ET 200I>0GIE
visible chez Tembryon humain dès la huitième semaine.
Chez les mammifères l'entre^croisement devient de moi as en moins apparent en descendant des quadrumanes aux rongeurs.
•Chez les oiseaux on ne remarque qu un ou deux faisceaux tout au plus dont Tentre-croisement soit distinct.
Chez les reptiles il n'y a point d'entre- croise* ment.
Chez les poissons Tentre-croisement n existe pas.
Le v<rfume de la moelle épinière et celui de Tencéphale sont en général en raison inverse lun de lautre chez les vertébrés.
L embryon humain ressemble sous ce rapport aux classes inférieures; plus il est jeune, plus la moelle épinière est forte, plus l'encéphale est petit.
Dans certaines circonstances la moelle épinière et lencéphale conservent un rapport direct de volume; ainsi plus la moelle épinière est effilée, étroite , plus l'encéphale est étroit et effilé, ce qu'on voit par-tout dans les serpents. La moelle épinière diminuant de longueur et augmentant de volume, le cerveau s'accroît dans des proportions égales ; c'est ce qui arrive dans les léanrds, les tortues.
Chez les oiseaux , plus le cou est adongé , plus la moelle épinière est étroite , plus le cerveau est effilé.
46o ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,
Ce rapport direct de volume entre la moelle épiiiièreetle cerveau ne porte pas sur tout lenoéph^le; il a lieu uniquement avec les tubercules quadrijumeaux.
La moelle épinière et les tubercules quadrijumeaux sont rig[oureu$emeut développés en raison directe l'un de l'autre; de telle sorte que le volume ou la force de la moelle «pinière étant donné dans une classe ou dans les familles de la même classe, on peut déterminer rigoureusement le volume et la force des tubercules quadrijumeaux.
L'embryon humain est dane le même cas ; plus il est jeune, plus la moelle épinière est forte, plus les tubercules quadrijumeaux sont développés-
Les tubercules quadrijumeaux sont les premières parties formées dans Tencéphale ; leur formation précède toujours celle du cervelet chea l'embryon des oiseaux, des reptiles, des mammifères , et de rhomme.
, Chez les oiseaux les tubercules quadrijumeaux ne sont qu'au nombre de deux, et ils occupent, comme on le sait, la base de l'encéphale ; ce qui les a long-temps fait méconnoitre.
Ils ne parviennent à cet état qu'après une métamorphose très remarquable. Dans les premiers jours de Imcubation ils sont, comme dans les autrès classes, situés sur la face supérieure de len-
céphale, fontiant daboitl deux lobules, un de chaque côté ; au dixième jour de Fincubation un sillon transversal divisé ce lobule ; et à cette époque il y a véritablement quatre tubercules situés entre le cervelet et les lobes cérébraux.
Au douzième jour commence le mouvement très singulier par lequel ils se portent de la &ce supérieure vers la face inférieure de Fencéphale.
Pendant ce mouvement le cervelet et les lobes cérébraux, séparés d'abord par ces tubercules, se rapprochent successivement ; et finissent par s adosser Tun contre lautre, comme on Fobserve sur tous les oi^ea ux adultes .
Chez les reptiles les tubercules quadrijumeaux ne sont qu au nombre de deux dans Fétat adulte ; mais au quinzième jour du têtard de la grenouille ils sont divisés comme ceux de loiseau au dixième jour.
Dans cette classe les tubercules ne changent pas de place, ils restent toujours situés à la face supérieure de l'encéphale , entre le cervelet et les lobes cérébraux , et leur forme est toujours ovalaire.
Chez les poissons Je volume considérable que prennent les tubercules quadrijumeaux les a fait considérer jusqu'à ce jour comme les hémisphères cérébraux de l'encéphale.
Ce qui a contribué à accréditer cette erreur c'est
462 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE AI«IMALESy
qu'ib sant* creuses d*uu large ventricule, préseit^ tant un renflement considérable, analogue pour sa forme et sa structure au corps strié de Vencéphale des mammifères.
Ces tubercule» sont toujours binaires efae» les poissons , et leur forme se rapproche de celle d un sphéroïde légèrement aplati en dedans.
Chez les mammifères et lliommeles tubercules quadrijumeaux ne sont quau non^re de deux pendant les deux tiers environ de la vie utéritte-; ils sont alors ovalaires et creux intérieurement comme chez les oiseaux , les reptiles , et les poissons.*
Au dernier tiers de la gestation un sillon transversal divise chaque tubercule , et alors seulement ils sont au nombre de quatre.
La diversité que présentetit ces tubercules daas les différentes familles des n^ammifères dépend de la position qu'occupe ce sillon transversal.
Chez l'homme il occupe ordinmrement la partie moyenne ; les tubercules antérieurs sont égaux àpeu-près aux postérieurs.
Chez les carnassiers le sillon se porte en avant; ce qui fait prédominer les tubercules postérieurs.
Chez les ruminants et les rongeurs le sillon se porte en arrière , et alors ce sont les tubercules antérieurs qui prédominent sur les postérieurs.
Dans certains encéphales de l'embryon humain
fit ZOOLOGIE. 463
et d^ mamiiiifèresl^ tubercules restent jumeaux; ce<}ui rapproche ces encéphales de celui des pois* soos et des leptiles.
Observons que primitivement les tubercules quadrijumeaux de rhomiae et des mammifères sont creux comme chez les oiseaux, les reptiles, el les poissons. Remarquons- ausn que Ibblitération de leur cavité s*opère comme roblitératioo du canal de la moelle épinière; c'est-à-dh^e par la déposition de couches de matière grise sécrétée par la pie-mère qui s'introduit dans leur intérieur.
Les tubercules quadrijumeaux sont développés dans toutes les classes et les familles de la même classe en raison directe du vcdume des nerfs optiques et dès yeux.
Les poiwons oiLt les tubercules quadrijunieaux les plus volumineux , les nerfs. optiques et les yeux les plus prononcés.
Après les poissons viennent en général les reptiles , pour le volume des yeux, des nerfs optiques , et des tubercules quadrijumeaux.
Les oiseaux sont également remarquables par le développement de leurs yeux; ils le sont aussi par le volume de leurs nerfs optiques et des tubercules quadrijumeaux
Chez les mammifères les yeux , les nerfs optiques, et les tubercules quadrijumeaux vont tou^
jours en décroissant de» rongeurs avuL rumins^its , des ruminants aux carnats^ers^ au2t quadrumapes) et à rhomme qui occupe sous ce rajpport le bout de Féchelle animale.
Commeles tubercules quadrijumeau^e servent de base à la détermination des autres parties de l!encépbale, nous avons dû accumuler toutes les preuves qui s'y rapportent.
Les poissons ayant les tuberculi^s quadrijumeaux les plus volumineux ont aussi les itit^rpariétaux les plus prononcés.
Après les poissons viennent les reptiles, puis les oiseaux ; enfin, parmi les mammifères, les rongeurs ont les interpariétaux les plus grands ; viennent ensuite les ruminants , les carnassiers, les quadrumanes, et rhomme, sur lequel on ne les rencontre qu accidentellement.
Il pourra paroître singulier que le cervelet ne se forme qu après les tubercules quàdrijumeaux; mais ce fait ne présente d'exception d#ns aucune classe.
Pour avoir des notions exactes sur le cervelet des classes supérieures , il faut d'abord les emprunter aux poissons.
Cbez les poissons cet organe est ^ormé de deux parties très distinctes :
D'un lobule médian prenant ses racines dans le ventricule des tubercules quadrijumeaux ;
Des feuillets latéraux provenant du corps r&tiforme.
Ces deux parties sont isolées, disjointes dans toute la classe des poissons, ce qui les a voit fait méconnoitre.
La grande différence que présente le cervelet des classes supérieures dépend de la réunion de ces deux éléments, dont lun conserve le nom de processus vermiculaire suj)ériéur du cervelet y. et provient,* comme chez les poissons, des tubercules quadrijumeaux {processus cerebelli ad testes)'; tandis que Fautre , provenant des corps restiformes , constitue les hémisphères du même organe.
Quoique réunis ces deux éléments conservent une entière indépendance lun de Tautre.
Le processus vermiculaire supérieur du cervelet (Iç lobe médian) et les hémisphères du même organe sont développés dans toutes les classes en raison inverse l'un de laulre.
D^ns les famiilies composant la classe des mammijères le même rapport se remarque rigoureusement : ainsi les rongeurs, les ruminants, les carnassiers, les quadrumanes, et l'homme, ont ce processus et les hémisphères du cervelet développés en raison inverse l'un de l'autre.
Dans toutes les classes, les reptiles exceptés, le lobe médian du cervelet ( processus vermiculaire
ttUFFON. GOMPLBM. T. III. 3o
La glande pinéale existe dans les quatre classes des vertébrés.
Elle a deux ordres de pédoncules /les uns provenant de la couche optique , les autres des tubercules quadrijumeaux.
Les corps striés n'existent pas chez les poissons , les reptiles , et les oiseaux.
Chez les mammifères leur développement est proportionné à celui des hémisphères cérébraux.
Les hémisphères cérébraux sont développés en raison directe du volume de la couche optique et des corps striés.
Chez les poissons ils forment une simple bulbe arrondie, située au-devant des tubercules quadrijumeaux, et dans laquelle s-épânouissent les pédoncules cérébraux.
Chez les poissons, les reptiles , et les oiseaux , les lobes cérébraux constituent une masse solide, sans ventricule intérieurement.
La cavité ventriculaire des lobes cérébraux distingue inclusivement les mammifères et Thomme.
Un rapport inverse très curieux s'observe à cet égSrd entre les trois classes inférieures et les mammifères , relativement aux tubercules quadrijumeaux et aux lobes cérébraux.
Dans les trois classes inférieures les tubercules quadrijumeaux sont creux et conservent un ven^
tricul« inférieur ; Içs labes cérébraux sont solides et sans ventricule.
Dans les mammifères et l'homme au contraire les tubercules quadrijumeaux sont solides, forment une masse compacte, et les lobes cérébraux se creusent d'un, lai^e ventricule.
Dans les trois classes inférieures les lobes cér<^ braux sont sans circonvolutions , ce qui se lie avec leur masse compacte intérieure.
Dans les mammifères au contraire avec la ca^ vite des lobes apparoissent les circonvolutions cérébrales.
La corne d^ammon n existe, ni chez les poissons-, ni chez les reptiles, ni chez les oiseaux.'
Elle existe chez tous les mammifères; elle est plus développée c^ez les rongeurs que chez les ru« minants ; chez ces derniers que chez lestarnassiers, les quadrumanes, et Thomme, où elle eàt, toutes choses égales d'ailleurs , moins prononcée^
M. Serre n'a rencontré le petit pied d'hippocampe dans aucune famille des mammifères.
Chez rhommic il manque quelquefois aussi.
La voûte à trois piliers manque chez l^s poissons et les reptiles.
Elle manque aussi chez la plupart dés oiseaux ; mais on en rencontre les premiers vestiges sur quelques uns, tels que les perroquets et les «igles.
. La voûte à trois piliers suit chez les mammifères le rapport de développement de la corne d ammon.
Elle est plus forte chezi les roageurs que ches les ruminants; chez ceux-qi que chez les earn^siUers , les quadrumanes , et Thomme.
Il n'y a aucun vestige du corps calleux dans les trois classes inférieures.
Le corps calleux ainsi que le pont de varole sont des parties caractéristiques de l'encéphale des mammitères.
Le corps calleux est développé en raison directe du volume des corps striés et des hémisphères cérébraux ; il augmente progressivement défi rongeurs aux quadrumanes et à Thomme.
Le corps calleux est développé en raison directe du développement de la protubéraoce annulaire.
Les hémisphères cérébraux, considérés dans leur ensemble, sont développés en raison directe des hémisphères du cervelet, et en raison iaverse de scm processus vermiculaire supérieur.
Les hémisphères cérébraux sont développés en raison inverse de la moelle épiuière et des tubercules quadrijumeaux.
M. Gall a dit que la matière grise se fbrmoit avant la matière blanche; cette opinion n'est pas d accord avec les faits en ce qui concerne la moelle ëpinière.
M. Ouvier a le premier consUlë qu<$ dass le • genre astérie le système nerveux est composé de matière Jrianche saits matière grise.
Pendant rkiciibatîon du poulet on observe que les premiers rudiments de la mœUe ëpioière sont également composés de matière blanche ; la matière grise'n apparoitque plus tard.
Chez lembryon humain et celui des mammifères on observe constamment aussi que la matière blanche précède la matière grise dans sa formation, toujours en ce qui concei^ne la moelle épinîère.
Mais, dans Fencéphale proprement dit, Tordre de 1 apparition de ces deux substances est invarse.
Ainsi la couche optique et le corps strié ne sont , chez les jeunes embryons, que des renflements composés de matière grise ; la matière blanche ne s y forme que plus tard.
Sur le Retus humain , avant la naissance, le corpi slrié ne mérite pas ce nom, parceque ces stries de matière blanche, qui4uiont valu ce nom , ne sont pas encore formées.
Les stries de matière blanche qu on aperçoit sur le quatrième ventricule de Thomme n apparoisaent également que du douzième au quinzième mois après la naissance.
D oà il résulte que , sur la moelle épinière , la maCèère blanche se forme avant la matière grise ;.
tandis qu^au contraire, dans lencéphale, cest la matière grise qui précède la matière blanche.
Tel est le grai\d ouvrage de M.» Serre ,» en quelque sorte réduit en apfaorismes ; nous ne doutons |>as que cette espèce de table de matières nen donne déjà aux anatomistes une idée aussi avantageuse que celle qu en a conçue rAcadémie.
Dans nos analyses de 1817 et 1818 nous avons donné le sommaire des expériences ingénieuses et délicates faites par M. Edwards concenant l'action de l'air et de la température sur la vie des grenouilles , et nous avons indiqué les principales vérités physiologiques qui résultent de ces expériences.
Ce savant observateur a étendu ce genre important de recherches, et en a présenté le réstrmé général dans un mémoire intitulé : De Cinjliientx des a^ts physiques sur tes animaux vertébrés. Il a reconnu que la peau remplit dans les grenouilles des fonctions plus importantes pour la vie que celles liés poumons, car en l'enlevant on les fait périr bien plus tôt qu'en extirpant les poumons ; et lorsque Ion feit respirer Tanimal par les poumons seulement, en enveloppant sa peau d'huile ou d'un autre liquide, on a peine à soutenir son existence. L'auteur s'est occupé ensuite de la transpiration ; il
a remarqué que, toutes choses égales d'ailleurs, elle va en diminuant dans des intervalles successifs. Le mouvement de lair , sa sécheresse , sa chaleur, 1 augmentent beaucoup. M. Edwards a con* signé dans des tableaux fort précis ses résultats numériques à cet égard. Il a examiné aussi etrepré* sente par des tableaux la faculté qu'ont ces animaux d'absorber Teau dans laquelle on les plonge , faculté qui va en décroissant jusqu a un certain degré que Ton peut considérer comme celui de la saturation. Entre o et /^o^ rabaissement du thermomètre favorise cette absorption.
On a vu dans nos extraits précédents que la grenouille adulte ne trouve dans l'eau une quantité d'air suffisante à sa respiration qu'autant que la température est au-dessous de lo"*, et qu'au-dessus de ce terme Tair atmosphérique lui devient indispensable.
Le têtard de grenouille n'est pas dans le même cas, et l'auteur en a conservé un grand nombre jusqu'à 23** de température sans les laisser venir respirer à la surface; mais ce qu'il a observé def plus important sur les têtards c'est qu'en les empêchant de respirer par les poumons , en les réduisant à respirer par les branchies, on peut retarder et même empêcher leur métamorphose.
La température exerce sur la respiration des
poissons une action analog^ue ; plus elle est froide , et plus long-temps le poisson peut se passer àe ve* nir respirer à la surface. MM. Sylvestre et Brongniart, qui ont fait autrefcâs des expériences sur lu nécessité de lair élastique pour cette clause d-ani* maux, avoient aussi remarqué les variations qui à cet égard dépendent de la température.
Les poissons mis hors de Teau perdent avaiMt de mourir du douzième au quinzième de leur poids par la transpiration.
Les tortues, les serpents et les lézards, dont la peau est moins perméable que ceUedesgrenauiltes^ ne peuvent vivre entièrement sous leau , quelque aérée, quelque froide qu'elle soit. Us perdent aussi beaucoup moins par la transpiration.
Quant aux animaux à sang chaud , M; Edvmpds a. remarqué que les jeunes mammifères et les jeunes oiseaux produisent beaucoup moins de chaleur que les adultes, et que quelques uns d entre eux pendant les premiers jcmrs de la vie ont de la peine , quand ils sont isolés de leur mère, à se sou- #ténir par un temps froid à quelques degrés au^des* sus de la température ambiante > ce sont ceux qui naissent avec un canal artàriel large et ouvert, et où par conséquent la communication entre les deux circulations demeure plus complète pendant les premiers jours. L auteur e^t porté à croire que
ies animaux duns ce cas sout aussi ceux qui naissent les yeux fernou^.
M. Ëd'virards a constaté par de nouvelles expériences le fait que les oiseaux^ toutes choses égal^ d ailleurs , ont une respiration plus étendue et produisent plus de chaleur; enfin il a observé que dans les animaux à sang chaud, privés de respiration , rabaissement de la température est favorable à la prolongation de la vie, comme dans les animaux à sang froid.
M. Edwards s'est aussi occupé de constater le« variations que le& saisons occasionent dans l'étendue de la respiration des animaux , étendue qu'il miîsure d'après la quantité d'oxygène qu'ils consomment, ou , ce qui revient au même, d'après la quantité d'air qu'il leur faut pour prolonger leur vie pendant uu temps donné, ou bien enfin en pi^ nant le rapport inverse d'après le temps qu'ils peuvent vivre dans une quantité donnée d'air.
Il a trouvé de cette manière et de plusieurs au-< tre^.que letendue de la respiration, et la consom;^. mation de l'oxygène qui en résulte , sont plusfortes en hiver qu'en été; mais lemploi de l'oxygène consommé n'est pas le nàême dans les deux saisons* A la vérité M. Edwards trouve qu'il y en a tQUJours plus ou moins d'absorbé; mais cette absorption diminue beaucoup en automne et en hiver; elle
devient même alors très petite , tandis que la production de Tacide carbonique devient au contraire plus grande. L'auteur est arrivé à un résultat non moins singulier par rapport à lazote : en hiver 1 azote parolt être en partie absorbé par les animaux ; il en reste moins dans Fair où s est faite la respiration ; tandis qu en été ils Fexhalent et en laissent plus qu'ils nen avoient trouvé. C'est vers la fin d'octobre et le commencement de mai que s'opère, selon M. Ed^rards , cette singulière conversion de fonctions.
En été la chaleur des animaux est un peu plus considérable qu'en hiver, et cependant la production est moindre à proportion , ce qui se déduit non seulement de ce que leur respiration a moins d'étendue, mais aussi de ce qu'un refroidissement artificiel abaisse davantage la température dans le même temps , toutes les circonstances étant d'ailleurs les mêmes.
Ces observations s'appliquent aux animaux à sang froid comme à ceux à sang chaud.
L'ab^rptîon est cette faculté si essentielle à la vie , par laquelle les êtres organisés incorporent à leurs humeurs les «ubstnnces étrangères en leur faisant traverser le tissu de leurs solides. Depuis la découverte des vaisseaux lymphatiques la plupart
des aBatomistes ont pensé que ces vaisseaux étoient dans'les animaux d un ordre élevé les organes principaux de cette fonction ; quelques uns même ont cherché à prouver qu'ils en étoient les organes ex* clusifsy mais dans ces derniers temps on en est revenu à des idées moins restreintes.
M. Magendie en particulier a présenté, il y a quelque temps , à TAcadémie divers mémoires importants dont nous avons rendu compte, où il cherche à prouver que les veines sanguines sont douées de la faculté absorbante; que les vaisseaux lactés n'absorbent peut-être que le chyle , et qu'il n est pas démontré que les autres vaisseaux lymphatiques soient en aucune façon des vaisseaux absorbants.
M. Tiédeman , professeur à Heidelberg , et M. Gmelin , viennent de publier des expériences desquelles il résulte clairement que les sels, diverses substances odorantes , etc., passent directement dans le sang par l'absorption des veines intestinales.
Les voies de l'absorption une fois reconnues , il s'agissoit de savoir par quel mécanisme cette fonction s'opère. M. Magendie sest occupé de cette question. Il rejette les radicules, les orifices, les bouches absorbantes, supposées plutôt qu'observées par divers anatomistes; à plus forte raison
repouss€-t-il cette sensibilité propre , ce tact éminemment délicat que leur attribue rimagination poétique de certains physiologistes. Ayant observé qu'en gonflant outre mesure les vaisseaux sanguins par Tinjection d'une certaine quantité d'eau , il retardoit ou affoiblissoit beaucoup l'absorption des substances appliquées à ces vaisseaux , et qu'en les remplissant autant qu'il étoit possible il suppri-* moît entièrement l'absorption , il jUgea que des cir» constances contraires produiroicnt des effets opposés; en conséquence il réduisit par des saignées la quantité du liquide contenu dans les vaisseaux, et l'absorption devint aussitôt plus rapide et plus complète. Pour s'assurer que c*étoit an volume du liquide et non à sa nature quil falloit attribuer ces différences , il remplaça dans une troisième série d'expériences la quantité de sang qu'il tira par une quantité égale d'eau , et rabsorptit>n demeura telle qu'elle auroit été si aucun changement ne fÙt-arrivé.
D'après ces expériences M. Magendie regarde l'attraction capillaire des parois des vaisseaux comme la cause la plus probable de l'absorption , et ce fait, que les substances solubles dans nos humeurs et capables de mouiller nos vaisseaux sont les settlesi qui puissent être absorbées , lui paroît un motif de plus d'adopter son opinion ; mais l'attracticm capîl-
laire n'étant pa$ une propriété vkale ne doit pas cesser avec la vie ; et en effet M. Magendîe assure avoir encore vu labsorptioti s'opérer sur des artères et sur des veines détachées du corps, et dans lesquelles il faisoit circuler artificiellement un liquide.
Cette action doit avoir lieu sur les (jros vaisseaux comme sur les petits, sauf ce qui dépend de la multiplication des surfaces dans ces derniers; et encore ici lexpérience a confirmé cette conclusion : des substances vénéneuses appliquées immédiatement et avec les soins convenables soit à de {^rosses artères, soit à de grosses veines, ont pénétré dans le sang de ces vaisseaux.
Chacun aperçoit* toutes les conséquences qui peuvent dériver de ces expériences pour la pratique de la médecine, et les nombreuses et fécondes indications curatives que lui fourniroit ce seul fait que plus les vaisseaux sanguins sont distendus , moins l'absorption est active.
Une des grandes questions de la physiologie est celle de savoir si le cœur est la seule puissance active qui produise la circulation , ou si son action est aidée par celle des artères , et dans ce dernier cas si toutes les artères sont au nombre des puissances auxiliaires.
M. Sarlandière a soumis à l'Académie un mé-
48o ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE, etc.
moire où il cherche à prouver que la circulation n'est sous Tinflaencé exclusive du cceur que dans les gros troncs ; qu elle diminue avec le calibre des vaisseaux; mais que dans leurs petits rameaux le sangf dans un état d oscillation perpétuelle, cher* che ou attend en quelque sorte une issue^ soit pour retourner au cœur, soit pour pénétrer dans les vaisseaux capillaires ; en sorte qu'une fois arrivé à ces petits rameaux il n'appartient que foiblement au torrent général de la circulation , mais qu'il se trouve jusqu'à un certain point aux ordres du système capillaire, lequel seroit ainsi le véritable régulateur de l'économie animale. L'auteur apporte en preuve d'abord les efFets manifestes des jpiqûres, ensuite les efifeCs plus obscurs des passions^ et des inflammations.
FIN DU TROISIÈME VOLUME t)E COMPLÉMENT.