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lentes, OU différentes, suivant les lieux. L'animal!sation lui paroit n avoir dépendu pour les formds que de certaines conditions relatives à la nature du sol, à son plus ou moins d'élévation, à Tétat de Tair et des eaux , de telle sorte que certains genres et mêpue certaines espèces se reproduisoient à de grandes distances et jusque sur des continents opr posés, d après Tinfluence des localités, et sans qu on QÎt lieu de soupçonner qu elles y soient arrivées par voie de difFusion , en partant d'un centre unique ou 40 plusieurs centres de productions distinctes. Ces résultats lui semblent prouver que la loi génér. raie de la répartition des espèces repose sur lanar logie des stations, cest-a-dire des circonstances influentes dans lesquelles les espèces semblables ou équivalentes sont appelées à remplir un rôle anar logue ; ces deux termes , lanalogie de station et de destination , étant corrélatifs et dans une dépen^ dance mutuelle.
Lexamen de la répartition des espèces fossiles dans les dif£érentes couches des diverses contrées fournit, selon M. de Férussac , des faits et des conclusions analogues touchant Tétat ancien de la vie sur le glpbe, et conduit Tauteur à des hypothèses diâerentes à plusieurs égards de celles qui ont prévalu avant lui en géologie. Il admet trois grandes époques popr chaque partie de la surface terrestre ;
i ® l'époque antérieure à lexistence de la vie ; époque commune à-la-fois à toute cette surface, et où lempire de l'incandescence primitive ne permit pas à la vie de s'établir ; 2"* celle où le sol étoit couvert par les eaux, mais où l'action du feu central avoit encore beaucoup trop d'énergie pour permettre à la vie terrestre de se développer ; 3® l'époque où le sol fut libre. Entre ces deux dernières époques M. de Férussac trouve souvent des résultats d'une époque intermédiaire , celle où la surface terrestre étoit encore en combat avec l'élément aqueux, et où les eaut tendoient à se mettre en équilibre ; c'est alors, dit-il, que Ton reconnoit dans les bassins, les vallées, des alternats et des mélanges de productions marines, fluviatiles, ou terrestres, souvent recouvertes par des productions volcaniques. On sent, ajoute-t-il, qu'à ces diverses périodes géologiques les conditions de la vie n'étoient pas les mêmes : à mesure que ces conditions changèrent, certaines espèces s'anéantirent, et d'autres les remplacèrent avec une nouvelle destination ; mais la continuation de certaines races dans des dépôts de diverses époques prouve, suivant l'auteur, que les changements eurent lieu d'une manière graduelle et pour chaque espèce, selon que les conditions d'existence furent -plus ou moins étendues ou restreintes pour elle, circonstances qui règlent encore
aujourd'hui, selon M. de Férussac , les limites de Texteiision de celles qui peuplent la terre.
L'examen des £iits lui paroi t montrer que labaissèment de la température à la surface terrestre a refoulé la vie des contrées septentrionales vers le midi y et des hautes sommités vers les plaines ; de manière que l'analogie des stations entre les temps anciens et Tépoque actuelle s'établit en raison de l'abaissement des latitudes et du décroissement d'élévation au-dessus du sol, ce qui explique l'analogie de l'antique végétation et des races primitives de nos contrées avec celles des contrées équatoriales. M. de Férussac conclut de tous les faits qu'il a rapportés sur les espèces fossiles, 1° que l'analogie de station et de destination , c'est-à-dire des conditions d'existence et du rôle à remplir, fut , à toutes les époques et comme aujourd'hui, la loi générale de la distribution des espèces sur le globe, 2** que les changements que la vie a éprouvés ont été graduels, qu'elle n'a point été renouvelée , que les races n'ont point été modifiées; mais qu'à mesure que les conditions d'existence changeoient et qu'il s'en formoit de nouvelles, de nouvelles espèces ont remplacé celles qui n'avoient plus de rôle à remplir, et cela jusqu'à l'époque où , pour chaque partie de la surfece successivement, l'équilibre entre les causes influentes a été établi. M« de Férussac avoit déjà
proposé plusieurs de ces résultats , il y a quelques années, dans une suite de mémoires qu^il lut alors à TAcadémie, et dont nous avons rendu compte; il est à croire cependant qu'il n'étend pas ses conclusiom au-delà des classes d'êtres or(][anisés sur lesquelles ses observations ont portée car il seroit difficile d'en faire l'application aux quadrupèdes vivipares, dobt les débris osseux offrent souvent sur les méûiB points des restes d animaux semblables à ceux qui vivent dans le nord péle-tnéle avec d autres ddnt les analogues paroissent aujourd'hui confinés dalis la zone torride.
Nous avons parlédivérses fois de l'iode, substattcé d'une nature fort particulière, découverte dans les vBrefcs par M. Courtois, et dont la pmpriété lapte remarquable est que sa vapeur prend une coukur pourpre. On ne Tavoit trouvée d'abord qîie dims quelques végétaux et^quelques mollusques marins. M. Catïtu en a trouvé des traces dans l'^au minérale d'Asti, et tout récemment M. VauqUcfMtt vient de fat découvrir dans un minerai d^argent du Mexique» nommé argent vierge de serpenthte, et qui contieW de l'argent, du soufre, du plomb, et du carbonate de chaux. L'auteur est disposé à croire qne l'iodcy est spécialement combiné avec largeint. Oela ^
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d'autant plus vraisemblable que Tiode, comme le chlore, a beaucoup d'action sur Targent, et quon enlève à ce minerai une certaine quantité d'iodate d argent par la simple ébuUition avec lammo* niaque.
On rencontre aux environs de Freyberg un mi'nerai de fer que Ion nomme, à cause de son appa^ rence,/er rësmite. I/analyse qu'en avoit feite feu M. Klaproth le Ëiisoit considérer comme un sulfete de fer peroxyde; mais M. Laugier, qui en a fait Ibbjet de nouvelles recberches, y a découvert, in»dépendamment de Teau et de Facide sulfurique, la présence de 1 acide arsénique. Le résultat de ses expériences est que i oo parties de ce minerai en contiennent 35 de peroxyde de fer, 20 d acide arsénique, 1 4 d acide sulfurique, et 3o deau ; ce qui ne laisse qu'un centième de perte. M. Stromeyer de Goettingen, qui s'étoit occupé de son côté de la même analyse, mais dont M. Laugier ne connoissoit pas le travail, étoit arrivé à des r^ultats tout semblables.
Nous avons bien des fois rapporté les analyse^ faites par les chimistes des pierres tombées de latmosphère; mais on n'en avoit pas encore donné un examen suffisant sous le rapport purement minéralogique.
M. de Humboldt a communiqué à FAcadémie des observations faites par M. Gustave Rosé de Berlin sur un grand échantillon de Taérolithe de Juvenas. Ce, savant minéralogiste est parvenu à en séparer des cristaux, dont il a mesuré les angles avec le goniomètre à réflexion. Un de ces cristaux est la variété dioctaédre, fig. 9, de la Minéralogie de Haùy. Ce même tissu renferme des cristaux hémitropes microscopiques qui paroissent être du feldspath à base de soude, c'est-à-dire de lalbite. M. Rose a examiné également, à la prière de M. de Humboldt, laérolithe de Pallas et les trachytes recueillis au Chimboraço etsur d autres vplcans des Andes. Il a reconnu que Folivine de la masse de Pallas est parfaitement cristallisée, et que les trachytes des Andes sont en partie des- mélanges de pyroxène et d'albite, comme laréolithe de Juvenas et peut-être celles de Jonzac et de Stannern, dont les tissus n'ont pas encore été assez examinés minéralogiquement par les moyens de la trituration, du microscope, et du goniomètre à réflexion.
On commence à découvrir de ces pierres qui paroissent être tombées anciennement,. et qui sont restées isolées dans des endroits peu fréquentés.
M. deHumboldt a présentée l'Académie, au nom de MM. Noggerath et Bischof, professeurs; de chimie et de minéralogie à l'université de Bonn , un
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échantillon d'une masse du poids de 34oo livres , trouvée à Bitbourg, près de Trêves, au haut d une colline. Elle renferme du nickel et du soufre, mais pas de chrome ni de carbone.
M. de Humboldt a aussi communiqué à l'Académie des échantillons de séléniures découverts par M. Zinke dans des filons du Harz oriental, et que M. Henri Rose à Berlin a analysés récemment. Ces minerais sont des combinaisons de sélénium avec le plomb, le cobalt, le mercure, et l'or.
Il existe dans les Andes de Mérida un lac nommé LagunadelUraOy d'où les Indiens retirent des masses salines confusément cristallisées. MM. Rivero et Boussingaud, voyageurs dont nous avons plusieurs fois annoncé les travaux, çn ont fait l'analyse, et ont trouvé que c'est un mélange de carbonate et de bicarbonate de soude entièrement semblable à celui des lacs de natron d'Egypte, tel qu'il a été analysé par Rlaproth. Ses éléments sont dans Ja proportion de 0,39 d'acide carbonique, 0,4 1 de soude, 0,19 d'eau.
Depuis que les géologistes se sont aperçus de la nécessité de connoitre les faits avant de vouloir les expliquer, on s'attache de toute part à décrire la superposition des terrains dans les différents can-
tons , et à examiner s'il est possible de les ram^ier à des règles générales.
M. Basterot a étudié sous ce rapport une grande partie du sud-ouest de la France, et a commencé i présenter ses observations à TAcadémie. Il a traité d^abord des coquilles qui se trouvent à Tétat fossile dans les diverses couclies dont ces terrains se composent, et qui sont en effet Fun des moyens les plus efficaces d en éclaircir l'histoire ; mais 1 auteur fait remarquer que cette partie de Thistoire naturelle vient à peine de naître. Dans ledition du Systema ncdufw, publiée en 1789 par M. Gmelin, il n*y a encore que cinquante- trois espèces de coquilles fossiles; et M. Basterot, qui a fait un catalogue de celles qui ont été décrites dans ces derniers temps ou qu'il a vues dans les cabinets , les porté à plus de deux mille cinq cents.
L'auteur a remarqué dans la répartition de ces débris une loi qui paroit générale : c'est que plus * les couches qui les recèlent sont anciennes, et plus la ressemblance des coquilles et des autres êtres organisés s'étend à de grandes distances; dans les couches superficielles, au contraire, les différences se multiplient avec les distances, et l'on ne trouve que peu de coquilles qui soient communes à des bassins très éloignés. ,
Ainsi M. Basterot a recueilli dans les sables des
Landes, aux enviï*ons de Bordeaux et de Dax, trois cent tretrte espèces, dont cent dix environ ne se sont encore trouvées que dans cette circonscription, mais dont on retrouve quatre-vingt-onze dans lés terrains d'Italie, soixante^ix dans ceux des environs de Paris, vingt-quatre dans ceux de l'Angleterre, et dix'huit seulement autour de Vienne en Autriche.
I/action des mers actuelles jette sur Tun des bords de ce bassin des Landes des dunes de sable qui s avancent lentement Vers l'intérieur des terres: mais le dépôt est très borné et fort différent du grand dépôt qui recouvre la surface du pays ; car parnu Ifes trois cent trente coquilles fossiles il n'y en â qUe quarante-cinq auxquelles on puisse trouver quelque analogie avec celles des mers voisines^ même en y comprenant la Méditerranée.
Ce travail de M. Basterot a été imprimé dans le recueil entrepris par de jeunes et zélés naturalistes, et dont il a déjà parti six ou sept volumes sous le titre d'^nna/ës des sciences naturelles. Il y eet accompagné de plusieurs planches lithographiëes, où les espèces nouvelles sont représentées avec beaucoup d'exactitude, ^t qui contribueront avec celles que donne M. D^hayes sur les coquilles des environs de Paris, avec leçrand ouvrage de M. Bmcchi sur celles d'italfie>, et avec les planches de plusieurs
mémoires de MM, Brongniart, Prévost, de Férussac, à former bientôt un corps très complet sur la conchiologie fossile.
M. le comte Fossombroni , premier ministre du grand-duc de Toscane, qui a rendu de si grands services à son pays en desséchant par les procédés les plus ingénieux une contrée que la stagnation de la Chiane ou du Clanis avoit depuis des siècles rendue inhabitable, y a fait en même temps des observations d'un grand intérêt pour cette partie de la géologie qui traite des changements que la surface de la terre a éprouvés depuis les temps historiques. Le monde savant les connoît par le grand ouvrage sur le val de Chiane que M. Fossombroni a publié en 1789, et dont il vient de donner une nouvelle édition. D'un passage de Strabon, où il est dit qu'ayant d'arriver d'Arezzo àPise l'Arno se divise en trois branches, l'auteur avoit conclu que dans l'antiquité l'Arno donnoit un bras qui aboutissoit à la Chiane ou au Clanis, et qui couloit du nord au midi vers le Tibre, au lieu qu'aujourd'hui la Chiane coule du midi au nord et tombe dans l'Arno. Pour expliquer ce changement dans le cours des eaux il suppose qu'ensuite' leur communication a été interrompue, et qu'il y a eu entre les deux rivières, pendant un certain temps?
un espace plus ou moins marécageux , mais que FArno s étant graduellement abaissé en creusant toujours davantage le terrain, la Chiane, rompant les obstacles qui les séparoient, s'y est réunie de nouv^u dans' une autre direction, et qu^au lieu d'en recevoir une partie des eaux elle lui a porté les siennes.
M. Fossombroni a été assez heureux pour trouver une carte du treizième siècle , dans laquelle le cours de la Ghiane est encore marqué comme se dirigeant, du nord au midi ; ce qui a donné une pleine confirmation à sa conjecture.
Il a fait coniioitre ce document important dans un mémoire particulier qui est inséré parmi ceux de la société italienne de Modéne, et qui est à4a-fois une pièce pleine d'intérêt pour l'histoire et pour la géologie,
M. de Humboldt, toujours occupé de comparer sous un grand nombre de rapports les principales chaînes de montagnes du globe, a présenté des profils de plusieurs de ces chaînes tracés d'après la méthode graphique qu'il a employée le premier dans son grand ouvrage sur l'Amérique, et les a accompagnés de détails sur les dimensions de ces chaînes, leur composition géognostique, et les phénomènes météorologiques qu'elles présentent. Il a
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pris 'SUivtout beaucoup de peine poi)r arrivera quelque certitude relativement à lexcessive hauteur de quelques unes des cimes de lUimalaya. Lune délies, le pic de Javirahir, surpasse de 676 toises le sommet le plus élevé des Andes ; et il en existe un autre encore plus élevé, nommé par les indigènes Dhawalagiri, ce qui signifie exactementiltfpnf-j?/anc. Deux opérations différentes lui assignent, à douze toises près, la hauteur prodigieuse de 4)39^ toises. En comparant les sommets les plus élevés des montagnes de l'Europe , de l'Amérique , et de l'Asie, on trouve qu'ils sont comme les nombres 10, i4)
En comparant la hauteur moyenne des crêtes on trouve que danê presque toutes les chaînes elle est à celle des sommets comme i à i Yio? ou comme I à 2. Dans les Pyrénées la différence est beaucoup moindre , et même la hauteur moyenne de la crête des hautes Pyrénées est supérieure à celle des hautes Alpes, tandis que les commets de la première chaîne sont loin d'atteindre c^ux delà seconde. La proportion de la crête aux sommets n'est donc dans les Pyrénées que de i à i y,.
D'après les recherches exposées dans ce mémoire la hauteur moyenne des continents au-dessus du niveau des mers est limitée entre j 20 et 1 60 métrés.
La cfaatne de IHima^aya ne diffère pas moins de
celle des Andes par la nature minéralogique de ses masses qu^ par son élévation. Dans les Andes do<^ minent les porphyres ou les trachytes et les phonoiithes du terrain basaltique, toutes roches qui paroissent soulevées où altérées par le feu. On les voit percer dans un point seulement les roches appelées communément primitives. Celles-ci dominent au contrairedans THimalaya : il se compose de g^ranite, de gneiss, de mica-schiste avec disthène, et de ces amphibolithes que Ion désigne vulgairement par le nom de grûnstein primitif . hes environs du lac Mahasarovear et du glacier des sources du Gange y offrent une ressemblance frappante avec la constitution géognostique des Alpes, aux environs du Saint-Gothard.
Les neiges perpétuelles commencent sur le Chipi boraço à la hauteur du Mont-Blanc, ou à 2,460 toises ; mais sur la pente boréale de THimalaya e\\e$ ne commencent qu'à i4o toises plus haut : circon* stance qui tient au rayonnement de la chaleur d.e8 plateaux élevés de TAsie, ainsi que nous Tavons dit d'après 1 auteur dans notre analyse de 1821.
Quant aux végétaux /M. de Humboldt fait remarquer qu'il ne &ut pas trop généraliser lanalogie entre ceux des terrains voisins des neiges perpétuelles dans la zone torride et dans les régions cii^compolaires. La distribution plus égale de tempe-
4oo MINÉRALOGIE
rature pendant le cours de Tannée rend les premiers plus semblables à ceux des pays tempérés ; les formes des plantes alpines du Chimboraço et de TAntizana ont une physionomie en quelque sorte européenne.
M. Karsten , membre du conseil des mines de Prusse , et correspondant de l'Académie , a publié sur les combustibles minéraux un ouvrage d!une gi'ande importance, dont il a été présenté un extrait à FAcadémie par M. Héron de Villefosse , Tun de nos académiciens libres.
Ces combustibles sont connus sous les noms de bois fossile, de lignite, de houille, d anthracite, et de graphite , selon quils s'éloignent davantage de leur état primitif, qui paroît avoir été le bois, et que par une décomposition progressive ils s approchent plus ou moins complètement de Tétat de charbon pur. Dans chacun de ces genres, dans celui de la houille sur-tout, il y a encore de grandes variétés pour la quantité du carbone que chaque sorte peut contenir, et pour celles de Fhydrogène, de l'oxygène, et des terres qui s y trouvent unies; et de là résultent des différences de la plus grande importance dans la pratique. La chaleur qu'une houille peut fournir est d autant plus grande que
le carbone y domine davantage ; mais la facilité avec laquelle on lallume , la flamme qu'elle donne , le f^az propre à leclairage que Ion peut en tirer, sont dans une raison contraire ; c'est en général la pro-^ portion de l'hydrogène qui en est la mesure. De ' ces différentes proportions résultent aussi des dif^ férences dans le coke^ c'est-à-dire dans la houille carbonisée , qui prend tantôt une forme pulvéru^ lente, tantôt uqc forme boursouflée, et tantôt une forme compacte ; et l'oû comprend encore que , selon les différents usages que Ton veut faire dç ce coke, il est bon de choisir la houille qui le donne sous la forme convenable. Enfin ce qui importeix>it par-dessus tout dans la connoissance de ces minéraux ce seroitde pouvoir juger d'avance, et d'après leur aspect extérieur, de leur composition et des qualités qu'ils manifestei'ont , soit dans les préparations auxquelles on les soumettra , soit dans les emplois que Ton sera dans le cas d'en feire.
C'est à tracer ces régies que M^ Karsten a consa*cré son travail : il décrit chaque sorte de ces divers combustibles , &it connoitre la forme que prennent leurs cokes, et leurs analyses soit avant, soit après la carbonisation ; ce qui lui donne les moyens d'indiquer le parti le plus avantageux que l'on peut tirer de chaque sorte.
M. de Villefosse a mis d'autant plus d'intérêt à
BUFFON. GOMPLÉM. T. II. 2$
4oi MINÉRALOGIE
faire cônnottre cet ouvrage à la France que dans la prodigieuse activité que prennent nos ateliers et nos fabtiq-ues , dans celle que les mines de houille vont recevoir des grandes entreprises destinées à faciliter le transport de ce minéral, il devient chaque jour plus intéressant pour les consommateurs d'en apprécier sûrement les diverses qualités.
M. le comte Andréossy, académicien libre , s'est occupé d'un travail qui intéresse à-la-fbis la géologie , la géographie , Thydraulique , et Fart des fortifications ; ce sont les dépressions que la surface du globe éprouve entre les chaînes des montagnes , ou en travers de leurs crêtes , seuls passages par lesquels puissent être conduits les canaux artifici^ et points principaux que Tingénieur doit prendre en considération dans les ouvrages destinés à la défense d'un pays.
Il trouve que ces dépressions, considérées topographiquement , sont toujoul's comprises entre quatre cours d'eau opposés deux à deux, qui se réunissent latéralement aussi deux à deux pour se rendre par un cours commun dans leurs récipients respectifs , sans toutefois qu^elles donnent origine à ces cours d'eau : différentes en cela des colsr qo* sont aussi des dépressions dans le faîte d'une chaîne principale, mais à l-origine de deux cours d'eau
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opposés ; et ce caractère les feit reconnottre aisément sur les cartes où les rivières sont bien indiquées. {Ces dépressions sont limitées dans lespace par une courbe concave dont le point le plus bas est en m^me temps le point le plus élevé d'une courbe convexe perpendiculaire à la première y et le point où ces deux courbes se rencontrent est le point de partage des canaux navigables. Tel est le Valdieu , entre les Vosges et le Jura, où le passage du canal du Rhène au Rhin pouvoit se faire par la ligne la plus courte et avec le plus petit nombre d écluses. Offrant en même temps la communication la plus directe entre le débouché du Bhin à Baie, et l'intérieur de la France , cette dépression devoit fixer l'attention des ingénieurs ; et c'est avec une grande prévoyance que Vauban y avoit placé la forteresse de Belfort , et que l'on s'occupe aujourd'hui d'en agrandir et d'en renforcer la citadelle.
Le fond de la mer a ses dépressions comme la surface des continents , et tel est le fond du détroit du Pas-de-Calais. Le point qui correspond à la profondeur de seize brasses en fait le seuil; à partir de là dans les deux directions la mer devient à4a-fois plus profonde et plus large; et si les eaux s'abais* soient de soixante^leux brasses , on auroit à découvert entre la France et l'Angleterre une dépression semblable à celle qui sépare les Vosges et le Jura.
4o4 MINÉRALOGIE
Les rivières qui maintGaant se jettent de part et d'autre dans cette mer se réuniroient deux à deux en suivant les ligpies de la plus grande pente dans un canal commun : les unes, telles que la Stoure jet FAa , coulant vers le nord ; et les deux autres , le Rother et le Vimereu , vers le sud.
Si au contraire les eaux s'élevoient de deiix cents métrés, et de manière à recouvrir la dépression que Ton observe entre la montagne Noire , qui est une branche des Cévennes , et le revers de la chaîne secondaire des Pyrénées , dépression où est le point de partage du canal de Languedoc , elle deviendroit un détroit maritime plus ou itioins semblable à celui de Calais.
L auteur, après ces considérations purement to* pographiques , traite des dépressions sous le point de vue niinéralogique. Ayant examiné avec M. Daubuisson celle où est le point de partage du canal de Languedoc , et qui est formée par des branches des Cévennes et des Pyrénées , il a trouvé du côté des Cévennes des granits , des gneiss , des marbres salins, des schistes, etc.; du côté des Pyrénées, des grès à pâte calcaire, des marnes arénacées, des poudingues à pâte marneuse ; et dans Tintervalle déprimé , des terrains de sédiment où mollasses contenant du calcaire commun.
La dépression d entre les Vosges et le Jura lui a
offiert des phénomènes analogues : du côté des Vosges sont des porphyres , des grauvakes , des grès rouges; du côté du Jura , des calcaires de différentes sortes; et le calcaire oolithique du Jura forme encore le seuil de la dépression , et y est superposé aux terrains des Vosges.
M. Andréossy conclut de ces circonstances que ces dépressions de la surface du globe ont été produites par des courants qui ont agi dans deux sens différents; et il considère Fensemble des cours d*eau du globe comme Timage du ruissellement des eaux à Tépoque où les continents ayant été mis à découvert , elles se précipitèrent vers leur récipient commun. Il se propose au reste de reproduire et d'étendre ses considérations dans un ouvrage général sur les inégalités de la surfisice de la terre » ouvrage que des occupations obligées Font souvent forcé d'interrompre, mais auquel il compte bientôt mettre la dernière main. Les géologistes ne Fattendront pas avec une moindre impatience que le& géographes et les ingénieurs.
FIN DU SECOND VOLUME DE GOMn.ÉM£NT.
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