‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jour (volume 2)Chapitre 7 sur 10 · T 200L05IB · texte numérisé non relu

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Deptdd la oonquéte de l'Afrique par les Arabes , c'est presque aux princes mahométans que le privi* lége d'en posséder a été réservé , et ce sont en général les maîtres de TEgypte qui en ont fait des présents. n en fut envoyé une h Tamerlan, à Samarkand, en i4o4- Bernard de Breitenbach, chanoine de Mayence , en vit une au Caire en 1 483 , et la représenta grossièrement dans son Toyage à la Terre-Sainte, imprimé en i486. Les sultans de Gonstandnople en ont reçu à plusieurs reprises. Gillius en vit trois dans la ménagerie du sérail au commencement du seizième siècle, et Thévet, son compagnon de voyage , en donne des figures dans sa Cosmographie. Il y en avoit une peu de temps avant Tarrivée de Bu^beck, en i554« Michel Baudiery en dessina une m 1692 , et M. le comte Andréossya fait voir à l'a^ cadémie la gravure qui se trouve dans l'Histoire du se* rail de cet auteur, imprimée en i632; mais, dans FEurc^e chrétienne , on n'en cite que trois durant tout le moyen âge.

L'empereur Frédéric H, qui entretenoit des relations assez intimes avec les princes du Levant, et qui avoit envoyé un ours blanc au Soudan d'Egypte, en reçut en retour une girafe , qui a été décrite par Albert le Grand. Il en fut envoyé une autre à son fils naturel, Mainfroi , roi de Sicile.

La troisième, et en même temps la dernière qui ait été vue dans la chrétienté , avant celle qui est maintenant à Paris, i^voit été envoyée à Laurent de Médicis ,

2'J2 ANATOMIE BT PHTSIOLOGIE ANIMALES,

en 1 4B6 f par le soudan d'Egypte : elle est peinte dans les fresques de Poggio Cuiano ; et Antoine Constanzio , qui Favoit vue à Fano, Ta décrite dans une lettre insérée dans son Recueil d'épigrammes , imprimé en i5o2, et adressé à Galéas Manfredi, prince de Faenza.

Leis parties du corps de la girafe étoient elles-mêmes rares dans les cabinets.

Buflbn et Daubenton n'en ont jamais yu qu'un os du radius, qui étoit conservé d'ancienne date au gardemeuble de la couronne comme un os de géant. Depuis quelques années , on en possédoit des peaux au cabinet du roi et au muséum britannique; et le premier de ces établissements en avoit un beau squelette. Les derniers voyages en Afrique les ont rendues plus communes. Feu Delalande en a rapporté du Gap une peau de femelle et plusieurs têtes osseuses, et M. Ruppel en a envoyé aussi des peaux et des têtes au cabinet de Francfort ; mais c'est en Nubie qu'il les a recueillies , pays où la girafe vivante du Jardin du roi paroît également avoir été prise.

Ces différentes peaux ne se ressemblent pas entièrement pour la grandeur et pour la distribution des taches , et Ton observe aussi quelques variétés dans , les formes des têtes , ce qui a fait penser à M. Geoffroy Saint-Hilaire que les girafes du Cap et celles de Nubie pourroieut bien ne pas appartenir à la même espèce.

. Deux faits curieux et nouveaux pour l'anatonoie

comparée résultent de Texamen de ces pièces : le premier, c'est que les cornes de la girafe ne sont pas simplement y comme les noyaux des cornes des bœu& ou des moutons , des productions des os frontaux , mais qu'elles constituent des os particuliers , séparés d'abord par des sutures , et attachés à la fois sur l'os frontal et sur le pariétal ; le second , plus important peut-être encore , c'est que la troisième petite corne , ou le tubercule qui est placé entre les yeux en avant des cornes, est elle-même un os particulier, séparé aussi par une suture , et attaché sur la suture longitudinale qui sépare les deux os du front. Cette circonstance aSoiblit les objectiops que plusieurs auteurs , et surtout Camper, avoient faites contre l'existence de la licorne, objections fondées sur ce qu'une corne impaire auroit dû être attachée sur une suture , ce qui leur paroissoit impossible. Toutefois , il ne résulte pas de là que la licorne existe ; et, en eflfet , bien que partout la croyance populaire admette la réalité de cet animal , bien que partout on trouve des hommes qui prétendent l'avoir vu , tous les efforts des voyageurs européens pour le retrouver ont jusqu'à présent été inutiles.

M. Geofiroy Saint-Hilaire a traité de l'oiseau que les anciens avoient nommé trochilus, qui débarrasse la gueule du crocodile des insectes qui l'incommodent : les faits qu'il a constatés à ce sujet dans la Thébaïde, pendant l'occupation de l'Egypte par les François , ont été publiés en 1 807 ,

et âedx.aD9 après (en 1809), ^' Descourtils a assuré cpie la même chose a lieu sur le crocodile de Saint* Domingue.

Ce ne sont pas des sangsues , comme l'a dit Héro^ dote, qui tourmentent ce grand amphibie, car il n'y en a point dans les eaux courantes du !Ni) , mais bien des cousins , insectes si insupportables jdans tous les pays chauds) ik s'attachent à la langue du chx»t)dilë , seule partie de son cc^ps assesà fnolle pour être en-^ tamée par leur trompe , et qui de plus ne peut se dé-^ fisndre , puisqu'elle est fixée à la mâchoire inférieure.

L'oiseau qui Tient a^ec tatit de sécurité enlever ces insectes ne paroît pas le niéme dans les deux pays. On a donné comme tel à M. Geoffroy le petit phirier à collier , nommé Charadrius œgyptiuÉ , qui se nomme en Egypte tec-^tac ou sec-sac , nom qui avoit déjà été indiqué par le père Sicard , comme étant celui du trochilus. M. Descourtils dit simplement qu'à Saint-Dominguec est le todier ( Todus nridis) , oiseau d'une toute autre famille , qui , à la vérité , se nourrit aussi dlnsectes , mais qui les poursuit et les prend en volant avec beaucoup d'adresse.

Quelques auteurs a voient pensé que le trochflus pourroit être un des pluviers ou des vanneaux armés que produit l'Afrique, et qu'il pouvoit se défendre contre le crocodile au moyen des éperons qui garnissent ses ailes; mais une pareille défense seroit trop f cible contre un être si robuste et si vorace. On ne peut donc douter que si en effet l'oiseau vient pren-

tiré défi cousine mt la kngtie en crocodile^ ce nt mk ilu conseti^ment de oert amphibie. C'est Topiïiion de M. Geoffit)y , et il erdit que le erooodife est déteer* miné en cela pajr le sentiment du hicoHttre qne Iti^. proedre ^opération dei trockikis.

M. GeoffÎHyjr g est ânssi <K)èiipé de nouveatt d'un sajat tinll avait déjà traité, il y a «fudqties amtéee^ des espèéeis de crocodiles de moindre telle, qui w^ Yënt vivre d»ns le Nil , et du xKmbi» desqnelli^s il ^sûenise qu'étmt cdie à laqpdle les Egyptiens rendtvieint des liommages reK^iéux. L'exmien de pkiSBeura vn^ tnied de crocodiles , rapportées da&s ces demîeiisl^Baps , et ^lui d'tm assez grand nomlme d'indxvidiis r éceuts du même genre, kd ont ofiert, ^nsk Hmae jim aHôikgée au. museau ^ fst dans dautres détii^^ da^ tarhctètés qui lui paraissent suffisants pourétai^ ceUe nnltiplicité d'espèces ; et il continue de peMer que l'une d'eBes, moins cruelle et plus dûdk ^e ks autres , portoit spécialement le nom de suchus , et tfae c'étoit celle-là qui recevoit les liotMaeiurs divine.

M. Guviar , qui s'occupe de ri»qirefiaian d'un grand ouvrage sur l'histoire natopelle des poissons , en m eommimiqué quelques ichapitres k Tacadéaiie. Il Ta «aiitreleDue surtout du poisson si célâbj[^ chez l6s mttoiens, sous le nom de scoi^s., et .d'un poisson d'An^rique, qui a été nommé .to/n^^OA^r, à cause du lipiiit très fort et très singulier qu'il fait entendre.

Les anciens regardoient le scarus comme supérieur,

pour le goût, à tous le^ autres poissons ; il u'habitoit

a'j6 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

que les mers de Grèce, et les Romains avoient envoyé des flottes pour en rapporter dans la mer de Toscane et l'y naturaliser. On fit des lois pour en protéger la propagation , et cependant il paroit ne pas s'y être conservé long- temps. Les naturalistes n étoient même pas d'accord sur l'espèce à laquelle le nom de scarus a appartenu ; mais on savoit que les Grecs modernes donnent encore ce nom à un poisson de leurs côtes, qu'ils estiment beaucoup. M. l'amiral de Rigny ayant bie'n voulu faire prendre de ces scarus des Grecs modernes et les envoyer au cabinet du roi, il a été £aMâle de reconnoître qu'ils répondent à tout ce que les anciens ont dit du leur , et que c'est la même espèce qui a gardé son nom au travers des siècles. Aldrovande se trouve être le seul moderne qui ait connu et décrit ce poisson, qu'il a nommé Scarus creticus. Bloch a donné à sa place une espèce du même genre , mais assez dififérente, et Belon a représenté sous ce nom de scarus un poisson inconnu aujourd'hui , et qu'il n'a peut-être dessiné ou décrit que de mémoire, en sorte qu'il a induit en erreur les autres naturalistes, et nommément Gmelin et M. de Lacépède.

Le poisson appelé tambour est le pogonias , que M. de Lacépède a décrit , mais seulement d'après de petits individus. Son espèce devient très grande : il égale ou surpasse notre maigre , dont il se rapproche aussi par toute son organisation ; mais il s'en distingue par une multitude de petits filaments qui lui forment une espèce de barbe sous la mâchoire inférieure. Dans

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son gosier sont des plaques pavées de grosses dents rondes , et sa vessie natatoire , qui est très épaisse , a 9 comme celle du maigre , des espèces de ramifications qui pénètrent dans l'épaisseur des chairs.

M. Cuvier, considérant que le maigre fait aussi entendre un bruit particulier , soupçonne que cette disposition de la vessie natatoire n est point étrangère à la production de ce bruit. Néanmoins lé phénomène reste encore difficile à expliquer par cette voie : c'est dans l'eau même que le bruit est produit, il est très fort , très continu ; on l'entend de l'intérieur des vaisseaux quand le poisson s'en approche, et plus d'une fois il a effirayé des navigateurs.

M. de Blainville a fait paroitre à part , sous le titre de Manuel de Malacologie et de ConchyUologie , un ouvrage dont il avoit déjà jeté les principales bases dans le Dictionnaire des sciences naturelles , et où il embrasse la classe entière des mollusques sous un point de vue général, en donne l'histoire et la bibliographie, et présente, d'après une distribution qui lui est propre , le tableau des genres , avec des exemples pris des espèces les plus remarquables , et de belles planches.

Le même naturaliste a donné un traité particulier sur les bélemnites , où il considère ces corps comme des coquilles intermédiaires aux os des sèches , et aux coquilles chambrées des nautiles et des spirules, et où il en décrit méthodiquement plus de quarante espèces. Il fait connoître à la fin quelques autres pro-

2' s ANATOMIE ET PntjSIOLOGIE ANIMALES,

dbctîoDs fissiles analogues aux béleninites* Cet ou« yr^ge est aussi accompagné de figures exactes et nombreuses.

Il n'est pas rar^ de voir des insectes du même genre » mais assez différents par l'espèce ou du moins par les caractères de couleurs j que l'on a cru déai-* gner des espèces, s'accoupler ensemble.

M. LepeUetier de Saint-Faigeau à observé de oeti sortes d'unions dans le genre des voluccelles, gœre de moucha à deux ailes, qui ressemblent singulière-r ment à ces abeilles sauvages et velues que l'on si nommées bourdons, et dont, par une de ces coïncH dences dans lesquelles il est si difficile de ne p9iSl voi.' des causes finales, les larves sont destinées à vivre aux dépens de celles des bourdons, M. LepeLieder de Saint^Fargeau pense que certaines voluoceUefi^t qui semblent tenir le milieu entre deux espèces d0 même genve ^ ne forment pas véritablement une tr^-? sième espèce, mais sont le résultat de ces acoouplemenl^ qu'il i^pelle illégitimes. C'est une présomption q^i mériteroit d'être constatée par des expériences siûr vies.

M. Léon Dufour, qui a travaillé avec beaucoup de auite k l'anaiomis des insecDes , et qui a décrit les viscères d'un très grand nombre d'entre eux , ^ pi^é^ «enté un mémoire sur le genre àesforficuleSj nommée vulgairement perce^oreilles , où il entre dans les p)ii$ grands détails sur leur splanchnologie.

Leurs oi^anes de la digestion ne ressembki^l fs^s

entièrement à ceux de l'ordre dans lequel on les range ^ cdui des orthoptères ; elles ont des appendices pyloriques plus notables : leur second estomac ou gésier est très petit , quoique très propre à la trituration ; leurs appendices hépatiques sont plutôt disposées comme dans les hyménoptères , comme dans les guêpes , par exemple, etc. De ces détails, et de quelques autres relatifs à la disposition des anneaux de l'abdomen , M. Dufour conclut que l'on doit, à l'exemple <le M. Kirby, faire des perceorçilles un ordre particulier. Il le nomme labidoûre^ ce qui signifie queue en tenaille , et se rapporte à la conformation singulière de la pinee qui termine l'abdomen dee percis-oreilles , et qui déjà en ktin les a fe^t novaraev forficulçà

Nous somipes loin de l'époque où linnseus avoit cru pouvoir se contenter de diviser en trpis genres la faoïille dâs pa^^Uons. L'innombrable quaptlté des eii^èces dé^ couvertes depuis ce grand naturaliste , et les formée variées de leurs organes , ont donné lieu de multiplier Ifisooupesgénéciques, au point que l'on en faitmainte»mnt plus de 5o , et que l'on a été même obligé de lei répartir entre certaines tribus que l'on a élevées au rang dis familles. Dans ce nombre est celle des zygénides, démembrée des sphynx de.Linns^us, et qui aujimrsr d'hui comprend assez de genres pour être elle-même ^ibdifisée.

M. Boisduval , qui en a iait l'objet d'upe étude spéciale , a présenté à son sujet un mémoire d'autant plus v&smtapàkie. par les &its^curieux qu'il contient sur les

aSo AKATOMIK hT PHYSIOLOGIE ANIMALES,

habitudes de ces insectes , que trop souvent les auteurs de semblables recherches s'en tiennent à des descrip* tions et à des nomenclatures. La chenille de l'un des genres , le thjrris , vit dans l'intérieur des rameaux' de l'hyèble , et sa chrysahde , comme celle de plusieurs autres insectes dont la larve vit dans le bois , est armée de petites épines qui lui servent à s'avancer du fond de sa retraite vers l'orifice extérieur, par lequel le papillon doit sortir. L'auteur a continué pendant huit années ses observations sur les zygènes proprement dites. Ces jolis insectes, dont les ailes supérieures sont d'ordinaire d'un bleu d'acier, et ornées de taches rouges ou jaunes , volent en plein jour, se reposent toujours sur des fleurs , et y demeurent accouplés pendant vingt-quatre heures : le mâle périt deux jours après , et la femelle aassitot après sa ponte. Les accouplements d'espèces différentes ne sont pas rares dans ce genre ; mais l'auteur n'en a jamais obtenu d'œufs. Après la première mue, même lorsque le temps est encore assez beau , les chenilles s'engourdissent , et elles demeurent dans cet état jusqu'au printemps suivant. Elles vivent à découvert et isolées, ou en petites sociétés. Des légumineuses herbacées servent de nourriture au plus grand nombre. Elles forment , pour se métamorphoser , des cocons de la consistance de parchemin , ou de coquille d'oeuf, vernissés en dehors et en dedans , qu'elles suspendent à des plantes grêles. M. Boisduval décrit dans ce seul genre jusqu'à quarante espèces.

Les cecidomjres sont de petits insectes à deux ailes ,

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détachés par Meigen du genre des tipules de limideus , et dont rhistoire est intéressante , parce que les larves de plusieurs espèces vivent dans l'intérieur des végétaux , et qu'il en est même qui font tort aux céréales.

M. Vallot, professeur à Dijon; en a décrit sept espèces , dont six doivent être ajoutées , selon lui , aux dix-sept qui avoient déjà été décrites par Meigen. Sur les six , Réaumur en a connu deux , naais Seulement à l'état de larves : Tune d'elles produit de grandes altérations dans les étamines et les pistils du verbascum ; une seconde produit de petites galles barbues, qui s'observent sur la véronique chamaedris. Des naonstruosités analogues dans le lychnis , l'euphorbe et le laiteron , sont dues à trois autres. La plus singulière seroit ceBe dont la larve habite , selon M. Vallot , la surface inférieure des feuilles de la grande éclaire, et y suceroit les cirons ou acarus qui s'y trouvent , comme les larvés de certains sy rphus , autre genre de diptères qui font la guerre aux pucerons ; mais ce genre de* vie seroit si différent de celui que suivent les autres espèces , que l'on croit nécessaire de le constater par de nouvelles observations.

M. Bosc a découvert , dans les étangs des environs de Paris, une production vivante semblable à une légère croûte verdâtre qui se contracte quand on la touche , et qui , vue au microscope , paroît composée de petits tubes anguleux , dans chacun desquels on observe un animal à tentacules nombreux et courts , un peu disposés en entonnoir. Cette production ressem-

blant , à quelques égards , à ces polypiers marins quç Ton a nommés alcyons, a été raiigée dans leur genre par Bruguère, et décrite par lui sous le nom d^Alcjron Jkcviaiilei et depuis lors, M* de Lamarck en a fait un genre distinct, qu'il appelle alcjronnelle , mais qu'il laisse auprès des alcyons.

MM. Raspail et Kobineau-<*Desvoidy ont fait nouvelr Jemept une étude particulière de l'alcyonnelle , et ils assurent avoir constaté que ses tubes ne sont pa$ ouverts; que chacun d'eux est oocupé par une sorte de gac rempli de petits corps ovales , comprimés , entourés d'un bourrelet , dont l'écorce est dure et cornée , et l'intérieur cellulaire et élastique, remi^i de myriade^ de granules qui ^ répapdent sur le port^^bjet du xm" croscope comnie pjir explosion. Les autear& co^inidè-» r^ntces pe^ts corp§ ponmie deff gemmes, et le sgc qui le$ contiei^ ppmmo un pyfiire* I^es g^iaame^ se 4^va-^ li^pept surowaivemept , et iQrsqiie l'ovaire en estf rempli, ^ «nmibr^m 30 déclùre pour W laîs^r $(»> t^r : p'f^ aloiw que l'ulcyopuelle paroit compo^ 4f tuhfis.

Quant aux animaux que l'on y a observiez ^ B|M. Bdir pâiU^t jftobipe$m h% croient des parasites qui^ntyenus ^ loger d^ns les tubes. En ayant relire \m , il» l>ii oat vu HP iQoq>s ÎQimé de quator^ aimeau^ et tenpinf^ par di^ Skm^nU t que l'on peut avoir pris poup des tenl^

c»le$ de pplype ; iU regardant PPS aniinap:^^ wwxw

des ^c)$s* l^ commissaires d« l'aci^démi^ pensent H^ P$ fi<PSl l^tQt d$s l9rvçgd« d^i^ , d^ b^ £^mlk

ET ZOOLOIME. :iS3

des dpules , et que leurs fikmentë adhèrent, non pas à k tête , mais à la partie postérieure.

Cette production mérite, comoie on voit, une atrtention particulière de la part des naturalistes ; xnais on voit aussi qu'elle a besoin d'être encore étudiai gy^ persévérance avant de décida les diilk^tés qui se présentent sur sa nature et sa classification.

Lorsque, &k i8ao, M. Bory Saint-VinQ^iit pop^ sent9, pour la première fins , à racadémie ^m Q^i^v vatîons sur les êtres organisés qu'il nomn^ psjçhQ-r diaires, et qu'il regânle oomme des intârmédktire^ entée les plantes et les animaux, il y ùmxm un Qfdftâ des artodiéei ou articulées , et il établit d^ns o^t QfAm une finonflle des asdiariées^ dasa laquelle m^ h gau» noipmé tremelle par Adanson , 'et0S€^hire pti M. Bory ki^mème , U y a bien lang-fiemp» M, Bory 9$ défend beaucoup du soupçon ^'il pairtsigergût Tid^ de qudqnes naturalistes qui ont cm voir duos d^0 4tpei de cette famille des animalcules té^fm poiir viig^tef sons la forme de plantes, ou des f^kntes qui 49 r^spudroi«it en aqunalcules, pmir leSiQmwmHyf^v 4tema$îr vement cette dii^onction anio^ , ou oett^ p(M|ti|ioo ^gétale: les oseillaiiies, d'ap*ès 59 défil^^QQ^ ^(H^ das filaments simplas , fomié^ de d^s tvkm^ ujupanlés^ «l'enveloppant l'un l'autre, et dont Yiutèmw p^fttiçnt nae matière colorante : chaque ornent ^^n^titu^ mi in£vidu; et k» individus sont aasomés m fgfi^Jff»^ «ndhâts d'une mucosité dans laquelle ij» awt^^^ d^s mouvemaits apantanés. Cm mmifi^m^^ iokm^^^

par M. Bory Saint-Vincent avec beaucoup plus de suiteque par ses prédécesseurs, sont plus variés qu'on ne Tavoit cru jusqu'ici. Aucune règle n'y préside ; en général ils sont brusques ; quelques espèces ne peuvent en faire qu'un; d'autres les exécutent tous , et il est im» possible , quand on les a observés , de leur supposer une cause mécanique ou physique; les enlacements, les reptations de quelques-unes de ces espèces sont des marques d'animalité trop prononcées pour qu'on puisse laisser les osdllaires dans le domaine de la botanique. M. Bory Saint-Vincent a décrit avec le ]^us grand soin , et examiné sous tous les points de vue près de trente espèces du genre osciUaria , dont la plupart se trouvent dans les eaux stagnantes , mais dont quelquesunes , ce qui est alssurément fort remarquable , ne vivent que dans les eaux thermales les plus chaudes.

Les genres microcoleusj dilwinella et anabaina^ complètent la famille des oscillariées , sur laquelle le travail de M. Bory jette le plus grand jour.

La zoologie continue à s'enrichir d'ouvrages importants sur ses div^rses branches. Après les nombreux matériaux qu'avoit procurés à cette science le voyage de M. Freycinet , et qui ont été si bien décrits par MM. Quoy et Gaymard , nous voyons commencer une publication qui ne sera ni moins abondante ni moins belle, celle du voyage de MM. Duperrey et d'UrviUe, qui aura pour rédacteurs, quant à la zoologie , MM. Lesson et Garnot. Ce qui a déjà paru est aussi remarquable par l'exécution que par la nouveauté des ani-

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maux que l'on y apprend à connoitre. Uhistoire des mammifères , par MM. Geofiroy Saint-Hikire et Frédéric Cuvier , en est à sa 67^ livraison. Les insectes recueillis par M. Caillaud , dans le pénible et dangereux Toyage qu'il a fait dans l'ancienne Ethiopie 9 ont été décrits avec soin par M. Latreille.

M. Magendie a réuni dans un ensemble ses cd)seryations sur le cerveau et sur le liquide qui l'arrose , ainsi que la moelle épinière, dont nous avons déjà rapporté quelques-unes dans une précédente analyse ' ^ et il les a présentées dans la séance publique de l'année dernière.

Un homme adulte a environ trois onces de ce liquide, les femmes en ont davantage ; dans les vieillards, t>ù la masse du cerveau diminue, le liquide augmente , il y en a G ou 7 onces. Il forme autour du cerveau une couche d'une ou deux lignes, et dans certaines circonstances et certaines places , de près d'un pouce ; ce qui, pour le dire en passant, paroît à M. Magendie une as** sez forte objection contre un système qui repose sur les rapports intimes de la forme du crâne avec celle du cerveau.

Il s'en faut beaucoup que le volume du cerveau soit aussi constant qu'on est porté à le croire en le jugeant

1 Annëe ï8î 6 ; tome nr p. 5 1 6.

:284 ÀNATOMIE £T PHYSIOLOGIE ANI' ^les

par M. Bory Saint-Vincent avec bf dettes lesmaia-** suiteque par ses prédécesseurs, so^/ ^^ xetakrrit beaune l'avoit cru jusqu'ici. Aucune ^mintition analogae ; général ils sont brusques; qi' ^ k convaleseence , ses en faire qu'un; d'autres le: ' l'un des principaux officeB possible , quand on ler-^ ^ Je remjdir dans ces thw^ une cause mécanio^ viennent à naître. L'animal le les reptations de/ j'q^ l'enlève parla ponction , devient marques d'aniy,^.^^ucun mouvement; mais il reprend laisser les c • /^^^ un intervalfe assez court , fiendant M* Bor* /^l^dR s'est régénéré. Si on le lai rend apiès

som, y^ refroidir^ il lui prend un

tre jy ^xfahaLÏ substitue de l'eau écèauffi^ à k

^extrême , et semble avoir perdu son instijKt et

jlf^ Ai agendse u cherché k savoir cc»nmeût k liquide ^ iroo^rte d^ns les affections mentales. Les ferûath- ^ devenues idiotes , ks vieillards en démettce ^ le loi 4int offert en grande quantité, souvent jusqu'À 6 ou fj oDoes; il y occupoit k surface du cerveau^ en dî&- ^endoit lès caviliiâs , et en dépkçoit toutes les partie&« n. r^aiplit et distend aussi bejaucoup les ventricules dans k folie , quelle qu'en soit la nature 4 mais alors il ne s'accumule point à la surface du cerveau. Dansies individus doués de leur raison , au contraire , les ventricules du cerveau en contiennent à peine un gros , et la totalité ne va pas à plus de deux onces.

M. Magendie pense que ces termes d'aquéduc , de

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i , de valvule, eftiplojréà pai* leà ancien^ atiatomîé<^ lUs leurs descriptions du cerVeau, ïtioatreiit qu'As

'*t pas étranger à la connoissance du H^uide qui ^s cavités de cet organe. Dàni^ des temps plus

.les , Haller avoit cru qu'il s*y réduîsolt k uûe léii3 humidité, destinée à empèchef l'union de leurè parois , et que son accumulation ne provènoit que de maladie ; mais M. de Sèemmerriiig , dâfrs soû Traité de l'organe de Tâmê , publié en 1796 , â déjà réfiité cette opitiion , et montage que les ventricules du cerveau ne éOnt pas seulement des solutions d^èontittuité , des cavités possibles , mais de véritables cavités coiiâtamitient remplies <f un liquide concret. C'est même par les chatigements de Composition produits dans ce liquide par l'effet de l'action nerveuse ^ qu^il clierclid à rendre compté des impressions que l*âmê éprouvé ; c*est dans ce liquide, si l'on peut s'exprimer ainsi , qu*îl en place le siège ; mais il ne parle point dé l'ôuVerturé décrite par M. Màgendie, et par laquelle le liquidé des ventricules communique avec celui qui remplit le canal de l'épine.

M. FloureîiS , dont notre analyse de 182:2 â fait connoître les importantes expériences sur les effets de Fablation des diverses parties de rencépbalé , a appliqué cette année sa méthode sur la moelle allongée et sur la moelle épinière, et cherché à constater lèuî^ limites , et à comparer leur action sur la respiration

dans 'les quatre classes d'animaux Vertébrés. Dans les oiseaux , on peut détruire toute la moellef

lombaire et toute la portion postérieure de la moeUe dorsale, sans détruire la respiration. Ce n'est qu'à la destruction de la moelle costale que les mouvements inspiratoires du tronc cessent.

Dans les mammifères, on peut paiement détruire toute la moelle lombaire et toute la portion postérieure de la moelle dorsale , sans détruire la respiration , on peut même détruire la moelle costale ; le jeu des côtes s'éteint alors, mais la respiration continue par le diaphragme, et ce n'est que lorsque la destruction atteint l'origine des nerfs diapbragmatiques , que tous les mouvements inspiratoires du tronc cessent. . Dans la grenouille et les autres reptiles batraciens , où le mouvement inspiratoire du tronc ne se fait que par l'appareil hyoïdien , on peut détruire, sans supprimer la respiration , toute la moelle épinière , hors le seul point de la moelle cervicale , duquel les nerfs de cet appai'eil naissent.

On peut aller phis loin encore chez les poissons , où les nerfs de l'appareil respiratoire du tronc ne viennent plus de la moelle épinière , comme dans les autres classes, mais de la moelle allongée elle-même.

M. Flourens a détruit , sur plusieurs carpes , toute la moelle épinière d'un bout à l'autre , en s'arrêtant pourtant à quelques Ugnes de la moelle allongée^ pour ne point intéresser cette moelle dans la lésion. Le mouvement respiratoire , c'est-à-dire le jeu des opercules, survécut à cette destruction. Une heure après l'opération il survivoit encore ; tant que l'animal étoit

dans Feau , la respiration étoit régulière et facile ; si on Fen sortoit, la respiration se montroit laborieuse, pénible, accompagnée de signes d angoisses ; elle rede^ yenoit facile dès qu'on replongeoit Tanimal dans Teàu.

Ainsi , on peut détruire , impunément pour la respiration , plus de moelle épinière chez les mammi'^ fères que chez les oiseaux , plus encore chez certains reptiles ; et l'on peut la détruire tout entière chez les poissons.

C'est tantôt d'un point , et tantôt d'un autre point de la moelle épinière que part l'action immédiate de cette moelle sur la respiration, dans les diverses classes; de la moelle costale seule, chez les oiseaux; delacostaleetde la cervicale, chez les mammifères; de la cervicale seule, chez certains reptiles; de la moelle allongée elle-même enfin et plus du tout de la moelle épinière , chez les poissons.

C'est tantôt par certains nerfs, tantôt par d'autres que se transmet cette action immédiate des centres nerveux sur le mouvement respiratoire dans les diverses classes : par les nerfs costaux ou thoraciques seuls , chez les oiseaux ; par les costaux et le diaphragmatique , chez les mammifères ; par les nerfs de l'appareil hyoïdien, chez certains reptiles; et par les nerfs de la huitième paire même , chez les poissons.

La moelle épinière , considérée dans l'ensemble des quatre classes , n'a donc sur l'appareil respiratoire du tronc qu'une action relative et variable comme l'ori-

290 ANATOHIE £T PHYSIOLOGIE ANIM ALBS,

gine même des ner& de cet appareil ; la moelle allongée , au contraire , a , dans toutes les classes , une action fixe et invariable; dans toutes, il suffit de couper cette moelle par une section transversale , pour abolir sur-le-champ la respiration.

De là, M. flourens croit pouvoir tirer cette conclusion , que la moelle allongée est l'organe essentiel et primordial du mécanisme respiratoire, et qu'elle «t l'orsane exclusif àe ce mécanisme ch« ]«. poissons.

En outre , à mesure qu'on descend des classes supérieures aux inférieures, on voit la moelle épinière se dégager , de plus en plus , de tout concours aux mouvements respiratoires; et la moelle allongée, par une marche inverse, tendre de plus en plus, au contraire , à réunir et à concentrer en eUe seule tout ce qui tient à ces mouvements , jusqu'à ce qu'enfin, dans les poissons, les fonctions essentielles et primordiales de ces deux moelles , se montrant complètement distinctes et séparées, l'une ne produise plus que les mouvements de locomotion , et l'autre produise tous les mouvements de respiration.

L'objet de la seconde partie du mémoire de M • Flourens est la détermination des limites de cette por^ tion essentielle de la moelle allongée , ou , comme il s'exprime, du point central et vital du sjtème nerveux.

Lon^y paroît avoir reconnu le premier qu'il y a dans le faisceau rachidien un endroit dont la section

ET ZOOLOGIE. 3gi

produit subitement la mort \ tandis que , au-dessus ou au dessous, ce phénomène si frappant d'une mo/*£ subite ne s'observe plus; mais il le fixe d'une manière un peu vague.

Le Gallois a été plus précis , et déclare que « oe 9 n est pas du cerveau tout entier que dépend la res* >^ piration , mais bien d'un endroit assez circonscrit de » la moelle allongée, situé à une petite distance du » trou occipital | et vers l'origine des nerfs de la hui- » tième paire. »

Pour arriver à plus de précision encore , M. Flourens , partant des expériences qu'il avoit faites en 1 8a4 sur les poissons , et dont nous avons rendu .compta dans le temps, a coupé transversalement dans un lapin la moelle allongée immédiatement au-dessous de l'origine de la huitième paire , et tous les mouvements inspiratoires du tronc et de la tête ont été à l'instant même abolis. Le même effet a eu lieu à une ligne et demie plus loin ; mais à trois lignes | il trois lignes et demie , les mouvements de la tête ont subsisté encore plus ou moins , quoique ceux du tronc aient cessé. La section faite au-dessus de la huitième paire a arrêté, au contraire, les mouvements de la tête , mais laissé , pendant quelque temps , subsister ceux du tronc , quoique péniblement.

Telles seroient donc , d'après M. Flourens , les limites de la partie de la moelle où réside le principe moteur nécessaire à la respiration; et c'est même là qu'il place le principe général de la vitalité. Une sec-

ngS ANATOMie ET PHTSIOLOCIE ANIMALES,

tion fiiîte au-dessus tue l'encéphale , et laisse vivre la moelle épînière; au-dessous, elle produit leflFet inverse ; la moelle épinière meurt, Fencéphale vit. L auteur nonune cet endroit de la mœUe le nœud vital ^ ou le lien central de toutes les parties nerveuses , et c'est , à son avis , un vrai collet du système nerveux comparable au coUet des végétaux lacés entre la tige et la racine. M. Flourensa fait usage de la même méthode , dans le but de déterminer les fonctionsd esd iverses parties qui composent Toreille , et il est résulté de ses expériences, que la membrane du tympan peut être détruite sans altérer Touïe ; que l'enlèvement de l'étrier.hors du cadre que lui fournit la fenêtre ovale affoiblit la sensation ; que la destruction de la pu]pe de l'intérieur du vestibule l'anéantit. Ces résultats pouvoient se prévoir jusqu'à un certain point ; mais ce qui étoit bien inattendu, c'est ce qui s'est mani-festé lors de la section des canaux semi-circulaires. M. Flourens Ta pratiquée sur des oiseaux , où ces canaux sont faciles à mettre à nu; l'ouïe n'en a point été sensiblement aJQToiblie ; mais les mouvements de l'animal en ont éprouvé les plus grands désordes. La section d'un canal horizontal produit constamment un mouvement de la tête, de droite à gauche et de gauche à droite ; et lorsque les deux canaux sont coupés, ce mouvement devient si rapide, si impétueux, que l'animal perd tout équilibre , et roule long-temps sur lui-même sans pouvoir se relever.

Si , au contraire , on coupe les canaux semi^rculaires verticaux externes , c'est un mouvement violent de haut en bas , et de bas en haut, qui a heu; lani* mal ne tourne pas sur lui-même , mais il se renverse souvent malgré lui sur le dos , et quelquefois il culbute long-temps ainsi à la renverse.

Enfin, si Ion coupe les canaux verticaux internes , il naît aussi des mouvements violents de haut en bas et de bas en haut ; mais c'est en avant , c'est sur son bec qu'il tombe et qu'il culbute. Ces mouvements désordonnés cessent quand l'animal se tient immobile ; mais aussitôt qu'il essaie de changer de place , ils recommencent avec force, et ils lui rendent la marche et le vol également impossibles.

Ce qui est plus extraordinaire, c'est qu'un état si étrange n'empêche point la plaie de se refermer, et l'animal de vivre et d'engraisser; et cependant il ne se calme jamais. Après plusieurs mois, après un an, M. Flourens a vu des pigeons, qu'il avoit opérés, et ensuite nourris avec soin , reprendre chacun , sitôt qu'il vouloit changer de place , l'espèce de mouvement de culbute ou de rotation correspondant à l'opération qu'il avoit subie. Du reste , ces animaux entendoient et voy oient; ils mangeoient et buvoient ; toutes leurs fonctions avoient lieu comme à l'ordinaire.

C'est là une énigme de plus à ajouter à toutes celles que nous propose la science de la vie; cette science dans laquelle, chaque fois que l'on cherche à en deviner une , on en rencontre de nouvelles ,

qui ne sout pas moins ob§cures que la première. L'auteur a répété ces expériences sur des lapins, où elles étoient bien plus difficiles, parce que les canaux semi-circulaires y sont renfermés dans un os , le rocher y dont le nom même indique la solidité et la dureté. Ses résultats, quoique moins prononcés, se sont accordés avec ceux des oiseaux.

Le tournoiement des animaux auxquels on a coupé k canal horizontal est tout-à«fait semblable k celui que M. Magendie avoit produit, en 1 8:349 ^^^ns des lapins auxquels il avoit coupé le pont de varoe. Cette ressemblance d^efiet tient peut-être aux rapports intimes du nerf acoustique avec les j ambes du cervelet. Des expériences encore plus nombreuses et plus variées , et portant alternatiirement sur le nerf lai-xnéme et sur les parties voisines de Fencéphale, pourroient seules faire connoitre le véritable point d'où partent ces mouvements , si réguliers dans leur désordre.

Le naéme auteur, qui dans ses recherches sur la dcatrisatîon des plaies du cerveau et la régénération de ses parties tégumentaires , dont nous avons donné le sommaire en 1824, a vu que les diverses parties de Fencéphale , *plus ou moins divisées ou mutilées, peuvent se réunir, se cicatriser, et réacquérir, en se cicatrisant, les fonctions que leur mutilation ou leur division leur avoit Êiit perdre , a essayé des :expériences semblables sur les ner& , et les a variées dune feçon singulière. Gomme Fontana, Monro,

BT ZOOLOGIE. 39$

Gruikshank., et beaucoup d'autres, il a réuui des bouts coupés d'un même nerf, et a vu ce nerf reprendre ses fonctions; mais il a, de plus, cherché k démontrer les effets qui pourroient résulter de la réwÙQîi croisée de différents nerfs. H a donc fait aboutir l'un à l'autre , le bout supérieur d'un nerf, et le bout inférieur d'un autre nerf, et maintenu ces deux bouts, ainsi rapprochés.

Dans tous les cas, la réunion des bouts de nerfs différants a eu complètement lieu ; dans quelquesun3 de ces cas, le retour de la fonction a été complet; il a été incopiplet dans d'autres; dans tous, la commimication des irritations par les bouts réunis a ét^ com|dète; et il y a eu ainsi véritable continuité physiolQgique dans le nouveau nerf; c'està-dire dans le nerf forpié par la réunion croisée des bouts de deux nerfs différents , comme continuité de tissu*

Le§ nerfs qu'il a soumis à ces expériences sont le sciatique, le pneumo - gastrique , les nerfs du bras, etq.

. P^u après l'opération, las deux bouts divisés du perf se gonflent , se raj^rochent , se collent l'un à l'autre , puis se réunissent tout-à^fait ; mais le point de leur réunion oflfre toujours u» renflement ou gonflement marqué.

P^ns une expérience, M, Floureos a coupé dabord 1(3 »(^rf p^eumo^astriqu^ drpit Pur u» point; et q^p^d ce point ^ été réuni , il r» coupé §ur u»

2g6 ANATOMI£ ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

autre point , et ce nouveau point s'est réuni encore. Dans une autre expérience , il a réuni le nerf pneumo-gastrique droit à l'un des nerfs de la régionr cervicale , et la réunion a eu lieu de même , et de même la continuité physiologique ou transmission des irritations s'est rétablie , quoique , dans ce cas , les deux nerfs , artificiellement réunis , appartinssent, l'un aux nerfs spinaux, et l'autre aux nerfe encé^ phaliques.

M. Giroux de Buzaraingue , correspondant de l'académie , a employé , pour déterminer les fonctions des diverses parties de l'encéphale , une méthode qui lui est particulière : c'est de constater les altérations occasionées dans différents moutons par la maladie connue sous le nom de tournis, et de reconnoitre , après la mort, la place qu'occupoit dans le cerveau l'animal parasite ou hydatide qui produit cette maladie , le Tœnia cerebralis de Gmelin , ou cœnurus de Rudolphi. Dès 1831 , M. Giroux avoit annoncé que le développement de ce parasite est en rapport constant avec l'âge de l'agneau , que le nombre des agneaux atteints de tournis est en rapport avec celui des ^ mères affectées d'hydatides abdominales ( quoique les naturalistes regardent ces dernières comme différentes par l'espèce); et, pour ce qui concerne spécialement les fonctions de l'encéphale, que si le taenia réside dans le cerveau, l'agneau cesse de vouloir suivre ; mais que s'il réside dans le cervelet , l'agneau veut, mais ne peut pas

ET ZOOtOGIE« 2tyj

suivre : deux faits qui s'accordent parfaitement avec les expériences de M. Flourens, dont nous avons rendu compte dans notre analyse de 1822.

Mais M. Giroux a voulu aller plus loin, et s'expliquer ce qui rend l'intervention du cervelet nécessaire pour la direction régulière des mouvements. C'est dans les expériences de M. Magendie sur les fonctions des racines postérieures et antérieures des nerfs spinaux , qu'il cherche son expHcadon. Les racines postérieures transmettent seules les sensations , les antérieures né sont que les organes du mouvement volontaire : or , les racines postérieures pénétrant dans le cordon postérieur de ][a modle, les impressions qu'elles transmettent doivent aboutir plus directement au cervelet ; c'est , en quelque sorte, par $on intermédiaire qu'elles arrivent au cerveau ; ainsi , quand le cervelet est lésé , l'animal ne reçoit plus de notions nettes des corps sur lesquels portent ses extrémités ; ses pieds sont devenus insensibles , il n'a plus de moyen de juger de la direction qu'il doit donner à ses mouvements, et, dans cette incertitude , il cherchera à se coucher ou à s'appuyer contre quelque corps solide.

C'est ce que M. Giroux a en eflfet observé sur des animaux de plusiieurs espèces.

L'ivresse, qui altère les mouvements à peu près comme ferait la lésion du cervelet, rend aussi la plupart des sensations très obtuses, et notre auteur ne s'en tient point à cette remarque ; plusieurs des faits

2g8 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

connus , relatifs au sommeil produit par le vin ou par l'opium , à la nature des songes qui les aocom-r pagnent, aux phénomènes du somnanobulisme , lui paroissent prouver la part que le cervelet a aux sensations , et surtout au souvenir que l'on en con* serve.

C'est , selon lui , par le cervelet que le passé devient présent pour le cerveau, et que les actes successifs de l'animal peuvent se coordonner entre eux ; mais le cervelet n'a point d'influence directe sur ces actes, %t le cerveau seul peut les commander.

Que si l'animal , après l'ablation du cervelet , conserve certains mouvements plus entièrement que d'autres , c'est qu'il en avoit contracté une plus grande baMtude ; ainsi une grenouille nage encore alors , e\ ne saute plus ; un oiseau fait plus d'usage de ses ailes que de ses pattos ; l'homme même , dans les hémi-t plégies du cervelet, conserve plus de faculté motrice dans les i»*as que dans les jambes j les animaux rentrent ^lors sous ce que M. Oiroux appelle l'empire de l'instinct, c'estrà-dire de Tassociatiop primifiv^ et immédiate des mouvements av^c les sensations , telle que l'auteur la conçoit, par exemple, dans les r^i4les que Ton a privés de tout leur encéphale.

Il fait remarquer que la faculté de se mouvoir fans Qprveau et sans cervelet est d'autaiit plus grande dans l'animal qu'il a plus d'instinct et moins d'in-^ talligmoe » mmw d'habitude àm a^^oc^iations int^llepr

Lorsque Thydatide du tournis n'attaque qu'un hémisphère, la maladie ne se montre souyent qu'à dix-huit mois ou deux ans, bien que l'hémisphère attaqué soit quelquefois entièrement détruit, mais alors elle se montre presque subitement , et , sdon M. Gîroux, parée qu'alors le crâne cessant de croître, rhydatîde, en se développant toujours , vient à comprimer l'hémisphère sain; et, quand sa situation est telle qull peut promptement exercer cett€ compression sur les deux hémispères , les symptômes extérieurs de la maladie se niiontrent beaucoup plus tôt. C'esl du c6lé de l'hémisphère lésé que l'agneau tourne] mais c'est de l'œil du côté opposé qu'il perd la vue. Lorsque m l'un ^i l'autre œil n'est encore lésé, il ne tourne pas, ce qui fait penser à notre auteur que c'est plutôt pour ne pas se heurter du ooté où il ne vmt point que par aucune autre oause qu'i} dirige ainsi son naouvement.

M. le docteur Foville, médecin de Thot^ice deà aliénés de Rouen , a présenté k l'académie un inémoire sur le cerveau , où il envisage encore d'une manière nouvdleles liaisons des diverses parties de cs^ organe eqtre elles et avee la moelle de l'épine , qu'il regarde comme analogue , par sa composition , avec le cerveau lui^nciéme. Nous^ gvons déjà fait qonnottre , dan$ notre analyse de 182 3^ un mémoire de M. BaiUy, sur oett)^ anfdogie de composition, mais M. Foville ne l'envisage pas toutr-à«*fait de mâme ; il ûODÂdèré la moelle de Tépine comme hnaéê , pouriphaqiiç motié ,

300 ANATOMIE ET PHTSlOtOG^IE ANIMALES,

de trois Ëiisceaux : un antérieur, un postérieur, et un beaucoup plus gros, forniantun demi-canal, dan s lequel est une traînée de substance grise ; les cordons sont réunis par une commissure blanche postérieure. Arrivée à la base du crâne, la moelle se renfle et constitue les pyramides antérieures, les corps oliyaires, les corps restiformes et les pyramides postérieures. Les corps restiformes , comme chacun sait , se prolongent dans le cervelet. Un petit faisceau, qui paroît faire suite aux corps olivaires , paroît à M. Foville se rendre dans les tubercules quadrijumeaux; les pyramides antérieures et postérieures forment les pédoncules du cerveau, et y demeurent séparées par la substance noire de Sœmmering : les antérieures sont les seules dont les fibres se croisent. ' Suivant l'auteur, et c'est ici que ses idées commencent à prendre une direction particulière , le faisceau formée par le pédoncule , au sortir des corps cannelés , se divise en trois plans superposés. Le plan supérieur se dégage le premier, monte et se recourbe de dehors en dedans, pour se réunir à son analogue de l'autre côté , et former le corps calleux , qui ne G&Nnt ainsi qu'une répétition de la commissure qui unit les cordons supérieurs de la moelle , et n'auroit point , avec les hémisphères mêmes , cette liaison que M. Gall lui attribue, lorsqu'il le regarde comme leur commissure. Le jJan intermédiaire , le plus considérable des trois , marchant en dehors du précédent, et se prolongeant de toute part en dedans de k

BT ZOOLOOIB. 3oi

substance corticale, forme la principale masse des hémisphères. Le troisième plan, qui est le moins épais , a la même étendue que le second ; mais sa direction est tout-à-fait opposée , et ses fibres , partant du bas des corps cannelés , sont employées , les unes à donner une expansion pour le lobe temporal , les autres à gagner la corne d'ammon , et à se continuer avec les coqps frangés dans la voûte à trois piliers, enfin à former, le septum lucidum ou cette cloison qui s'élève de la voûte au corps calleux.

Dans les jeunes enfants , ces trois plans, qui tCN minent le pédoncule, se séparent facilement , et ne sont, pour ainsi dire, que superposés. M. Fovifle croit même que, si quelquefois leur adhésion est telle que leur séparation ne puisse avoir lieu , c'est par une altération maladive.

M. Foville pense que cette théorie de la compo» sition du cerveau explique les faits, doù il résulte que , dans les maladies nerveuses débarrassées de complication , qui portent sur les facultés mentales , on trouve toujours la lésion apparente dans la matière cendrée des circonvolutions, et que c'est dans les parties centrales et médullaires que cette lésion se montre, lorsqu'il n'y a d'affecté que la faculté locomotrice.

MM. Isidore Geoffroy Saint-Hilaîre et Martin ont présenté des recherches intéressantes sur des canaux qui communiquent de l'intérieur de l'abdomen dans

Z02 ANATOMIE £T PHTSIOLOOIB ANIMALES^

les corps cayartieux des tortues et d^ erooodiles , «t m^e ^ à ce qu il paroît , à l'extérieur.

On sayoit ^ depuis long-temps , que dans les raies et dans d autres poissons^ il existe àk sur&ee du corps, aux côtés de l^nus^ deux petits orifices, qui aboutissent dans l'iutérieut* de labdomen | et mâme que la cavité du péricarde communique par des orifices semblablfs avec celle de Tabdonden ; d'où il résulté , pour le dire en passant, qu'il s'en faut beaucoup que les membranes séreuses forment toujours , comme Tavoit cru Bichat, des sacs sans issue.

Dans la tortue , ce n'est pas d'une manière aussi apparente que se fait cette communication ; un premier vestibule commun y reçoit le rectum , et est séparé par un étranglement d'une cavité plus profonde, dans laquelle aboutissent les uretères et les oviductus, ou les canaux spermatiques , et au fond de laquelle s'ouvre une vessie divisée en deux lobes, car, dans cet animal^ ce n'est pas dans la vessie que se rendent les uretères, mais bien dans cette cavité intermédiaire , que M. Geoffroy le père nomme canal urétbro-sexuel , exactement comme il l'a observé dans l'ornithorbinque .

Le gland , soit du pénis , soit du clitoris , s'attache à la partie antérieure de la cavité uréthro-sexuelle , et le premier la remplit lorsque l'érection ne le fait pas se montrer en dehors.

M. Cuvier avoitdéjà fait connoitre , dans sonAnatomie comparée , deux canaux qui, venant de l'ab-

BT 200L0aiE. 3o3

domen , pëûètrent dans le péiiis , et suivent toute la longueur des corpé cûverneux jusque dans le gland. Ce sont ces deux canaux que MM. Martin et Isidore Geoffroy ont retrouvés dans le clitoris ^ et de pli» ils ont reconnu qu'ils ne se bornent pas à y pénétrer; ma)3 que par une infinité de pores ils communiquent avec les cellules dés corps caverneux , et même ^ en pressant le gland ^ après Favoir injecté , ils ont vu sortir de son extrémité deux gouttelettes de l'injection, ce qui leur fait penser qu'il ya, à cet eudroit^ une communication libre de ces canaux avec le dehors. De l'examen de cette structure, les jeunes anatomistes concluent que ces canaux péritonéaux conduisent au dehors quelque partie du Uquide ou de la sérosité du péiitoine*

Dans le crocodile , la communication avec l'extérieur est beaucoup plus évidente. Les canaux péritonéaux s'ouvrent directement dans le cloaque, aux deUx côtés du gland, et chacun par un orifice entouré d'un petit bourrelet et facile à apercevoir ; et < ihême ^ dans le crocodile mâle , ils donnent une branche qui pénètre sous les téguments du pénis, et se termine en cul-dc-sac à côté du gland.

On n'a rien trouvé de semblable dans les CHseaux ni dans plusieurs poissons osseux; mais nos auteurs pensent que les conduits découverts par M. Gaertna? dans les parois du vagin de la truie , et qui , d'une part , s'ouvrent près du méat urinaire , et , de l'autre , semblent se perdre dans le ligamei^t large , pourroient

bien être des vestiges de ceux que l'on trouve si développés dans le crocodile et dans les raies , et dont les vestiges d'un autre genre se voient dans la tortue.

Nous avons dit que, d'après les expériences répétées de' M. Giroux de Busaingue, sur la reproduction des animaux , le sexe du produit dépend surtout de la vigueur relative des pères et mères. Ce résultat vient encore d'être confirmé d'une manière assez positive. Un troupeau de 5o brebis, de 2 , 3 , 4 9 5 et 6 ans , avoit été partagé en deux moitiés , et l'on avait distribué les béliers de manière qu'une moitié devoit produire plus de mâles , l'autre plus de femelles. Sur la moitié composée des brebis les plus fortes , couvertes par des agneaux de huit mois seulement, et bien nourries, 23 ont été fécondées, et elles ont donné sept mâles et dix-huit femelles : il y a eu deux doubles ^portées, dont une d'un mâle et d'une femelle , l'autre de deux femelles.

L'autre moitié n'a pas aussi bien répondu au but que l'on se proposoit, qui étoit d'y multiplier les mâles; mais M. de Busaraingue attribue ce défaut de réussite à l'indocilité d'un jeune berger qui ne suivit pas ses. instructions.

Cet observateur a fait une remarque qui n'est pas étrangère au sujet, c'est que les brebis atteintes avant la monte de la pourriture, qui est une affection du foie , donnent beaucoup plus de mâles , ce que l'on peut expliquer par leur foiblesse; mais d'un autre côté fl a trouvé que les femmes phthisiques et les vaches

ET ZOOLOGIE. 3o5

atteintes de maladies du poumon produisent plus de femelles , ce qui semble contrarier le premier résultat : l'inverse a lieu dans les affections pulmonaires des mâles.

Dans les diverses naissances d'un agnelage, on remarque généralement une prédominance du sexe féminin dans le commencement et à la fin. C'est que , d'une part, les plus fortes brebis demandent le bélier les premières , et que de l'autre , plusieurs de ces brebis fortes le demandent deux fois.

L'histoire naturelle des animaux a donné lieu , cette année, à des travaux aussi importants que multipliés ; il n'est presque aucune classe , presque aucune fonction sur laquelle n'aient porté les observations des naturalistes.

M. Geoffix)y Saint-Hilaire , dans son cours sur les mammifères , qui a été publié au moyen de la sténographie , a traité avec détail de l'histoire de la taupe , et a conununiqué à l'académie plusieurs de ces articles de ses leçons qui la concernent.

Depuis long-temps on sait que , malgré la petitesse extraordinaire de son œil , la taupe n'est pas insensible à la lumière , et même , d'après les observations récentes , il paroit que sa vue est assez délicate ; quelques anatomistes pensent néanmoins qu'elle n'a pas de nerf optique , et ils en concluent que le sens de la vision est dévolu chez elle au nerf de la cinquième paire ; mais d'autres anatomistes croient lui voir le nerf optique ordinaire excessivement grêle , il est vrai, mais partant

3o6 ANATOMIE Et PHYSIOLOGIE ANIMALES,

du ménde point dq cerveau , se collant au nerf de la cinquième paire, et se rendant avec lui dans l'œil.

Quoi qu'ail en soit, M. Geoffiroy a recherché les causes qui ont pu réduire Toeil de la taupe à de si petites dimensions , et annuler ou amoindrir à ce point son nerf optique. H les trouve dans le développement démesuré de Fappareil olfactif, dans la grandeur de sas conques nasales , dansla grosseur de son nerf maxillaire supérieur, et aurtout dans le volume de son nerf extraordinaire des lobes ol&ctifs de son cerveau. L'étendue qu'ils exigent dans Téthmoïde est ce qui » selon M. GreoffiK>y, restreint le sphénoïde antérieur, et le rend à la fois plus petit et plus dense , refoule les frontaux^ et ne leur permet ni de concourir à la voûte de l'orbite, ni de s'étendre sur les lobes cérébraux.

M. Geofiroy, qui adopte l'opinion que le nerf optique n'existe pas dans le crâne , pense néanmoins que ce nerf existe du côté de l'œil , mais que , ne pouvant pénétrer dans le crâne par la voie ordinaire , obstruée à cause de la compression du sphénoïde , il se voit obligé , ce sont les termes de l'auteur , de gagner au plus près, et ce plus près c'est le tronc de la cinquième paire. C'est ajoute-t-il , une disposition qui , bien que se perpétuant par la généra-^ tion n'en doit pas moins être regardée comme monstrueuse ; il est arrivé là quelque chose d'analogue à ce qui arrive dans les monstres , où l'hypertrophie d'un organe amène l'atrophie de l'organe voisin. ' Ce qui, au reste , est très remarquable, et contrarie

É« ZOOLOGIB. S07

fi>ftement plus d'une théorie sur les fonotioiiB spéciales des divers lobes del encépliale , c'est que les lobes que nouyellement on a cru devoir appeler lobes optiques , sôot {^utôt dans la taupe au-dessus qu'au-dessous de la grandeur prop(»tiQiinelle qu'ils monë^nt dans lés animaux qui voient le mieux.

Un0 difficulté non moins sérieuse embarrassoit les naturalistes dans Torganisation de la taupe , c'est la BEunière dont elle met bas ; car ses fétus , très grands k proportion , excèdent de beaucoup les proportions de son bassin , et il leur seroit d'autant plus impossible de If traverser , que les os innominés sont soudés de la manière la plus intime avec le saerum; mais ces mêmes os ne se joignent pas l'un h l'autre h la suture pubienne , en sorte que le rectum , le vagin et l'urètre , qui, dans la taupe femelle , a un orifice extérieur et in-* dépendant de celui de la génération , n'ont pas le bassin à traverser , mais qu'ils sont placés dessous , ou plutôt dans cette espèce de rainure laissée par l'écartement des os pubis. Jje bassin ne gène donc nullement la marcbe du fikus , qui , traversant , conune à l'ordinaire , le vagin , vient au jour en dilatant la vulve, sans qu'aucun appareil osseux arrête cette dilatation. Cette explication , donnée il y a quelques années par M. Breton , habile naturaliste de Grenoble , satisfait pl^ement à la difficulté , et M- GeoflEroy cherche Si en tirer parti pour expliquer cette disproportion qui a lieu dans la taupe entre l'organe de l'olfaction et celui de la vision. Dans les gestations ordinaires ^ ce

aQ.

3o8 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

dernier est plus développé , Vautre , au contraire , Test moins qu'à Tétat adulte. Une gestation prolongée doit donc favoriser l'organe de l'odorat ; et des petits , qui restent assez long-temps dans l'utérus pour y acquérir la 'grosseur de ceux de la taupe , doivent avoir de grandes narines et de petits yeux.

L'auteur a découvert sous les vertèbres lombaires de cet animal huit petits osselets supplémentaires , qui empêchent cette région de fléchir, et donnent à ses reins la force nécessaire pour soulever et écarter la terre sous laquelle elle vit. Il a reconnu un fait non moins curieux , c'est que jusqu'à l'âge de six mois , la taupe a son vagin fermé par une sorte d'hymen mais complet et sans ouverture , au point que jusqu'à cet âge on ne distingue que difficilement les mâles des femelles. Un petit os conique et très pointu, dont le pénis est pourvu à son extrémité , paroi t destiné à vaincre cet obstacle. L'urètre de la femelle traverse le clitoris absolument comme dans le mâle il traverse le pénis ; et , dans ce dernier, la vessie débouche dans une poche où^ arrivent aussi les canaux déférents , dans une espèce^ de vésicule séminale.

Notre auteur donne sur les habitudes de la taupe des détails non moins intéressants que sur son anatomie. Un taupier, nommé Lecourt, déjà bien connu des naturalistes, parce que feu M. Cadet Devaux a pubUé de ses observations , avoit imaginé des moyens ingénieux de suivre de l'œil les mouvements que la taupe exécute sous la terre , et il assuroit que, lorsqu'on l'y^

£T. ZOOLOGIE. 3o9

effme, eUe se transporte avec une rapidité surprenante d'un point de ses canaux à unautre. Il alloit jusqu à dire que cet animal, qui rampe avec tant de peine sur la terre alloit dessous plus vite qu'un cheval au galop. Cette grande force, musculaire suppose une puissante respiration ; et en effet , la taupe a soin de nciénager d espace en espace des ouvertures pour aérer ses terriers. • - C'est une bête, très vorace et très cruelle ; M. Flourens a observé que ]a faim. la tue très vite., et que rien que des matières animales ne peut la satisfaire, aucune ne passeroit plus de douze heures sans manger ; après six heures d'abstinence elles, sont déjà d'une extrême foiblesse. D'ordinaire, elle.se nourrit.de vers et d'insectes ; mais si l'occasion se présente de saidûr une proie plus importante, un oiseau, un petit quadrupède, une grenouille, elle se précipitée dessus avec fureur, l'attaque par le ventre , lui dévore les entrailles, en écartant avec ses mains les bords de la plaie , et en pénétrant toujours plus avant dans son corps, sans être arrêtée, m par la présence de l'homme , ni par aucun bruit que l'on fasse pour reflFrayer ; elle n'épargne pas sa prppre espèce , et si l'on en enferme deux ensemble sans, nourriture , la plus faible est dévorée du soir au matin ; ses os même disparaissent, il n'en reste que la peau fendue le long du ventre.

De toutes les familles de mammifères, celle dont les naturahstes ont fait connoiti^e, dans ces derniers temps, le plus d'espèces nouvelles, et où ils ont constaté le plus de ces différences de détail propres à for-

ANATOMIE 8T PHTfilOLOaiE ANIMALES,

mer des subdiTimons des degrés appelés genres etsous^ genres I c'est celle des chéiroptères ou chaures-sou** rifl. On y a distingué presque autant d'espèces que dans tcmt le reste de la classe. Les genres, dont unepreitiière ébauche avoit été proposée en 1796 par MM. GeQf*^ froy et Cuvier^ ont été^ depuis lofô, perfectionnés et multipliés I surtout par M. OeoflBroy Saint-Hilaire le pèt«» MM. Temminck^ De«narets, Paul Savi , Frédéric Gttvier, Leach et d'autres savants s'en sont égà<^ léntent occupés , et ont enrichi cette famille de leuts €(yn|ributiotui«

Tdtit récenunent^ M. Indore Geofiroy a présenté itti mâ:xidii^ sur ceu^ des chéiroptères qui se nourris-^ Mnt de finiits 5 et que l'on compteiioit encore 9 il y ft quelque temps^ tous » sous lé gent« des roussetteë ôU ptéropui. Tbus ont en effiît le doigt index de leuf aile plus complet qtle le reste de la famille ; msi^ ib dififerent par lé nombre des indsives et d'autres fêA^ ticularités. Ainsi les céphahtês n'ont point d*06^ gle à Tindet : et, parmi elles, M. Geofi&oy lé père sépare encoi^e, comme genre, sous lé nom de hypoderme, k céphalote de Pérou , qui a les aile^ attachée^ ensemble sui* le milieu du dos; il sé][)aré des roussettes ordinaires, sous celui de paùhf^omà^ la roussette à noasque de Temminck , et quelques espèceâ Voisines qui otit quatre molaires de moitis que les autres; M. Frédéric Guvier, de son côté, en a distitigué , sous le nom de macroglossê , la kiodotë DU Ptetopus minimus, dont le museau est plus loûg.

iT zaoLOGix. 3ii

plus menu , et où lies màcheli^res laissent quelques espaces TÎdes. Le mémoire de M* Isidore Geo&oj a pour objet d'ajouter une nouvelle espèce à la liste des rous^ settes proprement dites, et une à celle des pachysomes. Tout le monde sait que les êtres organisés , arrachA par riiomme à leur séjour naturel , et sotimis par k£ à d'autres conditions d'existence ^ éprouvont dcii mèdifioatioDS assez notables dans leur grandeurv dans leun couleurs et dans quelques détails de kurs forAié»^ et surtout de leurs téguments , modifioatîom 'Ktnitéds e»pendant , et qui , du moins dans l'état aàtnd 4ti gUbe, n'excèdent pas certaines bocnéfe asàen étroiieBr il et produit aussi des modîficatibns - aiialo^ei dans; les êtres qui, sans aVoir été assujeltia fuf YhàaakaB i m trouvent ifampdrtéé dans^ontonëtàiiaeÉdiffbdbtei éê oeUaa de kur pilemiar séjour, et lèntefeîaiexxaore li^ ses asmbkMes pour ne pas -détrairt leur ra<)éi Mais ks mddifioatMHXs de oe gdnm aont baaueoup teoîds ftrtas qo» cdlas qtd 'Aaiflaent dé l'aiAtîoo'Sttîffie lit Fhoadna; 6t aiioané des espèces smvageiy àqua^tie distancé qu'ette bb soit propagée^ jne ndus inontré rim d'approchant de ne que noiis yoyoiis dhnb Iteadvf diauat domestiques ^ ' daàs Jbs «faiens ^ par : exempk j daiÉs fes hamb ou daw lés ùoutonsi Oà s'ast fort ooi eop^ de ces variatiora de» bmaïaiis pJDod»itèfi par k énacstidié 4 et lés BatkrsJistca.Qikt essayé dWwiv;rë les divers degrés autant que l'histoire des espèos»a pà krf kor niâiqu&r ( tmaift df j avoitlua ;ftiitra'gélirè''.de flUodî&Qràsns qu'il n'était pab jUoîAs îniérèsBanit d'il^

3l2 ANATOMIE £T PHYSIOLOGIE ANIMALES,

tudier ; ce sont celles qu'éprouvent tes races domestiques , lorsque , abandonnées par l'homme et rendues à leur liberté primitive , elles reprennent leur vie sauvage , et se sustentent dles-mémes conformément k leurs goûts naturels, et autant que la contrée où on les a jetées peut y subvenir.

.Cest ce que M. le docteur Roulin a cherché à faire sur las ammauz que les Espagnols ont transportés dans FAmérique méridionale , et qui y vivent mainte^ fiant à Fétat sauvage*

, Une première remarque qu'il a faite , c'est le retour de oes races vers l'uniformité du pelage; tous les chevaux y sont bai4xrun , les ânes gris^foncé et les porcs noirs. £Ues reprennent aussi jusqu'à un certain point les haintûdes et les formes que là domesticité avoit 4iltéi!éefl« Les oreilles du porc se redressent ; son crâiie s'élargît ; le. coiirage de l'âne rqparoît , et ' néanmoins îl reste aussi des traces de la domesticité . Les chevaux sauvages : vont l'amble, selon M. Roulin, parce qci'ib yiennent de bidets que l'on avoit exercés à; cette àl-^ lure; les chiens, provenant de nieutes que Ton; énoit idbyoit à la chasse des pécaris, conservent encore les moyens d'attaque et de défense auxquels ils . «voient été dbessés ; maiîs les vaches , comme m «fies n'eussent. jamais eu une lactation continue, nie pnH digiient dii laît que le tenips nécessaire à l'àlIaitèmênt du veau.

'>M. G. Guvier a doimé, pour la grande cbllciction^des elas8i<{iae9r latins dé* M. Lemaite , des éclairdisseBiienlia

ET ZOOLOGIE. ' 3l3

sur les livres de Pline, où il est question des animaux ; son objet a été de déterminer les espèces dont Pline a entendu parler, et pour cet eâet il a rassemblé autour de chaque article de Pline tout ce que d'autres anciens a voient dit du même animal; il a estimé ce qu'il pouvoit être entré de fabuleux dans les traditions et les récits des voyageurs sur les animaux des pays éloignés, surtout à une époque où les voyageurs les plus instruits pouvoient encore passer pour fort igno^ rants en histoire naturelle , et il a cherché ainsi à se faire une idée de l'être , et à le reconnoître parmi ceux que les naturalistes ont inscrits dans leurs catal(^es. Par cette méthode, il est arrivé à des résultats nouveaux et qui ne sont pas sans intérêt.

La léoncrocotte et le catoblèpas lui paroissent être le gnou ; V aspic est le cobiberhaje : le nom de dauphin a été donné aussi à des squales ; le tragelaphe est unie espèce de cerf nouvellement découverte dans les Indes , qui a des bois pareils à ceux du chevreuil, et dont le cou est garni de longs poils ; \é ly caon e^tXe guépard ou tigre chasseur ; le platanista est le dauphin du Gange de Roxburgh ; Yaccipensery si fameux à certaines époques chez les Romains , étoit le sterlet. Nous avons déjà .vu que l'auteur a retrouvé le vrai scurûs: Le comc/râ d'Egypte est le boltjr ou Labrus nUoticus Lin. Les jpoissons des Indes qui rampent sur la terre sont les ophicephales. Le phfcis , seul poisson qui construise un nid, est le go des Vénitiens, une des^espèces de gf^i&iii^ delà Médîternifcn^e , qui^ea

3l4 ANATOMIE ET PHTSIOLOaiB ANIMALES,

efiêt I d'aprèft les observatioiis d'Olm , âe £iit une defloeure de slracture assez compliquée; le chenalopeae est Toie armée d'Egypte, et non pas le tadorne; et le chenerotes est le souchet : Xattagen est le Tétras al^ çhata L« Les trois sortes de blatta , m^iitiœmées par les kûàensj sont les dermestes, les ténébrîons et les Uaps des modernes » etc.

Le même auteur a fait paroitre les trois premiers volumes de la grande histoire des poissons qu'il publie avec M. YalendenneSé Le premier contient rhistoire de Tichtyologie et l'exposé génénal et détaillé de l'organisation des poissons ; le deuxième commence llûstoire de la &mille des perches i et en fait eonnoitre ^J^S espèces , divisées en ao genresi Le troisième volume I qui paroit en ce moment i termine cette lâmiUe, ût présente i8a autres espèces distribuées m 3â genres.

On trouve dans les deux volumes les figures de 63 espèoeS) et dans le premieron a représenté sur 8 gran^ des planches tOutôs les parties de l'anatomie des pois» sons.

Parmi les ouvrages magnifiques qui ont été eoiisacîcéa dans les divers pays à représenter les pnôdontions dé la nature^ il n'en est point qui surprise, pour le;fiàî de la gravure et du coloris, cduî que Mi .Audubon publie sur les oiseaux de Mniériqmrseptèntiionalé^'. et il n'en est aticun qui l'égale* pdut.iaigrandeui dn phinohes; le aigles^ les técrasys'y^ voient dé grandéw tittturelle , ^erquimd^roî^eiu n'éflltpasl assoie grandipoon

: ET KOOLOGIB*. 3l5

remplir Testampe, il y est répété dans les attitudes qm lui sont le plus ordinaireSâ L'académie en a pris oonnoissanoe ayec intérêt, et c'est un grand plaisii^ poui^ die y comme pour tous les amis des sciences , de mir aujourd'hui les naturalistes du Nbuveau'*«Mûnde rendre ayeû u^ure à TËuropô TëquiTalent de l'inslruch tion qu'ils en ont ^çue* }

L'acMlémie a .entendu deux mémoires pleins à'itk* térêt sur les caractères distinGti& des âspèoes de lésards., et sur les particularités de leur histoirâ na« tlirelle , dolit l'un lui a été présenté pat M« Dugte et l'autre par M. Milne JSdwards« . :

Dans le premier ^ l'auteur se litre à des observationa anatomiquds fort précieuses sur la dispO«itiott des nerfs du.eerveau^ et sûr la prolongation du nerf apinâl dalis toute la moelle épinièi*e. Il s'est assuré que ces animauJt respirent comme les grenouilles et lea tOrtiieS) par une sorte de déglutition de l'air, &cilitéè par les soupapea placées à l'orifice de leurs naiines^ ^ surtout par les six cornes de leur os hyoïde, qui wu tiennent et meuvent leur pharynx* H a aussi étu-* dié les {^énomènes de la reproduction de leur queue ^ dont les vertèbi^s perdues sont constamment rem*^ [daèées pôr un cartilage fistuleux, dans lequel la moelle épinière de prolonge.

Ce tratail est terminé par une desoription particu^ Uèr^ de six espèces indigènes , que l'auteur a suivies dans les habitudes de leur vie et dans les divers de« gi^ de leur oroissance, ce qui lui a donné ooessioit

3l6 ANATOMIB ET PUYSIOLCGIE ANIMALES,

de reconnoitre que certains' lézards , regardés par les zoologistes comme des espèces particulières, ne sont que le jeune âge d'autres espèces bien connues ; c'est ainsi qu'il a vu le lézard nonuné gentil par Daudin ( JLacerta lèpida)^ prendre avec l'âge tous les caractères du grand lézard ocellé {Lacerta ocellata); il faut donc réunir ces deux espèces; et il en est de même du lézard vert piqueté et du lézard à deux raies , du lézard des souches et de ï arénicole , etc.

M. Milne Edwards étoit arrivé de son côté, sur les espèces indigènes, à des résultats semblables à ceux de M. Dugèz; mais il a de plus cherché à imaginer ime méthode qui pût s'appUquer à tout le genre des lézards, tel qu'il est restreint aujourdliui par les naturalistes, et qui pût servir à en caractériser les espèces, indépendamment des couleurs , de ' la taille et des autres différences accidentelles. C'est surtout par une étude et une comparaison soignée des plaques éqailleuses qui recouvrent la tête , que ce jeune observateur y est parvenu. Leur nombre, leur configuration, leurs proportions , sont en général constantes dans chaque espèce , et en même temps assez différentes d'une espèce à l'autre pour aider à les distinguer. : Il a appliqué avec succès sa méthode à 1 5 espèces , soit de France , soit de l'étranger , que l'on pourra considérer désormais comme suffîsanunent déterminées.

M. Dugèz s'est occupé aussi d'une manière plus générale de la déglutition dans les reptiles , et a donné des observations neuves, sur. les changements qu'é-

ET ZOOLOGIE. ZlJ

prouve la langue des batraciens , qui , d'abord courte et peu naobile dans le têtard, devient dans la grenouille., et surtout dans le crapaud , un organe d une mobilité extrême , replié à l'état de. repos dans Imtérieur de la bouche , dirigé vers le gosier , mais que Tanimal peut déployer subitement, et lancer ainsi à Fimproviste contre les insectes dont il veut faire sa proie. L'auteur décrit avec détail les muscles qui concourent à ce niécanisnie remarquable , < et ceux qui produisent cet élancement et ce mouvement vibratile , si connu, dans la langue dès couleuvres. Les os et les mùsdes, dont dépendent les mouvements des mâchoires dans ces derniers animaux , sont aussi décrits avec le plus grand soin ; mais ces faits n étant pas de nature à être présentés en abrégé , ni même à être bien compris sans figures , nous sommes obligés de renvoyer nos lecteurs au mémoire lui-même , qui est imprimé dans les Annales des sciences naturelles, déc. 1827.

On appelle annélides, d'après M. Delamark, des. vers articulés dans lesquels M. Cuvier a^ reconnu qu'il y- a unecirculation. complète , et que le sang est généralement rouge comme dans les animaux vertébrés. Les uns respirent par des branchies très apparentes , en forme de panaches,, de peignes ou de filets; les autres , parmi lesquels oji compte le lombric ou ver de. terre, la sangsue et le petit ver d'eau douce, nom-: mé naïde, célèbre par sa force de reproduction, ne possèdent point ces organes, et respirent, par des expansions, vasculaires delà sqrface de leur corps;.

3lft^ ANATOMIB ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

M. Dugès , professeitt! de la faculté d<5 Montpi^er , a présenté un mémoire sur cette famille d*amiélidôs sans bràucliies, et pnncîpaleiiient sur sa respimtion* Dans la naïde, il y a un vaistfeau dorsal qui &it tm v^H à chaque anneau | et où le sang marche d'aiw rière en avant, et un yais^eau ventral, moins gréa et moins flexuaux, où il parolt marcher en sens oon<» traire.

Ces deux vaisseitux oomtnuniqueQt enseml^ par des anastomosés , et f on voit de chaque e6té une vésicule contractile qui parott recevoir le sang du

vaisseau dorsal , et , en se contractant , le porter dans le viiisseau ventral. Sur la queue qui s'agite constam* mant , le réseau des anastomoses , divisé et subdi**» visé, forme un appareil vasculaire très compliqué, et qui parott à M. Dugèz Torgane de la respiration.

Les lombrics ont aussi un vaisseau dorsal où te sang marche d*arrière en avant, et un vaisseau abdominal , où il marche en sens contraire , et il y a de plus , près du cordon nerveux , trois filets vasculaires dont le mi* toyen est assec fort. Le vaisseau dorsal et le ventral communiquent ensemble dans la région des oignes génitaux, par sept ou huit rameaux transverses, divisés par des étranglements , chacun en dix ou douse vésicules qui les font ressembler à des chapelets. Ces cha« pelets répondent aux vésicules ou aux cœurs des autres annéfides , et ils conduisent le sang du vaisseau dorsal dans le ventral. Mais les deux grands vaisseaux ont d'aitteurs une infinité de branches de communieatioai

Bif ZOOLOGIE. 3l^

de forme ordionire , et dans lesquelles le sang remmite , au contraire , du vaisseau ventral dans le dorsal ; et ces branches fournissent au canal intestinal une foule de rameaux qui y forment un réseau à mailles carrées 5 et 'qui recouvrent aussi le corps qui occupe tout du long une des faces externes de ce canal , et que Von a i^e* gardé , tantôt comme une espèce de foie , tantôt comme un organe d'épuration.

Le vaisseau placé sous le cordon nerveux paroit une continuation du vaisseau dorsal , et il lui envoie , à lu partie postérieure de chaque anneau du eorpa, une branche qui reçoit aussi une forte anastomose de celle des branches allant du vaisseau ventral au dorsal , qui se trouve la plus voisine. Cest dans ces réseaux 8u« perficiels que doit avoir lieu la respiration , et le vais-* seau sous-nervien , comme l'appelle Fauteur, seroit alors une sorte d*artère pulmonaire ; la respiration ne seroit donc pas complète , et il rentreroit dans la circulation une portion de sang qui n'auroit point été soumise à Faction deFair . Mais ce défaut est suppléé, selon M. Dugèz , par de Foxygène arrivé par une autre voie. Les pores qui régnent le long de chaque flanc du lombric permettent à Fair que Fon y insuffle de s'introduire dans une cavité commune intermédiaire aux muscles et à Fintestin , incomplètement partagée par des cloisons transversales ; cavité d'ailleurs naturelle^ ment rempUe d'un liquide aqueux qui baigne le réseau intestinal. Enfin il y a encore, vers l'arrière, deux . canaux dont la nature n^est pas bien connue, qur

communicpient avec Textérieur par des pores différents de ceux dont nous venons de parler , et qui peuvent aussi concourir à la respiration.

M. Dugèz n a pas pu retrouver toutes les espèces de lombrics indiquées par M. Savigny , dans un travail dont nous avons donné l'analyse en 1 8:2 1 , et même il n'a pu rapporter avec certitude à ces espèces les six qu'il a lui-même distinguées. G)mbien il est malheureux que l'état où se trouve notre savant confrère l'empêche de donner lui-même, sur son important travail , les expUcations nécessaires pour le mettre à la portée des observateurs !

Les sangsues ont un vaisseau dorsal , un ventral et deux vaisseaux latéraux plus gros que les premiers , qui communiquent tous ensemble de diverses manières ; le ventral envoie au dorsal des branches qui embrassent l'intestin ; des communications bien plus fortes ont lieu d'un vaisseau latéral à l'autre , et il y en a aussi de ces deux vaisseaux au dorsal et au ventral ou réciproquement. Quant à la respiration, outre celle qui peut se faire à la peau , il y en a une autre qui s'exécute par des vésicules placées le long de chaque côté , et qui communiquent avec l'extérieur , chacune par un très petit pore. Les branches qui vont du vaisseau latéral de leur côté au vaisseau ventral , fournissent, chacune à chaque vésicule , un rameau qui se subdivise à sa surface. D'autres ramifications, sur cette rnême cellule , aboutissent à un vaisseau inégal et un peu contourné qui retourne au vaisseau latéral , mais est

entouré d'un lacis vasculaire aboutissant au vaisseau dorsal.

M. Dugèz assure avoir constaté que, dans l'état ordinaire, le sang du vaisseau latéral droit se dirige en arrière, et celui du latéral gauche en avant; et il est porté à croire que , dans les branches transverses par lesqueUes ces deux vaisseaux communiquent, les antérieures le conduisent de gauche à droite , les postérieures de droite à gauche; les vaisseaux dorsal et ventral ont alors peu d'action et ne se montrent pas beaucoup; mais il arrive aussi, dans certaines circonstances, que ces deux vai^aux se gonflent davantage , et c'est alors que les vésicules latérales se colorent d'un rouge plus vif : néanmoins, dans l'état ordinaire, les vésicules , leurs vaisseaux granulés et le tronc latéral où ils se rendent , rougissent et pâlissent alternativement de chaque côté , le sang se rend sensiblement de la vésicule dans le vaisseau latéral , et des vaisseaux latéraux dans le vaisseau dorsal et l'abdominal, qui le distribuent aux organes , et paroissent étrangers k la respiration. Quant aux vésicules , elles reçoivent le sang par ces rameaux , qui leur viennent des branches de communication qui vont du vaisseau latéral au ventral. Cette respiration par les vésicules est donc , comme celle du lombric, une respiration partielle, une Fespiration de reptile.

M. Dugèz a fait aussi des observations intéressantes sur la génération de ces animaux. Tous sont andrcgynes, et plusieurs jouissent d'un accouplement récî-

T. Y. ai

proque. Les naSde» oepenetant ne paroîssent pas de ce nombre; leurs organes mâles sont deux petites bourses dont les conduits aboutissent à deux <»rifices du onzième anneau du corps, et qui contiennent de petits corps que l'on ponrroit prendre pour des animalcules spermatiques. Les organes femeBes ont aussi deux orifices, mais au douzième segment; ils con* sistent en quatre ovaires globuleux qui communiquent avec Fextérieur par des canamx très repfiés. Les œufs, ou ce que dTabord Ton prend pour tels, sont comme eeizx des sangsues , des cocons , qui renferment j^usieoni ovules et donnent naissance -à pluâcurs individus.

Cest par erreur que Montègre et d'autres après lui ont r^ardé les lombrics comme vivipares. Ce qu'ai ont pris pour des fœtus paroit à M. IHigèz des vers intestinaux. Les ovaires , au nombre de quatre; de chaque côté , communiquent par des caoïaux très replkfe, avec deux oviductus grêles, que Ton n aperçoit pas toujours, et qui aboutissent à des orifices du seizième anneau. Rien ne confirme ce que Redi avoit avancé, que les œufs expulsés des ovaires traversent tout le corps et sortent par des orifices aux côtés de l'anus.

Les seules parties que l'on puisse regarder comme les organes masculins , sont des vésicules variant , pour le nombre , de deux à sept de chaque côté , s'ouvrant à l'extérieur par autant de pores d'où suinte une humeur blanchâtre. D n'y a rien qui ressemble à une verge. Les œufs de ce genre , enfouis dans la terre à peu de profondeur , contiennent le plus souvent deiBC

BT ZOOLOGIE. 32^

petits indiTÎdtis, et M. Dugèz y a même vu un monstre à deux corps. Dans la grande espèce que M. Bugèe nomme Lumbricus gigcts , les œufs ont sept et huit lignes de longueur, et au moment d'éelore contiennent un lombric de deux et de trois pouces.

Sut les sangsues, M. Dugèz n'ajouté rien à ce que M. Moquin - Tandon a récemment publié dans sa belle thèse sur les hirudinées , mais fl termine son travail par l'indication de divers animaux, dont les cÈfùfs contiennent plusieurs ovules et donnent naisfiance à plusieurs individus. Il en a toujours vti deux dans ceux du taupe-grillon , cinq dans ceux de Faneyle coïhmune, et un de ses amis, M. Côurty , en a constamment trouvé douze dans ceux de la blatte; mafis on peut les considérer comme deà réunions d'œiiÊi particuliers. Dans la sangsue , le lombric , la {]ldnah*e, selon notfe auteur, te sont de véritables tetifà , contenant sous un seul et unique albumen plusieurs vitellus , comme il srtTÎve quelquefois aut cèufe de poule d'en contenir deux.

M. Dugèz a traité dans un autre mémoire d'un genre d*âiiîmaux encore peu connu , et que les naturalistes désignent par le nom de planaires. Le corps en est plat et mince , de substance parenchymateuse. L'auteur le divise en plusieurs genres, et en fait une famille qu'il inûtvXe planariées .

Quoique très vifs dans leurs mouvements , ces animaux sont tellement mous ou gélatineux, que la moindre pression suffit pour les écraserj quand

ai.

on les divise, chaque morceau continue d'avancer dans la direction que suivoit la masse primitive.

Il a été impossible d y découvrir aucuns nerfs ; quelques espèces ont des orifices distincts pour Ventrée et pour [la sortie des aliments ; en d'autres , il n'y a qu'une seule ouverture, quelquefois en forme de suçoir ou de petite trompe. La cavité alimentaire se présente souvent comme un sac d'où partent de nombreuses ramifications arborisées, qui, dans les espèces qui sucent d'autres aniniaux , et notamment dans le Planaria lactea^ qui attaque surtout les naïdes , se distinguent aisément à l'œil , par la couleur du sang dont elles se remplissent , du fond blanc sur lequel elles rampent.

M. Dugèz a cru y apercevoir une sorte de système circulatoire ; les petites espèces observées au microscope lui ont ofiert un courant continuel en deux sens , que les molécules tenues en suspension dans le fluide nourricier rendoient très sensible.

Il a pu aussi s'assurer, sur une grande espèce, de l'existence simultanée des organes mâles et femelles, d'un véritable androgynisme, qui nécessite, comme dans les sangsues, un double accouplement; enfin, il en a observé une dont les œufs, pondus en masse pulpeuse et enveloppés d'une coque cornée , donnoient le jour chacun à sept ou huit petites planaires ; mais il y en a d'autres qui se reproduisent par boutures comme les polypes.

Il nous paroît résulter de tous ces fiiits que les

ET ZOOLOGIB, 3^5

planaires sont fort voisines des doui^es ^ simsi ijcte M. Guvier Favoit autrefois conjecturé , ce qui n'empêeheroit : pas qu elles n'eussent aussi quelques rapports d'économie , plutôt encore que d'organisation , avec les sangsues; mais l'absence de nerfs , 'de fibres musculaires, et même d'un système clos de vaisseaux, ne permet pas de les en rapprocher absolu-

ment.

M. Dugèz divise sa famille des planariées en trois genres : les planaires , qui n'ont qu'un seul orifice alimentaire, situé sous la partie •moyenne ; les derostomeSy qui l'ont unique aussi , mais situé sous l'extrémité antérieure ; et les prostomes y où il. y a un anus et une bouche en forme de trompe. Les observations très suivies, les descriptions et les figures soignées qu'il donne des espèces qu'il a eues à sa disposition , rendent son travail d'autant plus précieux pour la zoologie , qu'il porte . sur des êtres à peine connus jusqu'à ce jour par leur extérieur.

M. de Blainville a publié cette année , . et présenté à l'académie, deux ouvrages extraits en partie des articles qu'il a fournis au Dictioîmaire des sciencesnaturelles, et qui se rapportent aux mêmes sujets que les mémoires dont nous venons de parler.

Le premier est une monographie des hirudinées , c'est-à-dire de la famille des sangsues, qu'il considère sous le point de vue de leur anatomie, de leur histoire naturelle, et.de leurs usages, et dont il énumère trente-3ix espèces bien déterminées , les

3a6 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

divisant en douze sections , on plutôt en douze genres , à chacun desquels il rapporte les genres correspondants , déjà proposés par ses prédécesseur , et nom* mément par MM. Savigny , Rudolphi , Oken , Leach , Johnson, Garena et Moquin-Tandon ; car les sang-^ sues , devenues si célèbres en médecine , ont dû attirer plMS que jamais 1 attention des naturalistes.

Le dernier de ceux que nous venons de citer, ]ML Moquin-Tandon , a pubUé à Montpellier une autre mcpiographie de cette même famille , où il en rap^ porte à peu près Je marne nombre, mais ne les divise qu'en huit genres. Bien auparavant, M. Savi« gny les avoit divisées aussi en huit genres , mais un peu autrwient que ne le fait M. Moquin. Le lecteup sentira qu'il nous serait impossible , dans un travail tel que le nôtre , de spécifier et de comparer toutes oes variations do - nomenclature sur im seul groupe asses borné d'animaux.

Cette impossibilité se fait mieux sentir encore pour l'autre ouvrage présenté par M. de Blaihville. C'est l'article vers du Dictionnaire des sciences naturelles , imprimé à part sous le titre de Manuel d'helmin-thologie , et accompagné de beUes planches. L'auteur y a réuni les détails les plus étendus sur rorganisation intérieure et extérieure des animaux, qu'il nomme entpmozoaires sans pieds articulés , et parmi lesquels il comprend , non-seulement les annélides ou vers communément appelés à sang rouge, noais encore les vers intestinaux, et les genres des

sipondes et des planaires. H les diyise selon qu'ils ont des soies qui leur tiennent Heu de pieds, ou qu'ils en manquent , en chétopodes et en apodes i sa première classe, les chétopodes, qui comprend toutes les annélides, les sangsues exceptées, se divisa suivant le plus ou moins d'uniformité des appendices qui adhèrent aux segments de leur corps, en hétérocrisiens y paromocrisiens et homocrisiens. Les serpules, les sabelles et tout ce qui en a été dé^ membre, forment le premier de ces ordres: les arénicoles et les climènes le second , et dans le troi'* sième sont comprises les aphrodites, les néréides, les naïdes, les lomlnics, et toutes les divisions in^ Produites dans les anciens genres. Ces divisions, ouvrage des naturalistes récents et de M. de BlainrviUe lui-même , donnent aujourdliui , pour les trois ordres, trente-six genres , sous lesquels s'enr^istrent encore quarante sous-genres.

La deuxième classe , celle des entomozoaiies apodes , comprend quarante-deux genres.

Ces apodes se divisent surtout d'après la forme dé la tête ; il y en a quatre ordres : les onchocéphalés , qui ne comprennent que les intestinaux , nommés finguatules et prionodermes; les oxfcéphaUê^ où entrent les vers 61iformes intestinaux, tels qu'ascarides, strûn* gles, etc., et même des vers vivants au dehot^, mais à peu près de même forme , tels que les gordius , et même les vibrions; les proboscéphalés , ou vers à trompe , dont les uns , les échinorynques et les caryo-

3a8 ANATOMIE ET PHTSIOLO(;;^IE ANIMALES,

phyllés, sont aussi intestinaux , et les autres, tels que les sipondes, yiyent au dehors; enfin les rauzocéphalésj qui comprennent d'une part toutes les sangsues, divisées comme nous l'avons dit, et de l'autre , quelques genres , soit extérieurs , soit intestinaux , qui ont des ventouses analogues à celles des sangsues.

Mais l'auteur joint à ces classes une troisième et nombreuse série , qu'il nonune parentomozoaires ou subannélidaires , et qui comprend , d'une part , sous les noms faciles à entendre de aporocéphalés , porocéphalés et bothriocéphalés , certains vers extérieurs de form^ cylindrique et allongée , les planaires , les douves et leurs démembrements , et enfin tous les genres que l'on a formés avec celui des taenia. U y en a encore trente-neuf genres dans ces parentomozoaires.

Ce sont donc en tout cent dix-sept genres dont M. de BlainviUe fait connoitre , avec beaucoup de soin , les auteurs , les caractères distinctifs et les diverses et nombreuses nomenclatures , se bornant , quant aux espèces , * à l'indication des plus marquantes ou de celles qui peuvent donner l'idée la plus nette des genres auxquels elles appartiennent.

Cet ouvrage est fait sur le même plan que le Manuel de nialacologie , publié par l'auteur il y a trois ans, et rendra les mêmes services à^^eux qui veulent se mettre au courant des progrès rapides que fait chaque jour l'histoire naturelle systématique.

M. de Blainville a aussi concouru avec MM. Vieillot h la rédaction de la Faune françoise , ouvrage où l'on

ET aOOLOGIB. Î2g

se propose de donner l'histoire et la figure des animatix de toutes les classes qui habitent la France. Il en a déjà paru une vingtaine de livraisons in-S"*, accompagnées de joUes planches coloriées.

MM. Audouin et Milne-Edwards , qui ont associé leurs efibrts pour enrichir de nouvelles observations Fanatomie et la physiologie des crustacés , et dont nous avons déjà fait connoître les recherches sur les organes de la circulation dans ces animaux , ont présenté cette année à l'académie des mémoires sur leur respiration et sur leur système nerveux.

Quand on observe ce système dans les espèces les plus éloignées par la forme extérieure, il présenta des différences assez frappantes; mais, lorsque Ton examine les espèces de formes intermédiaires , on y trouve aussi des systèmes nerveux correspondants, en sorte que dans cette fanoille , comme dans toutes les autres , on passe par des degrés insensibles d'une organisation à l'organisation en apparence la plus opposée.

On savoit , depuis long-temps , que les crustacés ont le même système nerveux que les insectes, c'està-dire que leur cerveau , placé au-dessus de la bouche ou de l'œsophage , donne deux cordons qui , après avoir embrassé plus ou moins directeinent cette partie antérieure du canal alimentaire , marchent près l'un de l'autre tout lé long du ventre de l'animal, en se renflant et s'unissant d'espace en espace par des ganglions , d'où sortent les nerfs des pieds et des diverses parties de la queue ; et l'on avoit remarqué que daps

330 AMATOMI£ ET PHTSIOLOGIB ANIMALES^

les crabes > c'est-à*dire dans les écrevisses rondes, larges, et à queue courte et infléchie, au lieu de deux cordons renflés d'espace en espace , il n'y a sur le ventre qu'une masse d'apparence simple , qui donne les nerfs comme des rayons aux parties environnantes. Ce sont les passages d'une de ces dispositions à Tautre, qu^ MM. Audouin et Milne-Ëdwards se sont attachés k reconnoitre*

Ainsi dans les talitres , sorte de crevette aUongée , les deux cordons ventraux ne se confondent point , et ont chacun dix ganglions et dix filets d'unions , espacés oomme les anneaux dont leur corps se compose.

Dans les cloportes on ne compte que neuf paires de gangUona, dont les deux premières et les deux dernières sont presque confondues ; dans les cymothoés ûil emportes marins, les ganglions sont unis par paire», quoique les parties des cordons , qui vont d'une paire à l'autre, demeurent distinctes*

Dans les phyllosomes, petits crustacés minces et larges oonmie des feuilles, les cordons très longs et très minces dans leur partie qui embrasse l'œsophage, demeurent assez écartés dans celle qui répond aux pieds ; les ganglions du même cordon y sont très rapprochés , mais ne s^unissent à ceux de Fautre que par des filets transverses ; et dans la partie de la queue , qui est fort courte , les cordons sont presque confondus. Dans le homard, dans l'écrevisse, les cordons , distincts dans la partie thoradque , mais à ganglions unis par paires , s'unissent eux-mêmes en un seul dans la queue.

£T zootoaiE. 33i

C'est dans la crevette ou salicoque ordinaire ( le palo&mon des naturalistes ) , qiïê la partie des cordons qui appartient au thorax , et qui fournit des nevh aux pieds y conimence à se raccourcir par le rapprochement des diverses paires de ses ganglions , en sorte que les nerfs , fournis par les dernières paires , sont obligés de ^e pointer obliquement en arrière pour se rendre à leui destination. Du reste , les cordons s'unissent en un aeul tout le long de la queue, et les ganglions y sont comme à l'ovdinaire efipacés à peu près comme le§ aimeaus.

Ce rapprochement est encore plus marqpié dans la langouste : les ganglions du thorax , sans rétrëoiâse^ ments intermédiaires , n'y foiment presse qu'un cy« lindre continu , perforé sur la demi^ moitié de sa longuc^ur pour le passage d'une artère; mais la queue a son eordon unique et ses gangliops espacé^ comme dans les autres écrevisses à longue queue*

Enfin dans les crabes, les ganglions thoraciques ne forment qu'une masse , soit annulaire comme dans le crabe , soit ronde et pleine comme dans le maia , d*où les nerfs des pieds partent comme des rayons. La portion des cordons qui se rend à la petite queue n*a plus même de ganglions apparents , de sorte qu'eUe présente l'apparence d'un nerf impair, mais semblable aux autres.

Les auteurs, pendant les recherches qu'a exigées cette comparaison des systèmes nerveux des crustacés , y ont fait d'autres observatioiis intéressantes, entre

332 ANATOMIE Et PHTSIOLOGIE AMIHALES^

autres celle d'une traverse nerveuse , qui unit souvent en arrière de l'œsophage *1es parties de cardons qui Fembrassent , et ceUe des nerfs de l'estomac qui naissent de ces parties mêmes.

Dans leurs recherches sur la respiration des crustacés, MM. Audouin et Milne-Edwards nont pas confirmé l'opinion proposée il y a quelque tanps, et d'après laquelle ces animaux auroient , outre leurs branchies, un organe plus ou moins analogue aux poumons des classes qui respirent l'air en nature. S'ils peuvent vivre hors de l'eau pendant un temps plus ou moins long , c'est que la disposition de leur cavité branchiale leur permet de retenir ce hquide connue dans une sorte de réservoir, et d'hunoiecter ainsi à ùç degré suffisant les lames ou les filets dont leurs branchies se composent. Les espèces qui passent beaucoup de temps à terre sont celles où la membrane, qui tapisse intérieurement cette cavité, se repUant sur elle-même, forme des cellules ou des rigoles , dans lesquelles l'eau est retenue plus abondanunent ; organisation analogue à celle des poissons , que M. Cuvier appelle pharyngiens labyrinthiques, et qui sont connus aussi pour ramper des heures et des journées entières loin des rivières , leur séjour ordinaire. Du reste , si on retient de force des crustacés quels qu'ils soient dans une petite quantité d'eau, ils s'y asphyxient, quand ils l'ont épuisée d'oxygène, plus vite que dans l'air libre; et l'air sec les tue beaucoup plus tôt que l'air humide en dessé-

chant leurs branchies. C'est ce que MM. Milné- Edwards et Audouin ont constaté d'une manière précise ) à l'aide de la chaux vive , et d'autres substances qui absorbent l'humidité.

Leur mémoire présente d'ailleurs une description suivie des oi^anes respiratoires dans les crustacés , et de tout ce qui concourt à leur mécanisme.

Les mêmes auteurs, dans la vue d'observer de plus près les crustacés, les mollusques et les zoo-^ phjtes de la Manche, sont aUés s'étabUr pendant; quelque temps sur les iles ou plutôt sur les écueils de Chaussej , rochers de la mer de Granville , qui , au nombre de 58, ne sont guère fréquentés que par les ouvriers qui exploitent le granit , et n'offrent pour abri qu'une seule chaumière, mais dont les nombreux détroits sont peuplés d'une quantité de ces petits animaux , que l'on peut y suivre et y recueiUir avec faciUté. Aussi ces jeunes observateurs en ont-ils rassemblé plus de 600 espèces, dont 4^0 au moins leur paroissent nouvelles ou mal connues jusqu'ici , tant ces productions ont été négligées , lorsqu'elles ne se font remarquer ni par la grandeur ni par la singularité de leurs formes , ou l'éclat de leurs couleurs ; mais ne pouvant entrer ici dans le détail de tant d'espèces , nous nous bornerons aux faits les plus importants qu'elles ont offerts pour l'histoire naturelle générale.

Les ascidies réunies en groupes , semblables au premier coup d'œil k ceux des polypes , et sur lesquelles

découverts par lui sur nos côtes occidentales, lui ont paru offidr. un intérêt particulier ; parce qu'ils forment de nouveaux liens entre les formes génériques de cette classe , déjà consignées dans les ouvrages des naturalistes. Ce sont presque des animaux microscopiques ; le premier, nommé rhoé^ appartient à la famille des chevrettes ou amphipodes , et est vœsin des apseudes , inais ses quatre antennes sont simples , tandis que dans les apseudes les supérieures sont bifides. Le second , nommé cuma , est de la famille des monocles ou branchiopodes , et très rapproché des condylures de M. Latreille; ses antennes supérieures n'ont qu'un article ; les inférieures en ont quatre et sont plus longues. L'auteur donne au troisième le nom de pontie. 11 est de la même famille que le précédent, et s'en rapproche par ses caractères ; sa forme générale rappelle un peu les lygées ; mais c'est avec les cyclopes de Millier que M. Latreille lui trouve le plus de rapport ; son thorax a six anneaux , son abdomen deux , et se termine par deux appendices. L'espèce est d'un beaijL noir bordé de vert d'émeraude. Enfin , le dernier rentre dans un genre déjà connu , celui des nébalées ; mais il donne à M. Edwards l'occasion d'en perfectionner la description', et les pattes branchiales qu'il y a découvertes l'engagent à transporter ce genre dans la famille des monocles.

C'est aussi un crustacé que M. Guérin a décrit sous le nom d'eurypodey mais de grande taille et appartenant à la famille des crabes , et même voisin

des Inachus , vulgairement appelés araignées de mer. Son principal caractère est que l'avant-dernier article de ses pattes ambulatoires est dilaté et comprimé vers le milieu de son bord inférieur. Le même auteur a décrit un crustacé de la famille des chevrettes , remarquable, surtout, par de très grands yeux, qui occupent presque toute la surface de sa tête. Il le nomme thémisto.

M. de Blainville, dans le voyage dont nous venons de parler, a fait aussi un grand nonfibre d'observations nouvelles et importantes sur les animaux, et il a communiqué à Tacadémie celles qui concernent la physalcy cette singulière production composée d'une vessie ovale, surmontée d'une crête , et d'où pendent une infinité de filaments, non moins variés pour leur longueur que pour leur structure, auxquels les zoologistes ont attribué difierents usages. On a considéré cet animal comme un zoophyte, et M. Cuvier en a fait le type d'un ordre de cet embranchement, qu'il nomme acalèphes libres. M. de Blainville, apercevant dans sa conformation une sorte de symétrie, a jugé qu'il devoit être placé plus haut dans l'échelle; et l'examen lui ayant montré, comme à M. Tilesius , à chacun des bouts de la vessie un très petit orifice entouré de fibres rayonnantes , il a regardé l'un comme la bouche , l'autre comme l'anus ; le sac intérieur et muni de cœcums, déjà décrit par M. Cuvier, lui a paru l'intestin; la crête de nature toute musculaire répondroit au pied, qui, dans les mou-

yements ordinaires de Fanimal , se dirigeroit en dessus comme ceux de beaucoup de gastéropodes nageurs. De très petites ouveitures percées au côté droit en ayant ^ qui paroissent avoir été aperçues par M. Oken , mais que l'on ne retrouve pas toujours , seroient les orifices de la génération; enfin M. de Blainville considère les filaments innombrables et variés qui pendent sous le corps comme des branchies. L'auteur conclut de cette disposition des parties extérieures, que la physale est un mollusque, ou, selon sa terminologie , un malacozoaire , et doit ôtre rapprochée de ceux qu'il nomme polybranches et nucléobranches , c'est-à-dire des tritonies et des ptérotrachées. Pour confirmer cette classification il seroit nécessaire que la physale possédât un système nerveux , un cœur, un système vasculaire , un foie , des organes mâles et femeUes de la génération avec leurs accessoires, toutes parties que M. Guvier y a cherchées en vain. M. de Blainville n'a point encore traité de son anatomie, mais il annonce qu'il s'en occupera par la suite.

Dans ce même voyage , M. de Blainville s'est as- . sure de plusieurs faits importants , qu'il a communiqués sommairement à l'académie , et dont nous croyons devoir consigner ici les principaux , en attendant que l'auteur les pubhe avec les détails nécessaires. L'animal des milîolites n'a point d'indice de tentacules, et ne peut, en conséquence, appartenir aux céphalopodes, comme on l'avoit soupçonné d'après sa

ET ZOOLOGIE. SSg

coquille. Dans les gastéropodes à sexes séparés, la co- n quille des femelles diffère souvent assez de celle des mâles pour que les auteurs en aient fait des espèces difiërentes. Les œufs de plusieurs de ces mollusques contiennent chacun un nombre de germes , comme cela arrive aussi dans le calmar. Très souvent la coquille dans l'œuf est très diflFérente de celle de ranimai adulte. Ce que dans les térébratules on a regardé comme des bras, ne sont que des branchies. Les acéphales à coquilles, hutoes, cames, etc., etc., n'ont absolument que le sexe femelle, et chaque genre à une terminaison particulière de ses oviductes. Les ascidies simples ont, pendant quelque temps, la faculté de changer de lieu. Les animaux des eschares, ainsi que MM. Audouin et Milne-Edwards l'ont observé de leur côté , ne sont pas des polypes , mais se rapprochent plutôt des ascidies, etc.

La zooloffie continue de recevoir des accroisse-

ments prodigieux des grandes expéditions nautiques ordonnées par le gouvernement, et les services que lui rendent MM. les officiers de santé de la marine sont dignes de toute la reconnoissance des natiu-alistes. Cinq envois successifs, faits par MM. Quoy et Gaymard , embarqués avec le capitaine Durville , et qui ont visité avec lui plusieurs parties dé la mer du siid, et surtout les côtes de la Wouvèlle-Guinée ^ préâfentetit par milliers des animaux de tout genre , et l'heureuse arrivée de leur navire à Toulon assure désormais leurs riches récoltes pour là science. La gâ-

ai.

barre du roi la Chevrette^ commandée par M. le capitaine Fabré, et qui a parcouru le golfe du Bengale et les îles de la Sonde , a fait aussi de riches acquisitions, grâce surtout au zèle du chirui^ienmajor M. Reynaud, qui a été parfaitement secondé par les officiers militaires.

On doit espérer que ces belles recherches seront publiées avec la même muniGcence que ceUes des compagnons de MM. Freycinet et DupeiTey. On sait que la partie zoologique du premier de ces voyages a été terminée par MM. Quoy et Gaymard avant leur départ. MM. Lesson et Garnot ne mettent ni moins d'ardeur ni moins d'instruction dans leur travail sur celle du second , qui paroît avec rapidité, et est déjà arrivée à sa ig" livraison.

ANISÉB 18^.

M. Geoffi^oy Saint-Hilaire a consigné des vues générales applicables à toutes les sciences naturelles, mais plus spécialement à la physiologie, dans un Mémoire qu'il a intitulé Fragments sur la nature , jt qu'il a publié dans l'Encyclopédie moderne de M. Courtin. La nature, selon lui, se compose des faits et des actions de ce qui existe; ce n'est qu'une manière abrégée d'exprimer les êtres et leurs phénomènes : on en a partagé la science en sciences particulières, mais aujourd'hui c'est à la notion des

ET ZCOLOGÏK. ' 34 î

faits simples et primitifs qu'il faut s'élever pour entrer dans les voies de la philosophie générale; et à ce sujet l'auteur essaie d'expliquer les principes de cette doctrine qui a eu pendant quelque temps de la vogue en Allemagne , sous le nom de philosophie de la nature , et que , selon lui , on a mal comprise et mal rendue en France. En Allemagne , dit-il , on n'est point arrêté par l'insuffisance des observations; la subtilité de la pensée y supplée, et crée de certaines suppositions employées de suite comme si elles continuoient la chaîne des faits. Dans la manière de voir des philosophes dont il s'agit, la simple observation n'est pas d'une efficacité suffisante pour porter sur la science absolue; plus les recherches sont approfondies et plus on arrive seulement et exclusivement sur la surface des choses : c'est ainsi, du moins, que M. Geoffroy s'exprime en leur nom. Le grand siècle de la philosophie, ajoute-t-il, fut en partie redevable de ses succès à ses plus audacieux penseurs; nous sommes dans des temps analogues; à de mêmes causes, de semblables eft'ets. Il y aurait pour les philosophes de la nature , en dehors de l'univers matériel , un autre univers se composant des atomes des fluides impondérables : mais ici M. Geoflfroy répugne à dire ce mot, parce que, suivant lui, ce qui ne pèse pas n'est point et ne saurait constituer une existence dans le monde physique. 11 se défend aussi d'une trop grande similitude que l'on auroit cru voir entre

son principe de Tunité de composition et la philo^ Sophie de la nature; Tunité de composition, loin d'être une conception a priori ^ qui ne reposeroit encore sur rien de bien étudié et d accompli, devenue au contraire le sujet de méditations et de recherches a posteriori incessamment suivies, lui semhle constituer un fait parvenu à un tel degré de démonstration et d'évidence , qu'il doit entrer en ligne avec le principe de la gravitation universelle , et s'enregistrer parmi le petit nombre des déductions et des richesses intellectuelles qui composent aujour* d'hui le trésor de l'esprit humain. Le reste du mémoire est employé à réfuter quelques objections faites contre cette théorie, et à expUquer ce qu'il pouvoit y rester d'obscur. Nous aurons , l'année prochaine, une autre occasion de revenir sur ce sujet important.

M* Flourens a fait des expériences importantes concernant l'action du froid sur les animaux, lia jeune oiseau, exposé subitement à un froid vif et continu , est saisi d'une oppression de poitrine si vive , qu'au moment même il devient immobile , ne respire qu'avec une peine extrême , ne mange plus, ne boit plus , et meurt au bout de quelques heures , d'une pneumonie aiguë. Dans ce cas, l'examen des oi^anes montre les poumons d'un rouge fonoé et gorgés de sang.

Si, au contraire, le froid ne s'accrott que lentement, et s'il subit des interruptions, l'oiseau est

atteint d'une inflammation pulmonaire chronique^ et, dans ce cas, ses poumons, rouges et gorgés de sang sur quelques points , sont en état de suppura-*^ tion sur d'autres*

Le rapprochement de ces différents effets fit penser ^ l'auteur qu'il avoit entre les mains un moyen direct d'investigations sur l'une des maladies les plus cruelles qui affligent l'humanité , sur la phthisie pulmonaire.

n voulut voir : I ** si , dans de certains cas donnés , le froid seul suffit pour déterminer cette maladie; 2° si , dans ces mêmes cas , il suffît d'évitgr le froid pour éviter la maladie; 3° enfip, si cette maladie, commencée sous l'effet d'une température froide, ne pourroit pas guérir par le seul effet d'une doucp température.

Dans cette vue, ayant pris plusieurs poulets d'une même couvée, il en plaça une partie dans un local constamment maintenu k nne douce température : aucun ne fut atteint de phthisie pulmonaire»

Il en laissa une partie exposée à toutes les variations de température de l'atmosphère : presque tous moururent de phthisie pulmonaire , après avoir passé par tous les degrés de l'étisie et de la consomption.

Enfin, une autre prfrtie, après avoir éié exposée, comme les précédents, à toutes les variations de l'atmosphère , et après avoir montré , comme eux , des signes évidents de phthisie , fut portée dan»

344 A^ATOMlË ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,

le local à température douce et constante : la plu* part reprirent peu à peu leur force , et quelques mois après ils étoient complètement guéris.

Il importoit de comparer les poumons de ces poulets guéris aux poumons de ceux qui avoient succombé à la phthisie. Dans ces derniers, le larynx, la trachée-artère et les bronches étoient pleins d'une humeur purulente, dW gris sale et d'une odeur fétide , parsemée d'une infinité de petits points noirs ; le tissu du poumon étoit goi^é de sang, ramolli, comme putréfié; plusieurs de ses vésicules étoient roi^ées , pleines de pus ; d'autres ofiroient des points noirs pareils à ceux dont l'humeur purulente étoit parsemée , et dans plusieurs de ces points se trouvoit un petit corps dur , crépitant , de couleur blanche , et d'une apparence osseuse ou comme cornée. Dans les poulets guéris, des lambeaux entiers de poumon n'ofiroient plus que des vésicules affaissées, déprimées, et où se distinguoient encore des traces des points noirs qu'elles avoient contenus durant la maladie.

De toutes ces expériences, il suit : i**que ce n'est pas seulement sur l'organisation et la vie , prises collectivement et en masse, que le froid agit; 2* qu'il agit surtout, et par une action spéciale et déterminée, sur l'organe respiratoire; 3^ qu'il agit sur cet organe de deux manières distinctes : l'une , qui produit une injlammation aiguë et promptement mortelle; l'autre, qui produit une inflammation

chronique^ laquelle est la phthisie pulmonaire; 4° enfin , qu'une chaleur douce et constante prévient toujours l'invasion de hi phthisie pulmonaire , et que souvent même, quand l'invasion a eu lieu, elle en arrête les progrès.

Ces expériences ne portent encore que sur la phthisie accidentelle ou acquise ; l'auteur se propose de les étendre à la phthisie congéniale ou tubercu^ leuse, à laquelle certains mammifères, les ruminants et les rongeurs, sont surtout sujets. Mais on voit déjà par celle-ci , d'une part , tout le parti qu'on pourroit tirer pour éclairer la pathologie humaine de l'ohservation des maladies des animaux ; et elles montrent clairement , de l'ay tre , que c'est en déterminant la cicatrisation des poumons enflammés et ulcérés par les froids de nos climats, que les douces températures du midi amènent les bons effets que les médecins ont depuis long-temps observés.

Le même auteur a fait des expériences ^ur la r^énération des os , dans lesquelles il s'est proposé de déterminer jusqu'où s'étend cette faculté , et si elle est la même pour tous les os.

Si on enlève le périoste d'un os du crâne ^ la lame externe de cet os seule se nécrose et tombe; mais au bout d'un certain temps, il se forme un nouveau périoste et une nouvelle lame externe.

Si on enlève le périoste, l'os et la dure-mère , il se forme d'abord un nouveau périoste et une nouvelle dure*mère , puis un cartilage intermédiaire à ces deux

membranes ; et enfin un nouvel os , par l'ossificatioQ de ce cartilage.

Tous les os ne sont pas indifféremment susceptibles de reproduction. M. Flourens a vu se reproduire les frontaux , les pariétaux , les occipitaux , mais non les canaux semi-circulaires quand ils ont été enlevés. Cependant , si un canal n'a été que divisé , ses deù:i: bouts se réunissent et se soudent par un noyau os«- ^ux solide , qui oblitère sa cavité en ce point.

L'os npuveau n'est jamais aussi régulier dans sa structure que l'os primitif : les deux lames sont souvent confondues , et lors même que la lame d'os re* produite est séparée de la sous-jacente par un organe interposé entre elles , cpmme , par exemple*, par les canaux semi^circulaires ; cette lame reproduite n'est plus régulièrement bombée , comme l'étoit la primitive ; mais elle s'affîdsse là où les canaux ne la soutiennent pas , et se relève brusquement là où ils la «outienneat.

C'est de l'ancien périoste et de l'ancienne dure»^ mère que naissent le nouveau périoste et la nouvelle dure-mère ; aussi est-ce sur les bords que ^commence la nouvelle organisation; le centre est toujours le dernier point formé.

Un épanchement de lymphe organisable , placé à la limite même de la partie qui se forme (peau , pé^ FÎoste, dure^mère, etc.), précède toujours un nouveau progrès de sa formation ; cette lymphe doit toujours être maintenue un certain temps en posîtioB,

OU par une croûte , ou par une lame recouvrante queK conque ; et c'est là Tusage , qui n avoit pas été remar-; que jusqu'ici dans la cicatrisation des plaies , de ce qu'on appelle croûte*

Ces observatimis s'apcordent avec celles que M. Flou-» rens avoit conununiquées à l'académie, en iSsS, sur la régénération de la peau , qui se fait de même par les bords de la plaie.

On connoît l'opinion de Le Gallois , qui place dana la modle épinière le siège du principe des mouvements du cœur.

M. Flourens, qui a déjà fait vqir en 1 83 3 , par des ext périences nombreuses , que dans les animaux qui vian^ joi&xt h peine de naître , la circulation survit un certain temps k la destruction de la moelle épinière , et que dans les animaux adultes eux-^mémes la circulation survit k cette destruction, pourvu qpe l'on supplée à propos la respiration par l'insufflation , en conclut que c'est surtout parce que la moelle épinière coh^ court à la respiration qu'elle concourt à la circulation^

Il s'ensuit que s'il y avoit un animal où la r-espira-* tion pût se passer complètement de la moelle épinière, xlu moins pour un certain temps, la circulation pqur^ roit s'en passer aussi.

Cet animal ^t le poisson. M. Flourens . fait voir ^u'on peut détruire la moelle épinière tout entière dans les poissons , sans détruire la respiration , attendu que , dans ces animaux , c'est de la moelle allongée wème , et nop plus de la moelle épinière , que l|9s Bier&

34^ A^ATOMIE ET PHYSIOLOGIE AMMALES ,

du mécanisme respiratoire ou des opercules tirent leur origine.

On peut également détruire la moelle épinière des poissons sans détruire leur circulation. La moelle épinière ayant été détruite sur plusieurs carpes et sur plusieurs barbeaux , sans toucher à la moelle allongée , M. Flourens a toujours vu la respiration et la circulation , et même la circulation de Textrémité du tronc, subsister encore pendant plus d'une demi-heure.

Il a toujours vu d'ailleurs , dans les autres classes , la circulation survivre à la destruction de toutes les parties de la moelle épinière auxquelles survit la respiration : à la destruction de la moelle lombaire , par exemple , conune dans les oiseaux ; à celle de la moelle lombaire et de la costale, dans les mammifères , etc.

U en conclut: Que c'est surtout parce qu'elle influe, et par les poiitfs par lesquels elle influe sur la respiration, que la moelle épinière influe sur la circulation; que l'action de la moelle épinière sur la circulation varie dans les différents âges et les différentes classes , selon que varie , dans ces âges et dans ces classes, l'action de cette moelle sur la respiration; que la moelle épinière n a pas faction spéciale proprement dite,' c'est-à-dire distincte de Y action générale des centres nerveux, sur la circulation; et enfin que ce n'est point en elle que réside \e principe essentiel^ encore moins le principe exclusifs de cette circulation.

La question agitée depuis si long-temps et si impor-

tante pour la physiologie , de savoir s'il se fait une absorption par les veines , et une autre intimement liée à celle-là , celle des communications plus ou moins multipliées qui peuvent avoir lieu entre les veines et les vaisseaux lymphatiques ) continuent d'occuper les anatomistes.

On sait que Harvey , Haller , Meckel , Flandrin , et beaucoup d'autres , ont considéré les veines comme douées de la faculté d'absorber.

Dès 1 8 1 3 , nous avons rendu compte d'expériences dans lesquelles MM. Magendie et Delille disséquaient une partie , une jambe , par exemple , ne lui laissant que des artères et des veines pour moyen de communication avec le corps, et où , appliquant à cette partie quelque substance active, ils en voyoient promptement l'effet se manifester dans le corps même. Les veines, selon eux , pouvoient seides ly avoir porté , puisque tout autre moyen de communication avoit été détruit. En 1820 nous avons parlé d'un mémoire où M. Magendie , développant davantage sa théorie , chercha à fjEiire considérer l'attraction capillaire des parois des vaisseaux comme la cause la plus probable de Fabsorption. Des expériences de M. Ségalas, de M. Fodera, dont nous avons donné l'analyse , ont paru confirmer les idées de M. Magendie.

Néanmoins , ceux qui vouloient réserver toute l'absorption aux lymphatiques, rappelèrent les anciennes observations d'un grand nombre d'anatomistes du XVn" et duXVIIP siècle, d'après lesquels le canal

.thorachique ne âeroit pas la seule communication du. système lymphatique avec le système veineux , mais où il paroissoit que plusieurs veines situées dans beaucoup d'endroits du corps reçoivent immédiatement des branches de vaisseaux lympathiques. Ils firent aussi ressouvenir d'une observation de Meckel le père, qui, en 1 771 , avoit vu passer le mercure des vaisseaux lymphatiques dans une veine qui lavoit reçu dans une glande conglobée , et d'une autre semblable de son fils 4 publiée par Lindner, en 1787.

Les arguments de Haller , et surtout les immenses travaux de Mascagni , sembloient à la vérité avoir ren^ versé l'idée de toute communication directe ; et quant à celle qui peut avoir lieu au travers du tissu des glan^ des, elle avoit presque été mise en oubti ; mais M. Foh» man , aujourd'hui professeur à Leyde , reprit de noUveau tout ce sujet. Il publia , en 1821 , une dissertation où il établit que , dans les mammifères , les vaisseaux lymphatiques cotnmuniquent avec les branches de la veitie-porte , dans les glandes du mésentère , et avec les branches de la veine-cave dans les autres glandes conglobées , où il assura même que bien des glandes conglobées n'ont que des veines pour émissaires ; où il dit enfin que dans les oiseaux , classe qui n'a de glandes conglobées qu'au bas du cou, cette communication se fait d'une manière directe en plusieurs points . du système veineux , et surtout au bassin.

MM; Lauth et Ehrman, de Strasbourg, confirmèrent eti iSaS et 1824 les expériences de M. Fohman

Et ZOOLOGIE. 35i

sur tous les points, et M. Lauth a même présenté , en 18249 à l'académie une description et des figures des lymphatiques des oiseaux dont nous avons parlé dans le temps , et où il fait ressortir leurs communications directes avec le système veineux.

L'année suivante (i825) , M. Lippi, de Florence , élève de Mascagni , alla plus loin ; dans un ouvrage publié à Florence, il prétendit rétablir dans les mammifères les communications directes des lymphatiqueià avec les veines , et dessina plusieurs troncs des premiers débouchant immédiatement dans de grosses branches des autres , et même dans le tronc de la veine-cave. Les commissaires de Facadémie chargés de répéter leâ observations se convainquirent qu'en beaucoup de cas c'étaient de petites veines que M. Lippi avoit prises pour des vaisseaux lymphatiques; mais dans les injections qui furent faites à cette occasion , on vit plus d'une fois le mercure , entré dans une glande par les lymphatiques afférents, en sortir par des veines aussi bien que par des lynii3hatiques efférents. C'étoit revenir simplement à ce que les deux Meckel avoient déjà vu , et à ce qui avoit été mieux établi par M. Fohman.

Cependant un autre élève de Mascagni, M. Antomarchi , demeuré plus attaché à la doctrine de son maître , a prétendu , dans un mémoire présenté cette année (1839), que cette sortie par les veines n'a lieu que lorsque le mercure a rompu les vaisseaux , et s'est épanché dans le tissu de la glande , et qu'elle n'arrive jamais lorsqu'on ménage assez la pression pour que le

mercure paisse passer lenteftient des lymphatiqu afférents dans les efiérents , sans rompre ni les uns ni les autres : il a fait en effet des expériences dans les— quelles le mercure est passé au travers de tout le sys— tème lymphatique, et jusque dans le canal thorachique. Il a représenté que dans l'embyron la continuité des lymphatiques entre eux est manifeste , parce que le tissu cellulaire de la glande ne la masque point encore ; que dans les oiseaux , où il n y a que des plexus au lieu de glandes , cette continuité se voit encore mieux ; mais que ni dans les uns ni dans les autres des veines ne s y abouchent : ce qui lui paroit confirmer l'indépendance du système lymphatique.

L'académie a chargé sa commission de faire de nou* velles expériences qui puissent enfin édairdr la question , si toutefois la chose est possible , dans ce labyrinthe déhcat de vaisseaux de tous genres qui composent presque tout le tissu des glandes conglobées,

M. le baron Portai , qui a toujours admis des communications des lymphatiques avec les veines autres que le canal thorachique ^ a rappelé dans une note les observations favorables à sa manière de voir , faites par Nuck , par Mertrud , et surtout par Lieutaud , qui a vu le canal thorachique obstrué par des concrétions imperméables à tout liquide , dans des sujet très gras qui devaient avoir reçu leur nourriture par d'autres voies.

Les variétés de structure de l'organe de l'ouïe dans les poissons , et les rapports si divers qui rattachent cet

organe à la vessie natatoire , en font un des objets les plus curieux d anatomié comparée , qui prend même quelque intérêt de plus des hypothèses plus ou moins bizarres auxquelles il a donné lieu.

M. Breschet , qui s en occupe depuis long-tem s , a présenté à l'académie un mémoire où il l'examine dans trois genres de poissons fort éloignés.

L'oreille de la lamproie lui a paru tellement simple qu'elle se rapproche plus, selon lui, de celle des mollusques et des crustacés que des autres poissons ; elle n'a réellement point de canaux semi-circulaires , ou ils y sont du moins à un état purement rudimentaire, et toutefois on trouve dans cette oreille la même matière amylacée que dans les autres chondroptérygiens.

L'esturgeon, dont l'oreille interne a d'ailleurs de grands rapports avec celle des chondroptérygiens, présente , indépendamment de plusieurs modifications dans les pièces operculaires , une sorte de rudiment de tympan , et même eu dehors de la cavité du la-* byrinthe, une petite pièce osseuse que M. Breschet considère comme un rudiment d'étrier, et qui est retenue en position par un hgament, et appliquée sur le côté externe du sac aux pierres, auxquels il ne seroit pas impossible qu'elle transmît les vibrations Venues du dehors.

L'alose et plusieurs autres poissons de la famille des harengs montrent aussi des rudiments de tympan et de limaçon, mais autrement disposés que dans l'esturgeoo; et leur organe de l'ouïe est en

contact avec la vessie natatoire aussi manifestement que cela a été établi pour celle des cyprins , des silures, des cobitis par M. Weber, pour celle des lépidoleprus par MM. Otto et Heusinger, et pour celle des miripristis par M. Cuvier.

La formation des êtres organisés a passé de tout temps pour le plus grand mystère de la nature matérielle ; Veîcessive difficulté de concevoir comment , ainsi que le vouloient les anciens, tant de parties diverses et compliquées se composeroient par le rapprochement de leurs éléments , se grouperoient dans l'ordre constant que Ton observe , s'agenceroient le» unes avec les autres , de manière à concourir sur-lecbamp à une action simultanée qui ne doit plus cesser qu'à la mort , a jeté un grand nombre d^ philosophes modernes dans une supposition tout-à-fait contraire , et qui n'est peut-être guère moins effrayante pour l'imagination, ceDe des germes préexistants, créés dès l'origine du monde ; qui posséderoient déjà , en infiniment petit , tous les organes qu'ils doivent montrer à l'état adulte , et dans lesquels TactQ de la génération ne feroit qu'éveiller un mécanisme dont tous les ressorts étoient prêts à recevoir cette impulsion. D ne faut pas croire cependant que, dans l'opinion de ces philosophes , ces germes auroîent eu dès l'origine , en petit , précisément la même forme qu'ils dévoient montrer à Fétat adulte ; ils n*ignoroierit pas qu'A y a une succession dans le développement des oi^anes , et que cette succession continue même bien

long-temps après la naissance", les dents , les cornes dans les quadrupèdes, les pieds dans les reptiles batraciens 9 la métamorphose totale ou partielle du plus igrand nombre des insectes, en sont des exemples trop connus pour avoir besoin d'être rappelés, et il étoit facile de concevoir que, dès avant la naissance, des métamorphoses pareilles ou plutôt des successions semblables dans le développement des parties , pouvoient avoir eu lieu. De même que , dans leur hypothèse , l'être tout entier demeure invisible avant la fécondation , plusieurs de ces organes et des parties de ces organes peuvent aussi demeurer tels ^près, et se montrer à des époques déterminées de son existence. H n'en est pas moins très-inté^ ressant de connoître dans quel ordre cette succession a lieu , et de remontei^même , autant que nos moyens d'observation le permettent , jusqu'aux époques les plus rapprochées de la conception , jusqu'à ces temps où l'embryon n'a rien encore de la forme extérieure SQus laquelle il doit paroître au jour , et où une grande partie de ses membres , et même de ses organes les plus essentiels , échappent à la vue ; où il qe senible encore qu'un globule gélatineu](, qu'une vésicule, qu'une goutte a peine douée d'une configuration propre. Beaucoup de grands anatomistes se sont livrés à ces recherches, et. l'on distingue surtout^ dans cq nombre, Fabricîus d' Aquàpendente , Harvey^ Malr pighi, Wolf ,'Haller et plusieurs modernes qui ont jjprîncipalement travaille sur le poulet , parce que,

pouvant faire couver des œufe nombreux , connoître positivement la date de Fincubation , et les prendre à volonté à cbacune de ses époques , il leur étoit infiniment plus facile d'en suivre le développement que s'il avoient voulu s'attacher à des fœtus de vivipares. La plupart de ces anatomistes ont considéré le développement comme se faisant du centre à la circonférence, fondés sur ce que le cercle vasculaire qui entoure le fœtus va sans cesse se dilatant , et que , d'abord d'un diamètre de quelques lignes, il finit par embrasser le jaune presque entier ; sur ce que l'allantoïde croît de la même manière et à vue d œil ; sur ce que l'axe de la colonne vertébrale est la première partie du corps qui se montre ; sur ce que les ailes et les pieds, invisibles les premiers jours, semblent sortir du corps , et pousser , en quelque sorte , comme des bourgeons sortent et se produisent des rameaux.

C'est cette espèce de germination qui a fait adopter par quelques physiologistes modernes le terme &ef- Jlorescence , pour désigner cette apparition successive des organes, sortant en quelque sorte ainsi les les uns des autres.

Les observations faites dans ces derniers temps par MM. Pander , Rathke , de Bœr et Burdach , modifient à quelques égards cette manière de voir. Le jaune de l'œuf montre, sur un point de sa surface, une légère duplicature dont la lame extérieure doit prendre les formes et le rôle des organes de la vie animale , qui se montrent successivement autour de l'axe de l'épine ,

tandis que la lame opposée , se laissant envelopper par degrés par ces organes extérieurs, se repliant ellemême à mesure qu'il croissent et se replient pour l'embrasser dans leur cavité , y devenant ainsi un canal, s'y transforme dans le système digestif, dont le jaune n'est qu'un appendice. Le système sanguin paroît d'abord tout entier au dehors dans le cercle vasculaire, cette figure veineuse si remarquable et si anciennement connue ; mais petit à petit, sa partie intérieure se manifeste aussi , et même le cœur , quoique encore trèssimple, se fait distinguer à ses battements avant qu'aucun des autres organes ait pris encore une forme reconnoissable. A mesure que la partie du système de la vie animale , qui doit devenir le squelette , prend figure, des noyaux osseux s'y montrent, dont les uns se rapprochent et se soudent pour former les os qui doivent définitivement subsister, tandis que, pour d'autres, la séparation se prononce au contraire davantage et produit les articulations.

M. Serres qui, dans un ouvrage dont nous avons eu précédemment occasion de faire l'analyse, a montré que les os se forment en général par des noyaux latéraux qui se soudent ensuite, a pensé que ce mode de développement pouvoit aussi s'appliquer à d'autres parties , et les phénomènes de fincubâtion , envisagés sous d'autres points de vue , lui ont aussi fourni des arguments.

H fait remarquer que, d'après tous les observateurs, le cercle vasculaire dont nous venons de par-

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1er commence à rougir par la circonférence ; que le sang s'y montre avant que le cœur apparoisse ni que Ton aperçoive aucune 'communication de ses vaisseaux avec le cœur. Ne voulant point admettre que le cœur existe tant qu'on ne le voit point ; rappelant que même lorsqu'il commence à paroître il ne se montre point encore comme une cavité fermée, mais comme un demi -canal; joignant à cette observation celle de Wolf , d'où il résulte que le canal intestinal est d'abord divisé en deux portions demi<-tubulaires, et que l'abdomen lui-même ne se ferme qu'assez tard par le rapprochement de ses parois latérales; ajoutant enfin ce fait certain que les vertèbres commencent à se manifester chacune par des points latéraux , il con« dut que ces organes se forment par une impulsion delà circonférence au centre, ou , comme il s'exprime, qu*au lieu du développement centrifuge y f^ est le dé' veloppement centripète que l'on doit adopter comme véritable.

Cette manière de voir détruit , selon lui , l'idée de la préexistence des organes et des germes , et change les fondements mêmes de la science; c'est pourquoi il intitule le mémoire où il la soutient : Anatohi^

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