Pollen solide
A. Masses composées de deux massettes.
a. Logjes de l'anthère simples.
Calypso. Liparis, Malaxis.
b. Loges de Tanthère bilocellëes.
Corallorhiza.
Il donne ensuite au caractère de chaque section tout le développement dont il est susceptible.
Il termine son travail par Tindication des espèces de chaque genre.
Une planche, où les principales modifications de la structure des organes sexuels sont figurées avec exactitude, en rend Tintelligence plus facile et plus claire.
Quoique le mémoire de M. îlîchard ait principalement pour but declairer les orchidées d'Eu-- * rope, les botanistes y trouveront des principes généraux applicables à celles de toutes les parties du inonde .
Il y a lieu d espérer que ce travail, résultat de nombreuses et difficiles recherches , les excitera à coopérer au perfectionnement de cette famille intéressante par des descriptions plus complètes et plus exactes qu elles ne l'ont été jusqu a ce jour.
Il n*est presque aucune des subdivisions de nos analyses que nous ne puissions enrichir des observations que M. de Humboldt a recueillies dans son grand voyage, et qu'il à toujours l'attention de communiquer à l'Académie à mesure qu'il les rédige. Ses observations astronomiques, son nivellement barométrique dés Cordillères, sa géographie des plantes, son tabkau des régions équinoxiales.
lOO BOTANIQUE
ses recherches sur les moDuinents des peuples indigènes de rAmérique, et une partie de ses observations de zoologie et de la relation historique de son voyage, ont été annoncés dans leur temps par nous ou par notre collègue , et sont maintenant livrés au public ; mais parmi toutes ces belles acquisitions, celles qui se distinguent peut-être le plus par leur nombre et parleur magnificence sont celles qui se rapportent à la connoissance spécifique et systématique des plantes.
Le choix de plantes équinoxiales, les monographies des rhexias et des mélastomes, en nous faisant connoitre tout leclaf dont la nature a embelli la végétation des pays chauds , nous font admirer le zèle et la sagacité des deux voyageurs qui en ont recueilli les productions, et le talent des artistes qu'ils ont chargés de les représenter.
Mais Tun des naturalistes, M. Bonpland, est retourné dans le pays qui lui a procuré de si riches récoltes. 11 veut y en faire de nouvelles, et enrichir encore une fois nos jardins et nos musées ; et pour accélérer la publication du nombre immense d'espèces qui restoient à faire connoitre, M. de Humboldt a dû chercher un autre collaborateur. M. Kunth , professeur de botanique à luniversité de Berlin, s'est chargé de décrire les genres et les espèces nouvelles ou peu connues rapportées par
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. lOI
MM* de Humboldt et Boapland. Le nombre en sera de quatre mille , dont trois mille au moins sont entièrement nouvelles pour les botanistes. Elles occuperont cinq ou six volumes in-folio, dont le premier, qui renferme les monocotylédones au nombre de huit cents, est déjà publié, et dont le deuxième sera bientôt terminé. On imprimera en même temps le quatrième qui sera entièrement consacréà la famille des composées.
M, Runth, en décrivant un si grand nombre d'espèces, a été conduit à envisager les familles des plantes d après oes vues générales. Il les a soumises à une nouvelle révision , et a établi des sections nouvelles et des nouveaux genres en grand nombre, revu et rectifié les caractères des genres anciens.
A la fin de chaque section M. de Humboldt fait connoitre dans des notes spéciales la variété des formes qui abondent le plus sous chaque latitude, et Knfluencede la lumière, de la chaleur, et de rhumidité, sur la multiplication de chaque tribu de végétaux.
Le plus anciennement connu et le plus utile des palmiers est sans conti-edit le dattier, l'une des principale» richesses de la Barbarie et de l'Egypte, et qui se cultive aussi avec avantage dans plusieurs
contrées de l'Europe méridionale. M. Delile , qui en a observé la culture avec soin pendant qu'il étoit attaché à l'expédition d'Egypte, la décrite avec détail dans un mémoire qu'il a présenté à FAcadémie. Cet arbre vient de graines, de drageons, et même de bouture. L'opération de la bouture, qui consiste à replanter le sommet après l'avoir séparé de son tronc , avoit déjà été mentionnée par Théopbrasteet par Pline; et M. Delile a entendu des Arabes lui assurer qu'on la pratique encore. On sait que le dattier a les sexes séparés sur des individus dif^ rents ; les drageons de chaque arb/e produisent des individus du même sexe. Les habitants, pour tirer le plus de parti possible de leur terrain, ont soin de ne replanter que le petit nombre de mâles nécessaires pour la fécondation artificielle des femelles; et lorsque des causes quelconques empêchent que l'on ne place en temps convenable les régimes de ces dattiers mâles à portée de répandre leur poussière fécondante sur les fleurs femelles , les fruits ne mûrissent point et la récolte est perdue.
Une espèce de palmier beaucoup moins connue que le dattier est celle du nipa , qui croît spontanément dans l'Archipel des Inde$ le long des bords de la mer, et dont Bumphius et M. Thunberg ont donné des descriptions incomplètes ; on en mange ks jeunes amandes confites. Son régime, coupé
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. lo3
avant son développearent, donne une liqueur douce qui, en fermentant, devient spiritueuse et agréable à boire. On fait avec ses feuilles des paniers , des nattes , et d autres menus ouvrages.
M. Houtou La Billardière en a observé et décrit avec soin la fructification, et rectifié sur plusieurs points les idées que 1 on s'en faisoit. La fleur femelle a trois stigmates, et le jeu ne fruit trois ovules ; lembryon est placé à la base de la graine ; ses chatons mâles à fleurs sessiles, ses anthères portées sur un seul filet, quoique non ramifié, ses fleurs femelles dépourvues de caliee, et ses fruits agglomérés, lui donnent des rapports sensibles avec les pandanus. Mais ses spatfaes,ies calices à m divisions de ses fleurs mâles, ses feuilles pennées, le rapprochent encore davantage des vrais palmiers.
Les anciens parlent beaucoup d'un arbre de l'Egypte, auquel ils donnent le nom de persea, qui ressembloit à un poirier, mais dont les feuilles duroient toute Tannée, dont le fruit à noyau étoit très doux et très sain , et dont le bois dur et noir avoit une grande valeur. On trouve encore dans les auteurs arabes du moyen âge des descriptions d'un arbre qu'ils appellent leback, et qui offre tous les caractères attribués par les anciens à leur persea; mais aujourd'hui cet arbre est devenu si rare, au moins dans la Basse -Egypte, que les botanistes nç
Io4 BOTANIQUE
Font pas reconni^ avec certitude : les uns , comme Lécluse, et Lântiaeus d après lui, ont donné le nom de persea à u|ie espèce de laurier ; opinion d autant moins admissible que ce laurier vient d'Amérique. D'autres, comme Schréber, ont cru le retrouver dans le sébestier (cardia mixa)j dont le fruit visqueux est tout différent, M. Delile a été plus» heureux ; ayant observé dans un jardin du Caire un individu de Farbre appelé par Liunseus ximenia œgyptiacuy il lui trouva la plupart des caractères du persea: une hauteur de dix-huit à vingt pieds, des branches épineuses, des feuilles ovales persistantes^ longues d'un pouce à dîx-huit lignes, traits qui ont pu donner lieu à la comparaison avec le poirier; un fruit de la forme d'une datte, doux lorsqu'il est mûr, contenant un noyau un peu ligneux, etc. Parvenu dans la Haule-Égypte, M. Delile en rencontra deux autres, et il apprit, par les habitants des contrées supérieures, que l'espèce estcommune en Nubie et en Abyssinîe, et très estimée dans le Darfour ; cependant il n a pu savoir si le cœur du bois est noir comme le disent les anciens de leur persea.
Cet arbre se nomme aujourd'hui en Nubie eglig. M. Delile lui trouve des différences assez marqi;iées pour le sépaFer des autres ximenia, et il en fait un genre sous le nom de balanUes.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. lo5
Parmi les vég[étaux d où découle un suc d apparence laiteuse , Tun des plus remarquables est celui que les colom espag^nols ont nommé Varbre de la Dache^ parceque son lait, loin d'avoir, commecelui des euphorbes et de la plupart des autres plantes laiteuses , des qualités acres et malfaisantes , fournit au contraire une boisson saine et agréable. M. de Humboldt a lu à FAcadémie une description de cet arbre, et des expériences sur le suc qu'il fournit. Ce célèbre voyageur n'ayant pu le voir en fleur n'en détermine pas le genre ; mais d'après son fruit il paroît appartenir à la famille des sapotilliers : son port est élevé, ses feuilles longues de huit à dix pouces , alternes , coriaces, oblongues, pointues, marquées de nervures latérales et parallèles. Quandon y &it des incisions il en découle un lait gluant , d'une odeur de baume très agréable, dont les Nègres mangent beaucoup en y trempant du pain de maïs ou de manioc , et qui les engraisse sensiblement. A l'air il s'y forme à la surface des pellicule^ qui prennent, en se desséchant, quelque chose de l'élasticité du caoutchouc, et il se sépare un caillot qui s'aigrit avec le temps , et auquel le peuple donne le nom de fromage. *
M. de Humboldt s'est livré , à ce sujet , à des considérations générales sur les différents laits végétaux dont les qualités mal&isantes dépendent de
certains principes vénéneux qui sy trouvent assez abondants pour se manifester par leurs effets , tels que la morphine dans Topium; mais dans les familles même les plus délétères, il existe des espèces dont le suc aest pas malfaisant, telles que Veuphorbia bakamifera des Canaries , Yasclepias Uzctifera de Geylan.
MM. de Humboldt et Bonpland ont continué la publication de leur grand ouvrage de botanique, Intitulé Nova gênera et species plantarum œqûintfctia* Uum\ ïvc troisième volume, qui sera achevé en quelques mois, et le quatrième, qui est déjà imprimé , mais non encore publié , compléteront la série des plantes à corolle monopétale. Ces quatre volumes renferment plus de trois mille espèces nouvelles réparties en six cent vingt-trois genres , dont près de cent nouveaux. M. Kunth, correspondant de l'Académie , auquel la publication de cet ouvrage est confiée, a décrit, dans la famille des composées , près de six cent espèces rangées d'après une méthode qui lui est propre. Des notes ajoutées par M. de Humboldt offrent les hauteurs auxquelles croissent les plantes des Cordilières, et des cousi-
* « Nova gênera et species plantarum quas in peregrinatioue ad « plagam aequinoctialem Orbis novi collegerunt , descripserunt et « partîm adumbraverunt Am. Bonpland et Al. de Humboldt; ex sche- « dis autographis A. Bonplandii in ordinem digessit G. S. Kunth.
dëratk>n$ sur les distributions des formes végétales sur le globe. Il reste encore deux volumes à publier, consacres aux familles des plantes à corolle polypétale.
Mais comme le plan adopté pour les Nova gênera et species ne permet pas de donner les figures de toutes les plantes rapportées par les voyageurs, M. Kunth a commencé de donner, dans un ouvrage particulier, sous le titre des Mimoses et autres plante^ du nouveau continent de la famille des légumineuses, le choix des espèces les plys belles. Les dessins , exécutés avec tout le luxe auquel se prête Ticonographie fran<;oise , seront accompagnés d'un travail général sur les légumineuses. Les dessins appartenant au premier cahier de cette monographie ont été présentés à TAcadémie.
Pour assigner à chaque genre sa place dans Tordre naturel, M. Kunth a été obligé d'étudier particulièrement toutes les familles des plantes, d examiner rimmense nombre de genres et despëces conservés dans les herbiers , et de compulser tous les différents auteurs qui ont traité les mêmes objets avant lui. C'est à la suite de ces recherches qu'il nous a donné, dans des mémoires particuliers, des observations générales sur les familles des graminées , des cypéracées , des pipéracées , des aroidées, et encore dernièrement la révision de la fa-
I08 BOTANIQU^E
mille desbignoniacées. Ces travaux ont pour objet, ou d'indiquer les groupes ou sous-divisions qu'on peut établir dans ces familles , ou de circonscrire avec plus de précision les caractères de leurs genres.
En même temps , le savant auteur de la Mono^ graphie des jungermannia, M. Hooker, continue à Londres la publication des plantes cryptogames que M. de Humboldt lui a confiée. Il a réuni ces plantes à celles qui ont été rapportées par M. Menzies. L'ouvrage de M. Hooker porte le titre de Musci exotici.
M. de Beauvois continue toujours avec la même persévérance la publication des plantes recueillies dans ses voyages ; et il a fait paroître cette année la dix-septième livraison de sa Flore dOware et de Bénin y dont nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs,
Une des plus belles entrepifises de Thistoire naturelle philosopbique dans ces derniers temps a été («lie de faire voir qu'un grand nombre d'organisations en apparence très différentes se laissent ramener cependant à un plan commun , et se com-» posent de parues de même nature, variant par les proportions seulement.
M. Turpin vientde faire en ce genre un heureux
essai dans son mémoire sur rinflorescence des graminées et des cypéracées , mémoire où il étend ses vues au régne végétal presque entier. Les bouquets si variés-dont la nature couronne les végétaux , ces épis, ces chatons, ces grappes, ces ombelles, les fleurs composées elles-mêmes, ne sopt, selon M. Turpin , que des dispositions semblables , dont l'apparente diversité ne tient qu au plus ou moins de prolongement de la tige commune et des pédicules particuliers de chaque fleur. £n réalité toutes les fleurs sont solitaires, et presque toutes sont axiliiaires; ce qui veut dire qu'elles sortent des aisselles des feuilles, ou de parties analogues aux feuilles, quelque nom qu'elles portent d ailleurs dans la langue de la botanique.
L auteur , pour appliquer sa théorie aux graminées, considère leur fleur comme une fleur nue , c est-à-dire sans corolle et sans calice, et composée seulement du pistil et des étamines. Cette écaille qui l'enveloppe à l'extérieur, et que les botanistes , qui la nomment valve extérieure de la balle , regardent comme une pièce de la corolle, n est pour M. Turpin qu'une bradée. Il nomme spathelle l'autre pièce plus mince qui est du côté de la tige, et qui s'ouvre au moment de la floraison pour laisser paroitre les fleurs proprement dites; mais ces bractées et ces spathelles ne sont jamais que des feuilles. Le mé-
IlO BOTANIQUE
moire de M. Turpin contient d ailleurs beaucoup d'observations intéressantes sur les po^rties intérieures de la fleur, et notamment sur des bourrelets ou parties analogues qui entourent la base du pistil , sur les cotylédons , qu'il dit être au nombre de deux dans certaines f];raminées , telles^que le froment ou l'avoine, et principalement sur la disposition des bourgeons , qui , selon lui , ont toujours dans les monocotylédons leur première écaille adossée à la tige , tandis que dans les dicotylédons elle est ou latérale, ou , ce qui est plus rare , opposée à la tige et adossée à la feuille dans Faisselle de laquelle naît le bourgeon.
M. Loiseleur des Loncbamps, médecin de Paris, a présenté à l'Académie un traité botanique des plantes usuelles , à la suite duquel se trouvent plusieurs mémoires sur les plantes de notre pays qui pburroient être substituées aux végétaux étrangers pour l'usage de la médecine.
D'après ses expériences on pourroit substituer à l'ipécacuanha diverses espèces de tithymales, le cabaret ou azarum europeum, la dentelaire ou plum^ bagOy etc. Il donne la préférence aux tithymales. Le séné pourroit être remplacé par le globularia alypum, qui croît en Provence, par l'anaj'jrts/cBtïc/a, par le came/aacneonim^ et même par les rameaux et
les feuillesde qn^qnes daphnés, réputés jusqu'à présent caustic^ues et hydragogues , mais que M. Loiseleur prouve n être ^ue drastiques. Au jalap il substitue ^ssez naturelleiuent d autres espèces de liserons^ et sur-tout le convolvulus soldanella, qui halète les bords de la mer, la racine de concombre sauvage( momorc/ica elaterium)^ et même les pétales de quelques rosiers , dont Faction est cependant plus foible. Quant à 1 opium , qui se tire aux Indes et dans le Levant dune variété du grand pavot à graines blanches et à capsules rondes , M. Loiseleur montre comment on pourroit Fextraire de notre pavot ordinaire des jardins à graines noires, qui en fburniroit abondamment. Il traite aussi de <}uelques autres narcotiques , teb que la stramoine et la laitue vireuse.
Les grands ouvrages de botanique entrepris par quelques uns de nos confrères se cf)ntmuent avec ardeur. M. Palisot de Beau vois, qu'une mort prématurée vient d'enlever à la scienc , avoit conduit sa Flore (fOware et de Bénin jusqu'à la dix -neuvième livraison.
M. de Humboldt , aidé de M. Runth , avance chaque année à grands pas dans son immense Hi^ toire des plantes de tjmériqite équinoxiale.
Le troisième volume de ses Nova gênera et specie$.
plantarum œquinoctiatium a ^té achevé ; le quatrième, qui complète les deux tiers de l'ouvrage, est imprimé en entier : on y trouvera les deseriptions de trois mille espèces, parmi lesquelles il en est un grand nombre qui appartiennent à des familles trop long-temps négligées par les botanistes voyageurs. Il a paru trois cahiers des Mimoses, ouvrage spécial , consacré à Tune des plus belles familles de plantes de la zone torride, et pour la représentation desquelles les auteurs ont cherché à employer les artistes les plus distingués dans ce genre de travail.
M. de Humboldt a fait paroitre la première partie du second volume de la Relation his{orique de son voyage, avec un atlas où se trouvent les cartes des côtes de Caraccas , des landes de Venezuela et des rives de TOrénoque. L auteur y traite de plusieurs objets relatifs à la zoologie, tels que la puissance électrique des gymnotes , la récolte des œufs de tortue, les mœurs du jaguar et du caïman , etc.
M. Runth en particulier a présçnté une révision de la famille des bignoniacées.
M. de Humboldt, qui avoit publié en 1816 un ouvrage particulier dont nous avons rendu compte sur la distribution proportionnelle des espèces de
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Il3
végétaux de diflfiérentes feinilles dans les difiPérents climats, et sur les rapports de cette distribution avec la chaleur moyenne annuelle de chaque pays, ou ce que ce grand physicien a nommé les lignes isothermes, est revenu cette année sur le même sujet, riche d'une foule d'observations nouvelles, qui pour la plupart ont confirmé de la manière la plus frappante les régies qu'il avôit établies. Ces questions se lient intimement à toute Fhistoire des hommes; l'abondance dés graminées , celle des ipalmiers ou des conifères, ont influé sur letat social dès peuples, sur leurs mœurs, et le développement plus ou moins rapide de leurs arts ; mais le nombre relatif de§ espèces de chaque famille n'exprime pas l'importance réelle de la famille, de l'aspect qu elle donne à un pays , de l'influence qu'elle exerce sur les habitants. Souvent une espèce d'une famille peut occuper à elle seule plus de terrain que de nombreuses espèces d'une autre famille. Le détail de cette étude fait voir qu'il y a des genres et des familles qui appartiennent exclusivement à certaines zones , à des conditions spéciales de climat, mais qu'un plus grand nombre a des représentants dans toutes les zones ; la proportion n'est pas répartie de même pour les espèces; dans la zone glaciale et sur les hautes montagnes , la variété des formes génériques ne diminue pas au même degré que celle des
BOPPON. OOMPL^M. T. III. 8
Il4 BOTANIQUE
espèces. U y a d^ailleurs des difFérçnces qui tiennent aux communications desiconiinents, et à leur population végétale primitive. Ainsi Ion croit déjà pouvoir di^^tinguer dans la zone torride quatre systèmes de végétation ; savoir, eeux du nouveau continent, de l'Afrique oocidentale, de Tlnde, et de la Nouvelle*Hollande. Malgré toutes ces complications, M. de Humboldt ne pense pas que Ton doive renoncer à une étude aussi importante, pas plus que Ton na renoncé à dessiner des cartes, lorsque Ion s'est aperçu des sinuosités infinieades rivières et des côtes. U a même dressé une table de ses observations , qui offre les résultats les plus intéressants ; Ton y voit dans quelle proportion , chaque famille de plante, dans chaque zone et dans chaque continent, se trouve avec la maçise entière des plantes phanérogames ou à fructification connue, et si cette proportion diminue en allant vers le nord ou vers le midi.
Ces fait» donnés par la géographie des végétaux se lient en quelque sorte à toutes les branches de la physique du globe.
Ainsi un habile ingénieur anglois, M. Webb, ayant mesuré trigonométriquement les plus hauts pics de cette grande chaîne de lUimàlaya qui borne rinde au nord , en avoit trouvé qui s élèvent audessus de tout ce que Ton connoissoit de plus élevé
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Il5
sur la terre. Il en est un par exemple de ^^820 métrés de hftuteur qui surpasse autant le Cbimborasso que le Mont-Blanc surpasse le Mont-Perdu; mais on attaqua la justesse de ces mesures , principalement parcequeau revers septentrional de la chaîne la neige perpétuelle ne descend pas aussi bas qu'on devroit le croire d après la latitude, et parcequHl y croît des plantes qui ne viendroient nulle part ail^ leurs à cette hauteur; et Ton avoit soupçonné que la réfraction avoit été pour quelque chose dans Terreur dont on accusoit ces évaluations.
M. de Humboldt a présenté à l'Académie des calculs qui prouvent que pour rabaisser ces mon- U^nes seulement au niveau du Ghimborasso il fiiudroit supposer que le coefficient de la réfraction est de 0,3 au lieu de 0,08 , quantité qui n est pas admissible dans une zone aussi méridionale.
Il est bien vrai que dans les passages et an revers de lUimâlaya qui regarde lès plateaux'de la Tarta^ rie la neige fond en été à la hauteur de cinq^ mille soixante -dix -sept mètres, hauteur où sous Téquateur même elle est certainement éternelle. M. Wcbb n^en a pas trouvé à trois cents pieds encore plus haut , quoiqu'il ftt cette observation au 3 1 "* de latitude nord. A cette même latitude, an nord de la crête de THimâlaya , on trouve des pâturages , du froment, une belle végétation à quatre mille cinq
Il6 BOTANIQUE
cent quarante-neuf mètres de hauteur, tandis que sur la pente méridionale de ces mêmes montagnes les phénomènes ne sont pas très différents de ce que Fon observe dans les autres contrées du globe. Des circonstances aussi remarquables ne pouvoient manquer d attirer lattention de M. de Humboldt. Il fait remarquer à ce sujet que la limite des neiges perpétuelles est un des résultats les plus compliqués des causes physiques ; qu elle suit moins la loi des lignes isothermes ou d^égale chaleur moyenne de Tannée que celle des lignes isothères ou d^égale chaleur extrême de Tété , deux genres de lignes qui sont loin d'être parallèles. On sait en outre que dans Tintérieur des gratids continents la chaleur annuelle'et plus encore la chaleur d'été , à latitude égaie, sont plus fortes que sur les côtes à cause du rayonnement du sol. On conçoit donc que sur les montagnes adossées à de grands plateaux les neiges perpétuelles doivent être plus reculées vers les hauteurs; on observe des effets semblables jusque dans la chaîne du Caucase.
M. de Humboldt analyse et apprécie plusieurs autres causes qui contribuent à ces variations , et confirme ce qu'il en dit par les innombrables observations qu'il a. faites à ce sujet dans toutes les parties de l'Amérique.
M. l'abbé Rigaud, directeur du séminaire. de
Meaux , ayant remis à M: du Petit-Thouars une fleur de pavot oriental d un aspect très* ^nguUer, ce botaniste reconnut de suite que les étamines s y trouvoîent changées en pistil , et que , prodigieusement renflées pair cette métamorphose , elles formoient une couronne de plusieurs rangs , qui avoient quelque ressemblance avec certaines anémones.
Le calice et la corolle étoient tombés, mais, suivant le rapport de M. Rigaud , ils n avoient rien de remarquable.
A la base se trouvoient quelques filets plus mer nus; c^étoient des étamines, approchantes un peu de leur forme ordinaire , mais elles s'altéroient de plus en plus.
Enfin venoient plusieurs rangs où elles étoient entièrement dénaturées.
A la partie extérieure il se trouvoit une sorte de pédoncule , vert et renflé vers son milieu : c'étoit le filament ; sa partie postérieure étoit recouverte par une membrane mince et rabattue, contiguë au sommet, de forme triangulaire; deux arêtes velues le bordoient jusqu^au sommet ; en retournant cette partie, on voyoit que l'intérieur étoit aplati , et sur son milieu se trouvoit une couche de grains détachés. M. du Petit-Thouars les reconnut pour des pvules, mais qui se trouvoient à nu. Quant à la
Il8 BOTANIQUE
membrane et à ses sillons , il n eut pas de peine à voir que c ëtoit une portion analogue au stigmate rayonné du vrai pistil.
Ces filaments se réunissoient à la base , mais en se groupant en plus ou moin^ grand nombre. C'est ce qui étpit plus facile à apercevoir en écartan^t le rang supérieur de lovaire qulls entouroient ; ainsi ils formoient une sorte de monadelphie tendante vers la polyadelphie.
Lauteur avoit déjà observé une monstruosité semblable dans la joubarbe : on peut k&s regarder comme une interversion dé Fwdre dans lequel se font d'ordinaire ces sortes de métamorphoses.
Mais M. du Pelit-Thouars , liant ces phénomènes à d autres , espère arriver à prouver sous peu de temps ,
i"" Que la fleur n est que la transfbnmition dWe Quille et du bourgeon qui en dépend ;
1? Que la feuille donne les étamines , et en outre le calice^ la corolle , quand il y en a ;
3*^ Que le bcAirgeon devient le pistil , ensuite le fruit et la graine;
4^ Que le pistil étant la concentration d une ou de plusieurs feuilles , il doit donner naissance à uue réunion successive de bourgeons dont les feuillçs deviennent les ovules destinés à recevoir l'embryon.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Il 9
Mail à ces propositions , qui se déduisent en effet assez Daturellement de là transformation dont nous venons de parler, il en ajoute d'autres qui ne paroissent pas y tenir d'aussi près ; savoir ,
Que Tembryon est formé par la réunion de deVA molécules détachées, l^e ligneuse ^ Vautre parenchymateuse, dont il paroit probable que Tune est fournie par Fétamine, l'autre j^ar le pistil;
Que dès qu'une fois l'embryon est perceptible aux sens il est détaché, ne présentant jamais d'ap^ parence de cordon ombilical ; ainsi il ne croît que par intussusception ; .
Enfin que., dans ce cas , l'embryon est renversé, les cotylédons faisant la fonction des racines , et la radicule celle de tige ou de partie aérienne.
M. Dutrochet a adressé, pour le concours de physiologie expérimentale fondé par M. de Montjon, un ouvrage de première importance sur Faccroisseinent et la reproduction des végétaux.
Tout en convenant avec M. de Mirbel que les fibres ligneuses ne sont qu'un tissu cellulaire différemment modifié, il pense néanmoins qu'on doit les considérer comme des organes particuliers destinés à conduire la sève. Il regarde le parenchyme de Técorcie et la moelle de la tige comme des substance^ analogues disposées en sens inverse. II donne à l'une le nom de médule corticale, eft à Fautre celui
|2p BOTAfîIQUE
4e médule centrajie, et il en prouve Fanalogie par des observations nouvelles. On sait que les pédoncules des fruits mûrs se séparent du rameau avec lequel ils sont articulés, et que la plaie qui en résulte se cicatrise très promptement. M. Dutrochet voulut voir si, en coupant une petite tranche d'un rameau de poirier, un peu au-dessous de la plaie du pédoncule qui s etoit détaché naturellement avec son fruit, cette plaie nouvelle se cicatriseroit. Il reconnut ?iprès avoir répété plusieurs fois la même expérience qu'il est constamment arrivé qu une portion du rameau ainsi tronqué s'étoit desséchée au-dessus de la section, et qu'il s'étoit produit de lecorce entre cette partie desséchée et la partie restée vivante, en sorte qu'il y auroit eu encore ici une cicatrisation, s^ns que l'écorce extérieure ni les fibres ligueuses Y eussent participé. Cette formation de nouvelle écorce est évidemment selon lui une métamorphose de médule centrale en médule corticale, et la preuve de ridentité de ces deux substances ; mais \^ cicatrisation ne peut avoir lieu que sur des rameaux très jeunes qui n'ont que peu de fibres ligneuses et dont la médule centrale est encore humide. Enfin l'auteur regarde la médule comme la partie essentiellement vivante du végétal.
Ainsi toutes les parties qui composent la tige des végétaux dicotylédons ont de l'analogie entre elles.
La médule corticale est analogue à la médule cen* traie ; les couches de fibres corticales sont analogues aux couches de fibres ligneuses, mais elles sont disposées en sens contraire ; lecorce et le bois ne sont que contigus sans avoir entre eux de communication. L'auteuir donne à Técorce le nom de système cortical, et aux parties qu'elle entoure celui de système central. Ces deux systèmes ont chacun leurs rayons médullaires qui ne sont poitit contiiiu$, comme on Fa cro, mais seulement juxta-posé$ par leurs extrémités
, L'accroissement en diamètre s'opère suivant deux directions difFérentes : i "" dans le sens de Tépaisseur par la formation de couches successives ; 2** dans le sens de la largeur par l'augmentation d'ampleur des couches.
M. Dutrochetpourétudier l'accroissementenlargeur du système cortical choisit pour exemple des racines de Vechium vulgare et du dipsacusfulUmum, où Ton en voit clairement le mécanisme. Ces racines coupées tansversalement offrent un système cortical composé de festons concentriques ; extérieurement elles sont cannelées dans leur longueur, et ce sont ces cannelures dont la coupe transversale se présente sous la forme de festons. Ces festons sont des faisceaux de fibres longitudinales, séparés les uns des autres par des lignes de tissu cellulaire
laa BOTANIQUE
qui sont les rayons médullairas corticaux. Une ligne du même tissu cellulaire se montre au milieu de chaque feston. Bientôt après un nouveau feston ou faisceau de fibres apparolt dans le milieu de cette ligne de tissu cellulaire qui occupe le centre du premier feston. Le nouveau feston se développa et divise par le sommet celui dans lequel il est né. Alors les deux fragments latéraux du feston divisé forment encore chacun un feston nouveau par la naissance, dans leur milieu, d'une ligne nouvelle de tissu cellulaire. Il résulte de là qu'un feston simple primitivement se trouve en faire trois, ce qui augmente dans la même proportion le nom^^ bre des rayons médullaires corticaux* Cette observation nouvelle et intéressante offre deux faits très remarquables : le premier est la tendance des fibres longitudinales à dév^pper dans leur milieu de nouveaux rayons médullaires; le deuxième est là tendance qu ont les rayons médullaires à dévelop-^ per aussi dans leur milieu des faisceaux de fibres longitudinales. C'ôst ce que M. Dutrochet appelle production médiane.
L auteur traite ensuite de Taccroissement en largeur du système central. Il choisit pour objet d'étude une jeune pousse du clematis vitalba dont là ecmpe est une aire à six angles saillants et à six raatrants; les angles saillants sont formés par des
ET PHYSIOLOGIE TÉGÉTALE. 123
faisceaux de fibres longitudinales, et la coupe transversale offre dw festons analogues à ceux du sys* tème cortical de Vechium vulgare. Les faisceaux saiU lants du clematis appartiennent au système centrai ;. . ils sont séparés les uns des autres par des rayons médttHaires centraux, et ces rayons, ainsi que les* faisceaux de fibres interposés entre eux , se multi^ plient comme ceux du système cortical de la racine de Vechium vulgare y d'où il résulte que le système cortical et le système central ont le même mode d accroissement en largeur.
L'accroissement des deux systèmes en épaisseur s'opère par la formation de couches successives, li opinion de la transformation du liber en bois a long -temps prévalu; d'autres systèmes ont encore été proposés sur la formation des couches lign^ises; mais aucun d'eux, suivant M. Dutroch«t, n'est admissible ; la couche de liber et celle d'aubier n'ont aucune liaison organique entre elles, elles ne sont que juxta-posées ; la nouvelle couche de liber e$% une extension du liber ancien, et la nouvelle couche d'aubier est une extension de l'ancien aubier.
La couche de liber et d'aul»er de nouvelle formation est séparée de l'ancienne par une couche mince de tissu cdlulaire; c'est ce qu'on peut obsem ver facilement suf la coupe transversale d'une tige du rhus typhittum; on y voit distinctement les cou-
ches ligneuses séparées par des couches d un tissu cellulaire roussâtre, parfaitement semblable à celui de la moelle centrale, et les vaisseaux qu'on observe dans les couches de ce tissu sont analogues à ceux de l'étui médullaire.
M. Dutrochet confirme encore les mêmes âiits par des observations qui lui sont propres. Il a remarqué que la moelle des bourgeons du sommet des branches et de ceux qui naissent dans les aisselles des feuilles correspond toujours à la moelle centrale et à son étui , et que la moelle des bourgeons adventifs correspond à la couche médullaire placée au-dessous d^e la couche extérieure d aubier, et il a vu de même que les vaisseaux de l'étui médullaire de~ces bourgeons adventifs tirent leur origine de la même couche médullaire. Ces observations prouvent évidemment que les couches ligneuses sont séparées les unes des autres par des couches de moelle accompagnées chacune d'un étui médullaire.
' C'est p^r cette régénération de la moelle et de son étui que la végétation commence au printemps; la couche d'aubier vient ensuite , et recouvre en dehors cette couche médullaire que l'on n'aperçoit pas dans un grand nombre de végétaux à cause de son peu d'épaisseur, mais que Ion di^ngue facilement sur la coupe transversale des tiges du rhus typhinum.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. lîS
Ainsi ce nest point, suivant M. Dutrochet, une simple couche d^aubier qui se forme chaque année, il y a une reproduction complète de la moelle, de son étui, et des fibres ligneuses. C'est un système central tout entier qui enveloppe lancien. Le même phénomène a lieu dans le système cortical : ce ne sont point de simples couches intérieures d ecorce qui se forment annuellement; chacune de ces couches est un système cortical complet, composé extérieurement d une couche de parenchyme ou médule corticale , et intérieurement d une couche de fibres.
L'auteur compare ensuite laccroissement en épaisseur avec Faccroissement en largeur, en rappelant que ce dernier s opère par des productions médianes, que des faisceaux de fibres naissent dans le milieu du tissu cellulaire , et qu'il nait aussi du tissu cellulaire dans le milieu des faisceaux de fibres; il pense que les couches concentriques se forment suivant les mêmes lois. Il voit les deux couches nouvelles de fibres naître entre les deux couches de médule, Tune centrale, lautre corticale, par la production desquelles commence la végétation au printemps; il voit réciproquement les deux nouvelles couches de fibres corticales et centrales juxtaposées donner naissance à de nouvelles couches médullaires ; ce qui se rattache au phénomène gé-
néral de la reproduction médiane, et la manière dont s'opère laccroissement dans ces diverses circonstances y OÙ Fanalogie est évidente, a convaincu 1 auteur que les couches ne sont point produites par lecambium, mais bien par un véritable développement du tissu, comme M. de Mirbel Favoit déjà dit.
L auteur jette ensuite un coup d œil général sur Faccroissement en diamètre des dicotylédons.
L'accroissement en épaisseur a lieu tant que dure la vie du végétal , mais laccroissement en largeur s arrête dans les parties qui deviennent solides; ainsi le bois ne prend plus d'accroissement, mais Fécorce, dont la tesLture a peu de densité, continue de s'élargir, et la partie fibreuse des végétaux herbacés continue également de s'étendre en largeur.
A la suite de ces observations Fauteur dit un mot des rapports variables de volumes qui existent entre le système cortical et le système central. Le premier en a presque toujours moins ; quelquefois cependant il l'emporte en volume: celui de la racine de Yechium vulgare a environ huit fois plus d'épaisseur que le système central ; et dans la racine de Verynginm campestre le premier est au second dans le rapport de 2 1 à 4-
Enfin il explique la formation des bourrelets d'après les principes établis dans sa théorie.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. llj
Dans la seconde partie de son travail M. Dutrocbet traite de laccroisseinent des monocotyldéoiM. Leur accroissement en longueur s opère delà même manière que chez les dicotylédons ; mais comme ils sont privés de rayons médullaires , et que laccroissèment par couches successives est essentiellement lié à 1 existence de ces rayons , laugmentation en diamétredes monocotylédons, lorsqu'elle a lieu, ne. se fait pas suivant les mêmes lois. Ainsi l'existence des rayons médullaires dans les dicotylédons est le caractère essentiel qui les distingue des monocotylédons.
Dans sa troisième partie Fauteur donne quelques vues sur la cause qui détermine la tige à «e lever au-dessus de la terre, et la racine à y descendre. Il offre des observations sur Forigiiie et l'accroissement en longueur des racines du nympficea tuiea et du typha latijblia.
La tige souterraine du nymphœa est composée d'un système cortical fort mince et demi-transpa-^ rent , et d'un système central dont le tissu celkilaire, d'une couleur blanche 9 renferme des fibres jaunes fléchies irrégulièrement. Lorsqu'une de ses fibres, en se ployant, forme un coude (|ui s'approche du système cortical, il se manifeste dans ce dernier une production hémisphérique, concave en dessus et convexe en dessous; c'est le système cortical de
»3o BOTANIQUE
un dévoloppçmeat suco^^s^s^.ibfVfi qui sortent du cet/tre d'un bourgeon, en lorte que. Jea plus noi^vêllAé spnX plus voisines du /eenlç^ de la, tige que ]çs pluçtipcienoes ;, ainsi la prod^etîop centrale n'appartient point «ilf^ueaient aux moriocotylér do][iSi,.ni9i«i les diçotyl^ons fument des couches q\]i sont indépendantes d^e Téiongation.
Les pétioles dfi% feuilles reçoivent de T^tui médulMre des vais^^x qui pénétreat dans leur ti^ij^i ; «insi les feuillffi «ommuiMquent dans llorigine avec )e centre du végé^l, par où arrive la sève ascendaiYte,- <^ajpj^s Vobservation 4^ Coulomb. Ija formation de \^ pr^ tnière couche d'atibiei* ^nne en outre à ces ffuilles uof nouvelle coctimupication vasculairf ; et, dttuime f^t^première couehe d'aubier e^<K>n* tique avec la couche d'aubier la plus ii^téri^Are du végétpl) il en résulte que la feuill^t^ également dm cotpniunicatioos valsculliires aveçla coucl^^ ilt^noi»-» v^lle formation par lac^ueUn s opère la.dlçscefite de la ftéve; akxsi la.feuillç a. dès vaîsteaux addficlfeurs issus âe 1 étui g^édaffaire ^ui eondiiisent la sève ascendante, études vaisseaux réducteum'coDtinus a\ë€ 1^ couche d aubier qui cooduisenfla aèye c^s* cendante^ • i .
Lqs obserfatioi^i^ ^e laut^u^ stir iWigine des tiges et desfe raciaes liîi ont appris que leurs extré* mités ^nt terminées par des fibres coudées , et |6>est
BT P»YSIOLO«» VÉGÉTALE. l3f '.
par 1^ déwf^ppement médian de c^s fibres dans i'eudrott où elliA sont coudéç^ quelles salonge«C; mai» il y a aussî^une éloÀgaâbn dans toutes les pA^ties des tiges naissantes jusqu'à ce quelles soient . devenues Sgneiiftas. '
liCf Dutfochet s est pro|^«é aussi de découATÎr rorigiue et la nature de I eiïifl^ryon de la grjline, de cpnqoiiire ses envelc^^ et les autres organes q^ui raceompagiient. DMfs ceXXe vue il a examiné avec beaucou]p de. soin !es ovuîfcs de plusieurs espèces 4e végétapx' depuis le momentaù lon^î^ôtnmâaôe à les apercevoir jusqu a lent* maturité, ^^es ovuh^s qu'il a étudiés sont ceux.éu phaseolus communis^ du jHMim sc^tivum, àv^fagus castafftay du galium aparine, du sf^nacia oleracea"; du jpfiùrdfyilisjalapf^, du la^y- , rus lajffjûMus, et du nfmphœa lutea. ^
Il seVoit tr^i^lopg de rapporter icftoutes lespbservatienftdde Fauteur^ ^t difficile de Jl^s faire enten&re sans le secoiirs des figutes. Nous^ommos obligés de renvoyer au mékioire et aux dessins des diVeii^ orgaaîb^ que M. Di|$rochet a observés et décrit» avec beaucoup de soins et de Aétaifs. * "%'
JCet ôuvràçe offre une tbéorie nouvelle de Forgwiçation végétaie fondée ^r des^^bservation» dont plusiciurs oât été vérifiées. par les juges du concours ;et il a parti digne du prix pour leqtiel il avoiteotiëouru. -/ ,- - %
i5^ BaTatïîiQur
. Nous p^tiMUs.que dos leeteois itous ffiurc^t gré dt^ieur en avait doapé dès à présent une idée un peu «ompiétiB. t -
M. du Petit-Thouars a soumis à rAeadémie un grand travail sur 'les 4>rçhidées, famille non nû)ins célèbre *en botanique' par. la beauté des jutantes quelle renferme que par lêé sin^Iarités de Li structure de ses fleurs. Ce trat^îl commencé daps llnde ,iet avant que lauteur pût prévoir totit. ce que Fétûde deâ orchidéiets 'devoit faire de progrès par les travaux^e MM. Swartz et Robert »Brown, est d^ conni» par un tableau publié il y a- quelques années, et qui offre "vingt-un geni^^s et plus.de quq[tre-ving^espéces'V toutes ^es plantes ont été observées , ai^l^s^s et décrites sur Te frais. M- du Petit-'^oters a mis sous les yeux de FAcadémie trente -six plancl^s déjà gravéça, et appartçpantes au genre qu'il appelle angotthis.
N ^s^ viBus parlé , dans notre afaalyse de 1 8 1 6 , de la famille des boopidéeSy foiwée par ^. de dassini de quelques plantes à 4eurs composées, m^is où leB authères réunies seulement par leur partie* inférieure n'dn^ point dappendiof!» dans le hamt,*«t où la graine suspendue au sommet, à la voûte de la cavité de Tovaire consent un albumen épais et cbarnuf > ■'
ET PHUSIOLOOPE vA^ÉTALE. âSki^
. M. Robert £r<ywn quijtravSill^ de son iï6té sur les mêmes planter, leur dounoit le nom de câlycé->t ^ rées, ef^Ml Rîffchard vient d'en faire }k>b>it Çun grand travail^ où il dôaiW la 'description la picfs détatttée des i^spéces quil a pu observer avec une analy^ t9^ exs^steide leur fructilN^a^a. Celte &- * mille placée entr^les synaQtbérées ou^Av^p^ées, ^ et tes dipsacées, se rapprolj^ie dairantage de* j^*emières; leur involucre est d^ûiie se$ile pièce j^Jiejar réceptacle garni de petitip l«ractée$ ;, }j^x calice di- , «riié en cinq^ières^.saitvent inégales ; leur corQ||p ■ ' i^uUêre à très long |ube ;iiâg|tlamè^l^ Opt chacune trois n#i*4^ures.,D^^etites glandes alljpriient entré les basresdes étamînes, le styiei^t ]me et {^ef^ miné par un stigmate renflé et simple, ^pi'ès qul^ ^ la fleur est tomlîée les lani^es du cali0% se durcissent et se changent en'^i^in^ oii en f^rle d|i^ cornes. La sà^eji^, cotx^mp noli^l]^voi^.dit|^egt renversée et contient dilis son aa^e un embrun ^ . dl-ôjt. / - "^^
M. JaU^e §aint*Klaire a;présenté une^monograpbâeidesirQments, eest-à-dirapne. detçfipti^^ ''particulière des espèces et des variétés de c&^i^re d^ gramhléesïsi impo^^ant dan^ rhifitoy^e de la ci^ vilisation. Il ^ porle le. ûombre à fixante. Le mêq^e botaniste a doi^né un noui^au 10»yéiil sur
- l34 • BOTAKIQUE ^ '
les geurt^s ^^lt4fkus ,*borbonia, et liparia, qu^Iàvoft
.déjà décrtts en 1 8 f 3 ; nmis un y^^e qu'ila.:&it en
Ai:^leterr#luia|>jt)curé vinçt-debx espèces nou-
vifUes; il a daiUaurs. rectifié quelqfliès .^-re^rs de
syw>i)ymie daprè&i^herbier de linfideus qu'il a eu
loccasion^de cofasultci*, et appoHé dbcers^t eot^
reçti0a8i^iuc caractères des deux derniers de ces
^nres.
M, Richard tils en a lit une des kydrocotyies ou
« éfiitellesdeqiu, genre dont il n'pxiste'en Crancequ'ulâè
^spèce^et donton api eonnoit maintenant cinquante-
netif.'âur ce nombre^viiijg^Mspt ont 4lé*décpu vertes
l^aj lautouir ^n visitant seulement ied' herbiers des
^ botanistes de Paris.
M» Bi^iliard les div^ en sept tribut, établit leurs 6ara^|qf*es, et cfae$*che à*fixer plus exactement ceux qui; distÎQgueiit d^ genre des genfes la» plu^ voisins.
* L'Aca4émie a vu avec, intéréf/des figures de * ^. ^ntes exécutées par les pi:océdés lithogi^aphiqufs de M.^Guyot; il \^^^ paru <{ue ces pitlifédés peuj tènt, ^veo quelques légers perfectionoements, ar* river au point de précision nécessaire è l'histoire" naturelle <^n même temps i^ullsiofïî^roiit leurs secours à cette science £ tiei» meilleur marché que la gravuff en Jiaille-douc^.
ET PHYSrOLOOlfi VÉGÉ-TALE. l35
^.e^^iatrième volume de^ Bbuvellés pl&ntei cquinoxialesdfsMM. deHiiiiiboldt,Bot)pland, etRunth, a> été pubtiê en entcer dans le" éourânt de cette année J a^ec lui «e termine ufte .des "grandes dî- * visîpns du règne irégécal , celle dos dieol^lëdons i corolles itaiAiotopétalè?; Icis qudtre.vdkinles renferment les descriptions de trois mille èspèceé^ noû- . vetles , et lot figures de quatre eent doil^; les detijf
• derniers volumes que^MJII. de Humboldt'et kunth
espèrent mettre au jour dail^te courant de 1631
coatiaidrorit encore plus de douze cetits i^pèces
des familles à corolles pôlypétalès, et ces înfati^
Hiibkis MtdriJfstes ont donné eu ;outré sit^vfasci-
■" culesd^Hleur magnifique ou^pàge qui a pourc^bfef spécial les mhnoses et lès genres voisins, et qui en
' repr^enta les espèces par de si bellas' 'figures en coulénr.
La Flore dChJmr et de Benkfy de %i iiotritf confrè^M. dé'Beàuvois, à est closCà la vkigtièmè livraison ^ qui termine le deuxième vôlomef
ANNÉE 18^ ' i
Dans un ouvrage intitulé Flore méditûle des Anlitks, M. Descourtils, qui a long-lemps exercé la madecine ihins les liés , a ôh'erthé à faire connoftrp lès plaÀtes usuelles qui s'y trouvent, ainsi (|ueles propivétés qiKï Texpérience a constatées i*>ur ôliîiciine
l36 BOTANIQUE *
d'elles dans lestraiteiient des laaladies, et à ra^tap cher ces propriétés aux principes immédiatsr que Tanf lyse cbimiqtié y décNhlvre. L'auteur décrit sqi cents plantes distribuées en vingt-cinq classes , d Câpres ractîdn thérapeutique quirleur est^jsittribuée,' ct^^ représ^tit^ par autant de figures (oloiTées. Il traitiii^aussi de leur culture ^ des services quelles rendent aux arts et à 1 économie rurale. ^
M. Defe^ert, associé librç , qui se plaft à feirê • servir une grande ^tône aux progrès des sciences utiles ^n même temps qu'il l'emploie avec tant de ilte au soulagement de Thumanitésouffrante, vient de publier uujpremier recueil de" plantes rai'ès^ choisies dans l«s hëubiei?» les plus éônsidéi^hles de ' Paris, et sur-tout diicis le sien. ^ '■- ■
Ce volume contient cent planches exactemett^ gravées au dirait d*api*é$ les dessins dé Thabile artiste M. Turji|n*f avçc des** caractères extrl^ts du Système deswégétctUk de M. T>6candolle,Xes espi^es qui y fcnt représentées soi^ presque toutes du nombre de celles que c# savant boianiste a dipcrites pour la pren)ièr^ foi*; elles appartiennent au* f^ milles naturelles, (tes reuo<iculacées,*des dilléniaçées, des magnoliacéès , des anonacées ,^'^et des laê^ nispermées, et jplusieurs ;$on|.^ fo^t remarquables par leur beauté ""ou la singularNë de leurs" carac-' tères. Les b^anistes ne peuvent que désirer vive-
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l37
ment la eontiiïmilian dun ouvrage laussi inté-ressant. . ,. •:, *^ . "
M. deHumboklt travaillefiftns Felâchi»à compléter la ipfUbliçatioA de ses immensék Jtechertshe^ sxj^CA" " mériqm équinoxiale- h^s Nova genem efspecies, que M. Runth rédi^pour cette gprande collection; sont arrivés ao-dis^-n^uviàlfie vt «u vingtième cahiers , qui son| tes preÉÛi'S daeinquiè«Ms volume ; la sé^' rie^es plantes polypëtales commence dans^ioelte partie-â^ l'ouvrage. M. Kunth , ev survadt généra- • lifaieiit Fox^re établi ip&r M. de Ju^eu j^ans êoÂ'Ge- •dra, y traite wicceôsivemenst les aratiacées^ les orri'^* bèH^èf^es, les renoriculacées^ les anones, les crucifères^ et les capparïdées. Toutes ces familles ont éprouvé • une augmentation très considérable par les eaipèées décou^tes'par MM. de Hurfiboldt et Bonplaiiih Ijes «botanistes, qui s'occupent plus particulièrement de la di^sbutiou des formes végétales , y renaNHrqueroW avec intévét queia ckaine des Andes offre un grasid nombre d'omlA^ihfôr^ et de cruâ-" fères, c(%ioique' ces de¥ÇX ^familles appartiennent presque ^lusive|àènt à la zone tempérée.
(^ mûsaosçs et autres vèégamineuses , qm forment dans le recueil |[énéral de M. dé Humbol^t iftie collection particulière; exécutée avec plus de . n]agnifice0i^e , en sont à leur huitièiae li:vrai^on^ ^ ^
M:4e Hunibôldtiui-mêmîe a lait imprimer dans T
l38 BOTÀ INIQUE
le Dii^ionnaire des Sciences mUurMésL sesnouveltes •recherdies aur la distribution fies fermes végétales à la^urFacedu glolle, étaprès les climats et lesaulres ioflueDces physiques dont nous avons déjà dcMaé u^e analysefanaée dernière , çt qui rectifient beaucoup didées peu exactes que Ton s'étoit faites sur ce sujet coKïpliqué. *
M. deoandoUe sestaùasîocciQpideceBlijet dons un mémoire imprimé depiiSs dans le Dictionnaire des Sciencm naturelles. Il y analyse pavticuli^mént Hi^Suence des élément*' extérieurs sur les véff^
«laux; les- modifications qui résulteirt pour*chaqu« espèce du besoin quelle a des <ili verses substiiM^ ,
. etdesnK>yenspar)esqueUellepeut échapper à leur â€lk>ii4 et leffet de cesdiverses combinaiions ^ur ce ^i^e les botanistes tLomoent les habitatîOSips des plantes et sur Ieu|s stations-^ c est-à-dind sur les pays où elles se propa^ant et sur les liÊU^i^ déterminés quelles occupesit dans chaque pays, itinsi p«rmt
' Içs plantes de France , parmi les plantas dune pro^ vince de France, \m unes cependant ne tiennent que'lur les hauteurs^ les autres quedan#tes marais ou sûr les bords de la m^r, etc. L'étude d^ sta^ns esteu quelque sorte la totpographie", et celle des ba^ hitations la géographie botaniqper; et une piSirtie âe la confusion ^ui^a régné dans cette branche de la
;,sci0nëel1ent'decequ on na pas assez distingué ces
ET PHYSIObOGlE VÉGÉTALE. i Sg
deux sortes dé rapports. L'espèce de [pierre qile se font les végétaux en se disputant l'espace , les cir- • constances qui, en^. favorisant la inultiplicâtÎ0ii dune espèce, dti en<arrétâatj^lle'des autres, donnent à la premîèffe Fempire exclusif dune certaine lû(|j|liCé) soàt encore en cette^atiène d^importaiKs objets d étude auxquels M. Decandolle a donné toute scm attention, fi^n quelques endroits ces circonstoDces^iQnt tellement impérieuses qu elles rident sociale» en apparence des plantes qui par-tout ailleors vivent épar^s.
M. DtcaiidoUe, daqs ce mémoire, estime à ctnquantè-$ix mille te nombre des espèces végétales déffi observées ou rassemblées' dans les collections des botanistes ^ et peut-être a cent vingt mille celles qui: existent ^ur le gldbfe ; ce qtli laisse encore iltif vaste cbamp aux i^echercbes , et indique en même temps Tabsplue nécessité de perfectionner les mé- Aodes. '
M. Coquebert deMontl|ret , associé libre, a contribué à donner de la précision à un point important de cette géog^rphiê végétale, par une carte de la France \)4i il a porté avec exactitude, et d'après des ^nseignemeats officiels, leslimites de quatre de nos principales cultures ; savoir, de la vigne , du maïS) de 1 olivier, et de loranger. Les lignes fort irrégulières que ces eidtunes ne dépassent point
l4o BOTANI^Ë ]
sont déteraiinées par des camses qui rcnlretil toutes dans Tordre de celles que nous venons d'ihdkj^uer. »
Plhsiéurs fois n#us. avons cfterché à donner quelque idée de la manière dont M. (|u*P«iit- Thouars envisage la végétatioÂ. Ce savant botaniste a lui-même présenté à TAcadémie une sorte derésumé de sa doctrine ,. dont nous allonf essayer dé reprodnirevle tableau. '
Le bourgeon , selon M. du PetU-Tlioiiars , eàt le premier mobile de la végétation ; il en e.>Âsta\in à Tâisselle de toutes les feuilles : il se nourrit aux dépens des sucs contenus daus le imrendiytnie idtérieur du végétal, et c'est là ce qui fait passer <;e 'pirenchyme à letat de moelle ; on le prouve eh &isant voir que les changements daos laconsist&nce de ce parenchyme correspondent à ceux qni arrivent au bourgeon. Dès que le bourgeon se manifeste»fl ob^it à deux mouvemeqls généraux^ l'un ascendant ou aérien, l'autre descendant ou'terresti*e: du premier résultehtiés embryons de feuHles , du second la formation de nouvelles fibres ligneuses et corticales; et ce ifi>uvoau tl^éorènie se déihont^ dfe même par la coïncidence dtns Taccroisseilient des parties intérieures et extérieures du végétal j Qt c'est ainsi que M. du PetitrTb|Hiars établit Tindépen-
ET PHYSIOLOGIE TiCfÉ^aLE. I^I
dance 4^ Iq^ formation du fiber et de celle du bois.
Il ajoute qiXe les nouvelles fibres se forment 4M di^ns du cambium,, c est-à-dire dfe la sève prodpfflfi par les fibres plus anciennes, et déposée entre le bois et lecorce. Ces fibres nouvelles apportent e^es-méines la matière néces^ire à leur prolongement vers \fii>af^\ et &estce ^v^ Ton nomme la s^ve dejjVendaâte. Ainsi se fait laccroissement des^arbres eu épaisseur ; €ft M. dyTetit-Thouars assure qvCA est une époque de Vannée 6ù I^. plupart des arbres peuvent être dé^uiUés dt toute leur écorce , et la reproduire en moins de quinze jours , sans qu'il soit nécessaire de leur apj[>liquer aucun enduiV. Ce sont aussi les fibres n^uv^es qui sollicitent et qui apportent fa matière de leur prolojigementvien bau; teur, ou Jd sève montante. Dgnx substances résultent de cette sève : le ligneux forrajé àe fibres qui , une foiscom|riétes , -nevarient plus;^t le parenchymateux , composé d'abord d un amas de petits grains qui se gonflent en utricules. Le parencbymateux peut s eten^d#e en tout sens, et est "seul susceptible de prepdre la couleur vert^ Les parties Ijgneuses se forment ensemble depuis le soliamet de l'arbre jusqu^ sa ba«e. L'auteur a vu dans l'héliantbe annuel ou grand soleil des fibres d'une #orl;e de liber se montiÉint à l'ç^téri^nr sous l'épiderme , se formant
14^ V ^W)TANJ[QUE
en. correspondance parfaite aypc rétu^éAutMîré,^ et se laissant suivre de même âe la racine Jusiiu^^e j^gtiHUes ou réciproquement.. - \
La sève est Falinient 4«!» plantes ; les racines^ la ' pompentsousforme humide; elie va dans les feilipes recevoir 1 actic^ de l'air ; elle ne §e rend qu aux points où elle est attirée .par Forganisation; ^, comme elle contient ^«kt-foiç les éhtfbei^ du ligneu» et du parenchyniàteoz par -tout où elle proài^ d A fibres , il faut qu^le dépose du pcirei>chyili6 dânsfe yoisi[ia^i M. du Petit-Thou«irs a développé ce dernier théorèiûe tllLnir un mémoire sur la sève y publié il y a d.éja quelques ;aiinées. T . : '
Oomme cest particulièrement sa manière d'en^ 4^isagerla moelle, quia éprocivédescontra^îctiond de la p^t des autres bottoistes, lauteitr a cru de^ voir s attacher de pr^éreiijce à exposer et à démao* trer«i doctrine*sur ce sujet. * "
La.ifioellë qgt une des trois parti €fs du système parenchymateux du-végétal, qui^nest séparée d'à-» bord d'un^ autre partie, celle qui forint lepàreç-» chyme- cor ticat,*que par cefque Ton nomme Fétiiî inéduUaire<at la première couqj^e du liber fumais à mesure qu'il sa^forlle de' nouvelles cockches de fi* bres ligneuses et corticôlcts , il se montre uiîp troî^ aième partie de paréhcbyme qui enlrethant la co&imumcation eutyc les ifewît, premières %i tra-r
ET PIl^SIOljfmiE VÉGÉTALE. l43
reniant "iriktre les fibres; mest ce <}uon a|)p^o<les .fdyans iDéduUaires. La moolle se 4isi|in0i|e par sa position dans VÊmpde la partie aérienne du vé^^^l^ par son hofnogén#té , qui n admet atieune fibre. Il n.y a point de moelle dans les mmiocot^dous ; parçeque tout le parenchymaleux est répandu entre les fibres san|||iisKnctiç|p. La moelle, d abor4. à letat gfki^uleux, puis gonflSe ea utrîcfries polyédres^y prend«sa consistance définitif lorsque le bourgeon (}ui est toujotii^s |^lacé siidK elle, étions l^iieè il ^^n montre 'déjà un prolongement, en absorbe les sucs.> dès-lors elle n'a^ipius qu'une existence passif^e, et peut ]Qâat|ie être enlevée^ par la pourjture et par d autres causes , sans ^îtie la vitalité do végétas^ e^ souffre ; ma»i i^turcUement ollç ne disparoît ni iie:4itninue. tlhacun sait qu^tslle est légère, -compressible , et élastii|ue^ et qu'après, avoir été dessécbée elle repisend du volume en abn sorbant de Teau. ^ .• •
Tout dans Ipi nature organisée, Ji|iqa'aus plié* nomtees les plus commune, les plus journaliers, est rempli de uiystèi es.iJDifepuî$ des siècles ks botaniste recMkrchdnt |M|i9rquoi^ quand un^ graine g6rwk|, dafi^quelque position quoi) J ait placée, la cacine descend et la tige monte toujours. Ott a attribué ces effets 4 Thumidité, à la lumière, à
l44 ^BOTANIQUE
l|air^ i]ami$aucu||^ de ces causes ne le$M&xpiique. M. DutFOçhet fi placé des graines dans des trouer uercés^iu fond d'un vase rempli de^rre huiaicle et suspendu au plafond d'une o)liiimbre.'Il s^mblûit ^eHes dussent pousser la tige en ba^ ; il n çn fut rieu. lies rax^ines desoendolent dansj^air, et Kn^g^iges ^e^prolongêoient dam la térret bumidei^usqu a ce quelles^ pussent pefcer sa supfece supq:jif^re.
C'est, $eloa M. Dutrocbe^;par un principie îatérteur^e les végétaux se«<dii*îg6nt , et nu^ement parJattractiQH des torps ve^s lesquels ils, se p^^iit. Uiiie graine, de ^ni qu'on faisoit ^rmer, attachée à la pointe d une aiguj^le p^triaitement pj^bjle sur un^ pivot ^ et # proximité de laquedile on avoit mis une petite planche ^ dirigea bientôl ses ra^^Ocs vers la ;pl^c&e , et ta leur itt atteîtodre ep cinq jours , mais .sans q^fiL r^j|iliUe sur laquelteii^lle f^il éprouvât-le moindre mouyem^t. . .. ' '
lies torsiofis des feuilles et dps autres parties des plantas ver^la lumière se font àu#i par.i^ prmcipe intênae. Si on remplace leur pétiole par un cheveu, lel&s ne se tordent point stfr le cheveu , malU leur partie ^ilpérieure f Ql|pr dl> s^r Imiféneure.
Dm liages 4^gnon et de p^rjfeau, coûchéei^ans
lobscurité a^ec leur bulbn^ se redres^t , bi^tque
^ m^ins vite qu a la lumière : elles se redressentmcme
lorsqu'on les couche dans l'^au , ce qui prouve bien
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l46
que ce n est ni Tatr ni fliumidité qui leur impriment cette direction.
Ce mémoire, rempli d'un grand nombre d autres expériences inléressantes sur ce sujet, a\oit été présenté pour le prix de physiologie , et TAcadémie a dû regretter que ce prix fût restreint dès cette année à la physiologie animale : toutefois elle a arrêté qu'il seroit fait du travail de M. Dutrochet une mention honorable à la séance publique*
t)epuis long -temps les physiciens recherchent quelle est la cause qui dirige toujours la racine des plantes vers la terre, et leur tige vers le ciel ^ dans quelque position que leur semence ait été placée; et nous avons fait connoitre , dans notre analyse de Tannée dernière , des expériences très ingénieuses de M. Dutrochet, qui tendent à prouver que cest une force intérieure qui leur imprime cette direction. Il vient d'en faire de nouvelles sur la direction de ces parties , quand la semence que Ion fait gerrmer est en mouvement.
Si Ion fixe des graines en germination sur les rayons d une roue que Teau fait mouvoir continuellement , les deux caudex séminaux se dirigent dans le sens du rayon de la roue ; la plumule se porte vers le centre, et la radicule vers la circonférence.
^UFPON. GOMPLÉM. T. III. lO
l46 BOTAHIQUE
Cette expérience , qui , comme on le sait , est due à M. Knight, a été répétée par M. Dutroçhet, en employant nn procédé particulier qui lui a donné le moyen darriver à de nouveaux résultats. Il place des graines, avec une suffisante quantité d'eau, dans des ballons de verre, au centre desquels ces graines sont fixées nar des fils métalliques. Ces ballons de verre sont ensuite attachés sur une roqc qui est mue par un mpuvement d'horlogerie avec une vitesse que l'observateur peut régler^ volonté. M. Dutroçhet est parvenu par ce moyen aux résultats suivants.
Lorsque les graines, dans leur mouvement de rotation, parcourent plus de trois mètres par minute, les deux caudex séminaux prennent toujours la direction du rayon ; la plumuie se dirige vers le centre , et la radicule vers la circonférence. Lorsque les graine& parcourent moins de trois mètres par minute, les deux caudex séminaux prennent toujours la direction de la tangente; la plumuie se dirige en arrièrre, et la radicule en avant. Dans le premier cas les deux caudex séminaux afifecteot une direction perpendiculaire à celle du mouvement; dans le second cas la direction de ces mêmes caudex est parallèle à celle du mouvement.
Lorsqu'on fait tourner des graines sur ellesmêmes, et que Taxe de leur rotation est incliné.
ET PHYSIOLOGIE TÉGÉTALE. l^'J
même fort légèrement par rapport fi Thorizon , tes deux cauciex semitiaux prennent la direction de cet axe ; ia plumule se porte vers )a pluitiule ascendante,'et la radi<îulè vers la (lartie déclive. Lorsque Ywfie estparfeitement horizontal, les deux caudex séminaux prennent la direction de la tangente au ttè» petit cercle décrit par Tembryon.
M. Dutrochet ayant fait tourner sur lui-même un baHon de verre, au centre duquel des graines en l^erniination étoîcnt ïîxées , fit en sorte que ce baihm recevoît en tournant de petits coups de marteau srar un point toujours le même de la périphérie. Toutes les plumules se dii*igèrent vers le point frappé; toutes les radicules se portèrent vers le point diamétralement oppôjé. Ici les deux caudex séminaux étoieut dirigés parallèlement à la direc* tion du mouvement de secousse. Ayant augmenté, dans une proportion déterminée, le nombre et*la force des coups du marteau , les deux caudex séraiikiux prirent une nouvelle direction ; ils se placèrent perpendiculairement à la direction précédente, <î*éil-à-dire qn'ils affectèrent une dtrectiou perpendiculaire à ^eHe du mouvement de secousse.
Ainsi }a ligne suivant IsiqueHe se disposent les deux caudex séminaux considérés dans leur ensemble est parallèle à la direction du mouvement l^r$R|ue la force de ce mouvement est inférieure k
l4îî BOTANIQUE
un certain degré moyen déterminé* par robsenra^tion; cette ligne est perpendiculaire à la diretfHoQ:. du mouvement lorsque la force de ce mouvement est supérieure à ce mêûie degré moyen. Dëns chacune de ces deux circonstances, la radicuWse dU rige dans le sens de la tendance à laquelle elle est soumise , et la plumule dans le sens diamétralement opposé à celui de cette tendance,
M. Dutrochet a également soumis à la rotation des tiges garnies de feuilles, et renfermées dans des ballons de verre avec un peu deau. Les feuilles soumises à cette expérience ont dirigé leur face supérieure vers le centre de la rotation , et par conséquent leur face inférieure vers la circonférence. Cela s est opéré au moyen de la torsion des pétioles, c'est-à-dire de la même manière que s'opère Je retournement des feuilles dans l'état naturel.
M. du Petit-Thouars , en continuant à donner la solution des huit problèmes dans lesquels il a ré* sumé sa manière de considérer la fleur comme une transmutation de la feuille et du bourgeon qi4l|en dépend, a présenté plusieurs observations qui lui paroissent importantes pour la physiologie végétale. Il a cherché à prouver^ par des exemples far ciles à se procurer, que la partie qu'on nommoit depuis Grew radicule, dans les embryons dicotylér
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l^g
dones, est une véritable îtge on tigelle: vérité déjà anooneée par M. Roight en 1 809* Cela «t évident^ selon M. du Petit- Thouars, pour le plus grand nombre de ces plantes, puisque, lors de la germination, les cotylédons sont soulevés depuis le point où reposoit la graine jusqu a une distance plus ou moins grande au-dessus du sol , ce qui ne peut avoir lieu que par Télongation ascendante de la prétendue radicule qui s'exëcutoit tout en montant. On distingue par lepithète d'épigée ce mode de germination par opposition à celui d'hypogée qu on donne aux germinations beaucoup moins nombreuses où les cotylédons restent à la place où lagraineavoit été placée; dans le plus grand nombre de ces germinatimis la radicule prend une direction oblique et s'arrête brusquement à peu de distance; tandis que dans d'autres elle senfonce perpendiculairement en formant un pivot. Cette considération , qui sembleroit majeure, est pourtant de peu d'importance, puisque des plantés rapprochées eonune genre , telles que le hêtre et le châtaignier, ou' comme simple variété, comme le haricot commun et Vécarla^y sont. Tune épigée, et Fautre hypogée. Aussi cela tientil à une légire cause ; car> suivant M. du Petit- TboHars, cela provient uniquement du plus ou moins de pesanteur des cotylédons. Leur masse devient telle que la tigelle ne peut plus les soulever :
l5o BOTAJ^IQUE
alors jelle aB^.t)b%ée de s'çohapiier l^téndeiaei^l^ ou d€ »ealipBcer p^f {ieiidiciîiàir6)»fi^bt.jça pîvot^ it celuMi porte to^^ours intériôuretoeat la prlsuye^ s€o origine aérimne-^ iexktence de l^ -moelle }u^ qn a uue certaine profondeur. C'est ce foit maii)!^- 9fiFvé qui avoU été allégué contre lV>{naionk^nérff^ liment élablie y que les racines #e distinfj^uoicfm das» tiges parcequ'el^es a a voient pas de moelie. M* du PéiitrTbouars a dierché à prouver directeniient^oii assertion : fixant des grain^s-^piyi^ ^ il a :¥i»-l0tii« radicule se diriger latéralement et s'arr&içr bros^ quement comme dans le pluis grand nombre de^^ hypogées y> tândisque dans celles - ci, en diminuattt la poids de leurs cotylédon» p^r le retrancbemont d'une piartie, il les a. vujs soulevés auKliesscis du sol par Télongatiou de la radicule. .
Pour, appuyer sa mstnièi^e d'envi^iager Ja fleur cojinmÇ; provenant d£ lafeuille M. du PetitrTbonars a cité des observations générales avant dea venir à de particulières. Ainsi, suivant lui, les ^Vio^ ^^ wonocotyléUones présentent le nombre 3 dans^ IctMi- fleur, tandis ffue dans les dicotylédpnes les V,c^ dépendant du nombre 5 ; il a fait rem^irquer qoe dans» celtes -ei. on trouve asse^ fréquemment que leurs feuilles présentent cinq nervure principales qni pai:tent de leur basa , et qu'assez, ordinairement elles vont se rendre chacune à uil lobe pins om
ET t>UY&IOLO&lE VÉGÉTALE. iSt
moine prononcé: la vigne «a donne un'€i&emple; que dëlis la fleur, assez ordinairement aussi, le nombre des éta mines est en rapport simple ou composé avec celui du caKce ou de la corolle» Ceci pourroii donc être regardé comme un type pri* mopdial qui se trouve plus ou moins déguisé; et c'est à le démêler à travers ses altérations que Ton doit porter son attention. Ainsi ramener une anoïsÈÛAe à une régie générale est une véritable décou-^ verte. M. du Petit^Thouars a été doublement hevH reux'de ce côté; car il a vu deux irrégularités que lui présentoit une ftimiile très circonscrite s'ex^^ j^iquer lune par lautre. Dans toutes les cucurbiy taoées les feuilles ont cinq lobes plus on moins! prononcés; cependant de la base il ne part que trois faisceaux, le principal et deux latéraux ; mais on re« marque déjà que, contre Tordinaire, ceux-ci sont les plus renflés ; aussi à une distance plus ou moins grande ils se bifurquent, en sorte qu'ils reviennent an nombre cinq : voilà la première singularité. Voici; UsccookIc : daâsla fleur le calice et la corolle sont de même à«cinq divisions ; au centre il n'y a que trois filaments réunis par leurs anthères; mais on sV pei^it facilement que deux des anthères qu'ils poptenl sont beaucoup plus grosses , ce qui méise à^éooiivrir qne les deux filaments qui les portent sont aussi plus larges, et laissent facilement voir
l52 BOTANIQUE *
qu ih 6ont la réunion deg deux Ëdsceaux 4e fibres intérieures. Il est donc certain que dans la fl^ir le nombre de trois filaments dans les éta mines n'étoit qu'apparent comme celui des nervures primordiales de la feuîHe, d*où il résulte que ^r-là se manifeste la plus grande analogie entre ces deux par«^ ties, la Feuille et la fleur.
M. d u Petit-Thouars ne s'est pasboméà considérer la moelle des plantes comme panle essentielle de la végétation, il a imiuIu l'observer intrinsèquement! il lui a reconnu des propriétés physiques qui lui ont paru très remarquables, et il a découvert entre autres qu'elle est douée d'un genre particulier d*^lasticité. ''Si l'on détache sur une branche plus ou moins ancieni^e l'espace qui se trouve entre deux feuilles, ce que l'auteur ncmime mérkhalle^ qu'on prenne le sureau pour temple, attendu que c'est l'arbuste de nos climats dont la moelle est la plus ample; qu'elle ait six pouces de long; que par le moyen d'une broche tenue du même ealibre que la moelle on presse celle-ci , elfe cédera facilement en se tassant jusqu'à ce quelle soit réduite au sixième de sa longueur, d'un pmice par consé^ quent : parvenue là , elle résiste davantage à la pression ; mais avec un peu d'effort elle cède toutà-coup , et on la voit sortir par une sorte d'explosion en un cylindre de cinq pouces. Oontiûuant la
ET PHYSIOLOGIE TÉGÉTALE. Î53
pression die sort tout enlière, et se retrouve juste de sa longueur pHmitiTe, celle de six pouces. Dans cet état 9 quoique défa très légère, ou s'aperçoit qu elle contient encore une certaine quantité d'humidité ; elle ne tar^e par à la perdre^ et parvient à un maximum de siceilé; alors si on la^souinet de nouveau à la pression , soit sur sa hauteur, soit sur sa largair, eHey obéit facilement jusqu^à un cei^in point; c'est à -peu -près le même, que celui qu'on avoft trouvélorsqu on la chasséode sonmérithaUe; ]orsqu on labandonne à elle-même , elle resie dans cet état de dépression ; mais si on la {^nge dans Teau elle revieârt plu^ou moins promptemetit, suivant le degré de chaleur de cettçeau , à son premier vokœie; si on la soumet de nouveau à la pression elle revient tout de suite sr son volume primitif, comme la première fois. On voit facilement que c'est parcequ'elle a repris deThumidité^; aussi redevimit-^dle susceptible de conserver la compression lorsqu'elle l'a perdue.
Le pi us grand nombre d^s autres moelles, assez larges pour^resoumises à ces épreuves, piïésentent les mêmes effets, notamment celles de vjgne, d'hipfocasiane^ à'hydrangey etc.
Mais celle de figuier se comporte différemment^ D'abord elle est plus susceptible de pression , car ce n'est que lorsqu'elle est réduite au douzièmede son
lS4 BOTANIQBJ»
volume qu'elle s échappe du mérUhalle; maû^ elle reste dans cet état de eompression : on peut la ramener à sou volume primitif en la tirant légèrenieiit ave&le doi^; mais dans Teau elle revient plus fa-* cilement^ et toujours d autant plus promptement -qttefeau est plus chaude. C'est en se égorgeant du i'iquide quelle reprend son preénier volume, à tel point qu'elle devient plus lourde qite leau , puisqu'elle y pIiNi(;e.
Ici se trouve un point de recherche important pour la physique^le volume de cette moelle, dans cet état, nedevoitètre quetle Teau plus la petite rondelle provenant delà oompretsion du cylindre^ mais eelle-^, qaoique l'éduite au douzième de sa masse, étdir encore plus légère que 1 eau. D où pro-* vtant donc'le lest qui fait plongpsr le total?
Dans les derniers jours de gelée de cet hiver^ M. du Petit-Thouars ayantcoupéde jieilnes branches de figuier pour voir si elles n'avoient pas soufBift, après les avoir examinées sous ce point de vue, et sètre-tranqiiillisé pour la future récolte, a voulu éin tirer parti pour renouvelerses espériencea pré*» cédentes sur 1» moelle; mais, à sa grande surprise, celle-d esi sortie quoiqu'elle fût à peine réduite au tiers de son volume; en lexamiriant il s'est aperçu que cétoit parcequellecontenoit une plus grande quantité d'humidité : placée dans leau elle a reprit
ET P»¥610L0GIEi TÉGÉTALK. l56
90D |>retnLer«.Yplumef et a ploaffé comnie les pi^écéclentcs.
' Ayant pknDé emuke le méritbâile, ou la portion de brancb^d où il avoit retîréla moelle, daàs leau , il IVvu pl&nger ; en sorte qu*il étoit plus lourd que leau, oe qui la surpris. Le dégel étant survenu il u,a pu réilérer^ccs épreuves ni les étendre à d autres plantes^ mais cela lui a donné les moyens de con«* statei* que par radoucissement de température la moc^lle de figuier étoit redeveaue telle qu'il Tavolt obier vée précédemment, c^st«à*dire ne se dégageant par la pression queloi^squ elle étoit réduite au dou-* zièmc de son volume, et qu'elle revenoit de même à SQ» pi:emier point de dilatatien. Quant au méri* tbalie^privé de moelle il ne plongeoit plus, et i^estoil^^en équilibre à la Mrface de leau. Il suit de là qu^'4 ]YenUttiit la gelée, il y avoit dans les branches cleJEiguier, soumises à lexamen, une plus grande quantité de liquide , soit ly mpbe, soit sève , qu'il n'y en a loi^squele thermoitiètré est au-dessus de zéro. M. du Petit-Thouars a trouvé que cela s'accordoit avee quelques unes des observatrotis qu'il a consi'gnées«idans sou mémoire »ur les^ftets de la getéé dans les plantes^ ojn il dit positivement que toutes \es circonstances^ qu il avoit exposées sembloieut prouver qu il y a plus de liquide dans les plantes pendant Itfigelée quWanroii après. '
l56 BOTANIQUE *
i/L du Petit*Thooac» a 4éja aanoncé pltisieuri ibis à rAcad^mie que , par un procéilé aussi simple qu'ej(péditif,3afiât unexameaapproxitnatif du rapport de pesanteur spécifique des différentes parties qui composent le corps iigneui^ des arbres, suivant qu'il est plus près de la circonférence ou da cen€re, c est-À-dire qu'il fait partie d^ Yaubier ou du ceeur. Il a trouvé, hors quelques cas extraordinaires, que la couche étoit d autant plus )ourde qu elle approchoit davantage de Técorce, en sorte que très souvent la seule couche annuelle plon|«eoit, et que les autres étoient en équilibre ou surnageoient plus ou moins. Ce fait se trouve d^accord avec ses principes, puisque suivant lui a^ette couche extérieure est la réunion des raciaes des nouveaux bourgeons , et la «eule qui soit eu pleine végétation ; mais tl est con*traire à ropitiîon générale qui, regardant le cœur comme le bols dans son état de perfection, le juge comme le plus lourd.
Il a profité de l'occasion d'une palissade de thuia d'Orient qu'on a été obligé d'abattre pour multiplier ses recherches à ce sujet; mais il a trouvé que dans cet arbre où le cœur étoit Uen distii^oé par une couleur fauve de l'aubier qui étoit blaoc, celui-ci plongeoit comme étant gorgé de sucs, tandis que le cœur non seulement surnageoit de plus d'un tiers de sa longueur, mais éloit tellement sec qu'il
ET PHTSlOLO^ItE VÉGÉTALE. l5*]
l)rûloit rapjchefiient en, flambant et répandant une ode^&r lrè$ agrécLble^ en sorte qu'il étoit à Félaf de bois taort II a constaté que cela avoit lieu dans toutes le» saisons de Tannée, été comme hiver. Ces observations Font conduit à expliquer comment un de ces thuias à qui Ton avoit enlevé une ceinture ^eompléte d eçorce a pu végéter pendant dix ans; la couleur blanche de Taubitr maintenue sous une couche fauve debois.Baort indiqooit la route delà sève. ^ Malgré les exemples nombi^ux recueillis par tous ceux qui ont écrit sur la physiologie végétale, beaucoup de personnes répugnent à croire que non seulement les arbres écorcés peuvent, comme ce thuia^ vivre plusiturs années, mais que dans dés circonstances particulières ils peuvent réparer complètement leur écorce. On î^voit rangé parmi les fables ce que Frisch racontoit dans les Misçellanea de Berlin 9 an 1723, qu'un seigneur qui aimoit à soigner lui-même les arbres fruitiers n*bésitoit pas à leur enlaver totalement leur éciorce, quand elle devenoit trop raboteuse , depuis lorigine des branches jusqu'à celle des racines, sûr que^ sans mettre aucun enduit, elle se répareroit, pourvu qu'il prît une saison favorable, le milieu de leté: cette assertion avoit été peu répandueàcausedela i^pugnance qu on avoit à y croire ; en sorte que ce n'estqu après avoir réussi que M. du Petit-Thouars a appris qu'il
l58 BOTANIQUE
neiaisoit que confirmer cette découverte : mais il aiçultiplié les expériences*à ce sujet; il y a des ar« bres qull a écoreés tnoîîrnanéesde suite sans quMU en paroissent souffrir^ Jusqu'à présentée r^ost qu un objet decuriosiité, mais il devie|)droit très important silcchêneétoitdunornbrede ce.uxqui renouvellent leurécorce. Malheureusement c'est jusqu a présent presque le seul sur lequel M. du Petit-Thouârs ait tenté cette expérience inutileipeat. Tj auteur a mul-tîplié ses recherches potir expliquer cette réparation de lecorce. Il a vu dabord que le premier travail de la nature ) pour e^ectuer la réparariop, c.toit de dessécher la superficie du nouveau bois en fermant un épiderme à i abri duquel il se reformera une nouvelle -couche de liher et dVubier; et, cotfôéquéfft à tes principes, il a regardé ces deux éouches cc^mine étant produites par les bourg^eons djLi sommetc Pour s'en assurer, non content d'écorcertotaleraewt plusieurs espèces d'arbres, il les a étêtés, en sorte que cenetoient plus que des bâtons enracinés.Sui* tous il a vu paroitre Vafflucnce du parencbymfîïteat devenant vert et se recouvrant d'un nquv^l épiderme ; mais c'étoit une sorte d effervescence locale qui n'a pas duré longtemps, et tous les arbrfes ont péri excepté un seul : c'étoit un ormei S^tant préparé comme les autre», iï se manifesta 'sur son nouvd épiderme des protubérances qtri prirent
ET PB¥j»IOIe06lE VÉGÉTALE. iSg
une teinte ver<)âtr0;i)ientèt on pui*les reobopôttre comaie dsis bourgeons adomtifi; rhiyer survenant, ils disparurent fjresque tous, slai$ eux. pimtemps suiv:4«at il ep reparut un %mez grand, nombre pour r^commei^r ui^nauveLarbi^. Ilavr^ pour#oucbe un chicot desséché , et voilà la troisième année quil eentipoe de véç^ter. M. du Petit^Thouars il a paaété surplis de mit qite ce fût un orme qui eût réussi, parcequec^eMlespécequi produit le plus habîtoelr lement €les4>ourg^oos adveniîfs. Cependant Thipipocastane ^ qui est «-p^u-pr^ dai^s le même cas, )i 9iiccon>bédii>&. cette opér^tioiai.
M. Fodero a fait4esexpérience9sur l'extension des e(Kst»que lattoucbemaiit produit sur les feuilles de la senskive. Si J*on en touche légèrement une foliole, elle :;»e. £^i^^jra s^ule; si l'on en tonclje plusieurs, exisembkiDu «uccessivemeat , Qlles se fermeront encore, sans que )q mouvement se communique aux autres; mais si on piqu^ une foliole, ou si on la brûle au mt^yen des rayons du soleil concentrés p^r une lentille^ non seulement Ip foliole, mai& toutes celles d^ même rameau de li| feuille se formeront Uès promptement, et bientÀt celles des autres rameaux se fermeront aussi , et la feuille tout entière s abaissera. Si rotvportela piqûre ou la brûlure sur la lige de la plante, si Ton en coupé une braneheavuc des
l6o BOTANIQUE
ciseaux sam en agiter Jes Quilles, celies<;i ite se fer^^ ment point: mais si ou applique à cette tige. une goutte d'acide nitrique ou vitrioliq«e toutes les feuilles s abaissent et se ferment promptement , aînaî que M.. Desfontaines la voit déjà observé il y a nombre d apnées^
A propos de ces .£|it$ M. Modéra en. rappelle d autres que M. DecandoUe a constatés ^trefois ; cest que la sensitive a en quelque sorte des habitiJides qu elle ne perd qu avec»le temps. Si on l'enferme, par eitemple, dans un lieu obscur^ elleco% tinnera, pendant quelque temps», de fei*mer ses feuilles, seulement quand le soleil est au-dessous de ITiorizon, même si on Téclaire, dans ces moments^là^ par une lumière artificielle; mais a.vec de la persévérance on parvient à lui faire prendre des kabitude$ contraires, et elle finit par s*épanouir, même pendant la nuit , si on lui fournit une lumière artificielle très vive.
M. Desfontaines a constatéaussiqu^ana«ensitive, transportée dans une voiture rapide, se contracte d abord , mais que peu à peu elle se &it à ce mouvement , et reprend son éffanouissement ordinaire comme dans Tétat tranquille^
M. Fodera cherche à se rendre compte4e ces faits, en les comparant à ces mouvements que ^ dans les animaux , on a nommés sympatbiques , et dans les-
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l6l
quels, selon son opinion particulière, le cerveau ni les centrés du système nerveux nlnterviennent point. Cette dernière thèse deyiendroit en effet très facile à prouver s'il étoit prouvé que les mouvements de la sensitive sont de même nature, puisque la sensitive, ainsi que les autres végétaux, manque entièrement de système nerveux.
Tout le monde connolt la cannelle , et depuis bien des siècles : Farbre qui la produit , espèce particulière de laurier {Jaurus cinnamomum. L.), a été décrit aussi depuis bien des années par les botanistes ; mais ses variétés et les détails de sa culture avoient besoin de recherches nouvelles , dévenues d autant plus . nécessaires que , grâce aux efforts suivis de ladministration , nous avons aujourd'hui dans nos colonies des plantations de cannelliers , et qu'il importe de ne rien négliger pour les faire prospérer.
M. Leschenault de La Tour, dans son voyage à Geylan, a soigneusement étudié cette partie de lagriculture indienne.
U n'existe qu'une espèce de cannellier ; mais son écorce varie selon l'âge de l'arbre, son exposition , sa culture, et la nature du sol; ce qui lui a fait donner plusieurs noms relatifs aux propriétés que les circonstances lui impriment.
BUFFOK. COMPLBM. T. 111. 1 1
l62 BOTANIQUE
Dans un bon terrain cet arbre s'élève à yingt<ânq ou trente pieds, et son tronc prend de quinze à dix-huit pouces de diamètre ; mais Fécorce en est alors trop épaisse pour entrer dans le conunerce.
Les corbeaux et les pigeons sauvages , très friands de son fruit, contribuent beaucoup à en disséminer les graines; mais on en fait aussi des semis et des plantations. C est à Tàge de six à sept ans que Ton <;ommence à couper, pour les écorcer, les jets les plus forts, parvenus à huit pieds de hauteur. Il faut les prendre entre dix-huit lignes et deux pouces de diamètre : on choisit pour cela le temps des pluies , et Ton s assure d abord par une petite entaille que * l'écorce se détache aisément. On l'enlève sur le plus de longueur qu'il est possible, et on la met pour vingt-quatre heures en paquets , où elle éprouve une légère fermentation qui en détache Fépîderme ; elle se roule sur elle-même , et après un jour de dessiccation à l'ombre, et un autre au soleil, elle est bonne à mettre en vente.
Les débris se distillent dans de Teau salée , et donnent deux sortes d'huiles fort recherchées : l'une légèrq, l'autre pesante et qui brûle avec un parfum agréable; on en tire aussi des feuilles, mais de beaucoup moins précieuse. Les racines donnait beaucoup de camphre , et le bois en contient en si grande quantité qu'à quinze ou dix-huit ans on en
tireroit un meilleur parti pour le camphre que pour la camielle.
Une partie de ces détails s accorde avec ce que Seba et Burman avoient déjà publié sur le même sujet.
M. Lescheaault a envoyé à l'île de Bourbon plusieurs pieds de canneUier, qui y réussissent fort bien, et qui, traités d après les procédés qu'il in** dique, seront plus productifs que ceux qui y avoient été transportés en 177a. Les rejetons de ces der** niers, multipliés à Gayenne, y donnent depuis long-temps de la cannelle ; mais il paroit que Fhumidité du climat lui a fait perdre beaucoup de ses qualités^.
M. Rafeneau-Delile , professeur dé botanique à Montpellier, et correspondant de FAcadémié , a décrit une plante singulière de la famille des courges. Elle diffère des genres voisins qui ont en général deux sexes séparés, parçequ'elle porte des fleurs hermaphrodites sur les mêmes tiges que les fleurs mâles. Son fruit, long de près de deux pieds et gros à proportion , se couvre d'une poussière résineuse et jnflammable assez abondante pour se laisser recueillir en la raclant, et que Fauteur suppose analogue 9UX diverses sortes de cires qu'exhalent des végétaux d'autres familles , tels que le myrica œri» fera de l'Amérique septentrionale, et le ceroxytum
l64 BOTANIQUE
andicotaf découvert dans les Cordilières par MM. de HumboUlt et Bonpland.
Cette plante, dont. les graines ont été adr^sées à M. Delile par M. Jacquin , est nommée par ce sar vant botaniste benmcaza cerifera.
Les grands ouvrages de botanique se'continuent avec une courageuse persévérance, M. de Humboldt ,qu aucune difficulté n'arrête dans la vaste entreprbe à laquelle il consacre depuis vingt-cinq ans ses talents et sa fortune , a conduit pendant cette année à ladixième livraison sa superbe collection de mimoses, et à la vingt-denxtème celle des genres et des espèces nouvelles de la zone torride , qull publie avec M. Kunth.
M. Kunth a donné en un volume in-S"" le Synopsis, on tableau général où Ton voit d'un coup dœil tous les genres et les espèces produits des immenses recherches de M. de Humboldt.
M. du Petit-^Thoùars a lait parottre cent planches et le commencement d'une histoire des plantes de la £9imille des orchis, qui doit faire partie de la Flore des îles de France et de Bourbon , à laquelle ce savant botaniste travaille depuis long-temps.
M. Kunth a publié le premier volume d'un traité où il reprend et examine de nouveau les caractères des genres de la famille des mauves^ et de celles des
ET PHYSIOXOGIJS VÉGÉTALE. l65
buttnères et des tiliacées; et £eu M. Ridhard , que TÀ^ cadémîe a perdu dans le courant dé cette année , avoit laissé un écrit sur la famille des batanopho* rées, quina pu bous être présenté que par son fils, M^ Achille Richard^ jeune botaniste, digne héritier d'une iamille qui depuis près d*un siècle a rendu de si^^nds services, à la science des végétaux.
Ce seroitavec grand plaisir que nous entretiendrions avec plus de détail nos lecteurs du contenu de ces ouvrages importants ; mais ils -sont à-la-fois si riches et si concis qui! iaudroit pour en rendre un. compte utile les copier presque entièrement. Nous ne pouvons donc qu^ renvoyerles amis de là botanique.. ''/
ANNÉE ISS3.
M-. Dutrochet vient de réunir en un seul' volume les longues et importantes recherches qull à faites sur les forces motrices qui agissent dans les corps organisés; ses expériences sur la sensitive, dont nous avons déjà donné quelque idée ^ans nos analyses, précédentes, occupent une partie essentielle de cet ouvrage. Un procédé nouveau qu'il a employé pour Tanatomie végétale Fa conduit à des résultats qui tendroient à infirmer une théorie célèbre. 11 assure que tous les organes élémentaires des
i6Q fioTAniQUË
{Nantes 9 ç*esl-à-diire les cellules et les tubes dont leur corps est composé^ ont une existence indépendante et forment des organes circonscrits, en sorte que ces organes n auroient entre eux que des rapports de voisinage et ne formeroient point par leur assemblage un tissu réellement continu. Il affirme qu il n'y a ni fores ni fentes visibles au microscope dans le tissu cellulaire , non plus que sur les tubes des vé(gétaux. On voit seulement sur les parois de ces organes de petits corps glanduleux demi-trans* parents et des corps linéaires qui deviennent opaqties par Faciion des acides, et qui sont rendus transparents par Faction des alcalis. M. Duttrochet considère cet petits corps coBxnae les éléments d'un système nerveux diffus. Aux analogies de structure intime et de nature chimique qu'il met en avant pour étayer cette opinion , Tauteur joint des considératioos physiologiques prises d^périences qui lui sont propres, et qui prouvent, selon lui, que les mouvements des végétaux sont spontanés, c est-àdire qu'ils dépendent d'un principe intérieur, lequel reçoit immédiatement linfluence des agents du dehors. Toutefois répugnant à reconnottre de la semibiUté chez les végétaux , M. DutTOchet substituée ce nom cdui de nervimùtHiié.
Il s'agissoit de déterminer quel est l'organe du mouvement ^ans les feuilles de la sensitive; M. Du-
trochet a prouvé, par des expériences décisives, que cet organe consiste dans un r^ifiementdu parenchyme ou de la médulle eorticale qui est situé à la base du pétiole, à la hase de chacune des pinnule» et de chacune des folioles dont la feuille de la sensi^ tive est composée. Il a vu que cet organe, auquel il a dqnaéle nom de bourrelet, est spécialement com^ posé de cellules globuleuses disposées en séries longitudinales et remplies d'un fluide Coagulable. Ce n'est point par le moyen d'articulations que la sensitive, non plus que le^ autres végétaux irritables, meut ses parties mobiles; c'est par le moyen d'une courbure imprimée à ces parties dans l'endroit où se trouve l'organe du mouvement. Ainsi chez la sensitivece sont les seuls bourrelets qui en se courbant produisent la plicature des feuilles. M. Dutrochet a vu que cette courbure est le résultat d'une force élastique vitale qui se manifeste même dans les tranches minces que l'on enlève à ces bourrelets, il a donné à ce phénomène le nom ^incurvation^ Ainsi l'irritabilité végétale ne consite que dans une incurvation élastique, laquelle est tàxktbifixe et tantôt oscillatoire. Par^exemple cette incurvation élastique est^xe dans les vrilles des végétaux , dans les valves de l'ovaire de la baltaminev^ etc. \ elle est oscillatoire chez les végétaux que l'on nomme irrilables par excellence , végétaux qui offrent dans leurs parties mobiles un
l68 BOTANIQUE
état d*incurvation et de redressement alternatifs.
On sait depuis Jong-temps que la sensitive ofire un phénomène de transmission sympathique. Il suffit de brûler légèrement une seule des folioles de cette plante avec un verre ardent pour que toutes les feuilles qui appartiennent à la même tige se ploient les unes après les autres. Ce mouvement de transmission sympathique méritoitd*être étudié avec soin. Il sagissoit de déterminer quelle est la partie de la tige par laquelle s opère cette transmission. Pour résoudre ce piroblème M. Dutrochet a fait plusieurs expériences fort délicates, desquelles il résulte que cette transmission né s'opère ni par la moelle ni par Técorce, mais qu'elle a lieu exclusivement par la partie ligneuse du système central. Récherchant ensuite quels sont , dans cette partie ligneuse, les organes spéciaux de cette transmission , il arrive à cette conclusion qu'elle s*opère par Tintermédiaire de la sève contenue dans les tubes qu'il nomme corpuscûljfêres. Il a trouvé que le maximum de la vitesse de ce mouvement de transmission est de quinze millimètres par seconde dans les pétioles des feuilles, et seulement de trpis millimètres par seconde dans le corps de la tige. L'état de la température ne'paroît point influer sur sa vitesse.
La lumière exerce sur l'irritabilité de la seasitive une influence très remarquableetdontrobservation
appartient également à M. Dutrochet. Si on place; une sensitive dans une obscurité complète , en la couvrant avec un récipient opaque, cette plante perdra entièrement son irritabilité, et cela dans un temps plus ou moins loxig, suivant un certain état d'abaissement ou d'élévation de la température environnante. Ainsi, par une température de + 20 à 2 5 degrés R. , il ne faut que quatre jours d obscurité pour anéantir complètement l'irritabilité d'une sensitive , tandis qu'il faut quinze jours d<>bscurité pour produire le même effet lorsque la température environnante est dans les limites de -4- 1 o à j 5 degrés ; en sorte qu'engrenant seulement les degrés de température dans lesquels la sensitive peut vivre, on peut établir que lextinction de l'irritabilité de cette plante dans l'obscurité s opère dans un temps dont la durée est en raison inverse de l'élévation de la température.
M. Dutrochet a observé que la sensitive privée de son irritabilité par le moyen de l'obscurité la récùpéroit par Fexposition à la lumière, et que cette réparation des conditions de l'irritabilité étoit plus, rapide par le&position de la plante à la lu-^ mière directe du soleil que par son exposition à la simple lumière du jour, telle qu'elle existe à l'ombre. Fondé sur ces observations, M. Dutrochet considère la lumière comme l'agent extérieur dans
rinfluence duquel les végétaux puisent le renouvellement des conditions de leur irritabilité, ou plus généralement de leur motilité, conditions qui sont sujettes à déperdition dans Tétat naturel , et qui ainsi ont besoin d'être continuellement réparées.
Nous reviendrons un peu plus bas sur les expériences de l'auteur concernant la motilité des animaux.
Une plante dicotylédone peut-elle être distinguée dans tous les cas d une monocotylédone par la seule inspection de sa structure intérieure? Cette question s'est présentée àTM. du Petit-Thouars à Toocasion de deux tronçons isolés qu^une sorte de hasard avoit feit tomber entre ses mains. Au premier aspect ils paroissoient avoir beaucoup de ressemblance : car l'un comme l'autre étoit un cylindre de matière fongueuse ou médullaire traversé dans sa longueur par des filets isdiés; de là on pouvoit présumer qulls étoient tous les deux monoco* tylédones, mais dans l'un on voyoit que ces filefe étaient des faisceaux composés de différents tubes et sur-tout de trachées spirales, tandis que dans l'autre ils étoient de 4a plus grande simplicité. Cela suffisoit pour constater qu'ils avoient appartenu à des végétaux très différents ; mais l'écorce qui existoit sur le dernier et qui manquoit au premier a permis
daller pli^s loin. Par elle seule ce botaniste a pu prononcer que c'^toit une pkinte dicotylédone , et même qu'elle appartenoit aux ombellifères ; enfin que c*étoit une espèce du genre /erti/a, tandis que la première étoit réelleinent monocotylédone. Mais quelle étoit Torigine et la nature de ces filets disséminés dans la substance de la moelle? C'étoit une nouvelle question et très importante dont on pouvoit tirer des conséquences contre une des principales bases de la méthode naturelle , mais ce n étoit que par Tin^ection d une plante vivante de ce genre qu'on pouvoit en espérer la solutk)n« M. du Petit- Thouars s'en est procuré une qudques mois après : c'étoit une tige d}iferulaferulago;et die lui a donné une pleine satisfaction ; car ayant coupé net par le milieu un de ses entre-nœuds , il a vu de nombreuses gouttelettes d'une liqueur blanche suinter de toutes les parties delà tranche. lia donc reconnu que ces^ filets n'étoient autre chose que des vaisseaux destinés à renfermée un suc propre très abondant dans quet ques ombellifères, mais surcoût dans les férules. Ge seroient des lacunes formées aux dépens de la substance même du parezichyme médullaire, et qui ne dépendent en rien du corps ligneux. Ainsi cette singularité ne porte aucune atteinte aux principes sur lesquels repose maintenant l'étude des plantes: les rapports naturels. Ilestdoncc^tain qu'on peut dis-
ting^uer plusieurs grandes séries de vég^étaux aussi bien par leur structure intérieure que par 1 exfé^ rieuré. Cependant on voit, par cet exemple, qu*il est besoin d'ajouter quelques nouvelles considén^tions à celles qui ayoient été employées jusqu'ici.
.Si le second tronçon eût été dépouillé de son enveloppe comme le premier, on n'eût trouvé de différence que dans la simplicité des filaments iqterposés dans l'un^iandis qu'ils étoient' faseiculés dans l'autre, et c*est justement dans ûette fascicur lation que M, du Petit-Thoiiars trouve des caractères solides pour distinguer les grandes séries de végétaux. Suivant lui ^ ces fesciculations paroissent isolées dans les monocotylédones, tandis qu^elIes se combinent d'une nianière déterminée dans les dicotylédones. De là suit une différente combinaison des deux substances primordiales qui coi^stituent les végétaux : le ligneux et le parenchymateuxi Mais, par la manière dont ces substances s'entremêlent, leparenchymatetix, quoique toujours continu , parolt former trois parties distinctes dans les dicotylédones, qui sont , la moelle, les rayons m^duUaires, et le parenchyme extérieur, tandis qu'il semble hoiûogène dans les monocotylédones.
Les bornes de cet extrait ne nous permettent pas de suivre l'auteur dans les développements qu^il donne à cette idée. Nous nous contenterons de dire
ET PHTSIOLOGIE VÉGÉTALE. 178
qu il a observé plusieurs modifications de ce principe qui peuvent souvent le masquer. Il trouve qu'il y a peut-être autant de différence entre la structure intérieure des graminées et celle des autres monocotyléddnes qu'entre celle-ci et celle des dicotylédones. Il annonce que les fougères, que Ton regarde comme absolument semblables aux mohocotylédones, quant à leur structure intérieure, en diffèrent prodigieusement.
Il est bien vrai que le stipe des fougères présente sur sa tranche des faisceaux isolés comme dans les monocotylédones ; mais on en trouve de semblables dans de véritables dicotylédones. C'est parle grand nombre et le petit volume de ces faisceaux qu'on distingue les monocotylédones , tandis qu^au contraire les fougères sont remarquables pour l'ordinaire, parceque leurs faisceaux sont très gros et peu nombreux. Us y forment sur leur tranche des figures constantes. On connoit celle de la fougère femelle qui représente en quelque sorte un aigle déployé, ce qui lui a valu le nom de pterisaquilina. M. du Petit-Thouars a fait une étude particulière de ces tranches pendant son séjour dans nos colonies africaines ; il croit pouvoir certifier qu'il auroit été à. même de distinguer les cent vingt espèces qu'il a dessinées par ce seul caractère, et il lui a suffi pour reconnoitre comme identiques quelques
uaes d entre elles qui croissent aussi bien dans les environs de Paris que dans ces contrées éloi^ gnées.
Entre plusieurs remarques qull fait pour distinguer ces grandes séries végétales il expose celles-ci , que dans les dicotylédones les feuilles croissent si* multanémenten tous sens, en sortequ elles forment toujours une figure semblable à celle qui existoit dans le bourgeon ; que dans les monocotylédones elles croissent du sommet à la base, en sorte qu'elles sont souvent sèches au sommet et tendres à la base ; enfin que dans les fougères elles croissent de la base au sommet : quelques unes même se développent si lentement qu'il leur faut plus d'une année pour parvenir à leur maximum , et il y en a qui périssent avant d'y arriver.
M. Lestiboudois , botaniste à Lille, a présenté un mémoire sur la nature de la tige des plantes monocotylédones. Il pense qu'elle ne grossit que par les fibres qui naissent dans son intérieur, en sorte qu'il la considère comme analogue seulement à Iccorce de la tige des dicotylédones. Il cherche à établir sa proposition en soutenant que les feuilles et les rameaux sortent toujours du centre. On lui a opposé cette forte objection, que de grands arbres de cette classe, dont le tronc a son centre entière-
meut détruit par la pouriture, ne laissent pas de produire encore des rameaux et des feuilles. G est ce que M. du Petit-Tbouars et M. de La Billardière ont observé souvent sur les dracœna des forêts de rile-de-France.
Ordinairement le style est placé sur l'ovaire , et quand il y a plusieurs ovaires chacun a son style. Mais il arrive aussi quelquefois que plusieurs ovaires ou plusieurs loges distinctes adhèrent autour de la base d'un style commun , et reçoivent par cette voie leur fécondation.
Cette partiede l'ovaire se nomme alors gynobase. M. Auguste de Saint-Hilaire, qui lui a 'donné une attention particulière, a constaté et décrit les modifications qu'elle éproiive dans les divers genres où on lobserve. Il présente comme résultat général de ses observations que le gynobase n est autre chose qu'une columelle centrale déprimée.
M. Adrien de Jussieu, fils de notre célèbre confrère, entre sous des auspices favorables dans la carrière que sa famille a parcourue avec tant de gloire depuis un siècle et demi. Il a repris l'examen de la &mille des euphorbiacéeSy dont son illustre père avoit fixé les caractères dans son Gênera pUmtarum, mais que les découvertes des voyageurs de-
pais trente ans ont troublée, et dans laquelle on connott aujourd'hui plus de mille espèces.
On sait qu'en général elles montrent des propriétés délétères qui se concentrent sur-tout dans leur embryon ; mais elles ne sont pas non plus sans utilité. Les graines de plusieurs donnent de l'huile; le suc laiteux qu'elles répandent prend dans quelques unes, en se desséchant, la consistance de la gomme élastique : il en est qui possèdent un principe colorant.
Certaines eupliorbiacées n^ont à leurs fleurs qu'une enveloppe qui est un calice* D'autres en ont deux , et il s'agit alors de savoir si la seconde est une corolle ou un calice intérieur. Ce dernier nom lui avoit été donné par une autorité particulièrement respectable pour l'auteur : mais comme cette enveloppe intérieure est souvent colorée, et qu'elle se flétrit et tombe avant l'extérieure, M. Adrien de Jussieu se permet d'énoncer l'opinion qu'elle mérite alors le nom de corolle ; et toutefois, comme elle manque très souvent, il ne croit pas que l'on doive y attacher dans cette famille grande importance. Il examine avec un détail et une attention singulière toutes les formes et les dispositions que prennent les parties de la fleur et du fruit dans lés différents genresqu'il décrit au nombre de quatre-vingt-trois, dont quinze sont nouveaux pour la botanique.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. fJ-J
Les sexes séparés; les loges du fruit distribuées autour d'un axe central; les graines au nombre d une ou deux suspendues au sommet de, chaque loge ; le périsperme charnu; les cotylédons planes, là radicule supérieure, sont les caractères généraux dé la famille.
M. Adrien de Jussieu la divise d'abord en deux groupes , dont le premier comprend les genres qui ont deux graines dans chaque loge, et se subdivise en deux sections , selon que, dans les fleurs mâles , les étamines adhèrent immédiatement au centre de la fleur ou à la base d'un rudiment de pistil : le second comprend ceux qui n'ont qu'une graine par loge; et pour subdiviser ce groupe, qui est de beaucoup le plus considérable, Fauteur est obligé de tirer ses caractères de l'inflorescence, qui tantôt est pourvue d'un involucre , tantôt est en épi avec ou sans feuilles florales , tantôt enfin est en panicule ou en bouquet. Ce sont là les caractères des quatre sections de ce second groupe.
Ce travail très précis, plein de faits nouveaux et de vues ingénieuses, et accompagné de dessins soignés de la main de l'auteur, vient d'être publié : il ne peut qu'annoncer bien avantageusement ce jeune botaniste dans le monde savant.
M. Poiteau a présenté la description de cinq
BUFFON. COMPLKM. T, III. 12
(][enres d arbres de la famille des myrtes, dont les botanistes n avoient encore les caractères que d'une manière incomplète: le lécytis, le berthoUetia, ie couroupita^ le gustavia, et le couratàri.
Le f^us remarquable est le lécytis., dont Tespéce la plus connue, à cause de son grand fruit ligneux en £9rme de vase ouvert et rempli de graines que les singes aiment beaucoup , porte dans nos colonies le nom de marmite de singe. M. Poiteau en décrit trotô espèces nouvelles dont, une est un arbre de haute futaie, mais ne porte que d'assez petits fruits. Le berthoUetia est un des arbres les plus utiles du Nouveau*Moude. Haut de plus de cent pieds, il porte des fleurs jaunes et larges de deux pouces, disposées en grappes à lextrémité des rameaux, suivies de fruits gros comme des têtes d'enfants, contenant douze ou quinze amandes d'un goût exquis, et qui donnent une bonne huile. C'est un objet considérable de commerce, et on en expédie du Brésil à la Guiane , en Portu^l , et en Angleterre.
La partie botanique du grand ouvrage de MM.de Humfaoldt et Bonpland avance rapidemaoït vers sa fin. M. Kuntfa a terminé cette année le cinquième, et la plus grande partie du sixième volume dès Nova ffen^aet speçies plmtarum Atfmri^œ œ^twctialis.
Toulas lesiamiUef à corolle poly pétale, a Texceptioit défi légumineuses, des térébinthes et des rhamnéen, $e trouvent comprises dans ces deux volumes. Les trois derjQtièrea familles restent encore à publier. Mais M» K.unth a fait connoitre^ dana la partie de Touvrage.de M. de Humboldt qui ^tdéja entre les mains des botanistes^ plus de quatre mille espèces dont les neuf dixièmes au moins sont nouveilea , et appartiennent à cent trente-sept fiimilles «t hait cent soixanteK^nq genres. 11 n existe aucun antre ouvrage qui présente à-la4bis un si grand nombre de plantes exotiques, rangées d après la méthode naturelle, décrites et figurées jusque dans les moindres détails de leur fructification. Parmi les Fhm de TAmérique méridionale, celle de Swartz, par exemple , ne renferme que mille espèces^
Il ne reste à publier qu un cahier des mimoses. Cet ouvrage, exécuté avec le luxe et la beauté de gravure que Thabileté des artistes françois a pu seule atteindre jusqu'ici, $(çrt de supplément au grand ouvrage. M. Kunth a publié en outre trois volup9ia$ in*^'' d un extrait raisonné des Nova ge^ mm, aous lé titrée de Syn0p$k phaiamm cfquinoc^ tmUumorbis nwi. Dans ce^ difBrents ouvrage il a établi plusieurs ftimUlés nouvelles^ en a mieux cipo conscrit d autres, institué cent vingt-huit genres nouveaux, et déposé un grand nombre d'observa-
l8o BOTANIQUE
lions sur des plantes étrangères à son premier travail. Quelques upes de ses idées ont été développées dans des mémoires particuliers qu^il a présentés successivement à FAcadémie, et dont nous citerons seulement une Notice sur le myrtus et Ceugenia^ deux genres qu'il propose de réunir en un seul, et la Révision des familles des malvacées, des bûttneriacées, et des tiliacées. Ce dernier travail a été adopté en entier par M. DecandoUe dans son Synopsis regni vegetabilis. Dans une notice historique sur Richard, M. Runth a donné une analyse raisonnée des travaux carpologiques de cet illustre botaniste décédé en 1821, et dont nou^ lirons bientôt l'éloge historique.
La Monographie des mélastômes et des rhexias^ ouvrage rédigé en plus grande partie par M. Bonpland , a été terminée par M. Runth dans le courant de cette année.
Visoetes lacustris est une plante que Ton range ati" jourd'hui auprès des lycopodes, et qui croit dans le limon des isaux stagnantes. D'une base bulbeuse à trois lobes , elle pousse une touffe de feuilles étroites, pointues, tubuleuses, et plus ou moins longues, suivant le degré d'humidité dont elles jouissent, aux bases desquelles sont de petits boucliers membraneux qui couvrent chacun une petite cavité, et
ET PHYSiaLOGIE VÉGÉTALE. l8l
servent de réceptacles, )es uns, ceux des feuilles les plus intérieures, à la paussière mâle; les autrc^s, ceux des feuilles extérieures, aux semences. On n'avoit point encore suffisamment observé ces semences ni leur manière de germer; et M. Raffeneau Delile, professeur de botanique à Montpellier, profitant de Tabondaiice de Tisoéte dans un petit lac des environs de cette ville, vient dé les soumettre à un examen très attentif. Elles sont très petites, et ccmtiennent sous un double tégument , marqué de trois arêtes, un petit corps vésiculaire, que M* Delile considère comme un embryon sans cotylédon. Les téguments s'ouvrent en trois valves dans le hautpour laisser passer la première feuille , en même temps que la première radicule les perce dansle bas ; les autres feuilles et les autres radicules poussent ainsi successivement ; et pendant ce temps le tubercule qui est entre elles grossit et devient le bulbe ou la souche qui les portera toutes. Les feuilles se desséchent quand la plante est privée d eau ; mais le bulbe conserve long-temps sa vitalité, et repousse même après deux ans quand on Thumecte.
Les lichens sont une famille de plantes cryptogames dont le nombre est prodigieux , mais don t la classification et la distinction sont accompagnées de grandes difficultés , à cause du peu départies
l82 BOTANIQUB
qu'ils présentent , et du peu de caractères auxquels ces parties donnent prise: Cependant les travaux de Hoffman et d'Acharius ont ouvert de nouvelks voies et excité une grande émulation pour ce travail
M. Delise, de Vire^ département du Calvados, se propose d en "donner Thistoire générale, et en a d^ja recueilli à cet effiet plus de mille espèces. Il « présenté à TAcadémie, comme échantillon de son travail ^ Thistoire particulière du genre sticte, l'un des trente^inq qu'il conserve ou qu'il établit dam la famille. Ce fragment est fait pour donnet une idée très avantageuse de l'ensemble , dont il est fort à désirer que les amateurs de cette partie du réigne végétal puissent bientôt jouir.
Jjes écorces employées en médecine nous arri^ vent des pays étrangers dans leur état b^ut y et sou* vent encore chargées des behes^ et des autres cryptogames qui croissent naturell^nent sur ^es. M. Fée s'est attaché à étudier ces espèces de parasites y et CA a déoouveit et décrit un grand nombre que les voyageurs, occupés dans leurs courses d'objets plus sensibles , n'avoient past remar()uées« Les lichens surtout lui ont donné lieu d'établir dans cette famille une distribution nouvelle^ Il la fonde premièrement sur les divi^rsités deformesdu corps
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l83
même du lichen ^ ou de oe que les botanistes nomment lAa//us^ et ne prend que pour caractère secondaire les organea variés qui naissent sur ce thallus, et que les botanistes ^ qui les nomment apçthecium, ont supposé assez l^èrement, a ce quepense M. Fée, apparCoiir à la |][énératioii«
Comme il arrive dans les pays étrangers aussi bien que dans le nôtre que certains cryptogames se fixent de préférence sur certaines écorces, lés descriptions de M. Fée , toutes très exactes et très détaillées et accompagnées de figurés fort soignées Élites par M. Poiteau , indépendamment de laccroisT sèment iqu'elles fournissent à la botanique, pour-» ront encore aider en certains cas les pharmaciens à distinguer avec plus de précision lesécorces que leur apporte le commerce.
M. Morenu de Jonnès , qui suppose que les ter^raiw, soit calcaires, soit volcaniques des Antilles^ ont été mis à découvert plus tard que les grands continents , a dû rechi^cberl origine de leur population végétale , et par quels agents et de quels pays chacune de lexhvs plantes y a été transportée.
Pour cet effèt il a préparé pendant qu'il s^ournoit à la I^rtiniquedès m^anges de terre propres à la végétation, et d^eins lesquels il s'est bien assuré qu il nesubsistoit point de germes de plantes. U les^
l84 BOTANIQUE
a exposés, avec les précautions convenables et séparément, à Faction des pluies orageuses, à celle des difiërents vents , à celle des oiseaux de passage, à celle des divers courants, et.compté, autant quil lui a été possible , le nombre des espèces que chacune de ces causes a amenées. Il a aussi cherché à apprécier ce que les communications des hommes peuvent apporter de semences et de germes de plantes avec les eaux prises en d^autres pays pour l'approvisionnement des navires , avec les nfiatières qui servent à emballer des marchandises étrangères , avec les bois et les fourrages , et jusque dans le lest des vaisseaux et parmi les poils des bestiaux que Ton importe dans les iles.
Le plus puissant et le plus constant des agents naturels lui a paru être le grand courant équàtorial de TAtlantique. Il assure avoir reconnu qu'en deux mois il apporta des graines décent cinquante espèces différentes; mais toutes les semences ne se laissent pas également transporter par tous les agents ; et pour pouvoir arriver dans une direction et à une distance données , encore en état de reproduire leurs espèces, elles doivent réunir certaines conditions de légèreté, de mobilité, de résistance à la destruction, de difficulté ou de facilité de la germination, et autres semblables ; ainsi parmi les cent cinquante espèces de semences apportées par
le courant, il ny en a que vingt -sa qui germèrent. .
Quant à Faction des hommes , M. de Jonnès la croit bien supérieure à celle des agents naturek, et pense qu'elle peut en quelques siédes changer en* tièrement les rapports établis par ces derniers doipuisForigine d'un pays.
M. de La Billardière avoit présenté à rAcadémie en 1 802 un mémoire sur le lin de la Nouvelle-Zélande , plante nommée par les botanistes phormium tenax, où il annonçoit la possibilité de cultiver cette plante en France , et iaisoit voir que ses fils surpassent de moitié ceux du chanvre pour Texpansibilité et pour la force, deux qualités également précieuses dans la fabrication des cordes. Ces fils sont en même temps de la plus grande finisse, en sorte que Ton pourra les employer aux ouvrages les plus délicats.
M. Gachin, inspecteur -général des ponts et chaussées, est parvenu en efiet à élever le phormium tenax a Cherbourg, et à lui faire porter des graines qui , semées par plusieurs cultivateurs, ont germé avec ifacilité ; et M. Gillet de Laumont a rendu compte à FAcadémie d'un succès qui promet à notre pays une nouvelle richesse végétale.
L'un des Nestors de la botanique en France ,
l86 BOTANIQUE
M. te doeteur Pualet , de FonCaind^leau , si connu par ses travaux sur les champignons , s'est occupé depuis long^^temps de leconnoitre les plantes et les animaux dont les anciens ont parié ^ et a présenté cette année à rAcadémie un grand- coinment^re sur rfaistoire des plantes de Théophraste, et un autre ouvrage de moindre volume intitulé Flore ei Faune de Virgile. C est une des matières les plus dif- &ùles et les plus sujettesii controverse àSb toute la crkiqne dassiqtie.
VhyttcintbttSy par exemple, eat aux yeux de Lianaeus le pied d^alouette {delphinium ajacis ); Sprea*; gel soutient que c'est le gkueul {gladiolus commums^; Dodoens veut que ce soit le martagon {Ulium marta' gcn)j et Martin k lis orcmgé{litium croceuf»).
Il nest guère de plantes, si Ton en excepte les pins -communes, celles qui ont toujours éié des objets d'agriculture et d'économiedicmiestique , qui ne puissent exciter de semblables contentions. M. PstVh ht apportedoDC aussi des conjectures plutôt que des résultats décistfe ; mats plusieurs de ces conjecturés sont heureuses , eC réunissent de plus grandes pror babilités en leur £ivear que celles de ises adver* saires.
M. de Humboldt a fait connottre il y a plasieiin» années les propriétés de Tarbre dit de la vache,
doot lesuo ressemble au lait non sfeulement pur su couleur^ maÎB parœqu il est nouirissant, eC non pas vénéneux» comme le sont la j^upart des kita végétaux. MM. iUvero et Boueingault en ont fait Fanalyae* Il s'y forme des pdUictiles comme sur le lait de vache , et elles ressemblent à la fran^pane. Dessous reste un licfuide huileux , dans lequel nage une substance fibreuse qui se racornit par la c^«leur et i^and alors une odeur caractérisée de viande frite. Ge lait donne de la cire , de la fibrine • sembkUe à celle des animaux , et un'pea de sucre et d un sel magnésien*
M. Romain Féburier^ de Versailles^ fourni par plusieuirs recherches de physiolo^e végétale, a soumis à l'Académie un petit traité sur cettb mdti^f^ , destiné à éclair» ks cakivateurs,qui a été imprimé^ et o^ il combix^ les résultats des auteurs qoi 1 ont précédé avec $6s propres expériencets^
{1 décrit k moelle comme un amas de cellules p^}^di^s fiéparéea par des cloisons toujours com* munes^deux d'emtre ^e$. Dans certaines espèces leur ensemble en se déchirant produit tantôt des espèces de cloisons ta*ansversaks, tantôt un vide continu. Les filets vascukires qu'on y voit quelquefois lui paroissent deS' vaisseaux détachés de Tétui
l88 BOTANIQUB
médilUaire. Cet étui enveloppe la moella II est composé de plusieurs vaisseaux , tels que trachée^, fausses trachées, tubes poreux et simples, entremêlés d*uii peu de tissu cellulaire. Selon Fauteur, c*est la manière dont le fil élastique des trachées . est enroulé qui dans les plantes grimpantes détermine la direction selon laquelle elles s'entortillent autour des appuis. Il regarde Tétui méduUaire comme la base de l'organisation de Tembryon , et •croit que c'est lui qui détermine le genre et Fespéce du végétal. Chaque année ses vaisseaux s'alongent, et des faisceaux s'en séparent pour traverser l'écorce et produire des bourgeons , les feuilles, et les boutons. Ces faisceaux fixent la position des gemmes et le nombre des angles saillants qui donnent la forme à la moelle. Des suites de cellules alongées s'étendent horizontalement en rayonnant du centre à là circonférence : c'est ce qu'on nomme les rayons médullaires. A mesure qu'il se forme de nouvelles couches annuelles de bois qui grossissent le tronc , il se forme de nouveaux rayons qui se placent entre les autres sans atteindre jusqu'au centre. La der* nière des couches du bois et la plus extérieure est Yaubier; il est enveloppé par l'écorce, formée aussi par couches, mais dont la plus nouvelle et la plus intérieure se nomme liber. C'est à l'écorce qu'appartiennent les vaisseaux propres^ ainsi nommés des
sues particuliers qu^ils contiennent et qui ont été primitivement élaborés par les feuilles. La partie superficielle dû parenchyme prend à la lumière une couleur verte, qui la fait appeler tissu herbacé, et il est enveloppé d un épiderme que M. Féburier ne croit pas simplement formé par la dernière et la plus extrême couche de ce parenchyme, comme le pensent la plupart des auteurs de physiologie végétale. Les racines ressemblent aux tiges et aux branches par leur organisation, mais leur position les empêche de devenir vertes ; les dernières rami* ficatioHs de leurs faisceaux de fibres, au lieu de se réunir pour former des feuilles , s'isolent et ne donnent que du chevelu. L auteur n adopte pas Topinion presque générale que les racines n*ont pas de moelle; seulement, dit-il, elle est pliis mince. Certaines espèces produisent indépendamment des racines des filets garnis ou terminés par des tubercules remplis de substance amilacée ou muciiagineuse.
Les feuilles ne sont que Vépanouissement des filets médullaires à leur sortie du pétiole; ces filets en composent les nervures , dont le réseau est rempli d'un parenchyme semblable à celui du tissu herbacé, et revêtu de même d un épiderme. C'est delà distribution des nervures que dépend sur- tout la figure de la feuille.
Après deux ou trois mois d'existence on s'aper- ^it que la feuille a dans ses principales nervures un plus grand nombre de fibres, et Ion parvient à séparer les fibres nouvelles des anciennes qui étoient venues de Tétui médullaire; elles forment une couche analogue à celle du bois ; on peut les suivre jusqu a la tige, et elles s y continuent jusqu aux racines ; c'est de la réunion de toutes ces nouvelles fibres que se Ê>rme laubier ou la couche ligneuse la plus nouvelle , celle qui bientôt se durcira et deviendra une couche de bois.
Le bourgeon est, comme le pétiole , une émana* tion de l'étui médullaire ; il en reçoit une production qui se distribue aux nouvelles feuilles comme ayoit fait le premier étui.
Le bourgeon à fleur ne difiere pas essentielle* ment du bourgeon à feuilles ; car, ainsi qu*on le sait depuis l<Hig*tfimps, et sur-tout par les expériences de Linnaeus, toutes les parties de là fleur ne sont que des feuilles transformées par un développer ment précoce; elles peuvent toutes se changer les unes dans les autres ou mèm^ devenir d^ feuilles, et un bourgeon à bois peut devenir un bouton à fleur ou réciproquement. Aussi M» Féburier fait^il remarquer que toutes ces parties, calice, corolle, étamines, pistils, ont leurs filets médullaires, leur couche fibreuse , leur épiderme ; et par*là il combat
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. igi
cette autre opinion de Linnœus que le calice vient de récorce y la corolle d u liber ^ les étamines du bois , et le pistil de la moelle.
D après ces cônsidératioiiâ Lauteur regarde Tétui médullaire comme lorgaae pricicipal des végféiaux, et si {Kir la pensée on dépouilloit un grand arbre de son écorce et de ses couches Ugneuses , il ne resterait que letui médullaire augmenté en diamètre t)t m^ mifié au point de représenter le squelette de cet arbre jusqu'à ses dernières extrémités , à ses feuUles et& ses fruits.
M. Féburier assure avoir lait des expériences d où il résulte que les anthèn^s sont électrisées positivement et que le pistil Test négativement, et qœ c'est la raison pour laquelle le poUen des anthères est attiré parle stigmate/
M* du Petit^Thouars a continué de son côté à entretenir rAcadémie de ses recherches sur la phy* siologie végétale , et a traité spécialement do la com^ position des nervures principalea des cotylédons, ainsi que de celle des racines de quelques plantas, surtout des cucwrbitacées ^ compositkin qui lui pa^ roit en relation directe avec sa théorie générale du développement des végétaux^
Dapirès cette théorie, telleqiie Fauteur Texprîme aujourd'^hui, toutes les fibres qui se manifestent
dans une feuille sont continues jusqu*à rextrémité d*une racine, en sorte que partant d'un point productif, soit d un bourgeon, soit d'une graine , elles ont été simultanément tnontantes et descendantes; que dans leur partie montante elles sont soumises à une loi d association ou defasciculation; que c'est dans les différentes modifications numériques des faisceaux qu'il faut chercher la source de toutes les différences qui caractérisent les groupes comme olasses , genres , et es^péces.
Un des arguments qui lui paroissoient les plus propres à justifier cette assertion c'étoit de voir que certains nômhres sont beaucoup plus souvent employés que d'autres dans la structure des plantes.
C'est un auteur ànglois, Thomas Brown, qui, dans un petit traité peu connu , cherchant à prouver que la nature semble avoir plus de propension a employer le nombre cinq que tout autre , tirant ses principales preuves du régne végétal , annonça en i655 que dans le plus grand nombre des fleurs on trouve ce nombre simple ou multiple dans la distribution de leurs parties. Efiectivement il appartient au moins aux Y^o ^'^ plantes dicotylédones, tandis que le nombre trois ou ses multiples appartient peut-être au ^Vjoo ^^^ monocotylédones. D'un autre côté, Brown faisoit aussi remarquer que dans le plus grand nombre des plantes à
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. igS
feuilles alternes, celles-ci se trouvent disposées de manière à former autour de la tige une spii^ale tellement régulière que la sixième revient constamment au-dessus de la première ^ et la onzième audessus de celle-là , en sorte qu elles forment autour de la tige cinq séries régulières.
La première de ces observations paroissoit être une des prçuves les plus spécieuses de la proposition de M. du Petit-Tbouars, que la fleur nestquune transformation d'une feuille et du bourgeon qui en dépend. Effectivement le nombre cinq se trouve évidemmentdans les nervures palmairesd'ungrand nombre de feuilles ; de la vigne par exemple. Rapprochez-en les deux bords et supposez- les soudés en cornet, vous avez une fleur à cinq divisions, par ccmséquent à cinq étamiues, tandis que dans le marronier dinde, qui a. sept folioles, vous avez sept étamines. Ainsi, suivant 1 auteur, la fleur n auroit été composée que d'une seule feuille , tandis qu*il. peut y en avoir plusieurs dans le fruit , ce qu'il faisoit dépendre de leur arrangement primordial.
Cette théorie paroissoit séduisante ; mais M. du Petit-Thouars ne dissimule pas que dans plus d'une occasion l'observation lui a semblé contraire ; et cependant il a été assez heureux pour démêler, dans beaucoup de cas , la cause d'anomalies apparentes. C'est ainsi qu'il trou voit difficile de découvrir la
BUFFON. COMPLÉVI. T. 111. l3
194 ÔOTANiQUfi
Source du nombre 2 et de se$ puissances?, comme 4r, 8, etc. , dans les fleurs ,• âftte^du rfue les nervures des feuilies doivent toujours être fin patres. Pour leVér cette difficulté il eut recours à Feiameà àe trois plantes annuelles qu'il prit dès iè momenftdé leur germination ; de la rave pour représenter leé ctucifères, du grateron pour les nêbiacées, et du lartêium pour les labiées. Il trouva entre dutres que la lïervurc principale ou médiane est double dans cei^plantes; que par conséquent le nombre total devient pair; et ce qui le satisfit beaucoup pour le moment ce futde trouver pareillement la riervure principale des cotylédons ou protophylles double; mais quelque temps après , ayant observé ^vec le même soin Chelianthm annuus ou Èôteil, il trouva que dans ses cotylédons la nervure médiane est pareillement double^quoiqùe sa Heur soit à cinqdivisiotts.comme^ tontes celles des composées.
Il a même constaté que dans le plus grand nom* bre des dicotylédones la nervure médiane des cotylédotis est évidenimetit double ! mais elle parott simple dans les ombellifères^ fet l'auteur croit que c'est sa ténuité seule qui lui donne cette apparence^ cafT il est porté à croire que même dans les plantes adulteâ elle est origir>âiremént double. Mais il remet à une aâtre occasion d appuyer mte opiv^ioH par des preuves matérielles. • •
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. igi^
Il s'est contenté de donner coiwne résultat de rex^n^en.de.la ger^inatioj^ des dicotylédones^ q4e leuy plantule est çoinpo^e de deu;^ plantas aussi çomjplétes que possible, ^y^m un, çfttre-feqijle pu méfi^haUe et ^nq ^eyijle; que de leur réu^oji r^j s^ul^ç \e bourgeon priiwprdi^ o\i h plqnqulç; qujç o'p^t eUç qui d^termipe les parties, montantes 014 qérimnt^^ cit qu'en naên^e te|pps ellç fprn^ le^ rftr cine^ qui partept de la bqse ; mais on pe 1^ rpco^ooît povir telles qi^e lorsqu'elles soif,t par\ei)ues ^ Tabri de l'écorce au point où coi^n^nçe 1?, pa^tiç enfouie, La diflférfnpe entre les. (|eu^ pjjrtiçî^ «i^rienn^ et ten[v$tre viendroit ^p ce que dans ]a pfCr i^ière les Çb^-es intégralités seroient soumise^ à une sor^ç ijefasçiçalatiop régulière, tandis qi^e (Jans i'31^- ^e qlles tendroient à s'éparpiller irrégulièrement, Aii^si Içsr^infiç pe présentefpieBt4'agrégatio;î^. c^kulaife. que par une sprte /de contrainte qu'pllj3$ ^rpuyeroient dans le corp^ de l'arbre, et il .^rpit d^ lepr ^sepee de c|eyenir sin^pl^s dès q^e lç§ çirpoastanQe&.le leur perpiet^rpiept. Di^ moins JV|. du Pçti][;rThpp£^rs éltpît pqrté à Jp croire, lorsqu'un çxçwple^'^^p4rqpal)le esj v^nu lui appor)ter 4^ po^r yell^s lujipières sifr ce ?ujet Ce sont }es cucurjlfitçcéej qui leslpi ppt procurées ; i| a reconnu qi^e daps Ijç grapd flpipbre 4e(î^ç pM^^tes le cprp? ipjtéripur pp %p«px4<i 1^ iî?cip:e pst cpipposé de qp€i t?:e faf ^
intégrants, formant un cylindre qui se divise sans effort en quatre quartiers. C est de leur suture que partent les nouvelles racines ou les secondaires. On voit facilement que de chacun des deux qui se trouvent contigus il sort deux faisceaux pour for-* mer ces racines. Il faut remarquer que, par suite du développement de la plumule, la tigelle des eucurbitacées devient pcntagonale, étant composée de cinq ftiisceaux ; que c'est par conséquent de ce nombre cinq que se compose celui de quatre qui appartient aux racines.
Dans le momordica elaterium , la racine forme une , sorte de navet plus renflé que la tigelle. Par lexameu seul de son extérieur on voit qu'elle présente quatre lobes arrondis; si on la coupe en travers, on découvre au centre un noyau ou une sorte de mécbe quadrangulaire, entourée de quatre lobes distincts qui paroissent s y être ajoutés. La bryone présente aussi quelque chose de particulier, mais Fauteur n'a pu encore remonter à la source de ces apparences par le moyen de leur germination; il na pu satisfaire pleinement au désir qu'il avoit de s'assurer si dans les autses familles il ne se trouve pas quelque chose d'analogue dans la structure de leurs racines; il a seulement reconnu qu'elles ont au moins beaucoup de propension à se séparer longitudinalement en deux portions égales. Gela se re-
marque entre autres dans la bourrache , la rave , le . haricot, et toujours c'est de3 sutures qui s'y trouvent que sortent les racines souvent en séries très rapprochées, notamment dans le haricot. Il est porté à croire que cette séparation ou suture provient de la disposition binaire des cotylédons. Ces deux genres d'observations prennent un plus grand degré d'intérêt par la nouvelle relation qu elles tendent à établir entre les deux parties qu'elles concernent, les cotylédons et les racines.
Les grands ouvrages, de botanique , dont nous avons successivement annoncé les livraisons, se continuent avec la même assiduité et les mêmes soins.
Toujours infatigables dans un travail d'une immense étendue, MM. de Humboldt et Kunth ont porté à trente-un fascicules leurs Nova gênera et spedes plantarum œquinoctialium , et ils ont fait pairottre le tome troisième de leur Synopsis plantarum œquinoctialiun orbis nôvi. M. Kunth , en particulier, a exposé dans un ouvrage spécial les caractères des genres de la famille des térébinthacées.
M. Delessert a publié le second volume de ses Icônes selectœ.
M. Auguste de Saint-Hilaire a donné quatre cahiers de ses Plantes usuelles des Brasiliens^ et quatre *
198 BOTANIQUB
de son Histoire des plantes les plus remarquables *du
BfésitetduPiù'd^cty.
La pVemîère partie du Settutn àustrchcaledùnicûm , dè'M. deLa Billàrdière , a été imprimée.
M. Paûlet, ée rtspectabîe vieillard qui a coilsA- ^'ct^é sa vie à hi bôtài^icpte utile , à dôhîié la seizième ëtia dix-'hiiitièmè livraison de àes Champignons. l\ a Biiisï fait'imprimeiî'sa Fbre de Virgile, dont nous avons parlé Fannée dernière.
Le nombre dés espèces 'nouvelles que ces ouvrages font connoitre, celui des genres que les auteurs établissent, sont tels^que leur ëitflple dltalogUe exèéderdit lès bornes d*unè anal^rsfe comme la nôtre; tî'èst à peine s'il nous sera possible d'îndi(Jlièr les remarques générales que ces savants observatëufs 'présentent, relativement aux caractères et arix limites des familles, quelque intéressantes qu*el)è$ soient pour fei science de la botaniqiie.
Eh éxamlïiant''cet<e mcklificâtion d or]^tie'kju'dn à tappèlléè gfjno6ûî?c,1M[. Auguste de Saltit^Hilaiïre
''iiVoit discuté les rapports dès ochriaôées , des^îihhrovbées, et dès rutacëes. Pendant qu'il rédigeoit s6n
' mémoire iqnelques savants étrangers ie sont aussi occupés de cette dernière famille, et ont cru* pouvoir là' diviser en diflBérènts groupes/ W. de Sôint-
' Hîlairè* examine leu r travail ; il établit quelques lôSs
ET PHYÎJIQA,OG/Ui ,yÉGÉTALB. igg
csRr,pol<>gi9iie» tFès impor^ta^tes ; il pp^e em revue l^,4iQefiente genres cçMii^>ri$ da^s |a i^miUe des m* lacées; et après avoir donné une ap^ly.Ste très dét^Ullée de leur ovaire et de leur semepce, il prpuve^qne ces genres se nuancent entre eux ,d*une manièjçe trop insensible pour pouvoir être séparés. Il déiQonti^e qu'op ne peuil.pas na^me ^Ipigner des autres r^i^iç^es les espèces à 0eur^ irrjéguUères ^ qui . étoiqat pe^ cQnnues avant ses ypyages ^ etijl copclut qu'il faut laisser subsister la famille des rutaçées telle quelle;a,^té foiipiée p^rM. d.e.Jussieu.
DaoiS un ménM>ire , que, M. Auguste 4e ÇaintnHil^ire ayoit^Vi plus anciepnen^ent à TÂcadéniie, il
^vpit disquté Iqs rapports, des plaptes qui foripent aujpurd'hui:les,quatre£|iiiilles des droséracée^ , des violacées, des cisfées, et des frankeniées , et, il a voit montré que ces familles composent un vaste groupe de. plantes à ja^iais ins^pai^ables. 3pu tableau monographique des pl^p^t^s d.u Brésil, qui appartieu-
.nent à ce groupe présente rappliçatipn des principes q^Uavoit établis d^ns le,n^éqaQii*e qui vi^çpt
}d'ètr£ rappelé* {1 passe cb^c|ue gQpre çn revue ; il examine lorganisation des plantes qui y,appartiei;iuent; il discute leurs caractères et leui:s affinités ; âl les.cpusi4èref.sou,s le r^^ppoi^t ,géograp)|iç]Me , et 4pni^e ,une description complète des espèces.
Dans un travail particulier sur les genres sauvagesia et lavradia M. de Saint-Hilaire fait eonnoltre des faits qui, s*ils viennent à être constatés, apporteront quelques modifications à des régies que Ton croyoit générales.
On ne pensoit pas qu aucune plante dicotylédonefut commune aux deux mondes. L'auteur na trouvé aucune différence entre des individus de sauvagesia erecta cueillis dans presque toutes les parties chaudes de FAmérique, et ceux que Ton a reçus de Guinée et de Madagascar ; et cependant il ne croit pas qu une plante peu remarquable , qui n'est d'aucun usage, et dont les graines ne sont ni ailées ni accrochantes , ait pu être transportée par les hommes ni volontairement ni accidentellement,
C'est sur-tout lorsqu'on s'attache a l'étude spér ciale de quelque famille de corps organisés ^ et particulièrement des plus petits , que l'on parvient à se faire une idée de l'inimaginable richesse de la nature , et du nombre incalculable des espèces qu'elle a produites.
Les conferveSy ces êtres aquatiques d'une nature ambiguë, qui semblent ne consister qu'en filets membraneux et articulés , remplis de grains ver-
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2pl
dâtres , lorsqu'elles ont été examinées en détail par les botanistes modernes , ont offert tant de di£Férenées dans les formes de leurs articulations, dans la manière dont elles s'unissent, dans celle dont leurs filaments se groupent, et dans une multitude d autres circonstances, que dun genre seul, où Linnaeus les avoit classées, on a été obligé de former une famille entière qui contient déjà plus de cinquante genres ^ et qui en voit établir chaque jour de nouveaux. C'est ce qui arrive aussi pour les lichens, ainsi que nous Favons dit Tannée dernière en parlant du travail de M. Delise , botaniste, demeurant à Vire , et de celui de M. Fée , pharmacien de Paris. Les conferves font aujourd'hui l'objet d uneétude assidue de la part de M. Bonnemaison, qui, demeurant à Quimper, est placé de manière à observer avec une égale facilité celles de mer et celles d eau douce. Il a déjà présenté à l'Académie le commencement de son travail. Selpn lui , les conferves forment une classe entière qu'il nomme hydrophytes locales. Dans ce premier chapitre il ne traite que d'une de leurs familles, celle qu'il nomme 4^^tViermée, et qu'il divise en genres nombreux dont quatre sont établis par lui , et fondés sur ses observations, ou démembrés de ceux de ses prédécesseurs.
Chacun a entendu parler du manioc (Jatropha
202 BOTAJNIQVS
«Qaniot, h' ), cle oe€ arbuste doot les i^acraes y après <{uVm en a extrait un suc véoéoeux , donneiut une ^fécule nourrissante et salubre nommée cassave, qui est le iprincipol aliment des peuples de la partie chaiide<de rAméirique , etdesaéçres qui y.remplisseat les colonies européennes. Raynal a cru qujl éloit originaire d'Afrique, et qu'il ar^ût été transporté aux Antilles avec les nègres,. auxquels il de- -voit servir de nourriture. « Les. sauvages, dit-il, qui offi^irentà nos premiers navigateurs des bananes, des 'ignames, des patates, ne leur présentèrent point de manioc. »> M. Moreau de Jonnès a prouvé au contraire, par des témoignages contemporains, qu'ils ne présentèrent point de bananes , mais bien une racine qui , ^sous le nom de juca^ ne différoit point du «manioc ; et sa fécule , nommée cassabi-Qu ^eassai/e comme aujourd'hui : ce sont les Portugais qui ont porté le manioc en Afrique.avecJe iTuâs. M. de Jonuès a reoherdbé avec beaucoup de soin 1 origine primitive et l'histoire des irnadiations.de cet utile végétal. Colomb , Drake , Newport, l'ont troirvé^dès les quinzième et seizième siècles chez les sauvages des diverses Antilles. Améric Vespqce l'a vu servir de nourriture ordinaire à la Guiane; Bartidas dans la province de Sakitts-Marthe ; Cabrai et Pigafetta au Brésil ; mais, par une singularité remarquable, ilétoit inconnu dans l'Amérique sep-
ET PHTSIOLOO^E YÉGÉTALB. 3o3
4elitriotiale él dans toutes les provinces situées sur la mer du Sud ; c*est parceqn on -a transporte le nom dejuca à Varum virginieum 'qucFon a cru le ^manioc cultivé par les habitants de la Floride.
Commele manioc venu de ^raines'n*a pas de racines tubéreuses , il n'est pas probable qu'il se soit répundu dans le vaste espace qu^il occupe 'par les agents Uliturels ; ce sonrtiplutèt les peuples qui'Se le sont' transmis les uns aux autres.
Une ancienne tradition des Haïtiens, rapportée par Pierre Martyr, pourroit faire croire qu'il étoit pritoitiveimwt naturel de Saint-^Domingue ; mais aujourd'hui'on'nie ly trouve plus à l'état sauvage ; et M. de Jonnèsayant comparé les dénominations par lesquelles les diffiérentes peuplades désignent le manioc et ses ^piréparations les a trouvées plus ïiombréuses au Brésil qu'ailleurs , et a reconnu que celles dojQ* on se sert plus au nord et e^i^môindre nombre délîvent de celles du Brésil: d'où il oontÈlutque c'est ce demierpays qui est la vraie patrie dti mani^, et la eontnée où il a d>'abord été ciil* tîvé et employé par les hotntùës. Gé qui le confirme d^ns -cette idée c'est que c'est aussi au Brésil que le inaniôc a produit le plus grand nombre de variétés , et qu'il y éh àvoit déjà tirtgt-trois du temps de ' lif afrCgràve , tandisf que les Oaliris de la Guiane n'en ont jamais eu que six ou sept, et les Garaïbes que
2o4 BOTANIQUE
quatre; Saint-Domingue n'en possédoit que deux quand on le découvrit. Selon M. de Jonnès , cest dans la chaîne des Andes et dans le peu de communication des habitants des Antilles avec le Mexique et la Floride qu'il feu t chercher les causes qui )ont limité la propagation du maniocà Tespaceoùil se trouvoit répandu lors de la découverte de FAmçrique, c'est-à-dire entre le fleuve de la Plata au midi, les Cordilièresà l'ouest, et le canal de Bahama au nord.
Les auteurs latins parlent beaucoup d*un certain bois qu'ils appeloient citrus ou citrum, et dont ils faisoient des meubles^ et sur- tout des tables dun prix qui aujourd'hui paroîtroit extravagant, même aux hommes dont le luxe est porté le plus loin ; Pline en cite des tables vendues une valeur de plus de 200,000 francs de notre monnoie actuelle , et une qui le fut 287,000, quoique les plus grandes n'eussent pas en une seule pièce quatre de nos pieds de diamètre^ Ce n étoit pas à beaucoup près notre citronnier d'aujourd'hui , qui est le malus medica des anciens , et dont les caractères sont tout différents. M. Mongès , membre de l'Académie des Belles-Lettres, a cherché à déterminer la véritable espèce Ancitrus des Romains. A cet effet il a recueilli et comparé tous les passages des anciens où il en est
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2o5
question. Pline esta cet égard son auteur principal. On trou voit , dit-il , le cilrus dans TÂtlas ; c'étoit avec les loupes ou excroissances de son tronc et de ses branches, mais sur-tout avec celles de ses racines, que Ton fabriquoitdes tables précieuses. La beauté en consistoit dans des veines ou des tadhes qui rappeloient celles de la peau du tigre, ou celles de la panthère, ou les yeux de là queue du paou, ou d'autres figures variées ; le fond de la couleur ajoutoit à leur prix ; on estinioit de préférence celles qui imitoient la couleur du moût de vin : des taches d'une autre nature, des parties autrement colorées que la mode ne Texigcoit, y étoientdes défauts. Oa employoit différents procédés pour mettre ce bois à Tétat qui plaisoitle plus aux acheteurs. On l'en-^ fouissoit dans la terre , on le mettoit dans le blé; on l'enduisoit de cire; quelque séjour dans leau de mer le durcissoit; il se polissoit par la main de rhomme. Ce citrum étoit larbre qui avoit les plus grosses racines; ilsurpassoit à cet égard le platane et le chêne ; malgré sa beauté on lui auroit préféré Férable s'il avoit fourni des pièces aussi grandes. On en tiroit de l'huile, qui, ainsi que celle du cyprès , avoit les mêmes vertus que celle du myrte. A ces détails Pline ajoute que le citrus est le thuion dflch mère et deThéophraste, et cela est en effet très vraisemblable , au moins pour ce dernier, selon le-
20j6 BOTANIQUE
qudi (liv. y, ch. 5) « le thuion , appelé tvsH thuia , «croit auprès da temple de Jupîtev Ammoa , çt «» dans le territoire de Cyrène; resse/nble au.çyprès:^ «et sur*tout au cyprès sauvage^ par Iq^ bran^h^, » par les feuiUes ». par le tronc ^ et p^r Iç frnH ; a le u bois ÎBcorrupiihle » et des. racint^s tr^ crépue» » « dont on fait des meubles pi*éci/eux. »
M. Mongès croit aussi pou-voir rapporter 9^ même arbre un passage de Pline, liv, y^,ch«ip, i, où il nest pas fait mention de son nom, mais où il est dit: qi^au rapport de Suétoniqs.PaaUnus le pied de TAtlas est couvert d*épatsse« forêts .d!ua arbre inconnu , remarquable par l élévation de son tronc luisant ejt san^ noeudsi, dont Ijbs feuille$ ressemblent à celles du. cyprès, d une odi^ur forte, et couvert d'un duvet léger, dont avec Vart on pourroit faire des vêtements comme on jan f^it da bombyx.
M. Mongès après avoir fait une revufe des difï^ rents arbres qui ont étéconsîdiérës par divers bota* nistes, comme \e citrum ouïe thuium de&anciel^s, et n'en trouvant parmi ceux.de TAtlas aMC»n q^i réponde à son gré à.ce quePJioe et Tbéophraste en ont dit, «suppose. que Te^pèce en.a>^detrniite sur cette cbaiiKi de montagnes, commit ecjle idu eédre lésera pmbablement bientôt sur te iii}»awi et croit que si de citrum existé encore qualqiie part
ET PHYSIOLOGIE TÉGÉTALE. ^07
on doit le chercher dans nue espèce de genévrier, improprement afipelé juniperus thurifera par Lin^ naeus^ etqueTournefortet Otivierontobservésar le mont Tau ras.
M'.' Desfontaines pense que c est plutôt le tantarix orienialiSf ou Yaltée des Éf^yptiens modernes ^ iliais iKnest^ selon M. Mongès, ni assez çrand ni assez précieuxpour répondre aux dèscriptionsdacitrutixi. il n'arrive pas à la grosseur du corps d un homme ^ et é'est le bois de chaufGige et de mtouiserie le plus commun en Egypte.
M. Sprengel j^daiis ses notes sur Tkéophraste im* primées en 1 8122 , voit le citrum dans le ikuia drAculata de Vahl ; arbre fort semblable efu cyprès^ de vingt-quatre à trente pieds de haut, sur douze à quinze pouces de diamétfe, que M. DeSfontâine&a observé près de Tripoli, el que^M» Dellacella a sur^ tout trouvé en grande abotldanoe datis la^yrénaïquet M. Mongès le regardé aussi tomme trop petite, mais peut-être n est-il pas nécessaire de beaucoup s arrêter aux difficultés prises de la grandeur. Il n'^n est questiob que dans k passaffe tiréde Sdétonius Paûlinus, qui n'esit pas très évidemment telalif au citrum. D ailleurs il se^oit possible, et M. Mongès lui-même semble le penser, que oes, grands itidf^t^eâtix si recherchés {joui* des meubles d^ lâte n^ fussent pas les pmduitS'^ ô^rd inaires: de
2o8 BOTANIQUE
Farbre, mais des excroissances, des monstruosités ^ peu communes; et même cette circonstance expliqueroit mieux que toute autre leur énorme cherté. 11 faudra donc retrouver parmi les arbres assez nombreux, auxquels conviennent plus ou moins les descriptions vagues données par les anciens de leur thuion ou de leur citrum , quel est non pas celui qui devient le plus grande mais celui qui est le plus sujet à ces sortes d*excroissances dont les veines et les taches pourroicnt produire un effet agréable.
C'est aux voyageurs qui visiteront de nouveau TAtlas et la Cyrénaïque qu'il appartiendra de résoudre complètement ce problème.
M. Bory Saint -Vincent à rendu un service réel aux botanistes, en imaginant un appareil au moyen duquel les plantes destinées à entrer dans leurs hçrbiers se dessèchent plus vite et sans être autant altérées dans leurs couleurs qi)e par les procédés ordinaires.
C est une planchette percée de trous à laquelle s attache d un côté une toile garnie à son bord libre d'une petite tringle de fer, et qui, au moyen de deux courroies , serre contre la planchette les feuilles de papier et les plantes que l'on place entre elles après leuriivoir £)it subir une première compression. I^
circulation de Taîr accélère la dessiccatiôi) , et empêche la fermentation qui noircit les couleurs; on réussit par-là à conserver des orchis , des liliacées et d'autres plantesqui sont communément fortdéfigurées dans les herbiers.
Chacun a pu remarquer que les vieux arbres peuvent perdre leur moelle sans en périr, et il n est personne qui nait vu des troncs dormes ou de saules creusés par la pouriture de tout leur intérieur^ et n'en produisant pas moins chaque année des feuilles et des branches. Mais M. du Petite Thouars desiroit de savoir s'il en étoit dé même dans les jeunes pousses dont la moelle est encore verte et enveloppée seulement d'une couche ligneuse tendre, et il éprouvoit quelque embarras sur la manière la plus concluante de faire cette expérience, lorsqu'un petit insecte, le callidium populeum, lui a donné une solution du problème. C'est un coléoptère dont la larve se loge dans l'épaisseur des jeunes pousses du peuplier blanc , en dévore la moelle et en écarte les parois ligneuses et corticales, de manière à produire dans la pousse un renflement dont les traces subsistent pendant quelques années. Ces pousses ne souffrent pas sensiblement de Taltération que cet insecte leur feit
BUPFON. COMPliM. T. 111. l4
éprouver dans une partie que Ton pouvoit croire si essentielle.
On sait depuis long -temps que plusieurs des parties des végétaux sont essentiellement de même nature et peuvent se changer les unes dans les autres; que les étamines se changent en pétales dans les fleurs doubles; que les pétales se changent en feuilles; que les pistils eux-mêmes prennent cette forme ; et Linnaeus, dans une belle dissertation , a établi sur ces faits une théorie d après laquelle la fleur tout entière n est que le développement simul* tané de toutes les parties d une branche, et le bourgeon à fleur ne diffère du bourgeon à bois que par une vie plus prompte et plus concentrée.
M, Baspail, jeune botaniste , dans un grand travail sur les graminées , a été conduit à étendre cette théorie jusqu'à la graine elle-même. Selon lui l'embryon ne seroit qu'une sommité de rameau que Faction du fluide du pollen a détachée du cône qui le supportoit, et laissé renfermé dans la cavité de la feuille, à l'aisselle de laquelle il appartenoit, feuille dont le tissu cellulaire en se gonflant lui sert de périsperme ; le style et le stigmate ne sont qu'un développement incomplet du chaume de ce bourgeon. I^ fécondation dans les végétaux n'est qu'un isolement ; tout bourgeon contient l'équivalent
d une graine ; et toute la plante se réduit primitivement a un cène ascendant, à un cône descendant, et à une articulation qui est le foyer et le centre de leur action et de leur existebce.
Cette théorie repose sur des observations nombreuses et curieuses, relatives aux.parties de la fleur dans les graminées, et sur des hypothèses ittgénieu'ses par lesquelles iauteur cherche à expliquer leur origine et les particularités de leur structure.
Ainsi la paillette supérieure de ces fleurs a tantôt les nervures en nombre pair, tantôt en nombre impair; et, dans le premier cas, lepillet auquel elle appartient a toujours plusieurs fleiirs. Au contraire, dans le second cas, il n y a qu'une fleur : d où M. Baspail conclut que cette nervure impaire est le pédoncule d'une fleur avortée. Il a trouvé une confirmation sensible de cette conjecture dans cette variété de Fivraie que 1 on appelle lolium compositum , et dont Tépi est changé en partie eti panieules. I^s axes des épillets ainsi surajoutés y sortent de la base dés paillettes, et ne sont que des développements de leurs nervures médianes.
L'auteur suit cette idée dans la graine qui germe. 1^ cotylédon lui paroit jouer à l'égard de la première feuille le même rôle que le chaume à l'égard de la première feuille du bourgeon, ou que le pé-
doncule de la seconde fleur à Fégard de la paillette à nervures paires de la première : il en est la nervure médiane détachée; il représente, au milieu du périsperme farineux, le chaume encore renfermé dans la feuille qui lui sert de spathe. Les filament des étamines paroissent à M. Raspail ^ les nervures des valves du calice, et les anthères des portions de ces valves remplies de pollen ^ lequel ne consisteroit lui-même qu en cellules injectées et isolées. Les petites écailles placées entre les étamines, et que plusieurs ont nommées pétales, seroient les débris de ces mêmes valves du calice.
M. Gaudichaud, Tun des naturalistes qui ont accompagné M. Freycinet dans son expédition autour du monde, et qui est chargé de rédiger dans la relation de ce beau voyage la partie botanique , «i présenté à TAcadémie une flore des îles Malouines.
Situées entre le 5i® et le 62* degré 3o rpinutes de latitude sud , ces îles sont sujettes à des hivers très longs et très rigoureux , pendant lesquels la terré est chargée d'une neige épaisse. Le climat en est extrêinement humide. Les côtes sont bordées de rochers et de dunes, et l'intérieur composé de montagnes peu élevées et de plaines couvertes de lacs et de marais. Le sol est une tourbe spongieuse qui s étend sans interruption sur les plaines et les
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2l3
montagnes, et qui se refuse à toute culture ; aussi les diverses colonies européennes qui ont tenté à di* verses reprises de s'établir dans ces îles se sont-elles vues obligées de les abandonner. Néanmoins ce sol produit beaucoup de plantes, mais qui appartiennent à des espèces peu nombreuses. Il n y vient pas un arbre; et 1 arbrisseau le plus élevé, la veronica decussata de Willednow , ne s y élève pas audessus de six pieds. L'une des espèces les plus re-^ marquables est une graminée (Jestuca flabelldta dé Tiamarck), dont les feuilles s étalent en éventail comme celles des iris, et dont la tige vers sa base si le goût savoureux du cbou-palmiste.
M. Gaudichaud annonce que, malgré la pauvreté de leur végétation, les Malôuines possèdent plus de quarante espèces qui n ont pas encore été trouvées ailleurs.
Les familles dominantes sont les lichens, les four gères, les mousses, lés cypéracées, les graminées, les synanthérées, et les renbnculacées.
Nous regrettons que les bornes prescrites à notre travail ne nous permettent pas dentrer dans les détails des espèces décrites par Fauteur, et des parr ticularités qu'il en rapporte; mais les botanistes trouveront bientôt ces résultats intéressants dans la suite du bel ouvrage où sont consignés toqs ceux de l'expédition de M. Freycinet.
Nous regrettons égaletnent de ne pouvcnr don* ner adsez d étendue à lanolyse du grand travail de M; Adrien de Jussieu sur la famille des ruiacées. L examen qu il A fait du plus grand nombre des espèces connues^ les dessins exacts qu'il a donnés de leurs fleurs et de leurs fruits, et les rapports nombreux qu'il a saisis entre leurs différents groupes , donnent une grande importance à cette disser-' tation. L auteur y divise les rutacées en cinq groupes généraux,
Celui des zygophyllées est composé d arbres, d arbrisseaux, et dé plantes herbacées à feuilles composées et accompagnées de stipulée. Les fleurs^ toutes hermaphrodites, ont un calice à quati^ ou cinq divisions^ autant de pétales; des étamines hy* pogynes en nombre double des pétales ; un ovaire à deux ou cinq loges renfermant deux ou un plus grand nombre d ovules;, une capsule égalemeitt à deux ou cinq loges ; autant de valves ; une ou plw^ sieurs graines dans chèque loge; Ferabryon vert; les cotylédons foliacés ; la radicule supérieure.
Celui des rutées se distingue des zygophyllées par ses fruits divisés en lobes; par lembryon en-r touré dun périsperme charnu; par les feuilles^ alternes, sans stipules, et parsemées dô glandes^ si Ton excepte cependant lepaganum dont le fruit est entier, et dont les feuilles non glanduleuses sont
accompagnées de stipules. Ce genre intermédiaire entre les deux groupes établit le passage presque insensible de Vun à Fautre.
Le groupe des diosmées le plus nombreux eti geïires et en espèces réunit des arbres et des arbrisseaux. Leursfleurshermapliroditesrégulièreset irrégulières ont un calice à quatre ou cinq divisions, quatre ou cinq pétales libres ou soudés; les étami* nés hypogynes en nombre égal ou double de celui des pétales, quelquefois mioindre ; un ou cinq ovai|res, deux ovules dans chaque loge; la. capsule composée de coques réunies ou distinctes ; lendocarpe cartilagineux , bivalve , se séparant du sarcbcaî'pe à la maturité; une ou deux graines dans chaque loge; les feuilles parsemées de glandes. M. de Jussieu divise les diosmées en quatre sections.
Les zanthoxylées, qui forment le quatrième groupe, sont des arbres et arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, simples ou composées, souvent parsemées de points glanduleux. Leurs fleurs régulières et unisexuelles ont un calice à quatre ou cinq divisions, des pétales en pareil nombre, quelquefois nuls; quatre ou cinq étamines dans chaque fleur mâle, avec un rudiment de pistil. Les fleurs femelles ont souvent des étamines stériles. L'ovaire est simple, à deux ou cinq loges, surmonté d-un
2i6 BOTANIQUE
Style, ou bieii multiple, avec autant de styles que d Qvaires; deux ovules dians chaque loge, dont un avorte souvent; le fruit capsulaire ou charnu, la graine entourée d une enveloppe cassante, un périspermé, la radicule sapérieure.
Le cinquième groupe, celui des simaroubées, a pour caractères des fleurs hermaphrodites, rarement uuisexuelles, des calices à quatre ou cinq divisions, autant de pétales et detamines, dont la base de chaque filet s'élargit en forme d écaille; quatre ou cinq ovaires contenant chacun un ovule, la graine recouverted uneenveloppe membraneuse, les cotylédons épais, la radicule supérieure, point de périsperme : les tiges ligneuses ; les feuilles le plus ordinairement composées et non ponctuées.
L auteur rappelle quelques genres dont Taffinité avec les rutacées lui paroît encore douteuse, et qui doivent être soumis à un nouvel examen.
On voit, d'après ce qut vient d'être exposé, que la famille des rutacées , formée d'un grand nombi:>e de divisions et sous-divisionsliées les unes aux autres par des affinités réciproques, a peu de caractères communs à tous les genres dont elle se compose, et qu'on ne peut conséquemment la définir avec une grande précision.
Il n'est pas possible non plus de ranger ces genres à la suite les uns des autres dans une série linéaire^
et c'est ce qui a déterminé l'auteur à tracer une sorte de réseau sur lequel, autour du principal genre de chaque division générale, il a placé ceux qui ont avec lui le plus d affinité , mais de manière à indiquer aussi les rapports qu'ils ont avec d'autres genres.
Ce qui est très remarquable c'est que ces divisions et subdivisions établies sur des caractères botaniques se trouvent en rapport avec la distribution géographique des plantes dont elles se composent.
Les subdivisions dès diosmées par exemple habitent l'une exclusivement dans l'Amérique équatoriale, l'autre àla Nouvelle-Hollande, une troisiènie au cap de Bonne-Espérance^ et une quatrième au midi de rEurope, Cette dernière est celle qui a le plus de rapport avec les rutacées, et les rutacées habitent également le midi de l'Europe. Les simaroubées sont indigènes de FAmérique équatoriale, et c'est de la division des diosmées américaines qu'elles se rapprochent le plus.
Plusieurs plantes médicinales, mais dont les propriétés sont fort variables, appartiennent à cette famille. Tels sontle^aïac/la ruelle zantoxylum, le cusparia/ebrifuga, dont l'écprce est connue dans les pharmacies sous le nom d'augustura; le simarouba, Iç €jua$sia amara; et elle réunit aussi des plantes d'ar
2l8 BOTANIQUE
grément, comme la fraxinelle et plusieurs diosma du Cap, remarquables par Télégance de leurs formes et de leurs fleurs.
Le cyca$ est un arbre des Indes , très reinaix(ua* blepar sa moelle qui donne une sorte de sagou très nourrissant, et par ses fruits qui , mangés sans précaution, sont un puissant vomitif, mais qui deviennent un aliment sakibre par la macération, et sont la nourriture obligée des Malais pendant les funérailles de leurs proches. Ses feuilles ressemblent à celles des fougères , mais ses organes de reproduction sont tellement singuliersque l'on hésite depuis long-temps sqr la place que Ton doit lui assigner dans le régne végétal.
M. Robert Brown en fait une famille particulière qu'il range entre les monocotylédones et les dicoty-' lédones. M. du Petit-Thouars , qui l'a beaucoup étu*diéà rUede-France, lui trouve beaucoup d'analogie avec les osmondes.
Cet arbre a été le sujet des observations de M. Gaudichaud.
Il nous apprend qu'il répousse non seulement de lioutures^ mais par de simples rondelles ou des fragments coupés sur les têtes des jeunes plants, et qu^il n'est pas même nécessaire d'enterrer, mais qui disséminés à la sur&cê du terrain poussent promp-
tement des racines. Ce sont des espèces de bour^ geons. Le trodc se ramifie comme celui du dracœna et du palmier-doum. lies naturels de certaines ifes à qui le sajrou de cydas sert de principal aliment , après lavoir extrait de l'arbre, le macèrent dans leaU , et ensuite le font sécher sur des feuilles de pëilmier. Les spadices des individus femelles sécrètent une espèce de gomme très semblable à celle que Ion nomme adragant, et qui sort d'un astragale ; et, selon M. Gaudicbaud , il est tel arbre dont on en retireroit cinq et six livres pesant.
L au teur croit en conséquence qiie le cycas pourroit être cultivé avec avantage dans nos colonies.
M, du Petit-Thouars a annoncé à ce sujet que, dans son opinion, le sagou est une production commune à beaucoup de fougères et de palmiers, et peut-être à toutes les plantes monoootylédones.
Il croit même qu'on pourroit trouver un sagou indigène dans le blanc de l'asperge.
Cette moelle diffère de la fécule des dicotylédones, de celle des pommes de terre, par exemple, principalement à cause de la présence de ce gluten ani^ mal qui caractérise aussi la farine des céréales.
M4 Lamouroux , professeur à Caen , que les sciences ont perdu cette année, avoit présenté peu de jours avant sa mort à l'Académie , dont il étoit cor^
respondant, un g^rand travail sur la distribution géographique des plantes marines. Elles sont réparties d après des régies fort semblables à celles qui régissent la distribution des plantes terrestres. Celles des côtes de rAmérique méridionale, par exemple, diffèrent de celles de l'Europe et de FAfrique tout autant que les plantes de la surface de ces deux continents.
Il y a dans la mer comme sur la terre de grandes contrées qui ont chacune en propre son système de végétation. Ainsi FOcéan septentrional, depuis le pôle jusqu au 4o* d^ré de latitude nord , la mer des Antilles , y compris le golfe du Mexique , les côtes orientales de FAmérique du sud , celles de la Nouvelle-Hollande , celles de la mer des Indes , la Méditerranée et ses divers golfes, la mer Rouge, etc. , offrent autant de grandes régions marines à végé^ tation particulière.
Les plantes marines sont ainsi confinées dans certaines régions par des causes analogues à celles qui limitent ou qui favorisent Fextension des plantes terrestres, la nature du sol et des roches, les proéminences des terres, la profondeur de Feau, les courants , la quantité de Fcaq douce que les fleuves jettent dan$ certaines plages. Les stations de ces végétaux aquatiques sont encore très dignes de remarque. Il y en a, par exemple, qui s^établissenf
constamment dans les lieux que la marée couvre et découvre chaque jour, d'autres dans ceux qu elle ne découvre qu'aux syzygies ou même qu'aux équinoxes ; il en est «nfin qui veulent toujours être cachés sous les eaux.
Dans certaines espèces les individus vivent rapprochés en société et couvrent de g^rands espaces ; dans d'autres les individus vivent épars et mêlés parmi des espèces différentes. ^
Les plantes marines que la même saison voit naître et mourir se plaisent dans la zone polaire; les plus ligneuses sont plus multipliées entre les tropiques.
Au reste l'auteur ne donne pas encore ces régies comme immuables ; et en effet l'on ne connolt pas à beaucoup près l'histoire des plan tes^ marines autant que celle des plantes terrestres ; on n'a décrit jusqu'à ce jour que mille six cents espèces des premières, et il s'en faut beaucoup que l'on ait pu suivre chacune d'elles dans tous les lieux où elle peut exister.
M. Delise a continué l'histoire des lichens ,* dont nous avons annoncé les premières parties en i823. Il traite , dans un deuxième mémoire , du genre roccella, auquel appartient l'orseille des teinturiers. Ses espèces ne croissent que sur le$ rochers des
bords de la mer, et se rapprocbeiit des fucus par la forme alongée de leurs rameaux et par iempate-^ ment qui les fixe à la pierre. Elles sont bien moins nombreuses que celles du g;enre ^icte, et Fauteur n en counoit que sept qu il décrit avec beaucoup de sqin.
M. Delile, professeur à Montpellier, et correspondant de TAcadémie , lui a fait connoltre un accident arrivé dans la ville où il réside, et qui prouve de plus en plus combien il faut se défier des champignons sauvages. Deux personnes y sont mortes pour avoir mangé des champignons pris dans une quantité dont le reste fut mangé sans inconvénient par une autre famille. Vagaricus bulbo* sus, espèce très dangereuse, se trou voit dans les deux portions ; et ceux qui 1 avoieiit fourni en fai* soient usage depuis long-temps sans en souffrir. M. Delile attribue cette différence à celle de la préparation ; le sel , le vinaigre , lebuUition , la pression^ neutralisent quelquefois dans un chamjHgnoii ses qualités vénéneuses , et font illusion sur le dan* ger qu'il peut faire courir si on le mange sans avoir au préalable employé les mêmes moyens.
Les belles collections qui enrichissent la botanique ont continué avec le même succès. Les Nova gênera et species de MM. de Humboldt et Kunth
sont terminée avec le septième volume. Les trois collections que publie M. Auguste de Saint-Hilaire se continuent heureusement. Sa Flore du Brésil, en est au quatrième fascicule ; ton Histoire des pUmtes les plus remarquables de ce pays au cinquième, et il y en a déjà huit de ses Plantes usuelles des Brasiliens. I^ respectable M. Paulet, le doyen des botanistes, a donné encore deux cahiers de %es Champignons ; et M. le chevalier Smith , correspondant, a publié le troisième volume de sa Flore angloise. Je n ai pas besoin de dire qu'il mest impossible d*indiquei^ même en ahréçé toutes les observations neuves dont, par leur nature, de tels ouvrages sont remplis. Il me suffi radonc d*en avoir rappelé les titres*
Les végétaux dont les racines doivent être plongées dans la teiTe dirigent vers le centre du globe la radicule de leur embryon ; et depuis long-temps les physiciens recherchent la cause déterminante de ce mouvemeut , qui tient sans doute , à quelques égards, à la gravitation, mais dans lequel il entre nécessairement aussi quelque ^utre action de la part du végétal luii-mème. La radicule du gui ne présente pas ce phénomène : elle se dirige vers les corps sur lesquels la graine de cette plante parasite est coUéa; en sorte qi| en iixîint des graines de gui
sur la surface d'une sphère on voit toutes les radicules se diriger vers le centre de cette sphère. M. Dutrochet a établi, par des expériences dont nous avons rendu compte en 1821 , que cette direction spéciale est le résultat d'une action vitale ; et il pensait que lattraction des corps sur lesquels la graine du gui se trouve fixée en était la cause déterminante. Mais plus récemment, en plaçant des graines de gui dans une obscurité complète, il s'est aperçu que leurs radicules n'observoient plus aucune direction fixe vers les corps sur lesquels elles étoient attachées; et il en a conclu que leur direction vers ces corps a pour seule cause déterminante la tendance que manifeste la radicule du gui à fuir la lumière. Fixé sur un corps opaque, l'embryon du gui dirige sa radicule vers ce corps, parceque c'est de ce côté seulement quo ne lui arrive point la lumière dffluenté de tous les autres côtés.
Le même naturaliste a fait des expériences d*un intérêt encore plus général et propres à éclaircir non seulement la physiologie végétale, mais celle de tous les corps organisés ; leur objet était sur-toiit de trouver à l'ascension de la sève une cause qui ne fût point susceptible des mêmes objections que celles qui ont été imaginées jusqu'à ce jour, telles
que la capillarité des vaisseaux ^ la contractilité de leurs parois, l'évaporation à la surface, et autres semblables, dont le peu de fondement lui paroissoit démontré, parcequll nVn est aucune doiit on ne puisse prouver Finsuffisance. Le hasard lui fit remarquer que les capsules de certaines moisissures se remplissoicnt d'eau au travers de leurs parois , pendant qu'elles expulsoient par leur orifice une substance plus dense qu elles çontenoient aupara vant. Ce fait éveilla aussitôt ses idées, et il chercha à le reproduire plus en grand . Des cœcums d oiseaux plongés dans leau , quoique liés au bout ouvert, se remplirent de ce fluide ; ouverts, l'eau y pénétroit par leurs parois en chassant devant elle les matières qu'ils pouy oient contenir, telles que du chyme ou du lait; et ces phénomènes duroient tant que ces matières n'étoient pas putréfiées : alors l'inverse avoit lieu , l'eau intérieure étoit chassée au dehors, et le petit intestin devenoit flasque. ^
M. Dutrochet eut alors l'idée de fermer, au moyen d'un des cœcums, l'extrémité inférieure d un tube rempli d'eau gommée, et de le plonger à demi dans l'eau. Le liquide ambiant suivit la route accoutumée : il pénétra dans l'intestin, et avec sssez de force pour soulever l'eau gommée, et la faire monter jusqu'à ce qu'elle s'écoulât par l'extrémité supérieure du tube.
MUFPON. GOMPLÉM. T. III. l5
En variant ces expériences, M. Dutrochet est arrivé à cette conséquence générale, que toutes les fois que deux liquides de densité différente sont séparés par une membrane organique, le moins dense se porte avec force du côté où est le pins dense, et que la cavité où étoit ce dernier se remplit et devient ce quen physiologie Ton nomme turgide; à moins toutefois que la nature chimique des liquides ne s y oppose, lalcalinité en certains cas produisant le même effet que la moindre den* site. M. Dutrocliet nomme eiuiosmose cette tendance d^un liquide à pénétrer dans Tintérieur d'une cavité organique, et exosmoselB tendance contraire; et 1 on comprend aisément que par le moyen des impukions et des expulsions que ces tendances doivent produire il lui est aisé de donner des explications plausibles des mouvements qui ont lieu dans les fluides des végétaux ; il les applique même aux sécrétions des animaux.
Mais Fendosmose et lexosmose avoient ellesmêmes besoin d'une explication , et Fauteur la trouve dans 1 observation faite il y a quelque temps par M. Porrett, que lorsque deux fluides &ont séparés par une membrane organisée, si Ton élec^ Irise Tun des deux , il ^ povte avee force du côté dé celui qui n est pas électrisé; et dans là loi générale de lelectricité galvanique, qu'aussitôt que deux
corps de densité différente sont en contact, l'un des deux s elcctrise positivement et lautre négativement.
Gest ainsi qu'il est conduit à copclure que Fé- . lectricité est Yagent immédiat des mouvements vitaux.
Il fait des applications ingénieuses de sa théorie aux mouvements du sang dans les vaisseaux capillaires, à ceux de la lymphe, et aux sécrétions; FinflammatioQ et la turgescence érectile sont pour lui des endosmoses portées à un plus haUt degré, des hyperendosmoses : il voit, par exemple, là cause de rinfiammation qu^ produit un corps étranger dans lliyperendosmose amenée par la densité de ^ ce corps supérieure à celle du sang environnant; et lact^ion autiphlogistique des cataplasmes et des autres substances humides lui parott dépendre de l'atténuation qu elles produisent dans les matières dont la densité excitoit une endosmose extraordinaire.
Nous ne suivrons pas Fauteur dans tous les développemenfis de sa doctrine; mais on en trouvera un exposé complet dans Fouvrage qu'il vient de publier, et qui est intitulé : [Agent immédiat du mouvement vital dévoilé dans sa nature et dans son mode d'action chez Us végétaux et chez les animaux; I vol. in-8^, Paris, 1826.
Depuis long-temps les botanistes ont remarqué dans la végétation des changements à- peu-près semblables quant au nombre des plantes , et quant aux genres et aux espèces auxquels elles appartiennent, lorsqu'ils se sont rapprochés du pôle, ou qu'ils se sont élevés vers les sommets des hautes montagnes. Le refroidissement progressif de la température dispose les végétaux à se ranger sur les divers étages des chaînes, comme aux difFérentes zones de la terre, et Tune de ces échelles représente lautre en petit. On comprend néanmoins que cette conformité ne peut pas être complète. Ni la succession des jours et des nuits, ni Fétat et le poids de lair, ni la nature des météores, ni les facilités ou les difficultés de la dissémination des plantes , ne sont les mêmes ; et par ces raisons il reste toujours intéressant d'étudier sous ce rapport la végétation des montagnes , sur-tout celle des pics isolés, dont par beaucoup de causes les caractères doivent être plus prononcés.
. C'est ce qui a voit engagé M. Ramond , que l'Académie a eu le malheur de perdre il y a seulement quelques semaines, à s'occuper, avec une suite toute particulière , de la végétation du pic du Midi de Bagnères , sommité de la lisière septentrionale des Pyrénées, élevée de plus de 3,ooo mètres audessus de la mer, et qui se trouve séparée des
sommets semblables les plus voisins par des intervalles rabaissés , et longs de deux et trois lieues. M- Ramond y est monté trente-cinq fois en quinze années différentes, et na rien négligé pour con-* stater tous les points de sa constitution physique aussi bien que pour en recueillir tous les végétaux , quelque microscopiques qu'ils soient. La chaleur de lair s'y porte rarement en été au-dessUs de 1 6 ou 1 7'' ; mais son sol schisteux et noirâtre s*échaufFe bien davantage, et il élève quelquefois le thermomètre à 35® lorsque l'air libre ne le fiiit monter qu a 4 ou 5"". A cet échauffement du sol se joint la vivacité de la lumière , la transparence de 1 air. L'évaporation que cette transparence provoque fait vivement contraster la froideur des nuits avec la chaleur des jours ; les neiges n'y sont nulle part perpétuelles , et toutefois ce n'est guère qu'après le solstice qu'il commence à s'y montrer des fleurs : la floraison devient générale pendantle mois d'août, et se soutient pendantcelui de septembre; passé le 1 5 octobre il n'y a plus rien ; l'automne y finit quand le nôtre comftience. Tout le reste de l'année appartient à l'hiver; mais pendant un été*si court la température varie encore souvent et brusquement, par Tinfluence des plaines environnantes : souvent au milieu du plus beau jour on voit le sommet du pic s'entourer de nuages , et sa surface se couvrir d'une
23o BOTANIQUE
gelée blanche ; et c'est sur-tout par ces vicissitudes que le climat des mootagnes doit se différencier de celui des régions arctiques, où tout concourt à donner aux phénomènes atmosphériques une continuité qulls ne peuvent avoir dans nos montagnes. Tel est un résumé fort court du tableau animé que M. Ramond a tracé de ce site singulier. Il le fait suivre de Ténumération des plantes qu'il y a recueillies. Malgré le peu détendue de l'espace, elles sont au nombre de cent trente-trois espèces : soixante -onze plantes ordinaires et soixante cryptogames ; encore Fauteur ne se flattct-il pas de n'ep avoir pas laissé échapper quelqu'une de ces der^ nières , d'autant que la facilité que la plupart ont de croître par«-tout les rendoit moins importantes pour l'objet qu'il se propose. Parmi ces cryptogames il y a cinquante-un lichens; les hépatiques, les mousses, les fougères, n'ont £3urni que onze espèces. Parmi les autres plantes que M. Ramond croit avoir à-peu-près toutes recueillies une seule a la consistance d'un arbrisseau ; c'est un très petit saule, salix retusa: des arbres ne pourf oient résister aux ouragans de ces cimes ; rien n'y subsiste, dit M. Ramond , que ce qui rampe, ce qui se cache ou ce qui plie. Parmi les herbacées il n'en est que cinq d annuelles , toutes les autres sont vivaces. Les plantes annuelles n'ont qu'une existence pré-
caire dan^ une région doat les intempéries coiùpromettent tour*à-tour la fécondation des germes^ la maturation des fruits , la germination des graines; les plantes vivaces au contraire peuvent atten*^ dre les jours favorables. Ces plantes appartiennent à cinquante genres et à vingt-trois familles. Les composées seules forment un sixième du total; les cypéracécs et les graminées un septième ; les crucifères, les caryopbyllées , chacune un douzième; les lysimachies, les joubarbes, les saxifrages, les rosacées , les légumineuses , autant de dix-huitièmes. A l'exception de quelques espèces communes , ces plantes sont généralement étrangères aux contrées limitrophes, mais il s en retrouve une partie sur les Alpes; une autre partie est propre à la chaine dés Pyrénées , et il en est plusieurs que Ton ne revoit que dans les régions polaires; il y en a jusque dans nie Melville , découverte récemment par le capitaine Parry ; la Flore de cette tle n offre que ceiit dix-sept espèces , mais qui y sont dans des rapports très différents : les cryptogames en font les deux cinquièmes ; les cypéracées et les graminées prennent plus du quart du restant.
M. Turpin, qui joint à un grand talent pour dessiner les plantes une connoissance fort approfondie de leur organisation , a présenté des vues
géaéralcs sur leur composition élémentaire : ii n admet point ces alternatives de vie végétale et animale, ni sur*tout ces réunions d'êtres séparés pour en former un seul, que les observations de MM. Girod^Chantrans , Bory Saint-Vincent, Gaillon , et autres naturalistes , semblent indiquer dans certaines espèces d'une organisation inférieure ; il ne pense pas qu un être organisé qui a eu son centre particulier dWganisation puisse s'unir à d'autres pour former par juxtaposition un être plus compliqué ; et il considère les faits dans lesquels ces apparences de réunion ont eu lieu comme des cas particuliers d une théorie générale qu'il établit sur la végétation. Tout végétal lui parolt composé de vésicules ; le végétal le plus simple , formé d'une vésicule unique, ou ce qu'il nomme globuUne, lui paroit se trouver dans ces croûtes légères et vertes qui se montrent sur les murs humides , sur les verres de Tintérieur des serres chaudes , et que les botanistes ont nommées lqf)ra. Elles ne se composent que d une agrégation de vésicules qui , bien que rapprochées, ont chacune leur existence indépendante, et qui se reproduisent par des vésicules plus petites formées dans leur intérieur, et qui en sortent lorsqu'elles ont atteint le développemeiit nécessaire. D'autres de ces lepra offrent des globulines attachées et comme enchaînées à des filaments : les monilies,
ies conferveSy ne sont que des glûbulines attachées les unes au bout des autres , et dont chaque vésicule devient une capsule, une prison , pour de la {)[lchbuline plus petite qui naît dans son intérieur ; c est ce que lauteur nomme de la globuline captive. L'intérieur du peridium des lycoperdons, les capsules desjungermanne&et des marchantia, ne contiens nent que de ces globulines captives. Il en est de même du pollen et des anthères : ce que Ion a nommé aura seminalis consiste dans ces globulines captives qui s'échappent. Le tissu cellulaire tout entier des végétaux ne se compose que de globulines qui en contiennent d autres , ou , comme M. Turpin s'exprime, que de vésicules-mères dont chacune est une sorte d ovaire rempli d'ovules ; ce sont ces petits ovules qui constituent la matière verte des feuilles, et qui produisent en général toutes les couleurs dont se parent les diverses parties des végétaux. C'est par le développement continuel, par le sur-ajoutemçnt dé ces jeunes vésicules, que le tissu végétal s'accroît sur tous les points et dans tous les sens. En soudant côte à côte par la pensée plusieurs conferves simples on aura une lame d'ulva : la feuille réduite à sa partie essentielle n'est qu'une lame , une écaille , qui en s'articulant, en se découpant, en se repliant, donne toutes les parties du végétal ; les papilles, les poils
simples et cloisonnés, ne sont que des extensions des vésicules plaeées à la surface. Ce sont des extensions pareilles du pollen , favorisées par Thutnidité du stig^mate , que M. Adolphe Brongniart a consi* dérées comme des pénis végétaux, et dont il vient de donner une histoire si curieuse. Lorsque Ton a eru voir la matière verte deTintérieur des articula* tions des conferves s'agréger pour former ces globules qui en sortent et qui les reproduisent, c'est qii'une vésicule avoit grandi aux dépens des autres qui s etoient oblitérées ; et lavortement de tant de corps reproducteurs na rien d'improbable, puisque nous en voyons sans cesse des exemples en grand dans les fruits de tant d arbres et de plantes. On a désigné trop vaguement sous le nom de matière verte ces substances qui se montrent dans les eaux (Croupissantes ; ce sont tantôt des globulines , tantôt de véritables animaux microscopiques, et non une matière sans forme et sans limites. Enfin, dans l'idée de l'auteur, c'est parceque la globuline comme corps reproducteur existe dans l'intérieur de tous les tissus végétaux que ces tissus donnent naissance à ce que l'on nomme des embryons adyentifs; qu'il peut naître des bulbes, des-bourgeons sur des feuilles; et que ces embryons, détachés des feuilles^ mères , peuvent devenir dès végétaux en tout semblables à ceux qui les ont produits. On comprend
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2v^5
qu'il restera toujours à demander comment chacune de ces vésicules isolées emporte toujours avec elle le type de ia plante dont elle est sortie, et par quelle force les vésicules qui naissent de celle* là, ou , comme dit Fauteur, qui s'y sur-ajoutent, sont toujours contraintes de se ranger dans un ordre et de se renfermer dans un espace semblable à ceux de cette première plante; mais c est là le mystère de la génération , qu'aucune de nos théories n'est encore parvenue à percer.
Depuis vingt ans et plus M. du Petit -Thouars a publié presque chaque année les observations qu'il a faites sur la physiologie végétale; mais ses résultats contrariant quelques unes des opinions reçues, ils n'ont pas çté répandus autant que Tauteur pourvoit Fespérer, et il s'en est présenté de semblables à d'autres observateurs qui les ont crus nouveaux et qui leà ont publiés cornue tels ; mais il est arrivé plus d'une fois que l'on n'en -a rencontré qu'une partie, en sorte que, suivant M. du Petit-Thouars, on a mêlé des erreurs aux vérités qu'il avoit précédemment reconnues.
C'est pour détruire ces erreurs, plutôt que pour réclamer la priorité de ces découvertes , qull a entrepris de faire un résumé de ses travaux.
Il a rappelé que dès ]8o5 il avoit annoncé que
les pousses du tilleul se trouvent arrêtées par le dessèchement subit du sommet de la jeune branche et par sa séparation, qui arrive six semaines ou deux mois après le premier développement du bourgeon qui lui avoit donné naissance ; que poursuivant cette idée il la étendue à toutes les plantes, et en a &it le sujet d*uh mémoire , lu le 7 octobre 1816, où, sous le titre de Terminaison des plantes, il a fait voir que le bourgeon est une série de feuilles qui paroît avoir la faculté de se développer indéfiniment ; qu'une série pareille existe aussi bien dans une plante annuelle que danslarbrele plus vivace; qu'on peut l'observer dans le mouron par exemple, aussi bien que dans le chêne ; mais que par des causes qui paroissent accidentelles , quoiqu'elles aient toujours lieu , elles se trouvent arrêtées dans leur carrière : dans les herbes annuelles en périssant en entier; dans les arbres, tantôt par une décurtation comme dans le tilleul et le lilas , tantôt par la formation d'un nouveau bourgeon terminal comme dans le chêne et le marronier dinde, tantôt enfin parceque leur extrémité est saisie par les premières gelées.
Les palmiers et quelques autres monocotylèdones donnent, selon l'auteur, l'exemple de ce que pourroit produire un seul bourgeon par la perpétuité de son développement.
Mais pour établir cette proposition il lui a fellu étendre la signification du mot bourgeon en l'appliquant à toutes les nouvelles pousses qui paroissent dans Faisselle des feuilles, quelles soient enveloppées d'écaillés à leur base ou qu'elles en soient privées.
Un naturaliste distin|[ué par de nombreux et d excellents travaux , M. Vaucher, a observé de nouveau! cette décurtation du tilleul et d'autres arbres, et il en a fait le sujet d'un mémoire ; mais en même temps , s'en tenant à l'ancienne définition du bourgeon donnée par Ray et Linnaeus , non seulement il a refusé des bourgeons aux herbes, aux arbres des pays équatoriaux , il en a refusé même aux conifères , parcequ'il a pensé que les écailles qui couvrent leurs nouvelles poussés n'ont rien de commun avec celles des autres arbres.
Sans s'arrêter à discuter ce point M. du Petit- Thouars s'est borné à faire connoître une particularité de la végétation des pins qui peut être utile pour leur culture : c'est que, contre l'opinion vulgaire, lorsque le sommet du scion terminal ou de la flèche est supprimé , du milieu des couples de feuilles les plus voisins de la plaie il sort une proéminence ou un véritable bourgeon qui donne de nouveaux scions; mais au lieu d'écaillés il s'y montre des feuilles vertes et acérées , de l'aisselle des-
quelles sortent de nouveaux couples de feuilles. On a donc eu raison de regarder ces couples de feuilles ou les pinceaux du pin du ilord comme de véritables bourgeons.
M. du Petit-Thouars avoit suivi Topinton la plus généralement répandue parmi ses prédécesseurs pour la sortie dés racines ^n soutenant que les nouvelles racines sortent indifféremment de toutes les parties des anciennes, sans quMl y ait de lieu déterminé pour leur sortie; maisdiwrs naturalistes ont avancé depuis qu il existe des parties prédestinées à la manifestation des racines , des espèces de bour-* geons souterrains.
Dans un mémoire plus récent on a annoncé qu'il se trouve des organes semblables non seulement dans les parties enfouies, mais sur les branches les plus élevées. On les voit dçns ce qu'on nomme les pores corticaux y ou ce que Guettard nommoit des lenticelles.
On a montré que lorsque Ton plonge dans l'eau une bouture de saule, ses pores se crèvent en laissant apercevoir Imtérieur de Vécorce qui est d'uQ blanc éclatant et cpmnxe farineux. C est de là que sortent invariablement les nouvelles racines. ^
Mais M. du Petit-Thouars fait remarquer qn'ii avolt déjà sigrialé ce phénomène en 1 807 dans son sixième essai ; il avoit reconnu qu'il sort effective-
ment des racines de ces points. Il en avoit vu sortir indifFéremment d autres parties, même sur les saules; mais dans le plus grand nombre les autres arbustes dont il avoit mis des boutons en expé* rience, tels que le sureau et la vigne, les racines sortoient de la partie inférieure ou de la plaie. Il avoit donc pensé que dans les saules ce n est que pour obéir à la loi de moindre résistance que ces racines sortent par ces pores ou lenticelles. Cependant il a trouvé récemment un arbuste qui appuie singulièrement lassertion contraire.
G est le solanum dulcamara ou la douce-amère. Sa tige est parsemée de tubercules blancs qui paroissent absolument semblables aux lenticelles, mais qui ne s ouvrent pas. Si Ton enlève Técorce, on trouve vis-à-vis de chaque mamelon une radicelle détachée du corps ligneux, et qui semble prête à sortir, et cela lui arrive immanquablement au bout de vingt*quatre heures si on en forme une bouture en la plongeant dans Teau.
Il est certain que dans ce cas , qui parolt unique à 1 auteur, cette radicelle est prédestinée à sortir par le mamelon : on ne voit aucune trace d'une partie semblable dans les saules, quelque profmptitude quils mettant à pousser des racines; mais M. du Petit-Thouars présume que c est ce plus grand développement qui caractérise le so/onKin radicans.
24o BOTANIQUE
G est encore en citant ses travaux précédents que M. du Petît-Thouars a entrepris de traiter de l'origine de la couleur verte des végétaux. Il se trouve principalement en opposition avec ceux qui récemment ont agité cette question, parcequ'il soutient toujours que deux substances distinctes dès leur origine composent les végétaux: le ligneux et leparenchymateux. Il avoit déjà placé Tindividualité végétale dans les fibres ligneuses; il paroU qull voudroit aussi Faccorder à chaque molécule détachée qui doit, par suite de la végétation, former les utricules du parenchyme. Il place la vitalité végétale dans laction réciproque de ces deux parties. Gela le conduit naturellement à traiter cette autre question : Que doit-on nommer organes dans les végétaux? Il entre en matière en citant une tentative curieuse. Ayant détaché les embryons ou scutelles de plusieurs grains de maïs encore laiteux pour reconnoitre quels étoient leur poids et leur volume en comparaison du reste, après avoir satisfait sa curiosité sur ce point Vidée lui est venue de les planter dans cet état, c'est-à-dire privés de téguments et sur-tout de périsperme, et à sa grande surprise il les a vus presque tous germer et pousser aussi vigoureusement que les autres; et ce qui lui a paru singulier c'est que le scutelle a été soulevé au-dessus du sol. Il est donc devenu ce qu'on nomme épigée au.
lieu d'être hypogée, ce qui est le mode général dé toutes les graines monocotylédonéa. Ce résultat a été d atord pour M. du Petit-Thouars une nouvelle preuve que ce scutelle est un véritable cotylédon, ensuite que le périsperme n'est pas un ^liment indispensable pour la plantule, du moins lors de la germination; car il étoit déjà porté à le regarder comme lé superflu de la substance déposé dans le test de la graine pour fournir la nourriture de cette plantule. Aussi prétend-il qu'il ne s'y trouve pas de fibres ligneuses ni de parenchyme en état uttiéulaire , ce qui est en opposition avec une nouvelle doctrine.
M. du Petit-Tbouars connoissoit cette opinion nouvelle ; mais il n'a voulu , dit-il , l'attaquer que par des faits constaiits. Il examiha successivement des grains de maïs à mesure qu'ils avançoient vers la maturité. Les écrasant entre deux verres il a toujours vu des granules suspendus dans un liquide; mais leur volume s'augmentoiten même temps que le test grossissoit. T/orsque celui-ci fut parvenu à son maximum, l'intérieur étoit une émulsion visqueuse; à mesure qu'elle se sécboit il voyoit paroître des filaments; quelques uns sembloient se réunir en formant des hexagones. Mais lorsque la dessiccation a été complète, au lieu de ces figures régulières, il y a vu (les ramifications ; elles ont pris
BUTFON. COMPLEM. T. III.
la forme ramifiée semblable à celle desi agates arborisées pu à une espèce darbre de Diane. Il sest persuadé que c etoit la partie glutineuse qui avoit pris cette forme ; il en a conservé des échantillons qui ne lui laissent pas le moindre doute sur ce point.
C'est donc par une opération artificielle que M. du Petit-Thouars est conduit à regarder le périsperme comme un résidu étranger à la végétation; mais il n'abandonne pas l'observation du cours ordinaire de la nature sur les plantes les plus répandues. C'est ainsi qu'il tire de la comparaison de la feuille de capucine avec sa fleur dans l'état ordinaire une nouvelle preuve de lune de ses propositions , que la fleur n'est qu'une transformation de la feuille et du bourgeon qui en dépend. Il retrouve par la conformité des faisceaux ligneux dans les deux parties, soit dans leur nombre, soit dans leur conformatiQn,rorigine de toutes les anomalies que présentent leurs fleurs ; la nature est venue lui offrir une pleine confirmation de tout ce qu'il avoit aperçu à l'apparition d'une chlorantie de Cjette fleur, c est-à-dire d'une altération par laquelle toutes ses parties sont changées en feuilles vertes. M. Dutrochet l'avoit déjà découverte et annoncée, mais M. du Petit-Thouars étant à même de la suivre pendant deux mois a pu saisir toutes ses phases.
Ce qui loi a paru le plus remarquable o est qu'une pointe ou mucro qui termine la nervure principale ou médiane seule devient Yatithère dans Fëtamine, et le style et le sti^jmate dans chacune des trois feuilles qui composent le pistil ou lovaire. Il a pu suivre encore plus long-temps les changements d^une autre chlormitie, celle de la fraxinelle; c'est une des plus anciennement conmies, car elle a été décrite et figurée aussi bien que possible par Marchant dans les mémoire^ de l'Académie pour 1 706. La rencontre de ces déviations organiques a été pour M. du Petit-Thouars l'événement le plus heureux qu'il pût éprouver. Il regardoit. comme très important d'en observer au moins une dans chaque grande femille naturelle. Il en possède trois dans les ombellifères qui lui paroissent des plus instructives, sur-tout pour la théorie des insertions. Il a continué ses recherches sur les germinations et il a trouvé une pleine confirmation de ce qu'il avoit annoncé précédemment , que dans tous les protophylles ou cotylédons développés des plantes dicotylédones la nervure médianeest composée de deux faisceaux distincts et parallèles. Gela est manifeste dans plusieurs espèces, telle que la mercuriale , par la bifurcation constante qu'éprouve cette nervure à s^a sommet. Gela arrive aussi par accident. Ainsi il a trouvé sur le scandix pecten ou peigne de Fénus
qu un de ses protophylles étoit profondément bi • furqué au sommet; ce qui lui a donné le moyen de confirmer ce quil ne faîsoit que soupçonner, que dans les ombellifères les nervures sont aussi doubles.
M. du Petit-Thouiars s'est encore trouvé dans le cas de réclamer la priorité d'une idée par laquelle il terminoit l'exposition de sa manière d'envisag^er l'action réciproque des deux substances composant suivant lui tous les végétaux phanérogames , le ligneux et le parenchymateux ; il demandoit aux physiciens si on ne pou voit pas y reconnoitre un appareil galvanique bien combiné , capable d'exer* cer une action directe sur la marche de la sève. Laissant entrevoir toutes les conséquences théoriques qu'on pourroit déduire de cette action pour expliquer une de ses assertions, la sève arrive où elle est demandée, il se borne pour le moment à attirer l'attention sur cette portion du parenchymateux qui, se trouvant à l'extérieur, forme totalement l'enveloppe qu'on connoit sous le nom d'épiderme. Ayant rempli toutes les phases de la végétation c'est un corps inerte ou impassible. On pourroit, à l'imitation des chimistes, le dire brûlé; il sert donc à préserver tout l'intérieur du contact des actions extérieures : de là il résulte que cet intérieur est un monde à part, où toutes les lois physi-^
ques qui le régissent sont dirigées dans le but de la conservation de Findividu.
Dans toutes les parties de Thistoire naturelle il s*est trouvé des genres qui sont demeurés pendant quelque temps isolés et ne se rattachoient que foiblement aux familles les plus voisines, mais presque toujours ils ont été des indices de familles nouvelles que les découvertes graduelles des voyageurs ont complétées peu à peu.
Tel a été le genre brunia de Linnaeus , que M- de Jussieu avoit placé d abord à la suite des rbamnées. Lies staavia, les linconia, Yërasma, le tanmea, sont venus successivement s'y rattacher, et MM. Brown et DecandoUe ont composé de ce groupe leur fa-p mille des bruniacées.
M. Adolphe Brongniart vient de soumettre cette famille à un nouvel examen; il y ajoute des genres nouveaux qu'il nomme berzelia, raspalia, berardia, et auduinia, et il en trace le caractère général. On y admettoit des pétales attachés sous le limbe d'un calice adhérent inferieurement à lovaire, et des étamines insérées au même point ; suivant M. Adolphe Brongniart les pétales et les étamines sont in^ sérés non au calice, mais à la. partie supérieure et latérale de lovaire , un peu au-dessus du point où il s est séparé du calice. C'est ce qu'on nomme en bo-<-
tanique imertion épigyne; et il en résulte que 5 dam la distribution adoptéejusquacejour, elles ne peu* vent plus rester près des rbamnëes , auxquelles elles resdûmblent cependant pour le port. Ce seroit près d^ ombellifères et des araliacées , qui leur ressemblent fort peu , quelles devroient se ranger ; mais il Êiut se souvenir que la distribution des familles et des classes , d après lés caractères tirés de Tinsertion et de la présence ou de Ja division de la corolle, n est pas autant fondée en nature que les familles elles-mêmes.
M. Duvau prépare un grand travail sur le genre des véroniques , Fuii des plus nombreux etdes plus répandus du règne végétal , remarquable d ailleurs par les beautés délicates de ses fleurs et des bou^ quets qu'elles composent. Il a présenté un mémoire où il passe en* revue avec un grand détail toutes les modifications que présentent leur calice, leur corolle, leurs étamines, leur ovaire, leur stigmate, leur fruit, et leurs graines. La longueur relative des étamines , le nombre et la forme des graines , le nombre des panneaux dans lesquels se fendent les coques de leur péricarpe, donnent des caractères d'après lesquels leurs nombreuses espèces peuvent être réparties en certains groupes dont M. Duvau a donné le tableau. Il n est pas jusqu^aux nervures
de la corolle qui ne varient pour le nombre , et cela diversement dans chacun de ces lobes. Ces observations délicates forment une introduction piquante à la description détaillée ou monographie de ce Ijenre que Fauteur fait espérer, et qui, d'après cet exposé préliminaire, intéressera infailliblement les botanistes.
Parmi ces productions marines d'une nature ambiguë , que Ion a rangées tantôt dans le régne animal , tantôt dans le régne végétal , il s en trouve une de substance presque crétacée, remarquable par des tiges grêles, surmontées de chapiteaux en forme de disques minces, rayonnes, et un peu concaves dans leur centre : c'est Yacetabulum de Tournefort , le cùrallina androsace de Pallas , le tubularia acetabutum de Gmelin , Yacétabulaire méditerranéen de Lamark, Yacetabularia intégra de Lamouroux. Cette seule énumération de quelques uns de ses noms montre que les naturalistes les plus récents la regardent comme un polypier. M. Rafeneau-Delile , qui l'a suivie avec soin dans les étangs salés des environs de Montpellier, en a pris une autre opinion. On l'y observe souvent en touffes épaisses , soit sur des coquilles, soit sur des tiges à demi décomposées de zostera. A l'état de vie sa couleur est verte, Ic^ cellules rayonnantes de son disque renferment
des séries de globules visibles sans microscope. Elle se montre d abord comme de petits tubercules ou des mamelons verts dont la racine n edt qu'un cal un peu épaissi; elle devient tubuleuse et s'élève quelquefois à trois ou quatre pouces de hauteur sans développer encore son disque; mais le plus souvent, dès leur premier alongement, ses tubes présentent des nœuds séparés par de légers étranglements , et Ion voit sur le contour des parties dilatées de petites saillies qui sont comme des ébauches de bourgeons disposés en anneaux; et ces bourgeons se développent quelquefois en rameaux, divisés en deux, trois ou quatre fois de suite; les parties ramifiées ne diffèrent point des conferves marines ordinaires : ce sont des tubes fermés à leurs points de jonction et qui renferment une matière verdâtre, A mesure que les tiges s alongent elles produisent de nouveaux cercles de rameaux , et en même temp3 les cercles précédents et inférieurs se détruisent; leurs points d'attache mêmes cessent de paroître. Il arrive enfin que les tubes d'un de ces cercles sont soudés, et forment ainsi un plateau celluleux à compartiments disposés en rayons, qui e3t d abord transparent et qui s'élargit jusqu'à la maturité. Souvent il s'élève du centre de ce plateau une houppe de ramifications flottantes qui ne diffèrent point de celles qu'avoit produites la jeune
tige. Donati , qui avoit aussi observé cette production à letat de vie, avoit considéré ces filaments comme des étamines. La pulpe de l'intérieur des cellules du disque se distribue par degrés en globules qui demeurent renfermés jusqu'à ce que ce disque se rompe ps^r accident ou par vétusté; ils tombent alors au fond de Icau, sans montrer aucun mou vement spontané.
M. Delile soupçonne que ces globules sont les moyens de reproduction de lacétabulaire, et il espère s'en assurer par de nouvelles expériences. D'après ces faits il pense que l'acétabularia est un végétal de la famille des conferves.
L'analyse chimique faite à sa prière par M. Balard lui a paru confirmer cette classification. Après avoir dépouillé l'acétabularia de sa partie calcaire par l'acide hydrochlorique étendu d'eau, il en a retiré une matière verte analogue à celle qui colore les feuilles, une gomme et une matière ligneuse. A la distillation l'on en retire à peine une trace sensible d'ammoniaque. Sa cendre se compose presque en totalité de carbonate de chaux , mêlé seulement d'un peu de carbonate de magnésie, d'alumine , et d'oxyde de fer.
Aux grands ouvrages de botanique que les memr )>res et correspondants de l'Académie continuent
25o BOTANIQUE
de publier, tels que les Plantes usuelles des Brasiliens et la Flora Brasiliœ meridionalis de M. Auguste de Saint-Hilaire, parvenus, le premier à la dixième, le second à la cinquième livraison , sont venus se joindre les Mémoires sur les légumineuses par M. Decandolle, dont il a paru sept cahiers , et la Partie botanique du Voyage de M. Freycinet, par M. Gaudichaud , qui est déjà à sa quatrième livraison.
La seconde partie du Sertum austro<aledonicum , de M. de La Billardière, a paru dès 1826; mais nous croyons devoir en faire mention ici , parceque nous avions involontairement négligé d en parler l'année précédente. La première partie du même ouvrage a été annoncée dans notice analyse de 1 824.
Dans tous ces écrits Fart du dessin et celui de la gravure prêtent à la science le secours qu'elle devoit attendre de la perfection à laquelle ils sont parvenus, et sur-tout du grand nombre de personnes que l'enseignement prodigué par no3 institutions a mises à même de les pratiquer.
M. Achille Richard, fils du célèbre botaniste que l'AtCîadétnie & perdu en 1 82 1 , a mis au jour les deux ouvrages laissés par son père, sur les familles des conifères et des cycadées , et les a complétés par ses propres observations.
Ces deux ouvrages, qui forment un volume iu^fo
lie accompagné de trente-deux planches dessinées par M. Richard père avec l'exactitude et la supériorité que tous les botanistes s'accordent à reconnoître dans ses dessins, contiennent non seulement les caractères de ces deux familles et des genres qui les composent, mais encore des développements et des discussions sur leurs différents organes et les modifications nombreuses qu'ils éprouvent dans ces genres. Voici La classification des genres que M. Richard a adoptée pour la famille de» conifères :
i" tribu. Taxinées.
a. Fleurs renversées.
Podocarpus. Dacrydiwn.
b. Fleurs dressées.
Phyllocladus, Taxus^ SaUshfiria Ephedra.
a" tribu. CcpHESsmÉEs.
Juniperus. Thuya, Callitris, Cupressus, Tztxodium.
^'' tribu. Abietinées.
Pinus. Ahies, Cunninghamia, A^athis. Araucaria,