MINÉRALO^IS ET GÉOLOGIE
M. Sage a fait part a llnstitut de ses recherches sur rémeri et sur les substances qui pourraient le suppléer dans le polissage. Il résulte de ses observa*tions que la chrysolithe de volcans pulvérisée peut remplacer Témeri; tous les artistes qui 1 ont employée ont été' satisfaits des effets qu'ils en ont obtenus.
Les observations d où la géologie peut tirer les plus grands résultats sont sans contredit celles qui ont pour objet les animaux fossiles , mais particu-* lièrement les animaux terrestres. M. Cuvier a continué les travaux qu il a entrepris sur cette impor^ tante matière. Il a terminé conjointement avec M. Brongniart la géographie minéralogique des environs de Paris, dont il a déjà été donné un aperçu dans le rapport des travaux de llnstitut feit Tannée dernière. Il a ensuite porté ses recherches sur les brèches osseuses des côtes de la Méditerranée. Ces roches singulières, qui se ti^ouvent à Gibraltar/près de Terruel en Aragon , à Cette, à Antibes, à Nice, près de Pise, en Corse, sur les côtes de la Dalmatie, et dans Tîle de Cérigo , ont été formées dans des fissures du calcaire compacte qui constitue le sol principal de ces divers lieux, et eiCies sont toutes composées des mêmes éléments: c'est un ciment de couleur rouge de brique qui lie con-
fuscment de nombreux fragments d'os et de débris du calcaire où ces brèches sont renfermées. Les os contenus dansées rocherâ appartiennent tous à des animaux herbivores la plupart connus , et niéme encore existants sur les lieux; ils sont mélëoigés à des coquilles de terre ou d'eau douce : ce qui porteroit à penser que ces brèches sont postérieures au dernier séjour de la mer sur nos continents, mais fort anciennes cependant relativement à nous, puisque rien n'annonce qu'il se forme encore aujourd'hui de ces brèches, et que même quelques unes, comme celles de Corse , renferment des animaux inconnus.
IjCS terrains d'alluvion contiennent aussi des os de rongeurs ; on en a découvert dans les tourbières de la vallée de la Somme avec des bois de cerf et des têtes de bœuf, et dans les environs d'Azof , près de la mer Noire. Ces os ont appartenu à des espèces de castors : les premiers ressemblent assez à ceux du castor commun ; les autres, qui forment une tête complète, proviennent d'une espèce beaucoup plus grande que celle que nous connoissons ; et M. Fischer, quj a découvert cet animal, lui donne le nom de trogontherium^ que M. Cuvier adopte comme nom V spécifique.
Des débris de rongeurs ont aussi été trouvés dans les schistes. On en a décrit de trois espèces. M: Cu-
vier en a vil la 6gure d'une que quelques auteurs regardoicmt comme ayant appartenu à un cochondinde, et d'autres à un putois. M. Cuvier a bien reconnu sur ce dessin les caractères d un rongeur ; mais il n'a pu en déterminer le f][enre, et conséquemment Tespèce.
Parmi les os fossiles de ruminants trouvés dans les terrains meubles M. Cuvier a reconnu une espèce d'élan différente de celle que nous connoissons aujourd'hui. Les débris de cet animal ont été recueillis en Irlande, en Angleterre, près du Rhin, et aux environs de Paris , dans des lits de marne peu profonds, et qui paroissent avoir été déposés dans leau douce. D autres bois, découverts abondamment aux environs d'Étampe^ dans du sable surmonté par du cafcaire deau douce, ont montré l'existence d'une petite espèce de renne qui paroit ne plus se trouver actuellement. M. Cuvier a de plus observé des restes de bois de chevreuil, de daim , et de cerf, qui ne lui ont point paru différer essentiellement des bois de nos espèces connues. « Rien, dit Fauteur, n'est plus abondant: les alluvions récentes en ont toutes fourni; et, si Ton ne trouve pas sur ces bois fossiles beaucoup de témoignages, c'est que ne se montrant qu'à de très petites profondeurs ilsi n'ont rien présenté d'assez remarquable pour être notés. »j
366 MINÉUALOGIE
Daos les fossiles de ruminants à cornes creuses il a reconnu des crânes daurochs découverts sur les bords du Rhin, sur les bords de la Vistule, dans les environs de Cracovie, eu Hollande, et dans TAniérique septentrionale : seulement ces crânes surpassent en grandeur ceux de Faurochs; mais, comme lobserve M. Guvier, cette différence pourrôit bien être due à labondance de nourriture qu avoient autrefois ces animaux lorsqu'ils disposoient à leur gré des vastes forêts et des gras pâturages de la France et de FAllemagne.
Il existe une autre sorte de crâne fossile qui ne diffère du crâne de nos boeufs domestiques que pair une taille plus grande et par des cornes autrement dirigées. Ces crânes ont été trouvés dans la vallée de la Somme , en Souabe, en Prusse, en Angleterre, en Italie. « Si l'on se rappelle, dit M. Cuvier, que les anciens distinguoient en Gaule et en Germanie deux sortes de bœu£$ sauvages, lurus et le bison, ne sera-t-on pas tenté de croire que lune des deux étoit celle de cet article, qui, après avoir fourni nos bœufs domestiques , aura été extirpée dans son état sauvage, tandis que l'autre, qui na pu être domptée, subsiste encore en très petit nombre dans les seules forêts de la Lithuanie ? »
On rencontre aussi dans les terrains meuble^ des os de chevaux et de sangliers : les premiers accom-
pagneat presque toujours les éléphants fossiles, et se soat trouvés avec les mastodontes , les tigres, les hyènes, et les autres os fossiles découverts dans les terrains d'alluvions ; mais il n a point été possible de reconnottre si ces os appartenoientà une espèce de cheval différente de notre espèce domestique. Les os de sangliers ont été tirés pour la plupart des tourbières, et n'offrent aucun caractère qui les distingue des os du sanglier commun.
On a encîore trouvé d autres os que M. Cuvicr a reconnus avoir appartenu à une espèce inconnue de lamantin : ils ont été découverts dans les couches de calcaire marin grossier qui bordent les rives du Layon dans les environs d'Aogers, et ils étoient mêlés à d au très os , dont les uns paroissent provenir d'une grande espèce de phoque et les autres d un dauphin«
Les squelettes de trots espèces de quadrupèdes ovipares fossiles, conservés dans des schistes calcaires, ont aussi fait lobjet des recherches de M. Cuvicr.
Le premier a été trouvé dans les schistes d'Oeningen, situés sur la rive droite du Rhin , à sa sortie du lac de Constance. Il avoit été décrit et figuré comme le squelette d*un homme antédiluvien ; mais cette erreur avoit été réfutée. M. Cuvier a recherché le genre auquel il appartenoit, et il a prouvé par
'IJO MimÉHALOGIB
daires avoîent été formé» dans le sein des mers;; une partie de ce» couches est même séparée de Faotre par des bancs marins intermédiaires, ce qui sem- Ueroît prouver que la mer a fait une irruption sur les continents qu elle avoit précédemment aban* donnés, et confirmeroit les traditions de déluge si universellement répandues parmi les peuples.
M. Brongniartétendantsesrecberehesa reconnu ee terrain formé dans Feau douce en beaucoup de lieux de France très éloignés de Paris; il a pixsienté les earactèares minéralogiques qui le distinguent, et les caractères zoologiques des coquilles qu'il re^ cèle; 41 a fait voir quun grand i)omi>re de ces co^ quilles, quoique appartenant à des genres connus et certainement d'eau douce , sont cependant d es-» pèces inconnues ; et comme il se trouvoit dans le nombre quelques coquilles dont les analogues ont été rapportées jusqu'à présent à des genres marins, il a fait voir que cetoit faute d'attention qu'on les avoit laissées dans ces genres, et que les coquilles eonnues qui portent les mêmes caractères vivenv au moins aux embouchures des fleuves. Enfin comme dans un très petit nombre de lieux quelques coquilles véritablement marines somt mtàéê» à des coquilles d'eau douce , M. Brongniart a mon« tré que c'est toujours au plan de réunion des deisx terrains que ce phénomène arrive, et il n'y a rien
d*étonnant qu'imméjdiatement après les révolutions qui changèrent la nature des eaux les derniers restes de la mer aient pu être mélangés avec les premiei*s produits de leau douce, ou réciproquement.
Ce mémoire établit d une manière invincible un fait entièrement nouveau pour Thistoire du globe.
M. Cuvier la appuyé par un autre mémoire sur les os fossiles de reptiles et de poissons des carrières à plâtre des environs de Paris. Ses recherches , qui terminent le travail qu'il continue depuis dix ou douze ans sur les ossements doht nos ptâtrières sont remplies, lui ont appris que, parmi les nombreux quadrupèdes de genres inconnus qui ont fourni ces os, il y avoit aussi une espèce de ces tortues molles, appelées depuis peu trionyx^ par M. Geoffroy, et qui vivent tontes dans les rivières ; deux autres espèces de tortues deau douce ordinaire; une sorte de petit crocodile , et quatre espèces de poissons , dont trois sont certainement de genres qui vivent dans Teau douce, et dont le quatrième pourroit aussi très bien y avoir vécu. On ti'a jamais trouvé aucun débris de reptile ni de poisson distinctement marins.
Or sur les bancs de gypse et de marne qui recé^ lent ces ossements, et où Ion trouve aussi des coquilles d'eau douce et des troncs pétrifiés de pal-
miers, reposent des 4>ancs considérahles remplis d une quantité innombrable de produits de la mer; et sur ceux-cî lon^tiPou-ve d autres bancs deau douce, mais dont les os et les coquilles ne sont pas les mêmes que dans les bancs inférieuiri. Il est impossible d avoir des indices p}us manifestes et plus clairs d'une révolution.
1^ toutes les pierres formées diMs l'eau douce la plu^ remarquable est celle que Ion appelle marbre de ChâieauJMndon , et dont on construit l!sire de triompbe de rÉtoilc. M. Brongfuiart y â reconact les caractères minéralogiques de cette formatÎDik, et, en y regardant de prèa, il a fini par y en trouver les coquilles.
En Auvergne, M. Brongniart a observé le terrain d'eau doulee recouvert par les produits des volc^nseteints , si ^ombreux dans ce pays-là.
En Alsace et auprès d'Orléans, MM. Hammer et Bigot de Morogues ont trouvé dans ce terrain les ossements des mêmes genres de quadrupèdes que M. Cuvier a déterminés aux environs de Paris.
MM. Sage et de Cubières ont rappelé Tattention^ de l'Institut sur un fait particulier de géologie , dont beaucoup de savants se sont déjà occupés , et qui a donné lieu à des conjectures sans nombre.
Il s agit d'un petit temple auprès de Pouzzoles , dont il restetrois colonnes, percées toutes les trois à '
la même hauteur, et à trente pieds au-dessus du niveau actuel de la mer, par des dails ou pholades, sorte de coquillages qui savent pénétrer dans Tépaisseur des pierres plongées sous leau.
Ces colonnes ont-elles été tirées d une carrière placée pendant quelque temps sous les eaux? Mais pourquoi auroit-on choisi des pierres cariées, et comment les trous seroient-ils tellement de niveau? Le temple a-t-il été successivement abaisséet relevé, dans ce terrain volcanique sujet à tant de mouvements irréguliers, de manière à rester quelque temps haigné par la mer? Mais comment après de semhlahles secousses ces colonnes seroient-elles restées debout?
Enfin les éruptions volcaniques n ont-elles point produit quelque digue qui , retenant les eaux , aura enfermé pendant un temps ce temple dans un petit lac 9 et qui , s étant rompue , aura rendu le terrain à sa sécheresse naturelle ?
Il y a des difficultés à toutes ces explications. La plus grande, relativement aux deux dernières , est de savoir comment de telles révolutions ont pu avoir lieu depuis la construction du temple sans iai^er de traces dans la mémoire des hommes ; car Ion parle hien d une éruption arrivée en 1 628 , où se forma la colline appelée encore aujourd'hui MonteiVttOi/o-, et où la mer envahit une partie du rivage;
BurroN. COMPLIÊM. T. II. 18-
274 MINÉBAL06IB
mais on ne fait pas mention de deux révolutions successives-
M. de Cubières a trouvé près de ce temple dses fragments dune variété particulière de marbre, dont il a lu à Flnstitut la descriptian et I analyse; il eU blanc, demi^tran^parent , reçoit un be^u poli, se dissout difficilement par iaeide nitrique ^ laisse jaillir des étincelles par le choc, et contient 22 oat* tièmes de magnésie.
M. de Cubières, qui le nomme marbre grec magHéden, pepseque c est celui dont les jsmciiéns se servoient pour construire les temples sans fenêtres , où Topa ne recevoit le jour que par la transparence des nuiiss.
M. Sage a donné des expériences propres a Ëâre connoitre la composition de la plombagine , ou de ce minéral avec lequel on fabrique les crayonsan^ glois. Selon ce chimiste , elle ne cootiendroit point de fer, mais seulement une matière charbonneuse, mêlée d un dixième d alumine, 1^ le cinder 011 diai^^ bon fossile deSaint-Symphorien , près de liyon, seroit, de tous les minéraux connus, celui q^i s'en approcheroit le plus.
M. Daubuis^on, ingénieur des mines, ayfint pressente à rinstitut un mémoire sur certaines isoi»-^ Mnaisons naturelles de Toxyde de fer av^ F^au, M. Sage a rappelé diverses analyses, où il annoit prouvé que Fhématite brune et IWre ou bel j«iinre
oootiennent^rune 1 2 centièmes, Tau tre un dixième de leur poids d'eau.
Le même M. Daubuisson a fait connoitre un gisement singulier d'une mine de plomb. C'est une couche très étendue de galène ou plomb sulfuré, contenue dans un terrain coquillier de formation que cet ingénieur regarde comme récente, tandis que les matières métalliques sont plus ordinairementdanslesterrainsd ancienneformation. M. Daubuisson a observé cette mine près de Tarnowitz, en Silésie. Pour connottre réellement Tâge des couches calcaires qui la renferment, il fau droit déterminer les espèces de coquilles qui les remplissent.
ANNÉE ISll.
Feu M. Abildgaard , professeur à Copenhague , a découvert, il y a quelques années, une combinaison d'alumine et d acide fluorique, inconnue jus* qu'alors des minéralogistes. M* Bruun-Neergardt , gentilhomme de la chambre du roi de Danemarck, a présenté une note historique sur cette substance très^rare, originaire de Groenland: il décrit des morceaux où elle est entourée d'autres minéraux* quifont présumer le genre de terrain qui la recèle.
M. Lelièvre, membre de l'Institut, a donné une autre note sur la découverte d'un corindon gris, qu'il à fedte dans quelques morceaux de roches gra-
nitiques qui lui ont été envoyés de Piémont par M. Muthuon , ingénieur des mines.
M. Brongniart, correspondant, a complété la description minéralogique des environs de Paris, qu il avoit entreprise avec M. Cuvier, par un nivellement des principales hauteurs du canton qu il a décrit. On en trouvera les résultats dans l'ouvrage que ces deux naturalistes viennent de publier en commun sur ce sujet, et qui entrera aussi dans la collection des recherches sur les ossements fos-, siles que M. Cuvier doit mettre au jour d'ici à quelques mois.
M» Dauxion-Lavaysse, ancien colon de Sainte- Lucie, a présenté une description géologique de la Tritiidad et des autres îles voisines de l'embouchure de rOrénoque. Ces dernières sont basses , et souvent inondées par le fleuve dont elles paroissent des alluvions. La Trinidad a un lac qui produit beaucou p de bitume , et vers la côte méridionale la mer vomit aussi de cette substance en deux endroits. Deux monticules voisins ont de petits cratères , et répandent des vapeurs sulfureuses. On y trouve du soufre, de lalun, et du vitriol cristallisés. Dans une autre partie de l'île est une mine de plombagine et de charbon de terre. Du reste la Trinidad ressemble tellement à la partie voisine du continent, par la nature de ses roches, qu'il y a
tout lieu de croire, suivant M. Lavaysse, qu elle y a tenu autrefois. Tout y est schiste gris ou argile ; le calcaire et le gypse , si abondants aux Antilles , y sont fort rares.
Les dépouilles fossiles des corps organisés occupent toujours les naturalistes.
M. TrauUé, d'Abbeville, a présenté à llnstitutla tête pétrifiée d'un petit cétacé qui paroît avoir appartenu au genre de la baleine , et que Ton a déterrée dans les fouilles du bassin d'Anvers ; M. le comteDejean, sénateur, en a adressé une semblable, et du même lieu, à ladministration du Muséum d'histoire naturelle. On y a trouvé aussi une grande quantité de vertèbres d'animaux de la même classe, et beaucou p de coquilles.
M. TrauUé a encore présenté une portion de mâchoire inférieure de rhinocéros , trouvée dans les sablonnières de la vallée de la Somme, dans les environs d'Abbeville.
M. Daudebart de Férussac, jeune militaire, transporté successivement par les devoirs de son état dans les parties Içs plus opposées de l'Europe , a pro* fité de ses moments de loisir pour en observer les fossiles ; et comme il a fait une étude particulière des coquilles de terre et d'eau douce, il s'est atta-
278 MINÉRALOGIB
çhé de préférence à cette jsoi&te 4e terrain déoon*^ verte aux environs de Paris par MM. Bron(];niwt et Cuvier^ litquelle ne contenant que des jcoquilies d'eau douce a paru à ces naturalistes ne point de» voir son origine à la mer , comme la plupart des autres terrains secondaires.
M. de Férusâac a trouvé des terraînssemblables , renfermant les mêmes coquilles et composés des mêmes substances , dans le midi de la France, âans plusiews provinces dïlspagne^ en Allemagne,. et jusqu'au fond delà Silésie ; en sorte qu'il n est guère douteux qu'il ne s'en soit Ibrmé par-tout.
M. de Férussac, pour donjaer plus de préciflkNn à ses observations , «'est occupé dm coquilles elles^ mêmes, on a déterminé ies espèces avec beaucoup de rigueur, et a donné de bonnes observations sur les variations qu'elles peuvent s«ibir, et plusieurs idées hau^reuses sur les earactères qui peuvent en distinguer les genres,
M. Guvier vient de mettre au jour, en quatre volumes in-4°, avec beaucoup de planches , le jBe* cueil de tous ses mémoires sur tes Ossements Fossiles de quadtapèdes. Il en décrit ;Soi^anite^x**huit espèces , dont quarante-neuf sont bien certain©ment . aujourd'hui inconnues des naturalistes, et dont seize ou dix-huit sont encore douteuses. Les autres os trouvés daofi des terrains récents parois^
Bt OÉOLOOIB. 2^9
sent 4ipparteîiir à des «KBfiaux conmis* Dans un distxMirB prélimiiiaire Fauteur expose la méthode qu^l a ^ivie , et les résultats qu il a obteilus. U lui paf(rft suitredes fieiits qu'il a constatés que la terre a éprouvé plusieurs graudes et subites révolutioiis, dont la dernière, qui ne remonte pas au-delà de emqou six mille ans , à détruit les pays habités ak>rs par les espèces actudlement vivantes , et offcot pour habvtaèion aux foiblfes restes de ces espèces des con* tinents qui avoient déjà été habités par d'autres êtres qu'ufte révolution précédente avoit abymés, et qui reparurent dan< leur état actuel lôrs de cette deltiit^e révolution.
Ij» méthode de Tôbservation positive devient de plus en plus dominante en géologie, et Ton acquiert chaque jour des notions plus précises sur les terrains <qut composent les di^mrs pays, sur les lois générales de leur superposition ^ et sur les corps organisés dont ils renferment des restes.
Les couches pierreuses qui ne recèlent que des coquilles d*eau douce, dont MM. Cuvier et Bron.<*r gniart ont découvert une si grande étendue aux environs de Paris, et que MM. Brongniart, Omalius de flalloy, Mwcd de Serres, Damdebart de Férus^ sac , etc. ^ ont retrouvées dans une infinité d*âutr«s
28o MINÉRALOGIE
contrées, ont particulièrement excité Fatteaticm, et ont engagé les naturalistes à faire, des recherches pour distinguer les coquilles d'eau douce de celles des eaux saumâtres et des eaux salées. MM. de Férussac et Marcel de Serres ont donné chacun un mémoire sur cette question. Les espèces seules, dit le premier, peuvent être alléguées en preuve, et non les genres , car la plupart des genres ont des ' espèces marines et fluviatiles ; les variétés même ne sont pas indifférentes à étudier, car la même espèce, d'après les observations de Fauteur, change quelquefois de forme au point de 'devenir méconnoissable pour quiconque n'auroit pas observé ses différents passages, et la difficulté augmente quand il sagit de déterminer les coquilles à l'état fossile, où Tépiderme, les. poils, et tous les autres caractères de peu de solidité ont disparu.
Il est des espèces, sur-tout parmi les operculées y qui vivent dans les deux eaux , et que l'on trouve en conséquence plus abondamment vers l'embouchure des fleuves; et Ton observe parmi les fossiles des traces de cette habitude, car nos bancs d'eau douce contiennent en certains endroits une espèce de. potamide, genre qui a coutume de se tenir ainsi vers les embouchures.
M . Marcel de Serres a visité exprès les étangs d'eaa aaumàtre des bords de la Méditerranée pour exa-
miner les coquilles qui les habitent ; il y a observé des. paludines fort semblables à celles qui forment de grands bancs aux environs de Maycnce , où Ion trouve avec elles plusieurs coquilles marines. Un géologiste, qui a voit confondu ces paludines avec un des bulimes de nos terrains d'eau douce, en avoit conclu que ces derniers sont aussi marins que les autres ; mais M. de Serres relève cette méprise , et montre qu'il s^agit non seulement d espèces , mais de genres différents.
Cet observateur a recherché les limites de ces voyages des animaux et des plantes de leau salée vers leau douce, et réciproquement; il a reconnu qu aucun animal ni même aucune plante ne résiste à une salure de huit degrés; il a distingué, soit parmi les animaux , soit parmi les plantes , les espèces qui ne se plaisent aux bords de la mer qu'à cause du sable qui s'y trouve, et qui peuvent vivre aussi dans d'autres endroits sablonneux ; celles qui n'y sont attirées et retenues que par le sel, et qui vivent très bien près ou dans les lacs ou étangs salés de l'intérieur des terres ; et enfin celles qui ont besoin de la mjer telle qu'elle est, et s en écartent peu.
Ces observations prouvent qu'il n'est pas toujours facile de décider si une coquille est marine ou d'eau^ douce: mais elles n'infirment en rien le fait des
couches iDHneasas où il n^existe que des coquille bîea recousues pour étue d'eau douce ; elles expli-* queut même comment Ton trouve aussi de ces coquilles éparses daus des hancs marins.
M. de Serres range les %nUes ou bois bitumi* nisés parmi les fossiles qui sood le plus souveit^ mêlés de coquilles de terre et d'eau douce ; ce qui achèvede rendre vraisemblable que ces bois ont crû dans les lieux mênies où ils sont aujourd'hui enfouis, et s accorde avec tous les autres faits qui montrent que la surface actuelle du globe étoit à sec et peuplée d'anipiaux et de végétaux terrestres avant la dernière irruption des mers.
Deux jeunes et habiles naturalistes, MM* Dissmarets et Léman , ont retrouvé dans les terrains d'eau douce de nos environs jusqu'à desi coquilles de ces petits entomostracés qu'on a nommés cypris, et jusqu'à des graines du genre de plante connu sous le' nom de cAara. Avant eux on prenoit ces graines pour des coquilles, et on leur avoit imposé le nom de gyrogot\ite&.
Le système géologique des environs de Paris, qui a fait l'objet principal des observations et des découvertes de MM, Brongniartet Guvier, est aujourd'hui étudié avec une grande attention par beaucoup de savants naturalistes. MM. de Tristan et Bigot de Morogues en ont décrit avec soin les parties
ET GÉOLOGIE. Jl83
qui avoUinent la Loive ; et M. Omaliug de Halloy, ingénieur des mines, en s'aidaut de leurs recher* ches et de celles qu avoit &ites plus anciennement notre confrère M. Desmarets , sest occupé d'en tracer exactement toutes les limites et d en dresser une carte. Les couches de ce système, déposées sur la craie, représentent un trapèze irrégulier et curviligne dont le côté méridional , parallèle à la Loire, longe cette rivière au sud depuis Cosne jusqu'au** dessous de Blois; le côté oriental passe près des villes do Montargis, de Nemours^ de Montereau , de YillenoaLe , de Sézanne , d'Épernay, de Laon , de Crépy, de La Fcre; le côté septentrional près de oalles.de Chauny, de Noyon, de Cpmpiègne, de Glermont, deBeaumont, deChaumont, et de Gisors; enfin le oôté occidental descend par Mantes, Houdan, Épenion, Anneau, et longe le Loir jiîs* qu'auprès de Vendôme , d où il va rejoindre la Loire à filais» Tout cet espace est entouré de craie; et la croie, dans laquelle M. de Halloy a reconnu trois modifications bîan distinctes, est entourée eUe^ même., excepté vers la mer, d uncakaiire compacte plus a&cien qu elle qui forme une grande partie du Berri , de la Bourgogne, et de la Lorraine jusqu'aux Voisges, et qui reparoit au-delà de la Forêt-Noire, jitôqu'ea Francônie et en He^se. Les forn^iations du systèufte de Paris étendeiat sur c^tte craie diverses
ramifications; et Tagriculture, rindustrie» toutes les ressources de chaque lieu, sont souvent déterminées par Tordre géologique de son sol. M. de Halloy n a pas mis moins de courage que de sagacité à recueillir les matériaux de son travail, car il a parcouru tout ce pays à pied , visitant les lieux les plus inaccessibles quand il pouvoit en espérer quelque instruction, et ne se laissant effrayer ni par le mauvais temps ni par les mauvais gttes.
M. Brongniart, correspondant de Flnstitut, a visité une partie de la France également fort intéressante pour la géologie, celle qui forme aujourd'hui le département de la Manche; et M. de Halloy, qui s'y est rendu après lui, a confirmé et complété une partie de ses observations. De la description que M. Brongniart donne des roches de ce pays et de leur positron mutuelle, il résulte que ce que l'on y regardoit comme des granités proprement dits appartient à cet autre genre de roche nommé ^énitep3,r M. Werner, et caractérisé par l'amphibole qui entre dans sa composition aussi bien que par sa formation beaucoup plus récente que celle du vrai granité. Ces syénites de la Manche reposent sur des schistes et sur d'autres roches bien postérieures au granité ; il paroîtmème qu'en certains endroits elles ont sous elles du calcaire cotaitenànt des débris de corps organisés, fait qui seroit ana-
ET tîÉOLOGIE. 285
logue à ceux que M. de Buch a observés en Norwége, et doù 1 on pourroit conclure qu'il y a encore eu des précipitations de roches cristallisées après la manifestation de la vie dans les eaux qui enveloppoient anciennement le globe. \
M. Bron{jniart, qui s occupe d'un traité général de géologie, a présenté le plan diaprés lequel il se propose d'y distribuer les rocheSy c'est-à-dire ces agrégations de minéraux qui composent la croûte actuelle du globe telle que nous la connoissons. Y appliquant les principes reconnus aujourd'hui par tous les naturalistes, il veut que les bases et les détails de toute sa méthode reposent «ur des caractères pris dans les roches mêmes et qu'elles portent avec elles, et il rejette tous ceux que l'on pourroit prendre dé leur position mutuelle sur le globe , laquelle appartient à leur histoire mais non pas à leur division systématique; il sépaire des roches et laisse avec les minéraux simples les matières minérales qui paroissent simples à lœil nu , et dont l'hétérogénéité ne se manifeste que par des lavages et d'autres opérations qui , sans pouvoir être appelées des analyses chimiques, altèrent cependant l'apparence et le tissu de ces matières : tels sont les schistes, l'argile, etc. Les roches ainsi réduites, ou, comme s'exprime M. Brongniart, les roches mélangées, se subdivisent en cristallisées et en agré-^
gées; les premières ont leurs parties en ppoportions à-peu-près égales , ou bien Tune de ces parties y domine sur les autres : dans le premier cas on établit les genres selon les substances essentielles, c^est-à* dire qui sY trouvent constamment; dans le second selon la base, c est-à*dire la substance dominante : et dans Tun et Fantre cas le nombre des substances composantes et la structure résultante de leur mode d'union servent à distinguer les espjëces. Les roches agrégées se divisent selon que le ciment qui les unit est plus ou moins apparent, et selon la nature de ce ciment et celle des grains qu'il empâte.
Dans ce travail si important pour servir de base à rhistoire proprement dite des roches l^auteur a conservé presque partout les noms que leur a don-^ nés M; Haiiy dans larrangement qu'il en a fait an Muséum d'histoire naturelle.
M. Ikongniart a aussi donné connoissance à l'Institut de la division qu'il croit devoir établir entre les roches considéréesi par rapport aux époques de leurs formiations et aux restes de corps organisés qu'elles renferment, et qui sont les indices les mieux marqués de ces époques. Au«dessous de tous les autres se trouvent les terrains granitiques sans corps organisés, les plus anciens que nous connois* sions ; les terrains qui les recouvrent ne contiennent encore des débris d'ètresorganisés qu'-en petit nom*
ET atOhOCiU. 367
bre et presque tous de la classe des zoophytes; uae troisième série, celle des terrains syénitiques, nen présente plus, comme si leur production avoit été momentanément interronàpue ; dans la quatrième commencent à parottre les coquiltes, (et principa* lement celles que Ton a appelées cornes ûCammmi, et qui appartiennent à la Êimille des sécbes; les cinquième et sixième classes de terrains se carâe* térisent par les gryphites et les cérites^ qui domi» nent parmi leurs coquilles. Enfin il est des terrains dont la distribution est tellement irrégulière quVm ne peut les classer dans 1 ordre des temps ; ce soot les roches trappéennes d'une part, et de Tautre celles qui résultent des éjections des volcans. Dans tous ces groupes sont mêlés des terrains de transport^ produits des mouvements violepts qu'occasionoient les révolutions successives, et indicateurs assea justes di| moment où chacune a conmiencé.
Les chutes de pierres de Fatmosphère , depuis qu'on est averti de leur réalité, s'observent si sou't vent que ce qu'elles aurotit bientèt de pliis étola-»naiit serii la longue incrédulité où l'on d'été à leiir égard. Encore cette année il y en a eu une très r©« marquable dansle département de Lot^t^Oaroftoe*, le 5 de sepl^m^re, c«Hiifime à l'ordiaaife par um
beau temps , avec une forte explosion et ua nuage blanchâtre. Le nombre des pierres a été considérable ; on dit qu'il y en avoit une du poids de dixhuit livres. Elles se sont dispersées sur à-peu-près une lieue de rayon. Leurs caractères extérieurs et leur composition sont absolument comme dans les autres pierres de même origine ; seulement leur cassufre a des teintes un peu moins marbrées. Des rapports fort bien faits , par deux habiles observateurs d'Agen , MM. de Saint-Amans et Lamouroux , adressés par le préfet du département, n'ont rien laissé à désirer sur les détails du phénomène.
M. le comte Berthollet a; présenté à l'Institut , de la part de M. Tennant, une des pierres tombées en Irlande Tannée dernière, et qui ressemblent à toutes les autres , excepté qu'elles contiennent un peu plus de fer.
On sait, et nous avons eu plusieurs fois nousmêmes l'occasion de dire dans nos rapports , que la pierre nommée arragonite fournissoit la plus forte objection quf Ton pût faire contre l'emploi de la cristallisation dans la classification des minéraux , parceque les chimistes n'a voient pu trouver aucune différence de composition entre cette arragonite et le spath calcaire ordinaire ou carbonate de chaux, quoique leurs formes cristallines fussent essentiellement distinctes/ Cette objection paroit levée au-
joiird'hui. M. Stromeyer, professeur de chimie à Gdttingetî, a découvert la présence constante de trois centièines de strontiânè dans Farrafj^onite , et il n'y en a point dùns le spath calcaire. M. Laugiér , professeur au Muséum d'histoire naturelle, a répété cette analyse, et eti à obtenu le même résultat. Il reste à savoir comment laddition d'une si petite quantité de matière composante peut changer aussi cotnplëtemétit là forme de la molécule primitive d'un minéral.
On avoit retiré , il y a plus de cent ans , dès carrières d'OEningen, près du lac de Constance, un squelette pétrifié, que Scheuchrer, naturaliste de Zurich, avoit pris pour celui d'un homme, et qu'il avoit fait graver sous le nom d'homme témoin du déluge. Des naturalistes plus récente ayoient cru y voir un poissoii. M. Cuvier, d'après la simple inspection de l'estampe publiée par Scheuchzer, l'avoit jugé d'une espèce inconnue et gigantesque de salaman^ dre. Ayant fait un voyage à Harlem , où ce fossile célèbre est déposé dans le muséum de Teiler, et ayant obtenu de M. Vanmarum , correspondant de llnstitilt et directeur de ce muséum , la permission de creuser la pierre pour mettre à nu les parties du squelette qui s'y trouvoient encore enveloppées , M. Cuvier a découvert des pattes avec leurs os , leurs doigts , de petites côtes , des dents le long des
DDPFON. COftIPLÉM. T. II. ig
dans Tancien on n en connott aucun qui $*en éloigne à plus de douze lieues , et que la plupart sont sur ses bords. Ce savant voyageur nous apprend aussi que tous les grands volcans du Mexique se trouvent non seulement a-peu-près sur une même ligne transversale à la direction des Ck)rdilières ^ mais encore, à quelques minutes près, sous le même parallèle, comme slls avoient tous été soulevés sur une crevasse souterraine qui aboutiroit d'une mer à 1 autre. Il s'est assuré de tous ces faits par des mesures et des déterminations de position aussi exactes que pénibles. Le public en verra tout le détail dans la continuation du célèbre ouvrage où M. de Humboldt a consigné les résultats de son grand voyage en Amérique.
Entre les questions que les savants occupés dé là théorie de la terre ^igitent ordinairement il en est peu de plus difficile ni qui ait occasioné des dis-^ putes plus longues et plus opiniâtres que celle de lorigine des basaltes et des vakes, sortes de roches que les uns considèrent comme des produits d anciens volcans, tandis. que d autres les regardent comme déposés dans le liquide général où se sont formées les roches ordinaires, çt comme analogues aux trapps des terrains primitifs.
M. Ciordier, inspecteur-divkionnaire des mines et correspondant de rAcadémie , ayant porté aussi son attention sur ce ^and problème, a imaginé, pour le résoudre, des moyens entièrement nouveaux.
Ses premières réflexions lui firent apercevoir que la plus grande difficulté pour comparer les matières d une nature contestée, avec celles dont l'origine, soit volcanique ou non volcanique, est incontestable, tient à ce que les unes et les autres se comporsent souvent de particules tellement mélangées , réduites en pâte d'apparence tellement homogène, qu'il est impossibleàFceil de les discerner. La chimie ne peut venir ici au secours des sens, parcequ'elle confond toutes ces particules dans ses analyses, et ne donne en résultat que la liste totale de leurs éléments primitifs, au lieu de distinguer ceux qui appartiennent à chacune de leurs espèces.
M. Cordier imagina donc un nouveau mode d'analyse mécanique, qui consiste à réduire d^aboi*d en parcelles les espèces minérales dont on peut soupçonner l'existence dans les roches que l'on veut examiner ; à bien déterminer les carac*tères physiques de ces parcelles et Içur manière de se comporter au chalumeau; à pulvériser ensuite les roches dont on fait Fobjet de son étude ; à tirer, au moyen du vannage ou du lavage, les diverses
sortes de paitîcales que cette polvêrisi«km k détachées les unes des autres, et à les sDumettre aux mêmes épreuves que Ton a fait subir aux parcelles de substances bien connuesi.
Cest, comme on voit, une sorte de minéralogie niiscros^x)pique dont M. Gordier a tiré un excellent parti. Les |)àtes pierreuses, reconnues pour des la* ves^ et historiquement constatées pour telles, se sont fort bien prêtées à cette nouvelleanalyse : leurs particules se sont assez aisément séparées; eUes ttt lui ont offert qu'un petit nombre de combinaisons, dans lesquelles dominoient tantôt le feldspath, tantôt le pyroxène, et où ils s alliotent en diverses proportions au fer titane 4 à ces trois éléments con*stauts se méioîent, mais d'une manière moins ^é* nérale^ lamphibok, lamphigène, le mica, le pé«rtdot, et le fer oligiste.
Les pâtes basaltiques d'une origine plus ou nmQS cbttCestée n ont pas été plus difficiles a diviser dans leurs parties constituantes, et ces parties ne se sont pas trouvées différentes. Toutes ces pâtes ancienne^ ou modernes, reconnues ou non pour des laves ^ sont donc, selon lauteur, des granités microscopt-^ ques dans lesquels l'uniformité du tissu eûtrelaéé n'est interrompue que par de très petits vides, un peu moins rares dans certaines laves quie dani d'autres, et qui paroissent, à l'oeil nu, des niasses
homogènes où dominetit, soit les caractères du pyroxètie, soit Ceux du feldspath, et qui rié peuvent plus alors être distinguées qu'en deux sortes.
Une partie des scories qui accompagnent les laves pierreuses, et qui sont les premiers produits de la coagulation des matières en fusion , se com* pose aussi de grainsî^divers, mais plus fitls, moins régulièrement entrelacés, et cependant des mêmes espèces que les ïnasses qu'elles recouvrent; une autre partie plus altérée par Faction du feu se rap* proche davantage de l'état vitrifié: d'autres enfin sont complètement à cet état, mais il leùf teste toujours assei de traces de leur migine pour qu'où rie puisse lès méconnoître. Elles se rapportent tortjours à l'un des deux ordres principaux de cômbi-* nôisoiis, reconnus parmi les laves pierreuses.
M. Cordîer cherche à expliquer, par la différence d'état des sCoriéS, ce phénomène qui a frappé pluéieUfs voyageurs, que certains courants de laves tteSteût étièrrnellement stériles, tandis que d autres se parent pfomptement de la plus belle végétation. C'est que les prenfiiérs^ plus vitrifiés que les autres, se décomposent moins aisément.
L'auteur examine aussi les obsidiennes ou Verres volcaniques; et, en comparant toutes les tiùànces dé» leur plus ou mdîdsde vitrification, il y trouve toti/joursf quelques itàt(^ de ce p^tùHèttt ou de ce
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feiJspat)]) principes dominants des deux ordres de lave , et les obsidiennes qui fondent en verre noir lui ont montré des transitions parÊ^ites jusqu'au basalte le plu$ dense; en un mot, les obsidiennes, les scorie^, le$ laves, les basaltes, ne diffèrent point en compossition, mais seulement par les accidientç de leur tissu. Il nest pas jusqu'aux cables et cendres yolcapiques où Fon ne retrouve , ppr le lavage, les mêmes matériaux dont 1 agrégation forme les Ifiyes voisines. M. Gordier a suivi ces matériaux dans les diverses substances après qu'elles ont été altérées par le temps, et les y a dégagés des substances nouvelles qui les ont enyeloppés ou qui se sont infiltrées dqtis leurs intervalles ; en un mot il n'a négligé Texamen d aucune des modifications des produits volcaniques vrais ou çontesr tés, et il n'a trouvé nulle part ses réigles générales en défau t ; mais lorsqu'il est passé enfin à ces trappsf, a ces çoruéei^nes, à ces pétrosilex, en qn mot, à ces anciennes roches auxquelles on avoit voulu rapporter les basaltes, il n'y a plus reconnu aucun de qes caractères si marqués qui établissent entre les laves et les basaltes de$ rapports incontes-; tables.
La masse dç ces anciennes roches n a point dç yi4es appareqts ; à peine y aperçoit - on des graine , et ils ne diffèrent point entre eux pour la çoule^*;
ET GÉOLOGIE. :igvj
on ae peut pas les isoler ni en faire lanalyse roécar nique; Par conséquent, si une partie de ces roches se compose de matériaux hétérogènes, il n'est pas possible de déterminer les espèces minéralogiques auxquelles ces matériaux appartiennent.
Leur analyse chimique donne aussi d'autres ré-r sukats, sur- tout parcequ'ell^ ny montre aucune trace de fer titane.
Ainsi lanalogie prétendue entre les trapps et les basaltes ne supporteroit pas un examen rigoureux.
Quant à lorigine des laves , et aux causes de leur fusion, M. Gordier ne se permet aucuqe conjecture ; mais y considérant leur masse comme coagulée par une cristallisation instantanée, il résout aisément le problème particulier long t temps débattu : si les cristaux renfermés dans les laves ont été enlevés tout formés aux entrailles delà terrée, et enveloppés par elle, ou s'ils se sont formés après coup dans leurs vides, ou eafîn s'ils ont cristallisé au même instant que le reste de leur masse s est durci ; et Ton comprend aisémept que ic'est ce dernier parti quii adopte.
Il termine ce grand et beau travail par une é|iumératiop méthodique des basaltes et des produits d^s volcans, rangés d'après leurs matériaux d^agré-r gatipn, et sous les bannières des deux substances quvy prédominent, le feldspath et le pyroxèner
2g6 MinÉBALOGIE
Cette nature si mystérieuse des volcans, ces foyers immenses de chaleur, loin de toutes les ôonditions qui entrelîennent la chaleur à la surface delà terre, seront long-^t^mps encore un des grands objets de la curiosité des physiciens , et exciteront leurs efforts tant qu'il leur restera quelque espoir de succès* Un jeune minéralogiste , aussi zélé qu'instruit ^ M. Me&pard de La Groye , d'Angers , ayant eu occasion en 1 8 1 3 et 1 8 1 3 d observer de près plusieurs des phénomènes du Vésuve, en a dressé un journal d'une exactitude singulière^ qu'ila entremêléde beaucoup d'idées et de stïppositions originales.
Depuis l'énorme diminution que le cône du volcan a éprouvée en 1 794 i où il s affaissa de plus de 4oo pieds, toutes les éruptions se sont faites par son sommet, ccrqui paroît les avoir empêchécfs d'être aussi abondantes et aussi destructives (3[uè celles qui perçoient ses flancs. Le fond du cratèi*e s'est relevé, et il ne seroit pas impossible qu'il vînt à se remplir i d'où M; de La Groye tire cette cotf-' clusiot>^ qu'il ne faudfoit pas toujours refuser à une montagne la qualification de volcanique, pài^ cequ'elle n'auroit pas de cratère.
Le« coulées de laves sotîi d'autant môitisf abondantes qu'il y a! Un plus grand nombre de scories et de lâpillis lancés pàtr Vémpticfn. Tout le cône est couvert de ces petites pierres qui y sont bientôt rite-