‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jourChapitre 26 sur 37 · ET 6É0L0G1B · texte numérisé non relu

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rées par les vapeurs acides^ et prennetit ces couleurs vives et variées qui les fout prendre de loi& pour des gâtons en fleur^ et qui ont du moins donné à croire, même à dès naturalistes, que le cratère est rempli de soufre; eequi est si peu vrai quil est même rare d'y^&ntir des vapeurs sulfureuses : il s y élève au contraire de fortes et continuelles exhalaisons d'acide muriatique, et le sel marin y est pan-tout en concrétion.

M> Mesnard de La Groye prend de là occasion de diviser les volcans en deux classes ; ceux où le sou*" fre joue un rôle essentiel, et ceux où domine IV cide muriàtique. C'est parmi ces derniers qu'il range le Vésuve.

Il fait aussi remarquer les fumées continuelle qui s'élèvent des coulées de laves, et qui y annon^ eent une gmnde humidité: elles ^ut en effet puremient aqueuses. On ne voit point de flammes, mais les sables et les pierres embrasés, et la réverbéra* tion du foyer intérieur sur les vapeurs qui en sortent, produisent cette illusion. La lave manahé kntement^^ ses bords refroidis lui forment un ca-^ Uai^ et la tiennent élevée aU'^dessus du terrain tonne «ouverte de scories ; ii est d'une difficulté extrême de voir sa partie fluide. On «ait d ailleurs que tô chaleur n'a rien qui approche de celle du v«rt^ fondu ; oeir lorsqu'elie enveloppe des troncs d'ar-

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bres, elle ne les carbonne pas jusqu'au centre. Aussi M. de LaGroye croit^i que la lave doit sa fluidité à quelque principe qui se consun^e par le fait même de la fusion, et que c est à cela que tient la difficulté de refondre celle qui est refroidie. La pleine masse, la partie non boursouflée en scories, a 1 aspect tout pierreux ; c'est ce que les Allemands appellent grausiein. L'auteur compare les périodes de la fusion des laves à ceux par où passent les sels qui fondent après s'être boursouflés ; il rapporte des faits curieux sur la prodigieuse durée de leur chaleur, et en conclut qu elles portent en elles* mêmes le principe de leur échauffement , et qu'elles n'ont pas simplement une chaleur communiquée, A toutes ces remarques, M. de La Groye joint une relation fort détaillée de la grande éruption de i8i3, qui produisit une infinité de lapillis et de cendre, mais dont les laves n'arrivèrent pas jus^ qu'aux terrains cultivés.

Après avoir étudié avec tant de soin les volcans brûlants, M. de La Groye a voulu aussi se rendre compte des motifs que Ion peut avoir pour ranger diverses montagnes parmi les volcans éteints, et il en a visité une que de Saussure et d autres grands géologistes avoient déjà placée dans cette classe, mais où les neptunistes obstinés trouveroient encore bien des prétextes pour appuyer leurs doutes.

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Cest la montagne de Beaulieu , à trois lieues environ d'Aix en Provence. Les inégalités dif sol qui l'environne représentent des traînées comparables aux courants de laves ; son étendue est de 1 2 00 toises de longueur sur 6 à 700 de largeur, son élévation moyenne au-dessus de la mer de 200; ce qui Tentoure est calcaire à une distance indéfinie : vers lest sont les buttes basaltiques, qui semblent former le noyau de tout le système ; mais dans la partie basaltique même il y a aussi des coquilles marines et beaucoup de calcaire. Les amygdaloïdes et les basaltes en sont recouverts en plusieurs endroits ; en d'autres, leurs fragments en sont empâtés, et composent avec ce calcaire une sorte de brèche ; il a souvent pénétré dans les cellules des amygdaloïdes.

Cependant la roche principale est le grtinstein secondaire des Allemands, composé de feldspath et de pyroxène, quelquefois en si gros grains qu'il ressemble à du granit. Il forme une longue traînée, et l'on passe de cette roche par des intermédiaires comparables à des trapps proprement dits jusqu'au basalte ordinaire contenant du péridot, et dont de Saussure a vu quelques parties divisées en prismes. Il y a aussi de la vake qui sert de base à l'amygdaloide, et qui, lorsque ces cellules sont vides, ressemble tout-à-fait à une lave poreuse, mais où elles sont le plus souvent remplies de calcaire,

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comme daos le mandeUteia des Allemands, On trouve enfin un tuf basaltique rempli de petits galets calcaireg et contenant des pyroxènes , des pért-^ dots, des micas, et ces autre$ espèces minérales si communes dans les laves. M. Mesnard voit à Beau-* lieu jusqu a un enfoncement qui lui parott un reste de cratère. Enfin Fauteur, après avoir donné quel» ques raisonnements généraux contre les objections des neptunistes > conclut que cette montagne est le produit d'une éruption sous-marîœ, et que la mer où elle s^est faite a continué long-temps après à dé* poser du calcaire. De Saussure avoit déjà paru favo* rable à cette opinion ; M. Faujas la regardée comme incontestable , et M. Mésnard croit y voir un moyen de concilier toutes les opinions sur les prétendus trapps secondaires, objets de $i longs débats.

Parmi ces nombreux débris d'organisations ise connues qui remplissent le$ coucbe&de la terré, U se trouve des empreintes d'animaux d'une singM-* lière forme, composés d'une sorte de corcelet et d'un abdomen formé de plusieurs segments, dont chacun est divisé en trois lobeSr Les naturalistes leur ont donné les noms à'entomQlitke& et de trihhites; mais ils ne les avoieot pas aiisez distingués entre eux, et ne s'étoient pas occupés de déternUner à quel ordre de couche chaque espèce appartient.

M. BrongniartyCorrespoDidant et directeur de la

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manMiacture de Sèvres, que rinstitut vient dac* quérir au nombre de $e8 membres pour sa section de minéralogie, à la place de feu M. Desmarets, a présenté un travail sur ce«ujet, où, d après une comparaison exacte des échantillons qu'il s'est procuras, ainsi que les auteurs pi'écédents, il montra qu'il existe au moins sept espèces de ces trilobites ; que leurs formes principales sont assez différentes pour les répartir dans quatre genres, lesquels doivwt tous être rangés dans la classe des crustacés, etd^ns l'ordre de ceux dont les branchies sont à découvert. La plupart de ces trilobites appartiennent aux plus anciens, c'estràrdire aux plus profonds, des terrains qui recèlent des dépouilles animales; ils doivent doucavoirétédu nombre des premiers êtres vitvants ; et en effet à mesure qu'on approche de la surface on trouve des crustacés j^us semblables à ceux que la mer pourrit aujourdliui ; mats les trilobites dispçiroissent entièrement.

M. GiUet«>Laumont, membre du conseil des mines et correspondant de l'Institut, a fait voir d^ agates où de petits cercles blanefaàtres, disposés e^i|uin<cance, simuloient quelque pétrification de la classe des polypiers ; mais ils étoient le produit de 1 artifice. M- Laumont, qui avoit remarqué pré» çédiçmimentquQjdes coups, ménagés duae certaine iliamèFe>, déta^hojimt d'u^n bloc de gi'ès des c^es

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très réguliers , a appliqué des coups pareils; à des agates, et y a produit de même des fissures coniques dont la coupé a offert des cercles entièrement semblablesà ceux qui avoient d abord fait illusion.

M. Cordier a publié un mémoire sur les mines de houille de F*rance, et sur les progrès que leur exploitation a &its depuis vingt-cinq ans. Il prouve que dans cet intéi^alle les produits ont plus que quadruplé. Cet ouvrage, très important pour 1 administration^ est accompagné dune carte qui désigne rétendue de nos terrains houillers, les fosses principales qui s y exploitent , et la direction de leurs divers débouchés : il a été inséré dans le Journal des Mines.

. Il est encore tombé cette année des pierres de Fatmosphère aux environs de Langres, avec toutes les circonstances accoutumées. M. PistoUet, médecin de cette ville, en a recueilli; elles ressemblent eii tout aux autres pierres dé mième origine , excepté que leur cassure est peut-être un peu plus blanche;

M. Vauquelin , qui avoit été chargé Tannée dernière d'examiner les aérolithes d'Agen, a présenté quelques réflexions sur l'état où se trouvent les principaux éléments de ces sortes de pierres. Une partie de la silice lui paroit y être en combinaison avec la magnésie ; il y a du soufre uni an fer, car il

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donne du gaz hydrogène sulfuré en se dissolvant dans les acides; quant au chrome, il paroit être isolé, et se montre quelquefois en molécules assez grosses pour éloigner toute idée de combinaison.

Le Groenland a fourni, depuis quelques années, une pierre en petits cristaux dodécaèdres d'un vert céladon , que 1 on a nommée sodalithe, parcequ elle contient près d un quart de son poids de soude unie avec de la silice et de laluniine.

M. le comte Dunin-Borkowsky , gentilhomme gallicien et minéralogiste aussi zélé qu'instruit, a découvert une variété incolore et en gros prismes de cette même pierre , dans cette partie de la pente du Vésuve appelée Fosso-Grande , si célèbre par le nombre et la variété des minéraux qu elle a offerts aux collecteurs. La composition de ceux-ci , fort analogue à celle du verre , auroit pu frapper dans des cristaux rejetés par un volcan, s'ils netoient accompagnés d'une multitude d'autres espèces qui n ont rien' de commun avec le verre , et si les sodalithes du Groenland ne se trouvoient pas dans des terrains où l'on n'aperçoit nulle trace de feux souterrains.

La géologie, dans la forme scientiSque à laquelle elle s'est élevée dans ces derniers temps, a moins

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pour objet d'imaginer, comme autrefois , des systèmes sur les étals par où le globe a passé , que de décrire exactement son état actuel , et la position relative des masses qui composent son ëcorce. On sait que , sous ce dernier rapport , on a distingué ces masses en primitives, cest-à-dire dans lesquelles on ne voit point de traces de corps organisés , et que Ton croit antérienres à k vie ; et en secondaires, qui toutes sont plus ou moins remplies des débris de ces corps , et qui doivent en conséquence avoir étérformées depuis qu'ils existent. Ces masses sont en outre généralement diflerentes par leur nature et par les matières qui les composent; Ion a cru mêine kmç*>temps que ces matières s'é* loient succédé et remplacées dune manière également tranchée ; en sorte qu aucune de celles qui se dépo6oient avant lexistence des corps or* ganisés ne se seroit déposée depuis , et récipro** quement.

C'était là une assertion prématuréequedesobser* v^oîo»s plus exactes ont démentie^ On s'est aperçu qu entre ces deux genres de terrains il en existe de mélangés , en quelque sorte , .<!^ d'anciennes laïatières se rtsproduisent après q^e des matières nou^ velles se sont montrées ; où quelques corps organisés sont recouverts pa«* des niasses de la même liiature que celles qu'on croyoit avoir cessé de se déposer

depuis c]ue la yiq s'étoit montrée sur le globe. Ces monuments du passage d uq état de chose à un au* tre ont été appelKs terrains de transition.

Il n est pas toujours facile de les reconnoltre pour tels; et M. Brochant, dans un mémoire publié il y a quelque temps, a voit eu besoin de toute sa sagacité pour rappeler à cette classe intermédiaire les plus grandes portions de la vallée de Tarentaise , d autant qUe Ton n'avoit point découvert alors quelques coquilles dont l'existence dans ces roches a confirmé, de la manière la plus flatteuse, les conjectures et les raisonnements de ce savant géolo-. giste.

Il a étpndu depuis ce genre de recherches , et le^ a portées principalement, cette année, sur les gypses ancienjB qui se trouvent en abondance dans certaine^ parties des Alpes , et dont tous les voyageurs qui traversent le Mont'Cénis ne peuvent manqner de rew^irquer d'énormes masses. Après avoir décrit, avec une scrupuleuse exactitude, toutes les circonstances 4e leur gisement, et avoir souvent contourné les montagnes , sur ïeg flancs desquelles ils se présentent , Fauteur montre leurs rapports de situation et de natujre avec les terrains de transition , et prouve que Ion dpit les ranger ^^nsjçette classe.

Les ""terrains primitif eux-mêmes ne sont pas touj;Ôurs faciles à caractérisea* : l'irrégularité de leur

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position , rénormité des espaces où il faut quelquefois poursuivre leurs rs^pports, et les variations nuancées de leur composition, offrent de grandes difficultés. Ainsi M. Brochant a reconnu, par de longs voyages et de pénibles examens , que les hautes oimes des Alpes, depuis le Mont-Cénis jusqu'au Saint-Gothard , et notamment le Mont-Blanc, ne sont point, comme on la voit cru , de granit proprement dit , mais d une variété plus cristalline et plus abondante en feldspath , d'une roche talqueuse et feldspathique qui domine dans une assez grande partie des Alpes , et qui contient souvent des mincirais métalliques en couches ; il s'est assuré , en même temps , qu'un véritable terrain de granit régne sur la bordure méridionale de la chaîne; et, d'après l'analogie , il regarde comme très vraisemblable que ce terrain granitique supporte le terrain talqueux ; d'où il conclut que les hautes cimes des Alpes ne sont point la partie relativement la plus ancienne de ces montagnes.

Nous avons rendu compte, dans le temps, d'une disposition fort analogue , découverte dans les Pyrénées par M. Ramond.

L'on doit toutefois remarquer que la primordialité du gï'a^it, parmi les roches connues , souffre des exceptions. M. de Bûcha constaté en Norwége que des granits, évidemment reconnoissables pour

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tels, sont superposés à des terrains que Ton croyoit plus modernes , et même à des terrains à pétrifications. Ce fait £L été observé également en Saxe et jusque dans le Caucase.

M. de Bonnard , ingénieur des mines de France , qui, par une singularité honorable pour nous, a donné à la géologie la première description complète de TErtzgeburg , de cette province de Saxe qui est en quelque sorte la patrie de la géologie; M. de Bonnard s'est attaché, dans cet ouvrage, a déterminer les lieux où le granit est inférieur aux autres terrains , et ceux où il est supérieur à quelques uns. On ne peu t douter, d'après ses recherchesi, que le granit de.Dohna ne soit dans ce dernier cas , ainsi que Tavoient annoncé des observateurs saxons ; mais , en d'autres endroits , et sur-tout près de Freyberg, on s'est trop empressé de conclure la supériorité du granit, de quelques irrégularités dans la forme de ses masses, dont les parties saillantes se font quelquefois jour au travers des roches qui le recouvrent. Il paroît, au reste ^ que la chaîne qui sépare la Saxe de la Bohème a aussi les gjranits d'un côté de sa crête, du côté méridional.

Cet écrit de M. de Bonnard contient beaucoup d'autres détails précieux sur la nature et la position des terrains de la province célèbre qu'il a étudiée, ilinsi que sur les riches filons métalliques qui la par

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courent d^ns tous les âétis, et sur Içi^quels Tindustric \les mineurs s'exerce depuis si long-temps. Sôus ces rapports , il est d'utt égal intérêt p#ur k géologie et pour lart de l'exploitation des mines.

M. Héron de Villefosse , aujourd'hui associé libre de l'Académie, a rendu à ce même art un bien grand service , par son cm vrage intitulé de la Richesse Minérale. Le premier volume, qui avôit poyr objet l'administration des mines, imprimé dès ïSio, est connu et apprécié* depuis long-temps. Le èecond, où il est traité de leur exploitation , a été présenté en manuscrit à FÎcadémie. L'auteur y réunit, à toutes les directions que donnent les sciences nombreuses d'où dérive là théorie, une immeùse quaïitité de feits pratiques qu'il a recueillis dans ses voyages ^t dans l'exercice de ses fonctions, en sorte que les piéeeptes y sont appuyés d'exemples qui n'ont rien d'imaginaire, mais qui sont tous réalisés en quelques lieux. Un magnifique atlas offre à l'œil tout ce que ces exemples ont de sensible : on y voit des cartes géologiques de Hartzwald et de la Saxe, les pays les plus célèbres par l'ancienneté dé leurs mines; des plans et des coupes de toutes les manières d'être du minerai dans le sein de la terre , ainsi que des voies que l'art a su ouvrir pour lett retirer, et des mécaniques de tous geni*es que l'on emploie à cet effet; et presque tous ces matériaux sont inédits et ras*

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semblés sur les lieux par Fauteur. On ne peut mettre endoute la grande utilité d'un (rel ouvrage pour un pays où Fart dont il ^aite est encore si peu florissant.

La découverte^ si importante en géologie , faite par MM. Brongniart et Guvier, de certaines couches pierreuses qui ne contiennent que des <:oquillages de terre et deau douce /et qui ne ne peuvent par conséquent avoir été formées dans la mer comme les autres couches coquillières , a excité de nom* breuses recherches dans toute ITEurojpe. Nous avons rendu compte dans le temps de celles de MM. Marcel de Serres et Daudd^art de Férussac suf les terrains d'eau douce de diverses contrées de France, d'Espagne et d'AUemrfgne; on en a fait d'analogues et fort étendues en Angleterre. Cette an Aée , M. Beudant, professeur à Marseille , a considéré cette ma* tière sous un nouveau rapport. Comme on trouve en quelques endroits des coquilles d'eau douce mêlées à des coquilles marines , il a cherché à décou* vrir par l'expérience jusqu^à quel point les mollusques d'eau douce peuvent s'habituer à vivre dans l'eau salée, et réciproquement jusqu'à quel point les mollusques marins peuvent supporter l'eau douoe. Il a trouvé que tous ces animaux meurent pj^omptement quand on change subitement leur séjour, mais qu'en augmentant par degrés la salme

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de Teau pour les uns, et en la diminuant par de* grés pour les autres, on les^ habitue, pour la plupart , à vivre dans une eau qui ne leur est pas naturelle. Quelques espèces résistent cependant à ces tentative^ , et ne supportent point de variations dans leau qu elles habitent.

La nature indiquoit d'avance ces résultats; certaines huîtres, certaines cérites, la moule commune, remontent assez haut dans les fleuves, et Ton voit quelques limnées dans des endroits où leau participe beaucoup de la salure de la mer.

M. Marcel de Serres a donné la suite de ses premières recherches sur ces -terrains d'eau douce , dont nous avons rendu compte dans notre analyse de i8i3. Il a fait connoître principalement, cette année, une formation de ce genre, qu'il regarde comme plus nouvelle que toutes les autres, et qu'il a découverte dans sept lieux différents des environs' de Montpellier. Ses observations se rattachent en partie à celles de M. Beudant: il distingue les espèces des environs de Montpellier en celles qui ne paroissent pouvoir vivre que dans les eaux douces; celles qui peuvent subsister dans des eaux saumâtres, dont le maximum est de 2° 76 ; enfin celles à qui les eaux marines paroissent nécessaires. Il explique par-là quelques mélanges fort rares des dé^ bris de ces êtres.

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Le terrain qu'il décrit se compose d'abord en quelque sorte de deux étag;es renfermant des coquilles différentes. Le supérieur «n contient de terrestres en même temps que d'aquatiques. La for? mationnouvelleestappliquéeàlasurfacede terrains divers ^ et principalement sur le haut des collines ou des pl'ateaifx. On y voit beaucoup de coquilles terrestres et d empreintes de végétaux parfaitement semblables aux espèces qui vivent actuellement sur le même sol.

A mesure que l'on approfondit en Europe les méthodes d'observation géologique , il se trouve des naturalistes zélés qui les appliquent aux pays plus éloignés, et qui y retrouvent la nature fidèle aux mêmes lois.

Nous avons parlé plusieurs fois des immenses travaux de M. de Humboldt sur la structure et 1 élévation respective des montagnes des deux Amériques. Ce savant voyageur a semblé préluder à des travaux non moins importants par un tableau des résultats obtenus dans l'Inde , sur la hauteur de divers pics de cette immense chaîne connue des anciens sous le nom d'Imaiis, et où les Indous ont placé les principaux faits de leur mythologie.

D'après lesmesurestrigonométriquesdeM.Webb, ingénieur anglois , quatre de ces pics seroient plus élevés que le Chimboraço, et Tun d'eux, la plus

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ba u te moAtagne oonnue j usqu a ce jour sur le globe, auroit 4o 1 3 toises , ou 782 1 mètres ; et même, seteti d autres calculs , 4^0 1 toises, ou 8 1 87 mètres.

M. de Humboldt fait dans ce mémoire un usage heureux des lois de la géograpbie végétale, pour suppléer aui^ mesures de hauteur de certains plateaux que Ion n a point encore pu ]^rendre immé*- 4iatement ; et , Iorsq[ue telle ou telle piaille se cultive dans un lieu, il détermine, d après 1» laCitude, quelle hauteur le plateau sur lequel celieu se trouve ne peut avoir dépassée. Ce sera un sujet curieux de vérification pour les voyageurs, qui,d après les nombreux rapports qui s'établissent, vont sans doute de plus en pliis visiter ces vallées et ces montagnes de rimaiis , ce Thibet , ce Boutan , ce Népaul , les contrées les plus intéressantes peut-être du monde pour rhistoire du genre humain, si comme tout r^annonce c'est de là que notre race est descendue.

Dans un espace plus borné , M. Moreau de Jonnés, nommé depuis peu correspondant, na pas laissé que de faire des observations utiles. U a pré^ sente à TAcadémie unecarte géologique d'une partie de la Martinique où sont marquées avec un grand soin les hauteurs des montagnes et des collines qui la hérissent, et principalement du volcan éteint qui paroit avoir donné naissance à ces inégalités qu'il domine.

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Lauteur a étendu ses recherches à la géologie d'une grande partie des Antilles. Des pics volcani* ques occupent les centres élevés de ces iles, et se nomment mornes ; les crêtes de laves qui en sont découlées s'appellent barres, et l'on désigne par la dénomination de plainlers les plateaux qu'elles ont iprmés en s'étalant à leur partie inférieure.

Les Xles où 'il ne se trouve qu'un pic et un seul système de déjections , telles que Saba , Niéves , Saint^Vincent , soift plus petites , moins importantes pour l'agriculture. Elles* n'ont point de bons ports, pareeque ces ports ne sont que Textrémité des vallées laissées entre deux ou plusieurs s^'stèmes, tels qu'il s'en voit à la Guadeloupe , à la Martinique, à la Dominique, à Sainte-^Lucie ^ à la Grenade ^ etc.; la Martinique, en particulier, parott devoir son origine à six foyers volcaniques , et montre encore six pics auxquels tout son terrain se rapporte. C'est la topographie et la minéralogie exactes de l'un des six, celui de la montagne Pelée, que nous donne M. de Jonnës. Il croit «cette nature volcanique si générale qu'il suppose qu elle sert de base même à celles des Antilles, qui n'ofFrent à l'extérieur que des calcaires manifestement coquilliers, telles que la Barbade et la grande terre de la Guadeloupe. I>a Guadeloupe proprement dite est formée de quatre systèmes d'éruption , un desquels , la Soufrière, a

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conservé encore quelque activité. M. de Jonnès en donne aussi une description soignée dans une statistique générale de cette île.

Les minéraux, considérés sous un point de vue général, n'occupent essentiellement que les naturalistes ; mais les rapports particuliers d*un grand nombre de leurs espèces avec les besoins et les agréments de la société sont pour ainsi dire infinis. Les moins importants de leurs usages, ceux qui n intéressent que la vanité, produisent encore dans le commerce et dans les relations mutuelles'des peuples des mouvements que la politique étudie, et que la philosophie ne doit pas dédaigner, car elle en tire toujours quelque profit. Le plus puéril de tous les luxes est bien certainement celui des pierres précieuses , et cependant nous lui devons la première connoissance de contrées éloignées, et plusieurs faits de physique dignes de toute notre attention. M. Haûy, dont les travaux ont donné à la grande minéralogie une ÎFace si nouvelle en la soumettant aux procédés d'une physique délicate et aux calculs d'une géométrie rigoureuse, ibl voulu que ces minéralogistes pratiques , qui ne s'occupent que des minéraux de luxe,- participassent aussi aux progrès de la science. Il vient de publier un traité

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des caractères physiques des pierres précieuses, où il donne les moyens les plus sûrs d'«n distinguer les espèces , malgré les altérations- que Tart leur a fait subir eu les taillant , en les chauffant , ou de toute autre manière; et ce qui étoit plus difficile, malgré toutes les diversités de couleur et de transparence que la nature leur imprime. Genesont là que des accidents ; lessencede chaque espèce consiste dans laforme de sa mblécule intégran te, dans la disposition de ses lames, et dans la nature de ses éléments ; mais on ne pourroit constater ces caractères dans une gemme sans la détruire ; on est donc réduit à ceux qui dérivât des premiers et en sont en quelque sorte les indicateurs; savoir, à la dureté, à la pesanteur spécifique, à la double réfraction, et à lelectrisatidti, soit par le frottement, soit par la chaleur. G est sur ceux-là que M. Hatiy insiste dans un ouvrage qui àera également avantageux.et à ceux qui travaillent les pierres précieuses et à ceux qui aimentià s'en parer.

. #• • Nous avons parlé plusieurs fois de la ^grande question élevée entre les cristallographes et les chimistes, sûr la préférence que méritent les caractères offerts par leurs sciences respectives pour la distinction de minéraux, et nous avons cité quelques exe&iples de substances dont la composition

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chimique \rarie à un degré étonuant , quoique leur forme cristalline et plusieurs de leurs propriétés physiques restent les mêmes. On en est réduit à croire que dans c<es sortes de cas il se fait un mélange purement mécanique , une interposition de substances étrangères entre les molécules du véritable cristal, lesquelles conservent leurs rapports comme si ces matiètes hétérogènes netoient pas survenues; mais dans cett^ hypothèse on estobligé de reconnottre un fait bien extraordinaire : c est la puissance prédominante dont certaines substances jouissent, et en vertu de laquelle elles en contrais gnent d'autres à se plier à leurs formes, à se soumettre à leurs lois, quoique ces autres substances aient aussi des formes et des lois cristallines qui leur sont pro|)res, et quelles entrent dans le mélange (si Ton veut lappder ainsi) en quantité incomparablenient plus grande que celle à laquelle elles sont ainsi obligées d'obéir.

C'est ce que M. Beudant ment de constater par des expériences très exactes qu'il a soumises à TAcadémiè. •

. Après avoir reconnu que deux sels s unissent rarement dans les mêmes cristaux , à moins d avoir un principe commun , il a mêlé diflR^ents sulfates pour déterminer lequel lempoi^teroit sur les autres.

Le suifete de fer exerce un pouvoir, on oseroit

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dire un despotisme, tout^-fait étonnant. Il suffit, par exemple, que dans une dissolution* de sulfate de fer et de sulfate de cuivre il y ait un dixième du premier pour que la totalité cristallise sous la formé qui lui est propre, et pour que celle du sulfate de cuivre ne s'y montre nullonent. Avec du sulfate de zinc il faut un dixième et demi de sulfate de fer pour dominer; enfin, si Ion mélange un quart de sulikte de zinc et trois quarts de sulfate de cuivre, il suffira d*y ajouter deux à trois centièmes de sul-* fatp de fer pour que le tout cristallise comme si c^étoit du sulfate de fer pur..

Pour montrer à quel point ce résultat est fait pour étdnner il suffit de se rappeler que la molécule intégrante du sulfata de cuivre est un parallélipipédeoUiquangle irrégulier; que celle du sulfate de fèr est un rhomboïde aigu; que M. Hauy soupi^omuie celle du sulfate de zinc d'être un octaèdre régulier, et que les formes secondaires ordinaires de ces trois substances ne seressembletit pas'plusqué leurs éléments mécaniques. Gomment ce petit nombre ée n!K>Iécules rbombo^ales se rangent-elles facette à facette pour former le cristal générai sans être t^ronblées dans km* tactique ordinaire par ce tionlbre prodigieusement supérieur de molécules tout autrement figurées? comment celles-ci peuyen tnelles être contraintes «de se presser, de se^mpi-

1er dans les vastes intervalles des premières, sans aucun ordi;e relatif à l'attraction de leurs propres facettes? Il y a certainement là des mystères dignes de toutes les recherches des physiciens, et d'un ordre hien au-dessus de la question de savoir si Ion doit classer les minéraux par leur analyse ou par leur forme.

M. Leliévre, qui avoit trouvé en 1786 dans une mine de plomb des Pyrénées une substance d'un aspect particulier, qui lui parut d'abord une sorte de calcédoine , en a donné l'analyse faite par M. Berthier, ingénieur des mines, qui y a reconnu 44?^ d alumine, i5 de §ilice, et 4o,5 d'eau. En conséquence, M. Leliévre la nomme alumine hydratée silicifère. Sa cassure est un peu résineuse; elle happe à la langue; roussie au feu , elle devient friable, et perd 4o pour 1 00 de son poids ; elle ne fond pas au chalumeau ; les acides nitrique et sulfurique la convertissent en magma salin.

On avoit déjà remarqué plusieurs ressemblances entre les aérolithes et cette célèbre masse de fer natif, observée à la surface de la terre en Sibérie par feu Pallas; M. Laugier vient d'en compléter l'ensemble dans l'analyse qu'il a donnée d'un fragment de cette masse. Non seulement il y a retrouvé

le nickel; mais le chrome, dont il a le premier découvert Texistence dans les aérolithes , s est aussi ofiPert à lui , ainsi que le soufre*

Il se fait en quelques endroits de lltalie et de la Sicile des éruptions d'une vase argileuse et froide, qui sort de terre , s eléve et coule à-peu-près comme la lave ; et Ton a donné à cette espèce de volcans les noms desalsa^ de gorgogli, et de bollitori. C'est de lun d eux, situé à Sassuolo dans le Modcnois, que paroissent être sorties.de violentes déjections, acconlpagnées de flammes et de tremblements de terre, dont Pline fait mention. Des auteurs beaucoup plus modernes parlent aussi de flammes, <le boue , et de pierres lancées à de grandes hauteurs. Mais Spallanzani , qui en a donné dans ses voyages une description fort étendue , Ta trouvé beaucoup plus tranquille; et M. Mesnard LaGroye, qui la visité encore plus récemment, laUroit presque mé*prisé ^ si des phénomènes singuliers de la nature pou voient jamais parottre méprisables à Un physicien. Un petit tertre de terre argileuse est percé d'une ouverture assez étroite , remplie d'une vase molle , sur laquelle on voit quelques filets de pé^ trole. Il s'en exhale continuellement des bulles d'un gaz inflammable, qui est un hydrogène carboné mêlé d'acide carbonique , et il s'en dégage des on-

BVPFON . GOMPUM. T. II. ai

des d'une eau salée. Tout autour de cette petite bouche, un grand cercle stérile et salé est le vestige des anciennes éruptions , et montre qu'elles ont dû être considérables. Mais elles n'arrivent que de temps en temps , comme celles des volcans ordinaires.

L auteur compare cette salze avec deux ou trois autres qu'il a vues dans les environs ; avec celle, de Macaluba en Sicile, qua décrite Dolomieu; avec une autre plus grande de Grimée, dont a parlé Pallas; et en général avec toutes celles dont il a trouvé des traces dans les différents auteurs. Sans prétendre assigner la cause de ces phénomènes re^ marquables, M. Mesnard La Groye se borne à faire remarquer qu'ils sont toujours placés dans le voisinage des sources de pétrole, des fontaines ardentes^, des feux naturels , et près de la limite du dernier calcaire marin. Au reste il dit, ce que Yon voit assez, que les salzes ne supportent aucune comparaison réelle avec les véritables volcans.

Les cavernes dont un si grand nombre de montagnes sont creusées appartiennent aussi aux phéno* mènes remarquables qui occupent le géologiste.

M. de Humboldt , qui avoit observé depuis longtemps celles des chaînes calcaires d^une partie de rAllemagne , n a pu manquer de porter son atten-

tion.sur cdilee de la graode chaîne porphyritique et volcanique des Andes. Ce qui, dans les premières, appartient à Faction des eaux semble avoir été c^elqiiefois dans les autres Teffet d'émanations ga-^ zeuses. On voit de ces cavernes auprès de Quito , assez étendues pour servir de refuge et comme de caravaioserais aux voyajgeurs. Elles sont généralement peu profondes, et tapissées de soufre. L'é* norme grandeur de leurs lonvertures les fait distinguer aisément de celles qu'offrent les tuffa volcaniques^!! Italie , aux Gasfearîes , et même dans les And^es.

M. Beudant continue à enrichir la cristallograrphie de jecbercbies aussi neuves qu'intéressantes. Noua avo»,« vu, l'année dernière, eoq[iment, dans ses expériences, un principe salin d'une certaine espèce imprime quelquefois sa forme cristalline à un miélwge dont il ne fait pas à beaucoup près la pins ^afide partie.

Il s';est .occupé cette année d'une question qui ti importe pts moins à la science des cristaux ; c'est celle des causes qui déterminent un sel dont les molécules ^primitives et le noyau ont une forme constante à revêtir, par l'accumulation de ces mo*lécdies selon ées lois diverses, des fonmes socon-

daires si variées que leur nombre étonne quelquefois rimagination.

Ayant remarqué que les formes secondaires d'une même substance sont le plus souvent les mêmes dans les mêmes gisements, et dans les lieux où elles se trouvent associées de la même manière à d autres minéraux, il a jugé que ces formes secondaires doivent être déterminées par les circonstances au milieu desquelles se fait la cristallisation.

On savoit depuis long-temps, par les expériences de Rome de Lille , et par celles de Fourcroy et de M. Vauquelin, que la présence de lurée détermine le sel marin à prendre la forme secondaire octaèdre, tandis que dans Feau pure il cristallise en cubes semblables à ses molécules constituantes. Elle produit un efïet inverse sur le muriate d^ammoniac , qui cristallise en octaèdre dans Teau pure ; elle le fait cristalliser en cube.

Un peu plus ou un peu moins de base dans 1 alun lui imprime des formes secondaires cubiques ou octaédriques ; et ce sont si bien des formes secondaires qu'un cristal octaèdre dalun, plongé dans une solution plus riche en base, s y enveloppe de couches qui lui donneront en définitive la forme d'un cube.

Partant de ces premiers £aiits , M. Beudant a traité

ET GÉOLOOIE. SaS

la question en grand, et a soumis la cristallisation des sels à Vépreuve de toutes les circonstances quil a crues capables d*influer sur elle ; savoir, i "^ les circonstances extérieures et générales, telles que la chaleur, le poids de Tatmosphère, le plus ou moins de rapidité de levaporation , le volume de la solution, la forme du vase , etc. ;

2'' Les mélanges mécaniques qui tr^pblent la so« lution en s y trouvant, soit en simple suspension, soit en précipité sans cohérence, soit sous forme de dépôt gélatineux ;

3^ Ce qu'il appelle les mélanges chimiques existants dans les mêmes scrutions ; , 4^ Enfin les variations entre les proportions des principes constituants de la substance cristallisée.

Les circonstances du premier genre n'exercent point 'd'action, si ce n'est sur la grandeur et la netteté. des cristaux. Il en est de même des petites quantités de matière qui peuvent rester en suspension permanente dans un liquide. Mais on ne peut pas en dire autant des précipités et des mélanges chimiques.

Les cristaux qui se forment au milieu d'un précipité sans cohérence, dWe bouillie déposée au fond du liquide, entraînent toujours une partie plus ou moins considérable des molécules de ce dépôt; et perdent alors ordinairement toutes les

336 MllSÉ&ÀLOGffi

petites facettes additionnelles qui àuroient pu moidiâer leur forme dominante. Gette forme arrive à plus de simplicité lorsqu'elle auroit dû être com* pltquée ; mais les substances qui auroîent sans cela donné des cristaux simples continuent de les donnei^, et ne're<;oivent point de modification;^

Dans un dépôt {][élatîneux les cristaux sont rave* ment groupe ^ mais presque toujours isolés , d*une netteté et d une régularité remarquables; et ils né'-* pf ouveat d aittres varialions que celle qui résultede Tintervention chimique de la substance du dépôt.

Les variatioQs sont assez nombreuses dans les cristaux qui se forment dans ua mélange cbimi<{ue, c'est-aKlire dans une solutkm d'une autre substance, même lorsqu^e. cette substance ne peut s'unir avec eux. Les phénomènes rapportés plus haut s'y répètent de diverses laqons : du sel marin qui cristal*lise.dans une solution de borax prend deg tronca-^ turesaux angles solides de* ses codM»; lalnn dans l'acide muriatique prend mie forme qveM. Beudant u a ja^tiais obtenue autrement.

Si la dissolution peut s'uuir en une portion quel-« conque au crietal d une autre substance qui sy forme, et que néanmoûid ce cristal détermine, par sa plus grande énergie, la forme de la molécule constituante, ainsi que nous IWons vu l'année dernière pour le eas du dulfiate de for, la matière de

ET GËOLOOIi:. 327

la Mlutîoa exerce aussi à soa tour quelque influence sur la forme secondaire , et cette influence consiste le plus souvent à la simplifier en Élisant disparoltre les surfaces ladditionnelles.

Ainsi 3o ou 4o centièmes de sulÊtte de cuivre se soumettent encore à la cristallisation riiomboédrtque du sulfate de fer, mais en réduisant au pur rhomboïde , sans aucune troncature ni sur les angles m sur les arêtes.

Dn peu d acétate de cuivre ramène à cette forme un sulfate de fer, quelque disposé qu'il soit à se cdm^ pliquer de sur&cés additionnelles.

D'autres mélanges simplifient un peu moins: ainsi le sulfate d'alumine ramène celui de fer à un rhomboèdre tronqué aux angles latéraux , ou à ce que M. Haiiy nomme variété unitaire; et même quand on trouve dans le commerce de la couperose de cette variété, ce qui est assez conmiun , on peut être sûr, selon M. Beudant, qu'elle contient de 1 alumine. «

Enfin les proportions de la base à Tacide, ou dans les sels doubles des deux bases entre elles, produisent a ussi des effets très sensibles sur la forme secondaire sans altérer le moins du monde la forme primitive. C'est ce que nous avons vu plus haut pour Falun, et ce que M. Beudant a constaté sur pusieurs autres sels.

Llauteur de ces recherches eiï fait des applica-i tions ingénieuses aux phénomènes de diverses substances minérales cristallisées, sur lesquelles nous ne pouvons pas faire d'expériences directes dans Fétat actuel de la science; et il y fait remarquer de grandes analogies : les cristaux mélangés de suIh stances étrangères sont en général plus simples ; on en voit même dans Tespèce de laxinite, ou schorl violet du Dauphiné, dont une extrémité mélangée de chlorite est réduite à la forme primitive, tandis que l'autre, plu$ purç, est yariée de plusieurs fa* cettes produites par divers décrois^ements.

On trouve assez abondamment dans un ravin du Mont-Dor en Auvergne des fragments d^une brèche que sa dureté et ses autres qualités extérieures faisoient regarder comme siliceuse, et à laquelle les minéralogistes n avoient donné d'attention qu'à cause de quelques parcelles de soufre qui se voient quelquefois dans ses petites cavités.

M, Cordier l'ayant soumise à des épreuves variées s^aperçut qu'elle donnoit par la chaleur une quantité notable d'acide sulfurique ; et, d'après cette indication importante, il procéda à une analyse complète , d'où il résulte que cette pierre contient environ 28 centièmes de silice, 27 d'acide sulfuri-^ que, 3i d'alumine, 6 de potasse, et un peu d'eau et de fer. C'est à peu de chose près la composition

de la pierre célèbre de UuTolfa qui donne Falun de Rome. Et en effet en traitant la brèche du Mont- Dor suivant les procédés en usage à la T0I&, c'està^lire en la concassant, la torréfiant, et 1 exposant à Vair humide , on a obtenu de 10 à 20 pour cent d*un alun très pur; elle en donne même sans la torréfier, et par la simple exposition dans un lieu humide.

D'a{Nrès des recherches faites sur les lieux par M* Ramond, il est probable quWec un peu de soin Ion découvriroit, dans la partie moyenne du Mont-Dor, les couches dont les fragments épars dans ce ravin se sont détachés, et que Ton^pourroit y ouvrir des carrières dont Texploitation ne seroit pas sans avantage.

M. Gordier regarde ces sortes de pierres comme une espèce minéralogique dont l'essence consisteroit dans la présence de 1 acide , de lalumine, et de la potasse. La silice y est moins essentidle, car il existe à Montrone en Toscane des carrières d'une pierre qui nen contient point, mais qui a tous les autres principes constituants, et donne les mêmes produits que celle de la Tolfa. Les variétés de cette espèce, où il entre de la silice, se distinguent aisément par la gelée quelles forment quand on les traite successivement par la potasse caustique et 1 acide hydrochlorique étendu dans leau.

33o MINÉRALOGIE

BLOordier y rapporte plusieurs pierres volcaniques désignées vaguement jusqu'ici, par les géo* logistes, sous la dénomination générale de laves aUérées,

Des paysans du département du Lot, conduits par lappât de prétendus trésors que Ton disoit avoir été enfouis autrefois par les Ànglois dans certaines cavernes des environs de Breugue , ont pénétré dans ces cavités, et, ayant creusé et^élargi quelques crevasses qui se trouvoient dans leur profondeur, ont découvert uti dépôt d ossements , dont les uns appartenoient à des chevaux , les autres à des rhinocéros de la même espèce dont il y a en si grande quantité des ossements fossiles en Sibérie, en Allemagne, et en Angleterre; les troisièmes à une espèce de cerf inconnue aujourd*hui sur le globe, et dont les bois ont quelque rapport éloigné avec ceux d'un jeune renne.

Guettard avoit trouvé un grand nombre de ces mêmes bois aux environs d'Étampes.

Ces témoins important des révolutions de notre continent ont été recueillis par M. Delpont, pro^ cureur du roi à Figeac, et présentés à TAcadémie par M. Gu vier. Us «ont déposés au Cabinet du roi.

M. Palisot de Beauvois a entretenu rAcadéroic d'un phénomène géologique assez singulier qu'il a observé dans le comté de Bowaa,. province de la

Caroline du nord. Au milieu d'une eoUhie d*un sftUe très fin , entremêle de petites pierres de quartz et de nombreuses parcelles de mica «rgeolé, se trouve une veine de pierres disposées si r^ulièrementque les habitants, qui Font remarquée depuis long-temps , Ini donnent le nom de mur naturel, et que des naturalistes ont même prétendu depuis quelque temps que c'étoit un véritable mur qui pou voit avoir été constrait à des époques reculées^ par quelque peuple aujourd'hui inconnu. Les pierres ont généralement quatre arêtes, sont amincies à Tune de leurs extrémités, et ont une petite entaille au^dfessous^ du sommet: elles sont rangées horizontalement. L'espèce de mur qu'elteS'formient à environ i8 pouces d épaisseur ; sa hauteur à l'endroit où il est à diécouvert est de 6 à 9 pieds: mai» on la suivi e» creusant jusqu'à 12 et 18 pieds dans le sol, et on a déjà reconnu qu'il s'étend à plus de 3oo pieds^ en longueur. Une sorte de ciment argileux remplit les intervalles des pierres, el les enduit à Texciérieur, et chacune é'elles est revêtue d'une couche de terre ocracée et sabloimense.

M. de Beau vois ea a rapporté quelques unes, qui, examinées par les minérdogistes de l'Académie, ont offert la plupart des caractères des basahesf mais comme U n'a encore été, observé dans les Étots-C ni» aucune trace ni de basaltes ni de vol-

cans, et comme le terrain environnant est généralement primitif, il seroit possible que ce prétendu mur ne f&t qu'une couche de trapp, roche amphihoUque très semblable à certains basaltes.

Nous avons parlé en 1816 du travail entrepris par M. Moreau de Jonnès pour déterminer la nature géologique des Antilles, des idées générales qu'il s'en fait, et des descriptions particulières re^ latives à la Martinique et à la Guadeloupe, qu'il a présentées à TAcadémie. Il a continué la rédaction dç ce travail , et a lu un mémoire sur le Vauclain, Tun des monts les plus remarquables de la Martinique, non qu'il soit le plus élevé, mais parceque c'est celui qui sert de point de reconnoissance et qui annonce cette fie aux navigateurs. Il aa point la forme d'un cône creusé à son sommet, mais celle d'un prisme couché ou d'une immense arête ba<r saltique , et M. de Jonnès le regarde comme une partie de l'orle et du bord d un très grand cratère dont il croit avoir reconnu tout le pourtour. Le fond de ce cratère est aujourd'hui une vallée aussi fertile que bien cultivée.

Le même auteur a donné une description géologique de la Guadeloupe. Il a reconnu que l'île occi^^ dentale, où il y a une solfatare en activité, et dont la surface est d'environ soixante-sept lieues carrées , doit son origine à des éruptions parties de quatre

grands foyers volcaniques sous-marins, et que Ttle orientale, connue sous le nom de Grande^Terre , est formée d une base volcanique recouverte par une grande stratification de calcaire coquillier. A la Martinique les quartiers situés à lorient sont également recouverts par des lits de calcaire marin soit coquillier, soit coralin.

La seconde partie de la Richesse minérale de M. Héron de Villefosse, qui avoit été présentée en manuscrit à TAcadémie en 1 8 1 6 , a paru imprimée cette année avec latlas. Cet ouvrage a justifié le jugement qu'en avoit porté la compagnie , et est devenu le guide indispensable de tous ceux qui s'occupent de l'administration des mines et de leur iexploitation«

La branche la plus intéressante , mais peut-être la plus difficile de la connoissance des minéraux , celle qui depuis Pallas , de Saussure et Werner oc« cupe le plus généralement lattention des natura^ listes, c'est la position respective des substances minérales dans les masses qui forment Pécorce du globe. En efFet cVst dans leur superposition seule^ ment que l'on peut retrouver les traces de leur histoire et les monuments de leur chronologie. Déjà elle nous o£Fre des faits généraux bien consta-

334 MIMÉBALOGIE

tés, d'où se laisse déduire ane première ^elaasifica^ tion des terrains d'après leur plus ou moins dVn*^ cîeonetë ; mais lorsque l'on yeut fixer les limites de <^acuQie de ces classes principales , et sur-tout lors- ^'il s's^it de distribuer d'après l'ordre de s«iper*positiou les espèces particulières de terrains qui appartiennent à chaque classe , il s'en faut de beau«coup que les faits recueillis soient assez précis et assCT npmbreux. Souvent toute apparence d!ordre échappe à l'observateur, et ce n'est qu'après des rsecherches pénibles et des combinaisoos délicates qu'il parvî^3.t à renoua le fil qui s'étoit brisé daas ses mains.

On peut très bien juger de cet état de Aa :seieu<5e dans un ouvrage que M. de Bonnard, ingi^ieur en chef des mines, a présenté à l'Académie, et quïl a intitulé Aperçu géognostique des terrains. C'est un ex|>Qsé des diverses roches connue, des positions où chaeune d'elles se renoontre , du plus pu moifis d'étendue tju'elles ocjcupent, et des fosailes que cosiitieiinent leurs lits. L'auteur «a mis à .profit les observations les pilus récentes des autres giéoidr gistes, et celles qu'il a faites lul-ivièflgie da^iis 4e noBabreiiuc voyages . Il seroitbien dilEcile d'anajiyser ici «n ouvonage qui n'est lui-même qu uae analyse fort QOBeenitr ée. Nous^en présenterons aeulem^ntles nésukats prinoipauix. On y voitjqu'àl'^pjoque reculée

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