HISTOIRE NATURELLE PARTICULIÈRE. 25 I
êtres existants, auquel on a donné le nom deSystema nalurœ. Tous les naturalistes s'empressent de le compléter ; tous les gouvernements éclairés se sont fait un devoir de leur en procurer les moyens.
Des jardins , des ménageries, ont été établis ; des collections ont été rassemblées dans toutes les gran-' des capitales; de grands voyages ont été ordonnés , et c'est un des caractères de notre âge que ces expéditions lointaines et périlleuses, entreprises uniquement pour éclairer les hommes et enrichir les sciences.
Pour ne parler que des entreprises et des établissements des François, nous rappellerons que le Muséum d'histoire naturelle a plus que doublé dans toutes ses parties, depuis l'époque où commence cet aperçu historique sur les sciences , et qu'il surpasse aujourd'hui tous les établissements du même genre par l'ensemble des objets qu'il réunit, autant que par les facilités qu'il offre pour l'étude.
La belle réunion des plantes rares formée à la Malmaison par l'impératrice Joséphine a déjà procuré à notre pays d'importantes richesses en ce genre, que la munificence de cette auguste princesse s'est empressée de répandre dans les établissements publics et particuliers.
Les jardins et les cabinets des écoles centrales commençoien t à être fort utiles pour faire connoitre
les productions naturelles des différents départements de la France. Il faut espérc^r que les ordres du Gouvernement pour les réunir et les soigner dans les lycées auront été exécutés.
Quatre grandes expéditions lointaines ont été entreprises par des François dans cette même époque. Chacun connoit le malheureux sort de celle de La Pérouse ' . Les discordes qui ont mis fin à celle de d'Entrecasteaux n'ont pas empêché MM, de La Billardière% Lahaye , Riche, d'en rapporter beaucoup de plantes et d'animaux nouveaux. La première de Baudin, quoique bornée aux Antilles, n'a pas laissé de procurer aussi des plantes nouvelles '.'mais la seconde, ordonnée par le gouvernement consulaire, et qui s*est portée vers la Nouvelle-Hollande et l'Archipel indien, a été la plus fructueuse qu'aucune nation ait jamais exécutée ^ ; grâces au zèle infatigable de MM. Pérou, Leschenault de La Tour, et Lesueur, les animaux et les végétauj^ inconnus en ont été rapportés par milliers; et nous pouvons assurer que nous sommes en état de faire connoître les productions de ces parages beaucoup plus com-
' Voyage de La Pérouse autour du monde , rédigé par Milet-Mureau ; Paris, 1797, 2 vol. in-4", avec un atlas in-folio.
* Relation du Voyage à la recherche de La Pérouse ; Paris, an 8 , 3 vol. in-4°9 et un atlas grand in-folio.
* Voyage de découvertes aux terres australes; Paris, 1807, in-4% premier vol. avec un atlas.