur a cherché à les classer diaprés des caractères d'un ordre sapé-
ET ZOOLOGIS. 4^5
rieur à ceux qui distinguent communément les espèces* Les organes de la mastication et du mouvement ne présentant aucune diflFérence, et ne pouvajit conséquemment servir à son but , il a eu recours aux organes des sens ; et comme il résulte des expériences de Spallanzani et de Jurine , que le sens de toucher et celui de la vue ne peuvent être pour les vespertilions que d'un très foible secours , et que toutes les probabilités portent à penser qu'ils ne se conduisent, pour éviter les obstacles dans leurs mouvements rapides et irréguliers qu'à l'aide de leur ouïe , c'est sur la structure de la tête et sur celle de l'oreille externe qu'il a fondé leur classification.
La tête de ces animaux lui a donné trois types différents , qui sont représentés par la noctule , par la sérotine et par la chauve-souris vulgaire , et les vespertilions , rangés sous ces trois types , ont été subdivisés d'après la forme de l'oreille et celle de l'oreillon.
Les oreilles se présentent sous six formes différentes : échancrée, en capuchon, en entonnoir, obtuse, en cornet et évasée. Les oreillons affectent cinq formes : ils sont en couteau, en alêne, en pétale , en demicœur et en massue.
. M. Frédéric Cuvier décrit ces différentes formes , et en donne des figures afin que leur définition ne laisse aucun doute; il présente ensuite une description détaillée de six espèces nouvelles de vespertilions du nouveau monde et de quatre espèces des Indes.
Les naturalistes connoissent depuis long-temps, mais
seulement par des figures et des descriptions faites dans le 1 6* et au eommencement du l 'j" siècle , uu grand oiseau hors d'état de voler , qui habitoit file de Franee lors de sa découverte , mais dont Fespèce paMlt y avoir été endèment e&tirpée j seul exemple connu depuis lea temps historiques d^une destruction aussi complète. On Ta n<^!âmé dronte , dodo , ou oiseau de dégoût ; c'est le ^enre raphus de Mcering 5 ou didus de Linna^Hs ^ lequel en a désigné l'espèce sous le nom de Nidm ineptus ; on n en possède aujourd'hui qu'une tête et ua pied déposés au musée Ashmoléen d*Oxford , et un autre pied avec une figure peinte à l'huile d'après le vivant , qui sont au muséum britannique.
Gauche, quil'avoit aussi vu à l'Ile de France^ en donna une description imparfaite, où il ileluiattribuoit que trois doigts , ee qui a donné lieu aux nomenda^i^ leurs d'en faire une seconde espèce > qu'ils ont appelée Didus natàrenus.
Léguât parie encore d'un oiseau dépourvu de la fkculté de voler, qui se trouvoit à l'île Rodrigue, et qui parott aussi y avoir été anéanti ; c'est le Didus sô^^ litaHuS des naturalistes récents. Si l'on s'en rapportoit à la figure et à la description que Léguât en doûtie , il seroit fbrt différent du dronte; mais ce voyageur ignorant a tellement altéré d'autres animaux qu'il a voulu représenter , comme le lamantin ou le rhinocéros , que son témoignage est un peu suspect.
Divers naturalistes se sont occupés de déterminer la fkmille naturelle où il convient de placer ces oiseaux.
BT ZOOLOGIE. ^O']
Les uns en ont fait des gallinacés , d'antres des échassiers ^ et Daudin avoit même imaginé de considérer le dronte cc^nme un manchot mal décrit.
M. CuYier ayant reçu de M. Desjardins ^ naturaliste fert instruit de Tlle de France , de grands os d'oiseauk trouvés k rtle Rodrigue et en partie mserustés de stalactite ^ a supposé qu'ils pouvoient provenir du dronte , ut dans tous les cas , d'après leurs (brmes | et surtout eelles du crâne, du sternum, du très petit hu^ méfus , du fémur et (lu tarse , il a jugé qu'i^ appartenoiént à un oiseau apparenté auiE gallinacés ; il les a présentés à Tacadémie avec utie note où il en parloit dans ce sens^
M. de Blainville a lu h cette oecasi^fi un mémoire étendu sur les gros oiseaut sans ailes des îles de Franéè et Rodrigue , rédigé qudquë temps auparavant ^ et peiir lequel il avoit fait de grandes rechBt^hes , et eôË^ suite la peinture et le pied du muséum britannique , et des dessins des pièces conservées à Otford.
Dans ce mémoire , où il reproduit chronologique*ment et avec beaucoup d'e^iactitude et d'érudition toutes les indications données par les voyageurs sur êés oiseaux depuis Vasco de Oama , et tout ce qui en à été dit par les naturalistes qui ont pu en observer quelques parties en Europe depuis Ousius , M. de Blainville en donne des descriptions aussi complètes que ces documents le permettoient , s'attachent plus particulièrement «u dronte, sur lequel il avoit des matériaux plus authentiques.
4o8 ANATOailE ET PHY8IOX<OGIE ANIMALES,
U montre que son analogie avec les manchots est chimérique ; qu'il s'en faut aussi beaucoup que Ton puisse le rapprocher des autruches j et, tout en recon* noissant qu'il a beaucoup de rapports avec les gallinacés, il signale les caractères qui l'éloignent des gallinacés connus , et dont le principal est son bec très fendu , allongé , crochu au bout , et qui rappelle plutôt un oiseau de proie qu'un granivore. Il arrive enfin à cette conclusion , que c'est aux vautours qu'il ressemble le plus par le bec , par la tête , par les ongles , et par plu« sieurs autres circonstances de son organisation.
M. Guvier, ayant fait sur ces entrefaites un voyage en Angleterre , y a comparé soigneusement les restes du dronte , qui se conservent à Londres et à Oxford , avec les. os incrustés envoyés par M. Desjardins. Le crâne lui a offert une identité à peu près parfaite ; mais le tarse est plus allongé que celui du muséum britannique , lequel est aussi plus gros et plus court que celui d'Oxford, n reste donc quelque incertitude sur le tarse , mais M. Cuvier ne croit pas qu'il y en ait sur le crâne ; il le juge vraiment de dronte , et comme ce crâne ainsi que le sternum , trouvé avec lui , sont incontestablement de gallinacés ^ et que le fémur et l'humérus ont aussi des formes de gallinacés , c'est dans cette famille qu'il croit devoir laisser cet oiseau. S'il se trouvoit que le solitaire ait été réellement une espèce différente du dronte , et que les os en question lui eussent appartenu, cette classification vaudroit au moins pour cette espèce.
Au surplus, M. de Blainville ne désespère point encore que Ton ne puisse retrouver le dronte , et si cela arrivoit , il seroit aisé , en se procurant une connoissance plus complète de son intérieur, de fixer les idées sur ses véritables affinités.
Le brillant ouvrage que M. Lesson publie sur les oiseaux-mouches et les colibris continue avec succès; on y admire plusieurs espèces nouvelles non moins remarquables que celles que Ton connoissoit précédemment, par le . prodigieux éclat des plumes qui rivalisent avec les pierres précieuses ; l'auteur a poussé la division consacrée aux colibris jusqu'à la huitième livraison.
La grande histoire naturelle des poissons de M. Gur vieret de M. Valenciennes en est au huitième volume. On a distribué pendant l'année dernière le sixième qui traite des sparoïdes , et le septième où il est quesr tion des chœtodons , et des poissons dont les branchies ont des appendices compliquées et propres à tenir de l'eau en réserve. Ces deux volumes contiennent trois cent trente-sept espèces nouvelles , dont plusieurs sont remarquables pour leur grandeur et leur éclat , d'à utrès par la propriété singulière de pouvoir vivre long* temps hors de l'eau. Parmi les genres entre lesquels elles sont réparties , il y en a trente-trois propres aux auteurs. Le huitième volume traite des scombéroïdes, c'est-à-dire des maquereaux, des thons, des germons et autres espèces non moins importantes par leur bonté, que par l'habitude de vivre en grandes troupes ,
4lO ANATOMIE BT PHTêlOLOOIE ANIMALES,
et les grandeB pèches auxquelles elles donnent lieu.
Linnseus a donné le nom de cjrpraa à un genre de coquilles que nous connoissons en France sous eelui de porcelaines, et qui ont toujours été fort recherchées, non-seulement à cause de leur forme sin- ^lière 9 mais surtout pour la beauté de leur vùbe j la variété presque infinie des couleurs dont elle est ernée , et l'espèce de vernis éclatant dont elle seifiMe eouverte. Leur classification étoit surtout di/&i]e à eause des trois ou quatre états distincts par où passe la coquille suivant Tàge de Tanimal , et dans lesquels elle est ttès diffîrente de forme , de structure , d'épais* seur et de couleur. M. Duclos a entrepris sur c?e sujet un grand travail, dont il a soumis le prodrome à l'aeadémie, et dont il s'est occupé depuis plus de quinze ans. Dans des voyages en Belgique, eu Hollande et en Angleterre , il a constamment acquis d& nouveaux matériaux et perfecticmné ceux qu'il âvoit acquis précédemment. H a mis tous ses soins ft se procurer les trois ou quatre variétés de développé» ment de chaque espèce depuis sa sertie de l'œuf jusqu'à son état de décrépitude , ainsi que celles qui peuvent dépendre de la grandeur proportionnelle et dé ^intensité dé la coloration; il en est résulté une collection d'espèces et de variétés que Ton peut regarder comme unique.
C'est à l'aide de ces matériaux que M. Duclos a exécuté la monographie coniplète de toutes les espèces dé porcelaines actuellement existantes dans les co\^
B7 ZOOLeSIB. 4^^
lections du centre de TËurope. H a pu reetifier ou eonfirmer ce que ses prédécesseurs avoient fait sur le BQiâme sujet; mais surtout il a notablement augminl^ le ndmbre de^ espèces connues» Enfin il n distribué ces coquilles eti trois sections, les espèees lisses , les tubprpuléds et les i^tri^en.
No^s ne pQuyons p^s le suivre dans ^ei| détsUni iPfiis les naturalistes qui s'occupent de copçbylioli^gif doivent viyement désirer U publics^tion d^ ^on travail*
M» Deshaies a recherché si Von ne trouverpit pas, dans quelques molliisques du grand genr^ h^M^ dç I^înP^us , des ca):actères anatomiques suffisants pour étal^lir d'une manière positive pertaips genres qui^ n'étant fondés jusqu'à présent que sur des caruptères tirés de la coquille, avoient été néjgligés par ptur sieurs auteurs. Il a etpminé le petit animal qonnu sous le nom ai Hélix put ris , dont Draparnaud et La-^ marck ont fait le type du genre ambrette (succinea% ainsi nommé à cause de la couleur d'un jaune d^ambre de sa coquille. Le comparant à l'hélice vigneronne , la inieui connue de toutes les espèces du genre , il trouve très Jpeu de diflërence dans les organes de là dlges^ lion , de la respiration , et dans le système neigeux i mais c'est dans Tapparell de la génération qu'il en signale de plus notables ; l'on n'y observe aucune trace ni des vésicules multifides qui se voient constanunent dans les hélices , ni de la bourse à dard que l'on suppose être un moyen d'irritation des deux individus avant l'acceuplement.
4lâ ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES/
M. Deshaies conclut de son travail , que Torganisation des ambrettes présente des difierences suffisantes poiv confirmer jusqu'à un certain point letabfissement du genre succinea , tel que Drapamaud lavoit défini d'après la considération seule de la coquiUe.
MM. Audouin et Milne^ELdwards ont continué de présenter à l'académie les résultats des recherches auxquelles ils se Uvrent, depuis plusieurs années, sur les animaux sans vertèbres qui peuplent nos cotes.
Leur premier mémoire a pour objet la classification et la description des annélides de la France.
Les principales divisions qu'ils admettent ne différent que peu de celles que M. Guvier a étabUes dans son Règne animal; mais ils proposent de nouvelles familles, et créent plusieurs genres dans l'ordre des dorsibrancheSj le seul dont ils traitent d'une manière spéciale.
Cette description des annélides dorsibranches n'est pas susceptible d'analyse. Les auteurs l'ont présentée avec beaucoup de détails : l'ouvrage de M. Savignj ne mentionne que dix-neuf espèces de ces animaux propres à nos côtes de l'Océan et de la Manche, tandis que MM. Audouin et Milne-Edwards en décrivent plus de quarante; parmi celles-ci plusieurs leur ont paru nouvelles, d'autres n'avoient encore été observées que dans la Méditerranée , la mer Rouge et les mers du Nord.
Un autre mémoire des mêmes auteurs traite des
ET ZOOLOGIE. ^iZ
poils des annélides considérés comme moyen de défense.
Dans l'étude attentive des différents oi^anes extérieurs de ces animaux, ils se sont convaincus que les poils qui garnissent leurs pieds, et qu'on regardoit comme de simples ornements ou comme des organes de locomotion , sont aussi des armes défensives d'une nature toute particulière.
MM. AudouinetEdwards font voir qu'en généralces poils prennent la forme d'épines ou d'aiguiUons d'autant plus redoutables qu'ils sont rétractiles, et que l'animal peut les diriger à son gré contre les objets dont il craint l'attaque. Toujours leurs formes sont en rapportavec cet usage, et leur structure est des plus variées : les auteurs entrent à cet égard dans des détails très précis et très intéressants. Tantôt ces poils sont roides , courts et acérés, tantôt ils sont terminés par une sorte de fourche à deux branches inégales ; ou bien ils présentent une cannelure dont les bords sont dentelés, etc.
Mais il y en a d'autres dont la structure est beaucoup plus curieuse , et que MM. Audouin et Edwards désignent sous le nom commun de poils composés. Le plus généralement les deux pièces, l'une basilaire et l'autre terminale, qui les constituent, sont réunies bout à bout par une véritable articulation , et la pièce terminale affecte diverses formes qu'on peut comparer à celles d'une serpette , d'un harpon ou d'une baïonnette. Mais ce qu'il y a de plus remarquable encore,
4l4 ANATOMIE ET PU TSIOLOGIE ANIMALES,
c'est ^ue^ pai* un mécanisme fort •imjlley.ees poQs com* posés peuvent laisser dans la plaie qu'ils ont faite leui* dernier article , et après laVoir perdu ^ Farmë , réduite ainsi à la pièce basilaire | conserve à son extrénoité uns peinte acérée qui peut agir à la manière d'un stjlei.
Enfin I les auteurs font oonnoitte des espèess d'artnes très Compliquées qui sont ^ quant h la forme , de véritables flèches barbelées^ remarquables en ee que chaôuqe t>orte avec elle son cdrquois Ou son étui. Cet étui est edmposé de deux valvËs susceptîiiles da s'abaisser lorsque la flèche s'enfotice dans quelqutf corps étranger, et il présente intérieurement autant de compartiments qu'il y a de petites dents sur \ea côtés de la flèche.
Le troisième mémoire de MM. Audouin et £d^ vrsi^ds est le résumé de leur vojage sur les côtes de la Normandie et de la Bretagne. Grâce à roUigeance de l'un des membres de Tacadémie , M. Bcaulempo» BeaupiHÉ 9 dhai^é à cette é^ioque du relevé hydrogra^ phique de cette partie de notre littoral , ils ont pu ^sl» ter les nombreux éeueik qui hérissent la Mandhe , dfe^uis le lia^ Flehel jusqu'à Oranville, et explorer II l'aide de h drague ou de la sonde des fonds de nature tftriée) soit au large, soit dahs des points où la mw est tellement abritée , qu elle ressemble presque à un lac d'eau salée. Ces excursions multipliées ont fourni aui auteurs l'oocasion de découvrir un grand nombre d'espècëS de mollusques , d'annélides , de crustacés et de ioophités , dont j^usieurs smt complètement M\k^
fi? ZOOLQQIfi. 4<^
Y^llefi pour la fmmo^* Ils se sont pn>curé aussi 4^ coanqissanpes préGis06 sur la distribution topogr^phique de ces animaux marips , et ofit pu observer pli|sieur3 partieularit^s de leurs mœurs, Iiefi colleOi^ tiQQS ^'ilB ont faites pendant ce voyage ont été dépch s^és par eU3( aii Muséum d'}àistoire t)aturelle«
11 ne nous est pas ^possible d'entrer d^us les détails ^rt nombreux qu'ils rapportent sur les niiseurs et sm? roi^aoisntiQn d'un gi^aud tom^e d espài^s peu ^vi peint connues I nous dirons seulenaent qu'en résumaât leurs âbsertattons sur la dîstrsbuUoft tdp^grtiphiq^ll des «nimbus sapa velrtèbres sbr eëtte cpte ^ ils distîi^ guent quatre siones ou étages pripaipauiî eomprii entre les litnites des plus hautes et des plus b^Si^d eauX) régions eà général afesez nettemeht liti^itéesi et earàctériBée» par lès animaux qui 3)r ont fixé leur de-^^ meure. Les abtéuhi désignent avee sOin les e^ces qu0 l'en reqoontre dans chacune de ces régisns»
DaÉs un mémoire relatif à l'organisation de Ji| beuehe des crustaeés sueeurs, M. Milne^Ëdwpirds A tenté de faire pour les crustacés ce qu'avoit fait Mt Sbvigziy relaûfemënt aux insectes : d'établir Une âeneordance entre leâ parties de la boucha des Bfvf^ tBBéa broyëut's et des ë[*ust8oés éueeurs. A mt b&èt il a examiné a^ee beaucoup de soih lé suçoir d'une ém fèea de calige rentrant dans le genrb pt^nd^tus d^ Leaeh j et en a enauite comparé les pièees avec ééUei de la bouche des cru^aeés pourvus de màclioires.
Deux lamps impaires ^ Vm^ anSéiieur^ ou infé-
4l6 ANATOMIE Et PHTSIOLOÛIE ANIMALES,
TÎeure, l'autre postérieure ou supérieure, et présentant une fente qui s'ouvre dans l'intérieur d'un tube conique formé par leur réunion , et deux longs filets styliformes portés chacun sur un tubercule inséré près de la base du tube , et pénétrant dans son intérieur : voilà les pièces qui constituent le suçoir. Un peu plus en dehors est une paire d'appendices consistant chacun en une petite tige cornée , terminée par un crochet avec une palpe rudimentaire. En dessous et un peu plus en arrière sont deux autres appendices formés d'un tubercule et d'une pièce en forme de stylet dirigée en arrière ; sur les côtés extérieurs, tant du siphon que de ces autres parties , sont rangées sur deux Hgnes longitudinales trois autres paires d'appendices qui paroissent être de petits pieds propres à la préhension ; les deux supérieurs et les deux inférieurs étant terminés par un crochet ou un fort onglet. Les deux prenoders se portent en avant , et on pourroit les prendre pour des antennes intermédiaires. Au-dessous de tous les appendices précédents viennent ceux qui forment les pattes.
Les commissaires de l'académie ont donné des éloges au soin avec lequel M. Edwards a observé et décrit l'organisation du crustacé qui fait l'objet de son mémoire : mais ils n'ont pu regarder que comme un parallèle ingénieux la comparaison qu'il cherche à établir entre ses oi^anes de la manducation et de la locomotion et ceux des crustacés pourvus de mâchoires.
Le raême auteur , appUquant à quelques divisions
des crustacés les principes de la méthode naturelle, propose de rendre à lappareil respiratoire l'importance qui lui appartient. D après son idée , les caractères defordre des crustacés stomapodes se simplifient, et les limites s'en déterminent d'une manière plus certaine. Ayant étudié plus particulièrement l'organisation du genre mjrsis , il a découvert que ces crustacés étoient dépourvus de tout appareil branchial ; il a reconnu que les phyllosomes étoient dans le même cas , et de nouvelles recherches lui ont permis de constater l'absence des mêmes organes dans le genre lucifer de M. Thompson. Selon M. Edwards , l'ordre des stomapodes seroit distingué de celui des décapodes, en ce qu'il n'auroit pas de branchies logées dans une cavité située de chaque côté du thorax. Dès lors les mysis, les thysanopodes , ainsi que le genre lucifer , appartiendroient à cet ordre.
M. Guérina communiqué à l'académie un travail sur l'organisation extérieure des phyllosomes, et la monographie de ce genre de crustacés. L'auteur ayant eu à sa disposition les riches collections de MJM. Lesson et Raynaud, a pu facilement remplir les lacunes qu avoient dû laisser ses devanciers.
Les caractères qu'il assigne à ce genre d'après ses principales observations sont les suivants :
Test divisé en deux boucliers minces et transparents , dont l'intérieur , grand , de foime arrondie ou ovalaire, donnant attache en avant k deux yeux pédicules , à quatre antennes , et en arrière à la bouche ;
4lB ANATOMIE ET PI^TSIQ (.OaiE ANIMALES,
le second portant à son poqrtour les secondes mâchpireSy les picds-niâchoires , les pie^k proprement 4itS9 r^hdopieA ou }a quau^; }x)pche formée à'wn labre globuleux, de dauJi mandibules tra^obantes, m peu coriaces, dépourvu^ de palpes; dVne paire d^ mAcboires bifurquéea et armées d'épines denûculées; seconda paire de mâchoire, et première pairQ 4? pied^mftcboires rudimcptaires , aplaties 9 do form^ Yi^ riable, et plus ou moin# éloignées de la bouche pro*prepdent dite ; deuxième et troisième paires de piedis^mâchoires , composées de plusieurs aitieles , et portait k leur partie inférieure et externe un appendice û^t gelliforme , ou à sa place un petit corps oUong et x\ir dimentaire; pieds au nombre de dix, fort longs, composés de quatre articles , terniinés généralem^Qt par ou onglet crocbu, et portant vers leur bas^ un appendice flagelliforme ; abdomen ou queue composé
de cinq segments , dont les quatre premiers portent chacun en dessous une paire d appendices nat^toîi<6s divisés en deux feuillets, et dont le dernier est termûlé par une nageoire de cinq feuillets. Tel est, selon M. Guérin , le signalement du genre phyllosome.
Les organes de la génération et les mœurs de e^s animaux scoat inconnus. Tout ce que l'on sait, c'est qu'ils se tiennent à la sur&ce de la mer , qu'ils y nagent lentement eu agitant leurs appendices flagelliformes , et qu'étant transparents , leur présence n est décelée que parla couleur bleue de leurs yeux* Ces animaux , si Ion en excepte l'espèce découverte par
KT ZOOiO&IS. 4'9
M. Ri$sQ, dansk Méditerranée, habitent exclusive-^ ment les mers intratropicales.
Les espèces mentionnées par M. Guérin sont m nombre de douze, dont $ix inédites. Il les distribue, d'ppi^s la forme des antennes extérieures et celle des seconds pieds-mâchoires , eu deux sections principales , qui eUes^mémes se subdivisent chacune en deux, la premiJ'Fe d'après la situation de la bouche, la seconde d après b longueur des deux pieds postérieurs.
L'impulsion communiquée, dans ces derniers temps, èi l'étude des sciences naturelles a été si vive et si gêné raie , qu^elle s'est étendue jusqu'à des objets qu'une prévention presque universelle sembloit condamner à ToubU, et dont les noms même inspiroientla frayeui ou le dégoût. Tels sont les scorpions , les araignées , les acarus et autres animaux composant aujourd'hui la classe des arachnides. Lister, Albin, Clerck et Degéer, s'élevant au«dessus des préjugés yulgaires, donnèrent les premiers une attention spéciale à ceux qui forment le genre aranea de Linnseus. Une es pèce propre aux contins méridionales de l'Europe, ei très remarquable par la manière dont elle construit son habitation, X araignée maçonne devint, pour labbé de Sauvages , un sujet curieux d'observations Ses habitudes sont très analogues à celles d'une autne espèce, dont long-^temps avant lui avoit parlé Brown dans son Histoire naturelle de la Jamaïque , Yj^ranem nidulans de Linns^us. Une troisième espèce , sem blabk $iux précédentes par oa manièjre de vivre ^ 01
4aO ANATOMIB ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
propre* à la Toscane , à l'île de Corse , Y araignée de Saunages j fut ensuite lobjet des recherches de Rossi. Mais jusqu'alors Torganisation particulièredeces arachnides avoit été négligée. Dorthez, le premier , en observa la composition buccale, ainsi que ceUe de Yaraignée aviculaire. Cependant il ne remarqua point les caractères propres aux espèces précédentes, et qui consistent dans la présence d'une série de petites dents cornées , formant une espèce de râteau , à l'extrémité supérieure de la première articulation de leurs griffes ou de leurs mandibules. M. Latreille remplit cette lacune dans un mémoire qui fait partie du recueil de ceux de la société d'histoire naturelle de Paris. Ces espèces, ainsi que les autres aranéides qui présentent la même conformation dans les parties de la bouche , furent comprises par un autre de nos confrères, M. Walckenaer , dans un genre particulier, celui des, mygales. Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis trente et quelques années, ces deux savants n'ont cessé d'écyaircir par leurs investigations l'étude de cette intéressante famille , qui rentre dans une division de la classe des arachnides, distinguée par la présence d'organes pulmonaires. L'un de nos correspondants, M. Léon Dufour, qui a publié sur Tanatomie de divers insectes des mémoires d'un grand intérêt , et qui ne s'est pas moins occupé de celle des aranéides , a divisé cette famille en deux coupes très naturelles , d'après le nombre de ces organes , qui est tantôt de quatre, tantôt de deux seuleppient. De là
ET ZOOi^OGIB. 4^1
Torigine des dénominations de quadripulmonaires et bipulmonaires. Les mygales et quelques autres genres appartiennent à la première section.
Des vues générales sur les aranéides quadripulmonaires, une notice de quelques espèces inédites du genre mygale, et la description des nids de Fespèce de ce genre, citée plus haut, sous le nom d^Aranea nidulansy et qui est la mygale recluse de M. Walckenaer, sont le sujet d'un mémoire présenté par M. Latreille.
Nos colons américains désignent laraignée aviculaire et d'autres grandes espèces de mygales sous la dénomination d'araignées crabes*
D'après Pison , les grandes mygales sont appelées collectivement par les Brésiliens nhamdu ou nkam" diu ; et sur la côte de Malabar, au témoignage de feu Leschenault de la Tour, les crabes sont connus sous une dénomination presque identique , nhamdou.
Par le nombre plus considérable (huit) de leurs poumons , les scorpions semblent devoir ouvrir la classe des arachnides. A l'égard des aranéides, cette quantité donne aussi le moyen d'établir la transitioii des théraphoses de M. Walckenaer à celles de sa division suivante, portant le titre général d'araignées. Au lieu de; mettre en tête de celle-ci le genre des lycoses ou les. araignées-loups, il faut évidemment passer des théraphoses aux dysdères , puisqu'ici le nombre des poumons est encore de quatre. Ce dernier genre se lie avec celui des sésestries, et par conséquent avec les
^22 ANATOMIS ET FHmOLOGlE ANIMALES,
autres genres de la division des araignées tapissières. A ces caractères il faut ajouter celui que Ton tire du nombre des filières ; il n'est que de quatre dans les tbérapboses, au lieu de six; etdeui, dans tous les cas , ne méritent point cette qualification , en ce qu'elles ne fournissent point de soie. On voit encore que le dernier article des palpes des mAles , ce bouton qui , suivant les uns, est lof^ane fécondateur, et, selon d*atJh> très , simple organe excitateur, est beaucoup plus sim« pie dans les thérapboses, les dysdères et les sésestrie». Feu Olivier avoit pensé que les mjgales pourvues d'un râteau , ou celles dont il avoit formé une petite famille, avec la désignation de mineuses, dévoient être séparées génériquement. M. Latreille partage cette opinoin , et cette nouvelle coupe compose son genre cténize , que M. Savigny a nommé depuis ( dès* cription de l'Egypte ) nemesia.
La mygale cardeuse né formera plus une espèce. Ainsi que l'avoit avancé M. Dufour, elle n'est que le mâle de la maçonne. Tous les individus de ce sexe , que M. LatreîUe a eu occasion d'examiner, si Ton en excepte deux espèces , ont un er^ot ou forte épine à l'extrémité inférieure des jambes. Il avertit que , pour faciliter k signalement des espèces , il est important de tenir compte des proportions relatives des articles du tarse. CTest ainsi que dans quelques-unes, notammentraviculaire , ces articles sont plus courts , guère plus longs que larges , presque carrés , et que le dernier forme une sorte de palette , tandis que dans les autres le tarse est
Et ZOOLOGIE. 4^3
linéaire , avec le pi*emier article beaucoup j^lus long que le suivant. Les poils cjui eh revêtent la face inférieure , et composetit dans quelques- unes une brodSfe très fournie , doivent aussi tiier Vdttention.
M. Latreille décrit deux espèces de mygales prôpretnent dites, lune dédiée à M. Bartliéletni , qui l'aVoit reçue vivante , etTautte qu'il ùoihme i^einée, h raison des lîgiies rouges du de^us de son abdonieù.
Celle-ci se range dans la division desl ihjgâlêS à pattes longues , et l'autre à celle où Ces organes sotit beaucoup plus courts et téiininés en paktté. Avéô lés mygales sans brosse, du mdiùs âtix tpèdté tàtê^ÈpH^ térieurs , se placent la Myg. calpéietiflê de M; Waldketiaer, la même que celle que M. Dûfour ttôftittîè vâlêttdenne , et la cténize sicilienne. Les mâles de dés detùt espèces n'offrent point d'ergot adi dèul jâtribëë antérieures.
M. Latreille, en vîsitatit là collection de la société linnéenne de Londreis, y a trottvé un iûdivîdù de HJtànêa hldulans ; autre Sorte de ctétiiite , très voisine de la Mfg. piofiniètè de M.Walckenaet,ét il en dotine la descriptlofi , ainsi que celle dé soti tiid , envoyé par M. Prior à M. Hoyer, secrétaire de l'admitiîstratiofl du Muséum d'histoire naturelle, et qui ressemble beaucoup à celui de l'espèce précédente. Il est long de neuf pouces, en forme de cône renversé ou d'entonnoir à sa partie supérieure , et rétréci et cylindrique ensuite. Son intérieur présente au point où finit la portion conique une saillie en forme de
cordon ou de bourrelet. L'ouverture a un pouce de diamètre. Elle se ferme au moyen d'un opercule circulaire, à charnière, et mobile, comme celui du nid des autres cténizes , mais plus mince , très plat , et qui , vu extérieurement , paroît être composé de plusieurs feuillets de terre appliqués les uns sur les autres. Une couche de terre de même nature recouvre le tube qui forme les parois intérieures de l'habitation. Brown n'a représenté que ce tube , et d'après son dessin l'on croiroit que l'opercule est double. U place cette aranéide dans son genre tarantula. Badier, au rapport d'Olivier, avoit observé la même espèce dans l'île de la Guadeloupe. Sa piqûre produit une douleur très vive , contre laquelle on emploie des sudorifiqués. .
MM. Percheron et Gory ont entrepris la monographie de la division des mélitophiles, dans la famille des insectes lamellicornes. Ces animaux, remarquables par la richesse et la variété de leurs couleurs , et auxquels appartient le scarabé vert doré , si commun sur les fleurs , ont été l'objet de nombreuses et importantes recherches. Néanmoins le travail de MM. Percheron et Gory , appuyé sur un grand nombre d'observations nouvelles, ne pourra que profiter à la science. C'est suc le caractère du corselet dont le bord postérieur est tantôt droit, tantôt dilaté en forme de lobe dans son milieu , de manière à diminuer l'étendue de l'écusson, et même à le remplacer, et sur la consistance du lobe tenninal des mâchoires, qui est tan lot corné
et denté , tantôt membraneux et sans dents , que reposent les divisions principales des deux auteurs. Leur première section des mélitophiles , celle qui répond au genre trichius de Fabricius, se compose de huit genres; et la seconde, celle qui embrasse le genre cétonia du même auteur, en n'y comprenant que les espèces à mandibules membraneuses, en renferme treize.. Sur le nombre total de vingt-un genres, huit sont propres aux auteurs; et s'il est vrai de dire que dans ce nombre quelques-uns reposent sur des caractères trop secondaires , et plutôt spécifiques que génériques , les commissaires de l'académie n'en ont pas moins cru devoir recommander à son approbation la monographie de MM. Percheron et Gory.
M. Strauss a ajouté à ses précieuses recherches sur Tanatomie du hanneton et sur celle de l'araignée aviculaire un nouveau travail destiné à faire connoître les organes du mouvement de l'une des plus grosses espèces d'insectes hyménoptères de notre pays, la guêpefrélon. Comme les frelons sont des insectes qui ont besoin tout à la fois de couper, de broyer et de sucer leurs . aUments , l'auteur a cru devoir les choisir de préférence à d'autres espèces de l'ordre des hyménoptères , parce que les parties de leur bouche dévoient par cela même lui offrir la réunion de diverses particularités d'organisation. En effet , quant au nombre des pièces , les organes de leur bouche sont semblables à ceux des coléoptères ; mais déjà leurs formes altérées indiquent les modifications qu'elles éprouveront dans les hémi-
pteres , comme les punaises ^ et dans les insectes k deux ailes , comme les taons.
Nous ne pouvons présenter qu'une analysé rapide de ce grand travail , qui est surtout intéressant par les détails descriptifs , et par les comparaisons que ces détails permettent.
H s Strauss a isolé, désarticulé ^ décrit et figuré sous divers aspects toutes les pièces solides qui forment la diarpente des frelons , au nombre de a 67 , et lei a58 muscles ^ dont l'action et les usages sotit distincts et déterminés*
La première partie est consacrée à Tétude du test ou de l'ensemble des téguments^ L'auteur fait remarquer que dans tous lés hyménoptères 5 au contraire de ce (pi à lieu dans les insectes à élytres « les ailes supérieures servant plus au vol que les inférieures , les mwxd^ qui meuvent les premières ont , pdr leur dévéop^ ment , modifié les dimensions des pièces du corselet
La seconde partie est consacrée au système inu»cttlaire. Les muscles du frelon difitàrent peu de oeux des coléoptères décrits dans le hanneton « L'ordre sum dans leur exposition est d'ailleurs le même que cebi de la description des téguments.
L'auteur se propose de faire connoitre par la suite les appareils digestifs , sécrétoires , génitaux mâle et femelle , et les systèmes respiratoires et nervenx an même insecte.
M. Latreille^ k qui l'histoire littéraire n'est pas mains connue que l'histoire naturel , s'est occupe
de déterminer les connoîssances que les anciens ont eues de la soie et de Vanimal qui la produit.
Nous avons parlé, dans notre analyse de 1826, eti faisant Textrait d'un mémoire de M. Mongès, des chenilles que Pline prétendoit habiter sur lé chétie, le téréhinthe , le frêne et le cyprès de l'île de Om, et y filer des cocons dont on préparôit de la soie.
M. Latreille pense que, dans les récits d'où celui de Pline a été tiré, il ne s'agissoit pas de l'île dé Co^ dans l'Archipel , mais d'une contrée beaucoup plus éloignée. Rappelant à ce &ujet le paiisage de Patt« »anias sur l'animal du pays des Sères, qui produit la soie ^ et où il est dit que la S/fie est une île du fond de la mer Erythrée, il cherche à prouver que les Sères n'habitoient point, comme on l'a cru , dans l'Asie Centrale ou & la Chine, mais bien -dans quel* qu'une des îles formées par divers fleuves , aux envierons du cap Martaban , au royaume d' Ava , cap qui lui paroit le Tabin de Pline. H juge même que k nom de Sères y est eflcore conservé dans celui de là ville de Sirian. Déjà M. Gôsselin avoit reconnu le fleute Semi de Ptolémée , qui doit êtï^ le Set de
Pausanias , dans la rivière de Pégu , qui coule à Si* rian. Or^ tout ce pays abonde , ainsi que}e midi de la Chine et le Bengale , en vers à soie sauvages de diÔérentes espèces , dont il en est une qui tire sa soie en fils très longs qui s'attachent aux arbrisseaux et aux buissons , suivant que les vents les poussent d'un côté ou de l'autre. On les amasse, et l'on en ourdit, selon
du Halde, une espèce de droguet. L'un des arbres dont ces vers sauvages se nourrissent est un térébinthe; un autre, une sorte de frêne; un troisième, un chêne dont les feuilles ressen^iblent à celles du châtaignier.
Roxburgh a fait connoitre les vers à soie sauvages du Bengale , dont lun (le Bombyx militta de Fabriciud) vit sur le jujubier; un autre (le Phalœna cjnthia de Drury) se tient sur le ricin.
Aristote attribue la découverte de l'art de dévider la soie àPamphile, de l'ile de Gos, et M. Latreille fait remarquer que c'est aussi à une femme, à Silingy fille de l'empereur Hoang-tij que les Chinois font honneur de cette invention, et comme Sénèque dit , en parlant de ces gazes de soie qui ne garantissoient ni le corps ni la pudeur , qu'on les faisoit venir de pays inconnus même au commerce , M. Latreille doute que cette Pamphile ait appartenu à une île aussi rapprochée que celle de Gos , ou bien il croit que si elle inventa quelque chose , ce fut l'art d'effiler les étoffes de soie et d'en ourdir de nouveau les fils avec du lin , pour faire ces étoffes que Pline nomme tramoserica.
Parmi les îles que forment les branches de la rivière d' Ava pu riraouaddi , il s'en trouve une qui s'appelle Cosmiriy et c'est là que M. Latreille croit reconnoître la Cos des vers à soie^ que l'on a confondue ensuite avec la Cos de l'Archipel. Une partie de son mémoire ^est d'ailleurs employée à expliquer les rap-
ports des anciens sur la manière d'opérer de ces vers, rapports où la vérité est fort altérée, comme éela devoit être d'après des récits faits par des voyageurs ignorants,, et qui peut-être ne tenoient pas même les faits de la première main.
M. Dugès, qui, il y a quelques années, avoit déjà entretenu l'académie de ses recherches sur les planaires , lui a présenté un nouveau mémoire sur ces animaux et sur plusieurs genres voisins.
L'étabhssement du genre prostome, que M. Dugès a formé avec les espèces de planaires , dont le canal intestinal est pourvu de ces deux orifices , se trouve confirmé par la découverte de quatre espèces nouvelles, savoir : lesprostomes clepsinoïde, lombricoïde, blanc et armé. Ce dernier , à cause de sa grandeur , a montré des particularités fort remarquables dans une sorte de trompe armée de pointes dures et cornées, qui paroît à l'extrémité orale de l'intestin, et surtout dans l'ej^istence d'un système circulatoire complet, composé de deux ordres de vaisseaux, les uns plus , les autres moins contractiles , et disposés à peu près comme dans les lombrics et les nais.
La seconde partie est consacrée au perfectionnement d'un genre de véritables planaires , également établi par M. Dugès, sous la dénomination de dero^ stoma , et dont le canal alimentaire , n'ayant qu'un seul orifice , est en forme de sac et non pas ramifié , comme dans les planaires proprement dites : l'augmentation du nombre des espèces, que l'auteur porte
43o ANATOMIB ET PHYSIOLQGIE ANIMALES,
aujourdliui à dix-sept , l'a conduit à établir dans ce genre une diviûoq naturelle suivant que Torifice buccal est sous rextrémité postérieure » (ni sous le milicHi, Jja preniière section conserve le nom de derostoma $ la seconde prend celui de mesostoma.
Les observations de M. Dugès sur les planaires ]^*opiement dites, portent sur la distinction des espèces dont il fait connoître cinq nouyelles, et sur quelijues points curieux de leur organisation. Le premier regarde le système circulatoire qui , dàm ces animaux , ^st formé d'un réseau général et de deux arbres vasculaires latéraux , communiquant entre eu3( par d9 nombreuses anastomoses, se rapprochant en avant, et paroissant se terminer dans un renflement cen* tral ou bilobé. M. Dugès voit dans oq renflement une partie du système vasculaire analogue k ce qu'on remarque dans les lombrics , tandis que MM* Qaojet Gaymard , s'appuyant sur lobservation d une grande espèce marine , ont pensé que ce renflement appartient au système nerveux.
Mais le second point d'anatomie, rapporté par M. Dugès , seroit bien autrement singulier- L'auteur croit s'être assuré, dans la planaire vaginieiine, que de la cavité même du vagin naissent deux canaux courts qui vont se continuer avec les troncs Latéraux de l'appareil vasculaire , en sorte qu'il y auroit une communication large et facile entre le système circulaitoire et l'appareil génital. Les commissaires de racadémie n'ont point regardé comme suffi^npunent dé-
montrée uua a^a^rtioa si contraire à l'en^mbla de^ faits obsisrvés dans toute la série animale. Ils ont peo&é que le procédé anatomique employé par M, Dugès , et qui consiste k écraser avec précaution lanimal mtn deuK verres ? et à observer par transparence , a pu lui occsasionneir quelque illusion, et que les oviductes qui^ dans les planaires, se placent d'arrière en avant dana la mêm^ direction que les vaisaeaux latéraux ont pu être confondus avec ceus«<d par superpositiont Une acquisition bien préaeuse pour la eoologie , c'est Tûuvrage que M. de Humboldt a présenté à l'a* oadémie , de la part de son auteur , M Ehrenberg , et qui a pour objet les petits ammaux connus sous les noms de microscopiques et d'infusoires; non^seule^ ment M, Ehrenberg en a beaucoup observé pendant le voyage qu il a fait en Egypte et en Nubie , et a dé* terminé les espèces européennes qui se retrouvent les mêmes dans Qes contrées éloignées ; non-seulement il il a établi dans cette classe remarquable de nouyeUes distributions méthodiques , et y a ajouté de nombreuses espèces nouvelles ; il a surtout fait une découverte qui change beaucoup les idées que Ton avoit de leur or«ganisation. En teignant Teau où ces animaux vivent, avec des matières colorantes organiques non altérées , eomme de l'indigo, du carmin, du verd de nerprun, il est parvenu à rendre leur canal alimentaire très visible ; et il s'est assuré ainsi qu'aucune de leurs es* pèces ne se nourrit par l'intus-susception de sa surface , mais qu elles ont toutes un canal intestinal , et même
souvent fort compliqué , contourné sur lui-même , et muni d'estomacs ou de cœcums quelquefois très nombreux, n a même aperçu dans quelques-uns des or* ganes spéciaux de reproduction et jusqu'à des traces de système nerveux et musculaire. Les naturalistes avoient déjà reconnu des oi^anes intérieurs, et particulièrement un estomac , dans les plus grands de ces animaux , nommément dans les rotifères ;mais nous ne pensons pas que personne , avant M. Ehrenbei^ , se soit douté que, dans les espèces regardées comme simplement homogènes et gélatineuses , dans ces monades dont une goutte d'eau renferme souvent tant de milliers , il y eût cependant un canal digestif et des estomacs. Cette découverte change entièrement les idées, et renverse surtout bien des systèmes; elle est du nombre de celles qui font époque dans les sciences. Un fait d'un vif intérêt pour la géographie dés aoi-* maux 9 et , sous de certains rapports , pour l'iiistoire des ossements fossiles, l'existence du grand tigre du Bengale , dans le nord de l'Asie ( entre les latitudes de Paris et de Berlin ) , a été constaté par M. Ehrenbei^ dans son voyage de Sibérie. M. de Humboldt nous a communiqué l'extrait d'un mémoire manuscrit de ce naturaliste , dans lequel il discute ce fait, et donne d^ éclaircissements sur la grande panthère à long poil, Felis irbis , des monts Atlas , comparée au Felis pardus de Cuvier, et au Felis chaljbeata.
ZOOLOGIE XT VOYAGES. 4^3
M^ de Humboldt, un des huit associés étrangers de racadémie , est revenu à Paris après une absence de quatre ans, et il a prouvé, par un grand nombre de mémoires et par des notices qu'il a données de travaux non encore terminés , que ni son activité ni son zèle pour les progrès des sciences n'ont diminué. Bans une des séances du mois d'octobre , il a passé rapidement en revue les résultats principaux du voyage qu'il a fait, sous les auspices de S, M. l'empereur de Russie, conjointement avec MM. Ehrenberget Gus^ tave Rose , aux mines de l'Oural et de l'Altaï , aux frontières de la Songarie chinoise et à la mer Caspienne , voyage de plus de 49^00 lieues. Pendant une seule année (celle de 182g) quatre expéditions scientifiques très remarquables ont été entreprises dans cette partie dç l'ancien continent : celle de M. de Humboldt, celle de M. Parrot fils au sonmiet de l'Ararat, qu'il a trouvé couvert de laVes d'obsidienne et de 4^2 mètres plus élevé que le mont Blanc ; celle de M. Kupser à la montagne trachytique d'EUbrouz dans le Caucase , qui atteint à la hauteur de cinq mille mètres ; enfin le grand voyage de MM. Hansteen de Christiana et Adolphe Erman de Berlin , entrepris dans le but de déterminer les lignes magnétiques depuis Péterabourg jusqu'au Kamtschatka.
T. ▼ aS
434 YOTAGBS
M. de Humboldt s'est embarqué à Nischni No>vgorod sur le Wolga , pour descendre à Casan et aux ruines tartares de Bolgari, ancienne résidence des Timurides. De là il est allé par Pemi à Elkatherinebourg , sur k pente Asiatique de TOural , Vaste chaîne composée de plusieurs rangées presque parallèle»^ dont les plus hauts sommets atteignent à peine quatorse ou quinze cefits mètres 5 mais qui suit, comme les Andes , depuis les formations tertiaires voisines du lac Aral jusqu'aux roches de grunstein , voisines de la. mer Glaciale , la direction d un méridien» M. de Humboldt a visité pendant un mois les parties centrales et sep^ tentrionales de l'Oural, si riches en alluvions^ qui contiennent de l'or et du platine , les mines de mA*lachite de Goumeehefskoi , la grande montagne ma-^ giiétique de Blagôdad , les fameux gisements de topasè et de béryl de Moursinsk. Près de Nischni Tagilsli» contrée que l'on peut comparer au Choco de l'Ame*rique du Sud , on a trouvé une pépite de platine du poids de plus de huit kilogrammes. D'Ekatherine-* bourg le Voyage se dirigea par Fioumen à Tobolsk Sur rirtiche, et de là par Tara, la steppe deBarabd fedoutée à causé de là piqûre d'insectes de la familk des tipules qui y abondent, à Bamaoul sur \m rivai de l'Obi , au lac pittoresque de Koliv^an j et aui riches înines d'argent du Schlangenberg^ de Riddersk ei de Sirianofski , placées sur la pente sud-ouest de l' Altaï, dont le plus haut sommet, appelé par les Cal-» moucks Ijictou (montagne de Dieu) ou Alastou (mon-
SGIBNTIFIQV ES. 4^5
tagnë Pelée), et exploré récemment par la botaniste Mé Bunge^ atteint j^reftque l'éléTation du pic de Téné^ rifiè. Laproductidn annuelle en argent dés minéa de Koliwan est de plus de '^6^000 marco. En ae dirigeant de Riddersk au sud yera le fortin d'UM;^Kamendgbrsk 9 MM. de Humboldt ^ Ehrenberg et Rose passèrent pa^ Boukhtarminsk la frontière de la Songarlô dhi^ noise ; ils obtinrent ibéme la permission de franchii* la frontière pour irisiter le poste mongol de Baty ou Khoni^'Mailakhou , point très central de l'^Aëie ( au nord du lac DcalÉang ) , qui se troute ^ d'àjirèd lea déterminations ohronométriques de M. dô Haiil>^ boldt^parlesSa'' de longitude, par conséquent pt^eëqùé dans le méridien de Patna et de Katmandou î En retoui'nant de Khoni-Maïlâkhou à Ust-'Kàîtiëlidgdi'sk ^ les voyageurs virept sur les rites solitàit^e^ de là Boukhtarma , pbr une longueur de plus de dnq mille mètres , le granité ditisé en bancs presque horizontaux, épanché sur un schiste dont 1^ lits sont en partie incli'* nés de 85* , en partie entièrement verticaut « Du foi*titl d'Ust-Kamenogorsk , on longea la steppe dé h Hôrdë nioyenne des Kirghises par Semipolàtiitsk ^ Omskj puis la ligne des Cosaques de l'Ischim et du Tobol^ pour atteindre l'Ouràl lUéridionaL C'est ïk que ^ pf ès de Miask, sur un terrain de trèd peu d'éteuduë^ à quelques pouces sous terte , on a trotlyé trdis pëpitei d'or natif, dont deux ayoient le t)oids dé 28 el la troi4 sième de 43 ^ marcs. Les voyageur^ longèrent l'OUral méridional jusqu'aux belles oarriètt» de jflépd Veit
près d'Orsk , où la rivière poissonneuse du Jaïk brise la chaîne de l'est à l'ouest ; de là ils se dirigèrent par Orenbourg (ville qvi , malgré son éloîgnement de la mer Caspienne , se trouve déjà au-dessous du niveau de l'Océan , d'après les mesures barométriques faites pendant une année entière par MM. Hofmann et Helmersen ) ; puis à la fameuse mine de sel gencime d'Iletzki , située dans la steppe de la Petite Horde des Kirgbises; au chef-lieu des Ciosaques d'Ouralsk, qui, munis de crochets , prennent de nuit de leurs mains j en plongeant , des estui^eons de 4 pieds 7 à 5 pieds de long; aux colonies allemandes du gouvernement de Saratow , sur la rive gauche du Wolga ; au grand lac salé d'Ëlton , dans la steppe des Calmouks ; et par Sarepta (belle colonie des frères Moraves) , à Astrakan. Le but principal de cette excursion à la mer Caspienne étoit l'analyse chimique de l'eau que dévoit faire M. Rose , l'observation des hauteurs baromëtriques correspondantes à celles d'Orenbourg , de Sarepta et de Casan ; et la collection des poissons de cette mer intérieure, pour enrichir le grand ouvrage sur les poissons de MM. Cuvier et Yalenciennes. En effet , le Muséum| d'histoire naturelle du Jardin' des Plantes a ireçu, par M. Ehrenberg, plus de trente espèces de la mer Caspienne et de différents fleuves de la Russie européenne et asiatique. Les poissons du lac Baïkhal ont été demandés par M. de Humboldt. D'Astrakan , les voyageurs retournèrent à Moscou' par Fisthme qui sépare le Don et le Wolga ,
par le pays des Cosaques du Don , Woroneje et Toula.
C'est pendant le cours de cette erpédition qu'a été faite, au commencement du mois de juillet 1829, la découverte importante des diamants dé TOural par M. le comte de Polier et un jeune minéralogiste de l'école de Freiberg, M. Schmidt, qui avoient accompagné M. de Humboldt , depuis Nichni Nowgorod. Des analogies géognostiques entre les formations du Brésil et de l'Oural, et l'identité d'association de certains minéraux dans les régions les plus éloignées du globe, avoient fait naître chez ce savant, de même que citez M. d'Ëngelhardt , professeur . de minéralogie à Dorpat , la ferme persuasion de l'existence des diamants dans les terrains d'alluvions aurifères et platinifères de l'Oural , du Choco et de la Sonora. M. de Humholdt s'étoit occupé de cette recherche avec beaucoup*^ d'ardeur, conjointement avec MM. Rose et Schmidt, -dès son arrivée k Ekatherinebourg, en examinant à la loupe lesrésidus des lavages; mais ses recherches ne furent pas couronnées de succès , et la découverte du diamant par le comte de Poher et M. Schmidt eut lieu sur la pente européenne de l'Oural, huit Ueues au nord-est de Bissersk, dans les alluvions de Krestowosdvijenski , trois jours après que ces messieurs eurent quitté l'expédition dans les environs de Kouchwa et de Tourinsk , pour passer le dos de la chaîne centrale et revenir sur Perm.
M. de Humboldt a présenté à l'académie, en son
nom et en celui de son compagnon de voyage, M. Gustave Rose , plusieurs minéraux recueillis peu* dapt ce voyage , parmi lesquels il y en a de très rares , ou dont la composition étoit entièrement inconnue jusqu'ici , tels que Xaechjnite^ qui est selon Bersélius un titanate de drcone ; \epjrrochlore deMiask, qui e^t un titanate de chaux avec oxide de cérium , substance que M. Wôlder p avoit trouvée jusqu'ici que dans la tijanite à sircone de Christiania çn Norwège ; la pjro^ phiUite de Bérésow ( silicate d'alumine hydraté et se gonflant à la flamme du chalumeau ) , analysée par l'habile chimiste de Moscou , M. Hempann ; la gah^ nite de Kysehtim dans l'Oural central ; la cancrinits , qui a des rapports avec le lasulite ^t se trouve dans les monts Ilmen, dans une roche âiéleBolithe très répandue dans ces contrées ; de beaux cristaux de diop'iase de la grande steppe des Kirghises de la horde moyenne , au pied de la colline d'Altyn-Tubé , mais récemment découverte aussi sur la pente occidentale de l'Oural ; enfin deux nouvelles combinaisons de 1^/lune de k mine de Sav^odinski , au pied sud-est des monts Altaï , peu éloigné de la frontière chinoise. Le tellure étoit jusqu'ici inconnu en Asie. M. Rose a trouvé que le minerai de Sawodinski , qui avoit été confondu avec 1^ sulfure d'argent d'une couleur très claire, renferme deux substances différentes : le tellure d'argent, composé de 62, 4^ argent; 36,92 tellure et 0,24 fer, c'est-à-diro d'un atome de tellurium et d'un atome 4'Brgent, et le tellure de plombj composé de
SCIBKTIFIQU ES. ^Jg
1 ,28 d'argent, 6o,35 de plomb et 38,87 ^® tellurium. Ces minerais de teUure d'Asie difièrent entièrement de la composition des tellures aurifères de Nagyag ca Transylvanie,
M« de Humboldt a aussi annoncé à l'académie un grand travail de M, Gustave Rose sur l'or des filons ^ et l'or des terrains d'aUuvion de l'Oural , chaîne de montagnes , qui sur son dos offre des terrains d'allu-ivion aurifères et platinifères, depuis le 53* jusque bien au delà du 61^ degré de latitude. M* Bose a trouvé dans les lavages de Chebrowski, près Ëkfitherine^ bourg, sur la pente asiatique del'Oural, del'orppe^que pur, renfermant 99,34 d'or, 0,1 4 d'argent , 0^43 de cuivre et o,o5 de fer, par conséquent de For plus pur encore que celui de Giron et de Bucaramanga en Go*lomUe , analysé par M, Boussingault ; mais parnn les échantillons rapportés de l'AJtaï , des filons de Siriar nowski , M. Rose a trouvé de l'or natif argentifère à
60,49 ^*^^ ®* 38,79 d'argent.
M. de Humboldt a fait connoitre encore à Tacafdémie son travail sur les systèmes da montagnes de l'Asie, sur les voleans qui y ont été actifs dan^ les temps historiques, même en jetant des laves, et sur la grande dépression de Fouest de l'Asie, dé«prfission dont les surfaces de la nc^er Caspif bne et du lac Aral forment la ps^rtie la plus basse (lune est de 98 , l'autre de 62 mètres au-dessous du niveau de FOcéan), mais qui s'étend, conformément aux nouvellos mesures barométriques de MM. Hofmann , Hel-
440 VOYAGBS
mersen , Humboldt et Rose , fort loin dans Tintérieur des terres, jusqu'à Saratow sur le Wolga et Orenbourg sur le Jaïk, vraisemblablement aussi au sud -est jusqu'au cours inférieur du Sihoun (laxartes) et de l'Amou (Oxus des géographes anciens). Cette concavité de l'Ancien Monde est un pays-^cratère ^ comme le sont sur la surface lunaire les taches appelées Hipparque et Archimède : c'est un creux dont la formation paroit être en rapport intime avec le soulèvement du Caucase , du plateau de la Perse , et de cet énorme massif que l'on désigne par le nom bien vague et bien incorrect de plateau de l'Asie centrale, sur les limites de la Songarie chinoise et de la steppe des Kirghises. C'est à Ust-Kamenogorsk , à Semipolatinsk et à Orenbourg , où anivent tant de caravanes de l'intérieur, que M. de Humboldt s'est eSorcé d'obtenir des Tatars, des Boukhares et des Tachkendis , des itinéraires et des informations sur les contrées voisines de leur pays. Les voyages à Thoupfan , Aksou , Khoten , Jerkend et Kachemir sont assez rares : mais Kachgar, le pays situé entre l'Altaï et la pente septentrionale des Monts-Célestes , Gouldja sur les rives de l'Ili ( Heu d'exil des grands de la cour et des ministres chinois ) , Khokand , Boukhara et Samarkand , sont aujourd'hui fréquemment visités par <fes marchands et comimis voyageurs, de race asiatique, établis dans la Sibérie méridionale.
Nous ne pouvons suivre M. de Humboldt dans le détail de ces renseignements géographiques, qui se
lient à ceux que MM. Abel-Remusat et Klaproth ont tirés de la connoi^sance approfondie des ouvrages de statistique chinois et mantchoux. Nous dirons cependant que la partie m^oyenne de T Asie , ne &rmant ni un inotmwse nœud de montagnes, ni un plateau continu, est traversée de Test à Fouest par quatre grands systèmes de montagnes, qui ont influé puissamment sur les naigrations des peuples et leur état de société. Ce sont : Yjiltaï , qui n'est aucunement lié par une chaîne continue (le fabuleux Alghidin Tsano de nos cartes), dans la steppe des Kirghises, à la chaîne de l'Oural; les Monts^Célestes ( Thian-chan , Mouz-tagh ou Moussour des Tatars, dont le point <;ulminant est le Bokhdd'Oola ou Bogdo), entre la Songarie et la Petite ou plutôt la Haute-Boukharie ; le Kuenhm ou Koulkoun, entre la Haute-Boukharie (le pays de Kachgar , Jerkend et Khoten) et le Tubet; enfin \ Himalaya , le plus étendu et le plus développé de tous. Le troisième et le quatrième de ces systèmes sont pour ainsi dire réunis et confondus dans les grands nœuds de montagnes du Badakhchan, du Petit-Tubet et de Kachghar. En deçà des 69** et 70* degrés de longitude, il n'y a qu'une seule chaîne , celle de l'Hindou-kho , qui s'abaisse rapidement vers Herat , et se relève de nouveau plus à l'ouest dans le volcan du Demavend. Du plateau de l'Iran , qui dans sa plus grande étendue ( de Tehran à Ghyraz ) conserve une hauteur moyenne de i ,3oo
mètres 9 la chaîne de THindou-klio envoie en se bifurquant à la manière des filons , vers Tlndostan^ et le Tubet , deux branches , ou plutôt deux crevasses, sur lesquelles ont été soulevées THitualaya et le Kuenlun. L'espace intermédiaire comprenant le Katchi , le Tubet et le pays de Ladak , est un plateau presque continu , traversé par up réseau de petits ohainons , dont la direction et lorigine rappellent aussi le^ phénomènes variés de la formation des filons. Entre Kachemir, Ladak et Badakchan, dans le méridien d'Attok, l'Himalaya seipble ne former qu'un même et grand massif avec le Hindou«*khQ , le Kuenluii et le Tsounghng. Cç dernier sa prolonge sous le nom de Bolor du sud au nord; réunit à angle droit les deux grands systèmes de mou^ tagnes du Kuenlun ou Tubet septentrional, et dy Mouz-tagh ; ferme ccHXime un mur à l'ouest le ph-' teau de la Petite ou Haute « Boukharia , et offi*Q (d'après les idées ingénieuses de M, Élia de Beau** mont), analogue à celle de l'Oural par sa direc* tion même, une chaîne de montagnes d'un âg^ relatif très différent de l'âge des systèmes plus ou moins parallèles à Téquateur. Aucune partiel du monde , saps même en excepter l'Afrique méridio-r nale, n'ofi&e une masse de terres aussi étendue soulevée à une si grande hauteur que l'Asie intérieure, depuis le Kachemir et les laos sacrés du Tubet , jusqu'à la chaîne neigeuse du Kingkhan. JJaxe principal de cet exhaussanent , qui prûba^p
SGIfiVTIFIQtJES. 443
blement a précédé Téraptioii des chaînes sorties sur des fentes allant de lest à Touest, est dirigé du sud*ouest au nord-est. C'est dans c^tte direction oblique que se trouvent les immenses et hauts plar teaux du Gobi , du Tangout , du Khovikhan-inoor , des sources du Jeni^ , de la Sdenga et de TAmou;; mais ces plateaux nf remplissent pas 9 oomm^ on le suppose tag\iement , toute TAsie moyenne , entre les 36'' et 5o** de latitude. Les productions et les genrep de eulture de la Petite-rBoukharie , oellas dea paya rempUs de lacs, entre les MontSrCélestes et l'Altaï , prouvent que dans TAsie moyenne ou eenr traie , à l'est du méridien de Fyoabad ou d'Attak , il y a dQ vastes régions n^oins él^vée^ au^rd^ssus du niveau de l'Océan que ne le sont dans l'intérieur de l'Europe les plaines de la Bavière , du canton de fierne ou de l'Espagne. M. de Humboldt n*a trouva tput le terrain, qui du pic de l'Altaï s'étepd vers la Songarie chinoise, qu^à 3oo ou 35o mètres de haur teur absolue ; cependant ce terrain est bien ceptral , car il y a de là également six à sept cents lieues (4ê 135 au degré) à la mer Glaciale et au golfe du Bengale , et huit à neuf cents heues à la mer Noire et à la mer du Japon. Depuis qu'on multiplie les mesures barométriques précises, beaucoup de fausses idées sur la configuration du sol fondées sur des considérations vagues de climatologie et d'hydrographie, et répandues sous des formes dogmatiques dans nos traités de géographie, s'évanouissent peu à peu.
Après avoir jeté un coup d'œil général sur la constitution géologique de l'Asie , M. de Humboldt examine ce que Ton sait aujourd'hui avec certitude , d'après les itinéraires et les ouvrages chinois et mantchoux, sur les phénomènes volcaniques encore acti& dans l'intérieur de l'Asie , à de grandes distances des côtes. Les points les plus remarquables sont les volcans de Pechan et de Hotcheou , et la solfatare d'Oroumtsi, placés sur la pente septentrionale et méridionale de la chaîne neigeuse du Mouztagh ou des Monts-Célestes , les environs du lac Alakoul et les crevasses de Khobok, où l'on recueille le sel ammoniac.
Le volcan Péchan (appelé aussi Hochan ou Aghie, montagne de fou) ^ situé par les ^a"", a5' ou 4^"*, 35' de latitude , est celui dont l'éruption au septième siècle de notre ère est le mieux constatée. Les relations gui parlent de cette éruption de laves c< coulant comme une graisse liquide» sont de l'an 647de J.-G., du temps de la dynastie chinoise des Thang , alors possesseurs tranquilles de la Petite-Boukharie et de la Songarie. «La montagne vomit, disent ces relations, sans interruption du feu et de la fumée. C'est de là aussi que vient le sel ammoniac. Sur une des pentes du Péchan, toutes les pierres brûlent et coulent à une distance de quelques dizaines de lis. La masse en fusion durcit à mesure qu elle se refroidit. » D'autres passages d'historiens chinois, qui décrivent la marche d'une armée des Hioungnou au premier siècle de notre ère, parient «de masses de pierres en fusion». Le Péchan n'étoit
donc pas alors une solfatare, mais un volcan actif comme l^tna et le Vésuve; c'étoit un volcan à coulées de laves, et tellement central, que^ son éloignement à la mer Caspienne, à la mer Glaciale, aux mers du Sud et de llnde , dans toutes les directions , est de cinq à six cents lieues (de 25 au degré). Encore en 1777, la Description de l'Asie^ publiée à Péking, rapporte que «la montagne d'ammoniac, au nord de la ville de Koutché, ofire des cavernes et des crevasses dont les ouvertures sont remplies de feu , de sorte que pendant la nuit elle paroit comme illuminée par des milliers - de lampes » . A l'est du volcan Péclian {le MontSlanc du pays des Ëleuts), toute la pente septentrionale du grand système des Mohts^ Célestes ( Thianchan ou Mouzthag ) présente « des laves , des pierres ponces , et des solfatares que Ton nomme des lieux brûlants f et dont la plus grande, celle d'Ouroumtsi , a huit lieues de circonférence. Si l'on jette une pierre dans ce bassin , il s'en élève des flammes » • Sur la pente méridionale de la chaîne des Monts-Célestes 93175 lieues de distance du volcan Péchan , se trouve un autre volcan actif, celui de Tourfan ou de Hotcheou, volcan de la i^ille de Jeu , ville dont les ruines se voient encore à trois Ueues de Tourfan. M. Abel Rémusat, dans son Histoire de Khoten , et dans la Lettre à M. Cordier, a déjà
parlé de ce volcan. « Il en sort tous les jours une flamme semblable à celle d'un flambeau. » A 75 lieues au nord-ouest de la solfatare d'Ouroumtei , dans une
enfin terminée. Elle forme déjà dans la grande édition 28 volumes, dont 17 in-folio et 11 in-quarto. On ajoutera des tables de matières très étendues qui offiri* ront, à chaque article de botanique, de géographie, de météorol(^e , de magnétisme terrestre ou de géographie astronomique , ce qui a rapport soit à l'Amérique équinoxiale seule , soit à la physique du globe en général. Voici l'indication des ouvrages publiés successiv^tnent par MM. de Humboldt , Bonpiand et iJLunth , et qui forment la collection entière :
Essai sur la géographie des plantes , plus amplement développé dans un ouvrage latin portant le titre de Prolegomena de distributione geogra* phica ptantarum secundum celi tempœriem et altitudinem montium ; dans un mémoire sur les rapports numériques qu'ofi&ent les différentes familles de végétaux à la masse entière des phanérogames, caractérisant la distribution des formes végétales sous chaque climat; enfin pour la phjr-sionomie des plantes, dans un mémoire inséré dans le second volume des Tableaux de la nature.
Plantes équinoxiales , par M. Bonpiand.
Monographie des rexia et des mélastomeSj par M. Bonpiand.
Familles des mimosacées et des légumineuses.
Graminées rares de V Amérique équinoxiale.
Noi^a gênera et species plantarum , avec un synopsis sous forme d'extrait.
Ces I o volumes de botanique descriptiye , dont les 6 derniers ont été rédigés par M. Kunth, correspondant de Tacadémie des sciences et second directeur du jardin botanique à Berlin, sont accompagnés de figures gravées d'après les beaux dessins de M. Turpin.
Recueil (ï observations astronomiques, avec un nivellement barométrique et géognostique de la CordilUère des Andes, puHié par MM. de Humboldt et Oltmanns. La partie géognostique est plus amplement développée dans X Essai sur le gisement des roches dans les deux hémisphères.
Tableau physique des régions équinoxiales. Toutes les observations qui ont rapport au magnétisme terrestre (k l'inclinaison , la déclinaison et l'intensité des forces magnétiques décroissantes , selon des lois très compliquées en apparence, de Téquateur aux pôles ) se trouvent exposées dans les additions du troisième volume de la relation historique qui vient de paroi tre , tandis que la climatologie , ou distribution de la chaleur à la surface du globe , a été traitée séparément par M. de Humboldt dans son mémoire sur les lignes isothermes*
Vues des Cordillières et monuments des peuples
indigènes de F Amérique.
Essai politique sur la Nouvelle- Espagne^ avec un atlas géographique et physique renfermant les coupes du plateau central.
Essai politique sur tile de Cuba, auquel est joint
^5o VOYAGES SCIENTIFIQUES.
uti mémoire sur la géographie aStrondmique fles Antilles , et lêfs moyens de perfectiomner les tabler de positions , en indiquant les Kmites probables entre lesquelles , dans Tétat actuel de tiOS connoîssances^ oscille chaque position.
Relation historique du voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent^ avec tm dtlas géographique et physique , et Tattalysè i'aisonnée des matériaux à l'aide desquels les catttes de l'Amérique méridionale ont été construites.
M. de Humboldt, en présentant cet exposé de ses tra vafUx , a voulu pTOuve^ à Facadémie , dans laquelle il a siégé si long- temps , qu'il ne se livrera p'as à de Nouvelles entreprises ni à la publicartion du Tableau physique et géognoitique • du nord-ouest de F Asie , sans avoir tiré Jjartî de tous les inatérîau± f éctfeîUis dans les régionàr tropicales , conjoiirtement aveé son maflheureux and M. Boùpland.
MÉDECINE ET fcHÎRTJRGIE. 2|5t
MÉDECINE ET CHiktRGIE \
ANNÉE lBi7.
Nous ne répéterons pas ce que noàs ayons dit l'an-* née dernière du grand traiié sur l'épilepsie de M. le baron Portai. Cet ouvrage, dont nous avons donné alors une courte analyse , a été publié , et tous les praticiens ont été à même de l'apprécier; la justice qu'ils lui ont rendtie étoit le seul éloge que pût rechercher le célèbre auteur de tant d'ôùvrages , tous consacrés au soulagement de l'humanité souffrante.
M. Moreau de Jonnès a communiqué à l'académie Ja notice des irruptions de la fièvre jaune , qui ont eu lieu cette année aux Antilles. Ges îles ont éprouvé, jusqu'au mois de juin dernier, une sécheresse extraordinaire et désastreuse. Il n'est point tombé de pluie
1 Cet article fait suite à celui du même titre, tom. IV, pag. 93o a 372.
45a MÉDECINE
pendant soixante-dix jours , période pendant laquelle les campagnes des Antilles en reçoivent ordinairement beaucoup plus que celles de la France pendant l'année entière. Aussi les sources on t< elles été taries, la plupart des rivières desséchées , et les moissons presque entièrement perdues. Cest pendant cette sécheresse , sans exemple dans l'Archipel , que la fièvre jaune a paru , et qu elle a développé sa puissance meurtrière, depuis le httoral du Mexique jusqu'à Cuba. Ce fait s'élève contre l'opinion qui rattache l'origine de cette maladie à Tétat de l'atmosphère , et qui fait de l'humidité de l'air sa cause essentielle ou l'une des conditions de son existence. Il semble indiquer que si les contrées de l'Inde en sont exemptes, il ne faut pas l'attribuer à la sécheresse de leur climat, et qu'il ne faut pas non plus accuser de ces ravages l'humidité des contrées de l'Amérique. Loin d'être arrêtée dans ses progrès ou atténuée dans sa malignité par l'influence d'une constitution extraordinairement sèche , la fièvre jaune a montré cette année aux Antilles sa plus grande activité de propagation et ses symptômes les plus redoutables. Elle a fait périr beaucoup plus du tiers de ceux qu'elle a atteints^ et pour la première fois, depuis i8o3, elle s'est manifestée par les caractères qui lui sont communs, à quelques époques, avec les contagions les plus formidables : des pétéchies et des charbons gangreneux.
D'après les recherches de M. de Jonnès , ce dernier
caractère n*a été observé , dans les irruptions de la fièvre jaune , qu'aux époques suivantes : à la Martinique en 1694, par Lubat; en i-^gô, par Davidson; en 1 802 , par Savarési et Moreau de Jonnès ; à Ro-' cheforten 1694, par Chirac; à la Barbade en 1716, par Hughes; à Minorque en 1744? P^^ Gléghorn; à Saint-Domingue, de 1733 à 1746, par Poupée Desponts; à New-York en 1798 et i8o5; à Cadix en 1 800 , par les médecins anglois , et à Gibraltar en i8o4î par Pym.
Un fait récent, dont la connoissance est acquise par des documents officiels , a été pareillement communiqué à lacadémie par M. Moreau de Jonnès. Un bateau ionien ayant été forcé d avoir quelques rapports avec un vaisseau turc, l'équipage, lors de son retour à Céphalonie, fut mis en quarantaine. Le patron, qui étoit monté quelques instants à bord du bâtiment ottoman , étoit déjà atteint des premiers symptômes delà peste, sans toutefois que les autres marins en donnassent aucun indice. Néanmoins le médecin anglois du lazaret résolut de les soumettre tous paiement à un traitement mercuriel énergique, interne et externe. Ainsi qu'il l'avoit prévu , tous ces individus furent successivement attaqués de la peste , mais avec des dijQférences extrêmement remarquables. Le patron et un autre homme de l'équipage, qui n'avoient éprouvé aucun efièt sensible du ' traitement mercuriel, subirent la maladie dans toute sa violence et sa malignité , et ils y succombèrent. Au
454 MSDBCINE
contraire /les matelots, sur qui le mercure produisit ses effets ordinaires en se portant sur les glandes salivaires 1 ne furent atteints que de sjmptônies saps aucup danger. Us échappèrent à la mort , et rieq ne peut faire douter que cette heureuse issvie n'ait ipé causée par les frictions mercurielles , qui ont en^pêché et prévenu le développement de ls{ ipalac^e qt sqs §uite§ fi|nestes.
]Jq ipoyep aussi §imple et aussi facile, qvâ pr^viendroit sinon l'invasion de la peste, du moins $^s eSe^s mortels, doit excitqr, ^jo^teM- 4^ Jonnès, un iqféréf d'autant plus grand, que de;s cQU^iunic^tions ^vec des ^javires infectés dç; cette co^^tagipn pe^ivei^t étr^ provpquées à c^^que instant ps^r Içs éyénç^cne^ts 49.pl^ 1^. I^éditerr£\née e$t aujourd'hui Iç théâtre.
]^. Brqschet , l'qn de pos anatomistes et çhirurgiej^^ \q^ plus ins^uits , a port^ Vatten^pn des gens de ^X^ Sfxv, vfijd lésion particuhère du ççevg^*^ dont 1^ descrip^w avo^t été omise dans ^es principaux traités çl^s maladies de. cet organe. ^ la nomme apéyr^sine faux con^^ Q\ftàj( du cçeur : q'est unp ^rtç ^ déchirure qui $e fait dans le^s paroiç d^ coeur, à certains epdroit^ 4n VQjft- ^ricule gauqh^^ Qiais particulièrement vers sa poi9.te. Le sang s'engs^ge da^s, çe^e puv^tu.re , pftusse au d^ ^lors les enveloppas n^çrahr2lflewse$ , e;^ prpduit aip^i à la s^irface 4tt coç^f v,^e tymçur quçlquefpis ays^. vftiumineyse qu,ç ce^ ççgane luji-m,^pie : le sang se coî^gule dans cettç. espèce de poche, et y ^prnie ^e^ couchça^
ET GHIRUaOII^* 4^5
fibrine , qui lui opposent pendant quelque temps une résistance sufi^sante , et retardent ainsi une mort qiii autrement auroit été inévitable.
M, Breschet, à la suite de plusieurs obaervatiQus qu'il a trouvées dans les livres , ou qui lui ont été communiquées , en rfipporte une qui lui e$t propre , et qui a été faite sur le cœur du célèbre Talma. Ufle poc^^e aase^ gran4p pc»ur contenir m petit q^uf dé pQvde qomflf^^^p^qViQit 4Ypc le ventricule g^ucl^e p^y i^pie Quyerture çiriîulfiire d'un poupe dp (iî^niètre , garnie d unp ^prte de viroJe pçirtUagjtiense, ép^i^é de pr^ dp Ççpis ïig^^ps \ ce qui annonce qv|e l'puverture était foF^ ài^r ci^t^p^ , t)ipn que pe^soppe , ni Talifl^ |v>irfl[iprj[je , qui , d^ns ^9 jpune^^e, avoit pt^dip e^ fl^ipdfXîine, e?^ ait gfiUpçQfll^p rp?:i^te^:)pe. ^»ps émptjpQ^,, ]^ spntimçnts px^^téft a flH avpç u^ tglpftt tel que le sien il dpyoit uçr cegi^airp^put éprouver d?qs l'pxeroiçp de ^Qfl srt, ç^'iyan^ poi^t feit P^it^^Q d acçidppts qu'il fiit pu rei^ç\^ij^er, W doit çrpirp que c^ genrp dP U4^ ^prpit pçu
yedpwt^We d?^§ dp^ 1^QWW9* 4'wtte P^ifttpWP plu^ paisible.
f?ircle.
Le traitement 4p çe^^ ^çÇ^iOjR , ÇOi^ffl»^ 9^ h cûîi|- PTeH4 a^sén^ent , 4oit çQi^s%ter ^a(ç^, îqvjs l^ îïioyens
régularité : éviter tout ce qui peut occasioner des émotions fortes , ne point déclamer, faire peu de mouvements, prendre peu de nourriture, ralentir la marche du sang par des remèdes appropriés, et en diminuer la quantité par des saignées. Ce sont à peu près les mêmes moyens que ceux qu'exigent les anévrismes ordinaires.
M. Senn, médecin de Genève , a fait connoitre les résultats d'une opération de trachéotomie qu'il a pratiquée avec succès. Une petite fille , après divers accidents , avoit au larynx un engorgement qui apportoit la plus grande gêne à sa respiration : elle maigrissoit à vue d'œil; mais une incision à sa trachée-artère, dans laquelle on introduisit une canule d'argent , rétablit promptement cette fonction importante : elle na pas cessé dès lors de se bien porter; son larynx a commencé même à reprendre ses dimensions naturelles ; sa voix est devenue plus forte ; et l'on espère même qu'à l'époque de la puberté elle pourra se débarrasser de l'incommodité qui lui rend ce moyen artificiel nécessaire.
n y a des exemples semblables dans les animaux , et plusieurs membres de l'académie ont vu une jument qui depuis dix-huit mois ne respiroit que par un tube implanté dans la trachée, et qui n'en faisoit pas moins un service très pénible.
Une des opérations les plus étonnantes de la chirurgie, et qui cependant est pratiquée de toute
ancienûfité dans Tlnde , est celle par laquelle on peut reproduire un nez qui a été coupé ou qui a péri par tout autre accident. On parvient du moins à en rendre à peu près l'équivalent, au moyen d'un lambeau triangulaire de la peau du front que l'on détache, à l'exception d'un pédicule par lequel on lui conserve de l'adhérence , et que l'on abaisse pour le grejQfer par approche sur les bords ravivés du nez enlevé. M. Delpech de MontpeUier, et M. Lisfranc de Paris , et d'autres habiles chirurgiens y ont parfaitement réussi.
M. Lisfranc a présenté à l'académie l'individu dont il a ainsi restauré la figure , et qui ne présente rien de difforme. Cet homme a même retrouvé l'odorat, que le contact trop immédiat de l'air sur la membrane pituitaire lui avoit fait perdre ; la cicatrice de son front n'est pas trop désagréable à la vue; mais ce déplacement de parties a amené de singuliers changements dans ses sensations. Lorsqu'on le frappe sur le milieu du front, il ressent le choc sur son nez artificiel : touché à la racine de ce nez , il rapporte la sensation au front ; la percussion faite sur les ailes du nez est ressentie aux joues, mais il n'y a point à cet égard de réciprocité.
M. Lisfranc, pour éviter une difformité que la torsion du lambeau du front produit quelquefois ^ l'avoit incisé plus bas d'un côté que de l'autre , et n'avoit eu qu'à le faire pivoter sur sa pointe. Il en insère les
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bords dans une incision qui divise perpendiculairenient la peau , et offre ainsi une rainure toute prête à les recevoir, et il les maintient au moyen de bandes agglutinatives qui dispensent d j faire des sutures. Pes rubans de plomb laminé , roulés sur eui^-mêmes et fixés dans les narines , en qnt conseryé )q diamètre.
M. Delpecb a In un piémoi^p wr k wême wjet. C'est surtout s|ux artères qui reiponf^ut dp la racine 4u ne^ ve^« h frpnt, €;t que l'pn mw^gQ en pQUpapt le lambeau, qu'il rapporte le grand aysiptag^ decet^f méthpd^ ; la 1 Wté 4u ti^^u çellulwQ qui uuij l'upouévrose du «nugcte frontal au pprip^Au^ fait qup ce^ points d« guture r?tpprqcli^nt ^vec une façUi$é exj tvéxafi IfïS bqrd^ d^ la plai§, douf t\ ne f^e^te ^iqgi qucî des U^açeç très légères, ^j^ pr^u^on^ ymf^ qu «rigçnt 1^ divers ét?t§ çj^ ft^T^e» çqpt iuçjiqu^ ÎIYW bf^lucpup 4e ^o^n d^w Ça pi^WlQW^ , qui ç*t foudé sur dç mwlpirciu^ çuccè^; pi^^^ ^. Pçlpeçlp^ r^^ p'eat paa bprué ^ répgreç ^e^ ©e^, fl ^ TpstfiHr^ ijnç partie d^ fe p^upi^T? inféripur^, fit ïe$ Ypi^s de Vçflfr prétÎQp d?S fevmeis , 4^n§ iw ipcl^yidu ftù , de» 1^ n^ijsaAç^, pe§ parties sjvpieflt étp4étr^itçs p;E|y uw^Wte d'arrachement. Une bande étroite de la pesju du fro\xt, ab.^^ép çt greffée , ^ Hp^é çe^te errpur dç 1?^ na- $vu:e , et f^t di^pwpUre une 4iffQJl^ft^^é.l^i4^v^^.
V^ é^anger , q«i nftp^trpit ^ Rftflea^i Vflf flaép^ wie fiipJbul^tQ, ay^nt fil^^ piq^é k |a l^^. p^ç \ip §^rpçflt
ET GHIKXJUGIB. 4^9
à sonnettes , la mort s'ensuivit au bout de huit heures , quoique Ton se soit empressé de Uer et de cautériser la partie blessée. Les docteurs Pinhorel et Desmoulins trouvèrent le sang d'une grande partie des veines du bras concrète en un caillot continu. Ce malheur a engagé l'autorité à requérir l'avis de l'académie sur les moyens de prévenir de semblables accidents. L'académie a demandé que l'exposition , et même l'introduction de ces sortes d'animaux à l'état de vie fut interdite , et elle l'a demandé avec d'autant plus d'instance , que leur climat natal n'étant pas plus froid que le nôtre, rien n'empêcheroit une femelle pleine qui viendroit à s'échapper , de propager son espèce. On sait , par exemple , que la grande vipère fer-delance , qui n'est pas moins venimeuse que le serpent à sonnettes , et qui ravage si cruellemeîit la Martinique et Sainte-Lucie, n'a été introduite dans ces îles que par des causes accidentelles , et n'existe point 4ans les autres Antilles. Leur arracher les crochets à veniu ne préviendroit point le danger , car ces crqphets soixt promp^ement remplacés; et quant aux autres remèdes, quoique l'on en ait préconisé plus de trois cents, il n'en e$t auctm dont l'efficacité soit suffisamment constatée. La ligature elle-mêiçipe est, selon M. Delile, qui a c^onné un mémoire à ce sujet, un moyen beaucoup trop foible. C'est à l'ablation ou à la cautérisation la plus prompte de la partie blessée quil fe.ut rçcçwiv- §?yas délai ; et trop sojuvent encore
46o MÉDEGIITE
elles n'ont point de résultat, parce qu elles ne peuvent être exécutées en temps utile.
ANIIÉB 19».
M. le baron Portai, toujours occupé de laisser à la postérité les résultats de son immense expérience , a présenté à l'académie deux mémoires dont l'un est intitulé : Considérations sur les fiès^res putrides devenues malignes , et l'autre , Observations et remarques sur la nature et le traitement des hjrdropisies avec des palpitations du cœur ^ et principalement sur le ramollissement de cet organe.
Ces mémoires , remplis d'observations cliniques et d'autopsies anatomiques avec quelques remarques pour confirmer la doctrine de l'illustre médecin, sont peu susceptibles d'extraits.
L'auteur établit, dans le premier, qu'il y a une fièvre qui tend à la putréfaction du corps, et qu'on peut appeler putride simple , mais qui peut souvent devenir maligne y et être alors très dangereuse , surtout si on lui laisse faire d'ultérieurs progrès, sans administrer le traitement qui peut les prévenir, le quinquina notamment, à difiërentes doses.
Dans le second, M. Portai prouve, par des faits
nombreux, que Thydropisie survient ^souvent à ùenx. qui éprouvrent des palpitations de cœur. H indiqué alors le traitement dont il a retiré plusieurs fois des avantages manifestes, mais qui malheureusement n'ont été trop souvent que momentanés ; les palpitations du cœur ont bien diminué, elle ont cessé même; mais c'est le cœur qui s'est rainoUi, et sa substance s'est changée en une espèce diadipocire bien reconnue par les autopsies ; une fois cette transformation arrivée, le mal est incurable.
M. Portai a déjà rapporté , dans nos mémoires et dans d'autres écrits , plusieurs exemples du ramollissement du cœur et de plusieurs autres organes chez des individus auxquels il avoit donné des soins dans leur funeste maladie.
M. Moreau de Jonnès a communiqué à l'académie la notice des épidémies qui ont paru , en 1 828 , aux Antilles.
La fièvre jaune, le fléau de ces îles, ne s'est point montrée à la Guadeloupe depuis dix-huit mois , nonobstant l'arrivée de troupes assez nombreuses, et dont les soldats ne sont pas acclimatés. A la Martinique elle a paru au mois d'octobre , et duroit encore en janvier dernier. Elle a commencé dans la ville de Saînt-Pierre , et a fait surtout des victimes parmi les marins et dans les hôpitaux. Pendant le mois de décembre , qui a été moins meurtrier que le mois précédent, sur 46 malades, qui ont été atteints de la maladie , n^ ont succombé. H est extraordinaire que
la fièvre jôune règne aux Antilles dans cette maison de Tannée , ^ndant laquelle \i température ressemble à celle de nos printemps.
Le pcnrt de la Trinité , où jamais ce fléau riè j[)énétroit autrefois, a été cette année envahi par lui, et deux hommes y ont péri , peu de temps après l'apparition des premiers symptômes, dont la violence â*e^ acôfue d'uùe rtiàniière eflfrayante.
Porir se préserver de pareils ihâilheurs , le Mexique , la G)lombie , ont adopté diverses mesures unitaires. Une ftttteste expérience ayant fait reconnoîtf e , dans les difiëteùtes parties du continent voîsîli des Aùtilles , que lès ifrriptiôùs de la fièvre jaune oïit pour câùsè ïiïtiportaîtiôW de cette inaladie psit les communications maritimes , le gouvernement de Colombie a prescrit , afu mois d'octobre dernier, qti'âucun ûavirè ne seroit a'dtoi^ dans les ports de cette république s'il ifétoit muni d'une patente de santé prouvant qu'il n'y à Çôlnt de danger à le recevoir à Kbre pratique.
M. de Jdnîiès à communiqué pareillement à Yaôadémie les détails donnés par les documents ôflSciels anglois et espagnols sur l'irruption de là fièvre jaune à Gibraltar. Il en résulte :
1 ** Que rîWpof tation de la maladie est attribuée àti iiavire suédois /e Bidger^ venant delà Havane, et admis à débarquer sa cargaison à Gibraltar , dans le cour^ de la quarantaine , et (Quoiqu'il eût déjà été repoussé die Càdii et de Malaga, parce qu'il avoît la fièvi*e jaune & bord , et qu'une pa'râe de son équî-
ET CHI^Ù^élE. 4^3
page atdlt succombé à là lîiàladie dàtis le cùuvë de sa trâ Versée.
2° Que la propagation de la contagion , pàfnii les Iialbitàïits de Gibraltar , est attribuée , d'après la haate autorité du président de la jtittte sanitaire de Gadiï , âû débarquement dés effets <jui aivdent servi aux tnarins niorts de la ûkyte jaune pendant le toyagè, lèscjuèls efikà furent tendue atix bàbitsUits pour leut usage pèrstttiiiel.
9* Que k toâkdîe ifedoublal d'intétfsîté initnédîatèmeurt sfptès les événemeiits ^ùi feèiït àfâuer la popntflatîôîi datas les liet« pubBè^.
4* Qû'efle ^è propagea: àans exception datoé lèà Keux où i! n'existé cértafînémettt értKrune causé d'infection locale j iéh ^ué lé terraîti neutté, qui est ifec et ^Monnettt , et te sonantét du tdchet dé Gibr :lteT, ^tri efet salas eésste ôotimis à irné fo^te ve»^ tilâtion.
5^ Que, dans utié cotrrfé période dé dit-htrft jotfrs, dtÉ i& septefnbre an i*' octobre, le nombre des nïalafdeB sextupta et celui des morts fut triplé y maîgré des ittéisui'es sanitaires auxquelles on ne petit rien jféproéher , sinon d'avoir été tafdives.
S"* Qù- il périt pendant cette période , qui constitue celle de la pfcis grande violence de l'épidémie, nn malade seulement sur trente , proportion trois fois moindre que dans les grandes irruptions de là fièvre jaune aux Antilles; d'où l'on petit conclure que la puissance riieurtrière de la fièvre jaune n'a point
atteint, à Gibraltar, le même degré que dans les contrées tropicales doù elle tire son origine.
7"" Que toutefois le nombre des malades ayant sextuplé , dans Vespace d'un peu plus d'une quinzaine de jours j la rapidité de propagation de la maladie égala celle qu'elle possède dans ses plus funestes irruptions sous la zone torride ; d'où Ton peut induire que , si la fièvre jaune a été moins dangereuse à Gibraltar que dans l'Amérique tropicale , elle n'a pas eu une puis^ sance de transmission moins grande et moins rapide.
Une maladie d'un autre ordre , moins formidable que la fièvre jaune, mais qui s'est répandue aussi rapidement , a été signalée par M. Moreau de Jonnès , dans une communication k l'académie. Dès le mois de janvier 1828 il parut dans les deux villes maritimes de la Martinique une épidémie dont on n'avoit pas encore eu d'exemple , et qui plus de six mois après n'avoit pas encore cessé. Cette maladie simule le rhumatisme articulaire, par des doukats aiguës dans les membres, avec tuméfaction; elle a semblé quelquefois se rapprocher de la scarlatine par une a&ction cutanée , qui se développe vers le déclin du mal , mais qui , le plus souvent , n'apparoît point. Ces symptômes, qui ne semblent pas, par leur nature, devoir être redoutables, le deviennent pas l'extrême violence de la douleur qu'éprouvent les malades, et qui leur arrache des cris. Qs ne le sont pas moins par la singuHère extension du mal , qui attaque indistinctement l'enfant au berceau
KT GHIRUIiaiE. 4^5
c et le centenaire , et qui n'épargne les personnes
p d'aucune classe ni d'aucune race. Un document officiel
t affirme que la moitié des habitants de la Havane en
t ont été atteints presque simultanément ; et il a fallu
6 construire des hospices temporaires dans ' plusieurs
IB quartiers de la ville. Au demeurant , ni k Cuba y
i ni à la Martinique , aucun malade n'a succombé ,
j quoiqu'il y ait eu des rechutes très graves. Une opi-
I nion commune à la Havane , et partagée par des
I praticiens , est celle de l'importation de la maladie
I par l'escadre espagnole que commande l'amiral
Laborde, et qui, dit-on, l'a contractée dans ses communications avec le littoral du continent amé* ricain. Le témoignage de cette opinion se trouve dans le nom indien qu'on a conservé à la maladie, en y ajoutant celui du lieu dont elle tirè'^on origine ; on l'appelle à Cuba Banguée del Colorado. Aux Antilles, les médecins sont fort divisés sur le mode de propagation del'épidémie; mais ils s'accordent à reconnoitre qu'ils n'en ont jamais observé de semblable , et dans les îles françoises , le peuple ne sachant quel nom lui donner, et pour désigner ce qu'elle a d'extraordinaire et de bizarre, l'a nommée la Girafe. '
M. Flourens a présenté des observations sur l'apoplexie du cervelet, d'où il résulte: i** qu*il y a deux degrés distincts d'apoplexie; une apoplexie profonde j ou dont le siège pénètre jusque dans le ceiitre même de l'organe ; et une apoplexie supers
4^6 HÉDtCllfE
ficieltp , Ou dont le mêo^ n'atteint que la superficie de iWgane.
ik"* Qu'à chacun de ces degrés diflS^rents d'apoplexie dorre^Ondent des symptômes propres et déterminés; à tapopleJtie profonde , un trouble et un désordre complets des mouvements ; et à tapopledtie sUpet-ficielle , Une siniple instabilité , ou défkut d'énergie musculaire et de situation fixe ;
3*" Que Vapoplexie profonde s'accompagne de ^apoplexie superficielle: mais qu'il n'en est pas de même dé celle-ci, qui peut exister salis l'autre^ et qui n'en parott que le premier degré , un degré précurseur qui doit éveiUer toute l'attention du mé* deiîn pour prévenir le passage de la maladie au second degré.
4" Dans X apoplexie prcfônde^ M. Flourens a constamment trouvé que l'épanchement résidoit dan^ une cavité creusée dans l'intérieur même de Torgane : dans \ apoplexie superficielle^ au contraire, i\ a trouvé la superficie seule de l'organe altérée , et présentant une couleur rosée ou dun rouge tendre, couleur qu'elle devoit à un nombre infini de points iftt de stries rouges dont elle étoit plus ou moins parsemée dans toute son étendue.
ÏA propriété qu'ont les cantharides de soulever Fépidêrme et de produire l'efiet que l'on attend des vésicatoires , tient à un principe particulier, découvert par M. Robiquet, et qui est cristallisable et diswluUe dans l'alcool bouillant , Téther, l'huile et leà
^taitei tùvpÈ ^tis ; il fié pârôit pas intîMémeùt lié k celui qui , Aanà lé ihêttié insecte , agît sur la véssié ; €ty fen interposant entre le vésicatoîre et la peau un pap^é^ Joseph huiy , Ôii ôttîeni tout le boh eSki du tësîcatoiré , èft évitant une partie de ses inconv^ aiènts.
M. Bretonneau, médecin & Tours, qui a fait aés ôbsértatidns importantes su^ ïè mérite de ce procédé, y éti â joint beaucoup d'autres sur lés insectes qui Jdtiiâéent plus ou môiiiâ des propriétés dé là cantharidé. Dé ce nOifikrrè est Surtout tin mjrtabrè , voîsîri flè celui de la chicorée, qiii, si Ton en jugé par les désôriptiôtls dé Pline et dé Dioscorîde, paroit àvôîr été là canthsitidë usitée par léâ âiicietis. Cést dans ntté humeur qui suitité dé ses articulations qu est éôtlténuè la substance vésicânté , mais on ne peut pas fîsolef, et Ton est réduit k employer la poudre dé Fanimatl desséché. Toutes choses égalés d ailleurs, êôh action est pltis vive qiiè ééllé de h Cântharidé dfdihàii*e ( Lftta veÊicatàrià , J'ab. ). Le cërocothd de Siihœff'èt â âtis^ une âctldù trè^ fdrté J toutes les espèces de méloë jouissent dé ïâ même propriété.
Pour (Artenir le principe vésîcant Isolé, ou du moins itoèlé seulement dé k graisse de f animal, M. Bfetônttéâu traite l'insecte cdneassé avetf de Téthéi* ^ùlfiiiîque dans uti tube bien bouché, et chauffé à ^6^ ééiitigrades ; après le f efrdidiifeéméût â 3o, oh ïritro^ dtfit âvéc fdrce dans le tube ufïe bburre de Côtoii qui jfitilbibe de l'éhter ; dn f en étprimé , le dârifié et fé^
vapore; il dépose la substance qui y est dissoute et à laquelle la cantharidine est unie. Étendue dans Thuile , elle jouit de la propriété vésicante avec une teUe précision , que les ampoules retracent jusqu'aux angles les plus aigus du papier sur lequel on lapplique; en sorte que rien n'est plus commode pour un vésicatoire que Ton veut circonscrire.
Les ouvriers qui &hriquent des toiles fines sont obligés de se tenir dans des lieux bas qui empêchent leur fil de se dessécher trop vite, mais qui leur occasionnent aussi les diverses maladies, résultats ordinaires de l'humidité. On a cherché divers encollages qui pussent remplir le même but en attirant l'humidité de l'air, et qui , pouvant être employas partout , ne fassent pas courir le même danger. MM. Doubeg, père et fils , de Rouen , en ont composé un où entre lliydro-chlorate de chaux ; et il paroit que l'on en a fiut usage avec succès dans les fabriques de cette ville. Si l'expérience continue à en recommander l'emploi , les auteurs auront acquis un titre au prix fondé par M. de Monthyon pour ceux qui auront rendu un art ou un métier moins insalubre.
Une excroissance cancéreuse , sortie du fond des alvéoles de la mâchoire inférieure, et qui occupoit toute la partie antérieure , s'étant reproduite avec une sorte de fureur, malgré l'emploi répété du fer chauSSé à blanc, devenant énorme et rendant la mastication et la déglutition impossibles , ne laissa à M. Delpech , professeur de Montpellier, d'autre parti à prendre que
£T CHIRDRGIE. 4^
d'enlever la portion de l'os d'où cette tumeur énaanoit. Deux sections furent pratiquées à la lèvre inférieure et au-dessous du menton; les lèvres et la joue furent séparés de la mâchoire iiiférieuto ; deux dents molai* Tes furent arrachées sur les limites de la partie malade de Fos qui fut détaché ' du reste' avec les précautions convenables, et dont il fallut encore séparer les membranes et les muscles qui s'y attachent ; mais alors ces musclas , ne retenant plus la langue ni l'os hyoïde, la langue et l'épiglotte se rejetèrent en arrière de façon à intercepter la respiration , et l'on fut obligé de la rete^ nir au moyen d'une érigne que Ton y implanta. Les deux portions de mâchoire restantes furent maintenues rapprochées au lïioyen de fils d*or attachés aux dents , et l'un de ces fils fut passé au travers de la langue pour empêcher qu'elle né se portât de nouveau en arrière quand l'érigne ne la retiendroit plus. Enfin , les bords des plaies furent réupis au moyen des sutUres appropriées. Malgré toutes les horreurs de ces opérations , le malade a été parfaitement guéri au bout de vingt jours; l'intervalle des branches de la mâchoire s'eft rempli par une substance qui , sans être osseuse , à une solidité suflSsante pour les empêcher de s'écalter Tune de l'autre pendant la mastication ; la parole, la déglutition, sont aussi faciles que jamais, et même il n'en résulte pas une très grande difformité.
M. Isidore Bourdon , qui a déjà reçu des encouragements de l'académie pour ses Mémoires sur la respi'ration , lui a présenté cette année une physiologie mé«
4^9 nti>^ci9u
4icale, QÙ il 9 poipr l^ut d'appliquer à lart de la médecine le9 principes les plus avérés dç 1^ physiologiç positive* ^oq oi^vi^ge coptient fuiir |es |ier&, sur le$ fiçn^tiQos morbides ^ $ur le pouls, sur les )>ruit$ mspï* ratçires e( sur l|i chaleur, des faite et ^ déduçtiqii^ qi4 oe sont ni sans nouveauté ni sans importance.
hJiîiÈM 18^9.
M- Moreau de JFoppès a contipqé de conunupiquer à l'acadérqiç 1^ résultats des doçumeptç Q^dçl^ qui font cpnnoître au cpnseil supérieur de ^Pté )4 ip^rclje et le;; progrès des maladies pestilentielle.
Favorisée par ks événements de la guerre , la p^i« f '^t prçpagçe en 18^9 ^urplugipurç points du littpr^ de ïf mer Noire- KHe e^istoit au mois de juillet^ y^rna , ^ux environs fl'Odç^ ^ et k lK>rd ^e plu^euYç de^ bâtiments rpppes ; e]le pénétra jusqu'à deux im dans. 1^ ville même d'Ode^i^a , où des mesures sévèrg» Ifrrf tèrept bieptpt ^e^ ravages : les mêmes précautions arrêtèrent le flé^u dans Séba^topol , où il s etoit répandu w mois.d'^QÛt-
Lç choléra-morbUfS paroit ^yoir exercé mpiU4 de rpvage^ en A^e ep 1839 que dans le:^ années pri^pé^ dentés. DansT^nnée 1828, il ^voiteuvahi toutP^le^ ïndes orieptales , et principlement le Bengale, ou il ayqit décimé les ^habitants et dépeuplé des village^
ET CHIAI^ROIS. 47*t
A bord d'un navire de k compagnie d^s Indes , parti de Boinbay pour Canton , la maladie devint géf nérale : en cinq jours 38 hommes en furent atteints; 24 en moururent , dont six en moins d^ ax heures | et 1 3 dans les dpuze heures qui suivirent les/ premiers symptômes.
Le choléra s'est monf ré ^ pour la seicpnde fois , §ur les frontières de l'Europe : en i823îl avoitpapp à A^ Irgk^n; en 1828 il aéi^laté, vprsla un d§ Fjnutprfine , ^ Prembourg, ville située à la limite de la Russie d']£a* rope et de celle d'Asie : l'jrruptipii a ep lievi aipr^s l'arr rivée des caravanes yenues d^ la h^ute A^ie , dop( los^ communications avec ripdou|>tan sppt multipliées ; après ]i'hiv<er ci^ttfs cruelle maladie n repftru , et exm^fsi dç grands ravages.
L^ fièvre jaune , si violente à la Martinique en i ^281 ue s'y est point montrée depui^ Iç mois d^ mars 1829, non plusqu'^ la Guadeloupe, pialgré lea foiptes chaleurs qu'on y a éprouvées : n^ais h la Ja* pijaïque et à |a Havane die pxerçoit de grands ravagei^ ^n^ mois d'avril , de mai et de juillet : au mojs dVouf; elle se manifesta k la Nouvelle-Orléaps, et ses prpgrè^ lurent si eârpyables , qu'elle enleva pendwt $i^ se-^ moines de aSo h 3oo persouJ9es p^r jour é^i^n^ ]^ ville.
M. Boulin a priésenté un méiPPÎre sur l'ergot du maïs et sur les effets de cette suh^pce , observés j^v lui dans les provinces de Neyhs^ et de ]\fariquiUi en Çplpmbie-
• On sait depuis long-temps en Europe que les grains du seigle , lorsqu'ils sont encore sur lepi , sont attaqués d'une sorte de maladie produite par un champignon parasite , que Ton nomme Tergot , et Ton a adapté à l'art des accouchements la propriété que Ton a reconnue à cette substance , de provoquer , comme par une action spéciale , les contractions ralenties de l'utérus.
L'ei^ot du maïs que fait connoître M. Roulin n'a pas l'apparence de celui du seigle, mais il produit des efiEets analogues : il a la forme d'une petite poire ou d'un cône enté sur le grain primitif, dont le volume et la couleur sont peu altérés ; cependant on le reconnoit facilement, et on le désigne sous le nom de peladro, parce qu'on lui a reconnu la propriété de faire tomber les poils et les cheveux de l'homme et des animaux. Les porcs qui s'en nourrissent perdent leurs poils; souvent leurs membres postérieurs se paralysent et s'atrophient; chez les mules, les crins tombent, les pieds s'engorgent, et il n'est pas rare de leur voir perdre un ou deux sabots, qui se reproduisent néanmoins quand on abandonne ces animaux dans les pâturages. Les poules qui avalent de ces grains pondent souvent des œufs sans coquilles, et l'auteur conjecture que cela peut tenir à une contraction convulsive de l'oviducte, qui amène l'expulsion prématurée de l'œuf avant que la matière calcaire ait eu le temps de se déposer à sa surface.
Cette sorte de maladie du maïs est inconnue au
KT CHiRtîRGlE. 4^3
Mexique et au Pérou , et , s'il faut en croire l'auteur , lorsque les grains ergotes sont transportés au delà des régions des neiges éternelles, dans les Cordilières , on peut s'en servir sans danger et sans incon-» vénients.
On avoît reconnu depuis long-temps que chez les très jeunes animaux à température constante , comme les mammifères et les oiseaux , l'acte de la respiration ne suffisoit pas seul à leur fournir la chaleur nécessaire pour l'exercice de la vie , et que par instinct les parents se tiennent constamment en contact avec leurs nouveau-nés, afin de les préserver des canses de refroidissement. Ces remarques ont engagé MM. Villermé et Milne-Edwards à rechercher quelle peut êtrerinfluence de la température sur la mortaKtédes enfants nouveaunés. 1k ont relevé avec soin les états de naissance et de décès , mois par mois , dans tous les départements de la France , pendant les années 1818 et 1819, et il résulte de leurs recherches que la mortalité des enfants depuis la naissance jusqu'à l'âge de trois mois^ est partout plus considérable dans le trimestre d'hiver que dans les trois autres saisons. Les auteurs ont ensuite examiné les départenients sous le rapport de leurs latitudes , et ils ont vu que la mortalité diminue sensiblement au sud dès le mois de mars, tandis qu'elle se prolonge jusqu'à la fin d'avril dans le nord de la France.
MM. Villermé et Milne-Edwards attribuent ces résultats fâcheux à la nécessité établie par nos lois de présenter dans des lieux pubhcs , quelle que soit la saison ^
47^ MÉDficirrE '
de ce remède coutre la phthisie , il n'est pas possâUe de tirer de conclusion du fait unique rapporté par ce médecin.
M. Deleau , qui s'est voué avec persévérance à l'étude des maladies de l'oreille , a présenté un mémoire sur les affections chroniques de l'oreille moyenne. Il s^est d'abord attaché à montrer que la force élastique de l'air atmosphérique qui remplit la caisse du tambour et les cellules mastoïdiennes a une influence considérable sur le d^ré de finesse de l'ouïe , et que quand cette élasticité est diminuée ou accrue relativement à celle de l'air extérieur, l'ouïe devient dure. Cest ce qui explique comment plusieurs maladies de l'arrière-goi^e et des fosses nasales peuvent, en empêchant ou en gênant Imtroduction de l'air dans Yoreille moyenne par le canal d'Eustachi , produire une surdité ou continue ou accidenteUe.* M. Deleau a eu l'idée de faire par ce canal des injections d'air, espérant que l'on poiirroit reconnoitre , par la différence des sons produits suivant que Tair parviendroit ou non dans la caisse , si la surdité dépend d'un simple rétrécissement ou d'une obstruction de la trompe.
Pour avoir des points de comparaison , il a examiné d'abord les phénomènes que produit l'injection de l'air dans une oreille saine ; et il désigne par l'expression de bruit sec de là caisse , celui qu^on entend alors , et qui ressemble au bruit d'une pluie forte tombant sur les feuilles des arbres. Quand l'intérieur de la caisse contient quelque liquide , on entend alors une espèce
ET GHIRUR6IB. 477
de ga];goiiiUement : c'est ce que M. Deleau nomme bruit muqueux.
. Il assure que par son procédé on peut reconnoître Tétat pathologique de Toreille moyenne, en faisant attention à la, nature des bruits que produit le courant d'air déterminé par Tinjection, et que l'opériateur peut apprécier en appliquant sa propre oreille contre le pavillon de celle du malade.
2t* En observant avec soin les changements que ces injections produisent sur la faculté d'entendre. En, effet , lorsqu'il n'y a d'obstacle qu'à l'orifice ou dans le trajet du.canal d'Eustachi, et que la cais^ du tambour n'est le siège d'aucune lésion ^ le courant d'air occasionne un bruit tout-à-fait analogue à celui qu'on observe dans une oreille ^ saine , et ausâtot après que la sonde est enlevée , le malade entend mieux qu'avant l'opération.. Cette amélioration se soutient quelquefois pendant. plusieurs jours, et elle semble indiquer que quand la trompe est obstruée la surdité tient à l'absorption de l'air renfermé dans la caisse.
3"* M. Deleau tire quelques conclusions des effets de l'injection sur la sensibilité, ayant observé que cette opération étoit douloureuse dans tous les cas d'inflammation chronique, et qu'il n'en étoit pas de même pour les phelgmasies aiguës.
Enfin l'auteur pense que l'on pourroit employer les injections .dVj>^ pour le traitement de quelques maladies de la partie moyenne de l'oreille. . M. L^y (d'Emplies) a entrepris sur l'asphyxie par
stibtAûrsiàtï des redlierché» dont les i^éâtfltslts dnt tir ? grande importance , relativement aux seôotirsà donne r aut ûoyé^ : fl â tu qu'en ()Oussant brui^qùement de Tair atmosphérique dans là tracliée-attère de cèrtdli:s animaux , tels que lë^ lapins , leâ renards , le^ moutons, etc., on détetminef une mOrt soudaine ; d*àutres âriiniatit, comme lé chien ^ résistent k cette insufflation brusque des poumons , lUais lëUl- respiration de fleint gênée, et il» sont malades pendant plusieurs piim. Si Pon cherche quelle est dans ces cas h cails-e de là mbtt , on reconnoit que lé pluâ soùTént Fa: r insufflé déchire le tissu délicat du potittion, se fépand dans là cavité dé la plèvre, tepousse et pressé le pdumon vers la partie supëriëut^ de la ^Ittihe, et s^oppôse àiusî à l^acôômplissement de là respiration; enfin, le diaphragmé, fortement fendu, fait saillie dans Fabdomen. La mort ârtive donc id d*une manière analogue à celle qui ^t ta plaies pénétrantes de poitrine, avec accès contitul de l'air extérieur dans la cavité des plèvres : ce qtd le prouve encore, c'est que si, d'une part, cta injecte directement ce fluide dans la cavité de là poitrine au moyen d'une canule plongée dans un cftJpace intercostal , Fanimàl su<xx>nibe , et que fit , d'utKr àtïtre part, après avoir insufflé de Fair dans le poumon^ on lui ddnùè issue par une ponction faite aux pà]H)is du thoirai, Fanimâl ne ressent qu*un peu de gêiie dans la respiration.
Qtoaift b la ^iflSh^encé dés éflfets qu'on diséirve datis le
chien , elle pardit têiAt à la insistance pltts gtaftdè dd tissu pulmonaire de ces àiiimaut.
L auteur» conduit par ces recherches , se demande ensuite si le poumon de Thomme se rapproche de celui des moutons, ou bietl â'il offre la résistance de celui du chien ; et, à défaut d'expériences sur l'homme I vivant, Impossibles à tenter, ileotidut, d'essais com<-
I paratifs faits sur des cadavres d'adultes et dé nouvèau-
nés^ que dans les premiers le tissu du poumon est beaucoup plus délicat et plus facileitieiit déchiré que dans les seconds ; ce qui rend moins dangereuàe Tittsuffiation de l'air faite dans la maladie connue sous le non! d'asphjrxie des nouVeau-néss , qUe rinsufflatiOû opérée sur des adultes submergés.
Cependant M. Leroy ne conclut pas de ces obser^ vâtions qtié l'on doive projknrire l'insufflation dtt pot!^ mon dans le cas d'asphyiie, mftis il montre que, faite sansi ménagement par des mains iiihabileSr, on bien avec fbrce et violence , suivant les préceptes de quelques auteurs , elle peut devenir funeste. L'auteur se dematide si l'on ne pourroît pas rapporter, du moins en partie , à l'emploi mal dingé de ce moyen , la différence des succès obtenus à diverses époques : ainsi avant la révolutiqn on sauvoit les huit neuvièmes des noyés, tandis qu'aujourd'hui on ne rappelle à la vie que les deux tiers des individud secourus.
Pour faire disparoîf re les dangers de l'instifilation ^ ordinairement confiée àdeshcHtimetsi ignorants, M. Le^ rt^ s'est ejflbrcé de mettre lès dji^pàréb daiia FiittfKiA-'
48o KiDBClIfE
sibilité de nuire : il rend au soufflet la soupape de Hunter, dont on lavoit privé mal à propos ; il proportionne la quantité d air injecté à la capacité de la poitrine aux différents âges ; il imagine un appareil pour &ire pénétrer sans peine la canule dans la trachée-artère ; enfin, il adapte à son soufflet un calorifère d*un emploi commode. Pour faciliter l'introduction de l'air extérieur dans les poumons, il propose de mettre en jeu Félasticité des cotes , de leurs cartilages et des parois abdominales , en faisant sur labdomen et le îthorax des pressions modérées, auxquelles on fait succéder un temps de relâchement ; et il pense que, par cette manœuvre , le sang stagnant dans les vaisseaux de labdomen et de la poitrine, mis en mouvement vers le cœur et le poumon, réveille la contractilité du diaphragme et ramène la respiration et la vie. M. Leroy attache même une telle importance à ce procédé , qu'il lui rapporte un bon nombre des heureux résultats que l'on attribue à l'insufflation du poumon , quand on combine les deux moyens ; et il pense que dans beaucoup de cas , surtout dans ceux où les indir vidus n'ont séjourné que peu de temps sous Feau , l'emploi de ce procédé simple doit suffire.
On rencontre quelquefois, dans l'art des accouche^ ments , des cas difficiles où l'étroitesse et la mauvaise conformation du bassin empêchent la tête de l'enfant d'en franchir les diamètres. On doit alors recourir à l'opération césarienne si le fœtus est vivant, ou^ s'il
est mQïlf agir directemieat sur son crâne pour en di-
minuer le volume. C'est dans ce dernier cas que M. Baudelocque a proposé de substituer aux instruments dont on s'est servi jusqu'à présent, un instrument de son invention, assete semblable, pour sa forme générale, à un forceps, et qui, après avoir saisi la tête , la comprime avec une telle force , que la voûte et la base du crâne sont afl&issées en un instant. Les commissaires de l'académie ont pensé que l'instrument de M. Baudelocque pouvoit être préféré aux crochets pointus dont on se sert communément , mais que sa longueur, et surtout son poids considérable , dévoient en rendi*e le maniement difficile et l'application dangereuse , et ne permettoient pas d'en espérer tous les avantages que son auteur s'en étoit promis.
n étoit naturel de s'attendre, après la belle découverte de la lithotritie , et après les encouragements que l'académie a donnés à ses auteurs , que l'attention des hommes de l'art se porteroit sur cet objet , et que de nouveaux instruments viendroient ajouter, par une construction plus ingénieuse ou plus parfaite , à la per*fection et à la sûreté de cette utile opération. L'académie a reçu avec un vif intérêt un mémoire détaillé et des instruments nouveaux, qui prouvent, dans M. le docteur Rigal,leur inventeur, un zèle à toute
^ épreuve et une grande aptitude aux combinaisons de
1 la mécanique.
i On sait que l'emploi de la lithotritie repose sur la
\ possibilité de faire arriver dans la vessie une sonde
droite ^ de gros calibre ; niai^ il est des cas où Von ue peut paixx>unr le canal de l'urètre qu ayec une sonde courbe y et cette circonstance avoit jusqu'à présent rendu impossible dans ce cas Tapplication de k méthode de broiement. M. Rigal a surmonté cet obstacle en imaginant une sonde flexible ^ d'une construction fort ingénieuse , que Ton introduit courbe; et que l'on peut ensuite redresser à volonté ^ saùs craindre de blesser les organes délicats qui l'entourent.
L'auteur examine dans son mémoire les procédés mis en usage pour le broiement de la pierre; il en existe deux : dans le premier ^ le ehirui^ien , aptes avoir percé un trou plus ou moins grand , lâche le calcul I le saisit dans un autre sens ^ le perfore de nouveau ) et ainsi de suite , jusqu'à ce que ce corps se brise sous l'effort de la pince qui le presse. Dans le second , on ne se dessaisit pas de la pierre ^ mais on cherche à creuser dans l'intérieur du calcul et à lui donner la forme d'utie coque friable* M. Rigal propose un pro*cédé nouveau^ pour lequel il a imaginé des iustru*jmentft particuliers , et qui consiste à perforer la pierre saisie , à la faire ensuite éclater par un mouvement d'expension centrifuge imprimé à ses molécules) à saisir chaque fragment ^ le perforer s'il est gros ^ et k iaire éclater à son tour. Par ce mojen , M. Rigal a pu réduire en fragments , après une seule perforation , dés
^ Ceci était écrit en 1829. Mais depuis les ingénieux perfectiotinements de M. Jacobson , on peut briser là pierre attte des sondes courbes.
calculs de dix-huit lignes de diamètre , et briser en éclats , en moins d'une minute , une pierre du diamètre de huit lignes.
Pour réduire en poudre chaque fragment » l'auteur a construit tin brise^pierre qui ne le cède point aint^ autres instruments, soit pour la sûreté de sa construction I soit pour son mécanisme ingénieux. Snfin , M. Rigal a apporté, dans les appareils de ses prédécesseurs, des modifications qui, jointes. aux inventions qui lui sont propres , paroissent avoir le double avan*^ tage de rendre plus sûr et plus facile Temploi de la lithotritie, et den permettre l'application à un plus grand nombre de malades.
M. Yillermé a continué ses recherches sur les parties de la statistique qui se rapportent à la médecine , it il a étudié la distribution par mois des conceptions et des naissances de l'homme , considérée dans ses rapports avec les saisons , avec les climats , avec le retour périodique annuel des époques de travail et de repos ^ et avec quelques institutions. H a rassemblé , des di<verses parties de la France , les naissances de 1819 à iSnS, et le premier résultat général qu'il a obtenu, c'est que les six mois où il y a le plus de naissances se présentent dans l'ordre suivant: février, mars, janvier, avril, novembre et septembre! ce qui porte les conceptions aux mois de mat , de juin » d'avril , de juillet, de février et de mars , c'est^i^lire au temps 0¥ le soleil s'élève sur notre horizon. 3es calculs l'ptit ensuite conduit à reconnoître que l'époque du ngkaindiie
484 MÉDBCINB
nombre de conceptions est Féquinoxe d'automne , et que lorsque les années ont été froides et pluvieuses , répoque du minimum des naissances se trouve retardée. L'année suivante, elle se trouve avancée au contraire quand la chaleur est plus grande. Cette observation y faite sur les saisons , a été confirmée par l'étude des climats, qui a fourni des résultats analogues. M. Yillermé a aussi trouvé que les contrées marécageuses * étoient remarquables par le petit nombre de conceptions aux époques où les marais répandent dans l'atmosphère leurs dangereuses exhalaisons.
Les recherches de l'auteur sur les mariages l'ont conduit à ce fait assez important, que très peu de femmes conçoivent dans les premières semaines de leur union. Enfin, il a confirmé par ses calcuk ce que Ton savoit déjà, que les temps de disette, Jcs époques de privations et de pénitence restreignent \e nombre des conceptions , tandis que les années d'abondance et de repos exercent sur elle une influence contraire.
M. Benoiston de Ghàteauneuf a recherché quel est le rapport de mortaUté entre le riche et le pauvre, et quelle est la longévité au commencement du XIX' siède. H a mis en parallèle les classes de la société qu'il regarde comme les plus élevées , par leurs fonctions et leurs richesses, avec les séries d'individus vivant au jour le jour , dans l'un des arrondissements les plus pauvres de Paris. Il est arrivé à ce résultat, que
ET CHIRURGIK. 4^5
la perte annuelle sur i oo est double chez le pauvre de ce qu'elle est chez le riche.
Il a voulu savoir ensuite combien de personnes sur cent arrivent aujourd'hui à Tâge de soixante ans. En écartant les termes extrêmes, il trouve que le nombre moyen est aujourd'hui de vingt-cinq environ, et qu'il faut ce nombre d'années pour que la moitié d'une génération soit éteinte.
Parmi les ouvrages importants de chirurgie qui ont été présentés cette année , nous ferons remarquer le Traité d Orthomorphie de M. Delpech, correspondant de l'académie à Montpellier. La théorie des difibrmations y est présentée sous plusieurs points de vue nouveaux , et l'auteur y discute les divers moyens de curation que l'expérience a suggérés jusqu'à présent. Mais une analyse telle que la nôtre ne peut embrasser l'extrait détaillé d'un Uvre aussi étendu et aussi plein de faits ; c'est aux praticiens qu'il appartient de l'apprécier , et de profiter des idées neuves et des vues savantes qu'il contient.
M. Flourens annonce qu'il se propose de développer, dans une suite de mémoires, les modifications que les résultats de ses nombreuses expériences sur l'encéphale lui paroissent devoir introduire, soit dans les opérations chirurgicales que l'on pratique sur cet
organe, soit dans les opinions que Ton s'est faites de la plupart de ses maladies. Il commence , dans an {««mier mémoire, par l'examen du mécanisme êdon lequel agissent les épanchements cérébraux.
L'épanchement d'un liquide ne peut agir mécaniquement , sur un organe solide , que par compres^ sien ; et cette compression ne peut être portée au point de déterminer une altération sensible de la structure et des fonctions de l'organe , si le liquide n'est oomj^nmé lui-même. D'où il suit , relativement au cer- Teau , qu'un épanchement ne sauroit le comprimer de manière à produire de pareils effets si le crâne et la dure^mère sont enlevés.
I^e mécanisme de l'action de tout épanchement oérébra) ne seroit donc qu'une pression transmise j et c'est ce que M. Flourens cherche à prouver par l'expérience. A cet eâet, il a dû s'attacher à ne pas compliquer les épanchements qu'il produisoic avec une lésion ou blessure cérébrale.
n a commencé par chercher , à l'imitation de qudr ques physiologistes, à produire des épanchements paf l'ouverture des sinus longitudinaux, soit antérieur ou cérébral j soit postérieur ou cérébelleux. Mais il a bientôt reconnu que ces épanchements, ftOpéiMit avec une extrême difficulté, et étant toujours aases peu abondants , ne pouvoient détermine^ des effets suffisamment marqués, et tels qu'il les faUoit pour s'élever enfin jusqu'au véritable mécanisme de leur action, attendu que la seule pression exmreée
Et CHIRURGIE. 487
P sur eux par le cerveau qui les pousse contre le crâne*,
* en arrête bientôt l'héraorrhagie , et qu'en revenant
^ ainsi à plusieurs reprises dans le crâne pour en re^
ï- nouveler l'ouverture , on court le risque <le' blesser
i- plus ou moins la -substance cérébrale.
ï- M- Flourens a doilc cherché k produire des épan*
i ehements par une aub-e méthode, qui coMiste ^
t injecter une certaine quantité de liquide entre le
F isrâne et le cerveau par une ouverture faite au crâne ,
mais il a bientôt reconnu encore que , quelques pr^
cautions que Ton prenne , même celle qu'il indiqua
de diriger le jet du liquide vers les parois internes
du crâne et non vers le cerveau, on blesse toujours
plus ou moins cet organe.
Il falloit donc recourir à un troisième procédé /et M. Flourens a eu recours à l'ouverture des artères du cerveau.
En ouvrant l'une des artères superficielles, il a toujours vu s'opérer des épanchements rapides et, abondants ; et tous les effets ou sjrmptémes de la compression du cerveau survenir surJe^champ, dè^ que Tépandiement dvoit acquis une certaine étendue ; tous ces effets disparoître aussi sur-le*-champ , dès que le crâne et la dur^mère étoient enlevés.
De plus , les effets ou sjrmpiSmes de la eom^ pression du c^r^aii répbndoient toujours aux fonnr tions propres de^ diverses parties de cet organe sur lesquelles l'épanchemeot portoit. Ainsi , M. Fiourens ottvM)it-il l'artère supei^cielle d'un lobe cérébral , un
48b MÉDECINE
épandiement abondant gagnait ce lobe ; il passoit à lautre ; et aussitôt l'animal tomboit dans la stupeur , perdoit la vue, etc. L'épancbement gagnoit-il le cervelet , Fanimal perdoit Féquilibre de ses mouvements de locomotion ; gagnoit-il la moelle allongée , l'animal éprouvoit des convulsibns universdles ; et , parvenu à ce point , si le crâne et la dure-mère étoient enlevés , lanimal reprenoit aussitôt , avec une rapidité surprenante , toutes ses fonctions ; les convulsions, le désordre des mouvements , la stupeur , tout disparoissoit.
IjCs épanchements cérébraux ne compriment le cerveau au point d'altérer ses fonctions que lorsqu'ils sont parvenus à une certaine étendue , parce que le cerveau a une force de ressort propre , laquelle résiste à une certaine pression , et que l'altération des fonctions du cerveau ne survient que quand l'altération de l'organe Ini-même est portée à un certain point ; et la pression ^t si bien la cause de- tous ces effets, que la seule ablation du crâne et de la dure-mère suffit pour les abolir sur-le-champ, et indépendanmient de l'évacuation de l'épancbement , ou avant que cette évacuation ait été produite.
De tous ces faits , M. Flourens conclut que le trépan , c'est4i-dire l'ablation du crâne et de la dure-mère, détruit l'action des épanchements, non-seulement parce qu'il leur donne issue , mais parce qu'il enlève les parties qui les compriment.
Tout le monde sait que le tissu cérébral a la fa
culte singulière de s'épanouir ou de se goiifier ; et
•' par suite de former à travers ses envdoppes rom-
^ pues ou enlevées (ou même simplement affoiblies)
p- une proéminence que Ton nomme exubérance ou
f) hernie cérébrale.
Les chirurgiens et les anatomistes ont long^-temps
s pris ces exubérances pour des végétations de la
\ dure-mère , pour des sucs endurcis , etc. ; et en
i conséquence , ils ont long-temps fait une règle de
leur extirpation; aussi les malades, traités d'après
cette règle , restoient'ils souvent hébétés , comme le
remarque Louis.
M. Flourens s'est proposé de détenniner, dans un second mémoire : i*^ le mécanisme selon lequel les exubérances du cerveau se forment; 2* le moyen physiologique de les prévenir ; et 3"* le genre àe force qui les produit.
Le crâne et la dure-mère étant enlevés sur un point donné , il se fonne bientôt , en ce point , une exubérance y quoique la substance du cerveau nait point été lésée. Cette proéminence est beaucoup plus grande , quand il y a eu , en même temps , lésion du tissus cérébral ; et quand le crâne seul a été enlevé , et que la dure-mère subsiste , Y exubérance tout à la fois se forme plus lentement , et demeure moins développée que dans les deux cas précédents.
M. Flourens en conclut, contre l'opinion de plusieurs chirurgiens habiles , que le gonflement du cerveau a lieu indépendamment de la lésion de sa substance;
490 MÉOBCINB
qu il a lieu , malgré Fexistence de la dure-mère , et que c'est surtout lorsque la substance du cerveau est léêée t que le gonflement de cet organe prend toute son étendue.
Ainsi , la cause qui produit les exubérances est V impulsion mteme du système vasculaire à laquelle le tissu cérébral cède.
Cette force impulsive qui , dans le cas d*épanchement » pousse le sang entre le cerveau et ses enveloppes , est la même qui pousse sans cesse le sang dans rintérieur de cet organe, quand elle agit de dedans au dehors. En poussant le sang dans son intérieur, elle tend à le gonfler ^ et le gonfle en effet j dès que les enveloppes qui le soutiennent lui manquent dans un point donné de son étendue; et, oonune die ne le peut sans agiter toutes ces molécules d'une sorte d oscillation intime et continuel/e, c'est un nouveau mouvement de cet oi^ne à ajouter à ceux que déterminent en lui , soit les mouvements delà req[>tration , soit le battement des artères.
Une exubérance cérébrale n'étant , comme il yient d'être dit , que V expansion d'un point donné du ce^ veau, due au défaut de répression y sur ce point, par les enveloj^pes , il s'ensuit que , ft les enveloppes manquoîent 4 tout le cerveau tout à la fois, ce ne seroit plus une expansion partielle , ou une exubérance pioprem^it dite qui auroit lieu , mais une expansion générale et qui comprendroit le cerveau en masse.
Ainsi, dans l'état naturel et nonnal, il ne peut se
ET CHIKVRGIE. 49^
former d'exubérance , parce que le cerveau e$t égale'* ment contenu partout , et , dans le cas de l'ablation totale des enveloppes, il ne peut s'en fiarmer aussi, parce que le cerveau cesse également cTétre contenu partout.
De plus, les exubérances se compliquait quelquefois de \ étranglement opéré par le bord de X^xk^ verture des enveloppes. Or, cet étranglement^ qui accroît les exubérances parce qu'il lèse leur tissu , a surtout lieu quand l'ouverture des enveloppesest petit«; il a moins lieu quand cette ouvertiure est grande , él l'on conçoit qu'il ne sauroit plus avoir lieu du tout dans le cas de l'ablation totale des enveloppes.
A ne considérer donc que le côté physiologique du phénomène , on voit que l'ablation totale des enve* loppes est le moyen direct et de prévenir et de répri* mer absolument les exubérances; et, à considérer le coté pratique , on voit qu'on approchera d'autant plus de cette répression absolue , que l'ouverture àe% enveloppes sera plus grande ; et de là résulte le bon effet des grandes ouvertures de trépan contre les exubérances ; bon e&t d^à remaïqué par Quesnay^ rniai^ qui n avoit point été expliqué encore.
On se souvient des expériences par lesquelles M. Flourens a montré qu'en retranchant successive^ ment diverses parties du cerveau, on abolit successivement sea diverses fonctîoas; et qu'ainsi chaque partie distincte de cet organe a sa fonction propre.
Qïi ae souvient aussi qu'il a montré, par d'autres
49^ UÉDEGIlffi
expériences , que certaines substances , bien qu'introduites dans les voies digestives , n'en portent pas moins leur action , soit sur Fencépbale entier, soit sur telle ou telle partie de Tencéphale ; et que , dans tous ces cas, Feffet de chaque substance sur chaque partie, est absolument le même que œlui de la lésion mécanique de cette partie.
Dans un troisième mémoire sur le cerveau , présenté cette année , M. Flourens a procédé d'une noianière différente. Il a appliqué immédiatement certaines substances sur les diverses parties du cerveau mises à nu; celles dont les effets lui ont paru tout à la fois et les plus marqués et les plus opposés , sont l'huile essentielle de térébenthine , l'opium et l'alcool.
Ayant apphqué de l'essence de térébenthine sur les lobes cérébraux d'un lapin , il a vu au bout d'un cer^ tain temps l'animal, tantôt s'élancer brusquement en avant, tantôt tourner rapidement sur lui-même; il crioit, il grinçoit des dents , etc. On l'eût dit dans un accès de manie Jurieuse.
L'ayant appliqué sur le cervelet, l'animal s'est mis à courir et à sauter avec beaucoup d'agilité.
L'effet de l'essence de térébenthine est donc di exalter l'influence de ces deux organes sur le reste de l'économie.
L'effet de l'opium est inverse. Dans le cas où on l'applique sur les lobes cérébraux, l'animal devient immobile, et d'une inunobilité telle, qu'aucune excitation ne peut le déterminer seulement à changer de
ET GHIKURGIE. 49^
place, etc. ; et quand on l'applique sur le cervelet, Tanimal ne marche plus qu'avec peine , lenteur, en se traînant , et jamais il ne court.
L'opium a donc pour objet de ralentir ou diminuer Taction de ces mêmes organes que l'essence de térébenthine exalte.
Quant à leffet de l'alcool , il est , à une moindre intensité près , à peu près pareil à celui de l'essence de térébenthine. Mais un effet curieux est celui qui résulte de la substitution de l'essence de térébenthine à l'opium ; car alors la stupeur et l'immobilité sont bientôt remplacées par \ exaltation , l'animal reprend ses mouvements , puis de l'agitation ; les effets opposés se modifient et se neutralisent les uns par les autres.
Ainsi , chacune de ces substances y immédiatement apphquée sur telle ou telle partie du cerveau , a une action propre ; de plus , cette action varie pour chaque partie comme la fonction de cette partie, telles que les expériences précédentes de M. Flourens les avoient déterminées.
Cette excitation artificielle ^ outre qu'elle est un moyen expérimental de plu^, mérite une attention particulière , en ce qu'eDe a permis à l'auteur dlmiter jusqu'à un certain point \ exaltation des fonctions de l'encéphale dans certaines affections de cet organe , teUes que \es folies ou les manies.
M. Moreau de Jonnès s'est livré à quelques recherches statistiques sur les générations dont se oom^ pose la population de plusieurs états de l'fiurope, et
494 MiDBGIllE
sur les variauons de nombre qu'on observe d'un pays à l'autre.
Les enfants de cinq ans et au-dessous constituent eo général du septième au huitième de la population totale; eià Angleterre et en Irlande ils sont pluB nombreux , en France ils le sont moins.
De dnq k dix ans les variations sont analc^es. Llrlande est le pays où il y a le plus d'enfants de cet Age ; la France est oelui où il y en a le moins* La Suède | qui possède beaucoup plus d'enfants da premier Age que la France, n'en a pas plus qu'elle du second, ce qui prouve Tinfluence funeste d'un dimat froid sur les premiers temps de la vie.
De dix à quinsse ans i le nombre relatif des enfante diminue dans les îles britanniques | ils reste presque stationnaire en Suède et en France.
La classe k moins variable de toutes est celle dm personties de vingt A trente ans; elle est partout d'a;ivir(m le sixième de la population.
L'auteur poursuit ainsi ses recherches d'Age en Agt, jusqu'au déclin de la vie , et il constate que c'est la France qui possède le plus d'individus de soixante à soixante-dix ans. Tdutes proportions gardées^ les Mas britanniques en ont utt tiers de moins ^ et l'Irlande n'en a que la moitié -de ce qu'on troure en Fraoœ.
Le travail de M. Moreau de Jonnès est accompagna de nonabreux tableaux numériques ^ disposés de ma^ nière à ofibir des résultats comparatife pour dhaqlie pays i et pour chaque Agé dé la vit.
ET GHIRUHaiE. 49^
M. Benoiitdn de Ghàteauneuf a chei^bé à détet^ miner Tiàilueiice exercée par certaines professions sut* le développement de la phthisie pulmotiàir<âé D a éfé conduit à s occUpel* de ce travail jk l'oocasion d'um gratide mortalité attribuée à un geni« d'industrie particulière à une petite commune du dépatteillent de Loir^t-^her^ où l'on exploite la pierre à fetôil.
L'auteur énumère avec détail quarante phi^feiâiotii qui exposent côux qui les exercent ^ soit k uiiô atmo« sphère chargée de poussières de diverse nature $ soit à des mouvements pénibles pouî l'acte dé la îespira^ tion i et il les distribue en sept classes. D'après dit relevés nombreux faits dans les registres des hôpitduit 9 il cherche à établir la moyenne des décès par la phthisie dans chacune de ces professions 9 et il conclut des faits nombreux qu'il a recueillis ^ que c'est aurtout au mode d'exploitation de la pierre 6 fusil ^ et à l'àii* viei A]ue respirent les ouvriers dans les galeries d'où Oïï l'extrait , qu'il faut attribuer la grande mortalité de la commune de Meusnes ^ mais que la poussière siliceuse qu'aspirent ceux qui taillent et façonnent la pierre 5 ne prédispose pas à la phthisie plus que les autres professions où Von respire également des mo-** lécules suspendues dans l'atmosphère»
M. Larrey et M < le professeur Roux 9 Ont fait connoitre les principaux faits de ehirut^ que les combats hvrés dans Paris ^ au mois de jinllet^ leur ont donné lieu d'observer. La nature très variée des projectiles 9 la di^nati^ pett considérable b laquelle les
coups étoient portés , on produit des blessures diâ^rentes de celles qu'on observe en général sur les champs de bataille , et sont devenues pour ces deux savants chirurgiens le sujet de développements instructifs et de considérations intéressantes pour l'art de la chirurgie.
L'académie a été entretenue, à l'occasion d'un mémoire de M. Delpech, des essais malheureux que quelques chirui^ens ont tentés pour l'extirpation totale de l'utérus cancéreux. Cette ablation d'un organe aussi important que l'utérus peut être faite dans deux cas , lorsqu'il est encore en place , dans ses rapports avec les organes voisins , ou bien lorsque la nature en a elle-même opéré le déplacement , et que la matrice , faisant saillie au dehors , est frappée d'engorgement ou de gangrène. Les commissaires de l'académie n'ont point hésité à refuser leur assentiment à l'opératioii pratiquée dans le premier cas , et l'issue malheureuse de l'essai tenté par M. Delpech n'est pas de nature k faire changer d'avis sur ses dangers. Quant au second cas , la perte de l'utérus déplacé a pu être supportée sans entraîner la mort des malades. L'observation que M. Delpech a envoyée s'ajoute au nombre déjà assez grand de faits semblables que possède la chirurgie.
M. Yelpeau a présenté un mémoire , où il propose de faire revivre et d'appliquer à un grand nombre de cas une opération aujourd'hui abandonnée , et qui consiste à séparer la jambe d'avec la cuisse dans l'articulation du genou. Il s'efforce de combiittreles objections
ï:t chirurgie. 497
que l'on a élevées Contre cette opération^ et de démontrer qu'on doit lui accorder la préférence sur l'amputation de la cuisse à son quart inférieur,. et sur celle de la jambe dans l'épaisseur des condyles du tibia.
M. M oreau de Jonnès a fait connoître le résultat des documents officiels sur la marche et sur les progrès de quelques maladies contagieuses.
La petite-Térole s'est manifestée au mois de mars dans l'île de Malte, et s'est propagée avec une violence et une rapidité extraordinaires* Sur 5,2ki3 habitants qui en ont été attaqués, «yi i ont succonabé.
La fièvre jaune, dont les irruptions ont été si mul* tipliées aux Antilles, qu'on pouvoit croire qu'elle y étoit endémique , a enfin cessé de les ravager* £Qe n'a paru à la Martinique et à la Guadeloupe ni en 18:29 nieni83o.
£llea continué de sévir à la NouveUe^Orléans , où l'on persiste à ne prendre aucune précaution sanitaire ; enfin, ce qui est plus rare, eUe a envahi et ravagé la colonie française dû Sénégal. Elle éclata au milieu du mois de juin dans Me de Gorée ; et deux mois plus tard dans l'île St.-Louis, située à 40 lieues de Gorée, dans le lit du Sénégal. Sur 700 Européens existant dans l'île, il en avoit péri 3 60 le 12 novemi^re dernier, et la maladie n'étoit pas encore totalement éteinte*
M. Larrey a communiqué à l'académie le résultat, de l'examen qu'il a fait d'un homme de l'Amérique septentrionale, égé de 4^ ans, et réduit à un état
^9^ MÉDECIVf El C0It01iGIE.
àa déerépitude et (Ja maigreur dont en a pdoe à fii» dire une idée. Cet individu attribue sa maladie h nu séjour pDol0Dgé qu il a fait dans un lieu humide et Toisindela mer. Il a perdu depuis 6 ou 7 ans envir ron deux pouces et demi de sa hauteur; et sa mtaigreur eBt telle , qu'il offjne fa^^ect d'un squelette revêtu uniformément et imédiatement d'une toile drée. h» nuisdes se desonent à peine sous la lorme de petitss cordes afdaties, mpis ils n'ont point perds leur eontractilité; les hattements du cosur sont Uè^ petits et concentrés; les den^ sont déchaussées, «t dérouleur terne; la voie est finhle et gn^i h tête eet recouverte d'une <^evelure pourte, rare et presque ealièreiiient hlandie ; les ei/rrationa ise font r^guliè^ rement.
Malgré cet état de débilité apparent , les ftcultfr IntçliectueDes sont intactes cbes le s^jet qui ^us oonipe ( êOÊ fonctions sensitives et lo^^omotrices m «qpI point eltéi^es; il fiêt agiJa, et soulève dç foimH^ findeaui:; enfiistf les ojg^n^ dç Uf^joérfOxon m pifr tic^pmt m mn d# YiOfoi^^ 4e« ffiiK»c)«s, et «9^ hMoiPf II «Il depiii$ qu'ils e9 €^ ^tat qw doDt trois «f ffOirtmt l^n.